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    03/11/18 - La limule, « fossile vivant » au sang bleu menacé de disparition

    Vieux de 450 millions d’années, cet animal est prisé par l’industrie médicale pour les propriétés uniques de son sang bleu.

    La limule est un animal étonnant, vieux de 450 millions d’années et qui a survécu à quatre extinctions massives. Pourtant, cet animal fait actuellement face à sa plus grande menace : l’homme, comme le raconte Le Guardian.
    Cet arthropode, qualifié de « fossile vivant », moins populaire qu’un tigre ou un panda, a été placé sur la liste des animaux vulnérables de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

    La limule a en effet une caractéristique peu commune : son sang bleu contient des cellules réagissant au contact de bactéries, qui le rend particulièrement utile pour détecter une éventuelle contamination de matériel chirurgical, de dialyse, ou d’autres médicaments… La demande est telle que ce liquide est devenu l’un des plus chers du monde, à plus de 10 000 euros le litre, selon le Guardian.

    30 % de leur sang prélevé

    L’animal est donc convoité et exploité. L’industrie pharmaceutique américaine ponctionne à elle seule 430 000 limules par an. Elle ne les tue pas mais leur prélève 30 % de leur sang avant de les relâcher dans la nature. Ce procédé entraîne la mort de 5 % à 20 % des individus concernés et les femelles qui survivent ont d’avantage de difficultés à se reproduire.

    Les scientifiques estiment que la population de ces arthropodes va diminuer de 30 % sur la Côte est des Etats-Unis lors des prochaines décennies. La branche asiatique de l’animal pourrait diminuer encore plus vite car les limules y sont vendues comme nourriture après le prélèvement de leur sang.

    Pour nombre d’entre eux, ce déclin de la limule symbolise l’impact économique et sur la santé que représente la perte de biodiversité. Un risque majeur que soulignera un rapport de l’ONU à paraître pendant le mois, après celui du Fonds mondial pour la nature (WWF), alertant sur une baisse de 60 % de la population de vertébrés.

    Afin de parer à cette raréfaction des limules, l’industrie pharmaceutique américaine tente de trouver des substituts synthétiques. Mais aucun n’a encore été approuvé par les autorités.

    Leur propre sang n’est pas la seule menace qui pèse sur les limules. Elles doivent également faire face à une diminution des plages disponibles pour pondre leurs œufs, une fois par an, ainsi qu’au développement d’algues toxiques.

    Source: www.lemonde.fr


    24/10/18 - Climat: il est encore temps de sauver les oiseaux

    Le changement climatique modifie le comportement des oiseaux migrateurs, mais une application stricte des conventions internationales peut leur permettre de s'adapter sans mettre en danger les espèces avec qui elles entrent désormais en concurrence.

    L'hiver arrive et, dans notre ciel, hirondelles, cigognes et autres oiseaux migrateurs se font de plus en plus rares. Rien de plus normal: ils partent comme chaque année vers le sud en quête d'une météo plus clémente. Mais cette valse annuelle qui dure depuis des siècles est désormais troublée par le changement climatique. Nombre de cigognes, par exemple, ne se fatiguent plus à traverser la Méditerranée et s'arrêtent souvent au Portugal. Et s'aventurent de plus en plus vers le nord pendant l'été. L'arrivée de ces nouveaux venus n'est pas sans conséquence sur l'équilibre de la biosphère locale. Ils doivent trouver de quoi se nourrir et peuvent prendre le pas sur d'autres populations.

    La situation n'est toutefois pas désespérée. Une étude menée par des chercheurs de la Tour du Valat, près de Marseille, et du Centre d'écologie et des sciences de la conservation du Muséum national d'histoire naturelle de Paris, publiée dans la revue Biological Conservation , montre que les conventions internationales peuvent contribuer favorablement à l'adaptation au changement climatique des populations d'oiseaux du bassin méditerranéen.

    «Nous avons étudié le comportement de 145 espèces dans 22 pays méditerranéens,» explique Élie Gaget chercheur à l'Institut de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes de la Tour du Valat et premier auteur de la publication. «Deux conventions européennes ont pour but la conservation de la biodiversité: la convention de Berne et la directive européenne «Oiseaux». L'objectif est de permettre l'installation de population d'oiseaux dans de nouveaux territoires épargnés par les activités humaines. Ce sont principalement ces activités qui mettent en danger les oiseaux, et particulièrement la chasse.»

    Le bassin méditerranéen se divise ainsi en trois niveaux de protection: les pays n'ayant ratifié aucun texte, principalement ceux d'Afrique du Nord ; les États n'ayant ratifié que la convention de Berne ; et ceux ayant ratifié les deux textes (France, Espagne, Portugal, Italie et Grèce). «En somme, c'est assez logique de constater que les États qui offrent une meilleure protection sont ceux qui ont ratifié les deux textes,» détaille Élie Gaget. «Le but de nos travaux est de montrer que les dés ne sont pas encore jetés. Avec une législation contraignante, on peut permettre aux oiseaux de s'adapter. L'exemple est flagrant avec le héron qui a longtemps été persécuté en France. Désormais grâce à l'application stricte de la directive oiseaux, sa population est en augmentation.»

    Une migration vers les pôles

    Si une législation contraignante permet localement une préservation de certaines espèces, les populations au niveau mondial restent très fragilisées. Le 8 octobre dernier, le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur les changements climatiques), lançait un dernier cri d'alarme. Vers 2040, la température moyenne de la planète atteindra ou dépassera 1,5°C par rapport au début de l'ère industrielle si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel. «Le réchauffement a pour conséquence de repousser les espèces vers les pôles,» précise Élie Gaget. «Les animaux cherchent à gagner des territoires un peu plus frais.» Les populations d'Arctique et d'Antarctique doivent donc faire face à un double problème. Non seulement elles doivent s'adapter à des températures plus élevées sans possibilité de migrer vers des contrées plus froides, mais elles doivent en plus partager leurs ressources avec de nouvelles populations.

    «Une législation, aussi stricte soit-elle, ne doit pas nous exonérer de changement dans nos comportements,» conclue Élie Gaget. «D'autant que si certains oiseaux peuvent s'adapter à un changement de température, le changement climatique qui en découle avec une raréfaction des zones humides pourra être fatal à nombre d'entre eux.»

    Source: www.lefigaro.fr/sciences - Rédaction: Vincent Bordenave


    19/09/18 - Un an après, la faune de la Dominique reste affaiblie par le passage de l'ouragan Maria

    La faune de la Dominique ne s'est pas encore totalement remise du passage de l'ouragan Maria il y a un an alors les responsables environnementaux surveillent de près la santé de la biodiversité de l'île.

    Les animaux subissent encore les conséquences à long terme de l'ouragan Maria, qui a ravagé le 18 septembre 2017 la Dominique, dans les Caraïbes, faisant des dizaines de victimes et causant des dégâts à hauteur de 1.3 milliard de dollars.

    Des espèces affaiblies par les vents violents
    Ses forêts verdoyantes reprennent peu à peu des couleurs après la pire destruction de l'histoire récente de cette île située entre la Guadeloupe et la Martinique, incitant au retour d'espèces fascinantes. Mais la présence des emblèmes de la Dominique, les perroquets sisserou (Amazona imperialis) et les grenouilles "poulets des montagnes" - de leur surnom anglais "mountain chicken frogs" (Leptodactylus fallax) - est encore rare dans les feuillages. "L'impact sur leur habitat affecte tout, de leurs habitudes alimentaires à leurs niveaux de stress et la façon dont ils interagissent", explique à l'AFP Bradley Guye, responsable forestier.

    Le sisserou, dessiné au coeur du drapeau de la Dominique, a été sévèrement décimé par les vents de Maria dépassant les 250 km/h : selon M. Guye, la moitié des 400 perroquets laissés dans la nature ont ainsi pu disparaître. Impossible cependant d'indiquer un chiffre précis, la plupart de la région boisée étant difficile d'accès. Un an après, pour les perroquets qui restent, il faut encore se remettre de l'impact de l'ouragan Maria. Avec son passage, les arbres fruitiers, nourriture primordiale pour ces oiseaux, ont été décimés. Pommes, poires et raisins ont donc été acheminées spécialement pour eux et déposés dans la nature ou dans un centre de reproduction dans la capitale Roseau.

    Cet établissement veut augmenter le nombre des perroquets mais aussi de grenouilles Leptodactylus fallax. L'amphibien, autrefois plat national, tient son surnom "mountain chicken" de son goût de poulet. Mais une maladie mortelle a mené cette grenouille jusqu'au danger d'extinction ces dernières années. Surnommés le "crapaud", en référence au terme français, ces grenouilles, anormalement grandes, se reproduisent dans des terriers souterrains plutôt que dans l'eau, avec un coassement particulier précédant l'accouplement. "Nous nous sommes rendus sur leurs sites habituels et nous avons entendu leurs appels donc on sait qu'il y a toujours de l'activité", raconte M. Guye. "Mais leur habitat a été gravement endommagé". "Cette maladie de peau associée à l'ouragan signifie que leur condition est très précaire", ajoute-t-il.

    "Nous travaillons dur pour protéger nos forêts"
    Les responsables environnementaux restent cependant optimistes après des observations de plusieurs espèces, comme les agoutis, des petits rongeurs, et espèrent commencer un inventaire de la faune en janvier 2019. "Notre faune est une ressource fondamentale de notre culture et de nos traditions et nous travaillons dur pour protéger nos forêts", glisse le responsable forestier. "Sans elle, les enfants d'aujourd'hui ne sauraient pas ce qu'est un poulet des montagnes ou un agouti. Je veux que mes enfants et mes petits-enfants l'apprennent aussi".

    Source illustrée: www.sciencesetavenir.fr/animaux/biodiversite avec l'AFP


    27/08/18 - "Les oiseaux disparaissent à grande vitesse en France"… Le vidéaste Max Bird évoque sa passion des oiseaux

    comédien et vidéaste Max Bird a une passion : photographier les oiseaux dans leur environnement naturel. Rencontre.

    Aux aurores. C’est le moment où Max Bird a dû se réveiller afin de photographier des oiseaux en terre tanzanienne. Mais quand il s’agit d’oiseaux, il n’est jamais trop tôt pour ce passionné. "C’est toujours le meilleur moment, le lever du jour et la tombée de la nuit, c'est là où il y a le plus d'activités chez les animaux."

    Une passion précoce

    Cette passion des oiseaux a d’abord commencé avec celle des dinosaures et le film Jurassic Park. Le long-métrage le rend littéralement "fou" puisqu’il collectionnait les livres, les jouets et qu’il connaissait les noms des bêtes par cœur. Après les dinosaures, Max Bird s’intéresse "par ricochet" aux animaux dangereux puis aux oiseaux.

    À 15 ans, sa famille déménage en Guyane. Là-bas, il découvre la forêt amazonienne, un paradis pour la photographie animalière. "C'est là, vraiment, que ça a mis le feu aux poudres, parce que j'étais un garçon passionné qui connaissait tous les noms par cœur et qui les dessinais dans tous les cahiers et là j'étais sur le terrain et je me suis mis à sécher les cours, à être tous les matins dans la forêt avec mon petit appareil, au début, puis après un plus gros, et à mitrailler les oiseaux."

    Les oiseaux français en déclin

    Pourtant, si Max Bird aime voyager à travers le monde pour photographier, il fait très peu de photographie ornithologique en France. Selon lui, "les oiseaux disparaissent à grande vitesse en France, les insectes, surtout, c'est très lié. 80 % des effectifs des insectes ont disparu. De fait, la nourriture manquant, les oiseaux disparaissent aussi." Pour lui, aller "se ressourcer à la campagne" reste finalement une activité "très urbaine".

    "Alors ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de coins ornithos très chouettes en France, mais c'est vrai que ça tient mal la comparaison avec une forêt intacte."

    Source: www.francetvinfo.fr


    14/06/18 - La nuit, dernier refuge des mammifères contre l’homme

    Selon une étude publiée dans la revue « Science », l’expansion humaine conduit de nombreux animaux à adopter un mode de vie nocturne.

    L’humain a pris possession de la planète. Principale espèce envahissante de notre globe, il a déjà modifié les trois quarts de la surface terrestre, estiment les chercheurs. Devant cette progression, la plupart des animaux ont choisi la fuite : plus loin des villes ou des axes routiers, plus haut dans les montagnes, au plus profond des forêts. Mais ce déplacement spatial n’est ni toujours possible ni nécessairement suffisant. Pour vivre heureux, de nombreux mammifères ont donc trouvé une autre parade, ce que l’écologue Ana Benitez-Lopez, de l’université de Radboud, aux Pays-Bas, nomme « l’ajustement temporel ». En termes plus simples, ils ont adopté un mode de vie nocturne.
    Dans un article publié vendredi 15 juin, dans la revue Science, une équipe de l’université Berkeley, en Californie, livre les résultats d’une « méta-analyse » des études conduites sur les mammifères soumis à la présence humaine. Ils ont ainsi extrait de 76 travaux de recherche, conduits sur les cinq continents depuis près de vingt-cinq ans, les données concernant l’équilibre entre jour et nuit de 62 espèces, selon qu’elles se trouvaient exposées ou non à la présence humaine. « Nous nous attendions à observer une certaine augmentation du caractère nocturne de la faune à proximité des humains, mais nous avons été surpris de la constance des résultats, souligne l’écologue Kaitlyn Gaynor, première signataire de l’article. La réponse des animaux est forte, quelle que soit la nature du dérangement que nous provoquons, et pas seulement lorsque nous mettons leur vie en danger. Cela suggère que notre seule présence suffit à perturber leurs modes de vie traditionnels. »

    Coyotes noctambules

    Ainsi, 83 % des études ont fait apparaître une augmentation du temps de vie nocturne en présence des humains. Et cela dans des proportions notables : en moyenne, les mammifères ont vu leur « nocturnalité » croître d’un facteur 1,36. Autrement exprimé, un animal qui partage, en temps normal, son activité à parts égales entre jour et nuit porte la part nocturne à 68 % lorsque l’homme vient roder dans les parages. Les scientifiques ont concentré leurs travaux sur les espèces moyennes ou grandes – de poids supérieur à 1 kg, donc –, mais ils font l’hypothèse que l’ensemble de la classe est concerné. De même, la carte des espèces étudiées laisse apparaître des points bleus sur tous les continents.

    Les chercheurs de Berkeley n’ont pas eu besoin d’aller bien loin. Dans les montagnes voisines de Californie, les coyotes vivent désormais presque exclusivement la nuit. Bien sûr, on était habitué à entendre les animaux hurler le soir. Mais il n’était pas rare d’observer le canidé en plein jour. C’est terminé. « La faute au développement des loisirs de nature », explique Kaitlyn Gaynor. Même constat chez les ours bruns d’Alaska : cette fois, ce sont les touristes en quête de vie sauvage qui ont bouleversé le mode vie du grand mammifère. De 33 %, il est passé à 76 % de vie nocturne.

    À l’autre bout du monde, à Sumatra (Indonésie), les chercheurs qui étudient la forêt tropicale de Ketambe ont voulu observer leur propre impact sur la faune. Ils ont donc installé des caméras infrarouges près de leurs campements et sur une zone de contrôle, située à grande distance, et comparé le comportement de l’ours malais. Le verdict est tombé, sans appel : en leur absence, l’adorable petit ursidé se limite à 19 % d’activité nocturne. En leur présence, le chiffre bondit à 90 %.

    Des sangliers, aux alentours d’une décharge, près de Barcelone.

    Le même gouffre a été observé chez les léopards du Gabon : nocturnes à 46 % dans les zones non soumises à la chasse, à 93 % là où l’homme les traque. Ou encore chez le lion de Tanzanie, peu amateur d’activité nocturne en temps normal (17 %), véritable oiseau de nuit dans les zones d’activité pastorale humaine (90 %). En Pologne, les chercheurs ont retrouvé ce chiffre de 90 % d’activité nocturne chez les sangliers vivant dans des zones périurbaines. A l’inverse, les individus observés dans des forêts sauvages partageaient équitablement leur vie entre jour et nuit.

    Nouvelle manière de cohabiter

    Le comportement le plus spectaculaire reste encore celui des éléphants. Des pachydermes ont ainsi été suivis par les chercheurs de l’université de Twente (Pays-Bas), grâce à des colliers GPS, lors d’un périple à travers le Kenya. Au fur et à mesure qu’ils gagnaient des territoires peuplés d’humains, ils ont changé de comportement, se cachant le jour, ne s’alimentant et ne se déplaçant plus qu’après le coucher du soleil. Un basculement d’autant plus frappant que l’éléphant voit très mal la nuit.

    « Même si le phénomène était connu, ce travail est original à plusieurs titres, indique François Moutou, président d’honneur de la Société française pour l’étude et la protection des mammifères. D’abord, il apporte des données quantitatives précises. Ensuite, il couvre une très large gamme d’animaux, pas tant par le nombre d’espèces – 62 ce n’est pas beaucoup, il faudra continuer – que par leur diversité. Enfin il affirme, ce à quoi je ne m’attendais pas, que l’homme n’a pas besoin d’être menaçant pour perturber la nature. Sa seule présence semble suffire. » Là encore, l’ancien vétérinaire aimerait voir ces résultats « consolidés » et leurs conséquences étudiées.

    Un blaireau, dans un cimetière du sud de Londres.
    Les chercheurs de Berkeley entendent justement œuvrer en ce sens. Car pour l’heure, ils se contentent d’avancer des hypothèses. Avec un premier scénario sombre. Certaines espèces diurnes pourraient éprouver de grandes difficultés à s’alimenter la nuit, éviter les prédateurs ou simplement communiquer entre eux. Leur mortalité pourrait s’en trouver accrue, leur natalité réduite. « Mais à l’inverse, pour peu qu’ils parviennent à subvenir à ces besoins fondamentaux, certains animaux sauvages pourraient ainsi éviter un contact direct avec les humains, dangereux pour eux et parfois pour nous », souligne Kaitlyn Gaynor. Et la chercheuse de citer en exemple le Népal où tigres et humains empruntent les mêmes sentiers, mais pas à la même heure.

    Une nouvelle manière de cohabiter qui, pour l’écologue américaine, trouve sa source dans le passé lointain. « L’ancêtre commun de tous les mammifères vivait au temps des dinosaures, et pour éviter ces prédateurs omniprésents, terrifiants et diurnes, il s’activait exclusivement la nuit. Ce n’est qu’après l’extinction des dinosaures que les mammifères ont exploré la lumière du jour. Désormais, les prédateurs omniprésents, terrifiants et diurnes, ce sont nous, les humains. Et nous sommes en train de renvoyer le reste des mammifères de la planète dans l’obscurité. » Le triste clin d’œil de la Préhistoire.

    Source: www.lemonde.fr/sciences - Rédaction: Nathaniel Herzberg


    12/06/18 - Disparition « spectaculaire » des plus vieux baobabs d'Afrique

    La grande majorité des plus vieux baobabs d'Afrique se meurent depuis une dizaine d'années, alertent lundi des chercheurs qui évoquent le dérèglement climatique comme possible cause de cette disparition « d'une ampleur sans précédent ».

    « Il est choquant et spectaculaire d'assister au cours de notre vie à la disparition de tant d'arbres d'âges millénaires », explique à l'AFP Adrian Patrut de l'Université Babes-Bolyai en Roumanie, coauteur de l'étude parue dans la revue Nature Plants.

    « Au cours de la seconde moitié du 19e siècle, les grands baobabs d'Afrique australe ont commencé à mourir. Mais depuis 10 à 15 ans, leur disparition a rapidement augmenté à cause des températures très élevées et de la sécheresse », poursuit le chercheur.

    Âgés de 1100 à 2500 ans et tutoyant le ciel, les baobabs et leur tronc massif couronné de branches aux allures de racines sont une des silhouettes les plus emblématiques des savanes arides, repérables à des kilomètres à la ronde.

    Toutefois, au cours des 12 dernières années, 9 des 13 plus vieux baobabs sont partiellement ou totalement morts, selon l'étude.

    Parmi les victimes, trois monstres symboliques : Panke, originaire du Zimbabwe, le plus vieux baobab avec 2450 ans au compteur, l'arbre de Platland d'Afrique du Sud, l'un des plus gros du monde, avec un tronc de plus de 10 mètres de diamètre et le célèbre baobab Chapman du Botswana, classé monument national et sur lequel Livingstone a gravé ses initiales.

    Les chercheurs ont découvert cette situation « d'une ampleur sans précédent » presque par hasard : ils étudiaient ces arbres pour percer le secret de leurs incroyables mensurations.

    Pour cela, entre 2005 et 2017, Adrian Patrut et ses collègues ont étudié tous les plus grands (et donc généralement les plus vieux) baobabs d'Afrique, plus de 60 en tout.

    Parcourant le Zimbabwe, l'Afrique du Sud, la Namibie, le Mozambique, le Botswana et la Zambie, ils ont collecté des échantillons sur différentes parties des arbres. Des fragments dont ils ont ensuite défini l'âge à l'aide de la datation au carbone.

    « La cavité d'un vieux baobab du Zimbabwe est si grande que près de 40 personnes peuvent s'y abriter », souligne le site Internet du parc national Kruger en Afrique du Sud. Ils pouvaient être utilisés comme magasin, comme prison ou plus simplement comme arrêt de bus.

    Ils ont également longtemps été utilisés pour se repérer par des explorateurs ou des voyageurs.

    « Les baobabs produisent périodiquement de nouveaux troncs, comme d'autres espèces produisent des branches », selon l'étude. Ces tiges ou troncs, souvent d'âges différents, fusionnent ensuite.

    Quand un trop grand nombre de tiges meurent, l'arbre s'écroule. « Avant de commencer nos recherches, nous avions été informés de l'effondrement du baobab Grootboom en Namibie, mais nous pensions que c'était un événement isolé », explique à l'AFP Adrian Patrut.

    « Ces décès n'ont pas été causés par une épidémie », affirment les auteurs. Ils suggèrent que le changement climatique pourrait nuire à la capacité du baobab à survivre dans son habitat même si « d'autres recherches seront nécessaires pour soutenir ou réfuter cette hypothèse ».

    Mais « la région dans laquelle les baobabs millénaires sont morts est l'une de celles où le réchauffement est le plus rapide en Afrique », remarque Adrian Patrut.

    Source: ici.radio-canada.ca avec l'AFP


    29/05/18 - Les cétacés de la mer Méditerranée meurent, l’estomac empli de plastique

    Les scientifiques viennent d’apporter une preuve supplémentaire des impacts croissants de la pollution par le plastique dans la mer Méditerranée : de plus en plus de cétacés y meurent parce que leur estomac est rempli de ces déchets issus de l’activité humaine.

    La Commission européenne a d’ailleurs promis lundi de s’attaquer à cette menace pour les milieux marins.

    Des chercheurs de l’Institut de recherche sur les cétacés, basé en Grèce, ont analysé les données de nécropsies menées sur les dépouilles d’une dizaine de cachalots retrouvés morts sur les rives de la Méditerranée depuis 2001.

    Leurs constats sont on ne peut plus clair : ces grands cétacés à dents, qui se trouvent au sommet de la chaîne alimentaire, sont tous décédés parce que leur estomac était rempli de divers débris de plastique qui ont provoqué leur mort, notamment parce qu’ils empêchaient l’animal de s’alimenter.

    Dans un communiqué annonçant les résultats de leurs travaux, le biologiste Alexandros Frantzis cite en exemple le cas d’un jeune cachalot mâle échoué sur les côtes grecques et dont l’estomac contenait plus d’une centaine d’objets de plastique, dont des sacs d’emplettes.

    En février dernier, un autre animal retrouvé échoué en Espagne avait plus de 64 livres de déchets de plastique dans le système digestif, dont des sacs de plastique, des débris de filets de pêche et un bidon de carburant.

    Mortalités croissantes

    Ces mortalités directement liées à la pollution de plastique croissante en Méditerranée « sont inquiétantes mais ne sont pas surprenantes », selon M. Frantzis. Il précise que les animaux tués de cette façon souffrent longtemps avant de mourir, notamment en raison d’infections ou d’hémorragies.

    L’étude la plus complète portant sur la pollution par le plastique en mer Méditerranée, publiée en 2014 dans le magazine scientifique Plos One, indiquait que cette mer bordée par 22 États contiendrait près de 25 000 tonnes de déchets de plastique.

    « Nous identifions la mer Méditerranée comme une grande zone d’accumulation de débris de plastique », concluait d’ailleurs cette étude. En moyenne, les sites échantillonnés dans le cadre des travaux de recherche contenaient en effet des concentrations de débris de plastique similaires à celles qu’on retrouve dans les gyres des différents océans de la planète, appelées « continents de plastique ».

    Source: www.ledevoir.com


    17/05/18 - Pour la biodiversité, un demi-degré de réchauffement change tout

    Hausse du niveau des mers, submersion des côtes, canicules et sécheresses plus sévères, précipitations plus intenses… Les menaces que fait peser le changement climatique sur les sociétés humaines sont connues. Mais il met également en danger l’ensemble du vivant. Or, pour la faune comme pour la flore, chaque degré de réchauffement – et même chaque demi-degré – est crucial.

    Un sujet dont s’empare Nicolas Hulot, le ministre de la transition écologique, qui présente, vendredi 18 mai à Marseille, des pistes pour tenter de préserver le monde du vivant et mobiliser autour d’une biodiversité en danger qui mérite un « sursaut d’indignation ».

    M. Hulot va donner le coup d’envoi d’une « grande consultation » sur le sujet, avec un site internet dédié. « C’est vraiment un sujet que je veux faire monter au même niveau que l’enjeu climatique », a-t-il commenté vendredi matin : « On va lancer toute une initiative sur la biodiversité, et surtout lancer tout un calendrier diplomatique international qui va jalonner les trois prochaines années ».

    Son annonce interviendra au lendemain de la publication dans la revue Science d’une étude de chercheurs britanniques et australiens. Rachel Warren (de l’université d’East Anglia au Royaume-Uni) et ses collègues ont pris comme point de départ les aires de répartition (ou présence) actuelles de plus de 115 000 espèces animales et végétales terrestres, dont 31 000 insectes, 8 000 oiseaux, 1 700 mammifères, 1 800 reptiles, 1 000 amphibiens et 73 000 plantes. Soit le plus vaste échantillon mondial pris en compte dans ce type d’inventaire, dont les insectes étaient jusqu’à présent exclus.

    Ils ont ensuite fait tourner des modèles pour calculer le changement d’aire naturelle de chaque espèce, en fonction de différents scénarios climatiques. Une hausse plus ou moins importante des températures conduit en effet à réduire plus ou moins fortement la zone géographique où une plante ou un animal donné bénéficie de conditions adaptées à son cycle biologique et favorables à son développement.

    Le sort des insectes

    Les résultats sont saisissants. Dans l’hypothèse d’une poursuite des émissions mondiales de gaz à effet de serre à leur rythme actuel, amenant à un bond de 4,5 °C à la fin du siècle par rapport aux niveaux préindustriels, vers 1850, les règnes animal et végétal verraient leur territoire naturel fondre comme peau de chagrin. Il régresserait de plus de moitié pour les deux tiers des insectes et des plantes, et pour plus de 40 % des mammifères.

    Avec les baisses d’émissions auxquelles se sont engagés les Etats avant l’accord de Paris issu de la COP21 de 2015, qui mettraient la planète sur une trajectoire de réchauffement d’un peu plus de 3 °C, les dommages seraient moindres mais resteraient massifs : 49 % des insectes, 44 % des plantes et 26 % des animaux vertébrés (mammifères, oiseaux, reptiles…) perdraient plus de la moitié de leur aire de vie.

    Qu’en serait-il, cette fois, si les termes de l’accord de Paris, qui vise à limiter la montée de la colonne de mercure à 2 °C, et si possible 1,5 °C, étaient respectés ? Avec + 2 °C, la proportion d’espèces privées de plus de 50 % de leur territoire tombe à 18 % pour les insectes, 16 % pour les plantes et 8 % pour les vertébrés. Avec seulement + 1,5 °C, elle chute à 6 % pour les insectes, 8 % pour les plantes et 4 % pour les vertébrés.

    Un simple demi-degré en moins fait donc une très grande différence pour le monde du vivant. Il divise le risque par deux pour les plantes et les animaux vertébrés, et par trois pour les insectes. « Ces derniers sont plus exposés qu’aucun autre groupe animal à une perte d’aire de répartition, et ils ont le plus grand bénéfice à tirer d’un réchauffement contenu à 1,5 °C plutôt que 2 °C », écrivent les auteurs.

    Ceux-ci insistent sur le sort des insectes car, souligne Rachel Warren, « ils sont vitaux pour les écosystèmes et pour les humains : ils pollinisent les cultures et les fleurs, ils nourrissent les organismes de niveau supérieur, ils maintiennent les milieux naturels en équilibre en mangeant les feuilles des plantes, ils aident à recycler les nutriments dans le sol ».

    L’avenir est sombre pour la biodiversité

    Sans doute nombre d’espèces, notamment parmi les mammifères, les oiseaux et les papillons, ont-elles la capacité de migrer pour retrouver les conditions de vie auxquelles elles sont acclimatées. Les chercheurs ont intégré à leurs modèles cette faculté de dispersion. Grâce à cette mobilité, un petit nombre d’espèces pourrait même tirer bénéfice d’un climat plus chaud, en colonisant de nouveaux domaines.

    Mais, notent les auteurs, la plupart des invertébrés, des reptiles, des amphibiens et des plantes ne sont pas en mesure de se délocaliser aussi vite que le thermomètre grimpe. Si bien que la contraction de leur espace vital les met en danger de disparition. « Limiter le réchauffement à 1,5 °C réduit le risque d’extinction » de ces populations, souligne l’étude.

    Reste que faute d’une baisse drastique des émissions de gaz à effet de serre – à commencer par celles de la Chine et des Etats-Unis –, l’objectif de 1,5 °C semble aujourd’hui irréaliste. L’avenir est donc sombre pour la biodiversité. D’autant que celle-ci est aussi mise à mal par la destruction des habitats naturels du fait de la déforestation, de l’agriculture intensive ou de l’urbanisation, par la chasse, le braconnage ou les trafics illicites, ainsi que par la pollution généralisée des écosystèmes.

    Une autre étude, publiée elle aussi dans la revue Science, sonne l’alarme à cet égard. Elle fait apparaître qu’à l’échelle du globe, un tiers des aires protégées, pourtant censées constituer des havres pour la faune et la flore sauvages, sont en réalité fortement affectées par les activités humaines.

    Certes, note l’équipe internationale (Australie, Canada, Etats-Unis) qui a mené ce travail, depuis le sommet de la Terre de Rio, en 1992, la superficie des zones consacrées à la préservation de la nature a presque doublé. Elle atteint désormais près de 19 millions de kilomètres carrés (les aires de moins de 5 km2 ne sont pas comptabilisées), soit presque 15 % de la surface terrestre. Mais 32,8 % de ces enclaves sont soumises à une « pression humaine intense », qu’il s’agisse de constructions, d’agriculture, de pâturage, d’occupation humaine, de routes, de chemins de fer, de voies navigables ou d’éclairage nocturne.

    Rehausser les exigences de protection

    Sur le planisphère, les aires naturelles les plus « anthropisées » sont situées en Europe de l’Ouest, en Asie du Sud-Est et en Afrique subsaharienne. Mais tous les biotopes sont peu ou prou affectés, des mangroves aux forêts tempérées en passant par la toundra, la savane et les forêts tropicales humides. Seuls 10 % de ces espaces sont totalement exempts d’empreinte humaine, pour l’essentiel dans des régions reculées de hautes latitudes, en Russie ou au Canada.

    Les scientifiques n’en déduisent évidemment pas que les Etats doivent renoncer au principe même de consacrer des terres à la sauvegarde de la biodiversité, au motif qu’elle serait mal assurée. Ils les engagent au contraire à rehausser les exigences de protection et à « restaurer les aires protégées, tout en respectant les besoins des populations locales ».

    « Un réseau d’aires protégées bien gérées est essentiel pour sauver les espèces, commente le premier auteur de l’article, Kendall Jones (université de Queensland en Australie). Si nous laissons ce réseau se dégrader, il n’y a aucun doute que les pertes de biodiversité seront exacerbées. » D’autant que jusque dans ces ultimes refuges, les animaux et les plantes n’échapperont pas au péril climatique.

    Source: www.lemonde.fr/biodiversite - Auteur: Pierre Le Hir


    17/05/18 - Le Kenya veut instaurer la peine de mort pour les braconniers

    Les braconniers risqueront bientôt la peine de mort au Kenya, a annoncé le ministre kényan du tourisme et de la protection des espèces sauvages.

    Dans ses parcs nationaux et ses réserves, le Kenya abrite une grande variété d'espèces: lions, rhinocéros noirs, autruches, hippopotames, buffles, girafes et zèbres.

    En 2013, le Kenya a promulgué une loi sur la conservation de la faune qui punit les contrevenants d'une peine d'emprisonnement à perpétuité ou d'une amende de 200.000 dollars. "Cela n'a cependant pas été suffisamment dissuasif pour freiner le braconnage, d'où aujourd'hui la proposition d'une peine plus sévère", précise Najib Balala. En 2017, le braconnage des rhinocéros a pourtant diminué de 85% et celui des éléphants de 78% par rapport à 2013 et depuis le renforcement de la répression, selon le ministère du Tourisme.

    L'année dernière, 69 éléphants - sur une population de 34.000 - et neuf rhinocéros - sur une population de moins de 1 000 - ont été tués dans le pays. Plus tôt ce mois-ci, deux rhinos noirs et un veau ont été braconnés au parc national de Meru.

    L'initiative pourrait se heurter à l'ONU, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme appelant à l'abolition progressive de la peine capitale dans le monde.

    Source: www.7sur7.be avec The Telegraph


    07/05/18 - Biodiversité: l'Australie promet des millions d'euros pour aider ses koalas

    Il ne reste plus dans la nature que 43.000 de ces marsupiaux emblématiques du vaste pays-continent...

    L'Australie a dévoilé lundi un programme d'aide d'une trentaine de millions d'euros destiné à sauver une population de koalas qui décline de manière spectaculaire.

    La Fondation australienne du koala estime qu'il ne reste plus dans la nature que 43.000 de ces marsupiaux emblématiques du vaste pays-continent. Avant l'arrivée des premiers colons britanniques en 1788, leur nombre était estimé à plus de 10 millions.

    «Un trésor national»

    «Les koalas sont un trésor national», a déclaré Gladys Berejiklian, Première ministre de l'Etat de Nouvelle-Galles du Sud en présentant le programme de conservation de son gouvernement.

    «Ce serait tellement dommage que l'avenir de cette icône nationale ne soit pas assuré». Les koalas sont victimes du changement climatique, de la perte de leur habitat, des attaques de chiens, des accidents de voiture, des incendies de forêt et de maladies.

    Des études font état d'un recul de 26% du nombre de koala en Nouvelle-Galles du Sud ces dernières 15 à 20 années. L'Etat qualifie l'espèce de «vulnérable» tandis que dans d'autres régions australiennes, elle a de fait totalement disparu.

    Sanctuariser des milliers d’hectares, lutter contre les maladies...

    Le programme de 45 millions de dollars australiens (28,4 millions d'euros) prévoit de sanctuariser des milliers d'hectares pour préserver l'habitat naturel de l'animal.

    Les fonds seront aussi consacrés à la lutte contre certaines maladies qui ravagent les populations comme les d'infections à chlamydiae, maladie sexuellement transmissible qui provoque la cécité, l'infertilité et la mort.

    L'argent ira aussi à la recherche, à la protection de certaines portions de routes connues pour être dangereuses pour les koalas, un nouvel hôpital destiné à soigner les animaux malades ainsi qu'à la mise en place d'un téléphone vert pour signaler les marsupiaux ayant besoin d'aide.

    Source: _www.20minutes.fr/planete avec l'AFP


    06/05/18 - 6 rhinocéros noirs envoyés au Tchad pour repeupler un parc national

    6 rhinocéros noirs provenant d'Afrique du Sud ont commencé leur périple jusqu'au Tchad où ils vont pouvoir repeupler le parc national de Zakouma.

    Six rhinocéros noirs (Diceros bicornis) sud-africains ont quitté le 3 mai 2018 dans la matinée le parc national sud-africain d'Addo (sud-ouest) par la route vers Port Elizabeth, d'où ils doivent s'envoler plus tard dans la journée à destination du Tchad, a annoncé la direction des parcs nationaux sud-africains. Ce voyage annonce le coup d'envoi d'une ambitieuse opération de repeuplement du pachyderme dans le pays d'Afrique centrale où il a disparu il y a un demi-siècle. Au terme d'un vol de près de 5.000 km vers le nord, ils seront lâchés dans le parc national de Zakouma, dans la savane du sud-est tchadien, où ils doivent constituer l'amorce d'un nouveau foyer de rhinocéros noirs. Avant le Tchad, des rhinocéros noirs ont déjà été expatriés au Botswana, en Tanzanie, en Zambie, au Malawi ou au Rwanda.

    Objectif: établir un foyer stable et protégé de rhinocéros noirs au Tchad

    Le Tchad et l'Afrique du Sud ont signé un accord de coopération visant à protéger la biodiversité et à assurer la survie à long terme des espèces animales menacées à Zakouma. Après sept ans d'efforts, il a permis d'y réduire quasiment à néant le braconnage, autorisant ainsi la réintroduction des rhinocéros. "En établissant un foyer de rhinocéros viable et protégé au Tchad, nous contribuons à l'expansion de leur population en Afrique et à la survie d'une espèce qui a beaucoup souffert de braconnage ces dix dernières années", s'est réjoui la ministre sud-africaine de l'Environnement, Edna Molewa. Le dernier spécimen rhinocéros noir avait été observé en 1972 dans le parc de Zakouma. L'Union internationale pour la conservation de la nature assure que pour le moment, la situation de l'espèce est encore préoccupante : elle est dans la catégorie "en danger critique d'extinction".

    Des animaux ciblés par la médecine traditionnelle chinoise

    Chaque année, des milliers de rhinocéros sont abattus en Afrique pour leurs cornes, très prisées des adeptes de la médecine traditionnelle en Chine ou au Vietnam. Il reste 5.000 spécimens de rhinocéros noirs sur le continent africain, dont près de 1.900 en Afrique du Sud. Le pays abrite aussi quelque 20.000 rhinocéros blancs, soit 80% de la population mondiale.

    Source: www.sciencesetavenir.fr avec l'AFP


    27/04/18 - Environnement : la victoire des apiculteurs après l'interdiction de trois néocotinoïdes

    L'Union européenne a voté vendredi 27 avril l'interdiction de trois néocotinoïdes dans l'agriculture de plein air. Une victoire pour les apiculteurs qui ont vu leurs abeilles décimées par ces pesticides.

    "Ça, c'est le cimetière", dit Philippe Roy en montrant une de ses ruches. En vingt ans, il a perdu la moitié de ses 300 ruches à cause des néocotinoïdes. Ces pesticides, qui affectent le système nerveux des abeilles et provoquent leur mort, sont utilisés comme insecticide par les agriculteurs pour traiter leurs cultures. Résultat : une hécatombe, des apiculteurs à bout de nerfs, et un désastre pour la nature. En effet, les abeilles permettent à la plupart des plantes de se reproduire grâce à la pollinisation. En clair, le transport d'un grain de pollen depuis l'étamine, l'organe mâle, vers le pistil, l'organe femelle. Sans abeilles, pas de légumes ni de fruits.

    Une victoire pour la biodiversité
    L'interdiction des trois néocotinoïdes sur toutes les cultures de plein air, votée par une majorité de pays membres, dont la France, vendredi 27 avril, est donc vécue comme une victoire. "C’est très important pour l'apiculture européenne et aussi pour toute la biodiversité", se réjouit Frank Alétru, président du Syndicat national des apiculteurs. Mais pour les producteurs de produits phytosanitaires, cette interdiction est une mauvaise nouvelle.

    Source + vidéo www.francetvinfo.fr


    18/04/18 - L’impact du réchauffement climatique sur les insectes en Arctique

    Quand on parle des menaces sur l’Arctique, on a souvent l’image de l’ours polaire solitaire sur un iceberg qui est en train de fondre. Mais le changement sur les insectes dans l’arctique semble poser un problème bien plus important.

    Une nouvelle recherche de l’Université de Washington à St. Louis montre comment les insectes de l’Arctique réagissent au réchauffement rapide qui se produit dans cette région. Les saisons plus chaudes de l’été et de l’automne et moins d’événements de gel et de dégel ont entraîné des changements dans le nombre relatif de différents types de punaises dans l’Arctique selon Amanda Koltz, stagiaire postdoctorale en arts et sciences.

    Par rapport aux années plus froides dans le passé, il y a désormais plus d’arthropodes parasitoïdes et mangeurs de plantes et moins de détritivores (les insectes qui consomment littéralement les ordures du monde vivant). La recherche est publiée dans la revue Royal Society Open Science.

    L’impact des températures croissantes en Arctique

    L’étude repose sur l’ensemble de données le plus ancien et le plus complet sur les arthropodes arctiques dans le monde. Un catalogue de près de 600 000 mouches, guêpes, araignées et autres bestioles recueillies à la station de Zackenberg sur la côte nord-est du Groenland depuis 1996 jusqu’à 2014.

    Les insectes règnent dans l’Arctique. Les arthropodes constituent la majorité de la biomasse animale dans la toundra, très loin devant sur les oiseaux ou les mammifères. Ils ont développé toutes sortes d’adaptations pour faire face au froid extrême. Par exemple, durant l’hiver à Zackenberg, les températures moyennes mensuelles de l’air sont de -20 degrés Celsius, mais les températures minimales quotidiennes tombent souvent en dessous de -30 degrés Celsius. Certains insectes locaux tolèrent la congélation tandis d’autres fabriquent des protéines antigel dans leurs cellules et d’autres se dessèchent simplement pour ne pas geler.

    Nous nous attendions à ce que ces animaux soient adaptés à une vaste gamme de températures et de conditions extrêmes selon Koltz. Mais les réponses à la variation de température saisonnière varient encore selon les groupes d’arthropodes. En conséquence, à mesure que les étés se réchauffent, la composition de ces communautés d’arthropodes arctiques évolue selon Koltz, qui a mené ce travail avec les collaborateurs Toke T. Høye et Niels M. Schmidt de l’université d’Aarhus au Danemark.

    Une période de 20 ans ne sera peut-être pas suffisante pour détecter des changements dans l’abondance des espèces comme certains mammifères, mais en raison de leur courte durée de vie, c’est une période suffisante pour les arthropodes. Les changements dans la composition de la communauté étaient jusqu’à 5 fois plus extrêmes dans les habitats plus secs qu?humides en suggérant que la disponibilité de l’eau jouera un rôle important dans les types d’insectes qui survivront dans un Arctique qui se réchauffe.

    Et avec les interactions entre les espèces et la dynamique du réseau trophique, Koltz prévoit d’autres changements au niveau de l’écosystème. Par exemple, plus de punaises herbivores pourraient signifier plus de pression de consommation pour les plantes arctiques tandis que la diminution des détritivores pourrait entraîner des changements dans la décomposition et le cycle des éléments nutritifs du sol.

    Source illustrée : https://actualite.housseniawriting.com/science/environnement-ecologie/rechauffement-climatique - Publié par Jacqueline Charpentier


    21/04/18 - La France, pays des droits de l'Homme... et des animaux ?

    Faut-il créer une Déclaration des droits de l'animal ? La réponse est positive pour les auteurs de l'essai "L'animal est-il un homme comme les autres" Aurélien Barrau et Louis Schweitzer, invités de TV5MONDE. Alors que prévoit aujourd'hui la loi française pour protéger l'animal ? Depuis quand est-il considéré comme un "être sensible" ?

    En France, les animaux ont un statut juridique nouveau depuis 2015. Un statut équivoque.

    La première référence aux animaux dans la législation française remonte à 1850. A l'époque, la loi Grammont interdit les mauvais traitements et les punit de "cinq à quinze francs" et de "un à cinq jours de prison" contre des animaux domestiques. Mais cette loi limite son application à l'espace public, "les actes de cruauté étant parfaitement admissibles en privé" à l'époque selon l'encyclopédie Universalis.

    L'interdiction des mauvais traitements dans le domaine privé n'interviendra qu'un siècle plus tard, en 1959, sous le gouvernement du général de Gaulle. Enfin, une disposition apparaît dans le code rural en 1976 précisant que "tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce."

    "Des êtres doués de sensibilité"

    Un progrès incontestable à l'époque pour les défenseurs des animaux. Néanmoins, nos amies les bêtes restent alors considérées comme un bien, meuble ou immeuble.

    Une évolution plus marquée intervient le 16 février 2015. L'Assemblée nationale inscrit alors pour la première fois un droit des animaux dans le code civil, considéré comme le fondement de tout le droit français. L'article 515-14 ne contient que deux phrases, presque contradictoires : "Les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité. Sous réserve des lois qui les protègent, les animaux sont soumis au régime des biens".

    D'un côté, la loi reconnaît le caractère "sensible" de ces "êtres vivants". De l'autre, elle maintient les animaux dans leur statut de chose. Dans la deuxième phrase, il est subtilement précisé que l'animal "est soumis au régime des biens", sans forcément en être un.

    Prison ferme

    Il n'empêche que cette loi a eu des effets concrets dans les tribunaux. Selon la présidente de la Fondation 30 millions d'amis, qui milite en faveur des animaux,, Reha Hutin, citée par Le Monde, "les magistrats sont moins frileux pour appliquer les lois : nous assistons régulièrement à des condamnations à de la prison ferme, ce qui était exceptionnel par le passé."

    Exemple concret : le 19 avril 2018, le tribunal correctionnel de Blois (Loir-et-Cher) a infligé 6 mois de prison ferme à la propriétaire d'un chien. La jeune femme de 32 ans avait abandonné son animal dans son ancien appartement. L'épagneul breton avait fini par mourir attaché et entravé.

    Anti-spécisme

    Aujourd'hui, nombre de militants de la cause animale réclament une législation plus claire. Certains souhaitent par exemple donner aux animaux le statut de personne morale, comme les associations ou les entreprises. C'est la solution que soutient Jean-Pierre Marguénaud, professeur de Droit privé et auteur du premier livre regroupant l'ensemble des textes de loi concernant les animaux, "Le Code de l'animal". Des textes jusqu'ici dispersés dans sept codes différents (code civil, code pénal, code rural, de l'environnement, etc.).

    Eviter à la gazelle d'être dévorée par le lion

    Se posera ensuite la question de la limite. Faut-il aller jusqu'à légiférer sur les animaux comme on légifère sur l'être humain ? Certains militants radicaux l'envisagent. Comme les partisans de l'anti-spécisme, qui dénoncent l'asservissement des animaux pour les besoins humains.

    La notion de spécisme se réfère à l'idée de séparer les espèces : d'un côté l'humain, de l'autre l'animal, que l'on peut à l'envie utiliser pour des expériences scientifiques ou enfermer dans des zoos. L'équivalent du racisme pour les défenseurs de cette cause et qui pousse ses militants à envisager que l'animal doit être protégé même à l'état sauvage.

    L'un des auteurs de La Révolution antispéciste, Thomas Lepeltier, cité par Le Temps, estime par exemple que l'Homme devrait intervenir pour éviter à la gazelle d'être dévorée par le lion.

    Et ailleurs dans le monde ?

    La législation n'est pas plus développée concernant les animaux dans les autres pays européens. Le Droit des animaux est en revanche largement étudiée en Espagne, en Finlande, au Royaume-Uni mais aussi aux Etats-Unis ou au Canada en tant que discipline à part entière.

    La Suisse a instauré en 2003 un droit spécifique en cas de divorce et de dispute autour de la garde du chat ou du hamster, par exemple. Cet article du code civil suisse stipule que le tribunal doit prendre en compte le bien-être de l'animal pour décider de l'attribution de la garde : "le juge attribue en cas de litige la propriété exclusive à la partie qui, en vertu des critères appliqués en matière de protection des animaux, représente la meilleure solution pour l'animal".


    Antoine Fonteneau


    17/04/18 - Conservation des écosystèmes marins et côtiers à l’île Maurice

    Les récifs coralliens ainsi que les écosystèmes littoraux sont actuellement menacés dans de nombreuses régions du globe. L’Ile Maurice n’a pas été épargnée des phénomènes récurrents de blanchiment du corail et ceci malgré la mise en place d’Aires Marines Protégées par les autorités gouvernementales. Le blanchiment du corail peut être causé par divers changements environnementaux, et parmi eux on note les activités humaines comme le tourisme de masse, la pêche au filet, la pollution des eau ou encore la gestion non durable des littoraux.

    Depuis novembre 2017, grâce au soutien de la Fondation Linktogether, la Fondation GoodPlanet accompagne le projet porté par Reef Conservation de conservation des écosystèmes marins et côtiers dans les régions de Roches Noires et Anse la Raie, via une approche communautaire intégrée.

    L’objectif du projet est de préserver la biodiversité côtière et marine de l’Ile Maurice dans le but de renforcer la résilience de ces écosystèmes face aux changements climatiques. Les activités issues de cette initiative sont réalisées par et pour les communautés locales, dans une approche intégrée des populations et une considération totale des activités humaines durables.

    Le projet a démarré en janvier 2017 pour une durée totale de 20 mois. La phase 2017-2018 comprend la mise en place d’Aires de Conservation Volontaire (ACV) au niveau des côtes, l’agrandissement des AMCV existantes et l’intégration de ces politiques locales à une plus grande échelle par l’établissement d’un éco-label pour les AMCV.

    Source: www.goodplanet.info


    14/04/18 - Biodiversité : le silence des oiseaux

    Alors que le chant des oiseaux se tait un peu partout sur la planète, l'IPBES tire la sonnette d'alarme sur la biodiversité. La plateforme d'experts -équivalente au GIEC sur le climat- a dévoilé un bilan sombre en mars. L'extinction des espèces s'accélère dangereusement d'année en année. Mais il ne serait pas encore trop tard. Interview, décryptage et espérance avec Anne Larigauderie, secrétaire exécutive de l'IPBES.

    N’avez-vous pas remarqué comme un changement dans l’air en ce printemps 2018 ? Comme un silence ? Il suffit de se promener dans les champs, les bois et les parcs, du côté septentrional de la planète pour se rendre compte que le chant des oiseaux a pratiquement disparu. Les gazouillis des passereaux qui accompagnaient généralement l’arrivée de la belle saison se sont tus, remplacés dans beaucoup de villes, comme à Paris, par le croassement plus sinistre des corbeaux. Faudra-t-il bientôt podcaster le chant du moineau ?

    Accélération du déclin

    Une impression inquiétante corroborée par des chiffres. Une étude du CNRS et du Museum d’histoire naturelle publiée en mars 2018 confirme que le nombre d’oiseaux a chuté de 30% en 15 ans en France. Une tendance déjà observée en 2014 dans toute l’Europe : le journal scientifique Ecology Letters avançait alors la disparition de 421 millions d’oiseaux en 30 ans, soit 20% d'une population totale d'un peu plus de 2 milliards d'oiseaux européens au début des années 80. La baisse est toute aussi préoccupante en Amérique du Nord, où le dernier recensement en 2016 pointait la disparition d’un milliard et demi d’oiseaux. Un déclin qui vient s’ajouter à celui encore plus conséquent des insectes (80%) dont les abeilles pollinisatrices, et des plantes sauvages, moins nombreuses. Toute la chaîne alimentaire et l’écosystème sont remis en cause. Des végétaux à l’homme en passant par les insectes et les animaux. Et le responsable, c’est l’homme justement.

    Le vieux continent reste malgré tout parmi les « bons élèves » de la planète selon Anne Larigauderie, la secrétaire exécutive de la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES). Les dégâts sont tout aussi inquiétants, voire davantage, sur les autres continents, notamment en Afrique, dernièrement sous le feu des projecteurs avec l’extinction de son dernier rhinocéros blanc au Kenya. Et que dire de l’Australie, au large duquel la grande barrière de corail vit peut-être ses dernières heures ?

    L’IPBES, kesako ?

    Le sigle est moins entré dans le langage courant que son contrepoint le « GIEC », le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Il faut dire que l’acronyme « IPBES » se prononce plus difficilement, il est anglais, et ce qu’il représente semble plus complexe : « plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques ». Pour autant, marchant main dans la main avec le réchauffement climatique, la biodiversité pose un défi de même envergure à la planète.

    La 6ème session plénière de cette plateforme en Colombie, le 23 mars dernier, est presque passée inaperçue dans les médias alors qu’elle traite des enjeux de notre… survie à terme. Pourquoi ? Rassemblant des milliers de pages de données par continent, le rapport présenté était-il trop compliqué ? Trop alarmiste aussi peut-être ?

    Plus de 700 experts venant de plus d’une centaine de pays se sont penchés sur l'état de la biodiversité de la planète -confrontée à la sixième extinction d'espèces de plantes et d'animaux de son existence, la première depuis la disparition des dinosaures il y a environ 65 millions d'années- et leur constat est sombre. Après trois années d’études dans 4 « régions » du globe (Amériques, Europe et Asie centrale, Afrique, Asie-Pacifique - en somme la planète entière à l'exception des pôles et des océans), ils concluent qu’aucune ne s’en sort bien. Dont acte.

    Source: information.tv5monde.com - Rédaction : Marie Brette


    09/04/18 - Les impacts désastreux de la culture du soja en Amérique latine

    Déforestation massive, atteintes à la santé et violations des droits humains. Voilà le triste constat que plusieurs ONG a dressé en Amérique latine grâce à une enquête réalisée sur le terrain.

    Une enquête internationale de Mighty Earth, Rainforest Foundation Norway et Fern, publiée sur le site de l'ONG Mighty Earth, souligne les impacts dramatiques de la culture de soja en Amérique latine. Ce rapport intitulé "Quand la déforestation s'invite à notre table", montre que la production mondiale de viande entraîne en Argentine et au Paraguay une déforestation massive, des atteintes à la santé des populations ainsi que des violations des droits humains. Ainsi des grandes multinationales sont responsables de la déforestation de Gran Chaco, une des régions les plus riches en biodiversité en Amérique latine.

    Le rapport assure que les forêts de la région du Gran Chaco sont en train de disparaître à un rythme comparable ou supérieur à celui des forêts tropicales comme celles d'Amazonie. Ainsi, plus de huit millions d'hectares ont été défrichés en seulement une douzaine d'années. Ces dernières années, cette déforestation s'est même accélérée. L'Argentine, par exemple, a perdu à elle seule 22% de ses forêts entre 1990 et 2015. Et dans la plupart des cas, ce sont des exploitations de soja qui les ont remplacées. Et cette destruction massive des forêts menace, selon des experts "l'équilibre entre les humains, les animaux et l'environnement". Une récente étude menée par l'Université Humboldt de Berlin estime que plus de la moitié des oiseaux et 30 % de l'ensemble des mammifères recensés aujourd'hui, dans la région du Gran Chaco disparaîtront dans les 10 à 25 ans à venir si rien n'est fait d'ici là.

    "Le nombre de zones ayant été détruites est stupéfiant. Nous avons vu des bulldozers raser de larges forêts et prairies jusqu'alors intactes, ainsi que de gigantesques incendies saturant l'air de fumée, a précisé dans un communiqué Anahita Yousefi, directrice de campagnes chez Mighty Earth. Si le Gran Chaco a traditionnellement toujours été moins surveillé que d'autres biomes en Amérique Latine, comme la forêt amazonienne, c'est un écosystème extrêmement important."

    Cancers, malformations et maladies respiratoires

    Le climat très rude de la région du Gran Chaco n'est pas adapté à la culture de soja. Ce dernier est donc génétiquement modifié pour pouvoir se développer. Il est arrosé généreusement d'engrais chimiques et de pesticides toxiques comme le glyphosate. Le rapport précise : "La Banque mondiale rapporte que l'utilisation de produits agrochimiques en Argentine a augmenté de 1.000 % ces vingt dernières années, en raison du passage au soja génétiquement modifié et résistant au glyphosate, qui nécessite un épandage de quantités plus importantes". Or l'Organisation mondiale de la santé a déclaré que ce pesticide était un cancérogène probable.

    Les pesticides utilisés pour la culture du soja se retrouvent dans les cours d'eau de la région du Gran Chaco. Ces cours d'eau pollués servent pourtant aux communautés locales. Les autochtones ont d'ailleurs constaté une augmentation des maladies respiratoires, de malformations congénitales ou encore des cas des cancers plus nombreux. Les animaux de compagnies et le bétail de ces habitants ressentent également les effets de cette pollution. Ainsi, le rapport explique qu'un grand nombre de familles, qu'ils ont pu rencontrer au cours de leur enquête, ont rapporté que leurs animaux étaient morts, selon eux, à cause de leur exposition aux herbicides.

    Violations au droit humain

    Mais la pollution des cours d'eau n'est pas le seul désagrément que doivent subir les communautés locales. Les autochtones d'Amérique du Sud dépendent très largement de la forêt, ils vivent de la chasse et de la cueillette. En 2014, 50 vigiles armés venant de ferme voisine, propriété du groupe de restauration La Americana, ont envahi une communauté locale. Selon le rapport, cette ferme a défriché 1.000 hectares de terres indigènes, et depuis, la société accuse la communauté autochtone de violation de propriété privée alors qu'il s'agit de leurs propres terres.

    L'ONG Mighty Earth explique que : "les vigiles armés ont cassé des portes et envahi des maisons, agressé les adultes et les enfants, et frappé à coups de pied des femmes enceintes ; certaines ont perdu leurs bébés. Trente-deux membres de cette communauté ont été blessés (...) Les victimes ont rapporté que cette attaque avait pour but de forcer les habitants à quitter la zone."

    Le chef des communautés indigènes de la région, Ramón Lopez a rapporté aux membres de l'association internationale, que de nombreux autochtones ont été déplacés. La déforestation a détruit leur mode de vie traditionnel. Certaines communautés n'avaient même plus de bois pour construire leurs maisons. Actuellement, leur seul moyen pour survivre est de louer aux cultivateurs de soja leurs propres terres. Selon Ramón Lopez, "le plus affligeant c'est qu'il n'y a pas beaucoup d'espoir de survie à long terme pour ces communautés indigènes".

    La France, cinquième importateur d'Europe

    La France est un grand importateur de ce soja issu de la déforestation. Le pays est la cinquième destination de l'Union Européenne. "Le secteur agricole français dépend fortement du soja importé pour ses élevages porcins, bovins, de volaille et pour sa production laitière. En 2016, la France a importé 3,9 millions de tonnes de produits à base de soja provenant principalement d'Amérique latine. La manière dont ce soja est cultivé détermine bien évidemment l'impact environnemental de la viande et des produits laitiers consommés en France", précise le rapport.

    Les multinationales Cargill et Bunge sont particulièrement incriminés dans l'enquête des associations. Contactées par Mighty Earth, ces deux entreprises n'ont pas été en mesure de fournir des informations concernant le niveau de traçabilité de leur chaîne de production. Or, ce sont deux très grands importateurs de soja pour la France. Ainsi Cargill possède des infrastructures pour le soja dans le port de Montoir-de-Bretagne à Saint-Nazaire, et Bunge dans le port de Brest.

    Devoir de vigilance

    61 entreprises leaders dans le commerce de la viande et des produits laitiers ont récemment lancé un appel pour stopper la destruction des forêts de la région du Cerrado au Brésil. Parmi ces multinationales se trouvent Metro AG, Wal-Mart, McDonald's ou encore Unilever. De nombreuses entreprises françaises comme L'Oréal, Casino, Carrefour, Auchan Retail, le Groupe Bel, Danone et Cooper ont également signé cet appel. Mais l'ONG Mighty Earth craint que cet engagement ciblé sur une seule région ne pousse certaines sociétés à détruire d'autres régions d'Amérique latine. Pour l'association, cette initiative, pour être réellement efficace, devrait s'appliquer sur tout le territoire.

    A la suite du rapport "Quand la déforestation s'invite à notre table", les associations France Nature Environnement (FNE) et Sherpa se sont associées à Mighty Earth afin d'écrire une lettre pour interpeller 20 entreprises de l'industrie agroalimentaire et de la grande distribution française dont Auchan, Bigard, Carrefour, Casino, Cooperl, LDC, Lactalis, Sodexo ou encore Super U. Les ONG espèrent ainsi rappeler ces sociétés à leur "devoir de vigilance" sur leurs sources d'approvisionnement du soja.

    France Nature Environnement rappelle qu'il y a un an, la loi sur le devoir de vigilance des sociétés mères était adoptée par le Parlement français. Les entreprises présentes en France ont donc une obligation légale d’identifier et de prévenir les atteintes graves aux droits humains et à l’environnement. Elles doivent rendre compte de façon transparente des mesures prises à cette fin dans un Plan de Vigilance rendu public. Les manquements à cette obligation peuvent entraîner des conséquences judiciaires.

    Source illustrée: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement - Auteur: Aurélia Payelle


    08/04/18 - Oiseaux, mammifères, lézards : ces pollinisateurs menacés et trop souvent oubliés

    Des chercheurs ont épluché des dizaines d'études portant sur l'importance des vertébrés pollinisateurs dans le maintien des écosystèmes.

    Les conséquences catastrophiques d'une disparition des insectes pollinisateurs font régulièrement l'actualité. Mais d'autres espèces nécessaires à la reproduction des plantes restent bien souvent dans l'ombre. Oiseaux, primates, rongeurs, marsupiaux et même lézards pollinisateurs ont donc fait l'objet d'une méta-analyse (analyse synthétique de la littérature scientifique) menée par des chercheurs britanniques. Ces derniers ont épluché les résultats de 126 expériences et ont rapporté leurs conclusions en février 2018 dans la revue Frontiers in Ecology and the Environment.

    Pas de chauves-souris, pas de tequila !

    En synthétisant les précédentes études, les scientifiques ont pu évaluer avec une précision inégalée l'importance des animaux dans le succès reproducteur des plantes. Tout d'abord, ils rappellent qu'environ 88% des plantes à fleurs du monde entier sont pollinisées par des animaux. Certaines sont d'ailleurs particulièrement dépendantes des vertébrés notamment celles visitées par des chauves-souris. En effet, si ces mammifères sont exclus de leur rôle, la reproduction de "leurs" plantes s'effondre : les chercheurs ont noté une diminution de 83% de la production de fruits et/ ou de graines par celles-ci. L'exemple le plus parlant est peut être celui de l'agave bleu. Cette plante qui sert de base à la confection de la tequila dépend entièrement de deux espèces de chauves-souris : Leptonycteris nivalis et Leptonycteris yerbabuenae. Concernant les végétaux visités par des oiseaux pollinisateurs, l'exclusion entraîne une baisse de 46%. Par ailleurs, cette dépendance ne dépend pas seulement de l'espèce mais aussi de la situation géographique. Elle est plus importante dans les régions tropicales que partout ailleurs.

    Des espèces qui doivent être protégées

    Globalement, cette méta-analyse "révèle qu'exclure les pollinisateurs vertébrés réduit la production de fruits et/ ou de graines de 63% en moyenne" d'où l'importance de ces animaux. Mais l'étude rappelle que bon nombre d'entre eux sont menacés. Braconnage, chasse, expansion des terres agricoles, multiplication des espèces invasives... Les causes du déclin des animaux pollinisateurs sont nombreuses et variées. "Etant donné les impacts négatifs substantiels associés à la disparition des pollinisateurs vertébrés, il faut des actions de conservation rapides et efficaces" pour ces espèces, réclament les auteurs.

    Source : www.sciencesetavenir.fr/animaux/biodiversite - Rédaction: Anne-Sophie Tassart


    03/04/18 - La bactérie "tueuse d'oliviers" détectée sur des oliviers et des chênes verts en Corse

    La bactérie xylella fastidiosa, qui a décimé des milliers d'oliviers en Italie et reste sans remède connu, a été détectée pour la première fois sur des oliviers et chênes verts de Corse, a annoncé lundi le syndicat interprofessionnel des oléiculteurs de Corse (Sidoc).

    Contactée par l'AFP, la préfecture de Corse a annoncé que "l'État allait refaire les analyses et rendre public les résultats" pour tous les tests positifs effectués par le laboratoire de l'Inra d'Angers à la demande du Sidoc. "C'est la première fois que l'olivier et le chêne vert sont touchés en Corse et qu'une filière économique, l'oléiculture, est touchée", a précisé à l'AFP Sandrine Marfisi, présidente du syndicat d'une filière qui représente 3 millions d'euros de chiffre d'affaires en Corse.

    En France, elle a été signalée pour la première fois en Corse, en juillet 2015. Au total, 25 foyers avaient déjà été détectés en région Provence-Alpes-Côte d'Azur et 350 en Corse, mais aucun sur des oliviers, jusqu'à présent. La bactérie en Corse, qui était de la sous-espèce dite "multiplex", a surtout touché des plantes ornementales comme le laurier-rose par exemple.

    Contestant les analyses "toujours négatives" du laboratoire national de référence de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES), seul habilité à effectuer les analyses sur les échantillons prélevés en Corse, le Sidoc a sollicité l'Inra d'Angers dont "l'expertise est internationalement reconnue et (les) méthodes réputées plus sensibles à la Xylella que celles de l'ANSES", explique-t-il dans un communiqué.

    "Le verdict est tombé", poursuit le Sidoc: les oliviers de deux ronds-points du grand Ajaccio, à Baléone et Caldaniccia, des oléastres (oliviers sauvages), myrtes et chênes verts prélevés sur un large foyer à Ventiseri, sur la côte Est de la Corse, "sont déclarés infectés par Xylella fastidiosa".

    Les analyses pour identifier la sous-espèce de cette bactérie sont en cours, selon la même source. Le syndicat a précisé que "ces résultats, confirmés par deux méthodes d'analyses moléculaires, ont été communiqués vendredi par le laboratoire de l'INRA d'Angers à la direction générale de l'alimentation du ministère de l'Agriculture".

    Soulignant qu'il y a "10.000 hectares d'oliviers en Corse, 107.000 hectares de chênes verts et que l'oléastre est une plante endémique du maquis corse qui couvre plus de 300.000 hectares", le syndicat juge les risques de contamination "incommensurables". Cette bactérie a été détectée pour la première fois en Europe en 2013 dans les Pouilles (sud de l'Italie).

    Connue aux États-Unis sous le nom de maladie de Pierce (qui a fortement touché les vignobles californiens à la fin du XIXe siècle), la bactérie est transmise par des insectes de la famille des cigales, et a été détectée à ce jour dans quatre pays européens (Italie, France, Espagne et Allemagne).

    Aucun remède ne permet actuellement de guérir les végétaux malades en plein champ et deux projets de recherche sur la Xylella fastidiosa sont financés par le programme Horizon 2020 de l'UE. Elle peut potentiellement toucher 359 espèces végétales, selon la sous-espèce détectée (multiplex, pauca, fastidiosa, sandyi, morus, tashke).

    Source: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement avec l'AFP


    01/04/18 - Des espèces bien envahissantes en Bretagne

    Elles envahissent et colonisent nos régions, les espèces invasives sont devenues un réel fléau. Introduites par l'homme dans un écosystème qui n'était pas le leur, ces espèces se sont si bien adaptées, qu'elles sont devenues une menace pour la biodiversité de la zone.

    Elles modifient notre environnement, viennent détruireles cultures agricoles, transmettre des maladies et peuvent même parfois être une menace pour des espèces protégées. Ragondins, écrevisse de Louisiane, frelons asiatiques, notre paysage breton a changé depuis que ces petites bêtes sont arrivées. On les appelle espèces invasives, des animaux importés en France et qui n'ont pas de prédateurs. Des animaux, qui peuvent devenir le cauchemar de certains territoires et qui ont des conséquence désastreuses pour les éco-systèmes. On estime à près de deux cents ces espèces, qui ont ainsi conquis la Bretagne au cours des quatre derniers siècles.

    Qu’est-ce qu’une espèce invasive ?

    Ces espèces sont-elles exotiques, nuisibles, envahissantes ou sauvages ? Comment bien définir une espèce invasive ? Plusieurs critères permettent de déterminer si une espèce est invasive ou non.

    - une espèce, venue d’un autre pays ou d'un autre continent
    - volontairement ou involontairement ramenée par l’homme et qui a trouvé refuge dans notre éco-système
    qui ne cesse de croître de manière exponentielle, n'ayant pas ou peu de prédateurs.
    - avec une grande capacité d'adaptation, de reproduction et de résistance.

    Le sanglier est ce qu'on appelle un animal nuisible, car il détruit et ne cesse de croître, mais il n’arrive pas d’un pays exotique. Il n'appartient donc pas à la catégorie de la faune invasive.

    Les espèces invasives en Bretagne

    Chez nous, l’espèce la plus problématique, est le ragondin. Avec deux ragondins au départ, on peut se retrouver au bout de deux ans avec 90 animaux ! Ils se reproduisent en effet très vite avec une maturité sexuelle précoce. Et ces petites bestioles ne font pas que se reproduire, vu leur nombre, elles provoquent aussi de gros dégâts le long de nos cours d'eau, où elles détériorent les berges en particulier. La fédération de chasse verse selon les secteurs, entre 3 et 7 euros pour une queue de ragondin.

    Introduit en France au début du XXème siècle, le ragondin était élevé pour sa fourrure. Quand l'industrie s'est effondrée, ces animaux ont été relâchés dans la nature et depuis ils ne cessent de se multiplier. Face à cette situation, les collectivités s'organisent pour distribuer des pièges. Si il y a 15 ans, 1000 ragondins étaient capturés en une année dans le Finistère, aujourd'hui le chiffre s'élève à 10 000, selon la direction départementale des territoires et de la mer, qui coordonne les piégeages dans nos départements.
    On pourrait évoquer encore les chenilles processionnaires, les corbicules dans le Blavet ou les frelon asiatiques.

    Des campagnes de sensibilisation, pour lutter contre ces espèces

    Plusieurs organismes luttent contre ces espèces invasives :
    La DDTM, direction des Territoires et de la Mer, comprend une tranche « faune ». La FDGDEON, Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Organismes Nuisibles, les Fédérations de pêche ainsi que les Fédérations départementales de chasse

    Le ministère de l’environnement a mis en place une commission spécialisée dans « les espèces exotiques envahissantes ». D'ici la fin de l'été, il devrait proposer de nouvelles stratégies afin de préserver l'équilibre de notre biodiversité.

    Source + Vidéo: france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne Rédaction: Krystell Veillard


    Jeudi 29/03/18 - Biodiversité: l’état d’urgence

    L’IPBES, le « Giec de la biodiversité », vient de rendre publics ses cinq rapports lors de sa 6e session plénière qui s’est achevée le 24 mars à Medellín, en Colombie. À travers cette synthèse des connaissances scientifiques actuelles sur la biodiversité, les experts dressent un panorama alarmant de l’état du vivant et de la détérioration des sols, tout en proposant des pistes de solutions politiques.

    « La dégradation des terres, l’érosion de la biodiversité et le changement climatique sont les trois aspects d’un même problème majeur : l’impact dangereusement croissant de nos modes de vie sur la santé de la nature et des écosystèmes. Nous ne pouvons plus nous permettre de lutter isolément contre ces trois menaces », a déclaré Robert Watson, président de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (link is external) (IPBES), en marge de la 6e session plénière, du 17 au 24 mars à Medellín. Et d’appeler à une réponse politique et citoyenne, locale et globale. Pendant trois ans, près de 550 scientifiques d’une centaine d’États1 ont mené un travail de longue haleine à partir de plusieurs milliers d’articles scientifiques, de sources gouvernementales ou encore de savoirs locaux et indigènes. Leur constat est sans appel : la biodiversité est menacée sur tous les continents et dans tous les pays. D’ici à 2050, 38 % à 46 % des espèces animales et végétales pourraient disparaître de la planète. En première ligne, le Centre et le Sud des Amériques, l’Afrique subsaharienne et l’Asie, plus vulnérables face à l’appauvrissement des sols. Dans 30 ans, les populations vivant dans des régions arides pourraient passer de 2,7 à 4 milliards de personnes, renforçant le risque de crises migratoires. La dégradation des terres et le changement climatique, provoquant la baisse des rendements agricoles et l’instabilité socio-économique, pourrait en effet pousser entre 50 et 700 millions de personnes à migrer d’ici le milieu du siècle.

    « L’un de nos principaux objectifs est de montrer que les enjeux de développements sociaux, économiques et culturels sont extrêmement dépendants de la qualité de l’environnement en général et de la qualité de la biodiversité en particulier : pour se nourrir, pour produire de l’énergie, pour le développement économique ou encore le transport de marchandises », explique Joachim Claudet, chercheur au Centre de recherches insulaires et observatoire de l’environnement (Criobe)2, qui a participé à la rédaction de deux rapports régionaux (Europe et Asie centrale, Asie et Pacifique).

    Un bilan exhaustif région par région

    Créée en 2012 sous la tutelle des Nations Unies, l’IPBES est un organisme intergouvernemental qui a pour mission d’analyser, de synthétiser et de restituer l’ensemble des données scientifiques afin de fournir une évaluation exhaustive de la biodiversité, son état, son devenir, et les moyens à mettre en œuvre pour la préserver. Sur ses cinq rapports, quatre dressent pour la première fois un bilan de la biodiversité et des services écosystémiques dans quatre aires géographiques : l’Afrique, les Amériques, l’Asie et le Pacifique, l’Europe et l’Asie centrale. Dans cette dernière partie du monde, près de 42 % des animaux terrestres et des plantes ont disparu ces dix dernières années. En Asie-Pacifique, les experts estiment que 90 % des coraux connaîtront de sévères dégradations d’ici à 2050, y compris dans le cas de scénarios optimistes en matière de changement climatique. De son côté, le continent africain pourrait voir la moitié de ses populations d’oiseaux et de mammifères s’éteindre d’ici la fin du siècle. Et pour les Amériques, le rapport prévoit une perte de la biodiversité originelle de la région atteignant 40 % en 2050, dans le cadre d’un scénario du « laisser-faire » quant au changement climatique. Et ce ne sont là que quelques éléments de ce bilan…

    « Ces évaluations régionales sont nécessaires et attendues. Elles permettent notamment d’évaluer l’état de la biodiversité régionale par grand type d’écosystèmes, terrestre, aquatique et marin, de haute montagne ou cavernicole. Et également d’identifier sur de larges territoires les lacunes de connaissances, tant thématiques que géographiques », explique Jean-François Silvain3, président de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (link is external) (FRB). La 6e session plénière a été l’aboutissement de ces travaux de synthèse. L’objectif est de mettre en lumière les priorités en matière de préservation de la biodiversité et de sauvegarde des services écosystémiques et d’établir une palette de leviers d’actions possibles pour les décideurs publics ou privés. « Ces rapports constituent un socle commun de connaissances et de résultats sur lesquels toutes les parties se seront accordées, ligne à ligne, insiste Hélène Soubelet, directrice de la FRB. Dès lors, toute régression ou toute mesure qui ne serait pas en accord avec ces messages clés deviendra difficile à justifier… »

    Un focus inédit sur les terres

    Deux ans après leur précédent rapport sur la pollinisation, les pollinisateurs et la sécurité alimentaire – où la France est notamment parvenue à intégrer la problématique des néonicotinoïdes, ces neurotoxiques qui agissent directement sur le système nerveux central des insectes4 –, l’IPBES s’est attaquée à la question de la dégradation des sols et de leur restauration, de son impact sur le bien-être et la stabilité des populations. « C’est le premier travail d’ampleur au niveau international, consacré aux terres en tant que telles et non pas par un autre prisme comme la sécurité alimentaire ou l’atténuation du changement climatique. Les activités humaines exercent d’énormes pressions sur les terres : pollution, érosion, tassement, acidification, désertification… Au niveau mondial, on estime que près d’un tiers des terres – les sols, mais également les forêts, les prairies ou les zones humides – sont moyennement à fortement dégradées, certaines étant devenues inutilisables pour l’agriculture », souligne Hélène Soubelet. Or, les sols hébergent 25 % de la biodiversité au niveau mondial. Une biodiversité cachée, microscopique, méconnue et surtout menacée. Selon leurs estimations, ce sont près de la moitié des zones humides qui ont disparu depuis le début du XXe siècle. Aujourd’hui, moins d’un quart des terres ont échappé aux effets substantiels des activités humaines ; il n’en resterait plus que 10 % en 2050, pour partie inexploitables – déserts, régions montagneuses ou territoires polaires.

    « L’un des enjeux majeurs de ce rapport était de rendre visibles les sols, en tant que support de toute activité humaine, mais également en tant qu’élément et composant naturel, au même titre que l’eau, qui fournit des ressources alimentaires, contribue à réguler le changement climatique (…) En ce sens, l’idée est également d’insister sur le rôle des terres pour l’homme au regard des valeurs et des perceptions qui ont cours actuellement », explique Alexandra Langlais, juriste à l’Institut de l’Ouest : droit et Europe (Iode)5, qui a contribué à la rédaction de l’un des chapitres sur les aspects juridiques de l’aide à la décision, à destination des politiques. « Toutes les études convergent, il y a une prise de conscience politique autour de ces problématiques, comme en témoigne la prise en compte de la lutte contre la dégradation des terres et de leur restauration dans les objectifs d’Aichi et les objectifs internationaux de développement durable. Mais il s’agit désormais de faire concilier le court terme et le long terme, d’impliquer, notamment par le droit, les acteurs à toutes les échelles. Particulièrement les peuples autochtones et les communautés locales qui sont affectés directement par la perte de biodiversité, l’exploitation et l’érosion des terres », ajoute-t-elle. Des dommages environnementaux et sociaux, mais également une menace économique : les experts évaluent à 10 % du PIB mondial le coût économique de la perte actuelle de biodiversité et des services écosystémiques due à la dégradation des sols.

    Des enjeux politiques et transfrontaliers

    C’est un autre des objectifs poursuivis par ces rapports : pointer les enjeux qui dépassent largement les frontières nationales. Point fort du rapport thématique, la mise en évidence de liens entre la dégradation des terres, le changement climatique et les migrations, les conflits et les flux de réfugiés. Près d’un milliard et demi d’individus à travers le monde vivraient actuellement sur des terres fortement dégradées. « L’Observatoire international pour les migrations estime que 13 % d’entre eux pourraient migrer à cause de mauvaises récoltes, précise Hélène Soubelet. Et 13 % supplémentaires qui pourraient également migrer à cause de catastrophes naturelles, par exemple, car les terres dégradées sont moins capables d’absorber l’eau de pluie et cet état favorise le ruissellement et les inondations. Plus généralement, seuls 10 % des sols étaient en cours de bonification en 2011, sans que la situation n’évolue notablement depuis, selon la FAO. Il est donc urgent d’en prendre conscience, de protéger les terres et de les restaurer. »

    Ces évaluations se veulent toutefois réalistes : « Il s’agit de montrer ce qui va, ce qui ne va pas, ce qui pourrait aller. Nous ne donnons pas de prescriptions mais nous synthétisons, à partir de l’ensemble des données disponibles, des scénarios possibles à l’horizon 2030 et 2050 », résume Joachim Claudet.

    Des actions locales aux politiques globales, de nombreuses solutions qui ont fait leurs preuves sont également avancées : limiter la consommation de viande, réduire le gaspillage, abandonner des pratiques agricoles comme les techniques intensives, la monoculture ou le labour, renouveler les techniques agricoles en favorisant l’agroforesterie, le semis sous couvert ou le respect des jachères. À terme, le bénéfice de la préservation et de la restauration des terres serait dix fois supérieur aux coûts. Et pourrait notamment contribuer au maintien du réchauffement climatique sous la barre des 2° C, objectif défini par l’accord de Paris. « Il s’agit désormais d’intégrer la biodiversité dans toutes les prises de décision, dans tous les secteurs de l’économie, et dans toutes les politiques publiques », affirme Jean-François Silvain.

    En 2019, l’IPBES rendra publique l’une des plus importantes évaluations sur la biodiversité et les services écosystémiques depuis 2005. Cette 7e session sera accueillie par la France, du 29 avril au 4 mai 2019, à l’Unesco. Un bilan mondial pour faire le point, deux ans après l’accord de Paris (COP21), sur les objectifs d’Aichi (COP10) ainsi que les 17 objectifs de développement durable établis en 2015 par les États membres de l’ONU. Si, jusqu’ici, les États ont échoué à s’organiser pour enrayer l’érosion de la biodiversité, l’IPBES leur fournit la marche à suivre. Afin de considérer la nature non pas comme une ressource à notre service, mais comme un bien commun.

    Source: lejournal.cnrs.fr - Rédaction: Anne-Sophie Boutaud


    Dimanche 25/03/18 - Colombie - Des animaux sacrifiés sur l'autel des superstitions

    Réunis à Medellin en Colombie pour une 6e réunion dédiée à la biodiversité et aux écosystèmes, les scientifiques pointent le déclin des espèces dû au trafic d'animaux aux vertus soi-disant miraculeuses.

    Une pincée de poudre d'os de chimpanzé, de la salive de gecko et un soupçon de cerveau de vautour. Une potion magique? Non, simplement quelques substances prisées de l'énorme trafic de parties d'animaux aux vertus soi-disant miraculeuses.

    Asthme, gueule de bois, cancer ou encore sida, certains de ces éléments hors de prix sont des ingrédients clé de remèdes ancestraux prescrits par des médecines traditionnelles d'Asie ou d'Afrique. D'autres sont tout simplement de prétendus médicaments miracles inventés par des charlatans, soulignent des experts, à l'heure où les scientifiques, réunis à Medellin, pointent le déclin des espèces.

    A côté de la fameuse corne de rhinocéros ou des écailles de pangolins, d'autres substances souvent arrachées à des espèces en danger sont plus confidentielles, des griffes de paresseux aux branchies de raies manta, en passant par les embryons de macaque.

    «Nous ne critiquerons jamais les pratiques traditionnelles», commente John Scanlon, secrétaire général de la Convention internationale internationale sur le commerce des espèces menacées (Cites).

    Mais il dénonce ceux qui abusent de gens «vulnérables» en leur présentant «certains produits issus de la vie sauvage qui auraient des propriétés qui ne sont pas associées à la médecine traditionnelle».

    En ligne de mire, les cornes de rhinocéros vendues comme remède au cancer, fantasme qui a contribué à décimer les populations.

    Bile d'ours

    «La crise du braconnage des rhinocéros, qui a commencé vers 2007 (...), trouve son origine dans des usages médicinaux bidons», souligne ainsi Richard Thomas, de l'organisation TRAFFIC.

    En 1960, quelque 100'000 rhinocéros noirs vivaient en Afrique. En 2016, ils n'étaient que 28'000 rhinocéros toutes espèces confondues en Afrique et en Asie, selon un rapport de l'ONU.

    Des déclarations d'un homme politique vantant les propriétés anti-cancer de la corne seraient à l'origine d'une augmentation de la demande au Vietnam dans les années 2000, même si, insiste Richard Thomas, «cela n'a aucune base scientifique».

    Les vertus attribuées à cette corne ont ensuite évolué, certains s'en servant pour soigner une gueule de bois, d'autres simplement pour afficher leur richesse.

    Malgré l'interdiction en Chine, la demande n'a pas diminué, et le produit se vend à des dizaines de milliers de dollars le kilo.

    La corne était à l'origine prescrite en médecine traditionnelle chinoise contre la fièvre. Et certaines études ont conclu à une certaine efficacité en la matière. Mais pas plus que l'aspirine.

    D'autres ingrédients semblent plus opérants, comme la bile d'ours qui contient un acide efficace contre une maladie du foie, aujourd'hui synthétisé. Mais pour de nombreux autres, la demande se nourrit des superstitions, selon les experts.

    Arrestations en hausse

    Les écailles de pangolins, petit fourmilier à longue queue dont deux des huit espèces sont en «danger critique», sont vendues en Asie à 500 dollars le kilo, contre l'asthme ou les migraines.

    Sans «aucune preuve scientifique», souligne Richard Thomas. Aucune preuve non plus que le gecko tokay soigne le sida, ou que les os de tigre stimulent la virilité.

    «Les superstitions, les médecines traditionnelles et les techniques de marketing virales aggravent les pressions sur les espèces animales», dénonce aussi Charlotte Nithart, de Robin des Bois.

    Trafic d'os de girafe

    Cette ONG française a répertorié un trafic d'os de girafes pour soigner le sida en Afrique ou de poudre d'os de chimpanzé pour la virilité. Tandis que les cerveaux de vautours sont fumés en Afrique du Sud pour prédire les numéros du loto.

    Même si ce braconnage n'est pas la principale raison de la disparition d'animaux sauvages, surtout menacés par la perte de leur habitat, ce trafic représente selon WWF plus de 15 milliards d'euros par an, en quatrième position derrière les trafics de drogue, produits contrefaits et êtres humains.

    «Il y a de plus en plus d'arrestations et de poursuites, de condamnation à de la prison (...). Cela envoie un message fort», se réjouit John Scanlon.

    Mais changer les mentalités est difficile. «Il est important d'être sensible aux cultures», souligne Richard Thomas. «Si quelqu'un croit que quelque chose est un médicament, cela ne marche pas de simplement lui dire que c'est faux, surtout si cela vient d'un étranger».

    Source: www.lematin.ch avec l'AFP


    Vendredi 23/03/18 - La biodiversité, inestimable et en danger

    L’IPBES, un organisme supranational scientifique et politique d’étude de la biodiversité publie aujourd’hui quatre rapports alarmants sur l’état de la planète.

    «Si nous continuons ainsi, oui, la sixième extinction, la première causée par les humains, va se poursuivre!» A la veille de la publication aujourd’hui, à Medellín (Colombie) de quatre volumineux rapports par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) qu’il dirige, Robert Watson, n’avait pas mâché ses mots. Et pour cause. Ils dressent un constat sévère de l’état de la planète, découpée pour l’occasion en quatre vastes régions (Amériques, Europe-Asie Centrale, Afrique et Asie-Pacifique): richesse inestimable pour l’humanité, la biodiversité connaît partout un déclin dangereux, martèlent les documents.

    Créé dans une indifférence quasi-générale en 2012, l’IPBES est à la biodiversité ce que le GIEC est au climat: un organisme supranational voué à diffuser des connaissances scientifiques auprès du public et des décideurs. L’IPBES fédère aujourd’hui 127 pays, dont les scientifiques se consacrent bénévolement à l’évaluation de la biodiversité. Pas moins de cinq cents chercheurs ont ainsi rédigé les quatre rapports publiés aujourd’hui. Lundi, un cinquième portera sur la dégradation alarmante des sols de notre planète.

    Pressions sur la biodiversité

    «Chaque région du globe possède ses spécificités en matière de biodiversité, mais aucune n’échappe aux pressions qui s’exercent sur elle, l’artificialisation des sols, les pratiques agricoles, la pollution, le réchauffement climatique, etc.», résume Jérôme Chave, écologue au CNRS et membre de la délégation officielle française à Medellín. «Ces évaluations régionales seront suivies, en 2019 ou en 2020, d’un rapport global.» Un document qui, comme les évaluations régionales, sera encore très incomplet, tant la mesure de la biodiversité est difficile. «Nous manquons partout cruellement de données. C’est tout particulièrement le cas pour la biodiversité marine. C’est pour cela que les rapports publiés aujourd’hui n’évoquent que très peu les océans.» Pour lui, les travaux publiés en février sur l’évaluation des flottes industrielles de pêche – qui exploitent plus de 55% de la superficie des océans –, sont un «outil fondateur pour les futures discussions sur la biodiversité marine au sein de l’IPBES. Il en faudra beaucoup d’autres.»

    Chaque rapport a été assorti d’un résumé à l’intention des décideurs, dont les termes étaient soigneusement discutés à Medellín depuis une semaine par les délégations des pays membres, associant scientifiques et experts ministériels. «Les discussions se sont déroulées dans une ambiance respectueuse du travail des scientifiques, constate Markus Fischer, président du Forum biodiversité de l’Académie suisse des sciences naturelles, qui a dirigé le rapport Europe-Asie centrale de l’IPBES. Il n’y a pas eu de contestation importante: les négociateurs se sont attachés à rendre le résumé le plus accessible possible.» Il faut dire que ce dernier – comme les trois autres – se garde bien de donner des prescriptions qui sont souvent perçues comme une ingérence par certains Etats.

    «La nature et la biodiversité doivent revenir au plus haut niveau des préoccupations gouvernementales, insiste Eva Spehn (Université de Berne), membre de la délégation Suisse. Aujourd’hui, l’augmentation de la richesse se fait partout au détriment de la biodiversité. Il faut casser ce lien.» Une corrélation qui avait engendré une hausse du PIB américain après la catastrophe écologique de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon en 2010, en raison des dépenses engagées pour tenter d’atténuer les dégâts...
    Un rôle pour chacun

    Pour l’IPBES, la valeur de la nature doit être mieux prise en compte par les politiques. «Et il ne s’agit pas de se contenter d’évaluer sa productivité, prévient Markus Fischer. Un territoire dégradé, une zone humide asséchée par exemple, affecte aussi la qualité de l’air, le climat, etc. Sa restauration produit de nombreux effets bénéfiques pour la biodiversité et le climat, et améliore le bien-être des populations en créant des espaces récréatifs.» Les résumés pointent aussi l’importance de la gouvernance, souligne Markus Fischer. «En Suisse, par exemple, on peut agir en coordonnant les différents échelons – cantonal et fédéral – dans les décisions, et en favorisant des partenariats public-privé. Enfin, il ne faut pas oublier que chaque individu a son rôle à jouer, dans les décisions qu’il prend dans sa vie de consommateur, de citoyen ou de parent. Mais toutes ces pistes d’action ne se limitent pas à l’Europe, elles sont valables sur l’ensemble de la planète.»

    Le consensus apparent de Medellín tranche avec les joutes et les tractations en coulisses qui jalonnent les conférences climatiques du GIEC. «C’est sans doute parce que les discussions sur la biodiversité se font encore dans une relative indifférence, confie, anonyme, un expert à Medellín. Le climat met en jeu des intérêts stratégiques et financiers considérables, notamment ceux de l’industrie pétrolière. Mais ne vous y trompez pas. Au fil du temps, l’intérêt des populations, des médias et des politiques vis-à-vis des travaux de l’IPBES ira grandissant et les puissances économiques finiront par se manifester. Des industriels comme Bayer ou Monsanto sont déjà en train de s’y préparer.»

    Source : www.letemps.ch - Rédaction: Denis Delbecq


    20/03/18 - La « crise » de biodiversité évaluée en Colombie

    La ville colombienne de Medellin accueille pour une semaine plus de 750 experts du monde entier pour évaluer la « crise » de biodiversité à laquelle la terre est confrontée afin de préconiser des solutions contre l’extinction massive d’espèces, la première du genre depuis la disparition des dinosaures.

    « Protéger la biodiversité est aussi important que lutter contre le changement climatique », a souligné le président Juan Emmanuel Santos, lors de la cérémonie inaugurale de cette VIème session plénière de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (Ipbes).

    Cette VIème session plénière rassemble des scientifiques et des décideurs de 116 des 128 Etats membres de l’Ipbes jusqu’au 26 mars de l’année en cours à Medellin, deuxième ville de Colombie, pays le plus bio-divers de la planète après le Brésil.

    « Ce qui arrive à l’un, arrive à tous. Si nous en sommes conscients, nous pourrons être plus responsables en matière de protection de l’environnement et de préservation de la paix », a estimé M. Santos.

    De son côté, Sir Robert Watson, président de l’Ipbes a déclaré qu’« aujourd’hui, le monde est à un carrefour », déplorant que « l’historique et actuelle dégradation et destruction de la nature sabote le bien être humain pour les actuelles et innombrables futures générations ».

    Selon Ipbes, la terre est confrontée à une « extinction massive » d’espèces, la première depuis la disparition des dinosaures il y a environ 65 millions d’années, la sixième en 500 millions d’années.

    Le premier rapport sur l’état des sols du monde

    Les experts réunis à Medellin auront la lourde tâche d’évaluer les dégâts sur la faune, la flore et les sols de la terre. Puis seront dévoilées les grandes lignes de cinq volumineux rapports, ainsi que des solutions pour minimiser l’impact des activités humaines sur l’environnement.

    « En dégradant la biodiversité, nous réduisons aussi la nourriture des gens, l’eau propre que nous devons boire et les forêts qui sont nos poumons », a averti le directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), Erik Solheim, dans un message retransmis depuis Brasilia, où il participe au Forum mondial de l’eau.

    Pour dresser son état des lieux, l’Ipbes a divisé la planète en quatre régions : Amériques, Afrique, Asie-Pacifique et Europe-Asie centrale. Chacune a fait l’objet d’une analyse approfondie et d’un rapport de 600 à 900 pages, que les experts vont étudier à huis clos. Puis le diagnostic sera rendu vendredi prochain.

    Un second bilan sera extrait lundi 26 mars 2018 d’un cinquième rapport, le premier du genre sur l’état des sols du monde, de plus en plus dégradés par la pollution, la déforestation, l’exploitation minière et des pratiques agricoles non durables qui les appauvrissent.

    « Un défi immensément ambitieux nous attend cette semaine », a souligné la secrétaire exécutive de l’Ipbes, Anne Larigauderie.

    Durant trois ans, quelque 600 chercheurs ont travaillé bénévolement sur ces évaluations, qui synthétisent les données d’environ 10.000 publications scientifiques. Le résultat final couvre la totalité de la terre, hormis les eaux internationales des océans et l’Antarctique.

    Les déléguées de l’Ipbes se retrouvent dans un pays qui compte plus de 56.300 espèces de plantes et d’animaux.

    La Colombie, n°1 pour le nombre d’espèces d’orchidées et d’oiseaux (plus de 1.920, 19% du monde), est traversée par trois cordillères andines, une topographie complexe qui a permis l’évolution de 311 écosystèmes différents.

    Le défi de la déforestation

    La guerre, qui a fait plus de huit millions de victimes entre morts, disparus et déplacés internes, a longtemps converti en zones interdites d’immenses parties du territoire, ainsi paradoxalement préservées.

    Mais 1.200 espèces sont menacées par le déboisement et la pollution, dus en particulier à l’agriculture et à l’élevage extensifs, aux plantations illicites de marijuana et de coca, matière première de la cocaïne, qui a servi à financer le conflit, et aux exploitations minières clandestines.

    « Nous sommes encore confrontés à un énorme défi lié au contrôle de la déforestation », a admis en février dernier le ministre colombien de l’Environnement et du Développement durable, Luis Gilberto Murillo, en faisant état d’environ 170.000 ha déboisés en 2017.

    Les experts vont en outre élaborer des synthèses d’un trentaine de pages, destinées aux dirigeants des pays membres de l’Ipbes, afin de les orienter en matière de protection de la biodiversité. Le contenu en sera négocié « mot par mot ».

    Allant des transports à l’éducation, en passant par l’agriculture, ces « résumés » ne sont pas contraignants. Ce sont des « suggestions », avait précisé Mme Larigauderie à l’AFP, avant le forum.

    « Il se peut que certains pays ne soient pas satisfaits de ce que le rapport dit de l’état de leur biodiversité », a-t-elle averti.

    Selon le Fonds mondial pour la nature, le dérèglement climatique pourrait d’ici à 2080 menacer entre un quart et la moitié des espèces de 33 régions du monde parmi les plus riches en biodiversité.

    Source: www.vivafrik.com - Rédaction: Moctar Ficou


    19/03/18 - Journée internationale des forêts le 21 mars

    La Journée internationale des Forêts a été proclamée le 21 mars par l'ONU. La thématique en 2018 portera sur Forêts et Villes Durables. Chaque année, des Communes forestières participent ou organisent des animations pour le grand public afin de faire découvrir les multiples fonctions de la forêt, de l'arbre et du bois, mais aussi pour sensibiliser les scolaires à la gestion durable et multifonctionnelle de la forêt avec l'opération « la forêt s'invite à l'école ».

    La Journée internationale des Forêts a été proclamée le 21 mars par l'Organisation des Nations Unies (ONU). La thématique retenue en 2018 par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) portera sur Forêts et Villes Durables.

    Ce choix fait le lien avec les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) qui forment le coeur de l'agenda 2030 établis par les Etats membres de l'ONU.

    Chaque année, plusieurs Communes forestières participent à cette journée. Deux volets sont proposés : un volet grand public pour faire découvrir les multiples fonctions de la forêt, de l'arbre et du bois, à travers un programme d'activités et de manifestions dans les régions ; un volet pédagogique « la forêt s'invite à l'école » pour sensibiliser les scolaires à la gestion durable et multifonctionnelle de la forêt.

    Les jeunes sont invités à participer à des projets, en lien avec les collectivités, associations, acteurs de la filière forêt-bois et à découvrir les métiers de la forêt et du bois.

    Pour l'année scolaire 2016-2017, 136 projets pédagogiques ont été sélectionnés, près de 12.000 élèves ont participé à l'opération, 10.000 plants ont été remis aux écoliers, collégiens et lycéens.

    A noter cette année, un concours Green Link récompensera une association d'insertion sociale et professionnelle dont l'activité intègre les métiers de la forêt et du bois ou des espaces verts.

    Source:


    18/03/18 - La planète réunie au chevet de la biodiversité

    750 conférenciers du monde entier ont entamé à Medellin le 6e forum mondial sur la biodiversité

    Plus de 750 experts du monde entier sont réunis pour une semaine en Colombie pour évaluer la «crise» de biodiversité à laquelle la Terre est confrontée et préconiser des solutions contre l'extinction massive d'espèces, la première depuis la disparition des dinosaures.

    «Protéger la biodiversité est aussi important que lutter contre le changement climatique», a souligné le président Juan Emmanuel Santos, en inaugurant cette VIe session plénière de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).

    Ce forum rassemble des scientifiques et des décideurs de 116 des 128 états membres de l'IPBES jusqu'au 26 mars à Medellin, deuxième ville de Colombie, pays le plus bio-divers de la planète après le Brésil.

    «Ce qui arrive à l'un, arrive à tous. Si nous en sommes conscients, nous pourrons être plus responsables en matière de protection de l'environnement et de préservation de la paix», a estimé M. Santos, dont le pays émerge peu à peu de plus d'un demi-siècle de conflit armé.

    «Aujourd'hui, le monde est à un carrefour», a ajouté Sir Robert Watson, président de l'IPBES, déplorant que «l'historique et actuelle dégradation et destruction de la nature sabote le bien-être humain pour les actuelles et innombrables futures générations».

    Selon IPBES, la Terre est confrontée à une «extinction massive» d'espèces, la première depuis la disparition des dinosaures il y a environ 65 millions d'années, la sixième en 500 millions d'années.

    Cinq rapports, trois ans de travail

    A Medellin, les experts vont évaluer les dégâts sur la faune, la flore et les sols de la Terre. Puis seront dévoilées les grandes lignes de cinq volumineux rapports, ainsi que des solutions pour minimiser l'impact des activités humaines sur l'environnement.

    «En dégradant la biodiversité, nous réduisons aussi la nourriture des gens, l'eau propre que nous devons boire et les forêts qui sont nos poumons», a averti le directeur exécutif du Programme des Nations-Unies pour l'environnement (PNUE), Erik Solheim, dans un message retransmis depuis Brasilia, où il participe au Forum mondial de l'eau.

    Pour dresser son état des lieux, l'IPBES a divisé la planète en quatre régions: Amériques, Afrique, Asie-Pacifique et Europe-Asie centrale. Chacune a fait l'objet d'une analyse approfondie et d'un rapport de 600 à 900 pages, que les experts vont étudier à huis clos. Puis le diagnostic sera rendu vendredi prochain.

    Les sols à la loupe

    Un second bilan sera extrait lundi 26 mars d'un cinquième rapport, le premier du genre sur l'état des sols du monde, de plus en plus dégradés par la pollution, la déforestation, l'exploitation minière et des pratiques agricoles non durables qui les appauvrissent. «Un défi immensément ambitieux nous attend cette semaine», a souligné la secrétaire exécutive de l'IPBES, Anne Larigauderie.

    Durant trois ans, quelque 600 chercheurs ont travaillé bénévolement sur ces évaluations, qui synthétisent les données d'environ 10'000 publications scientifiques. Le résultat final couvre la totalité de la Terre, hormis les eaux internationales des océans et l'Antarctique.

    Les déléguées de l'IPBES se retrouvent dans un pays qui compte plus de 56'300 espèces de plantes et d'animaux.

    La Colombie, n°1 pour le nombre d'espèces d'orchidées et d'oiseaux (plus de 1920, 19% du monde), est traversée par trois cordillères andines, une topographie complexe qui a permis l'évolution de 311 écosystèmes différents.

    Le défi de la déforestation

    La guerre, qui a fait plus de huit millions de victimes entre morts, disparus et déplacés internes, a longtemps converti en zones interdites d'immenses parties du territoire, ainsi paradoxalement préservées.

    Mais 1200 espèces sont menacées par le déboisement et la pollution, dus en particulier à l'agriculture et à l'élevage extensifs, aux plantations illicites de marijuana et de coca, matière première de la cocaïne, qui a servi à financer le conflit, et aux exploitations minières clandestines.

    «Nous sommes encore confrontés à un énorme défi lié au contrôle de la déforestation», a admis en février le ministre colombien de l'Environnement et du Développement durable, Luis Gilberto Murillo, en faisant état d'environ 170'000 ha déboisés en 2017.

    Recommandations

    Les experts vont en outre élaborer des synthèses d'un trentaine de pages, destinées aux dirigeants des pays membres de l'IPBES, afin de les orienter en matière de protection de la biodiversité. Le contenu en sera négocié «mot par mot».

    Allant des transports à l'éducation, en passant par l'agriculture, ces «résumés» ne sont pas contraignants. Ce sont des «suggestions», avait précisé Mme Larigauderie à l'AFP, avant le forum.

    «Il se peut que certains pays ne soient pas satisfaits de ce que le rapport dit de l'état de leur biodiversité», a-t-elle averti.

    Selon le Fonds mondial pour la nature, le dérèglement climatique pourrait d'ici 2080 menacer entre un quart et la moitié des espèces de 33 régions du monde parmi les plus riches en biodiversité.

    Source: Tribune de Genève avec l'AFP


    14/03/18 - Changement climatique: ces animaux menacés de disparition d'ici 2080

    D'ici 2080, si rien n'est fait pour ralentir le réchauffement climatique, la moitié des espèces sont menacées de disparaître dans les zones les plus riches en faune et en flore. L'ONG WWF tire la sonnette d'alarme dans un rapport paru ce mercredi.

    Nouveau cri d'alarme du WWF. Dans une étude réalisée en partenariat avec le Tyndall Centre for Climate Change de l'Université d'East Anglia en Grande-Bretagne et publiée ce mercredi, l'ONG spécialisée dans la protection de l'environnement alerte sur l'impact du changement climatique sur la biodiversité. Cette étude cible en particulier les conséquences du réchauffement climatique sur les 35 Ecorégions prioritaires identifiées par le WWF à travers le monde. De l'Amazonie à l'Himalaya, en passant par la Méditerranée, ces régions sont reconnues pour être les plus riches en faune et en flore.

    D'après les conclusions de l'étude, si rien n'est fait pour ralentir le réchauffement climatique et qu'il atteint 4,5 degrés d'ici 2080, 50% des espèces de ces Ecorégions sont menacées de disparition. Dans le cas d'un tel scénario, seules 18% de ces régions resteraient climatiquement adaptées pour les espèces qu'elles abritent actuellement. Dans le cas d'un réchauffement atteignant 2 degrés, le seuil fixé par les Accords de Paris sur le climat, le risque serait divisé par deux: 25% des espèces seraient alors menacées de s'éteindre. Parmi les animaux menacés, six en particulier sont cités par le WWF.

    L'éléphant d'Afrique

    Des températures plus chaudes et des pluies plus rares auront un impact direct sur la population des éléphants d'Afrique, dont la survie dépend étroitement des ressources en eau. Ces pachydermes en consomment 150 à 300 litres par jour et l'utilisent pour jouer et se baigner. Leur comportement change quand les températures augmentent: ils mangent moins et se reposent davantage, passant plus de temps dans l'eau et à l'ombre. Si les ressources en eau diminuent, ils entreront en outre en compétition avec les hommes pour y avoir accès.

    Le panda géant

    Le risque principal encouru par les pandas géants est d'être contraints de se déplacer vers des latitudes et des altitudes plus élevées à mesure que leur habitat naturel deviendra plus chaud et plus sec. Or le bambou, sur lequel repose toute leur alimentation, ne les suivra pas vers ces nouvelles régions. L'espèce serait alors gravement menacée si ses apports nutritionnels deviennent insuffisants.

    Le lycaon

    Les lycaons, aussi appelés chiens sauvages d'Afrique, sont très sensibles à la chaleur. Ils chassent donc pendant les heures les plus fraîches de la journée. Si la température augmente, ils seront contraints de réduire leurs périodes de chasse, et auront donc moins de nourriture, ce qui réduira l'espérance de vie de leurs petits. Cette espèce est en outre très vulnérable aux maladies, dont la diffusion serait accrue par une hausse des températures.

    Le lémurien

    Le risque pour cet animal, dont les 57 espèces sont présentes uniquement sur l'île de Madagascar, est de voir ses aires de répartition fortement réduites dans le cas d'un réchauffement allant de 2 à 4 degrés. Trois zones de refuge principales ont été identifiées: la péninsule de Masoala, les abords du fleuve Mangoky, ainsi qu'une zone du Nord-Ouest de l'île où se trouve le parc naturel d'Ankarafantsika.

    Les tortues marines

    Pour les trois espèces de tortues marines présentent en Méditerranée (tortue luth, tortue verte et caouanne), le risque pèse sur leurs zones d'alimentation et de reproduction. La température du sable où elles pondent détermine le sexe des tortues encore dans l'oeuf. Des températures plus élevées pourraient conduire à la naissance uniquement de femelles, voire à réduire le taux de survie des bébés, quel que soit leur sexe.
    De plus, les phénomènes climatiques extrêmes liés au réchauffement et la hausse du niveau des mers contribuent à détruire ou modifier les sites de nidification de ces espèces.

    Le wallaby des rochers

    Cet animal vit uniquement en Australie, dans des zones rocheuses disposant de grottes pour lui permettre de survivre à des conditions climatiques extrêmes. WWF pointe pour lui des risques sur son alimentation et sa diversité génétique. Du fait de sa petite taille, il a besoin d'une alimentation de grande qualité, or la structure des végétaux dont il se nourrit se modifiera avec la hausse des températures. Il se retrouverait en outre contraint de vivre en zones côtières si l'aridité de son espace naturel s'accroît.
    Le wallaby des rochers vit enfin en colonie de 5 à 100 individus, ce qui permet d'entretenir un brassage génétique sain. Si la population est amenée à se fragmenter sur le territoire, ses capacités à affronter les changements climatiques pourraient être compromises.

    Source: www.bfmtv.com


    14/03/18 - Climat: la moitié des animaux et des plantes pourraient disparaître

    Si rien n'est entrepris pour lutter contre le réchauffement climatique, la hausse des températures pourrait atteindre 4,5°C en 2080, entraînant la disparition de près de la moitié des espèces.

    Si les hommes sont concernés au premier chef par le réchauffement climatique, ils ne sont pas les seuls. Les plantes et les animaux, qu'ils nagent volent ou rampent, sont également sous la menace de la hausse du thermomètre. C'est pour essayer d'imaginer ce qui pourrait leur arriver dans les différentes régions du monde que le WWF, des chercheurs de l'université d'East Anglia (Grande-Bretagne) et du centre pour la biodiversité tropicale et le changement climatique de l'université de Townsville en Australie ont effectué des projections d'ici la fin du siècle, publiées dans la revue Climatic change.

    Et les résultats sont plutôt impressionnants. Même si l'on respecte les engagements de l'accord de Paris à savoir une hausse maximale des températures de 2°C, «le nombre d'espèces qui vivent dans les régions les plus riches en biodiversité diminuerait de 25% d'ici 2080», précise le WWF. Et dans le cas où l'on ne ferait rien pour lutter contre le changement climatique, la hausse moyenne des températures pourrait atteindre 4,5°C, «et près de 50% des espèces seraient menacées d'extinction» (voir diaporama ci-dessus)

    Les risques varient en fonction des régions

    Pour effectuer leurs travaux qui sont synthétisés par l'ONG dans un document (La nature face au choc climatique ), les chercheurs se sont appuyés sur des modélisations concernant les plantes, les oiseaux, les mammifères, les amphibiens et les reptiles et leurs habitats dans 35 régions caractéristiques à travers le monde. «De l'Amazonie au désert de Namibie, de l'Himalaya à la Méditerranée, chacune de ces régions est unique tandis qu'ensemble elles offrent le reflet même de l'étendue et de la diversité de la vie sur Terre», souligne le document.

    Suivant les régions et les espèces, les risques liés au climat varient énormément. Si des mammifères ou des oiseaux peuvent éventuellement s'adapter en gagnant en altitude, ce sera beaucoup plus difficile pour des reptiles et pire, pour des amphibiens. «On a identifié des zones que l'on considère comme des refuges dès lors qu'elles peuvent abriter 75% des espèces d'un groupe», explique Pierre Canet responsable du programme Climat au WWF.

    Cependant «disposer de la possibilité de se déplacer vers une nouvelle zone n'est pas la même chose que de la rejoindre de manière effective. Cela dépend de l'existence de corridors écologiques», rappelle l'étude. Il faut également que les habitats soient capables de résister tant au changement du climat qu'à la pression qui peut être exercée par les hommes: création d'infrastructures, extension des zones agricoles, augmentation de la population.

    En regardant plus en détail les régions présentées dans l'étude, la Méditerranée «est vulnérable même à un changement climatique de faible niveau: si l'augmentation reste dans la limite des 2°C, près de 30% de la plupart des groupes d'espèces sont en danger et plus d'un tiers de l'ensemble des espèces de plantes». Si l'on prend l'exemple des tortues marines, espèces emblématiques de cette région, les changements climatiques peuvent les affecter de deux façons. «La température du sable où les tortues pondent leurs œufs détermine le sexe des petites tortues. Ainsi les mâles proviennent d'œufs venant de la partie du nid la plus profonde et la plus fraîche, des températures plus élevées pourraient conduire à la naissance uniquement de femelles» explique le rapport. «De plus le changement climatique provoque l'augmentation du niveau des mers, des marées plus hautes des phénomènes météorologiques extrêmes» ce qui à terme peut conduire à la destruction des sites de nidifications «déjà rares et fragiles».

    Ailleurs dans le monde, les travaux des chercheurs montrent par exemple qu'avec seulement une hausse de 2°C, quatre plantes sur dix pourraient disparaître en Amazonie et le double si l'on passait à 4,5°C. En Australie, avec le pire des scénarios (4,5°C), ce sont 80% des espèces de mammifères qui sont menacées, Dans les forêts du Miombo qui s'étendent dans une grande partie du centre et du sud de l'Afrique, les projections hautes «s'avèrent désastreuses pour tous les groupes d'espèces» avec un point clé qui concernera la gestion de l'eau.

    Quoiqu'il arrive, le changement climatique affectera la biodiversité souligne le WWF, «ce qui est moins certain c'est l'ampleur des préjudices». L'organisme plaide, au-delà de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, pour des actions au niveau régional (mise en place de corridors écologiques, de zones protégées...) et pour et un développement de la recherche. «Qu'attendons-nous pour cesser de détruire les espèces et les espaces qui composent la nature alors que nous savons pertinemment que nous ne pourrons pas vivre sur une planète morte?» interroge Pascal Canfin, directeur général du WWF France.

    Source: www.lefigaro.fr/sciences - Auteur: Marielle Court


    07/03/18 - Mongolie: plus de 700.000 animaux morts à cause de conditions climatiques extrêmes depuis le début de l'année

    Pas moins de 710.740 animaux au total sont morts cette année en Mongolie à cause des conditions hivernales extrêmes connues sous le nom de "dzud", a annoncé mercredi le service de météorologie du pays.

    Le dzud est un phénomène climatique brutal en Mongolie caractérisé par un été sec suivi d'un hiver glacial. Beaucoup d'animaux d'élevage meurent de faim ou de froid pendant cette période.

    La neige a recouvert jusqu'à 50% du pays et 66 sous-divisions administratives dans 12 provinces ont connu ce dzud ou des conditions similaires, a indiqué l'Agence nationale mongole de météorologie et de surveillance de l'environnement.

    Près de 40 % de la population nomade du pays dépend de l'élevage et de l'agriculture pluviale.

    Des milliers de bergers perdent leurs animaux chaque année à cause du dzud, ce qui les pousse à chercher de nouvelles opportunités dans la capitale Oulan-Bator. En 2016, plus d'un million d'animaux ont été tués par ce phénomène météorologique.

    Source: Agence de presse Xinhua


    02/03/18 - Pékin abrite 600 espèces d'animaux sauvages

    Le nombre d'espèces d'animaux sauvages de Pékin a augmenté à 600 fin 2017, ont annoncé vendredi les autorités municipales.

    L'amélioration écologique a contribué à cette augmentation, selon le Bureau des parcs et des espaces verts de Pékin.

    Les efforts de reboisement de la ville au cours des cinq dernières années ont permis de planter environ 90.000 hectares de forêts et de verdure, portant à 43% le taux de couverture forestière. Pékin a également restauré et créé plus de 8.000 hectares de zones humides durant cette période.

    L'arrondissement de Fangshan dans le sud-ouest de Beijing constitue un important habitat pour les oiseaux, dont la cigogne noire, pour passer l'hiver, se reproduire et migrer.

    Un total de 14 cigognes noires ont été recensées sur le site pittoresque de Shidu à Fangshan cet hiver. On ne compte que 2.000 cigognes noires à travers le monde.

    Afin d'aider la cigogne noire à survivre en hiver, Pékin a introduit 750 kilos de petits poissons dans des lieux de nourriture définis.

    Plus de 89 stations d'observation ont été installées pour surveiller la santé des animaux sauvages dans la capitale.

    Source: Agence de presse Xinhua


    27/02/18 - Le parc national de Yaguas, le nouvel havre de paix du Pérou

    Au Pérou, la forêt tropicale de Yaguas est désormais reconnue comme un parc national. Une nouveau statut dont se réjouissent les communautés ethniques de la région.

    Le gouvernement péruvien a décidé de protéger les 868 000 hectares de la forêt tropicale de Yaguas. En lui attribuant le statut de "parc national", c’est une victoire pour les 70 communautés ethniques qui se battaient pour cette catégorisation depuis trente ans, comme en témoigne Liz Chicaje Churay : "Avec la création du parc national Yaguas, notre culture, notre forêt et notre mode de vie sont respectés. Yaguas représente un territoire sacré, une source de vie que nos ancêtres ont défendu."

    Un nouveau statut qui va sauver sa biodiversité

    Au sein du parc cohabitent 3 000 espèces végétales, 600 espèces d'oiseaux, 150 espèces de mammifères et 100 espèces de reptiles. Parmi eux, des animaux en voie d'extinction comme le dauphin rose, la loutre géante ou le jaguar. Sans la création du parc, environ un cinquième des arbres auraient disparu sous les coups de la déforestation et de l'extraction minière illégale d'ici 2040.

    Source: www.francetvinfo.fr


    24/02/18 - Plus de la moitié des océans est exploitée par les grands chalutiers

    Plus de la moitié des océans est exploitée par de grands chalutiers industriels, en particulier battant pavillon chinois, selon une étude publiée jeudi qui se base sur des observations depuis l’espace, une première.

    Les scientifiques, dont les conclusions sont présentées dans la revue Science, ont utilisé des données satellites pour traquer la pêche industrielle et ont conclu qu’au moins 55 % de la surface des océans dans le monde était ratissée.

    Mais « la superficie totale pêchée est probablement plus élevée », potentiellement jusqu’à 73 %, car certaines parties du monde ne sont pas visibles faute de bonne couverture satellite.

    Les navires de cinq pays — Espagne, Taïwan, Japon, Corée du Sud et Chine — représentent plus de 85 % des grands chalutiers industriels. La moitié battent pavillon chinois.

    « Les hommes pêchent dans les océans de la planète depuis 42 000 ans mais, jusqu’à maintenant, nous n’avions pas vraiment de vue d’ensemble sur où et quand les gens pêchaient », a souligné auprès de l’AFP David Kroodsma, directeur recherche et développement de l’ONG américaine Global Fishing Watch.

    Les importants sites de pêche « ont été observés dans le nord-est de l’Atlantique et le nord-ouest du Pacifique, ainsi que dans les régions riches en nutriments au large de l’Amérique du Sud et de l’Afrique de l’Ouest », selon les observations.

    Ces données, visibles sur un site Internet ad hoc, proviennent uniquement de grands navires équipés du Système d’identification automatique (SIA), qui fournit leur position par satellite afin d’éviter les collisions.
    Par conséquent, « les petits navires qui attrapent la plupart des poissons capturés dans le monde, sur les eaux côtières, ne sont pas recensés car ils n’ont pas de transmetteurs satellites », a relevé Daniel Pauly, professeur à l’université canadienne de Colombie-Britannique, qui n’a pas participé à l’étude.

    Pour une pêche plus durable

    Le recueil de milliards de messages du SIA provenant des chalutiers industriels entre 2012 et 2016 a montré que la surface de la planète concernée par la pêche était quatre fois plus importante que la surface cultivée pour l’agriculture.

    Selon M. Pauly, les données recueillies pourraient aider à façonner les règles internationales pour réduire la pêche illégale.

    « Je pense que l’on peut pêcher dans les océans de manière beaucoup plus durable que la façon dont on pêche actuellement, et cette information peut aider en cela », a relevé M. Kroodsma.

    L’industrie de la pêche représente 160 milliards de dollars. Les experts estiment que près d’un tiers des stocks mondiaux sont prélevés des océans à un rythme insoutenable.

    Source: _www.ledevoir.com avec l'AFP


    17/02/18 - Faute de poisson, les oiseaux marins mangent des calamars

    Dans l’océan Pacifique Nord, les oiseaux marins ne trouvent plus assez de poissons pour se nourrir. Aussi mangent-ils de plus en plus de calamars. Réchauffement climatique et surpêche bouleversent ainsi la chaîne alimentaire.

    Difficile de savoir de quoi se nourrissent les puffins, les albatros, les sternes, les pétrels qui passent le plus clair de leur temps au-dessus des océans et ne viennent à terre que pour se reproduire. C'est pourtant à cette tâche ardue que se sont attelés des chercheurs du Monterey bay aquarium et de l'université d'Hawaï, aux États-Unis. Leurs résultats publiés dans Science advances surprennent. Les oiseaux marins ont changé de diète. Ils mangent moins de poissons et plus de calamars, vraisemblablement parce que les premiers se font rares. Pour les chercheurs, pas de doute, entre 1890 et 2010, les oiseaux sont descendus de niveau trophique. Faute de grive, on mange des merles, en quelque sorte.

    Comment peut-on savoir ce que mangeaient les oiseaux marins à la fin du XIXe siècle ? En analysant les teneurs d'un isotope de l'azote minéral présent dans leurs plumes ! L'azote minéral ou nitrate est en effet assimilé par les acides aminés de l'organisme. Or, les variations de cet isotope signent à coup sûr la prévalence d'une nourriture sur un autre. Cet indicateur permet de faire une différence nette entre les poissons carnivores du haut de la chaîne alimentaire et les céphalopodes qui se situent juste en dessous. Cet indice chimique est détectable dans les plumes. Chance : des albatros ou des pétrels empaillés dans les muséums d'histoire naturelle, ce n'est pas ce qui manque. Et les naturalistes sont des gens très sérieux qui indiquent toujours la date et le lieu du prélèvement du spécimen. De plus, à partir de 1983, les chercheurs ont pu s'appuyer sur de nombreuses études des résidus stomacaux des oiseaux.

    Un isotope du nitrate trahit le menu des oiseaux

    Les auteurs de l'étude se sont penchés sur les huit espèces principales d'oiseaux fréquentant le Pacifique Nord. Six de ces espèces présentent un déclin important de la consommation de poisson, tandis qu'une espèce, le phaéton à bec jaune, a une diète qui fluctue, et qu'une autre, l'albatros de Leysan, garde un menu remarquablement stable. Pour les espèces qui ont changé de menu, la consommation de poissons-haches et de poissons-lanternes a décliné de 28 à 39%, celle de poissons volants et de rougets de 50% tandis que les prises de carangues sont restées stables. En général, les cinq espèces de poissons pélagiques étudiées déclinent tandis que les ingestions de calamars doublent.


    Pour tenter d'expliquer le phénomène, les chercheurs ont pris en compte la morphologie des oiseaux et leur aptitude à couvrir de longues distances, les déclarations de captures faites par les pêcheries et même le phénomène El Nino qui influe de façon importante sur les déplacements des bancs de poissons. L'ensemble des modèles montre sans ambiguïté que le changement de nourriture accélère après les années 1950 au moment du développement de la pêche industrielle. Un indice que les auteurs entendent conforter par des études plus approfondies qui leur permettraient de réduire les marges d'incertitudes de leurs modèles.

    Source: www.sciencesetavenir.fr - Auteur: Loïc Chauveau


    09/02/18 - Le braconnage des rhinocéros recule mais reste élevé en Afrique du Sud

    1 028 rhinocéros ont été tués en 2017, soit 26 de moins qu’en 2016. Depuis le pic atteint en 2014 avec 1 215 animaux abattus, les chiffres sont en baisse mais restent toutefois trop importants selon les associations de défense de la faune.

    Le nombre de rhinocéros tués encore trop haut

    Si l’on souhaite prendre la température de la lutte contre le braconnage du rhinocéros dans le monde, tous les projecteurs se braquent sur l’Afrique du Sud. Il faut dire que le pays abrite environ 70 % de la population mondiale de rhinocéros africains et que les braconniers en ont fait une terre propice à leurs crimes. Les chiffres annuels communiqués par le ministère de l’Environnement sud-africain en début d’année sont donc à chaque fois attendus avec impatience par les associations du monde animal, et ceux de janvier 2018 se veulent optimistes : en 2017, une nouvelle diminution du nombre de rhinocéros abattus a été enregistrée sur le territoire pour la troisième année consécutive.

    Rhinocéros tués en Afrique du Sud

    Un mieux, certes, mais peut-on se réjouir ? Non, répondent les associations de défense des animaux, car cela représente trois rhinocéros tués chaque jour. « La crise reste très intense », a immédiatement commenté dans un communiqué Tom Milliken, responsable du programme rhinocéros à TRAFFIC, une association réunissant l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et WWF.

    L’Afrique du Sud dépassée par le braconnage intensif ?

    Depuis dix ans, ce ne sont pas moins de 7 130 rhinocéros qui ont été massacrés pour leurs cornes en Afrique du Sud, laissant planer le doute sur les capacités des autorités locales à endiguer cet abattage massif. Car même dans les sites protégés, les braconniers n’hésitent pas à mener leurs exactions. Il y a tout juste un an, un orphelinat pour rhinocéros était attaqué par des braconniers à KwaZulu-Natal, en Afrique du Sud. Bilan de l’attaque : deux jeunes rhinocéros ont été tués et leurs cornes coupées, et les soigneurs sur place ont été violentés. L’an dernier, près de la moitié des pachydermes – 504 pour être exact – ont été braconnés dans le parc Kruger. Or, il s’agit de la plus grande réserve du pays dans laquelle les efforts de surveillance et la présence de rangers ont déjà été renforcés. L’Afrique du Sud a également tenté de faire se déplacer des rhinocéros dans des pays voisins afin de leur éviter de tomber entre les mains des braconniers bien organisés dans le pays, mais là encore, le résultat escompté n’est pas au rendez-vous.

    Un commerce légal depuis 2017

    L’une des voies pour lutter contre le braconnage massif a été d’autoriser la vente de cornes de rhinocéros prélevées sur des animaux anesthésiés issus de fermes d’élevage. Il faut dire que beaucoup ont expliqué l’explosion du nombre de pachydermes tués à l’état sauvage à partir de 2009 par le moratoire interdisant le commerce de cornes de rhinocéros imposé cette année-là par la justice sud-africaine. Mais depuis, le pays a multiplié les va-et-vient entre l’interdiction et l’autorisation de ce marché sans que cela n’impacte les chiffres du braconnage ; en avril 2017, la justice a fini par lever définitivement ce moratoire contre l’avis du gouvernement.

    Pas question en revanche de légaliser le prélèvement sur des animaux en liberté : est autorisée uniquement la vente de cornes issues de l’élevage et aucune ne doit quitter le pays, le commerce étant illicite dès lors qu’il franchit les frontières. L’objectif : inonder le marché pour faire baisser les prix et dissuader les braconniers de poursuivre leurs actions. Mais quand on sait que la principale demande se situe en Asie, où l’on attribue à tort des vertus médicinales à la corne réduite en poudre, difficile d’imaginer qu’un tel commerce se cantonne au marché domestique. A l’inverse, les prix en Asie devraient rester élevés puisque seul le marché noir officie. Fin 2017, la corne de rhinocéros s’échangeait contre plus de 50 000 euros le kilo.

    Source: www.especes-menacees.fr - Rédaction: Jennifer Matas


    16/12/17 - Cet animal est en voie d'extinction depuis un million d'années

    Le rhinocéros de Sumatra, dont la survie ne tient qu'à un fil, est en voie d'extinction depuis un million d'années, révèle le premier séquençage du génome de cet animal qui pourrait aider à le préserver.

    En 2011, on ne comptait qu'environ 200 de ces rhinocéros à l'état sauvage à Sumatra (Indonésie) et à Bornéo, précisent les chercheurs qui ont séquencé et analysé le premier génome de cet animal à partir d'un échantillon provenant d'un mâle nommé Ipuh, qui a vécu au zoo de Cincinnati (Ohio) pendant 22 ans, jusqu'à sa mort en 2013.

    Une nouvelle analyse génétique a révélé que les problèmes de survie de cette espèce remontaient à près d'un million d'années au milieu du Pléistocène quand des bouleversements climatiques avaient affecté son habitat et sa diversité génétique.

    «Les données produites par le séquençage du génome ont révélé que le Pléistocène a été une période très difficile pour les populations de rhinocéros de Sumatra», explique Herman Mays de l'université Marshall en Virginie occidentale, l'un des principaux auteurs de cette étude parue dans Current Biology.

    La population de cette espèce de rhinocéros a plafonné à environ 57.800 individus il y a environ 950.000 ans et ce, au moment où les fossiles témoignent d'une invasion de différents mammifères dans le Sundaland, une région du sud-est de l'Asie, précisent ces chercheurs.

    Il y a environ 12.000 ans, à la fin du Pléistocène, la montée du niveau de l'océan résultant de la fonte des glaces a submergé les ponts de terre qui reliaient les îles de Bornéo, de Java et de Sumatra à la péninsule malaise et au continent asiatique.

    Cela a entraîné une fragmentation grandissante de l'habitat de ces rhinocéros, ce qui explique que leur population a continué à se réduire de plus en plus, conclut l'étude.

    Leur nombre n'a cessé de diminuer plus tard sous des pressions grandissantes résultant de la perte de leur habitat et de la chasse par les humains pour le commerce illégal de leurs cornes.

    Il y a 9.000 ans, on ne comptait plus qu'environ 700 rhinocéros de Sumatra.

    Cette analyse du génome, suggère que le changement climatique dans un passé ancien a réduit la diversité génétique de ces animaux, les rendant encore plus vulnérables aux pressions résultant des activités humaines plus récentes, résument les scientifiques.

    Ce nouvel éclairage génétique est utile pour mieux comprendre la situation actuelle de l'espèce dans un contexte écologique plus large, estiment également ces chercheurs.

    Le rhinocéros de Sumatra (Dicerorhinus sumatrensis) est la plus petite des cinq espèces de rhinocéros qui subsiste actuellement à Bornéo et à Sumatra, avec un poids de moins d'une tonne.

    Il est aussi le seul rhinocéros d'Asie à avoir deux cornes. Généralement, la corne antérieure ne dépasse pas 25 cm, la seconde est nettement plus petite et souvent absente chez la femelle.

    Source: fr.sputniknews.com


    14/02/18 - Les récifs de coquillages, désastre écologique méconnu de l'Australie

    Des spécialistes en biologie marine ont appelé jeudi les autorités australiennes à protéger les récifs naturels de coquillages du vaste pays-continent, un écosystème océanique méconnu mais particulièrement menacé, les récifs en question ayant quasiment tous disparu.

    Si l'opinion publique est alertée sur les menaces qui pèsent sur les récifs coralliens du fait, entre autres, du réchauffement climatique, les gens savent moins qu'entre 90 et 99% des récifs de coquillages australiens ont disparu depuis la colonisation britannique il y a 230 ans, relèvent les chercheurs.

    On trouvait ces récifs, constitués de millions d'huîtres et de moules, dans les baies, les estuaires et les eaux côtières des régions tropicales comme tempérées de l'ensemble de l'Australie.

    Il s'agissait d'écosystèmes complexes, qui fournissaient habitat et alimentation à d'autres espèces d'invertébrés et de poissons, tout en filtrant l'eau et protégeant les côtes.

    « Nous savions déjà que les récifs de coquillages se portaient très mal dans le monde, avec la perte ou la forte dégradation de 85% d'entre eux », a expliqué Chris Gillies, directeur de l'étude et chercheur à l'0NG Nature Conservancy.

    « Notre étude confirme qu'en Australie, la situation est encore pire. Il ne reste que 1% des habitats d'huîtres plates et 10% des habitats de saccostrea », un autre type d'huître.

    Ian McLeod, scientifique du Centre de recherche sur les eaux tropicales et écosystèmes aquatiques de l'Université James Cook, souligne que le phénomène est méconnu contrairement aux épisodes de blanchissement sans précédent subis par la Grande barrière de corail, joyau inscrit au patrimoine de l'Unesco.

    « C'est vrai que la Grande barrière et d'autres récifs coralliens sont menacés mais ce sont les récifs de coquillages qui ont souffert le plus en réalité »", a-t-il dit. « Simplement, la plupart avaient disparu avant notre naissance alors les gens ne savent pas que nous les avons perdus ».

    La plupart ont disparu au XIXe siècle et au début du XXe siècle à cause de la surpêche, de la modification de l'habitat, de maladies, d'espèces invasives et de la dégradation de la qualité de l'eau.

    D'après l'étude publiée par le journal scientifique PLOS ONE, il ne reste plus qu'un récif d'huîtres plates connu, en Tasmanie, contre 118 auparavant. Les récifs de saccostrea ne sont plus que six, contre 60.

    Leur destruction aggrave le changement climatique, l'acidification des océans et les menaces sur les côtes. Mais ces récifs peuvent être restaurés en éliminant les causes de leur destruction initiale, soulignent les chercheurs.

    Ils préconisent de protéger ceux qui restent et de financer des projets de restauration. « Il est toujours temps d'arrêter leur déclin et de les recréer là où ils offraient jadis leurs bienfaits à la population et à la nature », a déclaré M. Gillies.

    Source: www.tahiti-infos.com avec l'AFP


    13/02/18 - Les populations de poissons menacées par le réchauffement climatique

    Le réchauffement progressif dû aux changements climatiques constitue la menace la plus répandue pour les poissons qui vivent dans les eaux glacées du nord de l'Ontario, suggère une nouvelle recherche sur la conservation.

    Dans un rapport sur leurs découvertes, les chercheurs ont constaté que le réchauffement des eaux rendrait les espèces comme la truite mouchetée, le doré, le grand corégone et l'esturgeon jaune plus vulnérables à d'autres menaces comme la perte d'habitat et la fragmentation des bassins versants.

    « Comme dans beaucoup d'autres endroits, les habitats d'eau douce du Nord de l'Ontario sont menacés à la fois par des activités humaines et naturelles », selon l'étude de Wildlife Conservation Society Canada. « La plus grande menace est le changement climatique, qui se produit plus rapidement dans le Nord que dans le reste de l'Ontario. »

    Le Grand Nord de l'Ontario contient certaines des plus grandes rivières non damées du monde. Il abrite des milliers de lacs et le plus grand complexe de zones humides d'Amérique du Nord. Ses écosystèmes d'eau douce abritent au moins 50 espèces de poissons, ce qui en fait la plus grande zone de biodiversité en termes de poissons au Canada, selon le rapport.

    En même temps, la région est trop peu étudiée en raison de son isolement et de sa population humaine clairsemée. C’est le cas malgré le fait que le gouvernement provincial tente de favoriser son développement, en particulier dans la région riche en minéraux connue sous le nom de Cercle de feu.

    Afin de combler certaines lacunes dans les connaissances scientifiques sur cette région en particulier, les gens responsables de l'étude s’en remettent à des projections assistées par ordinateur pour prédire ce qui arriverait aux populations de poissons au cours des 50 prochaines années dans une région couvrant environ 440 000 kilomètres carrés.

    « Il s'agit d'un travail révolutionnaire à bien des égards, tant en ce qui concerne les poissons que ce qui concerne le développement de nouvelles approches de modélisation », a déclaré Cheryl Chetkiewicz, qui fait partie de l’équipe de recherche.

    Selon l'étude, les changements climatiques exacerberont les problèmes potentiels causés par la pêche, la foresterie industrielle, l'exploration minière et minérale, le développement hydroélectrique et les nouvelles infrastructures telles que les routes.

    La modélisation de l'étude prédit un réchauffement important dans le Grand Nord au cours des 50 prochaines années - mettant en péril le doré jaune, l'esturgeon jaune, le grand corégone et la truite mouchetée.

    Source: Radio-Canada avec La Presse Canadienne


    13/02/18 - Les poissons pélagiques de la Manche migrent vers la mer du Nord

    Dans sa dernière étude, l’Ifremer a évalué les stocks de poissons dans la zone et tente de mesurer les effets du changement climatique.

    La Thalassa, l’un des onze navires de l’Institut national de recherche intégrée en sciences marines (Ifremer), vient de rentrer au port de Boulogne-sur-Mer après avoir sillonné les eaux de la Manche Est et de la mer du Nord du 21 janvier au 11 février. Dans les filets du bateau océanographique, des poissons, mais surtout des données scientifiques.

    La campagne européenne d’évaluation des stocks qui vient d’être menée, comme chaque année depuis plus de trente ans, permet de calculer un indice d’abondance des principales espèces de poissons commerciaux exploitées en Manche-mer du Nord. Pour cela, l’équipage du Thalassa a trié, pesé, mesuré 13 325 poissons et rapporté à quai 189 échantillons d’œufs de 77 espèces différentes, à la suite de 60 chalutages de fond d’une durée de 30 minutes chacun.

    Première conclusion du projet Eclipse, qui étudie en particulier les effets de la pêche et du changement climatique sur la biodiversité marine : la structure des populations de poissons a subi des fortes modifications au cours des années 1990 en Manche Est. Les stocks de pélagiques, des poissons de petite taille – hareng, chinchard, sprat, sardine, maquereau – ont fortement diminué. Ces espèces, qui vivent dans les eaux proches de la surface ou entre la surface et le fond, ont souvent une préférence pour les eaux froides.

    « Il y a eu dans les années 1990 un passage d’une phase froide à une phase chaude, explique Arnaud Auber, responsable du projet Eclipse. Et les résultats des analyses statistiques suggèrent que les changements de communautés de poissons sont liés à ce basculement climatique. » La température a augmenté en moyenne de 0,5 degré par décennie en Manche-mer du Nord depuis les années 1980.

    Parallèlement, en mer du Nord, l’étude a démontré une augmentation des petits pélagiques depuis le début des années 2000. Les scientifiques font donc l’hypothèse d’une migration vers le Nord en réponse au réchauffement de l’eau. Des études prospectives seront menées pour confirmer ce point et mesurer si le changement climatique peut accroître ces tendances à l’avenir. Les membres du projet Eclipse travaillent au demeurant avec le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Trois scénarios – optimiste, intermédiaire ou pessimiste –, permettront d’anticiper jusqu’à 2100 les conséquences des modifications du climat sur de nombreuses espèces de poissons.

    Augmentation du trafic maritime

    Dans ce contexte et face aux tensions autour de la pêche – en particulier en lien avec la pêche électrique développée par les armateurs néerlandais dans cette zone –, ce qui n’était qu’un simple inventaire des jeunes poissons en mer du Nord est devenu une étude annuelle attendue par les professionnels de la pêche et du climat. « C’est important d’étudier l’ensemble de l’écosystème, insiste l’ingénieur de l’Ifremer et chef de la mission, Yves Vérin. Pour expliquer les changements, on ne peut pas juste incriminer les pêcheurs ou le réchauffement climatique. »

    L’augmentation du trafic maritime et du nombre de plateformes en mer du Nord, mais aussi de champs éoliens du côté des eaux danoises et britanniques, rend plus ardus les prélèvements qu’au début de la campagne, en 1976. Yves Vérin se souvient des premières études : « Au début, on collectait les poissons à la main sur l‘ancienne Thalassa. Mais ça a énormément évolué techniquement et le programme s’est enrichi pour tenir compte des paramètres environnementaux. »

    Six autres pays (Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Allemagne, Danemark, Suède) effectuent en parallèle le même type de captures. L’ensemble des données est coordonné par le Conseil international pour l’exploration de la mer. Réseau de centaines de scientifiques, le CIEM donne des avis pour une gestion durable des écosystèmes marins de l’Atlantique nord-est et des mers adjacentes, il est en particulier consulté lors de la fixation des quotas de pêche dans l’Union européenne.

    Finalement les impacts directs de la pêche sur la structure des communautés n’ont pas été mis en évidence par l’Ifremer. « Mais cela ne dit pas qu’il n’y a pas eu des effets sur certaines espèces », met en garde Arnaud Auber. Sur les trois dernières décennies, les histogrammes en dents de scie présentés par les scientifiques affichent une baisse de plusieurs espèces telles que la morue, le merlan et l’églefin.

    Source: www.lemonde.fr/biodiversite - Auteur: Laurie Moniez, correspondante à Lille


    12/02/18 - Campagne IBTS: nouveaux relevés d'abondance des espèces de poissons

    Le Thalassa, navire océanographique de l’Ifremer, rentre au port de Boulogne-sur-Mer après une campagne de 20 jours en Manche et Mer du Nord. Des données nécessaires pour mieux comprendre l’évolution des communautés de poissons.

    Au premier trimestre, tous les ans depuis 1976, a lieu la campagne européenne d’évaluation des stocks de poissons IBTS (International bottom trawl survey). Harengs, cabillauds, églefins, merlans… Grâce à l’utilisation d’engins de pêche standardisés, les données acquises chaque année permettent de calculer un indice d’abondance des principales espèces de poissons commerciaux exploitées en Manche-Mer du Nord. « Comme les années passées, des milliers de poissons ont été prélevés en 2018 lors de 60 chalutages de fond, d’une durée de 30 minutes chacun. Les poissons sont mesurés et leur âge est évalué grâce à la mesure des otolithes (petit os situé dans l’oreille interne du poisson) », précise Yves Vérin, membre du laboratoire Ressources halieutiques de Boulogne, et chef de mission de la campagne.

    Pour obtenir des données comparables à l’échelle européenne, six pays (Norvège, Pays-Bas, Grande Bretagne, Allemagne, Danemark, Suède) réalisent en parallèle le même type de campagne. L’ensemble est coordonné par le CIEM (Conseil international pour l’exploitation de la mer). Ces indices, cumulés à d’autres observations, notamment les débarquements de pêcheurs professionnels, servent de base aux décisions sur les mesures européennes de gestion des ressources halieutiques, en particulier pour les quotas de pêche définis chaque année en décembre.

    Une évolution des communautés liée à la température de l’eau

    Les données acquises par ces campagnes ITBS depuis plus de 30 ans ont permis de développer des travaux d’observation des effets de la pêche et du climat sur la biodiversité des poissons en Manche et Mer du Nord. Il s’agit du projet Eclipse (2015-2018) qui étudie l’évolution de communautés d’espèces, regroupées en fonction de leurs caractéristiques biologiques et écologiques comme par exemple la préférence thermique, la taille à maturité sexuelle, leur position dans la colonne d’eau.

    Un changement rapide dans la structure des communautés de poissons au milieu des années 90 en Manche Est a été mis en évidence. Ce changement est principalement caractérisé par une forte diminution des stocks de poissons pélagiques de petite taille, ayant le plus souvent, une préférence pour les eaux froides, comme le hareng, le chinchard, le sprat, la sardine ou le maquereau. D’autres poissons, de plus grande taille et préférant les températures plus élevées, ont sensiblement augmenté en abondance au fil des décennies.

    « Les analyses ont montré que ces changements étaient dans une large mesure liés à un basculement climatique, souligne le responsable du projet Arnaud Auber (également membre du laboratoire Ressources halieutiques de Boulogne), avec le passage naturel d’une phase froide à une phase chaude de la température de l’eau à l’échelle de l’océan Atlantique Nord ». En effet, la température a augmenté en moyenne de 0,5 degré par décennie en Manche-Mer du Nord depuis les années 80. L’impact direct de la pêche sur les communautés n’a pas été mis en évidence dans le cadre de cette étude.

    En Mer du Nord, au contraire de la Manche Est, c’est une augmentation des petits pélagiques qui est observée depuis le début des années 2000. L’hypothèse d’une migration vers le nord en réponse au réchauffement de l’eau n’est donc pas exclue, même si des incertitudes demeurent encore sur les processus biologiques à l’œuvre. Des études prospectives seront menées dans la continuité du projet Eclipse pour confirmer ce point et mesurer si le changement climatique pourrait accroître ces tendances à l’avenir. Des analyses complémentaires seront menées en 2018 en s’appuyant sur les scénarios climatiques extrêmes et médians du GIEC à l’horizon 2100.

    Source: _wwz.ifremer.fr


    03/02/18 - Réchauffement climatique : les animaux à sang chaud auront l’avantage

    De nouvelles recherches suggèrent que les oiseaux et les mammifères ont depuis des millions d’années surpassé les amphibiens et les reptiles, particulièrement en s’adaptant plus facilement aux changements de température. L’étude, publiée dans Nature Ecology and Evolution, a ici analysé des données récoltées sur plus de 11 000 espèces de vertébrés, y compris des archives fossiles vieilles de 270 derniers millions d’années.

    En comparant ces informations avec d’anciennes reconstitutions de température, les chercheurs ont constaté que les animaux à sang chaud pouvaient s’adapter aux nouvelles conditions climatiques en se déplaçant plus rapidement vers des zones plus appropriées à leur survie. Ces changements avaient en revanche tendance à se produire beaucoup plus lentement chez les animaux à sang froid.

    Mais alors pourquoi les animaux à sang chaud ont-il historiquement surpassé leurs cousins ​​à sang froid ? Parce qu’ils régulent leur propre température corporelle et n’ont pas besoin d’ajuster leur comportement en fonction de la température extérieure – en tout cas pas aussi dramatiquement que les animaux à sang froid. Par exemple selon cette étude, les amphibiens et les reptiles doivent souvent réduire considérablement leurs niveaux d’activité par temps frais, ce qui les désavantage lorsqu’ils doivent se nourrir, s’accoupler ou trouver de nouveaux habitats.

    En effet, les animaux à sang chaud sont également capables d’utiliser leur propre corps pour maintenir leurs bébés en développement au chaud. Dans le passé, ces traits ont été particulièrement utiles pour permettre aux oiseaux et mammifères de se disperser à travers le monde pendant les périodes de refroidissement global, soulignent les chercheurs. Cela a notamment été le cas il y a environ 34 millions d’années, lors d’un épisode particulièrement glacial. De leur côté, les animaux à sang froid doivent rester dans des conditions climatiques convenables pour que leurs œufs se développent et éclosent.

    « Nous constatons que les mammifères et les oiseaux sont mieux en mesure de s’étendre et d’élargir leurs habitats, ce qui signifie qu’ils s’adaptent et se déplacent beaucoup plus facilement », note Jonathan Rolland, chercheur postdoctoral à l’Université de la Colombie-Britannique (Canada). Il ajoute également que « cela pourrait avoir un impact profond sur les taux d’extinction et à quoi ressemblera notre monde dans le futur ».

    Certains scientifiques pensent que la période actuelle de réchauffement planétaire rapide pourrait également affecter de manière disproportionnée les animaux à sang froid. Barry Sinervo, expert en reptiles et en écologie à l’Université de Californie à Santa Cruz, prévoit que jusqu’à 20 % des espèces de lézards dans le monde pourraient disparaître d’ici 2080. il prédit aussi que les extinctions locales – la disparition d’une population dans un endroit géographique particulier – pourraient quant à elles atteindre 40 %.

    Nous pourrions naturellement penser que les serpents et les lézards pourraient être avantagés par temps chaud, mais les reptiles – comme tous les autres animaux – ont leurs limites de température. Si les températures mondiales continuent de grimper à cette allure, certaines régions pourront devenir trop chaudes pour leurs habitants à sang froid. Et historiquement parlant, ces mêmes animaux seraient trop lents pour s’étendre dans des habitats plus appropriés.

    Source: sciencepost.fr avec www.scientificamerican.com


    02/02/18 - Pour s'adapter au changement climatique, les scarabées diminuent en taille

    Face à la hausse des températures, les animaux ont le choix entre trois stratégies d'adaptation : changer de zone de vie pour aller vers des régions plus fraîches, modifier les dates de reproduction et d'étapes de croissance, ou bien encore réduire leur taille. Cette adaptation morphologique est la plus radicale. Elle commence à être bien documentée pour les animaux à sang chaud et les poissons. Mais pour les insectes, seules des expériences en laboratoire donnent des indices d'une réaction similaire. Une équipe de l'Université de Colombie-Britannique (UBC, Canada) a eu l'idée d'exploiter les collections entomologiques de leur établissement vieilles d'un siècle. Les chercheurs confirment ainsi une adaptation des scarabées par la réduction de leur anatomie, un résultat que vient de publier Journal of animal ecology.

    Pour arriver à cette conclusion, Michelle Tseng, professeure assistant de botanique et de zoologie à l'UBC, a mobilisé ses étudiants. Car il a fallu débuter par le travail fastidieux de mesure de la corpulence de 6500 scarabées de huit espèces différentes collectés dans la nature depuis 1910. “Nous avions des données sur 100 ans de spécimens capturés, s'enthousiasme dans un communiqué de l'UBC, Sina Soleimani, une des étudiantes qui a cosigné son premier article scientifique avant même d'obtenir son doctorat.

    Les scarabées obéissent à la "règle de Bergmann" éditée au XIXe siècle

    Les anciens entomologistes avaient en effet scrupuleusement noté la date de prélèvement et les deux endroits d'où proviennent les scarabées : les basses terres continentales dans le sud de la Colombie-Britannique et la vallée de l'Okanagan. Les jeunes étudiants ont donc pu obtenir des organismes forestiers l'évolution de la température dans ces deux régions au cours du XXe siècle. Ainsi, les basses terres ont connu une augmentation des températures de 1,6 °C en automne et l'Okanagan de 2,5 °C à la même saison. Restait à corréler la taille avec la température. Ce qui ne fut pas simple. Un premier examen n'a en effet rien donné, jusqu'à ce qu'une comparaison plus approfondie des différences entre espèces ne montre que les quatre plus grosses avaient bien diminué, tandis que les quatre plus petites restaient inchangées. Au total, les quatre plus grosses espèces ont diminué de 20% ces 45 dernières années.

    Cette différence de réponse à la hausse des températures entre petits et gros s'explique par la "règle de Bergmann" découverte au XIXe siècle : la taille des organismes diminue à mesure que la température s'élève car plus on est petit, plus la surface du corps augmente par rapport à son volume. On peut ainsi plus facilement évacuer la chaleur en excès. Ce mécanisme fonctionne donc pour de petits insectes, ce qui pose une série de questions écologiques. Les scarabées sont présents dans tous les écosystèmes terrestres. Ils y ont des fonctions diverses de décomposition de la matière organique et des excréments ou de nettoyage des litières végétales. Or, plus petits, ils mangeront moins. Quelles seront les conséquences d'une réduction de la taille de ces auxiliaires précieux des écosystèmes? C'est la question qu'il faut désormais se poser.

    Source: www.sciencesetavenir.fr - Auteur: Loïc Chauveau


    02/02/18 - Réchauffement climatique: L'ours polaire ne trouve plus assez de phoques pour se nourrir

    En une dizaine de jours, quatre des neuf ours polaires étudiés ont perdu 10 % de leur masse corporelle…

    Les ours polaires ne trouvent plus assez de phoques pour se nourrir, et le problème ne va cesser d’empirer avec le changement climatique, selon une étude publiée vendredi 2 février dans la revue Science. Les chercheurs auraient jusqu’ici surestimé le métabolisme de l’animal.

    Les biologistes à l’origine de l’étude ont suivi neuf femelles en Arctique dans la mer de Beaufort, équipant les animaux de caméras colliers et comparant leur urine et prise de sang à plusieurs jours d’intervalle.

    De grands besoins en graisse

    « Nous avons découvert que les ours polaires ont en réalité des besoins énergétiques beaucoup plus élevés que prévu », explique Anthony Pagano, auteur principal de l’étude. « Ils ont besoin d’attraper beaucoup de phoques », et cela pour satisfaire un métabolisme 1,6 fois plus important que ce qu’on estimait jusque-là.

    L’étude s’est déroulée « au début de la période allant d’avril à juillet lorsque les ours polaires chassent le plus activement et emmagasinent la graisse dont ils ont besoin pour subsister toute l’année », poursuit le biologiste. Malgré cela, cinq spécimens ont perdu de la masse corporelle – 10 % pour quatre d’en eux – en l’espace de 8 à 11 jours.

    Réchauffement climatique

    L’Arctique se réchauffe deux fois plus rapidement que le reste de la planète et la fonte des glaces contraint les ours à parcourir de plus grandes distances pour trouver de jeunes phoques, leur nourriture de prédilection. Cela les pousse à brûler plus d’énergie qu’imaginé par les hypothèses scientifiques précédentes.

    « La glace à travers l’Arctique diminue de 14 % par décennie, ce qui va probablement réduire l’accès des ours à leurs proies », détaille l’étude. Depuis 10 ans, la population d’ours polaires a diminué d’environ 40 %. Mais « nous disposons désormais de la technologie pour étudier leurs déplacements sur la glace, leurs activités et leurs besoins énergétiques, et nous pouvons ainsi mieux comprendre les implications des changements que nous observons sur la glace », rassure Anthony Pagano.

    Source: www.20minutes.fr/planete


    16/01/18 - Le Parlement européen s'oppose à la pêche électrique

    Pêcheurs artisanaux et surtout les élus européens français qui ont obtenu un vote contre l'élargissement de cette pratique décriée. Un compromis doit désormais être trouvé avec la Commission et le Conseil de l'Europe.

    L'ampleur de la victoire a surpris même les adversaires de la pêche électrique: par 402 voix contre 232, le Parlement européen a voté mardi l'interdiction totale de cette pratique dénoncée par les défenseurs de l'environnement. « C'est un succès radical, une victoire absolue », s'est réjouie Claire Nouvian, la présidente de l'association Bloom, quelques minutes après le vote.

    Le succès paraît d'autant plus éclatant que la mobilisation n'avait que quelques semaines et qu'elle émane quasi exclusivement d'acteurs français : des ONG en passant par les eurodéputés comme l'écologiste Yannick Jadot ou les artisans-pêcheurs. Ensemble, ils ont retourné le Parlement. Le 21 novembre dernier, les eurodéputés de la Commission pêche avaient au contraire voté l'extension de cette pratique, autorisée à titre expérimental depuis 2006 dans une zone de la mer du Nord.

    Les Pays-Bas ne décolèrent pas

    Aux Pays-Bas, cette volte-face suscite la consternation. Une délégation d'eurodéputés néerlandais de tous bords politiques a convoqué une conférence de presse pour dénoncer « une décision incompréhensible » basée selon eux sur des « fake news », des fausses informations. Les Néerlandais sont actuellement les seuls à miser sur cette pêche qu'ils présentent comme « innovante ». Les chaluts électriques sont équipés d'électrodes qui provoquent des convulsions chez les soles ou les carrelets enfouis dans le sable et les jettent directement dans les filets. C'est très efficace : depuis que leurs collègues ont investi dans cette pêche, les fileyeurs du nord de la France ont vu leurs captures de poissons plats environ divisées par deux, selon leurs représentants.

    « Une coalition bizarre d'ONG et de pêcheurs français a gagné, les Pays-Bas doivent maintenant travailler au Conseil pour sauver ce qui peut être sauvé », réclame l'élu libéral néerlandais Gerbent-Jan Gerbrandy. Les opposants à la pêche électrique ont gagné une bataille mais pas encore la guerre : il faut désormais entamer les négociations avec les États. En mai dernier, les Vingt-Huit avaient adopté leur position, prônant le statu quo en mer du Nord et l'éventuelle extension de l'électrification des chaluts au reste des zones de pêche si les scientifiques y étaient favorables. « À l'époque, les ministres de la Pêche n'en ont quasiment pas discuté, mais le contexte a changé », estime une source européenne.

    Nicolas Hulot salue l'interdiction

    « Le gouvernement français va devoir sortir de sa passivité », prône Yannick Jadot. Message d'ores et déjà reçu par Nicolas Hulot. Le ministre de la Transition écologique salue le vote du Parlement européen. « La France souhaite que les pratiques de pêche européennes restent un modèle de référence respectueux des ressources naturelles et de l’environnement », écrit-il dans un message posté à la mi-journée sur Twitter.

    Les discussions entre le Parlement et le Conseil des ministres devraient commencer rapidement. Elles porteront sur l'ensemble des mesures techniques (taille des poissons, maillage des filets, etc.) liées à la politique commune de la pêche. La victoire des pro-environnement sur la pêche électrique ne doit d'ailleurs pas faire oublier le reste du texte. Le Parlement européen a adopté ce mardi de nombreux amendements qui risquent d'aboutir à une moindre protection des milieux marins.

    Quelque 260 grands chefs ont signé la pétition pour protéger les ressources

    Dans la bataille contre la pêche électrique, les chefs ne sont pas restés les deux pieds dans le même sabot. Très sensibilisé par le risque couru par la ressource halieutique, Christopher Coutanceau (deux étoiles au Michelin, La Rochelle) a sonné le rappel auprès de ses confrères pour signer le manifeste de l'ONG Bloom. Et ce sont près de 260 chefs du monde entier dont un très grand nombre de Français qui ont apporté leur soutien.

    Parmi eux Christian Le Squer (trois étoiles, le Cinq, Paris). « On ne va pas s'arrêter là », souligne Christopher Coutanceau qui plaide aussi pour « le respect du repos des espèces marines ». Cela passe notamment par la protection des frayères « qui sont détruites à grands coups de filets pélagiques ». Pour ces chefs, la pêche électrique, qui abîmerait les poissons, est « pire que la pêche à la dynamite ». Mardi, une étape a été franchie avec le vote contre cette pêche électrique par les députés du Parlement européen.

    Source: www.lefigaro.fr/sciences - Auteur: Isabelle Ory


    27/12/17 - Record du nombre d'espèces animales et végétales menacées

    Le nombre d'espèces animales et végétales menacées a atteint un nouveau record en 2017, indique mercredi le WWF dans son bilan annuel. Les pangolins (petit mammifère insectivore présent en Afrique et Asie), les koalas et les hippocampes sont parmi les plus en danger.

    La liste rouge mondiale des espèces menacées de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) inventorie 25.800 espèces animales et végétales menacées. Le nouveau record négatif enregistré en 2017 concerne près de 30% de toutes les espèces examinées, note le WWF.

    A titre de comparaison, 24.000 espèces étaient considérées comme menacées fin 2016.

    Cette année a été particulièrement morose pour les pangolins, les insectes volants ou les hippocampes, s'alarme le WWF. Les éléphants africains ne sont guère mieux lotis, précise encore l'ONG, qui indique aussi que "plus de 40% des espèces d'insectes suisses sont désormais considérées comme menacées, et leur nombre ne cesse de croître".

    Source: www.7sur7.be avec Belga


    04/12/17 - La biodiversité des sols nous protège, protégeons-la aussi !

    En France, l’équivalent d’un département disparaît sous le béton tous les 7 ans. Et l’on estime que plus de 40 % des sols agricoles et 25 % de tous les sols sont dégradés à l’échelle mondiale.

    À l’occasion de la Journée mondiale des sols, célébrée chaque année le 5 décembre, rappelons le rôle crucial que jouent ces milieux et leur biodiversité pour les sociétés humaines.

    Qu’est-ce qu’un sol ?

    Ils sont constitués par un mélange de matière minérale (sable, limon, argile) et de matière organique morte (qui donne leur couleur plus ou moins sombre). La matière minérale est issue de la dégradation et de la transformation de la roche. La matière organique est produite par les plantes et l’ensemble des organismes.

    Mélanges de matière organique et minérale, les sols contiennent également une biodiversité très abondante et diversifiée : la macrofaune (vers de terre, termites, fourmis, larves d’insectes…), la mésofaune (acariens, collemboles…), la microfaune (protozoaires, nématodes…) et la microflore (bactéries, virus, champignons…).

    On connaît environ 4 000 espèces de vers de terre à l’échelle du globe et il en existerait 4 000 autres, non encore identifiées. Un gramme de sol contient plus de 10 000 espèces de bactéries. Et un sol en bon état peut contenir plusieurs espèces de vers de terre, 20 à 30 espèces d’acariens, 50 à 100 espèces d’insectes, des dizaines d’espèces de nématodes. On estime encore qu’un quart des espèces décrites (hors microflore) se trouve dans la terre.

    Une foisonnante biodiversité peu étudiée

    La biodiversité des sols est encore très mal connue, les organismes y vivant étant petits et cachés ; l’étude des micro-organismes nécessite, d’autre part, des méthodes de biologie moléculaire développées depuis une vingtaine d’années seulement.

    Étudier le fonctionnement des sols reste compliqué : il faut à la fois prendre en compte leur fonctionnement physico-chimique (comme la circulation de l’eau ou la mise en solution de nutriments minéraux), leur biodiversité et les interactions écologiques qui en découlent (citons ces protozoaires qui mangent des bactéries et ces bactéries qui mangent de la matière organique morte). Sachant que ces interactions peuvent avoir lieu entre des organismes très différents : les vers de terre facilitent ainsi la croissance des plantes, des champignons sont en symbiose avec les plantes, des bactéries produisent des hormones végétales qui modifient la croissance des plantes, etc.

    L’écologie des sols, discipline en plein essor depuis une quinzaine d’années, étudie ces interactions et leurs conséquences. On s’est ainsi rendu compte que les mécanismes permettant aux plantes d’interagir avec les organismes du sol, et son fonctionnement physico-chimique, sont extrêmement complexes ; elles nécessitent encore de très nombreuses recherches.

    Le bon fonctionnement du sol dépend des interactions entre la matière minérale, la matière organique, les activités des organismes et toutes les interactions écologiques sous-jacentes. Ce fonctionnement dépend ainsi de la structure en agrégats de différentes tailles (d’une dizaine de mm au cm) du sol, qui laisse de l’espace libre permettant la circulation de l’eau et de l’air et facilitant ainsi la croissance des racines.

    Cette bonne structure est favorisée par la matière organique morte et par les activités des organismes du sol (les vers de terre, par exemple) qui créent ces agrégats par leur déjections ou aident à les consolider.

    Pourquoi les sols sont indispensables

    Le premier service rendu par les sols aux sociétés humaines concerne la production de nourriture : les sols dépendent de la présence des plantes qui leur apportent leur matière organique, mais les plantes ont évidemment besoin des sols. Ils leur servent de support et elles y ancrent leurs racines (sinon elles ne tiendraient pas debout !).

    Le sol sert également de réserve d’eau, ce qui permet aux plantes de pousser d’une manière continue (et pas seulement pendant quelques heures après chaque pluie). Les plantes fabriquent leur matière organique (feuilles, racines) en fixant le CO2 atmosphérique et en absorbant les nutriments minéraux (azote, phosphore…) du sol.

    Les plantes dépendent ainsi du recyclage de la matière organique : les organismes du sol consomment les feuilles, les racines, le bois mort et libèrent les nutriments minéraux qui y sont enfermés, les rendant de nouveau disponibles pour les plantes. Les sols permettent donc le recyclage et le stockage des nutriments minéraux. Ils sont par conséquent à l’origine de toute la production végétale terrestre continentale et de la vie des herbivores se nourrissant des plantes et des carnivores se nourrissant des herbivores.

    Les sols rendent encore beaucoup d’autres services : ils absorbent et stockent l’eau, facilitant la gestion d’eaux de pluie ; ils constituent un très grand stock de carbone par la matière organique morte qu’ils contiennent (plus que le carbone de la matière organique vivante et celui du CO2 atmosphérique réunis), ce qui peut contribuer à diminuer la teneur atmosphérique en CO2 et ainsi atténuer le changement climatique. C’est cet aspect qui a conduit à l’initiative du 4 pour 1000.

    L’une des grandes inconnues, cependant, reste de savoir si les systèmes sol-plante vont stocker plus (freinant le réchauffement) ou moins (accélérant le réchauffement) de carbone sous l’impact du réchauffement climatique.

    Des écosystèmes à protéger

    Indépendamment du fait que les sols imperméabilisés (recouverts de béton ou de goudron) ne rendent plus de service et abritent une biodiversité très limitée (car réduite à des microorganismes), le fonctionnement d’un sol est perturbé dès que l’on porte atteinte à sa biodiversité ou que l’on modifie ses propriétés physico-chimiques. Cette situation pose un problème crucial dans le domaine de l’agriculture.

    Les pesticides et le labour ont en effet tendance à impacter négativement les organismes du sol : une partie importante de la production végétale (récolte) est exportée, si bien que la quantité de matière organique contenue dans la terre et riche en nutriments minéraux a tendance à diminuer ; soulignons également que le labour accélère la décomposition de cette matière en mélangeant le sol de surface (plus riche en matière organique dans un écosystème naturel) et le sol de profondeur.

    De plus, dans les systèmes de culture annuelle labourée, il n’y a plus de litière de feuilles à la surface du sol, ce qui défavorise les organismes présents. Les engins agricoles peuvent d’autre part tasser les sols cultivés, rendant plus difficiles l’enracinement des plantes et l’infiltration de l’eau de pluie. Enfin, ces sols sont aussi fortement soumis à l’érosion du fait de la mauvaise couverture du sol par les plantes cultivées.

    On pense aujourd’hui que l’agriculture intensive tend à utiliser les sols de manière minière, en détériorant petit à petit leur fertilité. Une réalité qui a récemment conduit le ministre de l’environnement britannique à annoncer que les sols anglais ne pourraient plus soutenir la production agricole dans une quarantaine d’années.

    La biodiversité des sols étant mal connue, il reste difficile de savoir si des espèces d’organismes du sol s’éteignent à l’image de beaucoup d’espèces de vertébrés et d’invertébrés vivant au-dessus du sol. Cependant, il est clair que l’abondance des organismes du sol a diminué, au moins dans les écosystèmes anthropisés, et que cela doit avoir un impact énorme sur le fonctionnement des sols et leur capacité à fournir des services.

    L’avenir des sols et de leur biodiversité paraît pour l’heure bien sombre. Pourtant, de nombreuses solutions existent, tout particulièrement pour les sols agricoles. Cela passe notamment par changer le modèle de production agricole dans l’esprit de l’agroécologie, pour remplacer le plus possible les intrants par des mécanismes de régulation écologique, en jouant par exemple sur la diversité des plantes cultivées et la continuité du couvert végétal. Dans le temps et l’espace.

    Il serait aussi très important que l’Europe se dote d’une directive-cadre pour la protection des sols, comparable à celle portant sur l’eau. Il faut espérer que les initiatives collectives visant à porter ce type de message porteront leurs fruits si l’on veut nourrir une population humaine croissante.

    Source: theconversation.com - Auteur: Sébastien Barot, chercheur en écologie, vice-président du conseil scientifique de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB), Institut de recherche pour le développement (IRD)


    17/11/17 - Une espèce de mammifère sur trois est menacée en France

    Loup, lynx, cachalot, musaraigne, chauve-souris… Une nouvelle liste des animaux menacés de disparition en France vient d’être publiée par l’Union internationale pour la conservation de la nature et le Muséum national d’histoire naturelle. Cet inventaire détaille aussi les facteurs qui mettent en péril la vie de ces animaux sauvages.

    Mauvaise nouvelle pour la biodiversité, la mise à jour de la liste rouge des espèces menacées, publiée mercredi 15 novembre par le comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), démontre une baisse préoccupante des mammifères en France.

    Ainsi, 33 % des espèces terrestres et 32 % des espèces marines sont « menacées » – une catégorie qui regroupe trois niveaux, « en danger critique », « en danger » et « vulnérable » – ou « quasi menacées », ce qui veut dire proches du seuil critique. Dans la dernière étude datant de 2009, ces chiffres s’élevaient respectivement à 23 % et 25 %. « Ces chiffres sont d’autant plus préoccupants que les mammifères bénéficient de beaucoup d’effort de conservation, rajoute Florian Kirchner, chargé du programme « espèces » à l’UICN.

    L’ours, le loup et le lynx toujours en danger

    Le vison d’Europe (Mustela lutreola) est ainsi le mammifère le plus « en danger ». Sa population est estimée à moins de 250 animaux en France. La destruction des zones humides et l’introduction du vison d’Amérique pour sa fourrure sont les causes principales de cette disparition progressive. L’animal « nécessite d’urgence un renforcement des actions [de protection] pour éviter sa disparition », préviennent les deux organismes.

    Des espèces apparaissent comme des « victimes collatérales de l’intensification des pratiques agricoles », comme le lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus), le putois d’Europe (Mustela putorius), la musaraigne (Crocidura leucodon) et la chauve-souris (Pipistrellus pipistrellus). Ces espèces sont victimes de l’intensification de l’agriculture, l’utilisation de pesticides et la destruction du bocage et des haies entraînent la perte d’habitat et la baisse de leurs ressources alimentaires.

    Les grands carnivores comme l’ours, le loup et le lynx sont classés menacés « en raison de leurs effectifs réduits, même si la population des deux premiers est en augmentation », indiquent les auteurs de la liste rouge. Et malgré leur protection, ils restent la cible de braconnage.

    Lutter contre la dégradation des milieux naturels

    Les mammifères marins n’échappent pas à cette évolution négative. Ils sont « sous le coup de multiples pressions, incluant la pollution sonore due au trafic maritime et aux sonars militaires, les pollutions chimiques, les captures accidentelles liées à l’utilisation de filets maillants ou de chaluts pélagiques, la surpêche réduisant leurs ressources alimentaires ». Le cachalot (Physeter macrocephalus) est ainsi classé en « espèce vulnérable » et le phoque veau-marin (Phoca vitulina) « quasi menacé ». Le phoque est également dérangé par l’activité humaine.

    Cependant, associations de protection de la nature et pouvoirs publics travaillent à des programmes de conservation des espèces qui portent leurs fruits. La loutre d’Europe et le bouquetin des Alpes en sont de bons exemples. L’une et l’autre ont recolonisé plusieurs départements et régions de France.

    Pour inverser cette tendance, « il apparaît indispensable d’enrayer la dégradation des milieux naturels, de restaurer les zones humides et les bocages et d’agir pour le maintien de zones d’agriculture extensive », préconisent les organismes à l’origine de cet état des lieux de la vie sauvage.

    Source: www.la-croix.com/Sciences-et-ethique - Auteur: Frédérique Schneider


    05/12/17 - Les tigres de Sumatra poussés vers l'extinction par la déforestation

    La déforestation liée aux plantations d'huile de palme risque de provoquer la disparition du tigre de Sumatra, déjà en danger, ont mis en garde des chercheurs mardi.

    Le grand carnivore a disparu des îles indonésiennes voisines de Java et de Bali, et ses chances de survie à Sumatra dépendent du maintien de son habitat, selon une étude publiée dans la revue Nature Communications.

    Cet habitat s'est réduit de 17% entre 2000 et 2012 et sa population a chuté d'un nombre estimé de 742 adultes à 618 sur la même période, selon les chercheurs.

    Entre 1990 et 2010, Sumatra a vu disparaître 40% de sa forêt primaire. Et les tigres se retrouvent ainsi acculés dans des poches isolées de la forêt.

    "La dégradation de vaste étendues sauvages poussent les tigres un peu plus près de l'extinction", a commenté l'auteur principal de l'étude Matthew Luskin, étudiant en doctorat à l'université de Californie à San Diego.

    "Des sous-populations de tigres sont également considérablement plus fragmentées, augmentant de beaucoup la menace d'extinction en tant qu'espèce dans chaque forêt", a-t-il ajouté.

    Il reste seulement deux habitats suffisamment grands pour accueillir plus de 30 femelles en âge d'avoir des petits, un chiffre considéré par les experts comme le seuil à partir duquel une population est viable sur le long terme.

    Le braconnage, porté par la demande chinoise de divers morceaux de l'animal auxquels sont attribués des pouvoirs de stimulation de la vitalité et de la virilité, contribue également à son déclin.

    Luskin et deux de ses collègues ont passé un an à explorer des parties reculées des forêts de Sumatra, installant des centaines de caméras et d'appareils photos se déclenchant au passage d'un animal.

    Chaque tigre étant reconnaissable à ses rayures différentes d'un individu à l'autre, les chercheurs ont pu calculer, grâce aux données récoltées, que l'habitat d'un félin s'étendait sur environ 400 km2.

    "C'est beaucoup plus étendu que les habitats de tigres dans d'autres régions comme l'Inde, et cela indique qu'ils ont besoin de parcs plus grands pour survivre", ont-ils expliqué dans un communiqué, notant malgré tout quelques bonnes nouvelles.

    Les images ont ainsi montré que les populations de tigres dans les forêts primaires intactes avaient augmenté et étaient 50% plus élevées que dans des forêts exploitées pour le bois.

    "Sauvegarder les étendues restantes de forêt primaire est maintenant absolument critique", a insisté un des auteurs, Mathias Tobler, de l'organisation San Diego Zoo Global.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement avec l'AFP


    26/10/17 - « Les îles sont des épicentres du déclin de la biodiversité »

    Sur les îles, la lutte contre les espèces invasives, qui y sont les principales responsables des extinctions d’animaux, pourrait protéger la grande majorité des animaux terrestres.

    Les îles sont à la fois des havres de biodiversité, mais également des espaces des plus fragiles. Selon les résultats d’une étude publiée mercredi 25 octobre dans la revue Science advances, 41 % des espèces de vertébrés terrestres les plus menacés évoluent en milieu insulaire. Or, selon l’équipe de chercheurs internationaux, sur ces territoires isolés, une lutte efficace contre les espèces invasives, premier moteur des extinctions d’animaux, pourrait en protéger la grande majorité (95 %).

    Pour arriver à cette conclusion surprenante, les scientifiques ont passé en revue, pendant six ans, plus de 1 000 ensembles de données, de publications et de rapports contemporains, mais aussi historiques et ont fait intervenir près de 500 experts du monde entier. Ils en ont tiré une base de données inédite sur la biodiversité menacée des îles, ainsi qu’une carte interactive de la répartition géographique à la fois des vertébrés menacés mais également de ceux qui les mettent sous pression : les populations humaines et les espèces envahissantes, comme les rats ou les chats.

    « Epicentres du déclin de la biodiversité »

    Résultat : les chercheurs ont identifié 1 189 espèces de mammifères, d’oiseaux, de reptiles et d’amphibiens en danger et en danger critique d’extinction selon les critères de la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature, qui se reproduisent sur 1 288 îles, essentiellement en Océanie. Si ces animaux ne représentent que 5 % de tous les vertébrés terrestres, ils rassemblent en revanche 41 % de ceux considérés comme les plus menacés.

    Comment expliquer cette disproportion ? « Les îles s’avèrent des épicentres du déclin de la biodiversité », explique Dena Spatz, première auteure de l’étude, qui a réalisé ce travail lorsqu’elle était biologiste de la conservation à l’université de Californie à Santa Cruz, avant de rejoindre l’ONG Island Conservation. « En étant isolées, elles abritent des espèces uniques et adaptées à un écosystème particulier, avec des tailles de populations limitées, des taux de reproduction faibles et un manque de défense et de vigilance contre les prédateurs », poursuit-elle. Ces confettis de territoires, qui représentent à peine plus de 5 % des terres du monde, ont ainsi enregistré 61 % des extinctions connues depuis l’an 1 500.

    Par exemple, l’oiseau moqueur de Floreana aux Galapagos (Equateur) a disparu de son île éponyme au XIXe siècle, quelques décennies seulement après que la colonisation humaine eut introduit des rongeurs et des chats sauvages. Ce destin funeste fut aussi celui du dodo, gros oiseau au bec crochu, qui disparut de l’île Maurice au XVIe siècle après l’arrivée des humains et d’espèces invasives. Or, ces extinctions entraînent des conséquences pour l’ensemble des écosystèmes. A Hawaï, la disparition d’un petit oiseau, les drépanidinés, a perturbé la pollinisation de plantes endémiques, elles-mêmes maintenant proches de l’extinction.

    Parmi les 1 288 îles accueillant des vertébrés menacés, 1 030 abritent également des espèces invasives. La majorité sont des rats (présents dans 78 % des territoires insulaires), suivis par des chats et des chiens, qui sont des carnivores, ainsi que des ongulés (porcs, vaches et chèvres), qui peuvent affecter indirectement les vertébrés indigènes en piétinant, en creusant et en consommant leur nourriture et leur habitat.

    Plusieurs solutions avancées

    Les chercheurs avancent plusieurs solutions face à cet enjeu de conservation. Tout d’abord, « mettre en œuvre des mesures de sécurité pour empêcher les espèces invasives d’arriver et de devenir une menace », avance Dena Spatz. Il s’agit d’éviter d’en introduire volontairement, par de l’information et des contrôles, et involontairement, en inspectant les eaux de ballast des bateaux, les matériaux de construction, les engins de chantier, etc.

    Lorsque ces envahisseurs sont déjà présents, l’enjeu réside dans l’éradication ou le contrôle (par des confinements, des barrières). Une technique qui a bénéficié à plus de 200 espèces de vertébrés dans le monde. Sur l’île d’Anacapa, au large de Los Angeles, par exemple, l’élimination réussie de rats invasifs en 2002 a permis le retour de trois oiseaux indigènes, le Guillemot de Scripps, l’Océanite cendré et le Starique de Cassin.

    « Cette base de données doit nous permettre de déterminer sur quelles îles éviter, contrôler ou éradiquer prioritairement les espèces envahissantes de manière à apporter la plus grande contribution à la conservation de la biodiversité mondiale », explique Stuart Butchart, coauteur de l’étude et scientifique en chef de l’ONG de protection de la nature BirdLife International. Et Dena Spatz de conclure : « L’opportunité d’éviter des extinctions d’espèces est maintenant à portée de main. »

    Source : www.lemonde.fr - Auteur : Audrey Garric


    25/10/17 - La biodiversité du célèbre lac Baïkal est gravement menacée par la pollution

    Disparition d'espèces endémiques, prolifération des algues, pollution de l'eau: le lac Baïkal est en bien mauvais état.

    Situé au coeur de la Sibérie, le lac Baïkal est le plus ancien et le plus profond (1.700 m) lac du monde. Il contient à lui seul 20 % des eaux douces non gelées de la planète et "présente une valeur exceptionnelle pour la science de l'évolution", selon l'Unesco, qui l'a inclus en 1996 au patrimoine mondial de l'Humanité. Mais la biodiversité exceptionnelle de ce lieu - près de 3.600 espèces végétales et animales, en majorité endémiques - est en danger. Disparition des poissons, propagation des algues et pollution des eaux par des phosphates... Le lac Baïkal est confronté à l'une des plus graves crises écologiques de son histoire longue de 25 millions d'années.

    Pêche braconnière et changement climatique sur le banc des accusés

    Par exemple, l'omoul, un poisson typique du lac, est en voie de disparition tandis que plusieurs espèces d'éponges ont déjà disparu. Début octobre 2017, le gouvernement russe a même ordonné l'interdiction de la pêche commerciale de l'omoul a indiqué à l'AFP l'Agence russe de la pêche. "La masse biologique de l'omoul a été plus que divisée par deux au cours des 15 dernières années", passant de 25 millions de tonnes à seulement dix millions, selon l'agence. Parmi les causes avancées par Anatoli Mamontov, un biologiste local, la pêche braconnière et les changements climatiques sont en cause. "A cause de la sécheresse, la profondeur des rivières qui alimentent le lac diminue. La surface du Baïkal se réchauffe et l'omoul n'aime pas l'eau chaude", explique-t-il.

    Parallèlement, l'Unesco s'inquiète de la propagation catastrophique des algues Spirogyra, qui recouvrent les plages de sable du lac d'un épais tapis vert. "Je suis à 150 % convaincu que la raison, c'est la pollution par les eaux usées" des villes et villages situés sur les côtes du Baïkal, particulièrement par des détergents contenant des phosphates, estime Oleg Timochkine, biologiste de l'Institut limnologique à Irkoutsk (Sibérie). Selon lui, le système de purification des eaux usées est délabré et, dans certains petits villages, n'existe même pas. Le chercheur qui a étudié la propagation des algues a découvert 3 zones critiques, près des villes, où ces plantes aquatiques ont chassé les mollusques et les crustacés.

    Le financement des recherches sur le lac a diminué
    Une loi spéciale, adoptée en 1999, prévoyait une série de mesures pour protéger le lac. Le gouvernement avait aussi promis de verser près de 26 milliards de roubles (383 millions d'euros) pour le programme de purification des eaux usées lancé en 2012. Mais selon les experts locaux, une grande partie des sommes déjà dépensées a été gaspillée en vain. Par exemple, dans la ville de Babouchkine, sur les côtes du Baïkal, des sommes colossales ont été dépensées pour la mise en place d'une station de purification d'eau. Problème : les bactéries purificatrices semblent incapables d'agir dans les eaux glacées pendant l'hiver sibérien.

    Et si le président russe Vladimir Poutine a dénoncé en août 2017 "la pollution extrêmement forte" du Baïkal, le financement des recherches scientifiques a pour sa part diminué, au moment où elles sont pourtant extrêmement importantes pour sauver le lac, soulignent Oleg Timochkine et Anatoli Mamontov. "C'est comme si on limogeait les épidémiologistes pendant une épidémie de variole", s'insurge Oleg Timochkine.

    Source: www.sciencesetavenir.fr avec l'AFP


    24/10/17 - Crise de la biodiversité: pourquoi cela nous concerne tous

    Le changement global que connaît notre planète est trop souvent associé aux seuls changements climatiques. Or il concerne aussi la biodiversité, avec ce processus appelé « crise de la 6ᵉ extinction ».

    Ces crises de la biodiversité désignent une période au cours de laquelle une grande partie des espèces vivantes est frappée d’extinction, à l’image de celle du Crétacé-Tertiaire, il y a 65 millions d’années, qui vit disparaître les dinosaures.

    Ces dernières décennies, de nombreuses espèces ont donc disparu ou ont été terriblement affectées au point d’être menacées de disparition. C’est ce que l’analyse des populations de 25 000 espèces de vertébrés a récemment établi.

    Selon une autre étude, on apprend que l’Europe a perdu 421 millions individus d’oiseaux ces trente dernières années ; de nombreuses espèces communes, comme les alouettes ou les mésanges, sont en fort déclin. Et ces derniers jours, la revue scientifique Plos One a fait beaucoup parler en publiant les résultats de travaux quantifiant pour la première fois le dramatique déclin des insectes volants sur le Vieux Continent.

    Pour beaucoup, cette crise de la biodiversité demeure un évènement de moindre importance, dont les conséquences pour les humains resteraient purement éthiques ou patrimoniales. On trouve triste de voir décliner les populations d’éléphants, de baleines, d’oiseaux ou de grenouilles, mais ce n’est pas aussi grave que certains drames humains, comme les famines ou les exodes causés par le changement climatique. C’est ici une lourde erreur car perte de biodiversité et changement climatique sont intimement liés et ont ensemble des conséquences dramatiques pour l’humanité.

    Une crise bien caractérisée et sans précédent

    La 6e extinction de masse affecte pratiquement tous les milieux et toute la biodiversité. Elle s’explique par une multitude de facteurs, tous liés aux activités humaines : changement climatique, dévastation des milieux naturels due à l’agriculture industrielle, déforestation, exploitation minière, urbanisation effrénée, pollutions innombrables des pesticides aux plastiques, en passant par les apports azotés excessifs et la pollution lumineuse. Il apparaît bien difficile d’agir de manière efficace en se limitant à une seule de ces causes.

    Cette crise est d’autre part incroyablement rapide. Son appellation, en référence aux extinctions de masse passées, peut être trompeuse de ce point de vue : elle va en effet mille fois plus vite que les précédentes et nous affectera directement à l’échelle de notre vie d’adulte.

    Ce sont tous les seuils de stabilité des cycles terrestres qui sont aujourd’hui affectés ; une situation pouvant conduire à des changements de biodiversité très forts et très rapides.

    Des réseaux d’interactions essentiels

    La biodiversité ne se résume pas à des listes d’espèces peuplant des milieux spécifiques. Chaque espèce dépend de beaucoup d’autres du fait de leurs interactions, au travers de relations de consommation, de prédation, de parasitisme, de mutualisme, ou de commensalisme.

    Introduisez, comme ce fut le cas en Australie il y a quelques décennies, des bovins en oubliant d’introduire les insectes coléoptères bousiers coprophages associés et ce sont les prairies qui dépérissent d’être littéralement recouvertes de bouses.

    Laissez-vous envahir par un charançon exotique et 10 000 palmiers meurent sur la Côte d’Azur en moins de 10 ans. Supprimez un tiers des abeilles sauvages en France et la pollinisation de 80 % des plantes, y compris celles de nombre de nos cultures, sera gravement affectée.

    C’est une évidence absolue que la perte d’espèces en proportions considérables (selon les groupes d’organismes, de 10 à 40 % dans les 50 prochaines années) aura des effets écologiques très forts et des conséquences immédiates sur notre vie quotidienne.

    Les réseaux d’interactions entre espèces au sein des écosystèmes sont incroyablement complexes et leur modélisation reste un problème scientifique de longue haleine. Le nombre d’espèces intervenant au sein de ces réseaux naturels est considérable : la faune française compte par exemple pas moins de 90 000 espèces d’insectes dont les rôles écologiques sont souvent primordiaux.

    Toutes les espèces comptent

    Une autre idée reçue nuit à l’appréhension des effets de cette crise de la biodiversité : les écosystèmes ne sont pas uniquement régis par quelques espèces abondantes et communes dont il serait plus facile de préserver l’existence. Les espèces rares – et précisément plus fragiles du fait de leur rareté – assument souvent des rôles écologiques majeurs malgré leur faible importance numérique. Leur disparition ne passera ainsi pas inaperçue au plan fonctionnel.

    Un bilan publié en 2013 – prenant en compte différents types d’écosystèmes et plusieurs milliers d’espèces – a montré que des fonctions originales et importantes sont ainsi fréquemment tenues par des espèces rares.

    Il est souvent difficile de faire comprendre ce type de résultats peu compatibles avec notre vision dominante de l’ingénierie agronomique, dans laquelle l’homme pense pouvoir gérer durablement des systèmes simplifiés, notamment agricoles ou forestiers, avec un interventionnisme permanent.

    L’étude cite ainsi l’exemple d’une petite plante (saxifrage) des milieux alpins européens, assez rare et très discrète. Cette dernière permet aux pollinisateurs de se maintenir sur des affleurements rocheux inhospitaliers. En maintenant ces pollinisateurs naturels et leurs espèces associées, on évite une cascade d’interventions coûteuses, polluantes et peu pérennes.

    Une synthèse récente a examiné environ 2 000 études scientifiques à propos des relations entre biodiversité et sociétés humaines. Elle a permis de montrer que les pertes de biodiversité aboutissent toujours à des diminutions importantes de services écosystémiques, comme la décomposition, les cycles de la matière, l’assainissement des eaux, la régulation climatique ou la pollinisation.

    Perte de biodiversité et dégradation du climat

    On souligne souvent cet enchaînement fatal des causalités : émissions/perturbations humaines conduisant au changement climatique provoquant une perte de biodiversité, cette dernière causant elle-même des dommages aux sociétés humaines.

    Mais cela fait abstraction d’une boucle de rétroaction extrêmement importante et trop peu mentionnée : celles de la biodiversité sur le climat.

    Or, envisager la planète comme un système purement physique et minéral dans lequel la biodiversité est hébergée – n’assurant pas elle-même de rétroaction fonctionnelle ou régulatrice sur celui-ci – est une représentation complètement erronée de la réalité.

    La couverture végétale et le sol assument, par exemple, un rôle crucial de régulation climatique directe, outre le stockage et le recyclage du carbone. La déforestation entraîne ainsi la disparition locale définitive des nuages et des pluies. La composante biologique des océans (notamment le plancton) absorbe également une quantité de carbone considérable : on rappellera ainsi que plus d’un quart du CO2 émis par les activités humaines est absorbé par les océans.

    Les synthèses citées ici ont montré que les pertes de biodiversité conduisaient à de fortes baisses de performances dans les écosystèmes, jusqu’à hauteur de 10 à 15 % de leur productivité.

    Une couverture végétale terrestre ou des peuplements planctoniques marins, tous appauvris ou profondément déséquilibrés, n’assureront pas en effet leurs fonctions régulatrices avec la même efficacité. Sans compter que d’énormes surfaces de cette couverture végétale – comme les forêts tropicales – continuent à être rapidement dévastées.

    La crise de la 6e extinction n’est pas qu’une préoccupation pour les défenseurs des droits des animaux ; elle nous concerne tous. Au-delà des aspects éthiques évidents d’une telle catastrophe, les conséquences dans notre vie quotidienne seront importantes et sans aucun doute profondément négatives.

    Source: theconversation.com - Auteurs: Philippe Grandcolas, Directeur de recherche CNRS, systématicien, UMR ISYEB, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) - Sorbonne Universités et Roseli Pellens, Ingénieure de recherche en macroécologie, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) -Sorbonne Universités


    23/10/17 - Crise de la biodiversité: n’oublions pas les invertébrés !

    Il semble aujourd’hui établi que nous vivons la 6e extinction de masse de la biodiversité ; cette expression désigne une période au cours de laquelle on observe une baisse très importante des populations d’animaux, de plantes, etc.

    Causée par les activités humaines, elle est d’une ampleur sans précédent ; c’est qu’indiquent les données de nombreuses études globales (dont une étude récente sur les vertébrés) et locales ; il faut aussi prendre en compte les nouvelles données concernant l’amplitude de la biodiversité, que nous n’avons fait qu’effleurer ces 200 dernières années, depuis que le naturaliste suédois Linné a inventé la taxonomie, toujours utilisée aujourd’hui.

    Car c’est bien cette biodiversité foisonnante (on parle de « megadiversité ») encore largement inconnue qui est en train de disparaître sous nos yeux.

    La situation s’avère particulièrement critique dans les régions intertropicales qui concentrent aujourd’hui développement rapide – avec des croissances de PIB quelquefois supérieures à 5 % – et croissance démographique ; une évolution qui entraîne déforestations, pollutions, prélèvements de faune et flore ainsi que des dégradations des habitats naturels liés à une urbanisation sans précédent.

    Or ces régions sont de véritables « points chauds » de biodiversité, tout particulièrement les forêts humides qu’elles abritent. Ici, l’absence de conditions limitantes (la chaleur et l’humidité y sont optimales) permet un développement idéal des écosystèmes forestiers, aquatiques, littoraux et de toutes les interfaces entre les écosystèmes.

    Dans ce contexte, des organismes aussi insignifiants (en apparence !) que les mollusques, les mille-pattes, les araignées, les insectes et tant d’autres « invertébrés » disparaissent avant même d’avoir été inventoriés. Ils sont pourtant absolument essentiels à la biodiversité. Nous allons voir pourquoi.

    Incontournables insectes et arthropodes

    Les insectes, les arthropodes (crustacés, araignées, milles pattes, etc.) et tous les autres invertébrés (mollusques, vers, etc.) sont essentiels aux écosystèmes de notre planète ; ils constituent en effet la nourriture de la plupart des vertébrés sur lesquels se concentrent les efforts de recherche et de conservation.

    On pourrait expliquer cette préférence par un effet d’anthropocentrisme, les vertébrés (oiseaux, cétacés, primates, etc.) paraissant plus proches de l’homme, ou dans tous les cas plus emblématiques.

    Maillon crucial des chaînes alimentaires, insectes et arthropodes sont des ingénieurs écologiques aux fonctions essentielles – comme la pollinisation et la fertilisation des sols –, des microéboueurs de déchets organiques de toute nature, des auxiliaires indispensables (mais quelquefois ignorés) de nos agroécosystèmes, des micro-experts sentinelles de nos écosystèmes et de vilaines affaires criminelles (sciences forensiques), les futurs modèles de nos solutions bioinspirées les plus innovantes, des modèles en biologie générale et comparée qui nous échappent encore, des acteurs de nos patrimoines culturels… et peut-être le futur de l’alimentation humaine !

    Il est désormais possible d’évaluer l’importance des insectes et autres arthropodes en matière de potentiel d’évolution ; et ceci est important pour faire les bons choix de conservation. Aujourd’hui, toute une partie de la recherche se consacre ainsi à cette phylogénie de la conservation pour trouver les critères de plus en plus objectifs afin d’orienter les décideurs en réponse à cette 6e extinction de masse.

    Fossiles et paléo-écosystèmes

    Dans ce contexte de quantification de la biodiversité et de l’extinction – que ce soit en nombre d’unités taxonomiques ou par rapport au rythme de cette extinction –, il apparaît que les données concernant des insectes fossiles, désormais adossées à des bases de données relativement fournies, permettent d’avoir du recul face aux cinq extinctions de masse précédentes.

    Ces dernières se situent dans des temps profonds : de la crise Permien-Trias, il a plus de 250 millions d’années, à celle du Crétacé-Tertiaire, il y a 65 millions d’années.

    Les insectes ont en effet toujours montré des taux d’extinction des rangs taxonomiques supérieurs (familles, etc.) beaucoup moins importants que chez les vertébrés. Ceci peut être expliqué par la relative importance de la biodiversité des insectes, déjà avérée depuis la fin du Carbonifère, il y a plus de 300 millions d’années.

    Ce fut le cas lors de la crise de la fin du Crétacé, qui a vu l’extinction des dinosaures mais a « laissé passer » tous les groupes modernes d’insectes vivant à cette période. Ces organismes ont donc participé à la reconstitution des écosystèmes après ces crises majeures. Ils en ont peut-être même été des acteurs majeurs.

    Le rythme de l’extinction

    Ce phénomène nous invite à prendre en compte la valeur évolutive de la perte de biodiversité, c’est-à-dire la perte de possibilités adaptatives des écosystèmes et des lignées face aux changements qui s’opèrent sous nos yeux.

    En plus de l’importance écologique (effets « immédiats »), il faut considérer l’échelle évolutive (sur plusieurs dizaines de générations au minimum) qui entre en compte dans la persistance et l’évolution des systèmes écologiques.

    Ce maintien de la biodiversité maximale, outre la valeur de chaque espèce, représente une garantie pour l’avenir : qui sait, par exemple, si l’une ou plusieurs de ces espèces infimes ne cachent pas un trésor pour l’humanité (une molécule d’intérêt majeur, une particularité biologique transposable par bio-inspiration, un parasite fondamental pour lutter contre une bio-invasion…).

    Notre inquiétude concerne donc le rythme de ces extinctions qui semble, dans ce nouvel épisode, cette 6e extinction de masse, sans précédent. Les écosystèmes pourront-ils faire fonctionner leur capacité de résilience ou de compensation ? Ceux-ci existent-ils vraiment à cette échelle ? Nous dirigeons-nous vers un effondrement provoqué par cette rapidité ?

    Comment les écosystèmes et les territoires vont-ils s’adapter à ces changements profonds ? Devra-t-on un jour envisager de recréer certaines espèces (un pollinisateur d’une espèce végétale d’intérêt agronomique majeur, un parasite d’une espèce terriblement invasive ou impactante pour la santé, etc.) en ayant recours à la biologie de synthèse ?

    De ce côté-ci de la biodiversité

    On a commencé par entendre dire « Il n’y plus de saisons », puis ce fut « Où sont passés les oiseaux ? » et maintenant « Mais au fait, où sont les insectes ? ».

    C’est une sensation étrange de pouvoir ressentir à l’échelle d’une mémoire humaine ce type de phénomène. D’abord de manière empirique, puis de manière scientifique en utilisant des bases de données de différents pays européens, comme celles des collections des Muséums d’histoire naturelle, basées sur les spécimens ou des travaux de recherche tout récents.

    Ou encore, avec le recours des sciences citoyennes, à la fois moyen de pallier aux difficultés de financement de la recherche et formidable moyen de sensibilisation qui s’est imposé comme un outil incontournable au fil des années.

    Car les insectes et autres arthropodes ne périclitent pas que dans les zones intertropicales. Nos régions aussi sont concernées, comme le montre une toute récente étude parue dans la revue PloS One (moins 75 % d’insectes volants en Allemagne ces trente dernières années) ; une situation parfois masquée par les introductions et autres incursions d’espèces dites « invasives », certaines discrètes, d’autre moins comme le frelon asiatique… Ou encore le très désagréable moustique-tigre qui, comme pas mal d’autres, ne sert pas la cause invertébrée !

    Il faut encore convaincre pour bien faire comprendre le rôle essentiel de ces petits organismes – en apparence anodins, discrets ou invisibles – à ceux qui les ignorent, s’en désintéressent ou s’en méfient ainsi qu’à ceux en charge de prendre les décisions.

    Que vaut alors la cause de cette majorité silencieuse, qui disparaît tristement sous les tropiques ?

    On sent toutefois une prise en compte grandissante de cette situation, peut-être « grâce » au déclin des abeilles et à l’impact des études en écologie fonctionnelle… On voit ainsi fleurir des « hôtels à abeilles » dans les jardins, des « passerelles à faune » enjamber les autoroutes, une « trame verte et bleue » se dessiner ; et l’on connaît bien désormais le rôle des vers de terre (Annelides) dans les sols.

    Comme c’est le cas pour les récifs coralliens, la France à la responsabilité de millions d’hectares de forêts tropicales, méditerranéennes, tempérées, atlantiques et des espèces qui y vivent. Il est urgent de les protéger, de poursuivre les inventaires et la recherche sur le rôle de la biodiversité dans tous les écosystèmes, et d’aider à la protection des milieux tropicaux où cette biodiversité cachée disparaît chaque jour un peu.

    Source: theconversation.com - Auteur: Romain Garrouste, Chercheur à l’Institut de systématique, évolution, biodiversité (UMR 7205 MNHN-CNRS-UPMC-EPHE), Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) – Sorbonne Universités


    23/10/17 - Des scientifiques chinois cultivent des coraux en haute mer

    Dans une mer profonde et silencieuse, Huang Hui n'entend que les bulles sortir de sa bouteille d'oxygène et ne voit que quelques mètres autour d'elle. Elle se sent petite et isolée.

    Mme Huang cultive des coraux de la taille de sa paume sur le plancher océanique, espérant qu'ils deviendront un jour une forêt de coraux.

    Si son rêve se réalise, cette forêt sera riche en couleurs et peuplée de poissons.

    Cette biologiste spécialiste du corail à l'Institut d'océanologie de la mer de Chine méridionale relevant de l'Académie des sciences de Chine (ASC) étudie les coraux depuis plus de vingt ans. Elle construit actuellement avec son équipe une grande zone pilote et une zone de démonstration pour la culture des coraux en mer de Chine méridionale.

    Le corail est considéré comme la forêt tropicale ou le moteur de vie de la mer. Bien qu'il ne couvre que moins de deux millièmes de la superficie du plancher océanique, il est habitat d'environ 30% des espèces marines, faisant des récifs coralliens l'écosystème le plus divers sur la Terre.

    A l'échelle mondiale, le corail fait vivre 500 millions de personnes, générant des milliards de dollars de revenus dans les secteurs du tourisme et de la pêche. La mer de Chine méridionale représente 2,57% des ressources de coraux sur la planète, se classant à la huitième place mondiale.

    Le corail a besoin de conditions de vie particulières. L'eau ne doit être ni trop chaude ni trop froide, la température idéale se situant entre 23 et 27 degrés. La pression hydraulique ne doit pas être trop élevée, la salinité doit être modérée et stable, et l'environnement propre.

    Le corail a une relation symbiotique avec les zooxanthelles, qui vivent au sein des coraux et leur offre nutriments et couleurs. Si l'environnement est inadapté, les zooxanthelles partent, et les coraux blanchissent et meurent.

    La dégradation des récifs coralliens représente un signal d'alarme face au changement climatique. Plus d'un tiers des récifs coralliens au monde sont gravement dégradés.

    Les facteurs aggravant la situation comprennent une eau plus chaude, l'acidification de l'océan, la pollution de l'eau de mer, l'augmentation de la radiation aux ultraviolets, les effets destructeurs de la pêche et la construction en haute mer.

    Les scientifiques ont prévenu que les coraux risquaient de disparaître d'ici 50 ans, provoquant l'effondrement de l'ensemble de l'écosystème océanique.

    Huang Hui se souvient encore de sa première plongée. C'était en 2002 en mer de Chine méridionale. Elle a vu des tapis de coraux, parsemés de poissons, de langoustes, d'holothuries et d'oursins. "C'était stupéfiant et excitant", se rappelle-t-elle.

    Son équipe a mené une enquête sur tous les récifs de coraux en Chine. Elle a corrigé des archives et a ajouté des informations. L'équipe a découvert quelque 300 types de coraux dans le pays.

    Néanmoins, indique Mme Huang, "Ces dernières années, nous avons constaté le blanchissement et la mort de récifs coralliens à de nombreux endroits, ce qui m'attriste toujours".

    Les scientifiques se demandent actuellement si les coraux peuvent être plantés sur les fonds marins comme les arbres sur terre afin d'élargir de manière considérable leur superficie.

    Mme Huang et son équipe essaient de planter des coraux à petite échelle depuis 2009. Après de nombreux échecs, ils ont appris petit à petit comment planter divers coraux dans différents environnements sous-marins.

    Mme Huang compare la culture des coraux au reboisement sur terre. Premièrement, on fait pousser un semis en pépinière. Quand le semis devient un jeune arbre, on le replante où il est nécessaire. On cultive d'abord les espèces à croissance rapide, puis les plus résistantes.

    Les coraux peuvent se reproduire tant via la propagation sexuée qu'asexuée. Durant la saison de reproduction, les scientifiques doivent travailler plusieurs jours sous la mer afin d'acquérir des oeufs fécondés pour des études approfondies. Ils ont maîtrisé la technologie de fécondation artificielle de plus de dix espèces coralliennes.

    Les scientifiques chinois ont également mené des recherches sur la reproduction asexuée. Ils coupent des récifs coralliens en branches de la taille d'un doigt et, après une certaine période de culture, les replantent sur des bancs coralliens artificiels sous-marins.

    Ils installent des étagères sur les fonds marins et y suspendent des cordes avant d'attacher des morceaux de corail sur celles-ci afin de former des "arbres coralliens". Ils utilisent également des filets pour créer des lits flottants et plantent des coraux dessus.

    "C'est la pépinière. Les semis de corail sont trop jeunes. S'ils étaient plantés directement sur les fonds marins, ils seraient exposés aux perturbations des sédiments et des flux maritimes. Nous attendons donc que les coraux grandissent et les replantons ensuite dans les fonds marins", explique Mme Huang.

    "Nous visons à revitaliser l'ensemble de l'écosystème des récifs coralliens. Nous avons donc non seulement besoin de planter des coraux, mais aussi d'algues, de coquillages et d'autres organismes vivant en harmonie", indique Mme Huang.

    Cultiver des coraux sous la mer est plus difficile que planter des arbres sur terre. "Nous rencontrons d'importantes difficultés, notamment les dégâts causés par les activités humaines et les typhons. Les coraux nouvellement plantés sont fragiles, et les typhons constituent une grave menace", poursuit-elle.

    "Durant les opérations de nuit, il est possible de rencontrer des créatures venimeuses sous-marines, ce qui est plutôt dangereux. Si cela arrive, nous devons adopter des mesures d'urgence", selon le chercheur assistant Yang Jianhui.

    Planter des coraux sous la mer nécessite également une main-d'oeuvre et des fonds abondants, fait remarquer Mme Huang. "Après avoir réussi à planter des coraux, nous devons trouver des moyens de réduire les coûts".

    Aujourd'hui, l'équipe de Mme Huang a planté avec succès quelque 100.000 mètres carrés de récifs coralliens. En 2016, le taux de survie des coraux plantés était de 75%.

    Les récifs coralliens grandissent très lentement. Les espèces à croissance rapide gagnent environ 10 centimètres par an, tandis que d'autres ne grandissent que de moins d'un centimètre. Il faudra des dizaines voire des centaines d'années pour former une forêt corallienne de grande ampleur.

    "Tout en recherchant des moyens de revitaliser l'écosystème corallien, nous devons également renforcer la sensibilisation à la protection de l'environnement afin de limiter les facteurs de dégradation des coraux", ajoute Mme Huang.

    Source: Agence de presse Xinhua


    22/10/17 - À propos des grandes crises d’extinction

    Les données de la géologie et de la paléontologie nous renseignent sur l’existence d’une soixantaine de crises d’extinction des espèces depuis 600 millions d’années environ.

    Nous ne savons pas grand-chose sur ce qu’il s’est passé avant cette période, les espèces d’alors étant très peu fossilisables (en l’absence de squelettes externes et internes) et les traces éventuellement laissées ayant disparu. La géochimie nous apporte cependant de précieux renseignements, grâce au monde des bactéries et des protistes.

    Depuis cette époque, les fossiles retrouvés sont bien documentés et nous permettent une construction plus élaborée de « l’arbre du vivant ». La Terre est datée à 4,6 milliards d’années et l’apparition de la vie sur Terre à plus de 3,5 milliards d’années. Celle-ci est apparue au sein de l’océan ancestral, soit en milieu côtier chaud et peu profond, soit à plus grande profondeur autour des sources hydrothermales, selon diverses théories.

    Cinq crises majeures

    Parmi ces 60 crises, cinq ont été particulièrement bien mises en évidence de par leur ampleur ; et elles ont fait l’objet d’un travail de redéfinition dans un article publié par la revue scientifique Nature en 2011 : ces crises majeures concernent ainsi l’extinction d’au moins les trois quarts des espèces vivantes, marines et continentales, sur un temps « court ».

    Immédiatement, la question surgit : qu’est-ce qu’un temps « court » ? En géologie, il s’agit d’un temps de l’ordre du demi-million d’années. Par comparaison à la situation que nous connaissons aujourd’hui, les échelles de temps se bousculent !

    Entre le temps géopolitique de l’humanité et le temps de la Terre, les distances sont vertigineuses. Voilà pourquoi « l’ère anthropocène » ne peut entrer dans l’échelle géologique. C’est en 2000 que l’on a vu apparaître cette notion, proposée par le néerlandais Paul Crutzen (Nobel de chimie en 1995) : à savoir une « ère » durant laquelle le plus puissant facteur de changements serait l’espèce humaine. Crutzen la faisait démarrer à la révolution industrielle, au moment de l’invention de la machine à vapeur. Si l’idée peut paraître séduisante, il semble toutefois plus prudent de la garder comme image.

    Les crises d’extinction de la biodiversité ont toujours été multifactorielles et on a fait appel à diverses raisons, pouvant d’ailleurs bien souvent jouer en commun : impact de météorite géante, explosion « proche » de super nova, réchauffement brutal, effondrement des contenus de l’eau et de l’air en oxygène, volcanisme intense et gigantesques émissions de gaz à effets de serre, tremblements de terre et tsunamis violents, rencontres de continents, froid glacial prolongé, obscurcissement de la lumière solaire…

    La crise actuelle

    Il faut bien prendre en compte ces différentes caractéristiques des grandes crises d’extinction lorsque l’on parle de la « crise actuelle de la biodiversité ». Le rapport détaillé du WWF d’octobre 2016 donnait bien le ton : son indice « planète vivante » indique une « réduction » de 58 % globalement, pour l’ensemble des écosystèmes (marins et continentaux), sur une très courte période de… 42 ans !

    Cet indice est calculé sur l’effondrement du nombre des individus des populations de vertébrés (plus de 14 000 populations suivies pour 3 700 espèces). Certains écosystèmes sont particulièrement touchés, à l’image des milieux dulçaquicoles (-81 % !) ou les grandes plaines d’Argentine.

    Il faut souligner que nous parlons de diminutions du nombre des individus, pas d’extinctions. Elles pourraient, bien sûr, survenir à terme, mais cela prend un certain temps. À l’échelle d’une vie humaine, les extinctions sont rares et liées à des espèces endémiques très peu distribuées, sur des îles par exemple.

    Les causes de ce phénomène d’érosion rapide de la biodiversité sont bien identifiées : destruction massive des écosystèmes, pollution généralisée – même à des endroits où l’humain n’est pas, à l’image des pôles) –, dissémination anarchique des espèces (la « roulette écologique »), surexploitation des espèces (pêche et forêts) et, enfin, ce changement climatique actuel beaucoup trop rapide qui n’arrange pas les choses.

    La perte, les dégradations et les morcellements des habitats représentent la raison essentielle. Bien entendu, ces pertes de biodiversité sont très préoccupantes pour les services rendus par les écosystèmes et de nombreux travaux récents insistent sur la structuration des écosystèmes pour mieux résister aux différentes agressions actuelles, déclenchées par les activités humaines.

    C’est bien le cercle vicieux dans lequel nous sommes engagés : les écosystèmes sont tous dégradés et donc moins capables de résister. À cause de la pression humaine, en accélération constante, le capital naturel diminue plus vite qu’il ne peut se régénérer. Les activités humaines et l’exploitation des ressources se sont tellement développées – en lien notamment avec la pression démographie – que les conditions écologiques ayant favorisé notre développement et notre croissance commencent aujourd’hui à se dégrader.

    Les travaux du groupe de chercheurs conduits par le climatologue suédois Johan Rockström ont défini des limites planétaires à nos impacts et nous annoncent que sur neuf altérations d’origine humaine qui touchent le système Terre, quatre ont déjà dépassé des seuils « supportables » ; ces derniers concernent les intrants azotés et phosphorés dans la biosphère, le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité.

    Et dans un article publié en mai 2017, qui a fait couler beaucoup d’encre, nos collègues mexicains et américains rebondissent avec une longue étude très documentée sur l’accélération de la dégradation de la biodiversité. Ils parlent même d’« anéantissement biologique », de « défaunation » aux conséquences catastrophiques, en s’appuyant sur les données de l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) relatives à 27 600 espèces de vertébrés terrestres : 32 % d’entre elles ont décliné en population et répartition.

    Ils se sont tout particulièrement intéressés à 177 espèces de mammifères terrestres, démontrant que 30 % d’entre elles ont perdu 30 % au moins de leur territoire ; plus de 40 % ont perdu au moins 80 % de leur répartition géographique depuis 1900 ! Ils en concluent que la sixième crise d’extinction est en cours et que la réalité dépasse encore les prévisions les plus pessimistes.

    Il faut également faire mention d’une toute récente étude, parue le 18 octobre 2017 dans la revue PLoS One, à propos du déclin des insectes volants ces trente dernières années en Europe.

    Réduire notre impact

    Comment peut-on comparer la situation actuelle aux crises du passé ? La vraie question pouvant être formulée ainsi : combien de temps faut-il pour revenir à un état plus ou moins proche de l’initial, celui d’avant la crise ?

    Les facteurs déclenchants des crises antérieures ont été analysés ; ils ne sont pas en cause dans ce qui se passe aujourd’hui. Ce sont bien les activités humaines qui sont responsables de la situation présente. Après des centaines de millions d’années durant lesquelles les grands facteurs de l’environnement – la température, l’oxygène disponible, la salinité de l’océan, la composition de l’air… – ont été les moteurs de l’évolution du vivant et de ses capacités adaptatives, c’est bien l’humain et ses bouillonnantes activités qui sont devenus la force essentielle !

    En estimant les vitesses d’évolution, en tentant de prédire les trajectoires possibles et en planifiant les mécanismes, nous pourrions sans doute fortement réduire notre impact sur les espèces et les écosystèmes et ainsi sérieusement améliorer les coûts économiques et sociaux de nos activités sur la nature.

    Aussi, doit-on changer : on parle beaucoup de « résilience », c’est-à-dire la capacité pour un écosystème agressé de retrouver une situation de « maintien de ses qualités » plus ou moins proche du stade d’avant l’agression. Mais n’oublions pas que pour qu’un écosystème puisse être résilient, encore faut-il qu’il n’ait pas disparu !

    Il doit tout d’abord résister à l’agression puis, avant de risquer de totalement disparaître, pourra-t-il peut-être entrer en résilience, ce qui prend un certain temps. Notons aussi que la situation de « basculement des écosystèmes » (qui désigne le basculement vers un état totalement différent de manière irréversible), fréquente au-delà d’un certain seuil de perturbation, demeure difficile à prévoir.

    L’état de structuration de nos écosystèmes actuels, marins et continentaux, est-il suffisamment organisé pour résister ? Jusqu’où pouvons-nous accepter les dégradations des espèces et des écosystèmes ? De plus, on démontre maintenant qu’une biodiversité abondante et fonctionnelle est génératrice de plus de biodiversité. Ceci est très important à prendre en compte.

    Il est grand temps de réagir et de considérer comme aussi importante que le changement climatique accéléré la perte de la biodiversité. Nous ne consommons que du biologique et ne coopérons qu’avec du biologique ! Aussi doit-on admettre une fois pour toutes notre indissociable relation à la vie sur la planète et à la biodiversité : chaque fois que nous l’agressons, nous nous auto-agressons (et notre économie trinque).

    Pour une espèce qui a choisi de s’appeler sapiens, cela paraît bien stupide ! Méritons durant ce siècle ce terme dont nous nous sommes affublés, nous qui n’avons toujours pas dépassé le stade de l’Homo faber.

    Source: theconversation.com - Auteur: Gilles Bœuf, Biologiste, océanographe, professeur, Université Pierre et Marie Curie (UPMC) - Sorbonne Universités


    19/10/17 - La disparition d'insectes en Europe "est un grave signal d'alarme"

    Plus de 75% des insectes volants auraient disparu d'Europe en 30 ans. Vincent Bretagnolle, directeur de recherche au CNRS nous explique pourquoi c'est inquiétant.

    Depuis une trentaine d'années, les populations d'insectes en Allemagne diminuent. Plus exactement, la biomasse -c'est à dire la masse totale-, des insectes volants a diminué de plus de 75% depuis 1989. Ces résultats, publiés mercredi dans la revue Plos One, sont d'autant plus inquiétant qu'ils sont probablement représentatifs de ce qu'il se passe dans une grande partie de l'Europe, soulignent les auteurs de l'étude.

    S'il n'a pas participé à cette étude, Vincent Bretagnolle, directeur de recherche au CNRS spécialiste des espèces "à statut de conservation défavorable et menacées d'extinctions", explique à L'Express pourquoi les insectes sont si importants et quelles solutions peuvent être envisagées.

    C'est impensable. La pollinisation de 80% des plantes est assurée par les insectes volants, comme les abeilles, les papillons, les syrphes, etc. S'ils disparaissaient, les plantes qui dépendent totalement des insectes pour assurer leur pollinisation, comme les arbres fruitiers, disparaîtraient.

    Et puis les insectes volants sont un élément essentiel de la chaîne alimentaire. La plupart des oiseaux se nourrissent d'insectes volants. Sans eux, de nombreux oiseaux pourraient eux aussi disparaître: les hirondelles, les perdrix... Les insectes sont indispensables.

    L'homme serait-il impacté par cette disparition?

    Aujourd'hui, on est incapables d'imaginer des sociétés humaines pouvant vivre et se développer sans écosystème. Je ne dis pas que ce ne sera pas le cas dans 500 ans, mais aujourd'hui, l'essentiel de nos ressources vient des écosystèmes. Cette étude est un véritable signal d'alarme pour l'homme, même si, rappelons-le, elle ne parle pas de disparition des insectes, mais d'une forte diminution de leur biomasse."

    Pourquoi a-t-on du mal à identifier la cause de cette hécatombe? Pourquoi les pesticides sont-ils simplement "suspectés"?

    Il y a deux raisons à ça. La première est spécifique aux insectes. Imaginez que l'on parle quand même de dizaines de milliers d'espèces, rien que dans les zones agricoles -en forêt, c'est encore plus. Or toutes ces espèces ont des dynamiques très différentes, et également très variables. Une seule espèce peut connaître de grandes variations de population d'une année sur l'autre, alors pour des milliers d'espèces, cela devient vraiment très compliqué. C'est la raison pour laquelle cette étude a été menée sur 30 ans.

    La deuxième est spécifique à science en général. Quand on obtient des corrélations ce n'est pas suffisant pour déterminer une causalité [deux phénomènes se produisant en même temps ne sont pas forcément liés, l'un n'est pas forcément la cause de l'autre]. En science, il faut des preuves expérimentales, qui sont très compliquées à obtenir.

    Reste que les pesticides sont tout de même suspectés, tout simplement parce que leur effet est de tuer les insectes. On pense surtout aux néonicotinoïdes [soupçonnés de tuer un grand nombre d'insectes, sans distinction]. On pense beaucoup moins aux herbicides, mais on devrait -surtout avec l'actualité sur le glyphosate en ce moment-, parce qu'ils éliminent aussi des sources de nourriture des insectes.

    Et puis il n'y a pas que les pesticides, il y a aussi l'intensification de l'agriculture qui est pointée du doigt, et avec elle la diminution des éléments semi-naturels, comme les prairies, les haies, les cours d'eau, qui sont les lieux de reproductions des insectes.

    Quelles solutions peuvent être envisagées?

    Les trois mécanismes évoqués [pesticides, herbicides et réduction des espaces semi-naturels], peuvent expliquer la grande diminution de la biomasse des insectes. La solution est donc d'être plus raisonnables sur l'utilisation des pesticides -et des herbicides-, mais aussi de mieux protéger les haies, les prairies, les bosquets, et les espaces où se reproduisent les animaux.

    Source: www.lexpress.fr - Auteur: Victor Garcia


    14/10/17 - Au milieu de milliers de bébés manchots morts de faim, deux petits survivants

    Des scientifiques français du CNRS ont fait une macabre découverte cette année: sur des milliers de bébés issus d'une colonie de 18.000 couples de manchots vivant sur l'île de Petrels en terre Adélie, seuls deux poussins ont survécu.

    Les quantités excessives de glace entourant la colonie de manchots ont forcé les parents à voyager beaucoup plus loin que d'habitude pour trouver de la nourriture. Quand ils sont revenus sur leur banquise, les bébés manchots étaient tous morts de faim, sauf deux. C'est la deuxième fois en quatre ans à peine qu'un désastre pareil touche cette colonie.

    La dernière hécatombe, en 2013, était due à un épisode de pluie inédit et une baisse rapide des températures. La pluie avait empêché les parents d'avancer à un rythme soutenu pour aller chercher à manger pour les bébés et eux, trempés, étaient morts de froid.

    Les manchots d'Adélie survivent grâce à un régime fait de krills, des petites crevettes vivant dans les eaux froides. WWF espère que la pêche aux krills restera interdite afin de permettre aux espèces de l'Antarctique de survivre.

    Source: www.7sur7.be - Rédaction Déborah Laurent


    12/10/17 - Climat: le poisson-clown menacé par le blanchiment de son anémone

    Quand l'anémone qui le protège blanchit sous l'effet du réchauffement de la mer, le poisson-clown stresse et a moins de petits, selon une étude qui s'inquiète de l'impact du changement climatique sur la reproduction d'autres espèces des récifs coralliens.

    "Cette étude de 14 mois montre une forte corrélation entre le blanchiment de l'anémone, la réponse au stress du poisson-clown et les hormones reproductives qui ont conduit à une baisse de la fécondité de 73%", résume l'étude publiée dans la revue Nature Communications.

    Le héros du célèbre dessin animé "Nemo" vit en symbiose avec son anémone, il se cache dans ses tentacules pour se protéger de ses prédateurs et pond au moins une fois par mois à son pied.

    D'octobre 2015 à décembre 2016, des chercheurs ont étudié en mer des couples de poissons-clowns dans les récifs coralliens de l'île de Moorea, en Polynésie française.

    Pendant cette période, sous l'effet d'El Niño, cette région du Pacifique a connu sur plusieurs mois une augmentation de la température de la mer, causant le blanchiment temporaire d'une partie des anémones, un phénomène similaire à celui plus connu qui affecte les coraux.

    En comparant notamment 13 couples vivant sur une anémone ayant blanchi pendant plusieurs mois et d'autres vivant sur une anémone n'ayant pas été touchée, les chercheurs ont mis en lumière l'impact "en cascade" du réchauffement.
    "Des prélèvements de sang sur les couples de poissons-clowns ont permis de constater une forte hausse des taux de cortisol, l'hormone du stress, et une baisse importante des concentrations en hormones sexuelles", provoquant ainsi une diminution de la fécondité, a expliqué dans un communiqué le CNRS, associé à l'étude.

    "Ces liens, déjà établis dans des expériences de laboratoire, sont confirmés pour la première fois dans des conditions naturelles chez des poissons", a-t-il ajouté.

    Et avec le réchauffement climatique qui contribue au blanchiment des coraux et des anémones dans le monde entier, "Nemo" risque de ne pas être la seule victime.

    "Nous estimons que d'autres espèces associées aux anémones de mer et aux coraux pourraient répondre de façon similaire aux épisodes de blanchiment, ce qui se traduirait par des pertes importantes d'efficacité de la reproduction", selon l'étude.

    "12% des espèces de poissons côtiers en Polynésie française dépendent des anémones ou des coraux pour se nourrir ou se protéger des prédateurs", précise le CNRS.

    "En cas de blanchiment prolongé, comme celui de la Grande barrière de corail australienne en 2016 et 2017, c'est le renouvellement de toutes ces populations qui pourrait être affecté, et avec lui la stabilité des écosystèmes", s'inquiète-t-il.

    Source: Tahiti Nui Télévision avec l'AFP


    10/10/17 - L’extinction de la biodiversité menace notre alimentation, d’après les scientifiques

    La biodiversité disparaît, c’est un fait. Mais est-ce vraiment grave ? Si l’on en croit les études récentes: oui. Cela pourrait même menacer notre sécurité alimentaire.

    On le sait, la perte de la biodiversité est particulièrement inquiétante. Disparition des espèces, fragilisation des écosystèmes, multiplication des maladies sont autant de problèmes liés à la diminution de la biodiversité. Mais on a parfois du mal à identifier comment la perte de la biodiversité nous affecte concrètement. Pourtant, tout cela a bien un effet direct sur notre vie, notamment sur notre alimentation. En effet, la perte de la biodiversité menacerait notre système alimentaire. Explications.

    Biodiversité: nos aliments menacés

    circuits-alimentaire-alternatifsQuel est le lien entre la biodiversité et notre alimentation ? Difficile à imaginer au premier abord. Certes, on comprend bien que si la population d’abeille diminue par exemple, on aura moins de miel. Ou que si la population d’insectes diminue, la pollinisation sera moins efficace. Mais en réalité, les choses sont beaucoup plus graves selon plusieurs études publiées récemment.

    L’organisation Biodiversity International qui étudie l’impact de la disparition de la biodiversité vient par exemple de publier un rapport inquiétant à ce sujet. En effet, les scientifiques à l’origine du rapport ont montré que près de 75% de nos apports alimentaires proviennent de 12 espèces végétales et de 5 espèces animales principales. C’est très peu. 90% des espèces cultivées auraient disparu depuis un siècle, soit détruites par les pollutions, les maladies ou le réchauffement climatique, soit abandonnées au profit d’une agriculture standardisée. Le problème c’est que nous sommes donc très dépendants de ces espèces pour vivre. En résumé : s’il arrive quelque chose à ces espèces, c’est l’ensemble de notre chaîne d’approvisionnement en nourriture qui est potentiellement en danger.

    Or face à la disparition de la biodiversité, beaucoup d’espèces végétales et animales comestibles sont déjà menacées. L’étude montre que plus de 1000 espèces cultivées dans le monde sont désormais considérées comme menacées, notamment à cause du réchauffement climatique, de la pollution et de la destruction de leur écosystème, mais aussi de nos choix agricoles (la monoculture intensive notamment).

    Il semble donc nécessaire de protéger la diversité de nos cultures, mais aussi la diversité du biotope dont dépendent nos cultures. Si la tendance à la disparition de la biodiversité se poursuit, il se pourrait bien que cette menace finisse par affecter directement les espèces dont nous dépendons. On en voit déjà certains signes : certaines cultures comme le mais s’adaptent de moins en moins bien aux conditions climatiques et à la diminution des capacités organiques des sols. Ainsi, le rendement des principales céréales a d’ores et déjà commencé à diminuer un peu partout dans le monde et en particulier en Europe de l’Ouest, signe que ces espèces sont en souffrance. Si le réchauffement climatique se poursuit et que la biodiversité continue à être menacée, il pourrait rapidement y avoir des pénuries, et des zones entières où ces céréales essentielles pourraient ne plus du tout pousser. Une étude publiée l’année dernière prédisait ainsi une diminution de 40% des rendements des principales céréales à cause du réchauffement climatique et notamment de la crise de biodiversité qu’il engendre.

    Pourtant, il existe des variétés de céréales résistantes à la chaleur, capables de produire dans des environnements secs, comme l’ont montré les recherches menées en 2017 sur les variétés éthiopiennes de durum. Seulement, il faut les préserver.

    Nos cultures plus fragiles et moins nutritives dans un monde sans biodiversité

    Mais surtout, la biodiversité agit comme un agent protecteur pour les écosystèmes. Plus un écosystème est divers, plus il est riche en biodiversité, plus il est résistant et résilient. Et inversement : moins un écosystème est divers, plus il est fragile. Certaines espèces peuvent ainsi agir comme des barrières protectrices contre les maladies, d’autres peuvent servir de protection contre le pestes et les parasites. Si ces espèces barrière disparaissent, cela laisse la voie libre aux contaminations ou aux destructions.

    Quand la biodiversité diminue, nos cultures sont donc plus exposées à ces risques. Par exemple, il existe dans la vigne un parasite nommé le ver de grappes. S’il n’est pas contrôlé ce parasite peut rapidement détruire toute une récolte de raisins. Mais heureusement, certaines espèces de chauve-souris sont un prédateur naturel du ver de grappes. Protéger ces espèces (et notamment les pipistrelles) est un moyen efficace de protéger les vignes contre ce ver.

    D’où l’importance de protéger toute la chaîne de biodiversité, avant qu’un de ses maillons les plus importants ne finisse par disparaître et emporter avec lui nos cultures les plus essentielles.

    Enfin, la biodiversité a un impact fondamental sur la qualité des sols. L’essentiel de la biodiversité mondiale est composée d’insectes, dont la majorité vivent dans les sols. Or les activités humaines (pollution, réchauffement climatique, pratiques agricoles) ont d’ores et déjà un impact fort sur la vie de cette biodiversité du sol. Sans elle, les qualités organiques du sol, sa richesse en minéraux et en nutriments, diminue. Et cela se ressent dans les fruits, les légumes, les céréales et l’ensemble des cultures végétales qui sont moins riches en nutriments. Moins de biodiversité, c’est donc des aliments moins nutritifs, plus pauvres.

    Plus exposés, plus fragiles, moins nutritifs : voilà ce que risquent nos aliments dans un contexte de disparition de la biodiversité. Une raison de plus, s’il en fallait, de prendre en compte de façon urgente la disparition des espèces vivantes. Comment ? Par une refonte globale de nos systèmes de production agricole vers une agriculture plus durable, plus locale, à taille humaine. Par une réduction de notre empreinte écologique, de nos pollutions diverses et de notre utilisation des pesticides. Bref, par une transition écologique globale.

    Source: e-rse.net - Rédacteur en chef: Clément Fournier


    19/09/17 - Les poissons âgés disparaissent

    A cause de la surpêche, les poissons vivent moins vieux, ce qui peut nuire aux capacités de reproduction de toute une espèce.

    Comme les vieux arbres dans les forêts, les poissons âgés jouent un rôle important dans les écosytèmes marins. En effet, plus ils vivent longtemps et plus il y a de chances qu'ils se reproduisent efficacement et participent au maintien des populations de leurs espèces d'appartenance. Mais ces derniers semblent quasiment absents des recensements, comme le révèle une étude publiée dans la revue Current Biology. Réalisée par une équipe de l'Université de Washington, elle indique que pour 79 à 97% des populations de poissons dans le monde, la proportion de poissons âgés est en brusque déclin, principalement en raison de la surpêche. Selon les espèces examinées, la pression liée aux prélèvements commerciaux entraine la disparition de jusqu'à 90% des vieux poissons !

    Une police d'assurance

    Outre la pêche, d'autres facteurs environnementaux, comme la pollution et les maladies associées, contribuent aussi à réduire l'espérance de vie des poissons. Le phénomène est mondial puisque l'étude se base sur l'analyse de 63 espèces réparties sur cinq zones océaniques différentes. La proportion des pertes varie d'une zone à l'autre mais la tendance est la même dans tous les océans. Ce qui menace directement la survie des espèces concernées car "dans le monde marin, le taux de production d'œufs est extrêmement variable", explique dans un communiqué de l'université

    Trevor Branch, spécialiste des sciences aquatiques et halieutiques. Face à ce phénomène, les vieux poissons sont comme "une police d'assurance. Ils permettent de combler les déficits en produisant régulièrement des œufs", ajoute-t-il. En plus d'avoir davantage de chances de se reproduire, les poissons âgés se comportent différemment des juvéniles. Au fil des ans, certains poissons modifient leur alimentation et leur habitat. Ils changent également de comportement et certains deviennent des prédateurs bien plus affutés après avoir vécu quelques années. Pour faire face à cette raréfaction, les auteurs appellent les autorités chargées de la gestion halieutique à prendre de nouvelles mesures de régulation, en empêchant par exemple la prise des spécimens les plus gros, qui sont souvent les plus vieux. Ou encore en pratiquant la "mise en jachère" de territoires de pêche afin de laisser le temps aux poissons d'y grandir.

    Source: www.sciencesetavenir.fr - Auteur: Joël Ignasse


    25/09/17 - Climat: l'Académie des sciences s'alarme du sort de la biodiversité

    Grands mammifères, forêts ou micro-organismes... le changement du climat annonce des temps incertains pour les animaux et les végétaux, souligne l'Académie des sciences française dans un rapport publié lundi, qui rappelle que cette biodiversité est nécessaire à l'Homme.

    "Le réchauffement climatique observé au 20e siècle affecte déjà tous les niveaux d'organisation écologiques", constate l'institution, appelant à plus de recherches pour mieux cerner ces facultés d'adaptation.

    "L'Histoire de la Terre a déjà vu des transformations rapides, les organismes ont déjà répondu à des changements climatiques, par des migrations d'arbres par exemple", souligne l'écologue Sandra Lavorel, co-responsable de cette synthèse. "Mais la différence aujourd'hui c'est la présence de l'Homme, qui complique tout".

    Parmi les 85.600 espèces animales et végétales (une fraction seulement du total) recensées par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), environ 24.300 sont considérées comme menacées d'extinction.

    Les causes premières sont connues: agriculture intensive, déforestation, urbanisation, surexploitation des ressources, espèces invasives. "Auxquelles s'ajoute le climat", enchaîne l'écophysiologiste Yvon Le Maho, autre coordinateur du rapport.

    Exemple favori de cet expert en adaptabilité animale: le "scénario catastrophe" vécu par le hamster d'Alsace. D'abord victime de la monoculture de maïs, pauvre en vitamine B3, puis d'un climat sans neige exposant son terrier aux pluies accrues, il a fini par cannibaliser ses petits.

    Autre cas, les mésanges, dont la reproduction est menacée par des printemps précoces privant les petits de chenilles - déjà muées en papillons.

    Premières cibles d'un climat déréglé, la mégafaune, à démographie lente, et les écosystèmes sensibles (zones humides, milieu marin...).

    Des espèces, "aptes à la dispersion", pourront suivre les déplacements du climat, comme le montre déjà la montée vers le nord de la chenille processionnaire du pin. Mais les arbres auront plus de mal, "avec des risques marqués de déséquilibre végétation-climat pour des décennies ou des siècles".

    Que se passera-t-il avec les espèces qui ne pourront bouger, notamment pour cause de fragmentation des milieux? Quid de la désynchronisation entre les plantes et leurs pollinisateurs?

    "Nous ne sommes qu'au début" du changement climatique, note Sandra Lavorel. "Températures, sécheresses, évolution des durées jour/nuit... Que produira leur combinaison? Nous avons des inquiétudes sur les capacités de réponse" du vivant, ajoute cette spécialiste des écosystèmes de montagne.

    "Conscience molle"

    Ce rapport a fait l'objet de deux ans de travail, au sein d'une Académie des sciences longtemps agitée par les positions climato-sceptiques de certains membres, notablement Claude Allègre. Proche de l'ex-ministre aujourd'hui silencieux, le géophysicien Vincent Courtillot, qui émet publiquement des doutes sur la responsabilité humaine dans le réchauffement, a fait partie de la commission de relecture.

    "Au début c'était un peu dur. Avec un collègue comme lui, qui ne laissait rien passer, les discussions ont été serrées", témoigne Yvon Le Maho. "Mais au fond, ça nous a obligés à être encore plus rigoureux".

    In fine, le rapport prône le développement d'"observatoires de la biodiversité", en lien avec la recherche fondamentale et la modélisation de scénarios: biologie et sciences de la vie manquent de données d'observations, passées de mode mais redevenues indispensables avec l'inconnue climat.

    Il préconise un rapprochement avec la santé publique, devant le risque d'essor de pathologies liées au réchauffement.

    Le rapport appelle aussi à renforcer l'éducation pour préparer la société aux bouleversements de la biodiversité.

    Les gens "ont une "conscience molle" de la biodiversité", souligne Mme Lavorel : "ils n'en connaissent pas vraiment les impacts sur leur vie".

    Or l'Homme dépend d'écosystèmes qui lui fournissent eau et nourriture, stabilisent les sols etc. Yvon Le Maho cite le cas de l'énorme tortue luth, qui se nourrit de méduses et préserve ainsi les poissons sud-africains.

    Parmi les autres recommandations: revoir les politiques agroforestières, et envisager une "migration assistée" par plantation d'essences adaptées pour limiter le risque de dépérissement. Et puis limiter les autres facteurs de dégradation, par exemple via des quotas de pêche ou des aires marines protégées.

    Le rapport, mis en ligne lundi, doit être adressé au gouvernement.

    Source: www.lexpress.fr avec l'AFP


    22/08/17 - Allemagne: le premier bison sauvage observé depuis 250 ans abattu par les autorités

    Un bison sauvage a été repéré en Allemagne, non loin de la frontière polonaise. Les autorités ont décidé d'abattre la bête le 13 septembre. La décision choque les associations de défense des animaux.

    Un bison se promenant dans les forêts de l'est de l'Allemagne peut être dangereux pour la population. C'est ce qu'ont décidé les autorités de la ville de Lebus, près de la frontière avec la Pologne, quand une personne a signalé la présence de la bête sauvage près du fleuve de l'Oder (à moins de 100 km de Berlin). Un chasseur a pu abattre l'animal en toute légalité mais cette décision provoque le débat en Allemagne.

    "Il n'est pas réputé pour être dangereux"

    Le bison européen, herbivore, est placé sur la liste rouge des espèces vulnérables par l'Union internationale pour la conservation de la nature. Il a pratiquement disparu depuis les années 1920, sauf en Pologne dans la forêt de Bialowieza.

    "Le bison n'est pas réputé pour être dangereux", estime le ministre de l'Environnement de la région de Brandebourg, Jörg Vogelsänger cité par Der Tagesspiegel. S'il c'était le cas, "la moitié de la Pologne, où l'animal est un symbole national, devrait être déclarée zone dangereuse".

    250 ans

    C'était la première fois depuis 250 ans qu'un bison d'Europe se retrouvait sur le territoire allemand. Les bisons d'Europe sont du reste une espèce protégée, rappelle l'association de défense des animaux, WWF.

    Chris Heinrich dénonce le choix des autorités d'abattre la bête. "Après plus de 250 ans, un bison sauvage est repéré en Allemagne et tout ce que les autorités ont pensé à faire, c'est de le tuer", s'insurge le porte-parole de l'association WWF en Allemagne dans un entretien accordé au journal The Local.

    Source: www.7sur7.be avec Der Tagesspiegel et The Local


    25/08/17 - A Berlin, l'inquiétude face à l'invasion des écrevisses ravageuses de Louisiane

    Cette espèce est considérée comme invasive et nuisible car elle est susceptible d'affecter «négativement les écosystèmes aquatiques» dans lesquelles elle s'implante...

    Depuis quelques jours, les promeneurs du Tiergarten, célèbre parc au coeur de Berlin, se réjouissent d'y voir trotter de jolies écrevisses rouge vif. Les spécialistes eux ont des sueurs froides: ce crustacé est un prédateur ravageur.

    Longue de 10 à 15 centimètres, cette espèce exogène - l'écrevisse de Louisiane ou écrevisse américaine des marais en allemand - fait d'ordinaire le régal des amateurs de crustacés et aurait dû rester confinée aux élevages.

    La raison de leur présence accrue n'est pas claire, qui plus est dans le Tiergarten, un bois en lisière de la Porte de Brandebourg, de la chancellerie et des grandes artères commerciales de Berlin-Ouest.

    Peut-être relâchées par des éleveurs ou des particuliers
    «Elles ont peut-être été relâchées par des éleveurs qui n'étaient plus intéressés par leurs protégées», avance Katrin Koch, de l'association environnementale Nabu, qui évoque aussi une possible surproduction de «jeunes» dans «les élevages privés».

    Autre possibilité, des aquariophiles qui ont pu rejeter leurs crustacés pour s'en débarrasser. En effet, les amateurs «apprécient beaucoup (ce type d'écrevisses pour leurs aquarium), mais pour la plupart pas très longtemps», explique Oliver Coleman, expert au Muséum d'histoire naturelle de Berlin, montrant sur un chemin du Tiergarten un spécimen rouge bordeaux avec ses grandes pinces pointues.

    Car ces bêtes ont un appétit destructeur: elles «mangent toutes les plantes et l'aquarium a vite l'air ravagé», poursuit-il. Un appétit qui ne présage rien de bon pour les plans d'eau berlinois, d'autant que les écrevisses de Louisiane sont aussi réputées pour leur vitesse de reproduction.

    Et si les promeneurs se mettent à les croiser dans les allées du Tiergarten, c'est qu'elles semblent migrer.

    A la recherche d'un nouvel habitat

    L'été ayant été particulièrement pluvieux, la teneur en hydrogène de l'eau a pu baisser d'une part et d'autre part leurs terriers ont pu être submergés, les conduisant à chercher un nouvel habitat, explique Dirk Ehlert, porte-parole de la direction des affaires environnementales de la ville de Berlin.

    «Hier, nous en avons rassemblé (...) une cinquantaine dans le secteur de Tiergarten», explique-t-il, mais l'espèce a aussi été repérée dans le sud-est et dans le nord de Berlin, la capitale allemande étant entourée de lacs, de rivières et de forêts.

    Crustacé d'eau douce originaire du Mexique et du sud-est des Etats-Unis, l'écrevisse de Louisiane a été introduite en Europe à des fins commerciales.

    Une espèce invasive et nuisible

    Mais elle y est désormais considérée comme une espèce invasive et nuisible car susceptible d'affecter «négativement les écosystèmes aquatiques» dans lesquelles elle s'implante, relate l'association berlinoise Nabu.

    Non seulement l'écrevisse se reproduit abondamment, mais «elle mange les oeufs de poissons et d'amphibiens», contribuant à décimer la faune locale, tout en étant porteuse d'un champignon mortel pour ses cousines européennes, contre lequel elle est elle même immunisée, détaille l'organisation.

    «Ces animaux enclins à se déplacer portent l'infection de plan d'eau en plan d'eau», poursuit-elle, «il faut absolument éviter» qu'elle ne colonise la Spree et la Havel, les deux rivières de Berlin.

    Pour tenter d'endiguer la propagation des crustacés dans Berlin, les autorités comptent «avant tout sur (ses) ennemis naturels», comme le renard, le raton-laveur ou l'anguille, dont des centaines viennent d'être introduites dans les étangs de Tiergarten, explique Dirk Ehlert.

    En revanche, les amateurs de crustacés ne peuvent en aucun cas partir à la pêche sur les plans d'eau berlinois. En effet, «la capture d'animaux sauvages n'est pas autorisée», rappelle-t-il. Chasser l'écrevisse tueuse serait du braconnage.

    Source: www.20minutes.fr - Rédaction A.B. avec l'AFP


    24/08/17 - Chine: la pêche interdite dans 79 réserves naturelles au Hubei

    La province chinoise du Hubei (centre) a interdit la pêche dans 79 réserves naturelles pour restaurer l'écosystème du Yangtsé, le plus long fleuve du pays.

    L'interdiction entrera en vigueur d'ici août 2018, a annoncé jeudi le gouvernement provincial.

    Ces dernières années, la faune du Yangtsé a décliné, et nombreuses espèces sont menacées d'extinction. Le volume annuel de la pêche dans le Yangtsé est inférieur à 100.000 tonnes de poissons.

    En raison de certains facteurs, la pêche n'avait pas été complètement interdite dans les réserves naturelles le long du fleuve.

    Le gouvernement provincial a demandé aux autorités locales de la pêche d'arrêter de délivrer des permis de pêche et des subventions pour le carburant.

    Il a également débloqué des fonds afin d'indemniser les pêcheurs pour leurs pertes suite à cette interdiction.

    En outre, la Commission des ressources en eaux du Yangtsé a ordonné une inspection des constructions en bordure du fleuve afin de détecter les projets illégaux qui nuisent aux rives.

    Source: Agence de presse Xinhua


    22/08/17 - Le Chili rejette un ambitieux projet minier de plusieurs milions de dollars afin de préserver une espèce de manchot menacée d'extinction

    Il est assez rare que le gouvernement d'un pays privillégie la défense des animaux et de l'environnement au détriment de son développement économique, suffisamment rare pour que cela mérite d'être signalé.

    C'est pourtant ce qu'a fait le Chili, lundi 21 août, en refusant un ambitieux projet minier et portuaire dans la région de Coquimbo, réputée pour la grande richesse de sa biodiversité ! En cause : dans son état actuel, le projet n'était pas en mesure de garantir la sécurité d’une réserve nationale abritant à elle seule 80 % de la population mondiale de manchots de Humboldt, une espèce en danger d'extinction.

    Coincée entre la Cordillère des Andes et l'océan Pacifique, bordée par le courant froid de Humboldt provenant de l'Antarctique et la camanchaga, cette brume côtière humide qui parvient à faire pousser des forêts dans l'une des régions les plus arides du monde, la région de Coquimbo possède un ecosystème unique et fascinant. Des côtes déchirées qui abritent mammifères marins et oiseaux de mer, des déserts désolés qui, tous les dix ans, se couvrent d'un seul coup d'une myriade de fleurs, et les montagnes immenses, imposantes, qui forment comme un infranchissable rempart, il s'agit aussi d'un paradis minéral, de sel, de souffre, de métal et de pierre, dont les richesses souterraine sont convoitées.

    C'est un comité ministériel qui a pris la décision de rejeter le projet, intitulé « Dominga » et porté par la société minière chilienne Andes Iron, une entreprise principalement spécialisée dans l'extraction et l'exploitation du minerai de fer. Le projet était fortement critiqué par les militants en faveur de la défense de l'environnement, à cause du fort impact environnemental qu'il impliquait. Finalement, c'est le ministère de l'environnement qui a tranché en leur faveur, estimant les mesures de compensation « insuffisantes » et n'apportant pas assez de garanties pour la préservation de certaines espèces endémiques ou en danger.

    L'activité minière représente l'un des principaux moteurs de l'économie du Chili, ce pays volcanique et montagneux qui est le plus gros producteur mondial de cuivre, avec un tiers de l'offre mondiale. Le projet Dominga représentait un investissement potentiel de 2,5 milliards de dollars, et comportait notamment l'installation de mines à ciel ouvert et la construction d'un port industriel, pour atteindre une production annuelle de 12 millions de tonnes de fer et 150 000 tonnes de concentré de cuivre. Mais les responsables des portefeuilles des ministères ne se sont manifestement pas laissés impressionner par ces gros chiffres, et ont préféré retoquer le projet afin de préserver la sérénité des manchots !

    « Nous ne sommes pas contre le développement économique, ni contre les projets nécessaires à la croissance du pays, mais ceux-ci doivent répondre de manière adéquate des impacts qu’ils peuvent engendrer », a déclaré le ministre de l’environnement, Marcelo Mena. « Dans ce cas, la réponse n’était pas adéquate »

    Créée en 1990, la Réserve nationale des manchots de Humboldt englobe trois îles situées au large des côtes Chiliennes, au nord de la région de Coquimbo, et couvre plus de 888 hectares. Il s'agit d'un lieu unique au monde et d'un endroit privillégié pour observer le manchot de Humboldt dans son habitat naturel. Cette espèce d'oiseau marin, menacée, a été classée au statut de conservation « Vulnérable » par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Victime de la sur-pêche et de la destruction de son habitat, décimé par le passé à cause de l'exploitation du guano au Chili, sa population actuelle est estimée à 8 000 individus.

    Source: www.demotivateur.fr - Auteur: Nathan Weber


    14/08/17 - Dans l'Allier, les abeilles sont menacées par l'ambroisie

    L'ambroisie est une plante très allergène qui sévit aussi en Auvergne. Outre le fait qu'elle provoque des allergies, elle est gênante pour les productions agricoles et apicoles. Elle envahit les cultures notamment celles de tournesol et les abeilles viennent la butiner.

    L’ambroisie fait beaucoup parler d’elle. Cette plante verte, touffue qui a l’air inoffensive au premier coup d’œil provoque des allergies. Elle peut même entraîner de sévères complications respiratoires.

    Mais elle provoque également la grogne des apiculteurs et des agriculteurs. La prolifération de l’ambroisie est l'un des facteurs de la réduction de la production du tournesol en Auvergne comme un peu partout en France, or le tournesol est une ressource pour les abeilles.

    Les abeilles consomment en grande quantité le pollen des inflorescences mâles de cette plante invasive. Non seulement le pollen d’ambroisie est de peu d’intérêt pour les abeilles, mais il est aussi susceptible de réduire la vie des précieuses butineuses.

    Pour toutes ces raisons, la destruction de l'ambroisie est une obligation réglementaire. Cette plante est présente partout en Auvergne, y compris en altitude. Elle a d'abord colonisé l'Allier et le Puy-de-Dôme puis, plus récemment le Cantal et la Haute-Loire.

    La Fredon Auvergne a mis en place un réseau de correspondants dans environ 60% des communes de la région, ainsi qu'une application gratuite pour smartphone permettant de signaler la présence d'ambroisie.

    Source: france3-regions.francetvinfo.fr


    12/08/17 - France: les écrevisses de Louisiane prolifèrent dans l'Allier

    Dans l'Allier, la lutte s'organise contre l'écrevisse de Louisiane. Cette espèce importée colonise le milieu naturel sensible de la Vauvre qu'elle détruit. Pour tenter d'enrayer la prolifération, les écrevisses sont piégées et tuées.

    C'est un véritable fléau. L'écrevisse de Louisiane envahit l'espace naturel sensible de la Vauvre, près de Nassigny, dans l’Allier. Importée des États-Unis, cette espèce est très invasive. Elle a été introduite intentionnellement par l’homme dans les années 1970 en Espagne, en Italie et en France afin de l’élever pour sa chair appréciée. Malheureusement, comme ce fut le cas pour le ragondin ou d’autres espèces importées d’autres continents, certaines écrevisses se sont échappées des élevages ou ont été relâchées volontairement dans le milieu naturel.

    Les écrevisses de Louisiane favorisent le développement d'une maladie qui décime certaines espèces, notamment les écrevisses locales. De plus, elles engendrent la destruction des berges car elles creusent des tunnels dans la terre. Un véritable fléau pour les milieux naturels sensibles de la Vauvre, dans l’Allier où sa présence a été constatée pour la première fois en 2011.

    Pour enrayer sa prolifération, un plan de lutte a été mis en place par la Fédération de la Pêche et la LPO Auvergne (Ligue de Protection des Oiseaux). Des nasses ont été installées pour piéger les écrevisses. Elles sont relevées deux à trois fois par semaine. Les bénévoles et les salariés de la LPO comptent les animaux et prennent leurs mesures. Ensuite, ils les tuent. Le plan de lutte prévoit également l'introduction de sandres dans l'étang. Ces poissons raffolent des écrevisses de Louisiane.

    Les données recueillies par la LPO sont analysées par la Fédération de Pêche. Plus de 500 écrevisses ont été capturées depuis le mois de mai. Cette opération va se poursuivre jusqu'à fin septembre.

    Source: france3-regions.francetvinfo.fr - Rédaction: D. Cros


    25/07/17 - Contre la disparition des primates, les scientifiques africains font front commun

    Plus de 150 primatologues africains sont réunis à Abidjan depuis lundi pour créer la première Société africaine de primatologie et mettre en commun leurs ressources afin d’endiguer la disparition des singes et des lémuriens.

    Gorille des plaines, colobe, chimpanzé, lémurien… En Afrique, la plupart des primates sont en danger d’extinction, dont dix espèces qui frôlent la disparition, notamment à Madagascar. L’heure est grave, comme le démontre une récente étude signalant que 60 % des singes du monde disparaitront d’ici moins de 50 ans si rien n’est fait pour endiguer leur déclin. Face à l’urgence, plus de 150 primatologues du continent sont réunis depuis lundi 24 juillet et pendant quatre jours à Bingerville, en Côte d’Ivoire, pour créer la première Société africaine de primatologie (SAP).

    "Nous entendons réunir une masse critique de primatologues africains aguerris, qui puissent faire la différence dans leur pays respectifs, afin que les primates soient au cœur de la stratégie de conservation", explique à France 24 Inza Koné, directeur de la recherche et du développement du Centre suisse de recherches scientifiques en Côte d'Ivoire, qui organise l’évènement.

    Sensibiliser les populations locales

    Si des initiatives nationales et internationales ont déjà été lancées sur le continent, à l’image de la Société internationale de primatologie ou l’Association sud-africaine de primatologie, la SAP entend aller plus loin en coordonnant le travail des spécialistes du continent, plus à même de sensibiliser les communautés et décideurs locaux à la conservation des primates. "En apprenant à se connaître et à partager les informations, ils pourront créer une synergie entre les différents acteurs des régions d’Afrique", continue le professeur.

    Selon lui, le travail de ces spécialistes, aujourd’hui, est souvent relégué au second plan derrière le travail des scientifiques américains et européens. "Il y a très peu d’initiatives internationales où les Africains essaient d’apporter quelque chose". Ainsi, la raison d’être de la SAP sera aussi de faire en sorte que les efforts de préservation "ne soient plus perçus par la population comme une science ‘de blancs’, éloignée des réalités africaines". Les participants au congrès comptent, grâce à cette mise en commun et mise en valeur de leur travail, parvenir à mobiliser plus facilement des fonds locaux ou internationaux, être compétitifs par rapport aux chercheurs occidentaux, et encourager l’enseignement de la primatologie dans les écoles et universités.

    Indispensables à l’écosystème

    Et les singes dans tout cela ? Entre la déforestation, la pollution, la chasse et le braconnage, les raisons du déclin des populations de primates sont nombreuses. Or, au-delà de leur atout majeur pour le tourisme et de leur place dans la chaîne alimentaire, ils assurent un rôle indispensable dans l’écosystème de leur habitat : en dispersant les graines et le pollen, ils contribuent à la régénération des forêts. Ils occupent par ailleurs une place parfois inhérente à certaines cultures et traditions humaines qui les environnent. Ou pas : "Au Maroc, les primates sont vus comme des êtres inutiles. Nous voulons contribuer à changer cette mentalité", lance Inza Koné.

    Sans prétendre apporter un remède miracle à l’extinction, la SAP compte collaborer avec les ONG en lutte contre ce phénomène, telles que Greenpeace ou le WWF. "Aujourd’hui, leurs efforts n’aboutissent pas. Nous pensons que ce qui manque, c’est une plus grande responsabilisation des nationaux", dit Inza Koné.

    La SAP compte contribuer avec les politiques de préservation déjà mises en place par certains gouvernements, dont celui de Côte d’Ivoire, qui parraine le congrès. "Le défi de la conservation des primates en Afrique n’est pas seulement d’ordre environnemental mais aussi d’ordre politique et scientifique", confirmait Alain-Richard Donwahi, ministre ivoirien des eaux et forêts, à l'inauguration du congrès.

    Des projets de ce type, associant politiques de conservation, communautés locales et travail scientifique, portent déjà leurs fruits sur le continent, bien qu’ils soient encore largement insuffisants. On peut souligner les programmes de sauvegarde des colobes rouges du Delta, au Nigeria, et des chimpanzés dans la réserve du Taï, en Côte d’Ivoire, ou les sanctuaires de primates d’Ouganda et du Rwanda. Des initiatives locales ou nationales, que les primatologues entendent mettre en avant afin de les multiplier et les pérenniser.

    Source: www.france24.com


    12/07/17 - La biodiversité des forêts, un atout contre le réchauffement climatique

    La diversité des espèces végétales atténuerait significativement l'impact négatif du changement climatique. Lequel, en efet, entraîne en effet des sécheresses accrues ralentissant la décomposition des litières et donc la remise à disposition au sol du carbone et de l'azote.

    En forêt, les litières au pied des arbres régulent le recyclage de la matière organique et la remise à disposition des éléments nutritifs.

    Une expérience sur une parcelle forestière de type méditerranéenne soumise à un stress hybride important afin de simuler le changement climatique en cours montre que la présence de plusieurs espèces végétales atténue significativement l’impact négatif de la réduction des précipitations sur cette décomposition.

    Pour étudier la décomposition des litières dans les forêts, processus clé du fonctionnement des écosystèmes qui régule le recyclage de la matière organique et la remise à disposition des éléments nutritifs, une équipe de l'Institut méditerranéen de biodiversité et d'écologie marine et continentale (IMBE-CNRS, université Aix-Marseille, université d'Avignon, IRD) a effectué une expérience durant deux ans sur le site de l'O3HP (Oak Observatory at OHP), dans les Alpes de Haute-Provence. L'objectif était de comparer la dégradation de trois types de litières (mélange de feuilles d'une à trois espèces végétales : chêne pubescent, érable de Montpellier, sumac-fustet) dans deux parcelles forestières. L'une était soumise à une sécheresse accrue grâce à un système d'exclusion des pluies printanières et estivales performant, et l'autre comme parcelle témoin. Par la même occasion, ils ont suivi l'évolution des communautés d'organismes décomposeurs et prédateurs (abondance, diversité et interactions trophiques) colonisant ces litières.

    La sécheresse printanière et estivale accrue entraîne, dans tous les cas, un ralentissement de la décomposition de la litière et donc de la remise à disposition au sol du carbone et de l'azote. Cependant, la présence de plusieurs espèces végétales dans la litière atténue significativement l'impact négatif de la réduction des précipitations sur cette décomposition.

    De l’intérêt de préserver la biodiversité
    Concernant les organismes de la mésofaune (la faune de taille intermédiaire entre la microfaune et la macrofaune) présents dans ces litières, ils sont favorisés par le mélange d'espèces (plus de diversité et d'abondance), ce qui explique pour partie la meilleure décomposition observée. Néanmoins, la parcelle où le stress hydrique a été fortement augmenté montre des diminutions importantes dans l'abondance et la diversité des organismes colonisant les litières variables en fonction du groupe considéré. On observe ainsi, en liaison avec l'augmentation de la sécheresse, une modification du rapport entre organismes décomposeurs et prédateurs entrainant une pression de prédation plus importante, une modification du rapport entre collemboles et acariens oribates favorable à ces derniers, un impact à des degrés divers au sein des collemboles entraînant jusqu'à la disparition du groupe des Neelipleones.

    Cette étude publiée dans la revue Journal of Ecology souligne à la fois les modifications extrêmement rapides de la biodiversité présente dans la litière suite à une sécheresse accrue et surtout l'intérêt de conserver une diversité d'espèces végétales dans les forêts méditerranéennes de manière à limiter les conséquences du changement climatique en cours. Ces recherches s'inscrivent dans une problématique générale visant à mieux comprendre les relations biodiversité-fonctionnement dans les écosystèmes et l'intérêt de conserver une biodiversité élevée face aux contraintes environnementales croissantes.

    Source: www.futura-sciences.com/planete


    26/07/17 - Espèces invasives: une menace grandissante pour l’Afrique

    Imaginez : vous rentrez en France après un séjour en Ouganda et en défaisant vos bagages, vous remarquez quelque chose que vous n’avez pas emporté avec vous ; là, au milieu des tee-shirts, vous apercevez un insecte peu familier. A-t-il fait tout le voyage avec vous depuis l’Afrique ? Ce n’est pas bien grave, pensez-vous. Après tout, cette toute petite bête ne peut pas faire de mal…

    Que ce soit intentionnel ou non, il est fréquent que les hommes fassent voyager des espèces jusqu’à des régions où elles ne se trouvaient pas originellement. Et que ce soit avec l’aide des hommes ou en se débrouillant toutes seules (en volant, par exemple), ces espèces ont la capacité de se propager à travers les continents.

    Ce développement, parfois rapide, est difficile à empêcher et peut avoir des conséquences écologiques, économiques et sociaux importantes.

    En Afrique, il s’agit d’un phénomène grandissant. Depuis 2000, les pays du continent ont par exemple vu débarquer des insectes ravageurs d’eucalyptus en provenance d’Afrique du Sud. La coopération, la communication et le partage d’informations et de compétences sont indispensables pour faire face à ce problème.

    Grand capucin du maïs et tilapia du Mozambique

    De nombreuses espèces exotiques, végétales ou animales, ont été introduites en Afrique à partir d’autres régions du continent puis elles se sont propagées de pays en pays, laissant fréquemment derrière elles d’énormes dégâts.

    Prenons le cas du grand capucin du maïs (Prostephanus truncatus), un coléoptère dont on pense qu’il a été introduit en Afrique via des graines importées depuis le Mexique ou l’Amérique centrale. Il a rejoint le Togo vers 1981, la Tanzanie vers 1984 et la Guinée vers 1987 ; il s’est ensuite propagé à travers le continent. Deux décennies lui auront suffi pour atteindre l’Afrique du Sud.

    Le grand capucin du maïs s’attaque comme son nom l’indique aux cultures de maïs et aussi au manioc. Il constitue donc une menace pour la sécurité alimentaire, tout particulièrement pour les plus pauvres. Souvent, il s’en prend aux réserves de maïs stockées par les agriculteurs. Ceux-ci, en plus de perdre le bénéfice de la vente d’éventuels excédents, se voient contraints de racheter du maïs.

    Nombre d’espèces invasives sont originaires du continent, à l’image du tilapia du Mozambique (Oreochromis mossambicus). Ce poisson peuplait à l’origine les rivières de la côte est de l’Afrique australe. Mais des pêcheurs l’ont transporté, et on peut dorénavant le trouver dans des cours d’eau d’Afrique du Sud occidentale et méridionale, ainsi qu’en Namibie.

    Très prisé des pêcheurs, le tilapia du Mozambique peut cependant représenter une menace pour les poissons indigènes. Sa responsabilité est d’ailleurs mise en avant pour expliquer la disparition d’espèces dans certaines régions africaines.

    La propagation d’espèces invasives en Afrique n’a rien d’une nouveauté. Dès 760 apr. J.-C., des humains auraient accidentellement introduit la luzerne polymorphe (Medicago polymorpha), une plante d’Afrique du Nord jusqu’en Afrique du Sud.

    Une menace croissante

    Ces dernières années, plusieurs espèces invasives se sont propagées extrêmement rapidement à travers l’Afrique, menaçant très sérieusement la sécurité alimentaire et les sources de revenus des populations.

    La chenille légionnaire (Spodoptera frugiperda) est l’une d’entre elles. Son apparition sur le continent a été détectée pour la première fois en janvier 2016 au Nigeria. En une année, elle s’est répandue, atteignant en janvier dernier l’Afrique du Sud.

    Au stade adulte, ces chenilles deviennent des papillons au vol particulièrement endurant ; on pense d’ailleurs qu’elles se seraient réparties sur le territoire africain en volant. Si ces insectes s’attaquent à une grande variété de cultures, ce sont les producteurs céréaliers qui les craignent tout particulièrement, car elles sont extrêmement difficiles à combattre.

    Un autre exemple avec la Leptocybe invasa, une guêpe à galles originaire d’Australie. En 2000, cette espèce a été repérée en Israël puis peu de temps après en Ouganda et au Kenya. À partir de là, sa progression sur le continent africain a été très rapide, touchant le Zimbabwe, le Mozambique et la Tanzanie pour enfin apparaître en Afrique du Sud en 2007. On pense que cet insecte a probablement rejoint Israël via le transport de plantes ou des déplacements de voyageurs. Et c’est sans doute de la même manière qu’il s’est déployé sur le continent africain.

    Cette guêpe à galles s’attaque aux eucalyptus en provoquant des gonflements et des excroissances sur les feuilles, pouvant entraîner la mort de l’arbre. Or les eucalyptus constituent une source importante de revenus et de combustibles pour nombre de populations africaines.

    Faire cause commune

    Quand une espèce invasive est introduite dans un pays africain, sa propagation aux autres régions est presque inévitable, les contrôles aux frontières étant peu stricts.

    Mais ceci pourrait être assez aisément évité avec la mise en place de dispositifs de biosécurité. Ceux-ci sont très répandus en Australie et en Nouvelle-Zélande ; ils consistent en un contrôle technique des personnes et des biens qui entrent dans le pays pour repérer les espèces invasives.

    Mais même de tels systèmes ne peuvent garantir que les espèces ne se déploieront pas. Or, pour être le plus efficace possible, il faudrait que les différents États africains travaillent de concert et échangent des informations et des compétences. Une telle démarche permettrait également de se préparer à la lutte contre des espèces déjà installées.

    Il s’agit ici d’un défi de taille : pour qu’un pays puisse se protéger efficacement de ces espèces, il faut que ses voisins en fassent autant. Mais cette action commune est aujourd’hui la clé du succès.

    Source: theconversation.com


    10/07/17 - Urgence pour la biodiversité : la sixième extinction est en marche

    La "sixième extinction" qui menace la diversité animale et végétale dans le monde serait pire qu'on le pensait, selon une étude publiée ce lundi soir.

    La sixième extinction. On pourrait croire qu'il s'agit du titre d'un film apocalyptique comme Hollywood en raffole, mais c'est avant tout une hypothèse avancée par des scientifiques qui étudient la biodiversité sur Terre. L'humanité, en s'appropriant la planète et ses ressources, a une influence importante sur son environnement, et elle est loin d'être positive : le taux d'extinction des espèces animales et végétales serait tel que l'on pourrait comparer l'époque actuelle à celles qui ont présidé à la disparition d'une grande partie de la vie sur notre planète, celles des extinctions massives.

    On tend aujourd'hui à concentrer notre attention sur les espèces menacées, dont la liste est déjà imposante. Mais une étude publiée ce lundi dans la revue scientifique "PNAS" vient jeter un éclairage nouveau sur les disparitions d'espèces en s'intéressant également à celles pour lesquelles on n'avait jusqu'ici pas spécialement d'inquiétudes. Ses auteurs, Gerardo Ceballos, de l'université nationale autonome du Mexique, Paul Ehrlich (par ailleurs auteur du best-seller controversé des années 1960 "la Bombe P") et Rodolfo Dirzo, de l'université de Stanford (Etats-Unis), nous dressent le portrait d'un avenir proche pas très reluisant.

    Avons-nous déjà tué la moitié des animaux ?

    Pour ces scientifiques, ces espèces en danger d'extinction pourraient laisser penser que nous sommes seulement dans une période de réduction majeure de la biodiversité. "Cette vision néglige les tendances actuelles de déclin de populations et d'extinctions", affirment-ils. Les espèces en voie d'extinction seraient donc l'arbre qui cache la forêt des réductions du nombre global d'animaux (et par extension de plantes) sur la planète.

    En étudiant un échantillon global de 27.600 espèces vertébrées, et plus particulièrement un groupe de 177 mammifères, les auteurs mettent en avant des diminutions de population ainsi que des réductions de territoire dans ces espèces, y compris pour les espèces de "préoccupation mineure" (celles que l'on ne considère pas du tout en danger).

    Dans l'échantillon de vertébrés étudié, qui représente presque la moitié des espèces connues, 32% des populations animales ont vu leur nombre et leur territoire décliner. Les 177 mammifères pris en compte ont tous enregistré une réduction de leur aire géographique et plus de 40% ont connu des déclins sévères de population (plus de 80% de réduction). Des résultats suffisants pour que les auteurs parlent d'une "érosion anthropogénique massive de la biodiversité et des écosystèmes essentiels à la civilisation" et de menaces sur l'écosystème global, y compris sur les aspects indispensables à la survie de l'humanité.

    Les auteurs de l'étude expliquent qu'aujourd'hui les extinctions de populations sont de plusieurs ordres de grandeur plus fréquents que les extinctions d'espèces. Cela veut dire que des groupes d'animaux d'une espèce donnée peuvent disparaître complètement d'une zone géographique, sans qu'il y ait pour autant une extinction de l'espèce en général. "Cependant, les extinctions de populations sont un prélude à l'extinction des espèces", préviennent-ils. Et elles montreraient que la fameuse "sixième extinction" est déjà plus avancée qu'on le pensait.

    D'après ces scientifiques, au niveau du nombre d'individus, ce serait la moitié des animaux qui ont un jour partagé la planète avec l'humanité qui auraient aujourd'hui disparu, ce qui représenterait des populations de plusieurs milliards d'individus.

    Pour les auteurs, le processus en cours pour les animaux étudiés aurait un équivalent comparable dans le monde végétal.

    Jadis répandu dans toute l'Afrique, le sud de l'Europe et jusqu'à l'Inde, le lion est désormais confiné principalement dans de petits secteurs d'Afrique sub-saharienne et sa population s'est réduite de 43% depuis 1993. (Joachim Huber via Wikimedia Commons)

    Vingt à trente ans pour agir ?

    Peut-on encore empêcher l'extinction ? Les auteurs dénoncent la "fiction selon laquelle la croissance perpétuelle peut continuer sur une planète limitée". La "fenêtre de tir" pour une action efficace serait "très courte, probablement deux ou trois décennies maximum". Et ils ne sont pas très optimistes : "Tous les signes montrent des assauts encore plus puissants contre la biodiversité dans les vingt prochaines années, dessinant une image lugubre pour le futur de la vie, la vie humaine comprise."

    La solution serait peut-être celle proposée par le géologue Mark Williams, de l'université de Leicester, auteur d'une étude récente sur la sixième extinction : "Il n'est pas besoin de blâmer quelqu'un pour ce qui est en train de se passer, car les humains n'ont pas volontairement planifié cette situation. A l'inverse, nous devons reconnaître que nous avons un impact qui change la donne sur cette planète, que nous sommes tous responsables et que nous devons être les intendants de la nature (étant une partie de celle-ci), plutôt que nous comporter comme des enfants saccageant un magasin de bonbons."

    Le risque, c'est également que la théorie de la sixième extinction rencontre le même scepticisme que le changement climatique, et qu'il soit au moins aussi difficile de convaincre les nations qu'il faut agir pour l'empêcher. L'étude de Ceballos, Ehrlich et Dirzo aura peut-être le mérite de relancer le débat.

    La sixième extinction, c'est quoi ?

    Pour désigner la réduction de la biodiversité due à l'action humaine, la journaliste Elizabeth Kolbert a popularisé l'expression "sixième extinction" dans un ouvrage de référence, ce qui lui a valu le prix Pulitzer en 2015.

    Ces extinctions d'origine humaine ne sont pas directement liées au changement climatique, même si celui-ci risque fort d'empirer les choses. La sixième extinction commence avec la disparition des mammouths à la fin de l'ère glaciaire, dont la chasse par les humains a pu être un facteur d'extinction. Elle englobe des espèces comme la tourte voyageuse, qui volait par milliards dans les cieux américains et qui a été chassée jusqu'à ce qu'elle disparaisse, à l'époque qui nous sert aujourd'hui de référence climatique pour la "température de l'ère pré-industrielle". Mais c'est surtout ces dernières décennies que le phénomène se serait accéléré.

    L'extension des territoires urbains, la chasse, l'agriculture, les routes, la pollution... autant d'actions humaines qui ont peu à peu réduit, voire totalement supprimé les territoires des espèces et provoqué leur disparition. Les auteurs de l'étude publiée dans "PNAS" estiment que les causes immédiates de destruction sont aujourd'hui "la surpopulation humaine et sa croissance continue, ainsi que la surconsommation, particulièrement par les riches".

    Si l'extinction d'espèces est un phénomène naturel, c'est la vitesse à laquelle elle progresse qui cause l'inquiétude de nombre d'experts. Selon une étude internationale publiée dans "Science" en 2014, les taux actuels d'extinction se situeraient aujourd'hui mille fois au-dessus du "bruit de fond" des extinctions normales, celles qui se produiraient naturellement en l'absence de l'espèce humaine, et ce chiffre pourrait être bien plus important.

    Il est difficile d'estimer exactement le taux d'extinctions, car nous ne connaissons pas toutes les espèces de la planète, loin de là. On en découvre de nouvelles presque tous les jours. Le WWF a cependant tenté de calculer le nombre de disparitions d'espèces survenant chaque année. S'il n'y a que deux millions d'espèces sur la planète, estimation basse, alors nous en perdrions entre 200 et 2.000 par an. S'il y en a 100 millions, l'estimation haute, alors entre 10.000 et 100.000 disparaîtraient chaque année.

    Les cinq autres extinctions

    La plus proche de nous est celle du Crétacé-Tertiaire, voici 66 millions d'années. Un astéroïde tombant sur ce qui est aujourd'hui la péninsule du Yucatan et le golfe du Mexique provoque, entre autres, l'extinction des dinosaures, mais aussi celle des trois quarts des formes de vie sur la planète. Elle permet aussi ensuite l'expansion des mammifères.

    L'extinction du Trias-Jurassique, survenue il y a un peu plus de 200 millions d'années, provoque elle l'extinction des trois quarts des espèces vivantes. La cause n'est pas connue avec certitude, mais nombre de scientifiques privilégient des éruptions volcaniques à grande échelle, qui auraient causé un réchauffement global ainsi que l'acidification des océans. Cette extinction permet ensuite aux dinosaures de dominer la planète.

    L'extinction du Permien-Trias est la plus importante que la Terre ait connue. Voici environ 252 millions d'années, près de 90% des espèces animales et végétales disparaissent. Les coupables possibles seraient de gigantesques éruptions volcaniques (on a cité les trapps de Sibérie). Le gaz carbonique dégagé dans l'atmosphère provoque un réchauffement global qui élimine une grande partie de la vie sur Terre en moins de 20.000 ans.

    L'extinction du Dévonien ne serait pas une "simple" extinction mais plutôt une série d'extinctions, qui se seraient étalées sur plus d'une vingtaine de millions d'années, il y a (environ) 375 millions d'années. Il n'y a pas de consensus sur les causes de ces dernières, mais une chute dans les niveaux de gaz carbonique a été constatée, allant de pair avec un refroidissement global. L'évolution des premières forêts aurait pu, selon certains, faire baisser le CO2 dans l'atmosphère et provoquer alors un refroidissement global et les extinctions, mais ce n'est qu'une théorie. Les trois quarts des espèces auraient été affectées.

    La plus ancienne extinction connue est celle de l'Ordovicien-Silurien, qui s'est produite voici environ 439 millions d'années. 86% des espèces ont disparu. Comme pour la précédente, il pourrait y avoir au moins deux événements distincts et séparés par des centaines de milliers d'années. Un refroidissement global en serait à l'origine, même si d'autres causes ont pu être évoquées.

    Source: tempsreel.nouvelobs.com/sciences - Auteur: Jean-Paul Fritz


    28/06/17 - « Une aire marine en Antarctique permettrait de protéger les ressources alimentaires de plus de 75 000 couples de manchots Adélie »

    Dans une tribune au « Monde », Yan Ropert-Coudert, directeur de recherche au CNRS, appelle à la création d’un nouveau refuge pour les espèces marines.

    La signature de l’accord de Paris , le 22 avril 2016, a placé la France en position de leader mondial de la lutte contre le changement climatique , rôle qu’elle prend très au sérieux.

    Un élément central et bien établi de cette lutte reste la mise en place d’ aires marines protégées (AMP). Une étude publiée dans l’ édition de juin 2017 de la revue de l’ Académie américaine des sciences, Proceedings of the National Academy of Sciences , conclut que les AMP renforcent la résilience des écosystèmes marins face aux effets du dérèglement climatique. Elles offrent un refuge aux espèces marines et peuvent préserver les réservoirs ou puits de carbone.

    En Antarctique, les effets du changement climatique varient extrêmement selon les régions. Dans la péninsule Antarctique , le réchauffement des eaux dû à la modification du climat est tenu pour responsable du recul de la banquise, perturbant la capacité des manchots à rechercher de la nourriture pendant la période de nidification. L’Antarctique oriental, en revanche , a été témoin d’une progression de la banquise en mer d’Urville, avec des conséquences désastreuses pour les espèces vivant dans la région.

    Les manchots Adélie, par exemple, doivent parcourir de plus longues distances pour aller chercher de la nourriture dans les eaux libres de glace , ce qui affaiblit les poussins mal nourris et peut entraîner leur mort par inanition. La situation est telle que des colonies de la région de Dumont d’Urville ont connu deux épisodes de mortalité massive avec la disparition de l’ ensemble des poussins des 26 000 couples reproducteurs de l’île des Pétrels au cours de ces quatre dernières années de reproduction.

    Réseau d’aires protégées

    La création d’une AMP en Antarctique oriental permettrait non seulement de protéger les ressources alimentaires de plus de 75 000 couples de manchots Adélie qui s’y reproduisent, mais aussi de sauvegarder la région pour un million de phoques crabiers et de veiller à ce que les zones cruciales d’alevinage du krill et de la légine australe restent intactes. Les eaux protégées de l’Antarctique oriental permettraient également de définir des zones de référence afin que les scientifiques puissent mieux concevoir l’ampleur des répercussions du dérèglement climatique sur l’océan Austral.

    Protéger les eaux de l’Antarctique oriental aboutirait à la création de la seconde AMP d’ envergure dans l’océan Austral après celle de la mer de Ross et constituerait une étape logique vers la concrétisation de l’engagement pris en 2009 par les membres de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) : établir un réseau d’aires protégées en Antarctique.

    La surface totale de ce réseau d’AMP contribuerait de manière significative à atteindre l’objectif fixé par l’ Union internationale pour la conservation de la nature lors du Congrès mondial de la nature en 2016, à savoir protéger au moins 30 % de l’océan à l’échelle planétaire. Enfin, un réseau d’AMP de l’océan Austral garantirait la conservation de ces régions intactes et extrêmement riches en biodiversité à des fins de préservation et de recherche scientifique.

    Source: www.lemonde.fr/planete - Auteur: Yan Ropert-Coudert, écologue, directeur de recherche au CNRS et responsable d’un programme environnemental de l’Institut polaire français


    Mardi 27/06/17 - Exploitation minière en eaux profondes: La perte de la biodiversité sera irrévocable

    Dans un éditorial, plusieurs chercheurs tirent la sonnette d’alarme sur la perte inévitable et irrévocable de l’Exploitation minière en haute profondeur.

    Les pertes de la biodiversité provenant de l’extraction minière en eau profonde sont inévitables et potentiellement irrévocables selon une équipe internationale de 15 scientifiques maritimes, économistes et juristes dans un éditorial publié dans la revue Nature Geoscience.

    Les experts estiment que l’Autorité internationale des fonds marins (ISA), qui est responsable du droit de la mer de l’ONU pour réglementer l’exploitation minière sous-marine hors des juridictions nationales, doit reconnaître ce risque. Ils estiment que l’autorité doit également communiquer clairement le risque à ses États membres et au public pour informer sur les conditions des mines en eau profonde et si on accepte cette extraction, alors quelles sont les normes et les garanties pour minimiser la perte de la biodiversité.

    Il existe une énorme incertitude sur les réactions écologiques de l’exploitation minière en haute mer selon Cindy L. Van Dover, professeure d’océanographie biologique à l’Université de Duke. Une exploitation minière responsable doit s’appuyer sur des actions de gestion environnementale pour protéger la biodiversité des eaux profondes et non sur des actions non prouvées ou déraisonnables.

    L’extraction de ressources non renouvelables comporte toujours des compromis selon Linwood Pendleton, président international des Services écosystémiques marins de l’Institut européen des études maritimes. Un compromis douteux de l’exploitation minière en haute mer constituera une perte inévitable de la biodiversité incluant de nombreuses espèces qu’on n’a pas encore découvertes.

    Face à ce résultat, il est plus important que jamais que nous comprenions les écosystèmes de haute mer et que avoir une idée de ce que nous allons perdre avant que les mines modifient irrémédiablement les fonds marins selon Pendleton.

    Le temps est compté

    Les gisements sous-marins des métaux et ceux des terres rares ne sont pas encore exploités, mais il y a eu une augmentation du nombre de demandes pour des contrats miniers selon Elva Escobar de l’Université du Mexique. En 2001, il n’y avait que 6 contrats d’exploration minière en haute mer, mais d’ici la fin de 2017, on aura déjà 27 projets au total.

    Ces projets comprennent 18 contrats de nodules polymétalliques, 6 pour les sulfures polymétalliques et 4 pour les agrégats de ferromanganèse selon Escobar. Parmi ces contrats, 17 concernent la zone Clarion-Clipperton dans l’océan Pacifique entre Hawaï et l’Amérique centrale.

    L’industrie estime que des milliards de tonnes de manganèse, de cuivre, de nickel et de cobalt se trouvent sur le fond marin. Ces métaux sont utilisés dans les générateurs électriques, les moteurs, les alliages de métaux, les batteries, les peintures et bien d’autres produits.

    Certains promoteurs miniers ont soutenu que les entreprises pourraient compenser les dommages inévitables en rétablissant les écosystèmes côtiers ou en créant de nouveaux récifs artificiels offshore. Mais c’est comme si on sauvait des pommiers pour protéger des orangers selon Van Dover. L’argument selon lequel vous pouvez compenser la perte de la diversité biologique en haute mer avec des bénéfices dans une autre biodiversité est tellement ambigu qu’il n’a aucune base scientifique selon Craig Smith, professeur d’océanographie à l’Université de Hawaï à Manoa.

    Il faut des décennies et même des siècles à des écosystèmes et des espèces en haute mer pour se remettre d’une perturbation selon Van Dover.

    L’ampleur de certaines opérations minières proposées, dont la plus grande couvrira plus de 83 000 kilomètres carrés et les profondeurs de la mine marine (3 000 mètres et plus sous la surface de la mer) provoqueront des dégâts irrémédiables. Il sera impossible de restaurer ces zones dans leur état initial à cause des couts exorbitants affirment les auteurs. Et les approches nécessaires pour effectuer des actions de restauration ne sont pas encore fiables.

    Source: actualite.housseniawriting.com/science avec Nature Geoscience


    Lundi 26/06/17 - Insecticides "tueurs d'abeilles": le gouvernement maintient l'interdiction

    Le gouvernement vient d'annoncer le maintien de la loi interdisant les néonicotinoïdes, pesticides "tueurs d'abeilles", à partir de septembre 2018. Cette annonce intervient après la sortie de Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture sur RMC, qui avait déclaré vouloir revenir sur la législation.

    C'est dans un vrai nid de guêpes que le gouvernement s'est empêtré... ou plutôt d'abeilles : après le désaccord sur les néonicotinoïdes éclaté au grand jour entre le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert et son collègue Nicolas Hulot, ministre de la transition énergétique, le Premier Ministre Edouard Philippe a tranché : non, le gouvernement ne reviendra pas sur l'interdiction des pesticides néonicotinoides à partir de septembre 2018. Le 23 juin 2016, l'interdiction de ces pesticides agissant sur le système nerveux des insectes - tuant notamment les abeilles - avait été voté par l'Assemblée nationale, dans le cadre de la loi Biodiversité. Une loi qui n'avait pas les faveurs du ministre de l'Agriculture : sur RMC/BFM TV, il a déclaré vouloir revenir sur la législation.

    Certains pesticides sans produit de substitution

    La législation française "n'est pas conforme avec le droit européen" qui est plus souple, a déclaré M. Travert sur RMC/BFM TV, le ministre estimant que certains pesticides "n'ont pas de produit de substitution". "Nous avons un certain nombre de produits aujourd'hui qui ont été estimés dangereux et qui sont au fur et à mesure retirés du marché, mais (pour) d'autres produits où nous avons des impasses techniques, qui n'ont pas de substitutions, nous devons pouvoir autoriser des dérogations pour en permettre l'utilisation afin que nos producteurs continuent à travailler dans de bonnes conditions", a déclaré M. Travert, prenant l'exemple de la carotte des sables, cultivée notamment dans la Manche, département où il est élu député (PS) et pour laquelle il n'existe pas de produit de substitution au pesticide utilisé. "C'est ma proposition", a-t-il spécifié, en indiquant que l'arbitrage du Premier ministre, Edouard Philippe, "n'est pas rendu". C'est donc chose faite maintenant.

    L'interprétation avait été immédiatement contestée par Nicolas Hulot, qui, dans un tweet en réponse à ces propos, affirme que "les interdictions de néonicotinoïdes", notamment, "ne seront pas levées, les arbitrages ont été rendus en ce sens". L'écologiste s'était déjà fortement opposé à l'utilisation de ces insecticides, et avait récolté 180 000 signatures en faveur de leur interdiction dans une pétition, en mai 2015.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement avec l'AFP


    Dimanche 25/06/17 - Région montpelliéraine: des abeilles plus résistantes grâce à la sélection génétique

    Des apiculteurs de la région s'unissent pour contrer la surmortalité dans les ruches avec une expérience pilote.

    "Nous les apiculteurs n'avons pas les moyens de lutter contre l'affaiblissement des ruches dû aux pesticides, ni contre le changement climatique mais on essaye de prendre le levier sur lequel on a une action d'entrée à savoir, la génétique des abeilles", explique Hervé Parain.

    Cet apiculteur bio à Thoiras dans le Gard, à la tête d'un cheptel de 300 ruches, est à l'initiative d'une expérience pilote dans la région. "Il y a vingt ans les apiculteurs se contentaient des abeilles qu'ils trouvaient localement mais comme elles n'étaient plus adaptées, ni assez prolifiques, ils se sont tournés vers l'étranger pour trouver des races sélectionnées. Aujourd'hui la plupart des professionnels utilisent des reines importées d'Europe du Nord. Nous avons donc décidé de nous affranchir de cette dépendance génétique en sélectionnant une abeille plus performante adaptée à l'apiculture régionale !"

    Seize apiculteurs professionnels

    Bienvenue dans la garrigue montpelliéraine sur le rucher de sélection d'Api D'Oc. Tenue d'apiculteur de rigueur pour circuler parmi la centaine de ruches et de ruchettes et les 80 nucléis, des petites ruches de nurserie. Ils sont seize apiculteurs professionnels de l'Hérault, du Gard, de la Lozère à se relayer sur ce site privé. Jeunes ou anciens, en AB (agriculture biologique, NDLR) ou en conventionnel, pour faire face aux problèmes multiples de la profession, ils se sont pris en main en créant un Centre technique agricole (Ceta), Api D'Oc, qui a obtenu le label GIEE (Groupement d'intérêt économique et environnemental), décerné par le ministère de l'Agriculture.

    "Il y a des tas de projets qui tournent autour de l'abeille noire (une race locale, NDLR) et de sa conservation et ils sont nécessaires. L'originalité de notre projet, c'est qu'il consiste à sélectionner les meilleures abeilles parmi le tout-venant. On ne se base pas du tout sur des critères raciaux. Ce qui nous intéresse, ce sont les performances de l'abeille. Nous choisissons celles qui sont les plus résistantes aux maladies, qui ont le moins besoin de nourrissement, qui sont les plus douces et produisent le plus de miel, détaille Hervé Parain. Pour prendre une comparaison, on ne fait pas de la montbéliarde ou de la blonde d'Aquitaine. On cherche à faire une bonne vache adaptée à nos montagnes !"

    Utiliser le potentiel des mâles locaux

    L'expérience commence par la sélection de quelques ruches remarquables parmi les 4 000 ruches des adhérents. Concrètement chaque apiculteur du Ceta apporte la meilleure ruche issue de son cheptel. Parmi ce lot, deux ruches vont être sélectionnées.

    "Des reines issues de ces ruches vont être élevées en consanguinité pour tester leurs capacités de transmission des critères choisis. Si le test s'avère positif des filles seront produites à partir de ces reines, puis distribuées chez les adhérents afin d'être fécondées dans le milieu naturel par des mâles locaux. En Cévennes par exemple, ce sera peut-être par de l'abeille noire, explique l'apiculteur. Cette fécondation est intéressante car on utilise aussi le potentiel des mâles locaux. Elle est naturelle, issue de nos propres ruchers et pas d'une hybridation. Cette année on a commencé à introduire dans nos cheptels des reines issues de la génétique du Ceta. L'année prochaine on aura déjà une bonne partie de nos cheptels qui sera issue de cette génétique."

    Des techniciens de l'Adapro (Association régionale de développement de l'apiculture professionnelle) apportent leur soutien à cette expérience notamment pour le contrôle des résultats. "On espère obtenir des aides financières car nous sommes en autofinancement mais aussi que d'autres groupes de sélection vont émerger en région."

    Source: www.midilibre.fr - Auteur: Ghislaine Guibaud


    23/06/17 - 10 éléphants empoisonnés dans un parc national au Zimbabwe

    10 éléphants ont été empoisonnés au Zimbabwe. Depuis plusieurs années, cette méthode est employée par les braconniers qui souhaitent récupérer les défenses des pachydermes.

    Le parc national de Hwange au Zimbabwe fait régulièrement parler de lui, mais pas pour de bonnes raisons. Une nouvelle fois, des braconniers ont sévi dans cette zone : les malfaiteurs ont tué 10 éléphants dont une mère et son petit. Les cadavres - certains avaient les défenses tranchées - ont été découverts mi-juin 2017 dans le sud du parc et à ses abords, au nord. D'après un article paru dans The Guardian, les rangers chargés de l'enquête auraient déjà retrouvé un sceau rempli de poison. Par ailleurs, trois personnes ont depuis été interpellées. L'une d'entre elles était en possession d'ivoire.

    Une méthode utilisée pour la première fois en 2013
    La première utilisation d'un poison (généralement du cyanure) par des braconniers au Zimbabwe a été rapportée en 2013. Cette année-là, 100 pachydermes avaient péri des suites d'un empoisonnement. Depuis, d'autres cas on été signalés. En octobre 2015, la mort d'environ 70 éléphants en quelques mois grâce à cette méthode avaient fait grand bruit : les rangers eux-mêmes avaient été accusés du crime pendant un temps puis les soupçons s'étaient reportés sur les populations locales. Plus d'un an après, des doutes subsistent encore.

    Les éléphants ne sont pas les seuls touchés
    Le cyanure est une substance extrêmement coriace : elle reste présente dans l'eau et dans les carcasses d'animaux assez longtemps pour engendrer de gros dégâts environnementaux. En effet, tous les animaux qui se rendent au point d'eau contaminé sont eux-aussi tués. Les vautours, les lions, les chacals et les hyènes qui se nourrissent de la chair des éléphants morts se retrouvent également empoisonnés et en meurent. C'est donc un véritable drame écologique qui se joue chaque fois que les braconniers utilisent du cyanure.

    Source: - Auteur: Anne-Sophie Tassart, journaliste


    Jeudi 08/06/17 - Journée des océans: pressions sur les mers

    Les espèces marines déjà menacées par les pollutions sont également mises en danger par les prélèvements illégaux.

    Une grande partie des matières plastiques utilisées par l'humanité se retrouve dans les mers et les océans. Parfois regroupées dans les gyres océaniques où elles forment de véritables continents, ces matières génèrent une pollution qui peut aussi être plus insidieuse comme en témoigne cette nouvelle étude du WWF portant sur les phtalates, des substances chimiques qui entrent dans la fabrication de certains plastiques comme le PVC et les rendent plus souples.

    Même dans les zones protégées

    Selon l'association, les rorquals communs, les cachalots mais aussi les globicéphales noirs du sanctuaire Pelagos, une aire marine de 87.500 km2 dans le nord-ouest de la Méditerranée, présentent "une contamination significative" en phtalates. "Si ces animaux, qui vivent au large, sont contaminés, ce n'est pas anodin, cela doit nous alerter", souligne Denis Ody, responsable océans et côtes au WWF France. Le WWF a réalisé en 2016 des biopsies (prélèvements de peau et de gras) sur 85 mammifères marins (70 rorquals communs, 9 cachalots et 6 globicéphales noirs) dans le sanctuaire. Ces échantillons ont été analysés en partenariat avec l'Université Aix-Marseille, en recherchant la présence de dix phtalates particulièrement dangereux ou utilisés. "L'ensemble des échantillons analysés montrent des concentrations significatives en phtalates" et "les trois espèces (...) sont touchées", selon l'étude. "Les résultats que nous présentons aujourd'hui (jeudi 8 juin 2017), à l'occasion de la Journée des océans, démontrent que s'il est urgent de nettoyer les océans de leurs plastiques, il est tout aussi prioritaire de prendre des mesures de réduction de la pollution par toutes les sources de contamination par les phtalates", rappelle Isabelle Autissier, présidente du WWF France, dans un communiqué.

    Di Caprio au secours du Marsoin du Pacifique

    Le président mexicain Enrique Pena Nieto s'est engagé mercredi 7 juin 2017, en présence de la star hollywoodienne Leonardo DiCaprio, à accentuer les efforts de son gouvernement pour sauver le marsouin du Pacifique, en voie d'extinction. En mai, Leonardo DiCaprio avait sollicité ses millions d'abonnés sur Twitter et Instagram pour signer une pétition afin de demander au président mexicain de faire davantage pour protéger le plus petit cétacé au monde, dont il ne reste plus que trente spécimens.

    Enrique Pena Nieto avait répondu par une série de sept messages en anglais sur Twitter rappelant les efforts de son gouvernement pour sauver cette espèce endémique des eaux du golfe de Californie (nord-ouest). Avec cet accord, le gouvernement mexicain s'engage à accentuer davantage ses efforts pour protéger l'écosystème marin du golfe de Californie, où vit la "vaquita". Le plan est soutenu par la fondation de DiCaprio et celle du magnat mexicain des télécommunications Carlos Slim.

    Surpêche en hausse

    C'est également à l'occasion de la Journée des océans que s'est ouverte lundi 5 juin la première conférence sur les océans de l'ONU, assombrie par le retrait des Etats-Unis, annoncé quatre jours plus tôt, de l'accord de Paris. Ce qui n'a pas empêché David Balton, responsable environnement du département d'Etat, de marteler que les océans et leurs ressources étaient "sous une énorme pression" provenant de plusieurs menaces, dont la pêche illégale, la pollution marine et l'acidification des eaux. "La pêche illégale, non-déclarée et non-réglementée met en péril la sécurité alimentaire internationale, la croissance économique, et menace les écosystèmes marins", a-t-il ajouté.

    Depuis la tribune de l'ONU, David Balton a souligné que les Etats-Unis "avaient défendu" un accord sous l'égide de l'ONU cherchant à lutter contre la pêche illégale, qui rapporte des dizaines de milliards de dollars par an selon les estimations qu'il a citées. Faisant référence à "l'importance particulière de l'accord de Paris" et s'inquiétant de l'impact du changement climatique sur les océans, un "Appel à agir" devrait être publié vendredi 9 juin, au dernier jour de la conférence.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement avec l'AFP


    Mardi 06/06/17 - Des "super coraux" capables de résister à des eaux acides et chaudes

    Une équipe scientifique franco-australienne a découvert dans une zone de Nouvelle-Calédonie où l'eau est acide, chaude et pauvre en oxygène des coraux capables de résister à cet environnement, ont-ils indiqué. Mais il reste nécessaire de combattre le réchauffement.

    Les résultats de cette étude, conduite par des chercheurs de l'IRD de Nouméa (Institut de recherche pour le développement) et de l'Université de technologie de Sydney (UTS), viennent d'être publiés dans la revue "Scientific Reports" du groupe Nature.

    Véritable "laboratoire naturel", un chenal marin d'environ 800 mètres, qui s'enfonce dans la mangrove à Bouraké (85 km au nord de Nouméa), a été le terrain des travaux. Il possède en effets tous les paramètres d'évolution prévus: acidification, eau plus chaude (+2°) et faible oxygène.

    Les investigations des chercheurs ont mis en évidence qu'une quarantaine d'espèces de coraux constructeurs de récifs, des "super coraux", ont réussi à s'adapter à ces conditions environnementales "comparables et même pires que celles prévues d'ici 2100".

    "Des espèces coralliennes qui ont été parmi les premières à succomber lors de l'épisode de blanchissement massif de 2016 qui a largement décimé les récifs mondiaux" ont été observées vivantes dans ce chenal, a également indiqué le Pr David Suggett, coauteur de cette étude. Pour lui, ce phénomène est "incroyable".

    Les analyses vont désormais se poursuivre afin "de déterminer le matériel génétique que ces espèces ont acquis".

    Source: www.7sur7.be avec Belga


    29/05/17 - Mexique: le président Peña Nieto s’engage en faveur de l’essor du tourisme durable

    C’est dans le cadre de la Journée internationale dédiée à la diversité biologique, qui s’est tenue dans le parc national El Chico (dans l’état central d’Hidalgo), que le président du Mexique, Enrique Peña Nieto, a déclaré que son gouvernement est bel et bien déterminé à promouvoir et favoriser le tourisme durable en pleine harmonie avec la protection de l’environnement. Ce secteur constitue par ailleurs un booster de l’économie, une activité bénéfique aux communautés qui s’engagent sur cette voie en participant ainsi à l’amélioration de leurs conditions de vie.

    Le thème abordé cette année est « biodiversité et tourisme durable », de même que les pratiques de gestion durable applicables à toutes les formes de tourisme qui optent pour des principes de durabilité environnementale, avec des retombées économiques et socioculturelles pour les acteurs du domaine.

    La politique adoptée vise à sensibiliser sur la contribution du tourisme au développement national dans le cadre de l’Agenda 2030, le rôle du tourisme s’avère primordial dans cinq domaines: la croissance économique inclusive et durable, l’inclusion sociale, l’emploi et la réduction de la pauvreté; une utilisation efficace des ressources; la protection de l’environnement et l’impact sur changement climatique.

    Peña Nieto a prié les ministères de l’Environnement et des Ressources naturelles (Semarnat) et celui du tourisme (ministère du Tourisme) de travailler de manière coordonnée dans le développement et la promotion du tourisme durable dans le pays.
    « Nous encourageons les régions qui sont peu connues aujourd’hui par le tourisme national et international et où l’on peut promouvoir le tourisme dans le respect de l’environnement », a souligné le chef de l’État. Parmi ces lieux, les touristes pourront découvrir dans le respect du patrimoine naturel des lieux d’observation des baleines ou encore du célèbre papillon monarque et d’autres spécificités susceptibles de satisfaire la curiosité des amateurs de nature.

    Au cours des quatre dernières années, le tourisme étranger a augmenté de plus de 50 %, passant de 23 millions de visiteurs étrangers à 35 millions l’an dernier, ce qui représente une hausse « significative », a tenu à souligner Enrique Pena Nieto.

    Le Mexique a compris qu’il était essentiel d’associer le développement du tourisme avec le respect de l’environnement en rappelant que son pays offre de multiples opportunités aux touristes avec des destinations balnéaires au fort pouvoir d’attraction, mais aussi des richesses culturelles, rappelons que le Mexique abrite un patrimoine archéologique préhispanique d’exception par exemple, mais aussi des splendeurs naturelles.

    Le Mexique est un pays de diversité, un atout indéniable, il fait partie du groupe des nations possédant le plus grand nombre d’animaux et de plantes (12 pays concentrent 70 pour cent des espèces du monde).

    Fort de ses richesses, le Mexique est perçu comme « un pays privilégié », il abrite 12 % de toutes les espèces de la flore et la faune dans le monde, il est le premier en nombre de reptiles, deuxième en ce qui concerne les mammifères, quatrième pour les amphibiens et cinquième pour la diversité des plantes.
    Peña Nieto vient de réclamer aux secrétariats de l’environnement, de l’agriculture, de l’élevage, du développement rural, de la pêche et de l’alimentation, un projet de loi permettant d’harmoniser les politiques publiques sur la biodiversité avec une attention particulière apportée au secteur agricole.

    Ce cadre juridique a deux objectifs: la préservation de la biodiversité (la flore, la faune) et en particulier les ressources forestières et , en même temps, favoriser l’augmentation de la production agricole et de la diversification des cultures, deux points sur lesquels les autorités souhaitent déployer leurs efforts.

    À cet égard, le chef du ministère de l’Environnement et des ressources naturelles, Rafael Pacchiano Alaman a affirmé que l’une des grandes réalisations de la dernière COP 13 sur la biodiversité consiste justement à la collaboration entre les ministères du Tourisme et de l’Agriculture.

    Selon les données des Nations Unies, la variété et l’abondance des espèces ont diminué de 40 % entre 1970 à 2000, le tourisme a été tristement l’une des activités qui, pendant des années, a contribué à la disparition des écosystèmes et de la biodiversité. Heureusement, il existe aujourd’hui une plus grande prise de conscience de ce fléau, ce qui a conduit l’industrie du tourisme à adopter de meilleures pratiques à la fois plus éthiques et respectueuses de l’écologie.

    A ce jour, le Mexique possède 27 sites culturels inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO et 6 sites naturels, ainsi qu’un site mixte, à savoir l’ancienne cité maya et forêts tropicales protégées de Calakmul, Campeche (2002).

    Source: www.actulatino.com


    25/05/17 - Le thon rouge a repeuplé les pâturages marins de Méditerranée

    Après avoir failli disparaître, le thon rouge de Méditerranée a repeuplé la mer à force de quotas et de contrôles draconiens, redonnant espoir pour la préservation de cette "vache des mers", menacée dans le monde entier.

    Il mange presque tout ce qui passe devant ses mâchoires, peut peser jusqu'à 650 kilos, mesurer plus de 4 mètres de long et pondre des centaines de millions d'oeufs: pourtant, cette force de la nature a failli périr de la surpêche.

    "En 2001, nous avons connu une grave crise, le thon rouge (de Méditerranée) était sur le point de disparaître", rappelle à l'AFP Alessandro Buzzi, expert de l'ONG, WWF.

    Le stock de reproducteurs était tombé à 150.000 tonnes en 2008. Lors de la dernière évaluation menée en 2013, il était remonté à 585.000 tonnes, et on s'attend à encore mieux cette année.

    Alors que l'objectif de rétablissement du stock était fixé à 2022, "les analyses scientifiques montrent qu'on l'aura atteint dès 2018", se félicite auprès de l'AFP Bertrand Wendling, directeur général de Sa.Tho.An, coopérative du port de Sète, dans le sud de la France, alors que la campagne de pêche démarre vendredi.

    Ce qu'on appelle thon de la Méditerranée est en réalité une partie du "Thunnus thynnus" ou thon de l'Atlantique, dont la Méditerranée est l'un des principaux bassins de reproduction et donc de pêche.

    Une nouvelle évaluation du stock sera menée cet été pour être présentée à l'automne devant la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (ICCAT).

    "Si l'évaluation est positive, ce sera la fin du plan de reconstitution, en gros des mesures d'urgence. Cela ouvrira la voie à un plan de gestion sur le long terme qui fera l'objet de discussions, avant sa mise en place", déclare Alessandro Buzzi.

    Mais ce qui pourrait sonner comme une bonne nouvelle réveille aussi de vieilles craintes.

    Car la demande mondiale ne faiblit pas. Si le thon des sushis vendus en Europe est généralement de l'albacore, une variété tropicale qui n'est pas du thon rouge, 80 à 90% des thons pris par les gros thoniers senneurs en Méditerranée partent au Japon, où sa chair est très prisée, après avoir été engraissés dans des fermes en Méditerranée.

    "Tout le monde saisit l'opportunité de la reconstitution du stock pour demander une hausse du quota", que ce soit l'Espagne, l'Italie ou l'Algérie, selon M. Buzzi.

    Les pêcheurs français ne sont pas sur la même ligne. "Ils demandent à ce que les quotas et les contrôles perdurent", clame M. Wendling, expliquant avoir "extrêmement peur que le dispositif s'assouplisse trop et qu'on retombe dans les excès rencontrés il y a quelques années".

    Outre les dangers que cela ferait courir à la ressource, il craint une chute des cours, aujourd'hui autour de 10 euros le kilo, contre un à deux euros il y a quelques années.

    "Il y a des parties contractantes qui vont dire +le stock va bien, on veut plus de parts de gâteau+", explique à l'AFP Tristan Rouyer, chercheur à l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer), pour qui la pêche méditerranéenne au thon rouge est actuellement "la plus verrouillée au monde", donc la moins sujette à la pêche illégale.

    "Il faut s'assurer que d'éventuelles augmentations de quotas bénéficient à ceux qui exploitent cette ressource de manière durable", estime Alessandro Buzzi, pour qui les méthodes d'engraissement du thon dans les fermes, notamment espagnoles, "ne sont pas durables d'un point de vue environnemental".

    A l'inverse des Espagnols qui ont moins de bateaux et vivent surtout de l'aquaculture ou des Algériens qui ont des quotas nettement plus petits, les pêcheurs français traitent le thon comme un produit d'exception.

    Ils espèrent d'ailleurs obtenir bientôt le label de "première pêcherie de Méditerranée éco-certifiée", qui mettrait en valeur la pêche à l'hameçon. "On veut pêcher moins, mais vendre mieux", souligne M. Wendling.

    Source: www.atlasinfo.fr avec l'AFP


    23/05/17 - Le nombre d'insectes a baissé de 78% depuis 1989

    Un club d'entomologistes allemands a mesuré scientifiquement les insectes dans une réserve naturelle située au nord-ouest de l'Allemagne de 1989 à 2013. Elle a ainsi constaté une baisse de leur nombre de 78% en 24 ans. Les résultats de leur recherche ont été publiés dans "Science", indique mardi Natuurpunt (homologue flamand de Natagora).

    Le club allemand a utilisé, pour sa recherche, la technique dite du "piège malaise". Ressemblant à une tente, tous les insectes qui s'y aventurent par hasard atterrissent dans une solution alcoolisée.

    Alors qu'en 1989, de un à un kilo et demi d'insectes étaient ainsi attrapés dans les prés fleuris, seuls 300 grammes ont été capturés en 2013. La diversité s'est également amenuisée: en 1989, 143 espèces de syrphes (famille de mouches) étaient observées contre 104 en 2013.

    Pour Wim Veraghtert de Natuurpunt, les changements dans l'utilisation des terres et la perte de l'habitat expliquent notamment cette baisse. "La qualité des habitats restants est aussi fortement mise sous pression par la masse d'azote qui atterrit sur nos terres ainsi que par les pesticides utilisés et dont l'impact exact reste difficile à établir. (...) En ajoutant le changement climatique, on obtient un cocktail mortel."

    Les insectes remplissent divers rôles: pollinisateurs (indispensables pour la biodiversité), prédateurs pour d'autres insectes (comme les pucerons) ou encore proies pour de nombreux animaux.

    Source: www.7sur7.be avec Belga


    22/05/17 - Un tourisme durable peut protéger la biodiversité et contribuer à atteindre les Objectifs mondiaux, selon l'ONU

    Un secteur touristique bien géré peut contribuer de manière significative à réduire les menaces qui pèsent sur la biodiversité, ont rappelé lundi les Nations Unies à l'occasion de la Journée internationale de la diversité biologique.

    Célébrée le 22 mai de chaque année, la Journée vise à encourager la compréhension des enjeux liés à la biodiversité et d'accroître la sensibilisation sur ce sujet. La diversité biologique est de plus en plus reconnue comme un atout mondial d'une valeur inestimable pour les générations présentes et futures mais certaines activités humaines continuent de réduire considérablement le nombre d'espèces.

    « Les menaces qui pèsent sur les espèces et les écosystèmes n'ont jamais été aussi grandes », a alerté la Convention sur la diversité biologique dans un message. « La disparition des espèces provoquée par les activités humaines se poursuit à un rythme alarmant ».

    Cette année, la Journée internationale de la diversité biologique met l'accent sur 'la biodiversité et le tourisme durable'. Le thème de cette Journée a été choisi pour faire écho à celui de l'année 2017 – 'Année internationale du tourisme durable pour le développement'.

    La reconnaissance de la grande importance pour les économies touristiques de paysages attrayants et d'une riche biodiversité sous-tend les arguments politiques et économiques pour la conservation de la biodiversité.

    « Le tourisme et la biodiversité sont étroitement liés dans leur quête de développement durable. Tout tourisme fondé sur la nature repose sur la biodiversité et son écosystème », a déclaré dans un message le Secrétaire général de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT), Taleb Rifai.

    « Un tourisme géré de manière durable peut aider à conserver et préserver des zones sensibles riches en biodiversité. Le tourisme peut également attirer l'attention dans le monde entier sur la valeur cruciale des zones protégées, de la préservation et de la conservation », a souligné M. Rifai.

    Un secteur touristique bien géré peut ainsi contribuer à maintenir ou à accroître les principales populations d’espèces sauvages et les valeurs de biodiversité grâce aux revenus du tourisme.

    « Nous pouvons faire plus pour réduire l'impact du tourisme sur l'environnement et les communautés locales. Nous pouvons faire en sorte que les politiques de tourisme suivent les principes clés de la viabilité, comme la planification transparente de l'utilisation des terres et des politiques de contrôle de développement », a précisé M. Rifai qui a également appelé à tirer profit des technologies et de données régulières et fiables pour « aider à transformer le tourisme comme un outil de préservation pour la biodiversité ».

    Le Secrétaire général de l'OMT a également encouragé davantage de destinations touristiques à mettre en place des observatoires du tourisme durable afin de mesurer l'impact économique, environnemental et social du tourisme

    « Ensemble nous pouvons faire du tourisme un allié pour combattre la perte de biodiversité et atteindre les Objectifs mondiaux pour un monde meilleur », a dit M. Rifai. Mettre un terme à l'appauvrissement de la biodiversité et favoriser l'exploitation durable des écosystèmes terrestres et des écosystèmes d'eau douce font partie de l'Objectif 15 de développement durable.

    Source: ONU


    11/05/17 - Ces coins de France où la biodiversité est de plus en plus menacée

    Le réseau des sites Natura 2000 stagne depuis 2008, limitant les possibilités de préserver la richesse de ces écosystèmes. Sur 132 sites étudiés entre 2000 et 2010, quasiment la moitié (47 %) a connu une dégradation plus ou moins forte.

    Entre 2006 et 2014, chaque année, 60.000 hectares de forêts, de prairies, de terres agricoles ou encore de parcs urbains ont été rayés de la carte de France. Des territoires où aucune espèce animale ou végétale ne peut plus ni vivre ni se reproduire et dont l'étendue s' élève aujourd'hui à 5,16 milliards d'hectares, soit 9,4 % de la surface de l' Hexagone et de la Corse . A lire l' édition 2016 des « Chiffres clefs de l'environnement », la « consommation » de ces milieux augmente cependant moins vite depuis quelques années.

    Et si la biodiversité y régresse, ce n'est pas tant parce que leur surface baisse que parce que leur état de conservation se détériore. Le cas des zones humides (marais, tourbières, vasières, forêts alluviales...), caractérisées par une biodiversité remarquable, est éclairant.

    Directive cadre sur l'eau

    Sur 132 sites étudiés entre 2000 et 2010, quasiment la moitié (47 %) a connu une dégradation plus ou moins forte, alors qu'à peine plus d’un sur dix (11 %) enregistrait une amélioration. En 2013, 56 % des masses d'eau de surface de ces milieux étaient jugées dans un état défavorable au sens de la directive- cadre sur l'eau. « Les causes sont multiples : drainage, urbanisation, événements climatiques exceptionnels ou encore prolifération d'espèces envahissantes », est-il indiqué dans cette publication du ministère de l'Environnement.

    Une situation que l'on peut imputer à la stabilisation du réseau de sites classés Natura 2000, qui a vocation à protéger ces zones humides. Depuis 2008, la surface qu'il couvre plafonne à près de 13 % du territoire métropolitain. La biodiversité des écosystèmes agricoles, elle aussi, est mal en point. Dans 26 % des cas étudiés, les prairies, landes et fourrés sont dans un état « défavorable ».

    Le taux de matières organiques y est insuffisant, comme l'est aussi le nombre de pollinisateurs ou la diversité des micro-organismes. Phénomène inquiétant, les oiseaux désertent ces milieux. L'indice d'abondance de leurs différentes populations y a chuté de 32 % entre 1989 et 2015.

    Bonne santé des forêts

    L'état des zones forestières est plus enviable. En quelques décennies, leur surface s'est sensiblement accrue pour représenter 30 % aujourd'hui, contre 25 % en 1980. La présence croissante de gros arbres et de bois mort favorise l'apparition de tout un cortège d'espèces animales et végétales typiques du milieu. Enfin, et surtout, la variété des essences (5 en moyenne sur le territoire métropolitain) tend à croître. C'est un gage de biodiversité mais aussi de richesse économique. En 2014, les 37,7 millions de mètres cubes de bois récoltés représentaient une valeur marchande de 1,9 milliard d'euros.

    Source: www.lesechos.fr - Auteur: Joël Cossardeaux


    10/05/17 - La préservation des oiseaux migrateurs et de leurs habitats contribue au développement durable, selon l'ONU

    Les Nations Unies ont célébré mercredi la Journée mondiale des oiseaux migrateurs, l'occasion de souligner la nécessité d'une coopération internationale afin de préserver ces oiseaux et leurs habitats pour le bien de l'humanité.

    Cette année, le thème de la Journée est « Leur avenir est notre avenir – Respectons la planète, pour les oiseaux migrateurs et pour les hommes ».

    « L'arrivée des oiseaux au printemps est l'un des grands événements naturels chaque année. Nous dépendons des oiseaux migrateurs non seulement pour annoncer la venue du temps plus chaud, mais pour polliniser les cultures et effectuer d'autres fonctions vitales des écosystèmes », a rappelé le Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l'environnement (ONU environnement), Erik Solheim, dans un message.

    Lors de leurs longs voyages, les oiseaux migrateurs sont confrontés à de plus en plus de menaces telles que le braconnage, la chasse non durable, la perte d'habitat, l'empoisonnement et le changement climatique. « Et quand ils sont menacés, les humains sont menacés, aussi », a alerté le chef d'ONU environnement.

    Certains de ces oiseaux sont affectés par un déclin sans précédent. En Europe, les populations de tourterelles des bois, en danger critique d'extinction, ont décliné de presque 90% depuis les années 1970 et de plus de 90% en dehors de l'Union européenne entre 1980 et 2014, selon ONU Environnement.

    Préserver les habitats que les hommes partagent avec les oiseaux migrateurs

    Des millions d'oiseaux migrent chaque année le long de voies de migration mondiales entre les continents, par exemples de zones de reproduction en Europe à des zones d'alimentation plus chaudes en Afrique subsaharienne. Leurs voies de migration intercontinentales incluent des sites d'escale essentiels pour leur repos et leur réapprovisionnement avant de continuer leur voyage.

    « La planète se transforme rapidement, avec de moins en moins d'habitats pour les oiseaux sur toutes les voies de migration internationales. Nous devons prendre soin des écosystèmes, qui sont à la base de toute vie sur Terre », a déclaré le Secrétaire exécutif de la Convention sur les espèces migratrices (CMS), Bradnee Chambers, dans un communiqué.

    Certaines espèces menacées à l'échelle mondiale, telles que le bécasseau de l'Anadyr, utilisent la mer Jaune, un bras de mer de l'océan Pacifique qui sépare la Chine de la péninsule coréenne, comme site d'escale essentiel au cours de leur migration. La mise en valeur des terres et la perte des habitats menacent les zones humides intertidales de la mer Jaune et la migration de 50 millions d'oiseaux d'eau. Ces habitats sont cruciaux pour les oiseaux migrateurs et les pays font de plus en plus de demandes pour avoir des sites critiques inclus dans la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO. La Chine, qui a proposé un ensemble de 14 sites dans la mer Jaune, en est un exemple récent.

    Préserver les oiseaux migrateurs pour atteindre les ODD

    Selon ONU environnement, des politiques efficaces d'affectation des terres sont nécessaires pour atteindre les Objectifs de développement durable et les oiseaux terrestres sont d'excellents indicateurs des changements d'affectation des terres. La protection des oiseaux terrestres et de leurs habitats contribuera à préserver d'autres espèces de la flore et de la faune, sans freiner la croissance économique.

    « Les oiseaux migrateurs, tels que la sarcelle d'été, qui sont chassés à des fins de subsistance dans le Sahel africain, jouent un rôle significatif afin de garantir la sécurité alimentaire des populations de la région », a souligné le Secrétaire exécutif de l'Accord sur la conservation des oiseaux d'eau migrateurs d'Afrique-Eurasie (AEWA), Jacques Trouvilliez. « Encourager les communautés locales à pratiquer une chasse durable et à conserver les oiseaux d'eau et leurs habitats menacés des zones humides est un aspect central des activités de l'AEWA en Afrique ».

    La santé est l'un des autres objectifs du développement humain. Les vautours, une espèce inestimable qui agit comme une police sanitaire, subit un déclin alarmant. L'empoisonnement, ainsi que le commerce pour la médecine traditionnelle, sont responsables de 90% des décès de vautours en Afrique.

    La CMS est à l'origine du développement d'un Plan d'action pour 15 espèces de vautours en Afrique, en Europe et en Asie, impliquant plus de 120 pays. Le plan sera soumis à l'adoption lors de la prochaine Conférence des Parties (COP12) de la CMS, qui se tiendra en octobre prochain, à Manille.

    Source: ONU


    24/04/17 - Réchauffement climatique: 146 000 rennes menacés de mort

    Des experts tirent la sonnette d'alarme : les températures pourraient grimper de 7°C au cours du siècle en Laponie norvégienne, privant le célèbre cervidé de l'élément naturel nécessaire à son développement.

    Ce n'est plus un temps à mettre un renne dehors. Les célèbres cervidés de l'Arctique sont menacés par le réchauffement climatique. En effet, selon les dernières prévisions des experts du climat, les températures pourraient grimper de 7 °C au cours du siècle en Laponie norvégienne. Autant dire que les grands froids, qui pouvaient atteindre jusqu'à - 40 °C, vont devenir très rares.

    Banal ? Pas pour les cervidés, qui ont besoin d'une certaine qualité de neige pour pouvoir s'y déplacer facilement. 146 000 rennes qui se nourrissent de lichen et de mousse sous la neige risquent donc à terme de disparaître. «Ça devient de pire en pire. L'an dernier, j'ai perdu une douzaine de rennes qui sont passés à travers la glace. Ils sont morts. Je n'ai pas réussi à les dégager», s'alarme un propriétaire de troupeaux. En novembre 2009, ce sont près de 300 animaux d'un même cheptel qui se sont noyés dans un fleuve en Suède en tentant de franchir la glace, qui s'est brisée.

    Ils ont déjà perdu du poids

    La première conséquence, pour l'instant, du réchauffement climatique, est la perte de poids de ces animaux. La British Ecological Society a présenté une étude selon laquelle les rennes de l'archipel norvégien «sont devenus plus petits et plus légers. En seize ans, le poids des rennes adultes a baissé de 12 %, passant de 55 kg pour ceux nés en 1994, à à peine plus de 48 kg pour ceux nés en 2010». Les «cerfs du Père Noël» sont aussi victimes, en raison des montées du mercure, d'une présence plus accrue... de l'homme. Conséquence : des régions qui étaient inhospitalières pendant des siècles deviennent maintenant habitées. Des entreprises s'y installent, notamment minières... ce qui laisse de moins en moins de place aux cervidés.

    «Notre principale préoccupation, c'est que l'Arctique devient de plus en plus accessible à mesure qu'il se réchauffe, ce qui entraîne une explosion d'activités humaines», s'inquiète un éleveur. Les sociétés scientifiques militent pour que la préservation des rennes devienne une priorité.

    Source: www.leparisien.fr/environnement/nature


    24/04/17 - Biodiversité: les vertébrés en chute libre

    La menace la plus fréquemment subie par les populations de vertébrés est la perte ou la dégradation de leur habitat naturel. Entre 1972 et 2012, 58% des vertébrés ont disparu de la planète, sur la terre ferme comme en océan. La WWF fait le point dans une étude rendue publique dans son rapport Planète Vivante 2016.

    Sans surprise, la WWF pointe une Terre « rendue moins hospitalière » pour l’ensemble de ses habitants à cause des changements climatiques et des détériorations de l’état de la nature. L’organisation internationale classe les menaces pesant sur les différentes faunes, espèces terrestres, marines d’eau douce et marines océaniques.

    Quand la faune terrestre et d’eau douce souffre principalement de la destruction des habitats naturels puis de la surexploitation des populations vivantes, les espèces océaniques disparaissent essentiellement à cause de la surexploitation : pêche industrielle et artisanale, cueillette intensive sur le littoral. Les changements climatiques ont plus d’incidence sur les habitants de l’océan que sur la faune terrestre. La pollution des habitats, les espèces invasives et les maladies exercent ensemble une pression désormais insupportable.

    L’abondance des populations de vertébrés montre une évolution de 58%. La WWF présente un constat glaçant: « l’effectif des populations de vertébrés a en moyenne chuté de plus de la moitié en l’espace d’à peine plus de 40 ans. Au delà de la rapidité du déclin annuel moyen révélé par les données (2%), c’est surtout l’absence de signe de ralentissement de cette dynamique qui est inquiétante. »

    L’étude chiffrée de la WWF, qui a étudié en détail les populations de la planète sauf dans le désert Saharien et assez peu dans en Sibérie :

    – le déclin global des vertébrés terrestres est de -38% en 40 ans

    – le déclin global des vertébrés d’eau douce est de -81% en 40 ans

    – le déclin global des vertébrés marins est de – 36% en 40 ans

    La WWF a communiqué fin 2016 une longue étude intitulée « Pour une transition du système économique mondial ».

    Source: www.breizh-info.com - Rédaction: Maelys Lecor


    07/04/17 - Le monde compte 65.065 espèces d’arbres

    C’est le résultat de l’inventaire effectué par près de 500 instituts de botanique dans le monde. Alors que les forêts constituent un enjeu planétaire, personne jusqu’ici n’avait encore évalué la biodiversité et la rareté des plantes ligneuses.

    Le Botanic Gardens Conservation International (BGCI) basé à Richmond (Royaume-Uni) a mis deux ans et sollicité la collaboration de 500 organismes pour arriver à fournir une compilation de toutes les espèces d’arbres dans le monde que vient de publier Journal of sustainable forestry. Il y en a donc 65.065. Ce qui représente 20% de toutes les angiospermes (plantes à fleurs) et gymnospermes (plantes à cônes comme les résineux), soit 375.500 végétaux décrits par la science. Ces espèces obéissent toutes à la définition donnée par l’Union internationale de conservation de la nature (UICN). A savoir : «une plante constituée de bois avec habituellement un seul tronc poussant à une hauteur d’au moins deux mètres, ou, s’il y a plusieurs troncs, qu’au moins l’un deux fasse cinq centimètres de diamètre à hauteur de poitrine d’homme ». Les botanistes ont mis cependant du temps à écarter certains buissons, à en accepter d’autres (le noisetier est bien un arbre) et à réintroduire de petits arbres.

    Plus de la moitié des espèces ne sont présentes que dans un seul pays

    45% des espèces d'abres appartiennent à seulement dix familles. Celle qui en abrite le plus est celle des légumineuses, avec 5405 espèces. Ce qui n’est pas très étonnant : pour ce qui est de sa diversité toutes plantes confondues, les Leguminosae (ou Fabaceae) constituent le troisième groupe le plus foisonnant de la flore, derrière les Asteraceae et les Orchidaceae qui regroupent essentiellement des herbacées. Le mimosa, l’acacia, le robinier, le palissandre sont ainsi des légumineuses. Fortes de 4827 espèces, les Rubiaceae, en deuxième position, comprennent principalement des espèces ligneuses tropicales comme les caféiers. Enfin, au troisième rang, se trouvent les Myrtaceae qui comptent les trois genres les plus répandus, Syzygium (1069 espèces dont la plus connue est le giroflier), ainsi qu'Eugenia et Eucalyptus.

    Top 10 des familles comportant le plus d'espèces d'arbres

    L’inventaire donne aussi la richesse des différentes régions du monde, une information d’autant plus intéressante que 58% des espèces ne sont présentes que dans un seul pays. Sans surprise, c’est le Brésil qui abrite le plus grand nombre d’espèces (8715) devant la Colombie (5776) et l’Indonésie (5142). Mais si l’on s’intéresse uniquement aux arbres endémiques d’un seul pays, les territoires îliens reviennent en force. Derrière l’imbattable forêt amazonienne, se distinguent alors Madagascar et l’Australie qui devancent la Chine. L’étude porte aussi sur les biomes, ces grandes régions climatiques où les écosystèmes sont similaires. Celui constitué des Amériques centrale et latine est le plus divers avec plus de 23 000 espèces, devant deux autres régions tropicales, l’Afrique sub-saharienne et l’ensemble indo-malais. Les zones arctiques ne comptent que 1400 espèces. L’arbre est totalement absent de l’Antarctique.

    Des milliers d'espèces en voie de disparition

    Cette précision documentaire devrait permettre d’engager une politique de conservation plus précise des forêts. Et de déterminer là où se trouvent les urgences. Les botanistes affirment en effet que sur les 20 000 espèces dont on a pu évaluer la population, 9600 sont menacées d’extinction. 300 sont même au bord de la disparition avec moins de 50 individus recensés. Le BGCI cite ainsi le cas de l’arbre "chapeau chinois" Karomia gigas qui ne pousse que dans des forêts côtières reculées de Tanzanie. Cet arbre au bois dur a été surexploité pour la construction des maisons et aurait disparu si un groupe de botanistes du BGIC n’avait découvert en 2016 un groupe de six individus au même endroit et pouvant donc se reproduire. Le BGIC a payé des bûcherons locaux pour qu’ils gardent cette précieuse futaie et préviennent les autorités dès que les arbres feraient des graines afin de les faire germer.

    La sauvegarde, c’est l’un des buts principaux du BGIC qui lance un site Internet compilant toutes les espèces d’arbres. Ce "globaltreesearch" pérennise une liste qu’il a été difficile de construire. Très peu de pays possèdent en effet un état statistique informatisé de leurs forêts. La compilation va diffuser largement l’abondance et l’aire de répartition de chaque espèce et pourra désormais être enrichie de la découverte de nouvelles espèces mais aussi des inventaires forestiers nationaux en cours ou prévus. Une initiative qui arrive bien tard. «Il est assez incroyable qu’il ait fallu attendre 2017 pour mieux connaître la biodiversité des forêts alors que celles-ci sont exploitées depuis longtemps pour leurs richesses et sont au cœur des négociations internationales pour lutter contre le réchauffement climatique » résume Emily Beech, botaniste au BGIC et co-auteur de l’article.

    Source illustrée: www.sciencesetavenir.fr - Rédaction: Loïc Chauveau - Infographies: Sarah Sermondadaz


    07/04/17 - RDCongo: 499 camions chargés de bois rouge saisis en Zambie

    Quatre cent quatre-vingt-dix-neuf camions chargés de bois rouge, appartenant aux opérateurs forestiers congolais, ont été saisis en Zambie.

    Le coordonnateur de l’Association des exploitants forestiers artisanaux du Grand Katanga (AEFAKAT), Jean Lwamba, dénonce cette situation et se dit « étonné » de voir un pays membre de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) saisir la marchandise en provenance d’un autre pays membre «sans motif valable, après avoir perçu tous les frais inhérents au transit».

    Au cours d’un entretien mercredi 5 avril avec le gouverneur du Haut-Katanga (sud-est de la RDC), Jean-Claude Kazembe, les exploitants forestiers se sont indignés de cette situation qui occasionne un « cumul de chômage et de détention de conteneurs». L’autorité provinciale les a invités au calme, en attendant le dénouement de cette affaire.

    Lors d’une récente mission de service, le vice-ministre de l’environnement, Agée Matembo, a dénoncé, le lundi 27 mars, la coupe illicite du bois rouge dans le Haut-Katanga. «La commercialisation du bois rouge n’est pas autorisée. C’est une espèce protégée dans notre pays », a rappelé le vice-ministre de l’environnement.

    Mais ces bois seraient vendus à l’étranger, notamment en Asie, a-t-il reconnu. Selon lui, «les vrais exportateurs de notre bois ce sont les Chinois. (…) Les Congolais ont pris des documents pour exporter le bois. Mais, en réalité, ce sont des Chinois qui exportent.

    Normalement, les documents portent sur l’achat, la vente et l’exportation des bois d’œuvre et non des bois rouges», a-t-il indiqué.

    Le vice-ministre explique : «nous sommes en train de combattre cette exploitation illicite parce qu’il est difficile de maintenir une traçabilité de ce bois en RDC. Nous ne savons pas qui coupe où ? Où sont stockés ces bois et comment sont-ils commercialisés ».

    Agée Matembo reconnait la nécessité de lutter contre l’exploitation illégale du bois rouge pour une bonne régulation de ce secteur, capable d’apporter beaucoup d’argent au trésor public.

    Quelques jours plutôt, soit le vendredi 11 mars, l’évêque du diocèse de Kilwa-Kasenga, Mgr Fulgence Muteba, a accusé des ressortissants chinois d’exploitation illicite du bois rouge dans les territoires de Kasenga et Pweto (Haut-Katanga).

    Le prélat catholique a qualifié cette exploitation de "pillage des ressources naturelles de la RDC et destruction de la forêt".

    Il a expliqué que «des sujets chinois, soutenus par des gens qu’ils ne citent pas, sont en train de couper les bois rouges systématiquement.

    Ces Chinois utilisent des jeunes gens désœuvrés et transportent jusqu’à cinq camions de bois par jour. Ils les transportent jusqu’ici à Lubumbashi dans un lieu bien connu et après ils les transportent jusqu’en Tanzanie».

    Mgr Muteba qui regrette que ces bois soient coupés et exportés sans le moindre respect des lois douanières et celles du commerce international, dénonce l’impunité qui entoure ce trafic.

    Source: apanews.net


    29/03/17 - Oiseaux: Quel rôle entre la taille de leur cerveau et leur capacité à éviter les voitures?

    Chaque année dans le monde, des centaines de millions d’oiseaux se tuent en percutant une voiture. Pourquoi certains évitent une telle collision quand d’ autres meurent sur les pare-brise ? La réponse se trouve dans la taille de leur cerveau.

    Les oiseaux au cerveau plus volumineux s’adaptent mieux aux dangers

    « Les oiseaux avec des cerveaux plus petits sont plus susceptibles d’être percutés par une voiture », explique Anders Pape Møller, chercheur du CNRS à l’ université Paris -Sud et coauteur d’une étude sur le sujet paru ce mercredi dans la revue Royal Society Open Science.

    Les chercheurs y expliquent avoir constaté (lire en encadré) que les oiseaux victimes du trafic routier avaient des cerveaux relativement plus petits que les autres et que les espèces dotées d’un cerveau plus volumineux s’adaptaient mieux aux dangers du trafic automobile . Un phénomène également valable au sein d’une même espèce.

    200 millions d’oiseaux tués par des automobilistes

    Selon les experts du CNRS, ces résultats suggèrent qu’un cerveau volumineux permet aux oiseaux d’estimer la vitesse à laquelle un objet se rapproche, afin de s’envoler à temps.

    Pour rappel, en 2014, une étude américaine avait évalué les dangers qui guettent les oiseaux de nos villes. En un an, sur le seul territoire américain , 200 millions d’oiseaux avaient été tués par des automobilistes et 599 millions avaient trouvé la mort en percutant les fenêtres des maisons.

    Pour arriver à cette conclusion , les chercheurs ont étudié 3.521 oiseaux appartenant à 251 espèces différentes, dont 31% étaient morts dans un accident de la route.

    Source:
    _www.20minutes.fr/planete


    22/03/17 - Les araignées mangent au moins autant de viande que l'humanité

    Nous engloutissons 400 millions de tonnes de protéines animales chaque année, mais selon une estimation, les araignées en consommeraient jusqu'à 2 fois plus ! Un chiffre qui illustre le poids des invertébrés dans les équilibres du globe.

    L'humanité, qui domine aujourd'hui chaque recoin du globe, consomme chaque année avec entrain des milliards d'animaux d'élevage. Pourtant les araignées mangent à elles seules plus de viande - plus précisément de protéines animales - qu'Homo Sapiens, révèle une étude dirigée par Martin Nyffeler de l'Université de Bâle : alors que nous consommons environ 400 millions de tonnes de viande et de poisson annuellement, les araignées engloutissent entre 400 et 800 millions de tonnes d'insectes !

    Il est vrai que les araignées sont toutes des carnivores stricts, et particulièrement avides : elles mangent en moyenne 10% de leur poids en insectes par jour, alors que la ration humaine n'est que de 4% de son poids environ, dont une part modeste de viande.

    « Mais au fond, la consommation des araignées reflète surtout l'immensité du monde invertébré, indique Martin Nyffeler. On estime par exemple que les seules fourmis et termites pèsent 700 millions de tonnes, et elles ne constituent qu'une partie du monde des insectes, dont les 25 millions de tonnes d'araignées se nourrissent ».

    Pour obtenir leurs chiffres, les chercheurs ont extrapolé les données de la littérature sur la densité en araignées de différents biomes, qui ont révélé que ce groupe est surtout très abondant dans les forêts et les prairies - les zones agricoles et urbanisées leur étant beaucoup moins favorables. Et ils ont ensuite multiplié ces estimations de biomasse par le volume de prédation de ces animaux, volumes pour lesquels existent des observations assez précises.

    L'élevage des araignées pour détruire les insectes nuisibles a toujours échoué

    Leur considérable prédation sur les insectes pourrait-elle faire des araignées des auxiliaires de l'homme, et en particulier de l'agriculture ? « L'agriculture biologique s'efforce déjà de créer des environnements favorables aux prédateurs des insectes nuisibles, et donc aux araignées, note le scientifique. Mais l'élevage d'araignées en quantités industrielles a toujours échoué à cause de leur comportement cannibale ».

    Source: www.science-et-vie.com - Rédaction: Yves Sciama


    Jeudi 16/03/17 - La grande barrière de corail gravement affaiblie depuis le blanchissement de 2016

    Selon une étude parue dans la célèbre revue Nature, la grande barrière de corail pourrait ne jamais se remettre de l'épisode de blanchissement survenu en 2016.

    La grande barrière de corail, en Australie, pourrait ne jamais se remettre de l'épisode de blanchissement qu'elle a subi en 2016, révèle une étude parue le 15 mars 2017 dans la célèbre revue scientifique Nature. Des chercheurs ont examiné l'impact de trois importants épisodes de blanchissement, survenus en 1998, 2002 et en 2016, sur les 2.300 kilomètres de la grande barrière. Et il est apparu que le dernier en date a été le plus néfaste de tous : les analyses ont révélé que les températures exceptionnellement élevées, dues au réchauffement climatique, ont entraîné un épisode de blanchissement sans précédent en 2016. Si bien qu'actuellement, les coraux sont bien plus vulnérables aux maladies. Cette année là, la proportion de récifs subissant un blanchissement extrême a plus que quadruplé par rapport aux deux épisodes précédents. Seulement 9 % des coraux ont échappé au blanchissement, contre plus de 40 % en 2002 et en 1998.

    Un épisode de blanchissement en cours pour la deuxième année consécutive

    Face à cette catastrophe écologique, les chercheurs qui ont mené l'étude appellent à agir d'urgence. "Les chances que la grande barrière retrouve son état antérieur aux épisodes de blanchissement sont faibles vu l'étendue des dégâts survenus en 2016 et la probabilité qu'un quatrième épisode ait lieu durant les dix ou vingt prochaines années, la température mondiale continuant à augmenter", déplorent les scientifiques. Mi-mars 2017, des biologistes ont averti que la grande barrière subit actuellement un épisode de blanchissement massif pour la deuxième année consécutive, ce qui est sans précédent. Et malheureusement, les mesures locales de protection "offrent peu ou pas de résistance" à la chaleur extrême, constatent les chercheurs. Les efforts menés se concentrent sur une meilleure qualité de l'eau et des pêcheries, mais "même les récifs les mieux protégés et les zones d'eau quasi-cristallines sont très sensibles à un stress thermique sévère", soulignent-ils.

    Seule solution efficace : limiter le réchauffement planétaire

    Toutes ces constatations ont des conséquences importantes sur les efforts de protection des récifs coralliens, même si ceux-ci seront de plus en plus difficiles à mettre en place : "Renforcer leur résistance va devenir plus difficile et moins efficace dans les décennies à venir parce que les interventions locales n'ont eu aucun effet perceptible sur la résistance des coraux au stress dû à une chaleur extrême", révèle l'étude. La seule solution efficace, estiment les chercheurs, est "une action urgente et rapide" pour limiter le réchauffement planétaire qui devrait augmenter encore davantage la température de l'eau, entraînant à nouveau la mort de nombreux coraux.

    Le blanchissement est un phénomène de dépérissement qui se traduit par une décoloration des coraux. Il est provoqué par la hausse de la température de l'eau, qui entraîne l'expulsion des algues symbiotiques qui donnent au corail sa couleur et ses nutriments. S'ils ne disposent pas de suffisamment de temps pour se rétablir (une ou plusieurs décennies, selon les espèces), les coraux finissent pas mourir.

    Source: www.sciencesetavenir.fr


    03/03/17 - Journée de la vie sauvage: l'ONU appelle à prendre en compte la voix des jeunes

    A l'occasion de la Journée mondiale de la vie sauvage, plusieurs dirigeants du système des Nations Unies ont incité les jeunes à aborder les questions de la conservation de la faune et flore sauvages et les décideurs à tenir compte de leurs points de vue.

    Célébrée chaque année le 3 mars, la Journée a cette année pour thème : « Écoutons la voix des jeunes ». Selon le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), les jeunes (personnes âgées entre 10 et 24 ans) représente près d'un quart de la population mondiale. Toutefois, l'évolution des attitudes, des croyances et des comportements des jeunes vis-à-vis de l'environnement est préoccupante, suggérant une baisse de la responsabilité individuelle chez eux en ce qui concerne la conservation des espèces sauvages et l'environnement dans son ensemble.

    Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a appelé les jeunes à protéger leur patrimoine en restant informés et en agissant pour protéger les animaux et les plantes sauvages de la menace d'extinction. « L'application stricte des lois est importante, mais la prise de conscience l'est tout autant », a-t-il dit dans un message.

    La Vice-Secrétaire générale de l'ONU, Amina J. Mohammed, a pour sa part rappelé que la moitié des animaux et des plantes sauvages ont été perdus au cours des 40 dernières années, en raison de la perte d'habitat, du changement climatique, de la surexploitation, du braconnage et du trafic illicite. « Partout dans le monde, les jeunes jouent un rôle de plus en plus important en tant que consommateurs responsables et futurs leaders de la conservation pour inverser cette tendance », a souligné Mme Mohammed.

    Hausse des crimes contre la vie sauvage

    Pour la Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, les crimes à l'encontre de la vie sauvage sont plus élevés jour après jour et requièrent un nouvel engagement de tous pour les combattre et promouvoir la justice.

    « Les jeunes femmes et les jeunes hommes ont un rôle particulier à jouer ici, en tant que décideurs du changement aujourd'hui et futurs gardiens », a déclaré la cheffe de l'UNESCO dans un message. « Nous devons les écouter et entretenir leur engagement, concevoir de nouvelles formes d'action pour conserver et protéger la faune sauvage sur la base de la solidarité ».

    Mme Bokova a souligné que la communauté internationale doit aider les jeunes à relier le « local » et le « global » pour une conservation de la faune plus efficace à un moment où les gouvernements travaillent sans relâche pour faire avancer le Programme de développement durable à l'horizon 2030 et l'Accord de Paris sur le climat. « Pour cela, nous avons besoin de la voix des jeunes. Nous avons besoin que les jeunes s'expriment, se donnent la main et collaborent à l'élaboration de nouveaux chemins vers le développement durable de manière à conserver la faune et à protéger la richesse partagée de la biodiversité », a-t-elle dit.

    La préservation de la vie sauvage requiert un effort entre les générations

    Selon le Secrétaire général de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction ( CITES), John E. Scranton, la génération actuelle n'ayant pas encore réussi à assurer l'avenir de nombreux animaux et plantes sauvages, relever ce défi sera maintenant partagé avec la prochaine génération.

    « Pour réussir, nous devons exploiter pleinement l'innovation et l'énergie de la jeunesse, et la combiner avec la sagesse qui vient avec l'expérience, si nous voulons réaliser le changement que nous devons voir se produire », a déclaré M. Scranton.

    Le chef de la CITES a souligné que les générations actuelles ont l'obligation de partager leurs connaissances de la conservation de la faune avec les jeunes générations, tout en les habilitant et les encourageant à participer activement et à participer de manière créative. « L'investissement dans nos jeunes assurera la survie continue des animaux sauvages et des plantes et nous aidera dans la lutte contre le commerce illicite dévastateur de la faune », a-t-il dit.

    Le Secrétaire exécutif de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS), Bradnee Chambers, s'est fait l'écho de son collègue de la CITES estimant que l'implication des jeunes d'aujourd'hui est essentielle pour trouver des solutions aux problèmes environnementaux.

    « Nous devons réfléchir sérieusement à la conservation des espèces pour les générations à venir », a déclaré le Secrétaire exécutif du traité intergouvernemental qui coordonne l'action mondiale pour la conservation de la faune migratrice mondiale.

    M. Chambers a souligné que les idées des jeunes doivent être prises au sérieux et qu'il faut les encourager à s'attaquer aux problèmes environnementaux actuels. « Jeune ou vieux, nous pouvons tous faire une différence. Nous devrions travailler ensemble pour forger un avenir plus durable. Leur avenir est notre avenir", a-t-il conclu.

    Source: ONU


    01/03/17 - Les États doivent respecter les droits de l'homme pour protéger la biodiversité, selon un expert de l’ONU

    Le Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l'homme et l'environnement, John H. Knox, a demandé mercredi aux gouvernements du monde entier de s'acquitter de leurs obligations en matière de droits de l'homme pour protéger la biodiversité à travers le monde.

    « La perte rapide de diversité biologique dans le monde devrait susciter l'inquiétude », a dit M. Knox à quelques jours de la Journée mondiale de la vie sauvage. « La sixième extinction mondiale d'espèces dans l'histoire de la planète est en cours et les États ne parviennent toujours pas à stopper les principaux facteurs de perte de biodiversité, y compris la destruction de l'habitat, le braconnage et le changement climatique ».

    Selon lui, on oublie souvent que « la perte de biodiversité compromet la jouissance d'un large éventail de droits de l'homme, y compris les droits à la vie, à la santé, à l'alimentation et à l'eau ».

    M. Knox a publié le premier rapport de l'ONU portant sur la relation entre les droits de l'homme et la biodiversité. Dans ce rapport, le Rapporteur spécial décrit l'importance des écosystèmes et de la biodiversité pour l'exercice des droits de l'homme.

    Parmi ses nombreux effets négatifs, la perte de biodiversité diminue la productivité et la stabilité de l'agriculture et de la pêche, sapant le droit à l'alimentation. Elle détruit des sources potentielles de médicaments, augmente l'exposition à certaines maladies infectieuses et limite le développement du système immunitaire humain, sapant les droits à la vie et à la santé. Elle supprime également les filtres naturels du cycle de l'eau, fragilisant le droit à l'eau.

    « Alors que la perte de biodiversité affecte tout le monde, les plus démunis sont ceux qui dépendent le plus de la nature pour leur vie matérielle et culturelle », a déclaré M. Knox.

    Selon lui, la protection des droits des peuples autochtones et d'autres personnes directement dépendantes des écosystèmes naturels n'est pas seulement exigée par les droits de l'homme, elle est souvent la meilleure façon de protéger la biodiversité.

    « Ceux qui risquent leur vie pour protéger la biodiversité ne sont pas seulement des écologistes - ils sont aussi des défenseurs des droits humains. Les gouvernements doivent faire plus pour les protéger et honorer leur travail », a lancé le Rapporteur spécial.

    M. Knox présentera officiellement son rapport au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies le 7 mars 2017.

    Source: ONU


    10/02/17 - Les manchots du Cap menacés par la surpêche et le réchauffement climatique

    Selon une étude parue le 9 février 2017, le réchauffement climatique et la surpêche seraient responsables de l'accélération de l'extinction des manchots du Cap.

    D'après les scientifiques, le changement climatique et la pêche excessive risquent de précipiter l'extinction des manchots du Cap (Spheniscus demersus) en les piégeant dans des régions où ils ne trouvent pas suffisamment de nourriture. Selon les observations des chercheurs, les jeunes de cette espèce scrutent des vastes étendues d'océan dans l'espoir d'apercevoir des signes indicateurs de la présence de proies abondantes. Mais le changement climatique et la pêche industrielle provoquent des perturbations qui brouillent ces indices et conduisent ces oiseaux noir et blanc dans des zones pauvres en nourriture. Les effets de "ces pièges écologiques marins" sont dévastateurs car ils font chuter le taux de survie des jeunes manchots, expliquent les auteurs de l'étude parue jeudi 9 février 2017 dans la revue américaine Current Biology. Ainsi, leur modèle informatique suggère que le taux d'accouplement est de ce fait 50 % inférieur à la normale à cause de la surmortalité ces animaux.

    Le changement climatique et la pêche industrielle sont les principales menaces

    Ces scientifiques des universités britannique d'Exeter et sud-africaine du Cap ont traqué pendant deux ans, à l'aide de balises satellite, 54 jeunes manchots lorsqu'ils ont quitté pour la première fois leurs colonies respectives pour aller dans l'océan. "Une dégradation environnementale peut provoquer une mauvaise sélection de l'habitat avec des repères naturels ayant bien fonctionné longtemps pour une espère animale donnée et qui, sous l'effet du changement climatique et de la surpêche, la mette en danger", explique Richard Sherley de l'université d'Exeter. "Les jeunes manchots du Cap cherchent normalement de la nourriture dans des endroits où les températures de l'eau sont les plus froides et où il y a une concentration élevée de chlorophylle-a, qui indiquent la présence de plancton et donc de poissons qui s'en nourrissent", précise-t-il. Mais le changement climatique et la pêche industrielle ont modifié ce système écologique.

    Une population en chute libre

    En effet, de faibles changements de température et de salinité dans la région dite de "l'écosystème de Benguela" ont provoqué une migration plusieurs centaines de kilomètres vers l'est de poissons comme les sardines et les anchois qui y nageaient auparavant en grand nombre. Cet écosystème est un courant froid dans l'Atlantique, qui remonte de l'Afrique du Sud le long des côtes de Namibie et d'Angola. "Nos résultats confortent l'idée de suspendre la pêche quand la biomasse des proies descend sous certains niveaux et incitent à des mesures de conservation de grande ampleur", estiment ces scientifiques. Les manchots du Cap figurent sur la liste des espèces en danger de l'Union internationale pour la conservation de la nature. Leur population a chuté de 95 % depuis l'ère pré-industrielle, à 50.000 estimés actuellement contre deux millions à la fin du XIX siècle. En 10 ans (2004 et 2014), le nombre de couples reproducteurs a diminué de 90 % dans les colonies sud-africaines au nord du Cap.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/animaux/oiseaux


    03/02/17 - Espagne: les Baléares touchées par la bactérie tueuse d'oliviers

    La bactérie xylella fastidiosa, qui a décimé des milliers d'oliviers en Italie, a été détectée sur l'archipel espagnol des Baléares, où les mesures de lutte s'intensifient, a indiqué vendredi le gouvernement régional.

    "Le nombre de résultats positifs que nous avons est très élevé", et l'ensemble de l'archipel vient d'être classé comme zone infectée, a expliqué à l'AFP Mateu Ginard, directeur du département agriculture au gouvernement régional des Baléares.

    Les exportations de végétaux ont été interdites au départ de l'archipel pour empêcher la bactérie d'atteindre le reste de l'Espagne, premier producteur mondial d'huile d'olive.

    La xylella fastidiosa, apparue en 2013 dans le sud de l'Italie puis détectée en France, n'avait jusqu'ici jamais été identifiée en Espagne. Elle fait dépérir les arbres en les desséchant de l'intérieur.

    La bactérie a été détectée pour la première fois en octobre sur un cerisier dans une pépinière sur l'île de Mallorque, puis sur des oliviers, amandiers et autres plantes. Des tests ont également révélé sa présence sur l'île voisine d'Ibiza.

    Les autorités avaient déclenché dans la foulée le protocole dit d'éradication, qui consiste à détruire toutes les plantes jugées vulnérables à la bactérie dans un rayon de 100 mètres. Au total, plus de 1.900 plantes ont été détruites.

    Tous les cas ont été repérés sur des plantes isolées, en dehors des champs cultivés d'oliviers et d'amandiers, selon M. Ginard.

    Il reste encore à déterminer quelle souche de la bactérie a touché les oliviers, pour savoir si elle est aussi virulente que celle qui a infecté près d'un million d'oliviers en Italie.

    Jusqu'ici, deux souches différentes ont été identifiées sur les autres plantes, moins ravageuses que la souche italienne.

    Les autorités ont décidé de détruire toutes les plantes contaminées, mais elles ont pour l'instant suspendu l'éradication qui implique la destruction de tous les végétaux autour de la plante malade, ce qui serait un "désastre" environnemental pour l'archipel, a précisé M. Ginard.

    Si la xylella fastidiosa ne présente a priori aucun risque pour les êtres humains, elle est capable de tuer plus de 200 espèces végétales, notamment la vigne, le clémentinier et l'olivier.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement avec l'AFP


    28/01/17 - Amérique du Nord: la carpe asiatique est arrivée dans les Grands Lacs

    Pêches et Océans Canada estime que les conséquences «pourraient être extrêmement graves»

    Le gouvernement fédéral a confirmé vendredi l’arrivée de la carpe asiatique dans les Grands Lacs, première étape de la propagation de cette espèce envahissante très prolifique qui a fait des ravages dans les cours d’eau américains. Une situation dont les conséquences « pourraient être extrêmement graves », reconnaît même Pêches et Océans Canada.

    Selon les résultats d’une « évaluation du risque » publiée par le gouvernement fédéral et le gouvernement de l’Ontario, la carpe de roseau — une des quatre espèces de carpes asiatiques — est « arrivée » dans certaines zones du bassin des Grands Lacs, « en particulier dans les lacs Michigan, Érié et Ontario ».

    Concrètement, cela signifie que l’espèce a commencé à se propager dans les eaux canadiennes et à accroître sa présence. Fait à noter, une carpe de roseau a été pêchée au printemps dernier dans le fleuve Saint-Laurent, dans le secteur de Contrecoeur, en aval de Montréal. Il s’agissait d’un poisson de près d’un mètre, pour un poids avoisinant les 60 livres.

    Dans le cas des Grands Lacs, Pêches et Océans a précisé vendredi que 23 carpes de roseau ont été capturées dans les eaux canadiennes depuis 2012. Mais le pire pourrait bien être à venir. Le ministère admet lui-même que « les conséquences écologiques de la présence de la carpe de roseau dans la plupart des zones du bassin des Grands Lacs pourraient être extrêmement graves dans les 50 prochaines années ».

    Espèce envahissante

    Il faut dire que l’expérience américaine en dit long sur les conséquences de la prolifération de ces poissons. Les carpes asiatiques ont été introduites dans les années 1970 dans les exploitations piscicoles du sud des États-Unis. Mais ces poissons se sont retrouvés accidentellement dans le bassin du Mississippi à la suite d’inondations.

    Les carpes ont alors réussi à remonter le mythique fleuve et à envahir les cours d’eau rattachés à celui-ci sur une distance de plus de 1500 kilomètres. Tout cela en moins de 20 ans.

    Leur capacité d’adaptation a d’ailleurs été phénoménale. Dans la rivière Illinois, à quelques dizaines de kilomètres des Grands Lacs, les carpes représentent à certains endroits plus de 90 % de la biomasse animale du cours d’eau.

    Barrière inefficace

    Prédateur indélogeable, une telle bête peut mesurer plus d’un mètre, dépasser les 45 livres et vivre plus de 20 ans. Elle pèse au moins deux livres après sa première année de vie, ce qui fait qu’elle ne peut être une proie pour d’autres espèces. Et elle mange chaque jour l’équivalent du tiers de son poids.

    Pour tenter tant bien que mal de contrer la menace, Washington a financé au début des années 2000 la construction d’une barrière électrique dans le canal qui traverse Chicago et qui permet aux navires de commerce de gagner le lac Michigan.

    La confirmation de la présence de la carpe asiatique dans les Grands Lacs permet toutefois de constater que cette barrière s’est avérée inefficace pour stopper la propagation vers les Grands Lacs, un réseau qui communique directement avec le fleuve Saint-Laurent et qui ouvre aussi la voie à plusieurs rivières du Québec.

    Financement de Québec

    Au Québec, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) dit justement prendre la situation très au sérieux. Le gouvernement a mis sur pied une équipe de cinq biologistes qui doit élaborer un plan de lutte contre les carpes asiatiques.

    Une enveloppe de 1,7 million de dollars sur trois ans a d’ailleurs été annoncée dans le budget provincial de 2016. Québec suit ainsi le fédéral, qui a déjà injecté des fonds pour suivre la situation et se préparer au pire.

    En entrevue au Devoir l’an dernier, le biologiste et coordonnateur de l’équipe du MFFP sur les carpes asiatiques, Michel Legault, avait souligné qu’il est très probable qu’on retrouve un jour ces poissons au Québec. Et selon lui, ces carpes seraient parfaitement à l’aise dans le fleuve. Elles pourraient alors coloniser les très nombreuses rivières qui se jettent dans le fleuve.

    Une fois qu’elles seront présentes au Québec, les carpes asiatiques seront pour ainsi dire indélogeables. Tout au plus, il faudra, selon M. Legault, essayer de « limiter la propagation » pour tenter de protéger le plus possible la faune aquatique indigène du Québec.

    Source: _www.ledevoir.com/environnement - Auteur: Alexandre Shields


    19/01/17 - Les singes pourraient disparaître de la surface de la Terre d'ici 25 ans

    Ils sont nos plus proches parents biologiques et pourtant, 60 % des primates sont menacés d’extinction en raison de la dévastation résultant des activités humaines. « La vérité, c’est que nous sommes à un moment critique pour un grand nombre de ces créatures », juge Paul Garber, professeur d’anthropologie à l’Université d’Illinois, principal coauteur avec Alejandro Estrada, de l’université nationale autonome de Mexico.

    Plusieurs espèces de lémuriens et de singes comme les lémuriens catta à queue annelée, les semnopithèques à tête blanche et les gorilles de Grauer, ont des populations très réduites de seulement quelques milliers d’individus. La situation est encore pire pour les gibbons d’Hainan, espèce de singe de Chine: il n’en reste pas plus de trente, selon cette étude.

    Huile de palme et de caoutchouc pointées du doigt

    L’orang-outang de Sumatra est une autre espèce de primates en danger extrême de disparaître après avoir perdu 60 % de son habitat entre 1985 et 2007, précise le professeur Garber. Ces espèces sont confrontées à un ensemble de menaces dont la chasse, le commerce illégal d’animaux de compagnie et la perte de leur habitat, les humains continuant de couper des arbres dans les forêts tropicales, de construire des routes et d’exploiter des mines, déplore-t-il. Toutes ces activités sont menées « d’une manière inutilement destructrice et non-durable », ajoute Paul Garber.

    L’agriculture est l’une des plus grandes menaces humaines pour l’habitat des primates, selon ces chercheurs. L’étude cite en particulier la production d’huile de palme, de soja et de caoutchouc ainsi que l’exploitation forestière et l’élevage qui ont entraîné la destruction de plusieurs millions d’hectares de forêts.

    L’exploitation minière et le forage pétrolier entre autres viennent s’ajouter à la longue liste des activités destructrices des forêts dans le monde et donc des primates qui y vivent. Dans le monde, seuls quatre pays, le Brésil, l’Indonésie, Madagascar et la RDC, abritent les deux tiers de toutes les espèces de primates que compte la planète. Ces pays sont de ce fait des cibles évidentes pour mettre en œuvre des mesures pour arrêter, voire peut-être même inverser le phénomène d’extinction des primates.

    Eduquer les femmes et protéger la forêt

    La perte d’habitat de ces animaux est aussi liée à des taux élevés de croissance démographique et à la pauvreté des populations vivant à proximité, expliquent les auteurs de l’étude. Les chercheurs proposent de « développer des économies fondées sur la conservation des forêts et des primates qui y vivent tout en augmentant les possibilités d’éducation des femmes des populations locales ».

    En publiant cette étude, les scientifiques espèrent une prise de conscience mondiale : « Au cours des 25 prochaines années, un grand nombre de ces espèces de primates disparaîtront à moins que nous ne fassions de leur préservation, une priorité mondiale », plaide Paul Garber.

    Source: _www.20minutes.fr/planete - Rédaction: Lucie Bras


    31/12/16 - La Chine va interdire le commerce d'ivoire d'ici fin 2017

    La Chine va interdire tout commerce et transformation de l'ivoire dans le pays d'ici fin 2017, a annoncé vendredi son gouvernement, une décision qui pourrait "changer la donne" selon les défenseurs des éléphants africains.

    "Afin de mieux protéger les éléphants et mieux combattre les trafics, (la Chine) va arrêter peu à peu la vente et la transformation à des fins commerciales d'ivoire et d'objets en ivoire", et ce d'ici fin 2017, a indiqué dans un communiqué le Conseil d'Etat, gouvernement du régime communiste.

    Une première vague d'ateliers et de vendeurs devront cesser leurs activités dès le 31 mars, a-t-il précisé, et les autres devront faire de même "dans les délais impartis".

    L'ivoire est très recherché en Chine, où il peut atteindre jusqu'à 1.050 euros le kilo et est considéré comme le symbole d'un statut social élevé, et la forte demande du pays alimente le massacre de dizaines de milliers de pachydermes africains par an.

    Cette annonce de Pékin s'inscrit dans le prolongement de la décision chinoise annoncée en mars d'étendre l'interdiction d'importation de l'ivoire et de ses produits dérivés acquis avant 1975.

    L'interdiction totale dévoilée vendredi affectera "34 entreprises de transformation de l'ivoire et 143 centres de commerce, des dizaines devant fermer d'ici mars 2017", a assuré Chine nouvelle.

    Selon les associations de protection de la nature, plus de 20.000 éléphants ont été massacrés pour leur ivoire l'an dernier et des chiffres similaires ont été avancés les années précédentes. Seuls quelque 415.000 éléphants subsistent encore, selon le Fonds mondial pour la nature (World Wildlife Fund).

    Pression sur Hong Kong

    Pékin est signataire de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de la flore sauvages menacées d'extinction (Cites), qui interdit presque toutes les formes de négoce international sur les défenses d'éléphants.

    Mais la Chine n'en est pas moins le principal consommateur mondial d'ivoire de contrebande.

    Par ailleurs, les ventes d'ivoire ouvragé restaient légales dans le pays, même si Pékin en avait toutefois interdit l'importation en 2015. A l'image d'autres pays, la Chine permettait également la revente d'ivoire acheté avant l'interdiction de la Cites en 1989.

    Le WWF s'est félicité de la décision chinoise, saluant "le calendrier déterminé de la Chine pour sauver les éléphants de l'extinction".

    Mais l'organisation souhaite que Hong Kong --territoire chinois doté d'une large autonomie et de ses propres lois-- arrête à son tour le commerce de l'ivoire d'ici 2021.

    "Avec le marché chinois fermé, Hong Kong peut devenir le marché favori des trafiquants pour blanchir l'ivoire illégal sous couverture du commerce légal de l'ivoire", a estimé une responsable de WWF, Cheryl Lo.

    Entre 800 et 900 affaires de contrebande d'ivoire sont mises au jour en Chine continentale chaque année, selon les statistiques des douanes. Et plus de la moitié des entreprises engagées dans le commerce légal de l'ivoire sont aussi impliquées dans des transactions illégales.

    Les Etats-Unis, deuxième plus gros consommateur d'ivoire illégal après la Chine, a annoncé en juin une interdiction presque totale du commerce d'ivoire provenant d'éléphants africains, avec toutefois de notables exceptions comme les antiquités.

    De même, la Chine continuera d'autoriser des ventes aux enchères d'antiquités en ivoire dûment identifiés et provenant de "sources légitimes", un processus placé sous "étroite supervision", a indiqué vendredi le gouvernement chinois.

    La sculpture sur ivoire est un art ancien en Chine et les objets finement ouvragés --souvent des scènes tirées de la tradition bouddhiste, mais aussi des sceaux ou de simples baguettes-- y sont très prisés des collectionneurs.

    Source: tv5monde.com avec l'AFP


    28/12/16 - Le guépard « court tout droit » vers son extinction

    Selon une étude britannique publiée le 26 décembre, le félin n’est plus présent que sur 9 % de la surface qu’il occupait au début du XXe siècle.

    Le guépard, l’animal terrestre le plus rapide au monde, « court tout droit » vers son extinction, selon une étude publiée le 26 décembre dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS). Moins de 7 100 guépards subsistent actuellement en liberté dans le monde, à 99 % en Afrique, n’occupant plus que 9 % de la surface qu’ils ont un temps occupée.

    Selon de précédentes estimations, non citées dans l’étude menée par la Société zoologique de Londres (ZSL) et l’organisation de défense de l’environnement Wildlife Conservation Society (WCS), la population mondiale de guépards se montait à environ 100 000 individus au début du XXe siècle.

    « Le guépard court tout droit vers l’extinction, et pourrait disparaître rapidement à moins que des mesures (…) urgentes ne soient prises », indique la Société zoologique de Londres dans un communiqué. Quant au guépard asiatique, seuls 43 individus ont été recensés en Iran. Au Zimbabwe, sa population est elle passée de 1 200 à 170 animaux en 16 ans, une chute de 85 %.

    Recensement difficile

    « Nos conclusions (…) sont que l’espèce est bien plus vulnérable à l’extinction que nous le pensions auparavant », explique Sarah Durant, qui a dirigé l’étude, précisant que le recensement des guépards est rendu difficile par la « nature discrète » de l’espèce. Considéré comme le plus faible des prédateurs, malgré ses pointes de vitesse à 120 km/h, le guépard a besoin de grands espaces à faible densité de carnivores pour ne pas avoir à subir la concurrence de plus redoutables chasseurs tels que les lions et les léopards.

    Ainsi, quelque 77 % d’entre eux vivent hors des zones protégées, les rendant particulièrement vulnérables vis-à-vis des braconniers et des activités humaines menaçant leur habitat. Les auteurs souhaitent que le guépard passe de la catégorie espèces « vulnérables » sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN), à espèces « en danger » pour qu’il soit mieux protégé.

    Source: www.lemonde.fr avec l'AFP


    26/12/16 - Il existerait en réalité deux fois plus d'espèces d'oiseaux

    Des chercheurs américains ont tenté de réviser la classification actuelle des espèces d'oiseaux. Selon leurs résultats, il en existerait en réalité deux fois plus que ce que l'on pense.

    Actuellement, on dénombre environ 9000 espèces d'oiseaux. Mais selon une étude parue le 23 novembre 2016 sur le site PLOSone et menée par des chercheurs du Muséum Américain d'Histoire naturelle basé à New-York, ce nombre serait largement sous-estimé. Pour leur recherche, les scientifiques ont pratiqué différentes analyses sur une centaine d'espèces d'oiseaux sélectionnées au hasard. Ils ont appliqué deux concepts alternatifs à celui d'espèce phylogénétique employé actuellement : d'abord le concept d'espèce biologique qu'ils ont utilisé pour 200 espèces et qui tient compte du choix du partenaire et des critères morphologiques et écologiques pour former des groupes homogènes. Dans un second temps, ils ont réalisé chez 437 espèces d'oiseaux une méta-analyse de l'ADN de spécimens considérés jusqu'alors comme génétiquement identiques.

    Plus de 18 000 espèces d'oiseaux

    Dans un premier temps, les scientifiques ont observé plusieurs spécimens de chaque espèce étudiée présents dans les muséums d'histoire naturelle à travers les Etats-Unis, en se concentrant particulièrement sur ceux qui provenaient de sous-espèces différentes ou de zones géographiques éloignées. Ils ont procédé à des analyses qualitatives du plumage (motifs, couleurs, morphologie). Selon le concept d'espèce biologique (débattu au sein de la communauté scientifique), les animaux compris dans une même catégorie d'âge et de sexe mais présentant au moins une différence morphologique nette et caractéristique étaient considérés comme appartenant à deux espèces différentes. Selon leurs résultats, 41 % des espèces étudiées en rassemblent en réalité deux différentes, voire plus.

    Dans un second temps, lors de l'analyse génétique, le nombre réel d'espèces estimé par les chercheurs oscille aux alentours de 22 000. En corrélant ces deux recherches, les scientifiques ont réalisé une extrapolation à l'ensemble des espèces d'oiseaux, revoyant ainsi leur nombre fortement à la hausse. En effet, selon eux, il n'y aurait pas 9000 espèces comme on le pense mais... 18 043 !

    "Les études sur la variabilité intraspécifique ont abouti plus souvent à la description de nouvelles espèces qu’à la suppression d’espèces existantes"

    Interrogés par Sciences et Avenir, Jérôme Fuchs et Jean-Marc Pons, tous deux ornithologues et chercheurs au Muséum national d'Histoire naturelle, reconnaissent volontiers dans une réponse commune que le nombre d'espèces d'oiseaux est largement sous-estimé : "Il semble clair que le nombre d’espèces d'oiseaux actuellement reconnu est bien inférieur au nombre d’espèces existant réellement dans la nature. Cela tient au fait que pour la majorité de ces animaux nous ne savons rien de leur variabilité génétique. Or les études sur la variabilité intraspécifique de ces trois dernières décennies ont abouti plus souvent à la description de nouvelles espèces qu’à la suppression d’espèces existantes. Donc on peut penser que leur nombre augmentera encore dans les années à venir". Pour les chercheurs du MNHN, bien que l'étude ne soit "pas exempte de biais", "l'estimation paraît vraisemblable et soulève des questions intéressantes qui touchent les relations entre la systématique, la connaissance de la biodiversité et sa conservation". En outre, Jérôme Fuchs et Jean-Marc Pons s'accordent à dire que "si la sous-estimation du nombre d'espèces est acceptée par tous les scientifiques, l'ampleur de cette sous-estimation reste encore incertaine et débattue". Pour les deux scientifiques français, "cet article semble apporter un premier élément de réponse".

    Source: www.sciencesetavenir.fr/animaux/oiseaux


    26/12/16 - Nourrir les oiseaux en hiver : ce que nous dit la science

    Nombreux sont nos concitoyens à donner à manger aux oiseaux durant l'hiver. Une pratique encore peu étudiée pour laquelle il faut cependant suivre quelques règles.

    Avec l'arrivée des premières vagues de froid, nombreux sont ceux à remplacer la lampe antimoustique par des mangeoires pro-oiseaux sur leur balcon ou dans leur jardin . Les citadins aiment la biodiversité urbaine, mais sur une échelle hiérarchique… Et le nourrissage de la faune sauvage représente l'interaction homme- nature la plus commune en ville, partout dans le monde. Au Royaume-Uni , 64 % des ménages possèdent une mangeoire et la remplissent régulièrement de graines ; aux États-Unis , cette pratique concerne plus de 50 % des foyers et, en Europe , de manière générale, environ 20 %. Trois milliards de dollars, c'est ce que représente le poids économique du marché des graines et autres boules de graisse aux États-Unis chaque année.

    Pour la France , pas de chiffres précis , mais lever les yeux en se baladant en ville permet de constater l'importante place qu'occupent les mangeoires sur les balcons . Comment nourrir les oiseaux en hiver ? Quelles graines leur donner ? Quels sont les effets de ce nourrissage ? Malgré la popularité de cette pratique, les connaissances scientifiques sur le sujet sont encore en construction . Un tour d' horizon s'impose.
    Un nourrissage à multiples facettes

    Aussi appelé « supplémentation alimentaire », le nourrissage se présente sous différentes formes. Il y a tout d'abord le nourrissage volontaire, qui correspond à la mise à disposition de mangeoires dans les lieux privés mais également aux miettes de pain que l'on jette aux moineaux ou aux canards dans les lieux publics. Concernant cette pratique, mettons les choses au clair : elle est illégale en France. L'article L. 1311-2 du Code de la santé publique stipule ainsi qu'« il est interdit de jeter ou de déposer des graines ou nourriture en tous lieux publics pour y attirer les animaux errants, sauvages ou redevenus tels ». Le nourrissage dans les lieux publics peut générer de nombreux problèmes : de la dispersion des sangliers en zone habitée à la prolifération d'espèces envahissantes telles que le ragondin ou les bernaches du Canada.

    La seconde forme de nourrissage de la faune sauvage est indirecte et concerne les déchets. Que ce soit dans les décharges à ciel ouvert ou dans les rues, ils délectent de nombreux animaux, du renard au goéland, en passant parfois par les ours !

    Ce que la science sait (et ce qu'elle ne sait pas)

    Les résultats des études menées au sujet de ce nourrissage citadin sont contrastés. Parmi les effets positifs, celui-ci permet une meilleure survie hivernale, une amélioration de la condition physique et une augmentation du nombre de poussins à l'envol chez les individus qui profitent des mangeoires.

    Chez les mésanges bleues nourries, par exemple, un poussin de plus s'envolera avec succès, comparativement aux mésanges bleues non nourries. Sur onze espèces étudiées dans l'Illinois, parmi lesquelles la mésange à tête noire et le cardinal rouge , le nourrissage a significativement amélioré leur condition physique. Les individus nourris ont ainsi montré une meilleure croissance des plumes ainsi qu'un pouvoir antioxydant et une capacité immunitaire plus élevés. Peu d'études montrent des effets négatifs du nourrissage, mais le peu que l'on sait est assez alarmant.

    Des conséquences alarmantes

    Cette pratique modifie en effet la composition des communautés faunistiques. Les espèces capables d'exploiter les ressources anthropiques en ville vont être favorisées, au détriment des autres espèces. C'est le cas notamment des pigeons bisets qui se reproduisent toute l'année. La diminution, voire l' arrêt total, du nourrissage des pigeons réduirait considérablement leur nombre dans les villes, les contraignant à allouer leur énergie à la prospection de nouvelles sources alimentaires et leur permettant de retrouver un cycle annuel de reproduction plus naturel.

    Les mangeoires sont également prisées de certaines espèces d'oiseaux exotiques . En France, on peut citer la perruche à collier , Psittacidé originaire d'Afrique et d'Asie, et dont la taille des populations a augmenté de façon exponentielle depuis les trois dernières décennies. Cette grande perruche passe près de la moitié de son temps journalier à se nourrir sur les mangeoires. Imaginez-vous passer plus de six heures par jour à table…

    Espèces envahissantes

    En Nouvelle-Zélande, une étude a montré que la présence de mangeoires favorisait les espèces envahissantes au détriment des espèces natives. L'abondance de moineaux domestiques et de tourterelles tigrines augmentent considérablement et rapidement dès la mise à disposition des graines, jusqu'à la domination en nombre de ces deux espèces sur le cortège aviaire . Lorsque le nourrissage cesse, les changements observés s'estompent rapidement et les communautés retournent à leur état initial.

    Le nourrissage peut également être un facteur de mortalité. Le contact entre individus sur une mangeoire peut augmenter le risque de transmissions de maladies liées à des pathogènes, certains pouvant également être transmis à l'homme.

    La concentration d'oiseaux sur les mangeoires est également un véritable plateau-repas pour les prédateurs . Certains rapaces migrateurs visitent régulièrement les jardins munis de mangeoires durant leur halte migratoire afin d'y trouver des proies faciles, toutes occupées à déguster les graines. Les chats, et leur impact connu sur la biodiversité urbaine, sont également des prédateurs d'oiseaux aux mangeoires. On estime que les chats féraux tuent entre un et deux milliards d'oiseaux par an.

    De la bonne pratique du nourrissage

    Si la lecture de cet article ne vous a pas dissuadé de remplir vos mangeoires cet hiver, voici quelques conseils pour une bonne pratique du nourrissage. Parlons tout d'abord du contenant. Il convient de nourrir les oiseaux à partir des premières gelées, pas avant. L'arrêt du nourrissage doit se faire progressivement, afin de laisser le temps aux espèces de trouver d'autres sources alimentaires.

    L'arrêt doit également se faire bien avant le début de la période de reproduction qui commence généralement au printemps. La présence d'une mangeoire peut en effet influencer le choix du site de nidification et l'emplacement de votre logement peut être parfait pour vous mais pas forcément pour tous les oiseaux. Ce choix de lieu non adapté pour le nid peut ainsi entraîner une mauvaise condition physique et une plus forte mortalité juvénile.

    Les mangeoires doivent être placées suffisamment en hauteur pour éviter le risque de prédation par des chats. Il convient également d'éviter de les placer dans des arbres, les branches pouvant servir d'échelle à nos amis félidés. Privilégiez les endroits à couvert afin de limiter la prédation par les rapaces, y compris en ville. Pensez à désinfecter très régulièrement les mangeoires, mais également à ôter les graines qui seraient tombés au sol, afin de limiter le risque de transmission de maladies entre espèces (Homo sapiens inclus). Enfin, il existe des mangeoires « pigeon-proof », que l'on peut facilement fabriquées soi-même, et dont le contenu ne profitera qu'aux petits passereaux et non plus aux pigeons, tourterelles ou encore perruches à collier.

    Concernant le contenu, chaque espèce possède ses préférences, en fonction de la morphologie de son bec et donc de son régime alimentaire. Les graines de tournesol, cependant, font l'unanimité et sont riches en vitamine E, essentielle au bon développement des embryons dans l'œuf. Préférez-les issues de l'agriculture biologique et décortiquées. Les graines de millet, de chanvre ou le maïs concassé attirent les plus petites espèces, comme les mésanges ou les verdiers. Pensez également à recycler les graines de courges (bio) lors de vos préparations de soupe, ou les graines de pommes (toujours bio) en les offrant aux oiseaux.
    Attention à la « junk food »

    De manière générale, les matières brutes et naturelles sont à privilégier. Si vous souhaitez confectionner vos boules de graisse maison ou vos propres mélanges de graines, évitez absolument les graisses d'origine animale (y compris celles contenues dans les produits laitiers), le pain et tous les produits industriels préparés. Les graisses végétales peuvent être utilisées, comme le beurre de coco, avec parcimonie cependant pour éviter de les surcharger en lipides.

    Bons ou mauvais pour les oiseaux, les effets du nourrissage sont variés et variables selon les études. En attendant que la science nous apporte de nouvelles connaissances, libre à chacun d'essayer de nourrir de la façon la plus responsable.

    Source: www.lepoint.fr/environnement - Auteur: Marine Le Louarn, doctorante en écologie urbaine à l'université Aix-Marseille


    22/12/16 - Cambodge: énorme saisie d'ivoire

    Les autorités cambodgiennes ont saisi 1,3 tonne d'ivoire dans une cargaison de bois venant du Mozambique et destinée à la Chine, ont annoncé jeudi une association de défense des animaux et des responsables.

    Cette saisie, l'une des plus importantes au Cambodge cette année, met en lumière le rôle clé de ce pays dans un trafic lucratif, désastreux pour l'écologie, alimenté au premier chef par la demande chinoise.

    D'après Wildlife Alliance Cambodia (Alliance pour les animaux sauvages), un groupe qui aide les autorités à débusquer les trafiquants, les douanes ont fait leur découverte vendredi en inspectant des conteneurs de bateaux au terminal terrestre de Kandal près de Phnom Penh.

    Ils ont découvert cachés derrière des poutres de bois rare 1,3 tonne de défenses d'éléphants d'Afrique, ainsi que 10 crânes de guépards, 82 kilogrammes d'os d'animaux et 137 kilogrammes d'écailles de pangolin.

    "C'est une énorme affaire, avec trop d'éléphants morts. Nous devons chercher justice pour ces animaux", a déclaré Kdov Nuch, directeur des douanes au terminal.

    La compagnie maritime figurant au manifeste avait été impliquée dans une saisie fin octobre au Vietnam, lorsque près d'une tonne d'ivoire avait été découverte.

    Wildlife Alliance a déclaré que le suspect principal dans ce trafic est un Vietnamien en cavale, connu pour être un grand contrebandier.

    Un Vannarith, directeur adjoint du département des forêts de Phnom Penh, a confirmé la saisie auprès de l’AFP.

    La demande pour les organes d'animaux, en particulier en Chine et au Vietnam, a décimé les populations de nombreuses espèces rares et constitue un fléau pour les éléphants et rhinocéros d'Afrique.

    Le pangolin, petit mammifère à écailles menacé d'extinction par le braconnage, est l'animal le plus trafiqué au monde. En Asie, ses écailles sont utilisées en médecine traditionnelle tandis que sa chair est très appréciée.

    L'ivoire, dont le commerce est interdit, est appréciée pour sa beauté.

    Les écologistes estiment que le Cambodge, pays pauvre où les lois ne sont pas toujours respectées, est devenu une voie de passage majeure pour l'ivoire africain ces dernières années.

    Source: information.tv5monde.com avec l'AFP


    20/12/16 - Les gouvernements s'engagent en faveur de la biodiversité lors d'une conférence des Nations Unies au Mexique

    Les pays participant à la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité, qui s'est achevée ce weekend à Cancun, au Mexique, ont convenu de prendre des mesures visant à intégrer la biodiversité dans les secteurs de la foresterie, de la pêche, de l'agriculture et du tourisme et à réaliser le Programme de développement durable à l'horizon 2030.

    La 13ème Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB), également connue sous le nom de COP 13, a vu les gouvernements de 167 pays se mettre d'accord sur une série de mesures qui devraient accélérer la mise en œuvre des objectifs d'Aichi pour la biodiversité d'ici 2020, et favoriser des mesures en faveur des zones protégées, de la restauration des écosystèmes, et de la gestion durable de la faune.

    « Les gouvernements ont démontré leur engagement à atteindre les objectifs d'Aichi pour la biodiversité et ont montré que le programme de biodiversité est central et essentiel pour le programme mondial de développement durable et la lutte contre le changement climatique », a déclaré le Secrétaire exécutif de la CBD, Braulio Ferreira de Souza Dias.

    Selon lui, la communauté mondiale a également pris conscience de l'importance du Protocole de Carthagène sur la prévention des risques biotechnologiques et du Protocole de Nagoya sur l'accès aux ressources génétiques et le partage des avantages pour contribuer efficacement aux objectifs de développement durable.

    Ensemble, ces protocoles contribuent à faire en sorte que la biotechnologie moderne et les autres usages des ressources génétiques soient mis en oeuvre en toute sécurité et qu'ils prennent en compte les effets potentiellement négatifs sur la diversité biologique.

    Les pays qui ont participé à la conférence se sont engagés à élaborer des lois, des politiques et des mesures au cours des quatre prochaines années pour appuyer les objectifs d'Aichi pour la biodiversité.

    « Nous applaudissons et soutenons l'engagement de la communauté mondiale pris pendant cette COP d'intégrer les considérations en matière de biodiversité dans les activités d'autres secteurs critiques de nos économies : l'agriculture, la pêche, la foresterie et le tourisme, et de valoriser son capital naturel pour le développement durable », a déclaré le Directeur général du Fonds pour l'environnement mondial, Naoko Ishii.

    Source: ONU


    16/12/16 - Les quotas de prise de bars suffiront-ils à sauver le stock ?

    Le bar des côtes atlantiques est-il sauvé ? C’est ce que claironne un communiqué du secrétariat d’Etat à la mer. Les totaux admissibles de capture (TAC) permettraient donc d’améliorer la population de Dicentrarchus labrax tout en permettant aux pêcheurs de vivre. Le moratoire instauré en Manche entre Brest et la frontière belge en 2015 est maintenu, mais, précise le ministère « sans remettre en cause l’objectif d’une reconstitution du stock dans le cadre du moratoire actuel, la France a obtenu des assouplissements afin de tenir compte des captures inévitables de certains engins de pêche et d’éviter les rejets en mer ». En théorie, les chalutiers n’ont plus le droit de prendre du bar, mais il leur arrive de tomber sur un banc alors qu’ils cherchent une autre espèce. Ces «prises accessoires » peuvent donc être débarquées mais ne sauraient cependant excéder 400 kilos par an. Comme l’an dernier, les petits "métiers de l’hameçon" (ligneurs et palangriers) sont protégés avec un quota de 10 tonnes par bateau et par an qui leur assurent la rentabilité de leur pêche. « La protection des petits métiers de la mer est une bonne chose, reconnaît Stephan Beaucher, spécialiste des négociations pour le Pew Charitable Trust. Mais les mesures sont insuffisantes et peu applicables pour la pêche récréative qui en Bretagne prend autant de bars que les petits professionnels soit environ 4500 tonnes par an ». En théorie, selon les zones de pêche, les amateurs devront soit rejeter en mer leur prise, soit respecter un quota qui va d'un à cinq poissons par jour. Mais qui va aller vérifier les débarquements de cette flotille aux moteurs parfois aussi puissants que celle des professionnels?

    Dans la zone sud du golfe de Gascogne, les prises de ce poisson à haute valeur ajoutée ne pourront excéder 2490 tonnes. Mais aucune différence n’est faite entre pêche industrielle et petits métiers. « La France s’est engagée, en lien avec le travail en cours avec les représentants professionnels, à un bilan des captures au 1er trimestre et à la mise en place de mesures de gestion complémentaires afin de maintenir un équilibre entre métiers » promet le ministère.

    L'avis scientifique s'efface souvent devant la valeur du poisson

    Ce stock de bars de Gascogne fait partie de l’un des 44 stocks de l’Atlantique sur les 210 déterminés par les halieutes pour l’Atlantique, la mer du Nord et la Baltique, où les recommandations des scientifiques du Conseil international pour l’exploitation de la mer (CIEM) sont strictement respectées. Le CIEM donne en effet un avis sur l’état des stocks et calcule le "rendement maximal durable" (RMD), c’est-à-dire le volume total de prises au-delà duquel l’espèce ne se renouvelle pas et décline. L’Union européenne a imposé aux Etats membres l’objectif d’un RMD appliqué pour tous les stocks d’ici 2020. Par ailleurs, les poissons capturés mais pas recherchés par le commerce ne sont plus rejetés à la mer mais débarqués au port et font désormais partie des quotas. Dans ces conditions, les négociations entre pays pêcheurs (principalement Espagne, France, Royaume-Uni et Irlande) sont de plus en plus rudes, surtout sur les espèces à haute valeur ajoutée. Et les recommandations du CIEM passent alors par pertes et profits.

    Ainsi, alors que la Commission demandait une réduction de 68% des prises de cabillaud de la mer Celtique, c’est une baisse de 38% qui a été obtenue. Pour la sole de la Manche, c’est une baisse de 15% qui a été décidée alors que le CIEM préconisait -26%. Quant à la baudroie, le taux de prise a été reconduit alors que les scientifiques plaidaient pour une baisse de 12%. Le stock de merlu aurait dû bénéficier d’une baisse de 31% alors que -8% a été accordé. Ces concessions arrachées à la Commission au détriment de l’avis des scientifiques font l’objet de communiqués triomphants de la part d’un ministère qui estime avoir répondu à sa mission de défense de la profession. «Mais plus on recule le moment de l’action, plus elle sera difficile à mettre en œuvre et les pêcheurs risquent d’avoir de gros sacrifices à faire en 2019 et 2020 quand il faudra respecter le règlement européen » prévient Stephan Beaucher. Une attitude d’autant plus dommageable qu’en agissant très tôt, les stocks se reconstituent plus vite, autorisant leur augmentation. Ainsi, en 2017, les pêcheurs de langoustines du golfe de Gascogne pourront prendre 8% de crustacés en plus, fruit de quelques années de bonne gestion du stock.

    Source: www.sciencesetavenir.fr


    16/12/16 - L'Homme commence à prendre au sérieux le massacre des éléphants

    Dans la savane et en mondovision, 11 pyramides d'ivoire ont été passées par le feu un dimanche d'avril dans le parc national de Nairobi. Quelque 16.000 défenses d'éléphants pesant 105 tonnes sont parties en fumée, la plus grande crémation d'ivoire de l'Histoire.

    De nombreuses caméras ont immortalisé les volutes enflammées et, en brûlant 5% du stock mondial d'ivoire, le Kenya a lancé un message fort aux braconniers toujours mieux armés qui déciment les pachydermes: "L'ivoire n'a de valeur que sur un éléphant".

    Le coup de com' était brillant, permettant au Kenya de promouvoir une approche combinant une militarisation accrue de la lutte contre le braconnage et un suivi judiciaire ferme mais, surtout, ne devait rien au hasard.

    "Il nous reste encore un immense chemin à parcourir mais le niveau de prise de conscience politique est remarquable par rapport au passé", assure à l'AFP John Scanlon, secrétaire général de la Convention internationale sur lecommerce d'espèces sauvages menacées (Cites).

    Face à la recrudescence des massacres d'éléphants et de rhinocéros, la prise de conscience a commencé vers 2010 à gagner les plus hautes sphères de la société, portée par des personnalités comme le prince William, et les appels répétés de gouvernements et ONG à interdire "totalement" le commerce d'ivoire.

    Et 2016 a abondé de signes d'une volonté de ne pas contempler passivement les effets du trafic d'espèces sauvages, question figurant depuis cette année dans le rapport de l'Office de l'ONU contre la drogue et le crime.

    La Chine, considérée comme la principale source de la demande mondiale d'ivoire, a par exemple durci sa législation sur les importations d'"or blanc".

    Début octobre, la Cites a renforcé la protection d'espèces menacées, comme les requins, pangolins et perroquets gris.

    Et même si le débat persiste sur les moyens de lutter contre le braconnage des éléphants, les ONG ont salué le refus de la Cites d'accorder à la Namibie et au Zimbabwe une autorisation spéciale de vendre "leur" ivoire à l'étranger pour financer leurs programmes de protection, estimant que cela pourrait alimenter le trafic.

    L'attention médiatique s'est surtout portée sur des espèces charismatiques telles l'éléphant, le rhinocéros, le lion ou les grands singes.

    Mais "lorsqu'on protège l'éléphant et son habitat, ce sont toutes les espèces vivant dans cet habitat qui en bénéficient", rappelle Kelvin Alie, un haut responsable du Fonds international pour la protection des animaux (Ifaw).

    Selon la Banque mondiale, les donations internationales destinées à combattre le trafic des espèces sauvages ont oscillé entre 200 et plus de 300 millions de dollars entre 2013 et 2016, contre 25 millions en 2010.

    60.000 dollars le kilo

    "Ce n'est pas parce qu'on a enregistré quelques succès à certains endroits qu'il faut s'imaginer que tout va bien", tempère toutefois Mark Gately, de l'ONG Wildlife Conservation Society. "Si nous ne décuplons pas nos efforts, nous courons à la catastrophe".

    Certes, les populations d'éléphants sont relativement stables, voire en hausse, en Afrique du Sud, au Botswana, en Ouganda, dans certaines parties du Kenya, en Zambie, au Zimbabwe, au Malawi ou dans la réserve W-Arli-Pendjari, qui s'étend sur les territoires béninois, nigérien et burkinabé, mais la vue d'ensemble est loin d'être rose.

    Selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), la population des éléphants d'Afrique vient d'enregistrer sa plus importante chute depuis 25 ans: le continent compte environ 415.000 éléphants, soit 111.000 de moins que lors de la dernière décennie.

    Et le massacre continue au rythme vertigineux d'environ 30.000 éléphants par an.

    Quant aux rhinocéros, dont la corne utilisée dans la médecine traditionnelle chinoise ou vietnamienne se vend jusqu'à 60.000 dollars le kilo au marché noir, plus de 5.000 d'entre eux, le quart de leur population mondiale, ont été tués ces huit dernières années en Afrique du Sud, qui abrite 80% de ces mammifères encore en vie.

    La Cites estime que le trafic illégal des espèces animales brasse 20 milliards de dollars par an, ce qui en fait l'un des commerces illégaux les plus florissants de la planète.

    Et si certains pays africains ont fait de la lutte contre le braconnage une priorité, d'autres affichent d'autres priorités (guerre, pauvreté, chômage, faim, développement...).

    "Si le monde veut continuer à voir des espèces comme les rhinocéros et les éléphants en liberté, alors il faut que le monde tout entier apporte son aide", estime Richard Vigne, directeur de la réserve privée d'Ol Pejeta, au pied du Mont Kenya.

    Drones et caméras thermiques

    Dans cette âpre lutte, les observateurs se réjouissent du développement de réseaux de renseignement dignes des services secrets, de l'implication accrue des services de douane ou de la police, de l'adoption de lois prévoyant de lourdes peines ou du nombre croissant d'accords transfrontaliers.

    "Il faut une approche holistique. Cela veut dire que si on déploie des rangers armés sur le terrain, on doit aussi réduire la demande d'ivoire et expliquer aux communautés locales qu'il y a un intérêt économique (le tourisme, ndlr) à protéger la faune", explique Andrew McVey, du Fonds mondial pour la faune sauvage (WWF).

    En attendant, à travers l'Afrique, une véritable guerre doublée d'une course à l'équipement "high-tech" (drones, caméras thermiques, équipes d'intervention héliportées, formation des rangers par les forces spéciales) bat son plein.

    "Nous nous considérons comme les ambulanciers de la Terre", assure Damien Mander, un ex-militaire australien qui dirige la Fondation internationale contre le braconnage (IAPF). "Ceux qui doivent s'assurer qu'elle arrive en vie sur la table d'opération pendant que les chirurgiens réfléchissent à ce qu'il faut faire".

    Source illustrée: www.lepoint.fr avec l'AFP


    16/12/16 - Inattendues: des espèces polaires et indopacifiques ont été retrouvées en Méditerranée

    Lors de leur expédition en Méditerranée orientale, au large du Liban, des chercheurs de l’Agence Européenne Oceana ont trouvé des espèces jusqu’alors inconnues dans ces eaux.

    Les mers et océans regorgent de merveilles insoupçonnées, et la Méditerranée n’échappe pas à la règle ! Lors d’une expédition effectuée par l’Agence Européenne Oceana* et soutenue, notamment, par le Ministère de l’environnement et l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), au large du Liban, des chercheurs ont trouvé 200 espèces animales qu’ils ne pensaient pas débusquer à cet endroit. Grâce à un robot sous-marin pouvant plonger jusqu’à 1050 mètres de profondeur, ils ont pu capturer de magnifiques specimens en photos et en vidéo. Ainsi, les scientifiques ont en effet découvert des jardins de coraux et d’éponges à 80 mètres de profondeur, que l’on ne retrouve habituellement qu’en Méditerranée orientale.

    D’autres espèces ont été apportées par l’homme, via les eaux de ballast relâchées par les bateaux, comme les poissons-lapins, Lagocephalus sceleratus, et des rascasses volantes, Pterois volitans, qui abondent dans l’océan Indopacifique. Cependant, ces poissons tendent à devenir invasifs et sont à l’origine d’un surpâturage qui détruit l’habitat.

    Plus étonnant encore, des espèces de l’Arctique ont également été observées dans les eaux méditerranéennes. Pour la toute première fois, des requins lanternes, Etmopterus pusillus, et des étoiles de mer à 6 bras du genre Leptasterias, ont été aperçus. Les chercheurs ne savent pas pourquoi ni comment ces animaux polaires sont arrivés jusqu’ici. L’eau plus froide en profondeur pourrait expliquer leur installation ou alors ces espèces étaient peut-être présentes sur le site depuis longtemps sans qu’on ne les repère. Toutes ces données ont été transmises au gouvernement libanais et appuieront le projet de réserve marine protégée.

    Aujourd’hui, 4.5% de la Méditerranée est protégée de toute activité humaine et la Convention Internationale sur la diversité biologique aimerait que, d’ici 2020, 20% des eaux françaises soient protégées ainsi que 10% des aires marines mondiales.

    *OCEANA. Il s’agit d’un regroupement de fondations international spécialisé dans la protection des océans : conservation des habitats et des espèces, campagnes contre la pollution, la surpêche etc. Créé en 2011, ce groupe a réussi à protéger plus d’un million de m² d’océans. Oceana compte déjà 27 expéditions à son actif. Celle-ci était sa première en Méditerranée orientale, à la fois en eaux profondes et dans les canyons. Elle s’inscrit dans une démarche volontaire du Liban pour créer une aire marine protégée.

    Source: www.sciencesetavenir.fr avec l'AFP


    16/12/16 - Ortolan: la population de ces oiseaux décline dans le Sud-Ouest

    Le président de la ligue de protection des oiseaux -LPO- Allain Bougrain-Dubourg avec un ortolan dans la main à Tartas le 30 août 2009-AFP/Archives/NICOLAS TUCAT
    Attendue de longue date par les écologistes comme par les chasseurs, une étude scientifique sur la population d'ortolans, dévoilée vendredi dans les Landes, confirme le déclin des ces petits oiseaux migrateurs protégés qui font l'objet d'une chasse traditionnelle, illégale et controversée, dans le Sud-Ouest.

    Selon cette étude cofinancée par le Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN), le Conseil départemental des Landes, la région Aquitaine, la Fédération des chasseurs des Landes, l'association des chasses traditionnelles à la matole et le ministère de l'Environnement, 81.000 couples d'ortolans (dont 75% proviennent de Pologne) empruntent en moyenne la route atlantique passant par le sud-ouest de la France.

    La tendance est au déclin, estimé entre 20 à 30% de 2000 à 2014. Et actuellement, les populations nicheuses empruntant cette route atlantique diminuent en moyenne d'environ 1.500 couples chaque année, a expliqué Frédéric Jiguet, du MNHN, lors d'une conférence de presse à la préfecture de Mont-de-Marsan, à l'issue d'une réunion avec de représentants d'associations écologistes et de chasseurs ainsi que des élus.

    L'étude révèle que 90% des bruants ortolans ("Emberiza hortulana") passant en Europe, soit 4,3 millions de couples, empruntent une voie orientale, où le déclin atteint 10 à 20%.

    Ces chiffres ont pu être déterminés grâce à des photomètres géolocalisateurs fixés sur une cinquantaine d'oiseaux, des données génétiques et d'isotopes stables.

    Pour M. Jiguet, "ces taux de déclin ne justifient pas un risque d'extinction estimable" selon les règles de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) qui recense les espèces menacées.

    "On a maintenant une base objectivée avec un rapport scientifique" sur ce sujet très polémique, s'est félicité le préfet des Landes, Frédéric Périssat.

    Fin de la tolérance

    "C'est la preuve scientifique du déclin, il faut donc une tolérance zéro", a fait valoir auprès de l'AFP Georges Cingal, président de l'association de défense de l'environnement Sepanso Landes. La chasse à l'ortolan est interdite en France depuis 1999 mais une certaine tolérance, pour moins de 30 cages et cinq appelants, a longtemps été observée dans le département, où des condamnations ont cependant été récemment prononcées contre des chasseurs.

    "Au regard de toutes les preuves qui attestent du danger d'extinction qui menace le Bruant ortolan en France, l'Etat doit définitivement tirer un trait sur cette vraie fausse tolérance qui s’appliquait encore récemment dans les Landes", a renchéri, dans un communiqué de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), son président Allain Bougrain Dubourg.

    Du côté des chasseurs, la lecture n'est pas tout à fait la même. "Il y a des éléments favorables et d'autres moins. Notre intérêt est de préserver l'espèce mais aussi de maintenir nos traditions. On présentera des propositions", a réagi Jean-Jacques Laguë, président de l'Association des chasses traditionnelles à la matole (petite cage permettant de piéger l'oiseau).

    L'étude est publiée alors même que la Commission européenne, après deux avertissements, vient d'annoncer qu'elle formait un recours contre la France devant la Cour de justice européenne sur la chasse aux ortolans, illégale dans l'UE.

    Pour le sénateur socialiste landais Jean-Louis Carrère, "on peut conjuguer absolument la protection de l'ortolan avec la poursuite de coutumes auxquelles nous sommes très attachés". Selon l'élu, il faudrait "un plan de gestion européen pour cette espèce" et déterminer le seuil d'ortolans chassés à ne pas dépasser.

    Mets prisé, entre autres, par François Mitterrand, l'ortolan qui est engraissé quelques semaines, noyé dans l'armagnac puis cuisiné, est plébiscité par de grands chefs français (Michel Guérard, Alain Ducasse, etc.) qui ont réclamé une dérogation -- une fois par an - afin de sauvegarder cette tradition culinaire.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement avec l'AFP


    08/12/16 - Les girafes et des centaines d’oiseaux entrent dans la liste des espèces menacées

    La mise à jour de la liste de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) réserve rarement de bonnes surprises . Celle révélée ce jeudi, à l’occasion de la conférence internationale sur la biodiversité qui se tient au Mexique , ne déroge pas à la règle : sur les 742 espèces d’oiseaux nouvellement évaluées par l’UICN, 11 % sont menacées de disparition. Les girafes font aussi leur entrée dans la catégorie des espèces « vulnérables » : leur nombre a chuté de 36 à 40 % en 30 ans.

    Entre 1985 et 2015, le nombre de girafes en Afrique est ainsi passé d’environ 160.000 individus à seulement 97.562 en 2015. Les causes de leur disparition sont connues : braconnage , pertes d’habitat naturel à cause de l’ expansion de l’ agriculture et des activités minières, conflits avec les hommes qui voient d’un mauvais œil l’arrivée des girafes, en quête de nourriture , aux abords de leurs villages…

    Des espèces éteintes avant même d’être décrites
    L’UICN s’est focalisée cette année sur les oiseaux : 742 espèces ont été évaluées, parmi lesquelles 13 sont déjà éteintes. « Beaucoup d’espèces disparaissent avant même qu’on puisse les décrire », déplore Inger Andersen, le directeur général de l’UICN. Il s’agit en particulier des espèces endémiques à de petites îles ou l’importation de nouveaux prédateurs , notamment les serpents, a causé la disparition des oiseaux.

    Parmi les espèces d’oiseaux répertoriées dans la liste rouge de l’UICN, plus d’une sur dix pourrait disparaître dans les prochaines années : le perroquet jaco, ou perroquet gris du Gabon , connu pour sa capacité à reproduire le langage humain , en fait partie . Originaire d’Afrique centrale , sa population a chuté de près de 99 % dans certaines zones. La situation est encore pire en Asie , où les captures illégales d’oiseaux pour le commerce sont en train de vider les forêts : le très coloré loriquet de Forsten, endémique d’ Indonésie, et le bulbul à tête jaune sont désormais considérés vulnérables.

    Macareux moine et sittelle corse classés vulnérables

    « Plus nos connaissances augmentent, plus nos inquiétudes se confirment, commente Ian Burfield, coordinateur scientifique de l’ONG BirdLife International . L’agriculture intensive, la déforestation, les espèces invasives et d’ autres menaces comme le trafic d’espèces mènent toujours de nombreuses espèces à la disparition. » Et la France n’est pas épargnée : 14 espèces y sont en danger critique d’extinction, alerte la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Échenilleur de la Réunion , pétrel noir de Bourbon, puffin des Baléares , lori à diadème, martin-pêcheur des Marquises… pourraient bientôt n’être que des souvenirs. Le macareux moine , la sittelle corse ou la tourterelle des bois sont eux classés « vulnérables ».

    Source: _www.20minutes.fr/planete - Source: - Auteur: Audrey Chauvet


    01/12/16 - La bombe D (démographique) incontestablement la plus destructrice…

    La bombe qui apparaît la plus destructrice, car elle peut mettre un terme à toute vie sur terre , c’est la Bombe atomique. Mais il y a une bombe, dont les explosions récentes provoquent cependant encore plus de dégâts sur la vie et sur la planète, c’est la Bombe démographique.

    Plusieurs millions de morts pan résultant de l'explosion de la bombe démographique

    Des données revues fortement à la hausse par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) indiquent que près de 7 millions de personnes sont décédées prématurément en 2012 dans le monde à cause des pollutions atmosphériques générées par la bombe démographique. En Europe, c'est 600 000 et en France 48 000.

    Depuis les débuts de l'humanité, la démographie se caractérisait généralement par un taux de mortalité et un taux de natalité élevés qui s'équilibraient à peu près, avec toutefois un léger avantage pour le dernier. Avec l'arrivée de la Révolution industrielle , un nouveau régime se met en place , un régime dans lequel les pays qui se développent voient leur natalité et leur mortalité faiblir, mais la transition passe par une augmentation importante de la population.

    À partir des années 1950, nous assistons à une accélération extrêmement importante de la croissance démographique. Alors qu'il a fallu plusieurs millénaires pour atteindre le premier milliard d'humains (1830), ensuite un siècle pour atteindre 2 milliards (1930), 30 ans pour atteindre les 3 milliards (1960), 25 ans pour atteindre 4 milliards (1975), 13 ans pour atteindre 5 milliards (1988), 12 ans pour atteindre 6 milliards (2000) et 11 ans de plus en octobre 2011 pour atteindre et dépasser les 7 milliards (7,467 milliards au 1er novembre 2016). Actuellement, c'est 1 000 000 d'humains qui s'ajoutent à la population mondiale, tous les 4½ jours.

    Impact écologique, toutefois inégal, de la bombe démographique

    On doit certes nuancer l'impact écologiste des populations nombreuses de certains pays pauvres, notamment africains, il est évident que le niveau de vie d'un Malien et celui d'un Français ou d'un Américain n'impacte pas de la même manière l' environnement . On peut imaginer et comprendre que ces populations des pays pauvres aspirent à vivre, consommer et gaspiller selon le modèle occidental , ce qui est légitime, mais il faut qu'elles sachent que c'est impossible, de même que le modèle occidental actuel a atteint ses limites.

    Le modèle occidental, mais aussi celui de puissances économiques émergentes comme la Chine, avec une population de plus en plus nombreuse combinée à un mode de vie marqué par la surconsommation et le gaspillage a évidemment un coût environnemental très élevé, notamment en termes de consommation d'énergie , d'eau, de biens manufacturés de toutes sortes, d' exploitation du sol pour l' agriculture et d'utilisation du transport.

    Il en découle un épuisement des ressources, modification de la composition physico-chimique du sol, des rivières, de l' atmosphère , des océans , et des mécanismes qui détériorent leur fonctionnement. L'impact humain existe en effet depuis l'aube de l'humanité, mais il augmente constamment et si rapidement depuis le XXe et XXIe siècle qu'il devient intolérable pour la planète.

    La bombe démographique nous fait entrer dans une nouvelle ère géologique

    L'influence de l'homme a atteint une ampleur, tel qu'elle précipite l'avènement d'une nouvelle ère géologique. Cette nouvelle ère c'est l' Anthropocène où l'humanité constitue une force planétaire géologique. Depuis deux siècles, nous sommes en train de nous extraire de l'Holocène, une période interglaciaire commencée il y a plus de 10 000 ans et qui a fourni des conditions environnementales extrêmement stables, permettant le développement mondial que nous connaissons.

    C'est le géochimiste et prix Nobel Paul Crutzen qui, dans un article de la revue " Nature " en 2002, a avancé la thèse que, depuis deux siècles, la Terre est entrée dans un nouvel âge géologique marqué par la capacité de l'homme à transformer l'ensemble du système Terre. Encore tout récemment, le Groupe intergouvernemental d' experts sur l' évolution du climat (GIEC) annonçait sa certitude désormais quasi absolue à 95 % sur l'influence humaine des changements climatiques et des pressions telluriques qu'il exerce. Ce qui nous arrive n'est pas une simple crise environnementale, mais une révolution d'origine humaine.

    Dévoreur insatiable des énergies carbonées pour lesquelles on peut prévoir encore 50 ans de pétrole , un peu moins pour l'uranium , une centaine d'années de gaz naturel et 200 ans de charbon environ, sans compter que leur combustion produit beaucoup de CO2. Plus ils sont hydrogénés, moins ils en émettent par unité d'énergie produite. Produire 1 kWh avec du charbon émet environ 1000 g de CO2, 750 g avec du pétrole et de l' ordre de 500 g avec du gaz naturel , faute d'avoir anticipé par des mesures adaptées de Décroissance démographique et économique , choisie et équitablement répartie , la vie sur terre de l'homo sapiens risque fort de s'achever dans un chaos généralisé, où, entre ceux qui voudront s'accaparer des dernières énergies fossiles et ceux qui les possèdent voudrons les conserver, la violence sera-t-elle que les survivants envieront les morts...

    Quelques exemples qui démontrent les effets particulièrement destructeurs des explosions récentes de la bombe démographique

    Aujourd'hui , le bétail et les humains représentent 97 % de la biomasse des vertébrés de la terre, alors qu'il y a 10.000 ans les humains et leurs bétails représentaient seulement 0,01 % de la biomasse des vertébrés terrestres . Les humains et le bétail mangent 40 % de la production annuelle de la chlorophylle terrestre.

    Nous devrons produire plus de nourriture au cours des 50 prochaines années que depuis les 500 dernières années. Pour ce faire, nous avons besoin de 6 millions d'hectares de nouvelles terres agricoles chaque année. Nous perdons 12 millions d'hectares de terres agricoles chaque année uniquement en raison de la dégradation des sols. Dans 10 ans, 4 milliards de personnes seront à court d'eau douce . Aujourd'hui, plus d'un milliard de personnes font plus d'un kilomètre chaque jour pour trouver de l'eau douce, souvent plus ou moins contaminée par des rejets toxiques. On estime qu'il y a 80 000 produits chimiques non testés dans environnement

    Les terres cultivées et les pâturages ont causé la perte de 80 % de toutes les extinctions d'espèces de vertébrés terrestres. Au rythme actuel de la croissance démographique et de l'impact des pays industrialisés, l'acidification des océans doublera d'ici 2050 et triplera d'ici 2100.

    Destructions effrayantes par la bombe démographique

    En plus des millions d'humains morts chaque année dans le monde à cause de la pollution, 99 % des Rhinocéros ont disparu depuis 1914, ainsi que 97 % des Tigres. 90 % des Lions ont disparu depuis 1993. 90 % des tortues marines ont disparu depuis 1980. 90 % des papillons monarques ont disparu depuis 1995. 90 % des gros poissons marins ont disparu depuis 1950. 80 % des gorilles ont disparu depuis 1955. 60 % des éléphants de forêt ont disparu depuis 1970. 50 % des barrières de corail mondiales ont disparu depuis 1985. 50 % des poissons d'eau douce ont disparu depuis 1987. 40 % des Girafes ont disparu depuis 2000. 40 % du phytoplancton des océans a disparu depuis 1950. 30 % des oiseaux marins ont disparu depuis 1995. 28 % des animaux terrestres ont disparu depuis 1970. 28 % de la totalité des animaux marins ont disparu depuis 1970.

    La demande d'énergie devrait doubler en 50 ans

    Avec l'entrée à pas forcé dans la 4e révolution industrielle, toujours plus de population est synonyme de toujours plus de besoins d'énergie, en particulier électrique et en terres rares.

    Les terres rares désignent 17 métaux : le scandium, l'yttrium, et les quinze lanthanides (Lanthane, Cérium, Praséodyme, Néodyme, Prométhium, Samarium, Europium, Gadolinium, Terbium, Dysprosium, Holmium, Erbium, Thulium, Ytterbium, et Lutécium). Ces matières minérales aux propriétés exceptionnelles sont utilisées dans la fabrication de produits de haute technologie. Avec le boom du numérique et des nouvelles technologies "vertes" qui ne fonctionnent pas qu'avec le soleil et le vent, elles fonctionnent aussi sur l'exploitation de minéraux rares.

    Aujourd'hui, à l'échelle de l'économie mondiale, les terres rares sont considérées comme des métaux stratégiques. On retrouve ainsi des terres rares dans les batteries de voitures électriques et hybrides, dans les LED, les puces de smartphone, les écrans d'ordinateurs portables, les panneaux photovoltaïques, les éoliennes... L'industrie de la défense a elle aussi recourt aux terres rares dans la fabrication de capteurs de radars et sonars ou de systèmes d'armes et de ciblage.

    À noter que 40 % d'énergie dite "verte" exigera 200 % de plus de cuivre, 100 % d'énergie verte exigerait 500 % de plus de cuivre. Le pic de cuivre se situera en 2030-2040 (il n'existe pas de substitut réel pour le cuivre). Nous avons extrait 50 % de tout le cuivre en seulement 30 ans. Au niveau actuel de consommation, sans progression de la population, en 2050 nous atteindrons les pics pour l'étain, l'argent, le nickel, le zinc, le cadmium...

    Que peut-on faire pour inverser la situation ?

    Il est urgent de stabiliser, puis de diminuer notre nombre, de façon la plus équitable et non-violente possible. En Europe, la France doit montrer l'exemple en supprimant les incitations financières à la natalité. L'émancipation de la femme, la scolarisation, la mise en place par les États d'une politique sociale à dominante anti nataliste ce qui suppose la suppression des allocations familiales sous sa forme actuelle, du quotient familial, des diverses réductions transport (SNCF) et des majorations retraites qui existent aujourd'hui pour ceux qui ont élevé trois enfants ou plus.

    Il faut également lutter et s'opposer à l'industrie de la reproduction par gestation pour autrui (GPA). L'information et la diffusion des moyens de contraception qui doit être gratuite pour tous, notamment pour les élèves et étudiants à partir du collège. La stabilisation de la population dans notre pays suppose un croît naturel (naissance moins décès) nul et un solde migratoire (entrées moins sorties) équilibré.

    Source : www.lesechos.fr - Aueur : Daniel Martin, Délégué régional Rhône Alpes et membre du Conseil National du Mouvement écologiste indépendant (MEI)


    01/12/16 - L’Espagne échoue à protéger le Coto de Doñana

    Le parc national espagnol Coto de Doñana est menacé. Il sera probablement le premier site naturel européen à figurer sur la liste du Patrimoine Mondial en péril de l’Unesco. A ce jour en effet, le gouvernement espagnol n’est pas parvenu à protéger cette région humide exceptionnelle et son estuaire des activités industrielles nuisibles. Le WWF ne cessera toutefois pas de s’engager pour la protection de ce site.

    Le gouvernement espagnol aurait eu le temps de proposer des mesures pour assurer la protection du parc national Coto de Doñana et éviter que cette zone humide, située au sud du pays, devienne le premier site naturel européen à figurer sur la liste du Patrimoine Mondial en péril de l’Unesco. Il n’a malheureusement rien fait pour s’opposer aux projets de dragage destructeurs dans le fleuve Guadalquivir, qui forme le cœur du Doñana. Le comité de l’Unesco a pressé le gouvernement d’annuler ces plans dévastateurs et de renoncer, à l’avenir, à tout autre projet d’approfondissement du lit du fleuve.

    Le délai est échu

    «Les autorités espagnoles ont trop longtemps ignoré les faits scientifiques, leurs engagements internationaux, ainsi que les décisions de l’Unesco,» affirme Juan Carlos del Olmo, directeur général du WWF Espagne. «Le délai est désormais échu. Le comité de l’Unesco devrait, avec raison, inscrire le Coto de Doñana sur la liste du Patrimoine Mondial en péril.»

    Zone humide pratiquement asséchée

    La zone humide de Doñana, en Andalousie, est considérée comme un habitat essentiel pour plus de six millions d’oiseaux migrateurs et le lynx ibérique, fortement menacé de disparition. En raison des activités industrielles, le débit du fleuve dans la zone humide a baissé à moins de 20%. Depuis le début du XXe siècle, cette zone humide a ainsi perdu près de 80% de sa surface. Le WWF suppose que plus de 1000 puits illégaux, 1700 étangs d’irrigation et 300 hectares de surfaces agricoles construites illégalement assèchent ce précieux biotope. L’organisation de défense de l’environnement est par ailleurs alarmée par les projets d’une entreprise mexicaine, visant à rouvrir une mine située à proximité. En 1998, son exploitation avait déclenché une catastrophe naturelle, qui avait anéanti 30 000 kilos de poisson et occasionné des travaux de remise en état pour 380 millions d’euros. Selon l’Unesco, l’exploitation minière et les forages pétroliers ou gaziers ne sont pas compatibles avec le statut de patrimoine naturel mondial.

    Informations sur le Coto de Doñana

    Le Coto de Doñana est à la fois parc national, zone protégée par la Convention de Ramsar, zone protégée Natura 2000, réserve de biosphère Unesco et Patrimoine Mondial de l’Unesco. Le WWF est lié au parc depuis plus de 50 ans. En 1963, l’organisation a acheté 6700 hectares de terres, devenues la première zone protégée d’Espagne. Le Coto de Doñana abrite plus de 4000 espèces animales, parmi lesquelles des oiseaux menacés de disparition et le félin le plus rare du monde, le lynx ibérique (Lynx pardinus).

    Source: www.agglotv.com


    01/11/16 - Nouvelle-Calédonie : un inventaire de la « biodiversité négligée »

    Marqué par un taux d’endémisme comptant parmi les plus élevés de la planète, l’archipel accueille une vaste campagne d’étude de la biodiversité terrestre

    Forêts denses, rivières reculées, sommets montagneux… Aucun milieu ne devrait échapper aux filets des naturalistes. Courant novembre, les espaces naturels de Nouvelle-Calédonie vont être passés au crible par une trentaine de scientifiques – spécialistes des grillons, des crustacés ou encore des microalgues – à travers deux campagnes conjointes, l’une forestière, l’autre centrée sur les eaux douces.

    Cet inventaire de la biodiversité s’inscrit dans le vaste programme La Planètere visitée, conduit depuis dix ans par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et l’ONG Pro-Natura International. Après le Vanuatu, le Mozambique, Madagascar, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et la Guyane, le programme se tourne donc vers la Nouvelle-Calédonie, avec un budget total dépassant le million d’euros, provenant essentiellement des collectivités locales.

    Sur cette grande île du Pacifique, comme lors des précédentes expéditions, l’objectif est de laisser de côté les grands vertébrés, mammifères, oiseaux et poissons, pour concentrer les efforts de recherche sur la biodiversité « négligée », les plus petits organismes. « Les invertébrés, qu’ils soient terrestres ou marins, font partie de ces grands groupes méconnus, rappelle Olivier Pascal, qui pilote les études forestières pour Pro-Natura. Malgré les institutions de recherche présentes depuis longtemps en Nouvelle-Calédonie, ici comme ailleurs dans le monde, il y a toujours les mêmes lacunes sur la petite faune. »

    Terre et mer

    Ainsi, mis à part la présence de quelques botanistes, de spécialistes des reptiles, mollusques ou micro-organismes, la grande majorité des naturalistes présents pendant ces quatre semaines de terrain travailleront sur les insectes, chacun selon sa spécialité (criquets, blattes, coléoptères, guêpes…). Mais, si la campagne de novembre accueillera des équipes évoluant exclusivement à terre, les invertébrés marins n’ont pas pour autant été oubliés.

    La Nouvelle-Calédonie étant réputée mondialement pour la richesse et la beauté de ses fonds marins, il était impensable pour les scientifiques de laisser de côté ce milieu lors de l’inventaire de la biodiversité. Du 9 au 30 août, le navire océanographique Alis a ainsi sillonné les fonds autour de l’île des Pins, à la pointe sud de la Nouvelle-Calédonie, pour collecter, trier et identifier la petite faune vivant entre 100 et 800 mètres de profondeur.

    « La particularité de cette mission a été de disposer d’un bateau, mais aussi d’un petit atelier de tri à terre, décrit Philippe Bouchet, professeur au MNHN, qui a coordonné ces travaux. Le bateau quittait le rivage à l’aube et revenait dans l’après-midi pour apporter des échantillons frais, ce qui nous a permis d’étudier vivants des spécimens de petite taille. »

    Pour ce volet marin, comme pour les précédentes missions terrestres menées à travers le monde, les efforts de collecte se concentraient sur une zone bien précise. Mais, pour les volets terrestres, les caractéristiques de la Nouvelle-Calédonie ont poussé les scientifiques à repenser leurs protocoles. « En Guyane, par exemple, nous avions tout misé sur un unique site, s’agissant de forêts continentales pour lesquelles la répartition de la biodiversité est assez homogène, explique Olivier Pascal. En Nouvelle-Calédonie, les espèces sont segmentées, il faut donc se déplacer pour couvrir le maximum de terrain. Cette notion de mouvement et de multi-sites, c’est la marque de cette expédition. »

    Un paradis de l’endémisme

    Ainsi, le module forestier permettra d’échantillonner, ces prochaines semaines, trois sites dans l’une des zones les plus reculées de l’île, la Côte oubliée, une vaste étendue forestière à flanc de montagne exempte de route ou de village. Le module eaux douces enverra, lui, de petites équipes explorer les rivières, mares, sources et étangs sur l’ensemble de l’île.

    Ce maillage prend tout son intérêt en Nouvelle-Calédonie, de par la nature même de la biodiversité sur cette île isolée depuis des dizaines de millions d’années.« La Nouvelle-Calédonie a attiré les botanistes depuis le milieu du XIXe siècle par sa richesse, sa diversité, mais surtout son niveau d’endémisme », rappelle Philippe Bouchet, également coordinateur du module eaux douces. Ainsi, 80 % des plantes de Nouvelle-Calédonie sont endémiques – elles vivent uniquement sur ce territoire et nulle part ailleurs.

    Mais cette spécificité ne s’arrête pas là. « La grande nouveauté des dernières décennies, c’est la prise en compte du microendémisme, reprend Philippe Bouchet. En réalité, de nombreuses espèces ne sont pas seulement endémiques de Nouvelle-Calédonie, mais endémiques de telle vallée, de telle rivière ou de telle montagne. » Ainsi, en multipliant les zones étudiées, les chercheurs espèrent augmenter le nombre d’espèces découvertes, et pouvoir comparer les taux d’endémisme d’une zone à l’autre.

    Métagénomique

    Pour le module forestier, qui se concentrera principalement sur les insectes, les comparaisons intersites seront possibles grâce à un type de séquençage génétique émergeant : la métagénomique. Plutôt que d’étudier le génome – la « carte d’identité » génétique – d’un individu ou d’une espèce, la métagénomique permet de séquencer l’intégralité des génomes d’un groupe d’espèces – en l’occurrence, tous les insectes collectés dans une zone par l’intermédiaire d’un protocole standardisé. Malgré les incertitudes (jusqu’alors, ce procédé a été utilisé principalement sur des micro-organismes), le profil génétique de la population locale d’insectes ainsi obtenu devrait offrir aux chercheurs un aperçu de la quantité d’espèces présentes, de leur diversité et de leur histoire évolutive.

    Grâce aux séquenceurs toujours plus rapides, les scientifiques pourront évaluer, peu de temps après la phase de terrain, cette nouvelle approche encore expérimentale d’étude de la biodiversité. De quoi affiner encore leurs protocoles avant la dernière phase de ce vaste inventaire de la biodiversité calédonienne : les équipes prévoient déjà de retourner sur le terrain durant tout l’automne 2017, pour terminer de quadriller les forêts, les cours d’eau et les fonds marins.

    Source illustrée: www.lemonde.fr/planete - Auteur : Yann Chavance, journaliste au Monde


    28/10/16 - La planète s’apprête à perdre deux tiers de ses animaux sauvages d’ici 2020

    Le nombre d’animaux sauvages vivant sur la planète devrait chuter de deux tiers d’ici à 2020, prévient un nouveau rapport. Une extinction massive détruit l’habitat naturel duquel dépend l’humanité. Un article de notre partenaire The Guardian.

    L’analyse la plus complète à ce jour indique que les populations animales se sont effondrées de 58 % entre 1970 et 2012 et que ce pourcentage devrait atteindre 67 % d’ici à 2020. Des chercheurs du WWF et de la Société zoologique de Londres ont compilé des données et trouvé que la destruction des habitats sauvages, la chasse et la pollution étaient à l’origine de ces catastrophes.

    Les animaux qui disparaissent des montagnes, des forêts, des rivières et des mers, sont des espèces bien connues pour être en voie de disparition, comme les éléphants et les gorilles, et d’autres moins connues comme les vautours et les salamandres.

    L’effondrement de la faune est, avec le changement climatique, le signe le plus frappant de l’Anthropocène, une nouvelle ère géologique où l’Homme domine la planète. « Nous ne sommes plus un petit monde sur une grande planète. Nous sommes maintenant un monde gigantesque sur une petite planète, où nous avons atteint un seuil de saturation », a déclaré le professeur Johan Rockström, directeur du Centre de résilience de Stockholm, dans l’avant-propos du rapport.

    Marco Lambertini, directeur général du WWF, a quant à lui estimé que « la richesse et la diversité de la vie sur Terre sont fondamentales aux systèmes complexes de la vie sur laquelle elle repose. La vie repose sur la vie elle-même et nous faisons partie de la même équation. Sans biodiversité, le monde naturel et la vie, telle que nous les connaissons aujourd’hui, s’effondreront. »

    Selon lui, l’humanité est complètement dépendant de la nature pour un air pur, pour l’eau, les matériaux, ainsi que l’inspiration et le bonheur.

    Le rapport analyse le changement de taille de plus de 14 000 populations surveillées sur les 3 700 espèces vertébrées pour lesquelles des données sont disponibles. Cela a débouché sur une mesure semblable à un indice boursier indiquant l’état des 64 000 espèces animales dans le monde entier, et utilisée par les scientifiques pour mesurer les progrès des efforts de protection.

    La première cause d’effondrement des espèces animales est la destruction de zones sauvages pour l’agriculture et l’abattage : la plupart des terres de la planète ont été touchées par les humains et seules 15 % sont protégées. Le braconnage et l’exploitation alimentaire est un autre facteur majeur, notamment à cause de pratiques de pêche et de chasse non durables. Selon une récente recherche, plus de 300 mammifères sont en passe d’être mangés jusqu’à extinction de la population.

    La pollution est aussi un grave problème. Les orques et les dauphins en eaux européennes par exemple souffrent terriblement des polluants industriels à longue durée de vie. Les vautours du sud-est de l’Asie ont été décimés ces 20 dernières années, mourant après s’être nourri de carcasses de bovins bourrées d’anti-inflammatoires. Les amphibiens ont quant à eux subi un des plus forts déclins de tous les animaux à cause d’une maladie fongique qui se serait propagée dans le monde entier via le commerce de grenouilles et de tritons.

    Les rivières et les lacs sont les habitats les plus durement touchés, puisque les populations animales y ont diminué de 81 % depuis 1970, à cause de l’extraction excessive d’eau, de la pollution et des barrages. Tout cela est amplifié par le réchauffement de la planète, qui modifie les zones dans lesquelles les animaux sont capables de vivre, a déclaré le directeur des sciences au WWF, Mike Barrett.

    Certains chercheurs ont des réserves quant à l’approche du rapport, qui résume différentes études en un seul gros titre. « Tout est vrai dans l’ensemble, mais ce n’est rien d’autre que la somme de différents études », a jugé Stuart Pimm, professeur à l’université Duke aux États-Unis, ajoutant que le regard posé sur les groupes en particulier, tels que les oiseaux, était plus précis.

    Le rapport prévient que la perte de biodiversité affectera les personnes et pourrait même provoquer des conflits. « La pression croissante des activités humaines menace les ressources naturelles dont dépend l’humanité, en augmentant le risque d’insécurité alimentaire et liée à l’eau et en créant une concurrence sur les ressources naturelles », prédisent ses auteurs.

    Néanmoins, certaines populations d’espèces commencent à se reconstituer, ce qui signifie qu’une action rapide pourrait permettre de surmonter la crise. Le nombre de tigres serait à la hausse et le panda géant a récemment été retiré de la liste des espèces menacées.

    En Europe, la protection de l’habitat du lynx d’Eurasie et les contrôles de la chasse ont permis à sa population de se multiplier par cinq depuis les années 1960. Un récent sommet mondial sur la faune et la flore a permis de mettre en place une nouvelles protection pour les pangolins, les mammifères les plus trafiqués au monde, et pour le bois de rose, le produit naturel le plus trafiqué au monde.

    Il n’en reste pas moins que pour juguler la disparition des espèces et des habitats, un changement systémique dans la manière dont la société consomme les ressources est indispensable, a rappelé Mike Barrett. Les gens peuvent choisir de manger moins de viande, qui est souvent nourrie grâce à des graines cultivées sur des terres déboisées, et les entreprises peuvent s’assurer que leurs chaines de production, comme celle des bois de construction par exemple, est durable, a-t-il poursuivi.

    Par ailleurs, les politiciens doivent aussi s’assurer que leurs politiques – toutes, pas seulement les politiques environnementales – sont durables, a-t-il ajouté. « Le rapport est un aperçu assez choquant de la situation dans laquelle nous nous trouvons. » « J’espère néanmoins que nous n’allons pas lever nos bras de désespoir – nous n’avons pas de temps à perdre en désespoir, nous devons agir. Je reste convaincu que nous pouvons trouver une manière durable de traverser l’Anthropocène, mais pour cela nous devons faire preuve de volonté. »

    Source: www.euractiv.fr en partenariat avec The Guardian. Traduction: Marion Candau


    27/10/16 - La moitié des vertébrés a disparu en quarante ans

    La pression exercée par l’humanité sur les écosystèmes est telle qu’il nous faut chaque année l’équivalent de 1,6 planète Terre pour satisfaire nos besoins, selon le WWF.

    Partout, les écosystèmes sont menacés, et rien ne semble pouvoir enrayer la tendance. Alors que les pressions humaines sur l’environnement ne cessent de s’aggraver, plus de la moitié du vivant, parmi les vertébrés, a disparu ces quarante dernières années. C’est sur ce nouveau constat alarmant que s’ouvre la onzième édition du rapport Planète vivante, un vaste bilan de santé de la Terre et de sa biodiversité, publié jeudi 27 octobre par le Fonds pour la nature (WWF).

    L’étude, réalisée tous les deux ans en partenariat avec la société savante Zoological Society of London et l’ONG Global Footprint Network, se fonde sur deux indicateurs principaux, tous deux au rouge. Le premier, l’indice Planète vivante, mesure l’abondance de la biodiversité à partir du suivi de 14 152 populations (groupes d’animaux sur un territoire) appartenant à 3 706 espèces vertébrées de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens et de poissons répartis aux quatre coins du globe. S’il ne consiste pas en un recensement exhaustif de la vie sauvage, il indique en revanche l’évolution de ses effectifs au fil du temps.

    Milieux d’eau douce les plus affectés

    Clairement, la tendance est à la régression. Les populations de vertébrés ont ainsi chuté de 58 % entre 1970 et 2012 (dernières données de terrain disponibles), contre − 52 % dans le précédent rapport. Dans le détail, les milieux d’eau douce sont les plus affectés, avec un effondrement de 81 % sur la période, devant les espèces terrestres (− 38 %) et celles marines (− 36 %). Si rien ne change, ces populations pourraient avoir diminué en moyenne des deux tiers (67 %) d’ici à 2020, en l’espace d’un demi-siècle seulement. « Ces chiffres matérialisent la sixième extinction des espèces : une disparition de la vie sur la planète dont nous sommes en partie responsables », dénonce Pascal Canfin, directeur général du WWF France.

    Source: www.lemonde.fr - Auteur: Audrey Garric


    06/10/16 - Sahel: la FAO contribue à la sécurité alimentaire grâce à la gestion durable des oiseaux

    L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Fonds français pour l'environnement mondial (FFEM) ont signé jeudi un accord de coopération pour améliorer l'état des ressources naturelles dans les zones humides du Sahel, en Afrique, en mettant l'accent sur la gestion durable des oiseaux d'eau migrateurs, essentiels à la sécurité alimentaire des populations locales.

    Dans un communiqué de presse, la FAO a précisé que l'accord signé avec le FFEM, qui cofinance un tiers du projet estimé à 5 millions d'euros, cible de manière spécifique les quatre plus grandes zones humides de la région sahélienne, réparties entre l'Egypte, le Mali, le Sénégal, le Soudan et le Tchad.

    Intitulé 'Renforcement d'expertise au Sud du Sahara sur les oiseaux et leur utilisation rationnelle en faveur des communautés et de leur environnement' (RESSOURCE), le projet se concentrera sur les zones humides situées le long de la vallée du fleuve Sénégal, du Delta intérieur du Niger, du Lac Tchad et dans les parties basses et moyennes du Nil. Il s'agit d'écosystèmes vitaux où la sécurité alimentaire et les moyens d'existence de près d'un milliard de personnes reposent sur l'agriculture, le bétail et l'exploitation des ressources naturelles, avec notamment la pêche et la chasse aux oiseaux.

    De nombreuses espèces d'oiseaux d'eau migrateurs, y compris les Sarcelles d'été et les Combattants variés passent l'hiver dans les zones humides du Sahel avant de partir se reproduire en Europe. Depuis 1960, le nombre d'oiseaux d'eau dans la zone a baissé d'environ 40%, une chute vertigineuse qui pourrait s'expliquer par trois principaux facteurs : la diminution des zones inondables dû au drainage, des précipitations réduites et autres évènements météorologiques provoqués par le changement climatique, une biodiversité végétale en transformation, l'apparition d'espèces envahissantes et une pratique de la chasse non durable.

    Le projet sera mené en coopération avec les gouvernements des pays concernés et d'autres partenaires techniques tels que l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) et le Secrétariat de l'Accord sur la conservation des oiseaux d'eau migrateurs d'Afrique-Eurasie.

    La FAO, le FFEM et les autres partenaires du projet travailleront à promouvoir une gestion durable des oiseaux d'eau migrateurs avec notamment des techniques innovantes de recensement et de surveillance des oiseaux et des activités visant au renforcement des capacités.

    Les résultats contribueront à créer, voire à ajuster un cadre juridique et règlementaire et encouragera l'élaboration de politiques destinées à promouvoir une chasse durable et à améliorer la protection des oiseaux. Ces politiques seront intégrées à la stratégie de gestion de zones humides de plus grande envergure.

    « L'enjeu de ce projet est de mieux comprendre pour mieux gérer, a déclaré le Secrétaire général du FFEM, Francois Xavier Duporge. « Mieux gérer ces oiseaux migrateurs et ces zones humides qui sont leurs habitats. Cela bénéficiera finalement aux populations locales, en travaillant pour la première fois à une échelle régionale et en mobilisant des partenariats multi-acteurs » a-t-il ajouté.

    Le travail visant à améliorer la gestion des oiseaux d'eau et à protéger leurs habitats naturels devrait profiter aux écosystèmes et aux communautés locales qui comptent, entre autres, sur cela pour se nourrir et s'assurer un revenu.

    Au Tchad et au Sénégal par exemple, les entrepreneurs organisent des parties de chasse sur les zones humides, qui si gérées de manière durable, peuvent continuer à stimuler l'économie locale.

    « Notre objectif est d'adapter la chasse aux oiseaux en encourageant des politiques en faveur d'une gestion durable de la chasse et de la protection des oiseaux. Ces politiques bénéficieront aux communautés locales qui comptent sur ces oiseaux pour leurs moyens d'existence », a déclaré la directrice de la division chargée des politiques et des ressources forestières à la FAO, Eva Muller. « Dans de nombreuses zones humides, chasser est essentiel pour la sécurité alimentaire et l'économie locale », a-t-elle souligné.

    La FAO sera chargée de la mise en œuvre et de la coordination du projet en étroite collaboration avec l'ensemble de ses partenaires techniques ainsi que le FFEM.

    Source: ONU


    26/09/16 - Les rhinocéros victimes du braconnage

    Ils sont prisés pour leur corne, leurs défenses, leurs ailerons, leur chair, ou pour être exhibés comme trophées. Pour fabriquer des cosmétiques, des meubles, des vêtements... Le commerce illégal d’animaux et de plantes continuent à faire des ravages. Pour les espèces menacées, les conséquences sont dramatiques : plus rares, elles sont d’autant plus convoitées.

    Le Rhinocéros, grande victime du braconnage

    Espèce particulièrement visée, le rhinocéros : 1 342 ont été braconnés en Afrique l’an dernier. Le mammifère est tué pour sa corne, très prisée, notamment au Vietnam, où il est signe de luxe, ou encore la Chine. Les pays asiatiques, grands consommateurs de certaines espèces menacées, sont particulièrement pointés du doigt.

    Le commerce international de la corne de rhinocéros est pourtant interdit depuis 1977. Le petit État du Swaziland demande l’autorisation d’un commerce limité des cornes de ces rhinocéros. Mais les associations, notamment WWF, redoutent un appel d’air. La corne de rhinocéros se monnaie à prix d’or : un kilo peut atteindre 60 000 dollars.

    Un commerce difficile à chiffrer

    Le braconnage demeure un trafic difficilement quantifiable, mais il s’agirait du quatrième trafic le plus important, derrière les trafics de drogues, de contrefaçons et d’être humains. Ainsi, l’organisation Traffic, réseau de surveillance du commerce de la faune et de la flore sauvages, estime que la valeur de la pêche illégale se situe entre 10 et 23 milliards de dollars (en 2008) ; le commerce illégal de bois atteint 7 milliards de dollars par an ; en 2011, le commerce illégal d’espèces sauvages était évalué entre 7,8 et 10 milliards de dollars. Traffic attribue notamment le braconnage à l’explosion de la croissance démographique, qui menace directement des dizaines d’espèces : grands fauves, éléphants, tortues, mais aussi perroquets, ou même bois de rose ou coquilles de nautiles.

    Source: www.leprogres.fr


    26/09/16 - Éléphants: un déclin dramatique à cause du braconnage

    La population des plus grands mammifères terrestres a baissé de 20% depuis 2006 en Afrique, soit 100.000 individus de moins en moins de 10 ans.

    Le commerce de l'ivoire va-t-il être libéralisé comme le réclament la plupart des pays d'Afrique australe qui réussissent à maintenir, voire à augmenter leur population de pachydermes ou va-t-il connaître de nouvelles restrictions? C'est une des questions en débat à Johannesburg (Afrique du Sud) pour la réunion de la Cites (Convention internationale sur le commerce d'espèces sauvages menacées d'extinction). Ce traité, signé par 182 pays et par l'Union européenne, est entré en vigueur en 1975. Il protège, à des degrés divers, 5.600 espèces animales et 30.000 plantes.

    Pour les ONG de défense de la nature ainsi que les responsables de 29 autres pays africains le renforcement de la lutte contre le trafic d'ivoire est la meilleure solution. Il est vrai que le dernier rapport publié par l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) dresse un constat absolument catastrophique sur les éléphants. «L'ensemble de la population d'éléphants d'Afrique a connu son pire déclin depuis 25 ans principalement en raison du braconnage pendant les 10 dernières années» dénonce l'organisation. Le braconnage a explosé il y a une dizaine d'années en raison notamment de la demande de petits objets décoratifs en ivoire dans les pays asiatiques. Il alimente un trafic extrêmement lucratif évalué à 20 milliards de dollars par an, selon la Cites, ce qui en fait le quatrième commerce illégal sur la planète après celui des armes, de la contrefaçon et des êtres humains.

    Un des animaux les plus intelligents sur la planète

    Le nombre d'éléphants estimé en 2015 est inférieur d'au moins 93.000 spécimens à celui de 2006, voire plus de 110.000 suivant le monde de comptage. «L'effectif total du continent est maintenant estimé à 415.000 éléphants» rapporte l'UICN. «Ces nouveaux chiffres révèlent le sort vraiment alarmant de cette espèce majestueuse - l'un des animaux les plus intelligents du monde et le plus grand mammifère terrestre vivant actuellement» dénonce Inger Andersen , la directrice générale de l'UICN. Pour Sue Lieberman, vice-président de Wildlife Conservation Society (Société pour la préservation de la vie sauvage), «les dernières données statistiques montrent que les gouvernements doivent prendre les mesures nécessaires, y compris fermer leurs marchés nationaux d'ivoire d'éléphant», afin d'empêcher les trafiquants de «blanchir» l'ivoire illégal.

    Mais en Afrique australe , avec plus de 70% des effectifs totaux estimés, les pays réclament de la souplesse même si des attaques commencent aussi à apparaître dans cette partie de l'Afrique, notamment au Mozambique. La Namibie et le Zimbabwe demandent maintenant à être autorisés à vendre des stocks de défenses d'ivoire prélevés sur des éléphants décédés de mort naturelle, afin de financer des projets de protection lancés par des communautés locales. Une proposition soutenue par l'Afrique du Sud. Pour les ONG agir de la sorte, c'est prendre le risque d'entretenir le marché et dès lors d'encourager le braconnage.

    Source: www.lefigaro.fr/sciences - Auteur: Marielle Court


    17/09/16 - Des experts redoutent l'arrivée d'un insecte ravageur de la tomate en Amérique du Nord

    Des experts américains en maladies agricoles s'inquiètent de l'apparition possible de la mineuse sud-américaine de la tomate (Tuta absoluta) en Amérique du Nord. L'insecte ravageur menace les cultures mondiales en migrant d'un pays à l'autre depuis plusieurs années. Elle cognerait maintenant à notre porte.

    Le petit papillon nocturne est discret dans son habitat, mais il est en train de coloniser la planète.

    Les feuilles du plant de tomates sont les premières atteintes par la Tuta absoluta, qui y pond ses oeufs. Les larves investissent ensuite les feuilles, les tiges et les fruits en y creusant des galeries, d'où le nom de mineuse.

    Il peut en résulter une perte totale de rendement au sein des cultures affectées.

    L'apocalypse de la tomate

    Les chercheurs du Laboratoire d'innovation en lutte intégrée contre les ennemis de la culture de l'Université Virginia Tech évoquent la possibilité d'une « apocalypse de la tomate », si le fléau venait à gagner le Mexique et l'Amérique du Nord. Selon eux, ce n'est qu'une question de temps.

    Un insecte migrateur

    Originaire d'Amérique du Sud, où elle a durement sévi en Argentine, en Bolivie, en Colombie, au Chili et au Brésil, la mineuse a traversé l'Atlantique en 2006 pour faire son entrée en Europe par l'Espagne.

    Les dégâts n'ont ensuite pas tardé à apparaître dans les principaux pays producteurs du bassin méditerranéen.

    Des experts plus rassurants

    Selon certains experts en propagation des maladies qui touchent les cultures agricoles, cela ne veut pas dire pour autant qu'il faille s'attendre à la fin des plants de tomates... Lire l'article complet en cliquant sur le lien ci-dessous

    Source: Rado Canada - Auteur: Nicolas Pham


    09/09/16 - Un million de dollars de cornes de rhinocéros brûlé au zoo de San Diego

    Il s'agit d'un geste militant afin d'alerter le grand public sur les ravages du braconnage sur cette espèce menacée.

    Le zoo de San Diego a brûlé, jeudi 9 septembre, un stock de cornes de rhinocéros estimé à un million de dollars. Un geste impressionant et militant pour alerter le grand public sur les ravages du braconnage sur cette espèce menacée.

    >> Lire aussi : Trois graphes pour comprendre l'explosion du braconnage des rhinocéros

    Un geste fort effectué deux semaines avant la journée mondiale des rhinocéros, le 22 septembre. Cette décision "envoie aux réseaux criminels et aux acheteurs le message que les Etats-Unis ne toléreront pas le trafic illégal de cornes de rhinocéros", a souligné Susie Ellis, directrice de la Fondation internationale des rhinocéros, dans un communiqué.

    Le rhinocéros pourrait avoir disparu d'ici quinze ans

    "La forte demande pour cette marchandise a des conséquences dramatiques pour toute l'espèce", poursuit le texte. Selon les dirigeants du zoo, le rhinocéros pourrait avoir disparu d'ici quinze ans si le braconnage et le trafic se poursuivent au rythme actuel. D'autres zoos ou réserves animales ailleurs dans le monde organisent des événements similaires pour sonner l'alarme face à cette crise.

    Les cornes de rhinocéros peuvent se vendre plusieurs milliers de dollars en Asie orientale à cause de leurs supposées qualités médicinales, ce qui alimente le braconnage et le trafic, particulièrement au Zimbabwe et en Afrique du Sud. On leur prête notamment des qualités aphrodisiaques, même si elles sont principalement composées de kératine, le même composant que les cheveux ou les ongles.

    Source + video: www.francetvinfo.fr


    05/09/16 - Extinction d'espèces: Comment l'homme provoque la disparition des animaux

    La sixième extinction est en marche et elle serait aussi massive que celle qui a vu la fin des dinosaures. La faune et la flore disparaissent à une vitesse accélérée, à l'image des grands singes, selon l'union internationale pour la conservation de la nature. Exemple : quel est le point commun entre le dodo de l'île de Maurice, le quagga d'Afrique du Sud, le tigre de Tasmanie et la grenouille plate du Queensland ? Toutes ces espèces ont disparu, éradiquées l'une après l'autre par l'Homme, pour leur viande, leur peau ou parce qu'elles ont vu leur environnement naturel disparaître.

    Marque de l'Homme

    "Des exemples comme ceci, il y en a des centaines et actuellement les meilleurs spécialistes estiment que le rythme d'extinction des espèces est 100 fois plus rapide au moins que le rythme naturel, c'est-à-dire le rythme s'il n'y avait pas l'intervention de l'Homme", explique Nicolas Chateauneuf, en direct sur le plateau de France 2. Et depuis la révolution industrielle, ce rythme explose, c'est la marque de l'Homme. "Aujourd'hui, résultat : un quart des espèces est menacé d'extinction", souligne le journaliste.

    Source: www.francetvinfo.fr


    02/09/16 - Première baisse du braconnage de rhinocéros depuis 8 ans

    Depuis 2007, le braconnage de rhinocéros explosait en Afrique du Sud. Désormais, et pour la première fois, une baisse s'amorce. Mais ce n'est qu'une semi bonne nouvelle...

    Le nombre de rhinocéros tués en Afrique du Sud a baissé pour la première fois en huit ans, avec 1.175 animaux braconnés en 2015, un nombre toujours "inacceptable" pour les ONGau moment où le débat fait rage sur la légalisation de la vente de corne dans le pays. L'Afrique du Sud abrite 80 % de la population mondiale de rhinocéros, dont la corne, composée principalement de kératine comme les ongles humains, est très prisée des Asiatiques qui lui prêtent des valeurs médicinales non prouvées scientifiquement. Cette forte demande alimente un juteux marché, puisque le kilo de corne de ce mammifère se monnaie au marché noir environ 60.000 dollars, "plus cher que l'or et la cocaïne", selon Pelham Jones, président de l'association sud-africaine des propriétaires privés de rhinocéros (PROA).

    Une baisse de 3,3 %

    Devant cette demande en très forte expansion, l'Afrique du Sud a enregistré depuis une dizaine d'années une explosion du braconnage, passant de 13 bêtes tuées en 2007 à 1.215 en 2014. Mais l'année 2015 a été marquée par une très légère diminution, a annoncé jeudi 21 janvier 2016 la ministre de l'Environnement, Edna Molewa : 1.175 spécimens ont été massacrés, principalement dans le parc national Kruger (nord-est), soit une baisse de 3,3 % en un an. "Nous sommes très heureux d'annoncer que (...) la situation du braconnage s'est stabilisée", s'est réjouie Mme Molewa. "Etant donné l'augmentation constante du braconnage dans les zones protégées, il s'agit d'une très, très bonne nouvelle qui nous donne une vraie raison d'espérer", a ajouté la ministre qui a attribué ces résultats "aux efforts des autorités judiciaires et des agences de sécurité". Un total de 317 braconniers ont été arrêtés pour trafic de rhinocéros en 2015, contre 258 l'année précédente. Près de 90 % des personnes poursuivies ont été reconnues coupables. Deux Mozambicains ont ainsi écopé de 30 ans de prison. Les Hawks, l'unité d'élite de la police sud-africaine, ont aussi mis la main sur une quinzaine de membres d'une organisation criminelle spécialisée dans le braconnage.

    La situation reste très inquiétante

    Mais les chiffres annoncés "peuvent difficilement être une source d'autosatisfaction", a immédiatement tempéré Sabri Zain de l'organisation internationale de défense des animaux Traffic. "Il est inacceptable que ces chiffres restent aussi élevés et que sur le continent la crise du braconnage s'étende", a-t-il ajouté. "A l'échelle du continent africain, il s'agit de la pire année en terme de rhinos braconnés depuis des décennies", a même assuré Tom Milliken, expert chez Traffic. "L'épicentre du braconnage s'est étendu à la Namibie et au Zimbabwe, et est loin d'être éteint en Afrique du sud", a-t-il mis en garde. Le nombre de rhinocéros tués entre 2014 et 2015 est passé de 12 à "au moins 50" au Zimbabwe et de 24 à 80 en Namibie, selon Traffic. "On est loin de voir la lumière au bout du tunnel", a constaté Tom Milliken.

    Les ONG ont aussi dénoncé la décision du tribunal de Pretoria de confirmer la levée d'un moratoire interdisant la vente de corne de rhinocéros sur le marché sud-africain. Il est donc possible d'acheter des cornes de cet ongulé en Afrique du Sud, à condition d'obtenir un permis des autorités provinciales, tandis que le commerce mondial reste lui toujours illégal. "C'est un sérieux revers", a commenté Jo Shaw de l'organisation de défense des animaux WWF. "Il n'y a pas de demande intérieure pour de la corne de rhinocéros en Afrique du Sud. Il est inconcevable que quelqu'un en achète, à moins de la vendre illégalement à l'étranger ou de spéculer sur une autorisation du commerce international", a relevé Colman O'Criodain, analyste chez WWF. Les éleveurs se sont, eux, réjouis. Le commerce de la corne de rhinocéros devrait cependant être rapidement suspendu en Afrique du Sud : la ministre de l'Environnement, furieuse, a annoncé son intention de saisir la Cour suprême d'appel, une décision qui interdira de fait toute vente en attendant le jugement.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/animaux/biodiversite avec l’AFP


    Lundi 15/08/16 - Les défenseurs des animaux demandent l'interdiction totale de l'ivoire en Chine

    Les organisations de protection de la nature ont demandé au gouvernement chinois d'imposer une interdiction totale du commerce d'ivoire dans le pays lors des deux années qui viennent, et sans date d'expiration ni compensation financière pour ceux qui perdraient leur entreprise.

    Selon Xu Yang, spécialiste du commerce des espèces sauvages au Fonds Mondial pour la Nature (WWF) en Chine, la majorité des consommateurs chinois cesseraient d'acheter des produits en ivoire si les canaux de commerce légal étaient fermés.

    « De même, cela ne laisserait aucune marge de manœuvre aux spéculateurs si l'interdiction du commerce de l'ivoire en Chine était permanente », a-t-il ajouté.

    Le WWF et TRAFFIC, une ONG qui surveille le commerce mondial de la faune, sont actuellement en train de rédiger un rapport de faisabilité sur l'interdiction du commerce de l'ivoire en Chine, espérant qu’il deviendra un document de référence technique pour le gouvernement chinois.

    Selon Zhou Fei, directeur du programme Chine chez TRAFFIC, la population d'éléphants d'Afrique a chuté de 3 à 5 millions de têtes a seulement 500 000 au cours des dernières années.

    « Si nous ne faisons rien, les éléphants d'Afrique seront fonctionnellement éteints dans les vingt années qui viennent », a-t-il déclaré.

    À l'heure actuelle, le commerce et la fabrication de produits en ivoire enregistrés est légal en Chine. En 2008, la Chine a obtenu l'approbation de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages, l'organisme qui réglemente le commerce international des espèces sauvages, pour acheter environ 62 tonnes d'ivoire en une seule fois lors d’une vente faite par le Botswana, la Namibie, l’Afrique du Sud et la Zimbabwe. Chaque année, environ 5 tonnes de cet ivoire sont libérées sur le marché.

    Cependant, une enquête du WWF Chine a révélé que plus de la moitié des consommateurs ne savent pas comment faire la distinction entre les produits d'ivoire légaux et illégaux.

    « Malgré le fait que chaque sculpture sur ivoire légale possède une carte d'identité, de nombreux consommateurs ne savent pas demander la carte. Ces cartes non réclamées peuvent ensuite être utilisées pour des produits d'ivoire illégaux », a déclaré M. Xu, qui a ajouté que, « en outre, la Chine compte une classe moyenne de plus en plus importante, des gens qui souhaitent acheter de l'ivoire comme un symbole de statut social. La quantité limitée d'ivoire mise sur le marché légal ne pourra pas répondre à cette demande ».

    Source: Le Journal du Peuple avec Xinhua - Rédacteurs: Guangqi Cui & Wei Shan


    25/07/16 - Deux lamantins de Singapour partent repeupler leur espèce en Guadeloupe

    Opération reconquête. Deux lamantins vont quitter Singapour pour la Guadeloupe dans le cadre du premier programme mondial de repeuplement de cette espèce déclarée éteinteau début du XXe siècle dans le département français d’outre-mer, a annoncé ce lundi un responsable de l’archipel d’Asie du Sud-Est.

    Les mâles Kai et Junior, sept et six ans, vont être les premiers des quinze lamantins mâles et femelles du monde à arriver à Grand Cul-de-Sac Marin, une réserve naturelle de 15.000 hectares qui réunit les îles de Basse-Terre et de Grande-Terre.

    Classé dans la liste rouge des espèces vulnérables

    Le lamantin, un mammifère plus gros que le phoque, au corps en fuseau épais et à nageoire non creusée, figure comme espèce « vulnérable » dans la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature.

    « Nous avons rencontré beaucoup de succès au cours des 20 dernières années dans la reproduction de lamantins dont nous nous occupons », a déclaré Cheng Wen-Haur, directeur-adjoint de la Réserve naturelle de Singapour. « Nous sommes très heureux que ce succès contribue maintenant au repeuplement de la répartition historique de l’espèce dans les Caraïbes, où elle s’est éteinte depuis un siècle », a-t-il ajouté.

    Source: www.20minutes.fr/planete avec l’AFP


    Vendredi 15/07/16 Biodiversité: l'UE publie une liste de 37 espèces invasives

    La Commission européenne a publié mercredi une première liste de 37 espèces considérées comme invasives sur son territoire, dans l’espoir d’éradiquer ou au moins contrôler le développement de ces animaux ou plantes qui provoquent des milliards d’euros de dégâts.

    Sur cette liste des espèces exotiques invasives se trouvent le ragondin venu de l’Amérique du Sud qui prolifère en Allemagne, la grenouille-taureau, la tortue de Floride et l’écureuil gris des États-Unis, ou encore le frelon asiatique. Mais aussi, moins courant mais tout aussi problématique, le corbeau familier (ou corneille de l’Inde) arrivé du sous-continent indien.

    Parmi les plantes, l’exécutif européen a recensé la jacinthe d’eau, le baccharis halimifolia, parfois appelé séneçon en arbre, ou encore l’élodée crépue qui pullule dans les étangs du sud-ouest de la France.

    Sur ces 37 espèces animales et végétales, 27 sont d’ailleurs présentes dans l’Hexagone, selon une source à la Commission.

    « Nous agissons pour pallier un problème qui ne peut pas être ignoré, car cela nous coûte plus de 12 milliards d’euros par an », a soutenu le commissaire européen à l’Environnement, Karmenu Vella.

    Conséquence immédiate, ces espèces ne pourront plus être conservées, transportées, reproduites ou relâchées intentionnellement.

    - Les États membres auront l’obligation de prendre des mesures
    - Les États membres auront l’obligation de prendre des mesures en fonction de la propagation déjà observée de ces espèces.

    Il s’agit donc soit de prévenir leur développement, soit de les détecter rapidement afin d’éradiquer toute nouvelle invasion, soit d’encadrer et de gérer les espèces déjà largement installées sur le sol européen.

    Les décisions finales reviennent aux États membres pour l’éventuelle éradication de certaines espèces. L’une des possibilités offertes par la réglementation européenne est de capturer les animaux et de les enfermer dans des zoos jusqu’à la fin naturelle de leur vie.

    Les particuliers peuvent également attendre le décès de leur animal préféré si celui-ci se trouve sur la liste des 37, sous réserve de ne pas encourager leur reproduction. Les vendeurs auront de leur côté deux ans pour écouler leurs stocks.

    Et pour aider ceux qui ne savent pas exactement ce qui pousse dans leur jardin, la Commission recommande aux États membres de lancer des campagnes de sensibilisation.

    Les espèces exotiques invasives sont des plantes, animaux, champignons ou micro-organismes qui se sont développés en dehors de leur habitat d’origine, soit naturellement, soit transportés par l’homme.

    Selon la Commission, plus de 12 000 espèces sont ainsi arrivées en Europe et 10 à 15 % environ sont devenues envahissantes. La liste peut être révisée en permanence.

    Leur présence est une menace pour la biodiversité. Les coûts induits se traduisent en soins de santé, en perte de récoltes ou de stock de poissons, en dégâts sur des infrastructures, sur la navigabilité des cours d’eau ou même sur d’autres espèces protégées.

    Source: www.lafranceagricole.fr avec l'AFP


    24/06/16 – France: la loi biodiversité réhabilitée par l’Assemblée nationale en troisième lecture

    Au regard des trop nombreuses attaques dont a fait l’objet le projet de loi tout au long du chemin parlementaire, force est de constater que le texte a plutôt bien résisté à l’occasion de l’examen en troisième lecture par l’Assemblée nationale ces trois derniers jours. L’espoir d’une loi digne de ce nom renaît. A condition que…

    On ne reviendra pas sur les trop nombreux amendements déjà perdus en route, tels que la pêche au chalutage en eaux profondes, la non reconnaissance de l’animal sauvage comme un être sensible ou encore le piégeage des oiseaux à la glu qui vont malheureusement perdurer.

    Lors de cette nouvelle étape, la taxe additionnelle sur l’huile de palme a été abandonnée au profit d’un engagement du gouvernement à rénover la fiscalité des huiles végétales dans les six mois. Nous veillerons à ce délai et aux critères de durabilité de cette fiscalité. Le second recul concerne l’interdiction des variétés de colza et tournesols rendues tolérantes aux herbicides par mutagénèse (nouvelle technique pour obtenir des OGM), qui n’est plus d’actualité.

    Nous regrettons également la restriction de l’interdiction du dragage des fonds marins en présence de récifs coralliens aux espaces sans flux maritimes, autrement dit où il n’y a pas de trafic.

    Les députés ont voté une interdiction au 1er septembre 2018 mais avec des dérogations possibles jusqu’en 2020, que nous regrettons fortement. Nous leur préférons la mise en place de mesures d’accompagnement vers la transition pour les agriculteurs.

    La signature de pétitions en faveur de l’interdiction par plus de 600 000 citoyens montre à quel point l’opinion publique est préoccupée par ces questions. Nous aurions préféré la mise en place d’une interdiction pure et simple des néonicotinoïdes à court terme.

    Le débat sur le rôle des associations de protection de la nature dans la connaissance de la biodiversité a montré le mauvais esprit de quelques députés et surtout leur méconnaissance profonde des enjeux et acteurs dans ce domaine. Il revient au Sénat de dépolluer le débat en reconnaissant aux associations leur rôle indispensable dans ce domaine.

    Enfin, nos organisations ont particulièrement apprécié que les parlementaires et le gouvernement, par la voie des ministres en charge de l’écologie et sous l’impulsion de la rapporteuse, aient pu éviter le piège de la séparation des missions de polices administrative et judiciaire de l’Agence française pour la biodiversité et confirmer un certain nombre de progrès parmi lesquels :
    - la reconnaissance des paysages nocturnes et des sols dans le patrimoine commun de la Nation
    - l’adoption du principe de non régression du droit de l’environnement
    - l’objectif d’absence de perte nette de biodiversité donné aux mesures compensatoires
    - la création d’un collège dédié aux acteurs de la société civile dans les comités de basin
    - la restauration des zones prioritaires pour la biodiversité, un outil pour mieux protéger les habitats naturels des mesures luttant contre la brevetabilité du vivant et favorisant l’échange local de semences.

    Nos organisations en appellent aux sénateurs en troisième lecture pour conforter ces choix d’intérêt général, en faveur de la préservation et de la reconquête de la biodiversité.

    Source: www.wwf.fr


    22/06/16 - Paris remporte le titre de capitale mondiale Earth Hour 2016 !

    Chaque année, l'initiative Earth Hour City Challenge du WWF récompense la ville qui, par son approche et sa vision, représente un modèle en matière de lutte contre le changement climatique. Paris remporte cette année la compétition grâce à sa vision ambitieuse et une capacité certaine à intégrer et entraîner dans son sillage entreprises, société civile et les autres villes dans sa politique de durabilité.

    Paris a su démontrer son leadership, que ce soit par son implication et ses capacités d'organisation de la COP21, mais aussi et surtout à travers sa volonté de collaborer, de partager ses exigences et sa connaissance avec les villes du monde entier.

    Sur le terrain, Paris a présenté une vision globale, basée sur le long terme et a, en outre, intégré un processus de révision régulière afin de s'assurer d'une démarche de lutte contre le changement climatique prenant compte des besoins actuels et futurs des citoyens. Avec l'aide de l'Agence Parisienne du Climat, les véhicules propres pour une meilleure gestion des derniers kilomètres en matière de livraison, l'extension des transports en commun et le développement de centres de production de biogaz pour la conversion des déchets en carburant, Paris a développé un modèle innovant et robuste, facilement adaptable à d'autres collectivités.

    "A l'heure où le monde travaille à la transformation de l'Accord de Paris en actions concrètes, la capitale mondiale Earth Hour City Challenge doit montrer l'exemple et inspirer les villes dans le monde entier," explique Marco Lambertini, directeur général du WWF International. "Par la désignation de Paris, nous récompensons son engagement et sa résolution à inspirer les villes du monde entier en matière de lutte contre le changement climatique, de réduction d'émissions ou de politique de soutenabilité urbaine".

    « Sélectionnée parmi les 18 villes finalistes du challenge, la candidature de Paris a séduit le jury par sa politique très volontariste, innovante et participative. Nous sommes ainsi très heureux de désigner la ville de Paris, hôte de la COP21, « capitale mondiale Earth Hour 2016». C'est une récompense pour l'impulsion internationale donnée par Anne Hidalgo et ses équipes. C'est aussi une reconnaissance de la place nouvelle prise par Paris parmi les villes leaders en matière environnementale » ajoute Pascal Canfin, directeur général du WWF France.

    « Je suis particulièrement heureuse et honorée de voir Paris et l'ensemble des Parisiens récompensés par le prix prestigieux du Earth Hour City Challenge, décerné par le WWF. A l'heure où Paris continue à poser des actes concrets pour lutter contre la pollution de l'air, cette reconnaissance nous encourage à aller toujours plus loin dans l'intérêt de la santé publique et l'environnement. Les villes ont toujours été à l'avant-garde du changement. Elles ont toujours inauguré les progrès à venir. Elles ont toujours pressenti, préfiguré, et en un sens précédé l'avenir. C'est ce qui fait d'elles aujourd'hui des acteurs décisifs de la transition écologique mondiale et Paris est au rendez-vous des défis du XXIe siècle. Au-delà de la contribution des experts, ce sont en effet les citoyens qui sauveront le Climat : ils le sauveront depuis le territoire où ils vivent et dans leur cadre de leur culture singulière. À ce titre, le combat environnemental est un combat social : un combat contre l'inculture qui détruit à la fois l'inné et l'acquis de l'humanité. Avec les villes-mondes et notamment au sein du Cities 40 (C40), Paris continuera à s'investir pour favoriser, permettre et organiser les échanges entre les territoires, les ONG, les entreprises et les associations au cours des prochains mois » partage Anne Hidalgo, Maire de Paris.

    Cette année, pas moins de 125 villes représentant 21 pays ont participé à Earth Hour City Challenge 2016. Evaluant leur niveau d'ambition et d'innovation en matière de lutte contre le changement climatique, le jury d'Earth Hour City Challenge a par ailleurs remis des mentions spéciales à Boulder (Etats-Unis), Umeå (Suède), Rajkot (Inde), Thswane (Afrique du Sud), Jakarta (Indonésie), Quito (Equateur) ou Belo Horizonte (Brésil).

    Paris rejoint ainsi Vancouver, Cape Town et Séoul dans le rang des gagnants du Earth Hour City Challenge au niveau mondial. Chacune de ces villes ont démontré leur incroyable leadership en matière de développement de solutions destinées à la lutte contre le changement climatique et la réduction de l'empreinte carbone de nos modes de vie urbains

    "Membre de l'ICLEI, Paris est un acteur précurseur au niveau mondial en matière de soutenabilité. Basée sur le long terme, sa vision holistique et ambitieuse, soutenue par des actions concrètes et des objectifs clairs en matière de lutte contre le changement climatique met la barre très haut pour le prochain Earth Hour City Challenge. Paris a démontré son engagement à inspirer, à collaborer et à partager son savoir avec les villes du monde entier, tirant les ambitions vers une nouvelle dimension en accueillant la COP21 l'an dernier," conclut Gino Van Begin, secrétaire général de l'ICLEI (International Council for Local Environmental Initiatives), partenaire du WWF fournissant notamment la plateforme de reporting de l'initiative : le carbonn Climate Registry.

    Source: www.wwf.fr


    22/06/16 - Les champs de nodules polymétalliques, hauts lieux de la biodiversité

    On pensait que les champs de nodules, ces réservoirs de minerais situés à 4000 mètres de profondeur, étaient quasiment dépourvus de biodiversité : il n’en est rien. Dans ces plaines abyssales, se trouve une faune particulièrement diversifiée : les zones avec nodules abritent même encore plus de biodiversité que celles sans !

    C’est ce qu’a découvert une équipe scientifique internationale, réunissant des chercheurs français (Ifremer), allemands (Senckenberg am Meer), belges (Ghent University) et portugais (IMAR & University of Aveiro). Menée dans le cadre d’une action pilote du consortium européen JPI Ocean, dédiée aux impacts écologiques de l’exploitation minière dans les fonds marin, leur étude a été publiée le 1er juin 2016 dans la revue Scientific Reports de Nature. Elle a été réalisée à la suite d’une campagne en mer (SO-239) à bord du navire océanographique allemand Sonne, dans la zone de fracture de Clarion-Clipperton, dans le Pacifique. Cette découverte souligne la nécessité de mettre en place des stratégies de préservation de la biodiversité avant d’envisager une exploitation.

    Les nodules polymétalliques, c’est quoi ?

    Les nodules polymétalliques se trouvent au fond des océans, dans les profondeurs dites « abyssales », entre 4000 et 5000 mètres de profondeur. « Ce sont des sortes de gros galets qui agrègent les minerais présents dans l’eau », explique Lénaïck Menot, chercheur au Laboratoire Environnement Profond du Centre Ifremer Bretagne.

    Constitués de manganèse, fer, silicium, aluminium ou cobalt, ces nodules sont présents en forte concentration dans l’océan Indien et l’océan Pacifique. Et dans un contexte international de hausse de la demande en métaux, leur intérêt économique est évident.

    « Jusqu’à présent, la biodiversité associée aux champs de nodules était peu connue, en raison notamment des difficultés d’accès à ces régions profondes. Mais considérant le fort impact qu’une activité minière pourrait avoir sur ces zones, comprendre la distribution des espèces est essentiel.»

    Une biodiversité deux fois plus dense dans les zones de nodules

    L’étude a été menée dans la zone de fracture de Clarion-Clipperton (CCZ), l’une des régions de la planète qui compte la plus grande densité de nodules et qui, de fait, est convoitée pour son potentiel en ressources minérales marines. Depuis plusieurs dizaines d’années, plusieurs permis ont été délivrés à différents pays afin d’explorer cette zone.

    Les résultats montrent la présence d’une faune à la fois riche et abondante, proportionnelle à la concentration de nodules : en effet, les espèces détectées sont deux fois plus importantes dans les zones plus denses en nodules polymétalliques.

    « Pour en arriver à cette conclusion, nous avons observé le fond océanique sur cinq sites différents, précise Lénaïck Menot. Notre objectif était d’identifier, en temps réel, la composition et la densité de la faune mobile et sédentaire comme les poissons, les crustacés, les coraux ou les éponges ».

    Des sites très perturbés après des actions humaines

    « Il s’agit de la première étude qui s’intéresse à autant de sites différents. Nous avons comparé des zones naturellement riches ou pauvres en nodules et des sites qui ont été dragués, il y a quelques mois ou plusieurs dizaines d’années, pour des raisons scientifiques ou industrielles, lorsqu’il n’y avait pas encore de régulation dans l’exploration des eaux internationales. »

    Et le verdict est sans appel. « Dans les zones où le fond océanique et les premiers centimètres de sédiments ont été raclés pour récupérer les nodules, la faune a été profondément affaiblie et n’a pas recolonisé les lieux. » Un constat qui s’applique autant pour les zones récemment sinistrées que celles qui ont été draguées il y a plus de 30 ans.

    « Dans le milieu abyssal, dominé par de grandes plaines sédimentaires, les nodules constituent un type d’habitat unique, notamment pour les coraux ou les éponges qui peuvent s’y accrocher. Lorsqu’on les enlève, non seulement cet habitat disparaît mais les couches de sédiments sont elles aussi bouleversées. Cela pourrait conduire à une perte importante de la biodiversité à l'échelle des zones exploitées, qui pourrait ne jamais revenir, étant donné que les nodules mettent plusieurs millions d’années à se former. »

    La mise en place de zones de préservation

    Ces résultats mettent ainsi en exergue la nécessité d’élaborer des stratégies de préservation de la biodiversité dans les zones riches en modules. « Il existe actuellement plusieurs zones protégées, les APEI (Area of Particular Environmental Interest), autour de la zone de Clarion-Clipperton. Elles ont été mises en place par l’Autorité Internationale des fonds marins (AIFM) et interdisent toute activité d’exploration ou d’exploitation. Cependant, il n’y a encore rien au cœur de la fracture de Clarion-Clipperton , là où se trouvent les nodules les plus riches en minerais, là où se concentrent tous les permis et là où se situe la biodiversité la plus dense. »

    Par ailleurs, l’AIFM oblige les contractants à identifier des sites de préservation (PRZ –Preservation Reference Zone) au sein des zones concernées par les permis. Mais pour l’instant, aucun critère n’a été mis en place pour aider à la délimitation de ces sites. « Le risque, c’est que les contractants choisissent des sites de préservation dans des zones qui ne présentent pas un grand intérêt économique. Or, au vu de nos résultats, ces zones ne seraient pas représentatives de la biodiversité des sites exploitées. »

    C’est pourquoi les scientifiques à l’origine de l’étude soulignent l’importance, pour les industriels et les décideurs politiques, de prendre en compte la biodiversité des zones de nodules dans leurs futures décisions.

    La campagne SO-239, coordonnée par le Senckenberg am Meer, Wilhelmshaven, Allemagne, contribue à une action pilote du consortium européen JPI Oceans. Cette action pilote porte sur les aspects écologiques de l’exploitation minière par grands fonds (www.jpio-miningimpact.geomar.de), coordonnée par l’institut de recherche allemand GEOMAR Helmholtz Centre for Ocean Research Kiel.

    La zone de fracture Clarion-Clipperton

    La zone Clarion-Clipperton (Clarion-Clipperton Zone – CCZ) est une zone géologique sous-marine qui se situe dans le nord-est du Pacifique, entre l’archipel d’Hawaï et la côte ouest du Mexique. Elle représente une surface de 9 millions de km2, dans laquelle le poids des nodules atteindrait 34 milliards de tonnes, dont environ 340 millions des tonnes de nickel, et 275 millions de tonnes de cuivre.

    L’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) a attribué à la France un secteur de 75.000 km2 en vue de l’exploration des nodules polymétallique. Les recherches actuelles menées par l’Ifremer sur cette zone bénéficient des connaissances apportées par le CNEXO (ancêtre de l’Ifremer) entre 1970 et 1988. Depuis 2001 et sous le patronage de l’Etat français, l’Ifremer est titulaire auprès de l’AIFM d’un contrat d’exploration des nodules polymétalliques dans la zone de Clarion-Clipperton. Le contrat indique notamment l’obligation d’effectuer un état de référence de l’écosystème benthique, c'est-à-dire de décrire les communautés animales présentes sur le fond, ainsi que les caractéristiques de leur habitat. Deux campagnes océanographiques ont été menées par l’Ifremer afin de décrire, comprendre et comparer la distribution des espèces dans les zones avec et sans nodules, Nodinaut en 2004 puis BIONOD en 2012, en collaboration avec le bureau de recherche géologique allemand. Les données recueillies pendant la campagne de l’Ifremer, Nodules 2015, permettront notamment d’établir la cartographie des habitats benthiques dans cette même zone.

    Source: _wwz.ifremer.fr


    08/06/16 - Saisie record de 350 kg de défenses d'éléphants en France

    Cette saisie d'ivoire est la plus importante de ces dix dernières années. Ce commerce illégal alarme les ONG de protection des espèces sauvages qui annoncent également la saisie de 1,7 tonne à travers l'Europe depuis avril.

    C'est une saisie «exceptionnelle» en France. Plus de 350 kg de défenses d'éléphants ont été saisis par les douanes françaises en moins d'une semaine, ce qui constitue la prise la plus importante depuis dix ans d'après la direction des douanes. «Nous avons affaire à des réseaux organisés qui font disparaître progressivement les éléphants d'Afrique», regrette Hélène Crocquevieille, directrice générale des douanes, lors d'un point-presse à Ivry-sur-Seine dans le Val-de-Marne.

    L'affaire avait commencé en septembre 2015 à Poitiers lorsque des douaniers avaient découvert quatre défenses brutes d'éléphants d'Afrique dans une voiture lors d'un contrôle routier. L'enquête lancée, la douane était remontée le 25 mai à la tête du réseau et avait saisi dans un commerce tenu par un homme de la région parisienne 212 kg de défenses cachées sous des palettes en bois.

    «Il s'agit d'une personne franco-vietnamienne qui avait sa propre entreprise, un commerce de biens d'hygiène et de parfumerie, et qui avait une activité annexe de vente d'antiquités, avait expliqué Brice Gutermann, chef de l'unité des douanes de Nantes qui a mené l'enquête. C'est par ce biais qu'il organisait le trafic de l'ivoire.»

    Quelques jours plus tard, le 1er juin, un passager en provenance d'Angola et se rendant au Vietnam est intercepté à l'aéroport de Roissy avec 26 défenses d'éléphant, soit 142 kg d'ivoire, dans six bagages de soute. Jugé en comparution immédiate le 3 juin, il a été condamné à 18 mois de prison ferme et 142.000 euros d'amende. Une première en France.

    Un plan d'action européen contre le trafic d'espèces sauvages

    Pour IFAW, une ONG spécialisée dans la protection des animaux dans le monde entier, la quantité d'ivoire saisie est la preuve que la situation est critique. Plus de 1,7 tonne d'ivoire a été interceptée depuis avril à travers l'Europe en Espagne (744 kg), Allemagne (625 kg) et France (350 kg). Pour la directrice du bureau français Céline Sissler-Bienvenu, cela rappelle l'urgence d'intervenir: «C'est la première fois que des saisies ont lieu à intervalles si rapprochés, explique-t-elle au Figaro. L'Europe est une zone de transit de l'ivoire provenant d'Afrique et à destination de l'Asie. Le braconnage est hors de contrôle, on estime à 100 le nombre d'éléphants tués quotidiennement et la disparition de l'espèce est programmée dans dix ans si rien n'est fait.»

    La mobilisation de la communauté internationale s'est accrue afin de stopper le trafic, la France en tête, avec l'annonce de Ségolène Royal lors de son déplacement au Kenya en mai interdisant «tout commerce d'ivoire».

    Source: Le Figaro - Auteur: Mélanie Faure


    04/06/16 - Pour protéger les Caraïbes, Cuba appelle à dévorer la rascasse

    Si tu ne peux pas vaincre ton ennemi, mange-le. C'est la stratégie de Cuba, qui encourage sa population à consommer des rascasses volantes, un poisson qui envahit la mer des Caraïbes et perturbe son écosystème.

    Appelée ptérois sous son nom scientifique, mais aussi connue comme le poisson-lion, la rascasse volante est un poisson de couleur orange, marron et noir, couvert d'épines vénéneuses et provenant du bassin Indo-Pacifique.

    Grâce à ses épines, elle peut tuer toutes les autres espèces de poissons, jusqu'au requin. Mais pas les humains.

    «Le ptérois a été détecté pour la première fois à Cuba en 2007 et à peine deux ans plus tard, il avait envahi toute l'île», explique à l'AFP Delmis Cabrera, 25 ans, biologiste marine à l'Aquarium national de La Havane.

    Prédateur opportuniste, ce poisson se reproduit très rapidement avec une particularité : ses épines toxiques effraient les animaux marins, même ceux qui devraient le dévorer.

    Aujourd'hui la menace du ptérois, particulièrement pour les récifs coralliens, est telle que même l'Association des Etats Caribéens (AEC) se réunit autour de ce sujet ce samedi, durant un sommet à La Havane.

    Pendant que les pays de la zone cherchent un plan pour combattre cette espèce envahissante, Cuba semble avoir trouvé la solution dans nos assiettes : la manger pour la contrôler.

    A ce jour, peu de restaurants cubains proposent la rascasse volante à leur menu et elle reste encore méconnue de la population.

    «Nous essayons de la mettre dans notre carte, mais comme c'est un poisson que tout le monde (associe) avec le poison», il est parfois difficile de convaincre les clients, confie à l'AFP Carlos Fonseca, gérant du Santy Pescador, un «paladar» (restaurant privé) de La Havane.

    Le parfait prédateur

    «Le ptérois a mauvaise réputation, il fait peur à cause de ses épines... Mais il est très riche en protéines! Il y a de nombreuses manières de le cuisiner, ici nous le faisons cru, surtout en sushi», explique à l´AFP Noriesky Gao, 30 ans, cuisinier au Santy Pescador.

    Coupant soigneusement des tranches de ce poisson, il explique comment le préparer : «D'abord, il faut bien s'y prendre pour laver la nageoire dorsale et la ventrale. Les épines comportent une glande vénéneuse qui peut entraîner des paralysies respiratoires, des douleurs musculaires ou de la fièvre, jusqu'à trois jours durant».

    «Il a tout du parfait prédateur!», ajoute-t-il.

    Juan Enrique Valdez, 55 ans et moniteur de plongée depuis 30 ans, observe le ptérois «dévorer toutes les autres espèces depuis environ cinq ans». «C'est le roi du littoral ici puisqu'il n'y a aucune espèce assez grande pour le manger», rit-il.

    «C'est pourquoi nous avons commencé à le tuer par nous-même, pour contrôler sa population. Il y a des jours où l'on se dit +allez on va tuer du ptérois+, en fait je crois que nous sommes les seuls à le faire aussi régulièrement dans le coin.»

    Mais les Cubains ne sont pas les seuls à lutter contre ce poisson.

    Au Costa Rica, en Colombie, aux Bahamas, et dans une moindre mesure au Mexique, les gouvernements ont encouragé leur population à consommer la rascasse volante.

    Les Japonais, eux, dégustent depuis longtemps la chair blanche caractéristique de cette espèce.

    La biologiste Delmis Cabrera reconnaît que celle-ci peut être «vénéneuse» mais aussi «exquise, et très convoitée».

    «Sa chair juteuse est pleine de vitamines. Nous incitons les Cubains à la pêcher et la manger, pour surveiller son expansion».

    Ces dernières années, Cuba a même organisé un tournoi annuel de pêche du ptérois.

    Et ce poisson envahissant pourrait finalement réserver une bonne surprise : selon Mme Cabrera, les scientifiques de l'Université de La Havane sont déjà en train d'étudier les propriétés toxicologiques du ptérois pour lutter contre le cancer.

    Source: www.20minutes.fr/planete avec l'AFP


    23/05/16 - Californie: les chênes menacés par une méchante bactérie

    La forêt californienne va mal. Déjà fragilisée par la sécheresse, ses essences de chênes enregistrent une mortalité sans précédent, en raison d’une bactérie nommée Phytophthora ramorum.

    Si le séquoia est l’arbre emblématique de la Californie, le chêne (« oak » en anglais) est certainement le plus répandu. Cet arbre auquel les Américains rendent si souvent hommage pour nommer un lieu (oak park, oak cafe, oak cottage, etc.) risque pourtant de ne devenir qu’un joli souvenir. Selon une étude publiée au début du mois par la National Academy of Sciences (NAS), les chênes sont en effet menacés de mort et pourraient, à terme, disparaître.

    Depuis 1995, les scientifiques estiment que plus d’un million d’arbres ont succombé à une maladie baptisée « mort subite du chêne » et causée par une bactérie communément appelée « moisissure humide ».

    Au Nord de l’État, les comtés de Monterey, Sonoma et Big Sur sont les plus touchés par cette épidémie. Au cœur des forêts, près d’un arbre sur quatre est atteint. Les taches brunes de chênes morts et desséchés apparaissent de plus en plus souvent sur les photos aériennes.

    Des forêts entières

    Les effets de la bactérie « Phytophthora ramorum » sur les chênes sont nombreux, mais sont difficilement compréhensibles pour les scientifiques. Le rapport de la NAS explique ainsi que la maladie peut « toucher des forêts entières, mais épargner certains chênes et même renforcer leur croissance ». L’étude de la National Academy of Sciences révèle par ailleurs que cette bactérie se rapproche de celle qui avait atteint les pommes de terre et causé une famine en Irlande au XIXe siècle.

    En ce qui concerne les symptômes chez les arbres malades, ils se traduisent sur les feuilles, partiellement jaunies et racornies, mais aussi sur l’écorce. Des taches blanches peuvent aussi apparaître à la base du tronc, avant que des fissures ne s’ouvrent sur celui-ci, laissant le chêne exposé à des « saignements » de sève. Ces saignements entraînent l’apparition de moisissures, puis l’arrivée d’insectes semblables à des termites qui creusent des galeries sous l’écorce et dans le tronc, affaiblissant et tuant l’arbre. Loin de se limiter aux chênes, la bactérie s’attaque aussi à plus d’une centaine d’arbres et de plantes, ne causant toutefois que des dégâts mineurs.

    « Aujourd’hui, il est trop tard… »

    Si la Californie du Nord est la partie la plus touchée, le problème est pourtant présent partout, y compris dans l’État voisin, l’Oregon. Des millions d’hectares sont ainsi sous la menace, la maladie se propageant grâce aux pluies et aux vents. « La bactérie peut couvrir des centaines de kilomètres en quelques heures, explique l’un des scientifiques. Par ailleurs, le commerce des fleurs et plantes, et le transport de ces marchandises, facilite la circulation de la bactérie d’un chêne à l’autre ».

    Toujours selon le rapport, la propagation de cette maladie aurait pourtant pu être stoppée entre 2000 et 2002. Mais les autorités des services forestiers et les chercheurs universitaires n’ont alors pas pris la mesure du problème. « Les forces en présence ne se sont pas mobilisées assez rapidement et n’ont pas consacré assez d’argent ou d’effort pour trouver une solution. Avec 60 millions de dollars par an, sur dix ans, le phénomène aurait pu être endigué. Aujourd’hui, il est trop tard. L’opportunité de stopper la bactérie est passée… »

    La seule solution, à l’heure actuelle, serait de parcourir toutes les forêts de l’État, puis d’abattre et évacuer les chênes malades. Un projet de repérage et d’abattage systématique d’arbres infectés à raison de 200 km² par an a été envisagé, pour un coût de 100 millions de dollars. Mais il n’aurait que peu d’effet sur la propagation de la bactérie.

    Une telle entreprise s’avérant irréalisable, la NAS souligne que le temps presse pour trouver un moyen d’éviter une catastrophe. « La maladie prend de l’ampleur et se renforce. Elle voyage de plus en plus vite, et le coût environnemental est sévère. Si nous ne surveillons pas sa progression, la mort subite du chêne pourrait toucher dix fois la zone contaminée à l’heure actuelle. »

    La Californie doit vivre avec…

    Les projections réalisées par les scientifiques font ainsi état de 1 600 kilomètres carrés touchés par la bactérie en 2015, une surface qui pourrait passer à 14 000 km² en 2030. D’ores et déjà, la Californie doit vivre avec les conséquences de cette bactérie. Les forêts sont décimées et les parcs publics doivent procéder à de nombreux abattages préventifs pour protéger la population. En période de sécheresse, ces arbres représentent aussi un véritable danger, puisqu’ils constituent un combustible facile, capable d’enflammer toute une région.

    L’impact à long terme inquiète également, puisque la diminution des chênes signifie aussi la perte de « poumons » luttant contre le dioxyde de carbone. Les espèces sauvages, à commencer par les écureuils, les piverts ou les geais, s’en trouvent aussi fragilisées. Plus délicat que les autres, le chêne tanoak - arbre vénéré par les tribus indiennes et source de leur nourriture traditionnelle - pourrait être le premier à disparaître totalement. Et ainsi emporter avec lui une partie de l’identité californienne.

    Source + photos: www.ouest-france.fr - Auteur: Stéphane Cugnier, correspondant aux Etats-Unis


    22/05/16 - Greenpeace « nettoie » les supermarchés des boîtes de thon Petit Navire

    Vingt groupes de l’organisation non gouvernementale Greenpeace ont symboliquement « nettoyé » des rayons de supermarchés des boîtes de thon de la marque Petit Navire, samedi 21 mai, dans plusieurs villes de France. Une opération destinée à dénoncer « des méthodes de pêche destructrices ». Selon une porte-parole de l’ONG, ces actions se sont déroulées notamment à Strasbourg, Lille, Metz, Lyon, Grenoble, Montpellier, Poitiers ou encore La Rochelle.
    Lire aussi : La surpêche et le déclin des ressources ont été largement sous-estimés
    Avec 30 % des parts de marché, Petit Navire est le leader national de la vente de boîtes de thon. Or, déplore Greenpeace, la marque refuse de remettre en cause ses pratiques halieutiques. « Nous l’avons interpellée plusieurs fois ces dernières semaines, sans réelle réaction de sa part », a déclaré François Chartier, chargé de campagne Océan au sein de la branche France de l’organisation écologiste. Et ce dernier d’expliquer que l’ONG entend désormais faire pression sur les distributeurs afin de faire évoluer la situation.
    Lire aussi : Avec Greenpeace à la poursuite des thoniers de l’océan Indien
    Avenir des écosystèmes marins
    « En faisant campagne sur Petit Navire, nous nous adressons également à Thai Union, leader mondial de l’industrie des produits de la mer et du thon en boîte et propriétaire de la marque française », a précisé Greenpeace dans un communiqué, estimant que cette entreprise façonne l’avenir du secteur et celui des écosystèmes marins.
    Lire aussi : La population de thons albacores en danger
    Plus de 100 000 personnes ont signé la pétition à destination de Petit Navire, selon l’ONG. Elle dénonce l’utilisation massive des dispositifs de concentration des poissons (DCP) qui contribuent à la surexploitation des océans, notamment par le prélèvement excessif de thons juvéniles et les prises accessoires d’espèces marines, telles que les requins.

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/05/22/greenpeace-nettoie-les-supermarches-des-boites-de-thon-petit-navire_4923993_1652692.html>www.lemonde.fr


    19/05/16 - Biodiversité: gare aux léopards !

    Mauvaise nouvelle. Une étude scientifique publiée le 4 mai dernier dans la revue Peer, et révélée sur le site Internet de la fondation GoodPlanet, sonne l'alarme. Les léopards n’occupent plus que 25 % de leur habitat d’origine. Sur neuf sous-espèces étudiées, trois d’entre elles, comme le "léopard de l'amour" ou la panthère de Chine du Nord, ont même perdu 98 % de leur habitat et six d’entre elles sont désormais en danger d’extinction.

    Tandis que certaines sous-espèces africaines ou indiennes de ce félin, de la sous-famille des panthérinés, sont préservées, d’autres connaissent en effet un déclin de près de 90 %. En cause, l’urbanisation croissante et la sylviculture, qui réduisent les territoires où évoluent les léopards et leurs proies. De plus, les félins sont chassés pour leur fourrure, ou tués par les habitants dans l’objectif de protéger leur bétail et leur famille.

    Les chercheurs qui ont compilé pendant trois ans des documents sur l’habitat des léopards émanant de 1.300 sources différentes espèrent que leur "travail stimulera les plans de conservation dans les zones les plus concernées par le déclin des léopards ". "Ils se reproduisent facilement, donc l’élimination des causes de ce déclin permettra aux populations de croître de nouveau", a conclu Andrew Jacobson, coauteur de l’étude et reporter à National Geographic.

    Cette année, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) devrait inscrire le léopard sur sa liste d’espèces "vulnérables".

    Source: maplanete.blogs.sudouest.fr - Auteur: Cathy Lafon


    11/05/16 - Une espèce de plante sur cinq menacée de disparaître de la surface de la planète

    Photo A. Davis: caféiers détruit par la chaleur en Ethiopie

    Plus de 20% des espèces végétales de la planète seraient menacées. Leur extinction poserait de graves problèmes d'alimentation et de médication à l'humanité.

    C’est le chiffre le plus éloquent d’un rapport qui en regorge: plus de 20% des espèces végétales dans le monde sont menacées d’extinction. Cette statistique accablante est issue du "State of the World’s Plants", ou "rapport sur l’état du monde végétal", cité ici par le Guardian, rédigé par une équipe de scientifiques des Jardins botaniques royaux de Kew, dans la banlieue de Londres.

    Mauvaises perspectives pour l'alimentation et la médecine humaines

    Cette analyse, la première du genre mais qui est appelée à devenir annuelle, établit que parmi les 390.000 espèces végétales connues sur la planète, 31.000 sont utilisées par l’Homme. 57% de ces dernières servent à concevoir des médicaments et 5.500 végétaux nourrissent les êtres humains. Voir un cinquième du total des plantes menacé de disparaître c’est donc voir planer un grand péril sur l’alimentation humaine et la capacité de soigner.

    Les raisons présidant à la destruction des végétaux sont multiples. Le rapport liste ainsi la destruction de leur habitat naturel par les grandes exploitations (31%), la déforestation (21%) et la construction de nouveau bâti (13%). Ramenée à ces chiffres, finalement, l’influence du réchauffement climatique sur la triste situation des plantes semble réduite à la portion congrue: 4%. Mais cette part est appelée à grandir. Le professeur Kathy Willis, scientifique rattachée au Jardins botaniques royaux de Kew qui a dirigé le rapport, explique: "On ne verra pas vraiment l’impact complet du changement climatique avant 30 ans vu que les plantes, et tout particulièrement les arbres, sont lentes à produire les générations qui les suivent."

    Le café, les bananes et les aubergines sont déjà au plus mal

    De nombreux éléments de notre alimentation courante sont déjà frappés de plein fouet par les risques de raréfaction, voire de disparition. La production du café, par exemple, est de plus en plus pénible car la hausse des températures empêche ses graines de pousser et accroît les maladies dans des pays essentiels dans ce marché comme l’Ethiopie.

    D’autres fruits ou légumes ont perdu, avec le temps et les cultures, les gènes spécifiques qui les protégeaient des maladies comme des variations de température. C’est le cas de produits aussi communs que la banane ou l’aubergine. "La diversité génétique de la nourriture devient actuellement de plus en plus pauvre", complète le professeur Kathy Willis.

    En conséquence, il devient urgent de trouver et de conserver des espèces sauvages aux vertus équivalentes à ces produits bien connus de l’estomac humain. Ça tombe bien, et c’est la bonne nouvelle de ce rapport: la communauté scientifique découvre de nouvelles plantes chaque année. Rien qu'en 2015, 2.034 nouvelles espèces ont été identifiées, dont un rossolis mangeur d’insectes, une variété inconnue de patate douce, de pomme cannelle et de ylang-ylang. "Il y a d’immenses espaces dans le monde où nous ne savons pas ce qui y pousse. C’est là-bas que se trouve peut-être l’avenir de l’alimentation", espère Kathy Willis.

    Source: www.bfmtv.com/planete (R.V.)


    Samedi 30/04/16 - Le Kenya brûle son stock d’ivoire contre le braconnage des éléphants

    C’est la saison des pluies, mais les flammes promettent d’être visibles à des kilomètres. Le Kenya a mis le feu ce samedi 30 avril à quelque 105 tonnes d’ivoire, soit la plus grande cérémonie de destruction d’« or blanc » par le feu jamais organisée en Afrique.

    Onze bûchers de 16 000 défenses ont été dressés face au Parc national de Nairobi. Le symbole est fort, spectaculaire, car il y a urgence. L’Afrique ne compte plus que 500 000 éléphants, moitié moins qu’il y a trente ans, et 30 000 y sont tués chaque année par les braconniers. Près d’un animal toutes les quinze minutes.
    Tout le continent est frappé, ou presque. Seul le Botswana semble faire exception, abritant 40 % de la population du continent grâce à une ambitieuse politique de lutte contre le braconnage. « Les éléphants vont disparaître de certaines parties d’Afrique centrale et orientale, c’est inévitable, admet Mike Chase, directeur d’Elephants Without Borders. Ils viennent au Botswana car ils sont pourchassés dans les pays alentour. Aujourd’hui, les éléphants sont comme des réfugiés. »

    5 % du stock mondial en fumée

    Samedi, le premier coup de torche a été donné par le président kényan, Uhuru Kenyatta. L’ensemble des réserves nationales en ivoire, soit 5 % du stock mondial, partira en fumée dans un brasier qui pourrait brûler pendant plusieurs jours, aidé par les milliers de litres de diesel et de kérosène déversés. L’ivoire, en effet, brûle très mal, voire pas du tout.

    L’événement conclut le « Sommet des géants », consacré à la protection des éléphants et organisé cette fin de semaine à Nanyuki, dans le centre du Kenya. Durant deux jours, planifié comme un vaste exercice de communication, il a mêlé échanges réunissant les meilleurs spécialistes de la lutte contre le braconnage et ateliers ludiques incluant des pièces de théâtre… Les « stars » annoncées par les organisateurs (Leonardo DiCaprio, Elton John, Nicole Kidman…) n’ont pas fait le déplacement. Comme invités de marque, il a fallu se contenter des présidents gabonais et ougandais, Ali Bongo et Yoweri Museveni : moins glamour. La ministre française de l’environnement Ségolène Royal était aussi présente à la cérémonie, et en a profité pour annoncer l’interdiction prochaine de tout commerce d’ivoire en France.

    Outre l’élan politique, la réunion visait à créer une prise de conscience chez les populations locales. Les éléphants sont souvent mal aimés ; ils « peuvent détruire une ferme et le produit d’une vie entière en l’espace d’une minute », a-t-on rappelé au sommet. Dans la lutte contre les braconniers, les réserves sont devenues des champs de bataille, et les rangers des troupes d’élite. A Ol Pejeta, une réserve proche de l’hôtel abritant la conférence, ces derniers ont fait une démonstration de force, alignant plusieurs hélicoptères le long de la route et posant au milieu de la savane, fusil au poing et chiens d’attaque au bout de la laisse. L’équipement du ranger moderne comprend radios cryptées, GPS, lunettes à infrarouges et armes de guerre. Les clôtures électriques nouvelle génération coûtent au minimum 10 000 dollars le kilomètre. « C’est nécessaire, insiste Ibrahim Thiaw, directeur adjoint du Programme des Nations unies pour l’environnement. Il faut faire face à des trafiquants internationaux bien armés, riches à millions et prêts à tuer les animaux mais aussi leurs gardiens. »

    Des niches de légalité

    Lors de son discours, Uhuru Kenyatta a appelé à « l’interdiction totale du commerce de l’ivoire », une demande qu’il formulera à la réunion, en septembre, en Afrique du Sud, de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Si le commerce d’ivoire est en effet interdit au niveau international depuis 1989, des niches de légalité existent toujours : ainsi, en France, une dérogation existe concernant les « antiquités », soit les objets travaillés en ivoire datant d’avant 1947.

    La survie des éléphants « ne sera jamais assurée tant qu’une demande existe », a insisté Uhuru Kenyatta. Au cœur des critiques, on trouve la Chine, principal consommateur d’ivoire de contrebande et friande d’or blanc ouvragé, sous forme de statuettes bouddhistes ou d’éléments de décoration, alimentant le massacre des éléphants africains.

    Mais brûler l’ivoire servira-t-il la cause des éléphants ? Au sommet de Nanyuki, certains s’interrogent : faire disparaître 5 % du stock mondial ne va-t-il pas faire flamber les prix ? Car les cours de l’or blanc sont en chute libre. De plus de 2 000 dollars (1 747 euros) le kilo il y a quelques années, ils auraient dégringolé, selon les spécialistes, au-dessous des 500. Pékin a en effet cédé à la pression et travaille aujourd’hui avec les Etats-Unis à une interdiction de l’import et de l’export « d’or blanc ». « Nous brûlons l’ivoire car pour nous il n’a aucune valeur », a pour sa part clamé Richard Leakey, légende vivante de la lutte contre le braconnage au Kenya et présent au sommet.

    Pour l’Afrique, « la fin des éléphants serait une perte irremplaçable, estime Ibrahim Thiaw, qui lui-même a vu la carcasse du dernier éléphant de Mauritanie, son pays natal. « C’était en 1983, se rappelle-t-il. J’ai vu l’extinction d’une espèce chez moi. Je vois à quel point les éléphants nous manquent aujourd’hui, alors qu’ils étaient si importants dans notre culture. Leur disparition serait comme la perte d’un organe vital pour notre continent. »

    Source: www.lemonde.fr/biodiversite - Auteur: Bruno Meyerfeld à Nairobi


    29/04/16 - L’arbre qui pourrait sauver les forêts de frênes du Royaume-Uni

    Le lent et fatal dépérissement des frênes fait à nouveau les gros titres – même s’il n’avait jamais vraiment disparu. Les premiers rapports évoquant cette situation dramatique provenaient de quelques zones boisées de l’Est-Anglie fin 2012 ; d’autres études confirmèrent par la suite un phénomène beaucoup plus répandu, touchant le reste de l’Angleterre, l’Écosse et le Pays de Galles. Depuis, la maladie s’est inexorablement étendue et il ne reste que peu de zones intactes.

    La situation inquiète grandement car il semble que la plupart des arbres pourraient dépérir en quelques années seulement. Certains pourront certainement survivre, mais les prédictions sur le plus long terme pour le Royaume-Uni n’ont rien de rassurant. Et il existe une autre menace : un ravageur en provenance d’Asie qui approche à grands pas. Déjà bien connu en Amérique du Nord, l’agrile du frêne a fait d’immenses dégâts dans les États du nord des États-Unis et pourrait continuer sur sa lancée de ce côté-ci de l’Atlantique.

    La publication qui a rappelé le dépérissement des frênes au bon souvenir des médias a clairement mis en lumière l’importance écologique de cet arbre pour l’Europe du Nord. L’auteur soulignait que le péril qui pesait sur le frêne – résultant la combinaison du dépérissement et de l’agrile – n’avait rien d’inédit, même si les médias suggéraient le contraire : des prévisions identiques avaient en effet été réalisées dès 2012 au Royaume-Uni, et à la fin du siècle dernier pour les autres pays européens.

    Le frêne est une espèce essentielle pour le Royaume-Uni : il offre un habitat à près de 1 000 organismes (bactéries exclues), et plus de 100 espèces en sont très ou totalement dépendantes pour leur survie. Le frêne n’est ainsi pas le seul à être menacé d’extinction.

    Alors que nombre de travaux suggèrent que les frênes pourraient disparaître du paysage anglais, tout n’est toutefois pas perdu. Un groupe de chercheurs réunis au sein du projet NORNEX ont identifié, dans le comté Norfolk, un arbre vieux de 200 ans répondant au doux nom de Betty ; ce dernier pourrait bien être déterminant dans la lutte contre le dépérissement des frênes.

    La grande tolérance de Betty vis-à-vis de la maladie a en effet permis aux scientifiques d’isoler trois marqueurs génétiques pouvant aider à prédire la potentielle fragilité d’un arbre. Ceux qui tolèrent le mieux la maladie ne sont cependant pas épargnés par la « chalarose » – ou plus précisément, la Chalara fraxinea (Hymenoscyphus fraxineus). Tous les frênes y seraient exposés, mais ils y répondent différemment.

    3 % des arbres pourraient tolérer la maladie ; ce taux n’a rien de très élevé, soit ; mais les frênes se montrant très prolifiques, les sujets qui survivraient pourraient prendre la relève d’autres moins résistants.

    Est-il trop tard ?

    Dans les zones où furent signalés les premiers frênes malades, il y a vingt ans en Lituanie, beaucoup d’arbres d’apparence saine furent épargnés tandis que les arbres plus âgés et malades furent abattus. Malheureusement, presque tous les arbres épargnés sont aujourd’hui soit morts soit dans un état de dépérissement avancé.

    Les dernières recherches menées au Royaume-Uni suggèrent que l’Hymenoscyphus fraxineus était déjà en action quelques années avant la confirmation officielle de sa présence, en 2012. Étant donné l’étendue des dégâts causés par la maladie, pourquoi cela n’a-t-il pas été découvert plus tôt ? Une des raisons possibles est qu’il faut du temps pour voir se manifester des agents pathogènes.

    Mais il est trop tard pour se lamenter sur le fait de n’avoir pas détecté à temps le dépérissement du frêne. Une maladie qui se répand avec le vent est d’autre part impossible à stopper. Il nous faut considérer plus attentivement les enjeux de recherche et les objectifs visés. L’une des priorités absolues devrait consister à maintenir les frênes sains dans de plus vastes zones, au Royaume-Uni et ailleurs en Europe. Cela signifie qu’il faut prêter la même attention à l’agent pathogène et à l’hôte – ainsi qu’à leurs interactions.

    Il n’y a pas que de mauvaises nouvelles : le gouvernement britannique a en effet admis la nécessité de travaux de recherche plus approfondis pour éviter de tels dommages forestiers. En marge de NORNEX, l’accent a été mis sur la connaissance des champignons qui causent les maladies et la recherche de la résistance dans l’arbre hôte.

    L’agent pathogène qui provoque le dépérissement des frênes nous vient d’Asie, où il envahit les feuilles de l’arbre, mais ne provoque pas de maladie – et n’a donc rien d’alarmant. Mais lorsque le champignon est arrivé en Europe (nous ne sommes pas sûr de savoir comment), il s’est étendu à la tige, affectant les branches et parfois jusqu’à l’arbre entier.

    Le rapport NORNEX évoque la seconde menace pour les frênes : l’agrile du frêne, un insecte présent en l’Europe, et qui s’est répandu à partir de l’ouest de Moscou. Cet insecte vert clair est originaire des mêmes régions de l’est de l’Asie que l’H. fraxineus, mais il s’est propagé en Amérique du Nord – probablement à la fin des années 1990, au début des années 2000 – où il a dévasté toutes les espèces indigènes de frênes. Il est aujourd’hui très probable que l’agrile du frêne s’étende progressivement à travers l’Europe et jusqu’au Royaume-Uni.

    Les frênes qui survivront aux effets de l’H. fraxineus offriront certainement une bonne source d’alimentation pour l’agrile au Royaume-Uni. Il est donc essentiel que les efforts menés pour comprendre le dépérissement se poursuivent à propos du ravageur.

    Sauver ces arbres est possible, mais pas du jour au lendemain. Quelques pistes prometteuses sont apparues, mais il nous faudra encore déterminer si les frênes asiatiques pourront fournir des habitats appropriés aux espèces dépendantes des frênes natifs pour leur survie ; une question écologique très épineuse.

    Améliorer la résistance des arbres en ayant recours à des espèces de frênes asiatiques semble très prometteur pour l’avenir – et pas seulement pour ces arbres. Les méthodes génétiques utilisées par NORNEX sont pertinentes pour différentes espèces menacées par d’autres maladies et insectes. L’espoir est permis avant d’avoir à sombrer dans les scénarios catastrophes qui alimentent l’intérêt fugace des médias…

    Source: theconversation.com - Auteurs: Steve Woodward, Professeur à l'université d'Aberdeen et Eric Boa, Chercheur à l'université d'Aberdeen (La version originale de cet article a été publiée en anglais)


    21/04/16 - L'Afrique du Sud contre la légalisation du commerce de cornes de rhinocéros

    L'Afrique du Sud ne proposera pas de lever le moratoire international sur le commerce des cornes de rhinocéros, lors de la conférence mondiale de la Cites en septembre qui abordera ce sujet très sensible, a annoncé jeudi le gouvernement.

    Le débat fait rage en Afrique du Sud - qui accueille 80% de la population mondiale de rhinocéros, soit environ 20.000 pachydermes - sur la pertinence ou non de légaliser le commerce de cornes de rhinocéros afin de protéger l’espèce.

    Le gouvernement sud-africain avait mis en place un comité d'enquête chargé d'étudier la possibilité pour l'Afrique du Sud de proposer la levée du moratoire international de cornes de rhinocéros, en place depuis 1977.

    Il a finalement annoncé jeudi avoir «approuvé les recommandations du comité d'enquête» qui «préconise de maintenir le mode actuel de préservation des stocks, plutôt que la commercialisation des cornes de rhinocéros».

    Cette décision intervient quelques mois avant une réunion de la Convention sur le commerce d'espèces sauvages menacées (Cites), qui doit se tenir à Johannesburg du 24 septembre au 5 octobre.

    L'organisation de défense de la nature WWF a salué jeudi la décision du gouvernement: «Nous ne pensons pas qu'un commerce légal bien organisé soit faisable sans impact négatif sur les rhinocéros qui vivent en liberté».

    En revanche, Pelham Jones, président de l'Association sud-africaine des propriétaires privés de rhinocéros, a dénoncé un «sérieux revers» pour la survie à long terme de l'espèce. «Les braconniers vont sûrement saluer cette décision qui va permettre au commerce illégal de continuer», a-t-il déclaré à l'AFP.

    L'Afrique du Sud a enregistré depuis une dizaine d'années une explosion du braconnage, passant de 13 bêtes tuées en 2007 à 1.215 en 2014.

    Très prisée en Asie où on lui prête des vertus thérapeutiques, non prouvées scientifiquement, la corne de rhinocéros est composée essentiellement de kératine, comme les ongles humains.

    Les éleveurs sud-africains la coupent avec une scie, une procédure indolore pour l'animal qui est anesthésié pendant une quinzaine de minutes. La corne repousse une fois qu'elle a été coupée correctement.

    Ces fermiers estiment que l'interdiction de ce commerce alimente le braconnage et assurent être en mesure de répondre à la demande asiatiue en fournissant des cornes de rhinocéros qui n'auront pas été tués.

    Deux éleveurs ont récemment obtenu la levée du moratoire pour le commerce en Afrique du Sud des cornes de rhinocéros. Mais le gouvernement a prévu de faire appel.

    Les cornes de rhinocéros peuvent se vendre jusqu'à 55.000 euros le kilo, plus chères que l'or et la cocaïne.

    Source: _www.20minutes.fr/planete avec l'AFP


    12/04/16 - La marée noire de BP en 2010 a provoqué une surmortalité de jeunes dauphins

    Washington - La gigantesque marée noire de BP dans le Golfe du Mexique en 2010 a provoqué des maladies chroniques chez les dauphins femelles exposées au pétrole, ce qui aurait entraîné une surmortalité de leur progéniture, selon une étude publiée mardi.

    Les recherches menées par des scientifiques de l'Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) s'inscrivent dans le cadre d'un effort pour expliquer le nombre inhabituellement élevé de grands dauphins retrouvés morts dans le Golfe du Mexique depuis le début de la marée noire, un phénomène qui a persisté jusqu'à 2014.

    L'explosion, le 20 avril 2010, d'une plateforme de forage exploitée par le groupe pétrolier BP a déversé environ 3 millions de barils de pétrole dans le Golfe pendant les 87 jours qu'il a fallu pour colmater le puits, selon une estimation du ministère de la justice.

    "Nos observations viennent conforter les résultats de précédentes études scientifiques qui montrent qu'une exposition aux substances pétrolières à la suite de la marée noire de Deepwater Horizon a gravement affecté la santé reproductrice des dauphins vivant dans la zone affectée située dans le nord est du Golfe du Mexique", souligne le Dr vétérinaire, Teri Rowles. Elle est responsable du programme de la santé des mammifères marins à la NOAA.

    Comparativement à d'autres populations de dauphins "nous avons constaté que les grands dauphins femelles dans le Golfe du Mexique étaient particulièrement sujets à des défaillances vers la fin de leur période de gestation, avec des signes de stress du foetus et d'infection dont la brucellose", précise Kathleen Colegrove, professeur de pathologie vétérinaire à l'Université d'Illinois à Chicago, principal auteur de l'étude, qui paraît dans la revue Diseases of Aquatic Organisms.

    Ces chercheurs reconnaissent toutefois que l'impact à long terme du pétrole sur la reproduction des dauphins est encore inconnu, soulignent les scientifiques.

    Les enquêtes menées à la fois sur la mortalité des dauphins et les effets d'ensemble de la marée noire sur l'écosystème se poursuivent, précise la NOAA.

    Les scientifiques ont observé un nombre grandissant de dauphins très jeunes ou morts-nés échoués dans la zone de la marée noire en 2011, beaucoup plus que pendant toutes les autres années, et ce particulièrement dans l'embouchure du Mississippi et sur les côtes d'Alabama.

    Ces dauphins morts-nés ou morts peu après leur naissance étaient tous nettement plus petits que ceux trouvés les années précédentes dans d'autres zones géographiques, relève le Dr Stephanie Venn-Watson, une épidémiologiste vétérinaire à la National Marine Mammal Foundation, un des co-auteurs.

    Ces chercheurs ont déterminé que 88% des dauphins morts nés ou peu après la mise à bas, retrouvés dans la zone de la marée noire, avaient des poumons anormaux, partiellement ou complétement collabés(repliés sur eux-mêmes).

    Cela indique qu'ils sont morts dans le ventre de leur mère ou peu après leur naissance avant que leurs poumons aient pu se déployer complètement.

    Source: _www.france24.com avec l'AFP


    04/04/16 - Une nouvelle étude confirme le risque de disparition des carnivores

    La disparition des grands carnivores emblématiques, mais aussi des espèces plus discrètes, serait une catastrophe pour les écosystèmes.

    Que le plus grand prédateur soit l'homme est une chose, mais qu'il éradique les carnivores de la planète en est une autre. Une nouvelle étude conduite par des chercheurs de l'université finlandaise d'Helsinki, en collaboration avec une équipe internationale d'experts en changement d'affectation des sols, confirme le risque de voir disparaître de nombreuses espèces carnivores déjà menacées. Elle a été publiée dans la revue Scientifics Reports.

    Le professeur Enrico Di Minin, de l'université d'Helsinki, explique: "Nous avons évalué comment la réaffectation des sols allait modifier les zones prioritaires de conservation des carnivores. Les analyses ont révélé que les carnivores vont subir d'énormes pertes dans le futur. De manière inquiétante, il semble que les zones le splus importantes pour la conservation des carnivores coïncident avec celles où les conflits humains-carnivores seront les plus saillants".
    Menaces de l'Asie du Sud-Est à l'Amérique du Sud

    Où sont situés ces habitats qui risquent de disparaître?


    "Actuellement, les pays d'Amérique du Sud, d'Afrique et d'Asie du Sud-Est, de même que l'Inde, sont ceux qui contribuent le plus à la conservation des carnivores. Certaines des espèces les plus charismatiques, comme le tigre, sont en voie de disparition, mais de plus petits animaux, avec des habitats plus resserrés, risquent également de disparaître", continue le docteur Di Minin.

    Les répercussions pourraient être dramatiques pour l'ensemble de la faune. De nombreuses espèces d'oiseaux, reptiles, amphibiens et mammifères pourraient en pâtir. C'est à terme dans ces zones très tendues en termes de développement humain, d'urbanisation et d'utilisation des terres pour l'agriculture intensive, que la protection des carnivores assurera la permanence de la biodiversité. Mais un effort financier bien plus important pour "sensibiliser le public et promouvoir la tolérance envers ces espèces" serait nécessaire, explique le Sud-Africain Rob Slotow, professeur à l'université de KwaZulu-Natal et co-auteur de l'article.

    Source: www.bfmtv.com/planete - Auteur: David Namias


    25/03/16 - 333 baleines tuées en toute impunité par le Japon

    L'abattage de 333 baleines par le Japon lors de sa campagne de pêche a été jugé vendredi 25 mars 2016 "abominable" par l'Australie, critiquée à son tour pour sa passivité honteuse par une association de défense de la faune marine. "Le gouvernement australien s'oppose de façon claire, absolue et catégorique à la soi-disant 'scientifique' pêche à la baleine", a déclaré à l'AFP le ministre australien de l'Environnement Greg Hunt. "C'est de mon point de vue abominable, un retour vers une ère révolue, a-t-il ajouté. La recherche létale n'a aucune justification scientifique." La veille, l'agence japonaise chargée de la pêche a annoncé le retour dans la matinée à Shimonoseki (sud-ouest), depuis longtemps un des principaux ports de la pêche à la baleine, des navires japonais partis début décembre 2015 chasser les cétacés dans l'Antarctique au grand dam des organisations de défense des animaux. L'agence a précisé dans un communiqué que 333 petits rorquals (ou baleines de Minke) avaient été tués au cours de cette expédition.

    Encore 12 ans de chasse à la baleine ?

    Le Japon invoque des visées scientifiques, mais il n'a jamais fait un secret du fait que la viande de l'animal marin finissait souvent dans les assiettes. L'archipel avait été contraint de renoncer à la saison 2014-2015 de prises de cétacés après une décision de la Cour internationale de justice (CIJ) qui, saisie par l'Australie, avait jugé que l'activité était détournée à des fins commerciales. Depuis, le Japon a soumis un nouveau programme à la Commission baleinière internationale (CBI), lequel prévoit de capturer 3.996 baleines en Antarctique dans les 12 prochaines années, soit 333 par saison contre environ 900 dans le cadre du précédent programme condamné. Ce niveau de capture est jugé "nécessaire" par Tokyo pour collecter des informations sur l'âge de la population baleinière, données dont le Japon prétend avoir besoin afin de définir un plafond de captures permettant de ne pas menacer la survie de l'espèce. Les Japonais affirment que ce nouveau programme permettra une meilleure compréhension des écosystèmes marins de l'Antarctique et ont promis de limiter la période de recherche à 12 années à partir de l'exercice 2015-2016.

    L'association de défense de la faune marine Sea Shepherd, qui mène activement campagne contre cette pêche, a de son côté critiqué la passivité des gouvernements australien et néo-zélandais. "La majorité des Australiens souhaitaient que leur gouvernement envoie un navire empêcher le massacre. Il ne l'a pas fait", a déclaré le directeur général de la branche australienne de l'organisation, Jeff Hansen, dans un communiqué. "Les gouvernements responsables de la protection de ces créatures magnifiques ont laissé faire, en ayant pleinement conscience qu'un crime fédéral et un crime international étaient commis, a-t-il poursuivi. Cette absence de réponse des autorités est, au vu de la décision de la CIJ, une honte."

    Source: www.sciencesetavenir.fr avec l'AFP


    22/03/16 - "Détruire la nature, c'est détruire la vie"" : La campagne choc de l'ONG Robin Wood

    Une ONG écologiste allemande a récemment lancé une campagne de sensibilisation relative à la destruction de la nature. L’organisation a publié sur les réseaux sociaux des montages saisissants, à la fois magnifiques et gênants.

    Robin Wood est une ONG créée en 1982 à Brême en Allemagne, comptant 2300 adhérant dans le pays. Celle-ci est née d’une crainte d’un groupe de personne à propos des pluies acides, mais s’est ensuite tournée vers d’autres problèmes liés à la déforestation et l’industrie papetière, la politique des transports et l’énergie nucléaire, entre autres.

    Prônant le respect de l’environnement par le biais d’actions pacifiques, l’organisation est connue pour avoir occupé des sites industriels et mené diverses actions de sensibilisation au public. La dernière de ces campagnes, intitulée « Destroying nature is destroying life » (détruire la nature, c’est détruire la vie) a été diffusée sur les réseaux sociaux, particulièrement sur la page Facebook de l’ONG.

    Trois montages saisissants (lien ci-dessous) ont été élaborés puis diffusés, tandis que chacun d’entre eux représente un appel à l’arrêt d’une catastrophe écologique de grande ampleur, dont les écosystèmes sont représentés par un animal spécifique. Par exemple, l’ours polaire est le « support » de l’appel à l’arrêt de la fonte des glaces. Il est possible d’admirer également l’appel à l’arrêt de la déforestation et l’appel à l’arrêt des feux de forêt ci-dessous.

    Source illustrée: citizen.fr - Auteur: Yohann Demeure


    22/03/16 - La Chine étend son interdiction des importations d'ivoire

    La Chine a déclaré ce mardi avoir étendu son interdiction des importations d'ivoire, à l'heure où Pékin est soumis à une pression croissante afin de limiter un commerce entraînant la mort de milliers d'éléphants chaque année.

    Les importations d'ivoire et de produits en ivoire acquis avant 1975 seront désormais interdites jusqu'à la fin de la décennie, a déclaré l'Administration nationale des Forêts sur son site internet.

    Les autorités ont précisé que la mesure était effective depuis dimanche.

    Pékin a également prolongé jusqu'à la même date des interdictions déjà existantes sur les importations de sculptures en ivoire africain acquises après 1975, et sur tous les trophées de chasse en ivoire.

    La Chine, où l'ivoire peut constituer un symbole de statut social, est considérée comme la principale source de la demande mondiale, et les prix peuvent y atteindre les 1.100 dollars (980 euros) le kilo.

    La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) a banni tout commerce international de l'ivoire en 1989.

    A l'image d'autres pays, la Chine permet cependant la revente d'ivoire acheté avant l'interdiction de 1989.

    Mais certaines organisations soulignent que le commerce légal de l'ivoire peut servir de paravent pour des importations clandestines, et appellent ainsi à une prohibition totale des ventes.

    Les associations de défense de la faune sauvage estiment à 20.000 le nombre d'éléphants tués pour leur ivoire en 2015, un nombre comparable à celui des années précédentes.

    Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), seuls quelques 470.000 spécimens seraient encore vivants à l'heure actuelle.

    Source: www.lesoir.be avec l'AFP


    17/03/16 - Les cigognes sont-elles accros à la « junk food » ?

    La cigogne est une grande voyageuse. Vivant principalement en Europe, jusqu’au nord de la Finlande, elle migre en septembre vers l’Afrique, où elle passe ses vacances hivernales.

    Mais, plus récemment, cet animal à plume s’est rendu compte qu’il pouvait passer l’année entière au même endroit en se nourrissant dans les décharges, celles-ci lui apportant suffisamment de provisions pour ne plus avoir à migrer à chaque saison. Une étude, publiée le 15 mars dans la revue Movement ecology, a cherché à comprendre comment la présence de ces décharges au Portugal intervenait dans les schémas migratoires des cigognes blanches (Ciconia ciconia).

    Pour analyser cette évolution, les chercheurs de l’université d’East Anglia ont équipé des cigognes de GPS. Ils ont pu ainsi enregistrer leurs déplacements et ont observé que les oiseaux ibériques occupaient le même nid tout au long de l’année. Aldina Franco, coauteure de l’étude, l’explique :
    « En Europe, plusieurs espèces d’animaux migrateurs, dont la cigogne blanche, sont devenues des populations sédentaires. On a voulu comprendre les causes et les mécanismes responsables de ces changements de comportement. »

    Avec le changement climatique, les routes de migration des oiseaux ont changé. Le climat moins froid permet désormais aux cigognes de rester en région méditerranéenne toute l’année. Seul problème : la nourriture, comme les grenouilles, les souris ou les insectes, se fait rare en hiver. « Les cigognes comptent désormais sur les décharges pour se nourrir, surtout hors périodes de reproduction quand les autres sources de nourriture se font plus rares, explique Aldina Franco. Elles sont parfois capables de faire des allers-retours de 100 km uniquement pour avoir accès à cette junk food. »

    Le plastique, principal risque

    En se nourrissant à partir de sources anthropogéniques, les oiseaux peuvent réduire leur distance de migration et diminuer leur dépense d’énergie journalière. Ces changements peuvent amener à une meilleure survie de l’animal et potentiellement entraîner une rapide microévolution dans les schémas migratoires et une adaptation au changement climatique. « Il est beaucoup moins coûteux pour les oiseaux de se sédentariser que de migrer et de traverser le Sahara », explique Frédéric Jiguet, ornithologue et biologiste de la conservation au Muséum national d’histoire naturelle.

    « Les cigognes avalent énormément de fils de plastiques »

    Mais cette habitude alimentaire se révèle dangereuse pour les volatiles. « Les cigognes avalent énormément de fils de plastiques sur les décharges car elles les confondent avec de vers de terre, ce qui augmente leur mortalité », s’inquiète Frédéric Jiguet. Entre 2008 et 2011, plusieurs cigognes avaient été autopsiées dans la région de Montpellier et des morceaux de plastique avaient été retrouvés dans le système digestif de 26 % d’entre elles.

    Pour éviter ce piège, les sites de déchets au Portugal vont progressivement être remplacés par de nouvelles constructions entièrement closes pour s’adapter aux nouvelles directives européennes. « Ce qui va être un problème pour les cigognes, qui devront trouver de nouvelles sources de nourriture. Ce changement risque d’avoir un impact sur la répartition, la reproduction, l’envol des poussins et la migration des cigognes blanches », redoute Aldina Franco.

    Frédéric Jiguet, lui, est plus serein sur l’adaptation de cette espèce. « La cigogne blanche est une espèce qui se porte bien. En 1995, 315 couples nichaient en France, en 2011 ils étaient 1 855. Si la ressource alimentaire des décharges disparaît, la mortalité sera plus élevée en migration pendant quelques saisons mais va ensuite se rééquilibrer. » La fermeture des décharges à ciel ouvert obligera ainsi les cigognes à se réhabituer à traverser les frontières et à chasser les grenouilles.

    Source: www.lemonde.fr/planete - Auteur: Clémentine Thiberge


    15/03/16 - Changements climatiques: des effets déjà perceptibles sur la faune

    Des chercheurs confirment que les oiseaux et les ours polaires ont déjà commencé à s'adapter aux changements climatiques. Que ce soit en raison de la présence d'insectes qu'ils ne rencontraient pas avant ou de la composition des plantes, des oiseaux ont changé leur horaire et leur itinéraire de migration, tandis que les ours errent un peu partout pour pallier la disparition de leurs banquises. Pierre Gingras, journaliste spécialisé en horticulture et en ornithologie, décrit à Catherine Perrin ce nouveau phénomène (écoutez l'émission radio).

    Source + émission radio Radio-Canada


    14/03/16 - L’Afrique du Sud interdit la chasse au léopard

    Les autorités sud-africaines viennent de décider d’interdire la chasse au léopard au cours de la saison 2016. Durant cette période, il ne sera donc pas possible pour les férus de safari de viser les « Big five », autrement dit les cinq grands mammifères d’antan autorisés à la chasse en Afrique du Sud.

    En dehors du léopard, les autres bêtes qui constituent les « Big five » sont le buffle, l’éléphant, le lion et le rhinocéros. Pour ce qui est de l’interdiction de la chasse au léopard, elle n’est rien d’autre qu’une recommandation du South African National Biodiversity Institute (SANBI, Institut sud-africain de la biodiversité). Celui-ci a soutenu un arrêt temporaire de cette activité étant donné qu’il n’a pas été possible d’estimer avec exactitude le nombre de léopards. Du fait de leur vie nocturne, il n’est pas aisé de recenser ces félins. D’après l’Exécutif sud-africain, la chasse aux animaux sauvages génère, chaque année, 360 millions d’euros (396 millions de dollars) de recettes pour l’économie du pays.

    A en croire Tharia Unwin, la présidente de la Professional Hunters Association of South Africa (PHASA, Association des chasseurs professionnels), la sécheresse actuelle en Afrique du Sud est avantageuse aux léopards, l’absence de pluie affaiblissant leurs proies. Toujours selon la même source, il faut 18 000 euros (20 000 dollars) pour tuer un léopard. Ainsi, divers adhérents à la PHASA ont été contraints de rembourser leur clientèle qui avait déposé un acompte dans cette optique. A titre d’information, les Américains constituent le plus important lot d’étrangers qui se livrent au « Big five » en Afrique du Sud.

    Source: enjeux.info - Auteure: Sarah J. Cohen


    07/03/16 - L'Agence Européenne de Sécurité Alimentaire lance un site dédié aux abeilles

    Prenant enfin conscience de l'importance vitale des abeilles dans la pollinisation des plantes qui fournissent l'essentiel de notre alimentation, et de l'urgence de les protéger, l'Agence Européenne de Sécurité Alimentaire (EFSA) vient de lancer un site dédié à ces précieuses butineuses.

    Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), sur les 100 espèces cultivées qui fournissent 90 % des aliments mondiaux, 71 sont pollinisées par les abeilles .

    La majeure partie des espèces cultivées au sein de l'Union européenne dépend donc des insectes pollinisateurs.

    Et au-delà de la valeur essentielle de la pollinisation pour la sauvegarde de la biodiversité, la valeur monétaire annuelle mondiale de la pollinisation est estimée à plusieurs centaines de milliards d'euros.
    Or, depuis une quinzaine d'années, les populations d'abeilles ont fortement baissé, notamment dans les pays d'Europe occidentale dont la France, la Belgique, la Suisse, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l'Italie et l'Espagne. Et en Amérique du Nord, le niveau des populations d'abeilles n'a jamais été aussi bas depuis 50 ans.

    Ce nouveau site lancé par l'EFSA le jeudi 3 mars 2016 correspond donc à un vrai besoin.

    Alimenté par des chercheurs du monde entier, il contiendra toutes les informations disponibles sur le sujet, les travaux en cours, ainsi que les projets de recherche de l'EFSA concernant les multiples agents pouvant être impliqués dans la surmortalité des abeilles : les pesticides, les virus, les bactéries, les parasites, d'autres insectes, les changements environnementaux, les modifications des pratiques agricoles...

    Le Dr Agnès Rortais une spécialiste des abeilles, coordinatrice du projet d'évaluation des risques pour les abeilles, MUST-B, et responsable du site, compte aussi sur les apiculteurs pour recueillir toutes informations utiles visant à protéger ces butineuses qui jouent un rôle clé dans la préservation de la biodiversité et de l'espèce humaine.

    Pour le Dr Rortrais " le site doit devenir une communauté interactive accessible à toutes les personnes intéressées, un lieu d'accès aux informations et aux connaissances sur ce sujet vital au delà des cercles d'experts et des partenaires ".

    Faire confiance à l'EFSA ?

    Nous ne pouvons que saluer cette initiative de l'EFSA. Mais nous n'oublions pas que l'Agence nous a malheureusement habitués à nous donner des avis très critiqués sur de multiples sujets comme les OGM, les perturbateurs endocriniens, le bisphénol A, le glyphosate... Espérons que ce site ne sera pas une machine de guerre manipulée par les lobbies de l'agrochimie pour blanchir les pesticides, notamment les néonicotinoïdes...

    Source: www.bioaddict.fr - Auteur: Stella Giani


    07/03/16 - Un nouvel élan vient d'être donné à la lutte mondiale contre la pêche illégale, selon la FAO

    La ratification par les Etats-Unis d'un accord contre la pêche illégale relance l'effort mondial pour mettre fin à ce fléau, s'est félicité lundi le Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), José Graziano da Silva.

    L'Ambassadeur des Etats-Unis auprès des agences de l'ONU basées à Rome, M. David Lane, a remis aujourd'hui officiellement à M. Graziano da Silva l'instrument de ratification par son pays de l'Accord sur les mesures de l'Etat du port visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, a salué dans un communiqué de presse la FAO, dont le siège se trouve dans la capitale italienne.

    « La FAO est un partenaire solide dans la promotion de la pêche durable, et nous nous réjouissons de continuer à collaborer avec vous et toute la communauté internationale en matière de lutte contre la pêche illégale», a souligné à cette occasion M. Lane.

    De son côté, le Directeur général de la FAO a remercié les Etats-Unis pour leur coopération sur une question d'une telle importante.

    « La lutte contre la pêche illégale est un objectif crucial non seulement pour les petits états insulaires en développement mais aussi pour les grands pays comme les Etats-Unis », a ajouté M. Graziano da Silva.

    L'accord est censé entrer en vigueur lorsque 25 pays ou blocs économiques régionaux auront déposé leur instrument d'adhésion auprès du Directeur général de la FAO. A ce jour, 22 instruments d'adhésion ont été déposés par 21 pays et l'Union européenne. Parmi les derniers adhérents, figurent la Barbade, la République de Corée et l'Afrique du Sud.

    M. Graziano da Silva a indiqué que d'autres pays avaient exprimé leur volonté d'adhérer à cet accord, qui pourrait ainsi entrer en vigueur dès juillet prochain.

    La pêche illicite, qui comprend l'exploitation sans autorisation, la récolte des espèces protégées, l'utilisation d'engins de pêche interdits et la violation des limites de quota, représenterait jusqu'à 26 millions de tonnes par an, soit plus de 15% du total annuel des pêches de capture mondiales, a expliqué la FAO, ajoutant qu'outre les pertes au plan économique, de telles pratiques menacent la biodiversité et la sécurité alimentaire dans de nombreux pays.

    Source: ONU


    03/03/12 - L'avenir de la vie sauvage est entre nos main

    Ce 3 mars, nous célébrerons la Journée mondiale de la vie sauvage. Cette manifestation, adoptée en 2013 par l'Assemblée générale des Nations Unies, a pour but de sensibiliser le monde entier à l'enjeu que constitue la protection de la faune et de la flore. Le thème de cette année, « L'avenir de la vie sauvage est entre nos mains », souligne la nécessité de comprendre les conséquences de la disparition des espèces animales et végétales sur la santé des écosystèmes et sur la survie de l'humanité.

    Nous assistons actuellement à la sixième extinction animale et végétale de masse (a). Selon les estimations des experts, le taux actuel de disparition des espèces est entre 1 000 et 10 000 fois supérieur à ce qu'il aurait été sans activité humaine. L'indice Planète vivante (a) enregistre un déclin de 52 % des espèces entre 1970 et 2010. Nos ponctions sur la nature sont de plus en plus grandes et elles produisent deux menaces absolument catastrophiques pour la biodiversité, à savoir la destruction des habitats naturels et le trafic d'espèces sauvages. La première met en péril 85 % des espèces tandis que le braconnage et le commerce illicite constitue le danger le plus immédiat pour les populations d'espèces sauvages de la planète.

    Le trafic d'espèces sauvages est une crise mondiale qui revêt de nombreux aspects. Le problème est particulièrement grave en Afrique, où le braconnage est en train de précipiter plusieurs espèces emblématiques au bord de l'extinction. La chasse illégale a ainsi en grande partie contribué à la disparition du rhinocéros noir d'Afrique de l'Ouest, officiellement déclaré éteint en 2011 par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Selon le programme de suivi de l'abattage illicite d'éléphants (ou « MIKE » selon son acronyme en anglais) conduit par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), entre 22 000 et 25 000 éléphants ont été abattus chaque année en Afrique au cours des cinq dernières années.

    On estime que le trafic d'espèces sauvages représente entre 5 et 20 milliards de dollars par an, ce qui le place au quatrième rang des formes de criminalité transnationale les plus lucratives. Les réseaux criminels s'engraissent tandis que des icônes de la faune africaine et d'ailleurs disparaissent. Cette perte de capital naturel fait d'autres victimes : les populations locales qui vivent à proximité de ces zones protégées et qui voient leurs moyens de subsistance décliner. Une étude de la Banque mondiale de 2014 (a) a montré que le coût annuel de la criminalité environnementale pourrait se chiffrer à plus de 70 milliards de dollars dans les pays en développement. En outre, tout au long de la chaîne d'approvisionnement, la corruption est souvent partie intégrante de ce trafic. Pour toutes ces raisons, nous sommes face à une crise qui exige un programme de lutte multisectoriel et intégré.

    En juin 2015, le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) a lancé le « Partenariat mondial pour la préservation de la faune et de la flore sauvages, la prévention du crime lié aux espèces sauvages et le développement durable », avec un financement de 91 millions de dollars. Ce programme, également connu sous le nom de « Programme mondial pour la vie sauvage » (ou GWP, pour Global Wildlife Program), est conduit par le Groupe de la Banque mondiale, en collaboration avec le FEM, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), la Banque asiatique de développement, l'UICN et le WWF.
    Le GWP se concentre sur l'Asie et l'Afrique, où la criminalité liée aux espèces sauvages est particulièrement endémique et la nécessité de préserver ces espèces, urgente. Le premier groupe de pays participants comprend le Botswana, le Cameroun, l'Éthiopie, la République du Congo, le Gabon, l'Inde, l'Indonésie, le Mozambique, la Tanzanie et la Zambie. Des projets nationaux sont actuellement en cours d'élaboration. Ils auront pour objectif de lutter contre les principales menaces qui pèsent sur les espèces sauvages et intègreront pour cela des interventions coordonnées dans les domaines suivants : politiques publiques et cadres législatifs, police et répression, gestion des zones protégées, création de moyens de subsistance compatibles avec une exploitation durable des ressources, et communication.

    Ce nouveau programme vise à stabiliser les populations d'espèces sauvages, avec l'ambition, à terme, de les voir prospérer. Mais il serait vain de vouloir préserver la vie sauvage sans reconnaître le rôle important que les populations locales exercent dans la conservation des espèces. Si les habitants des villages jouxtant les réserves naturelles peuvent tirer des revenus du développement d'un tourisme durable, leurs champs sont aussi parfois la cible des incursions des éléphants et leur bétail, la proie des animaux sauvages. C'est pourquoi le GWP vise à accroître la participation des populations locales afin qu'elles soient en mesure de cohabiter avec la faune sauvage, de la gérer et d'en tirer profit.

    Outre la promotion d'un développement durable, le programme s'emploiera à réduire le braconnage et le commerce illicite en incorporant une palette diversifiée d'approches sur différents sites. Celles-ci consisteront à renforcer les organes chargés de faire respecter la loi, à développer les capacités des agents de police et officiers de justice pour une meilleure gestion des zones protégées, et à intensifier les efforts de lutte contre la corruption. Le programme mettra également au point des systèmes et des mécanismes qui favoriseront la circulation des connaissances entre projets nationaux et experts techniques afin de partager l'expérience acquise d'un pays à l'autre.

    Le 18 janvier dernier, mon équipe a organisé la première réunion de partage des connaissances du GWP avec les représentants des pays concernés. Une quarantaine de professionnels de la conservation des espèces sauvages et d'experts techniques y ont assisté. Cette réunion nous a permis de débattre du GWP, d'échanger nos connaissances mutuelles sur les principaux aspects du braconnage et du trafic, et de collaborer avec les parties prenantes au programme. Cette première réunion, qui était destinée à accompagner les efforts des pays dans le cadre de la préparation de leurs projets nationaux, sera suivie d'autres rendez-vous de partage des connaissances en personne ou virtuels. Certes, il ne sera guère facile de réduire l'ampleur du braconnage et du trafic d'animaux et de ralentir le rythme de disparition des espèces sauvages. Mais, forts de cette rencontre initiale et de ses échanges enthousiastes, nous sommes aujourd'hui plus que jamais motivés et déterminés à être à la hauteur de l'ambition portée par le GWP.

    Nous avons beaucoup à faire, mais, en attendant, nous vous invitons à célébrer avec nous la Journée mondiale de la vie sauvage et à contribuer à faire connaître les dangers qui menacent la survie des éléphants, des rhinocéros et des félins.

    Source: _Banque Mondiale - Auteur: Claudia Sobrevila


    Jeudi 03/03/16 - Soudan du Sud: la faune sauvage, victime collatérale de la guerre civile

    Les belligérants de la guerre civile au Soudan du Sud se livrent au massacre, à un rythme devenu «alarmant», d'éléphants, d'antilopes et de girafes, a alerté une organisation de protection de la faune sauvage.

    Dans ce rapport diffusé jeudi, Journée mondiale de la vie sauvage, la Société de protection de la faune (WCS), une organisation américaine, met en lumière l'impact sur la faune d'une guerre civile qui a déjà fait plusieurs dizaines de milliers de morts en deux ans.

    La WCS a ainsi enregistré ces derniers mois une «augmentation drastique» du braconnage d'antilopes et d'éléphants, mais aussi de la déforestation et de l'exploitation de mines d'or clandestines.

    Les éléphants sont abattus pour alimenter le juteux trafic d'ivoire, tandis que girafes et antilopes sont tuées pour nourrir les dizaines de milliers de combattants, miliciens et rebelles qui se battent depuis décembre 2013.

    «Les divers groupes armés à travers le pays ont été impliqués dans des activités de braconnage à grande échelle, à la fois pour leur propre consommation et aussi pour alimenter des trafics», écrit WCS dans son rapport.

    Les régions de l'est du pays abritent des troupeaux géants d'antilopes et d'importantes populations de girafes, lions et guépards.

    Cette région forme le plus grand écosystème de savane en Afrique de l'Est et la migration annuelle des herbivores y rivalise en nombre avec celle, mondialement connue, qui se déroule entre le Masaï Mara au Kenya et le Serengeti en Tanzanie voisine.

    «Il y a de quoi être très inquiet pour de nombreuses espèces vulnérables du pays, notamment les éléphants, les girafes et les antilopes Tiang», affirme WCS.

    Pour autant, poursuit l'organisation, «certaines de ces espèces ont réussi à survivre dans certaines zones» et «l'espoir subsiste de parvenir à protéger ces populations et d'arrêter l'essor du braconnage et des trafics».

    Mercredi, le patron des opérations de maintien de la paix de l'ONU a estimé que la situation se dégradait dans le pays et que les deux camps rivaux «traînent des pieds pour appliquer» un accord de paix signé en août.

    Mi-février, 19 soldats gouvernementaux et 11 civils ont été arrêtés par des gardes du service sud-soudanais de protection de la faune en possession de viande séchée provenant de plus de 60 antilopes, selon WCS.

    De son côté, le responsable de ce service, le général Philip Chol Majak, a dit à l'AFP craindre que «plusieurs centaines d'éléphants» aient été abattus depuis le début de la guerre civile.

    Avant le début du conflit, le gouvernement estimait à 5.000 le nombre de pachydermes dans le pays. Un chiffre que le WCS évaluait pour sa part à 2.500.

    En 2014, l'organisation avait révélé qu'un tiers des éléphants équipés d'un système de géolocalisation avait disparu.

    Source: www.20minutes.fr avec l'AFP


    19/02/16 - Non, 150 000 manchots ne sont pas morts en Antarctique à cause d’un iceberg

    Près de 150 000 manchots Adélie décimés par un gigantesque iceberg. C’est la triste nouvelle relayée depuis quelques jours par tous les médias, jusqu’au très sérieux Guardian. Selon ces sites, une colonie de l’est de l’Antarctique aurait vu son existence bouleversée par l’échouement d’un iceberg de 100 km² – soit la superficie de Paris. Il les aurait contraints à faire un détour de 60 km pour aller chercher leur nourriture, entravant leur processus de reproduction. Résultat : la population de la colonie se serait effondrée à 10 000 individus en décembre 2013, contre environ 160 000 en février 2011. La réalité est beaucoup plus nuancée, et les manchots sont plus probablement déplacés que morts.

    A l’origine de cette information, initialement diffusée par le Sydney Morning Herald le 12 février : l’étude de chercheurs du centre sur le changement climatique de l’université de Nouvelle-Galles du Sud (UNSW) et du New Zealand’s West Coast Penguin Trust, publiée le 2 février dans Antarctic Science, une revue scientifique spécialisée éditée par Cambridge Journals Online.

    Les auteurs ont étudié l’impact d’un iceberg géant nommé B09B, venu s’échouer sur la baie du Commonwealth, dans l’est du continent blanc, en décembre 2010 – et l’extension de la banquise côtière qui en découle – sur les comportements et capacités de reproduction des populations de manchot Adélie (Pygoscelis adeliae). Des comptages ont été réalisés en décembre 2013, lors d’une expédition scientifique le long de la côte, dans deux colonies de manchots, au cap Denison et sur les îles Mackellar.

    Nulle mention de la mort de 150 000 oiseaux

    Résultats : les chercheurs ont recensé « quelques milliers de manchots tout au plus, peut-être moins de mille » sur les îles Mackellar, contre 200 000 durant une précédente expédition en 1913 (« possiblement une surestimation »), et 80 000 couples en 2011. « Bien que le nombre de manchots Adélie a apparemment varié considérablement au cours du siècle dernier, en raison de facteurs inconnus, le recensement de 2013 reste nettement plus faible que ceux de 1997 et 2011 », écrivent les auteurs, qui parlent de « déclin catastrophique ». Au cap Denison, où ils évoquent plutôt une « redistribution », ils ont compté 5 520 nids occupés en 2013, contre 13 834 couples en 2011 et 10 000 oiseaux en 1931. Les chercheurs décrivent également « des centaines d’œufs abandonnés » et un sol « jonché de carcasses gelées de poussins de la saison précédente », tandis que les adultes apparaissent en « mauvaise condition ».

    Nulle mention, en revanche, de la mort de 150 000 oiseaux, dont on aurait forcément retrouvé les carcasses gelées quelque part. Un des facteurs de confusion – au-delà de la tendance des médias à reprendre en boucle les mêmes informations – réside sans doute également dans le manque de clarté de l’étude, qui peine à établir des recensements précis et comparables.

    « Je ne sais pas qui a commencé à diffuser cette information, mais nous n’avons jamais dit que 150 000 manchots étaient morts, prévient Kerry-Jayne Wilson, biologiste, professeure d’écologie néo-zélandaise et première auteure de l’étude. Les oiseaux ont probablement migré ailleurs, attendant des conditions plus favorables. »

    Les œufs et les poussins affectés

    Car une chose est sûre : l’iceberg bloqué dans la baie a modifié les modes de vie des manchots Adélie, en coupant leur accès à la mer. « Ces oiseaux ont besoin d’eau accessible dans les 2 ou 3 km de leur colonie », précisent les auteurs. Entre fin octobre et début février, les manchots nichent sur la côte et ont besoin d’être proches de l’océan pour ramener régulièrement de la nourriture (du krill essentiellement) à leurs poussins. Bloqués par l’iceberg B09B, les oiseaux des colonies du cap Denison et des îles Mackellar doivent désormais parcourir plus de 60 kilomètres « à patte » pour atteindre l’eau libre, ce qui est pour eux beaucoup plus coûteux en énergie que de nager.

    « Ils sont capables de faire ces kilomètres à pied, et ne vont pas mourir de faim sur la banquise », précise Yan Ropert-Coudert, directeur de recherches au Centre d’études biologiques de Chizé (Deux-Sèvres) et secrétaire du groupe d’experts sur les oiseaux et mammifères marins du Comité scientifique pour la recherche antarctique. Pas la peine, donc, d’imaginer une file indienne de cadavres.

    En revanche, les œufs et les poussins pâtissent de cette situation. Sachant que les manchots se partagent les tâches en ce qui concerne les soins à prodiguer aux petits (quand l’un est sur le nid, l’autre est en mer en quête de proies), le temps passé par l’un hors du nid a un impact sur le sort de l’autre et de la couvée. Ainsi, le parent d’astreinte sur le nid jeûne en attendant le retour de son partenaire. Si ce dernier tarde trop, le parent affamé préférera abandonner le nid pour assurer sa survie. S’il est relayé après avoir jeûné de longs jours, il mettra plus de temps pour restaurer ses réserves en mer et restera à son tour loin du nid plus longtemps… Un cercle vicieux qui affecte le succès reproducteur. « En 2013-2014 à Dumont-d'Urville [la base scientifique française], la banquise n’avait pas débâclé, obligeant les manchots à parcourir quelque 100 km sur la banquise pour trouver l’eau libre. Et le succès reproducteur avait été désastreux, aucun poussin n’avait survécu », explique le chercheur.

    Migration des manchots

    Alors qu’est-il arrivé à ces manchots adultes ? La présence de l’iceberg a fait de leurs sites de reproduction des endroits inhospitaliers, inhabitables. Et c’est là où le bât blesse. « Un bon site, avec par exemple un bon accès à la mer, est essentiel, précise Yan Ropert-Coudert. Et pour augmenter leurs chances de se reproduire dans les meilleures conditions, il leur a fallu probablement chercher un meilleur site. C’est finalement assez logique. » Voilà pourquoi la plupart des adultes ont vraisemblablement préféré aller se reproduire ailleurs. Et le fait qu’une colonie située non loin de l’iceberg en question, sur les îles Hodgeman, voit sa population augmenter appuie cette hypothèse – qui aurait pu être confirmée si les oiseaux avaient été équipés de GPS.

    Quand, en conclusion de l’étude, les auteurs préviennent que la colonie de Cap Denison pourrait être éteinte d’ici à vingt ans, cela signifie donc simplement que les manchots ne reviendront plus sur ce cap rocheux pour se reproduire et non pas leur extinction massive.

    Effets complexes du réchauffement

    Faut-il y voir un effet vicieux du changement climatique ? Difficile à dire, tant les facteurs qui régissent l’état de la glace de mer et le mouvement des icebergs sont nombreux et complexes. « Un réchauffement entraîne la fonte de la surface des glaciers, qui va tomber dans l’eau froide, regeler, et finalement former une banquise plus longue. Mais il peut aussi créer des zones de fractures plus sensibles, comme ce qu’il se passe en montagne avec les avalanches, et ainsi favoriser le décrochage d’icebergs », illustre le directeur de recherches.

    Les changements globaux affectent chaque environnement local de manière différente, à différentes échelles, en fonction de ses caractéristiques propres. Si bien que les populations de manchots sont différemment touchées, selon leur localisation. « En Antarctique de l’Est par exemple, les populations sont en phase de stabilisation, alors que dans la péninsule elles sont en train de sérieusement baisser », conclut Yan Ropert-Coudert.

    Source illustrée: Le Monde - Auteurs: Audrey Garric et Marion Spée


    15/02/1 - Afrique: le trafic d'ivoire très concentré et contrôlé par quelques barons

    Washington - Le trafic illégal d'ivoire en Afrique qui menace la survie des éléphants est très concentré géographiquement et contrôlé par quelques barons, ont déterminé des scientifiques avec des analyses ADN des défenses saisies.

    "Ce qui nous a tous surpris c'est que ces données génétiques suggèrent que le nombre de barons contrôlant ce trafic est relativement petit car la plus grande partie se concentre dans un endroit", a expliqué dimanche Samuel Wasser, professeur de biologie à l'Université de Washington à la conférence annuelle de l'American Association for the Advancement of Science (AAAS), réunie ce week-end à Washington.

    Il a mis au point une nouvelle technique d'analyse d'ADN basée sur une vaste banque de données des troupeaux --objet d'une publication dans la revue Science en 2015--, qui a montré pour la première fois que la plus grande partie du trafic d'ivoire provient ces dernières années du braconnage des éléphants dans deux régions d'Afrique.

    Ce chercheur a déterminé que 85% des défenses d'éléphants de forêt interceptées de 2006 à 2014 venaient d'une zone protégée s'étendant entre le Cameroun, le Congo et le Gabon. Et plus de 85% de l'ivoire d'éléphants de savane provenait d'Afrique de l'Est, surtout de Tanzanie.

    De plus récentes analyses de 200 échantillons de toutes les saisies importantes depuis 2006, montrent que les trafiquants font sortir leurs prises très rapidement du pays où s'est produit le braconnage. Cette recherche a aussi révélé que dans quatorze cas les défenses provenant du même éléphant avaient été saisies dans deux différents chargements.

    Les analyses ADN ont en outre révélé que toutes ces défenses ont transité par Mombasa au Kenya, a précisé le professeur Wasser, notant que ces transferts aidaient à camoufler l'origine des cargaisons.

    "Cela signifie que le nombre de barons est assez limité car les points chauds du braconnage sont très réduits et que ce trafic est aussi probablement contrôlé par un ou deux trafiquants qui font transiter tout cet ivoire par Mombasa, la plus grande plaque tournante de ce transit en Afrique actuellement", a-t-il précisé.

    Grâce à ces analyses ADN "nos travaux ont déjà permis de neutraliser l'un des plus grands trafiquants d'ivoire d?Afrique de l'Ouest et nous sommes actuellement sur la piste du probablement plus gros trafiquant du continent africain", a ajouté le scientifique. Il a souligné la difficulté de combattre ce crime organisé transnational formé de réseaux sophistiqués et de groupes criminels experts dans la contrebande.

    Environ 50.000 éléphants sont tués annuellement en Afrique par des braconniers sur une population restante de seulement 450.000, précise le professeur Wasser.

    Manque de volonté politique en Asie

    Le braconnage et le commerce d'espèces sauvages protégées est la quatrième plus grande activité criminelle internationale juste après le trafic des armes, de drogue et d'êtres humains, a-t-il précisé. Ce commerce illégale pèse 20 milliards de dollars par an dont trois milliards pour l'ivoire, a-t-il indiqué.

    Allan Thornton, président de l'ONG, Environmental Invesitagation Agency, relève que "les efforts entrepris pour tenter de contrôler le commerce illicite de l'ivoire se sont soldés par un échec (...) car ce trafic est trop puissant et rentable".

    "La seule mesure efficace de conservation (...) qui a mis fin pendant huit ans à ce trafic a été l'interdiction internationale du commerce de l'ivoire en 1989" quand 70.000 éléphants étaient tués chaque année et que la moitié de la population avait été décimée pendant la décennie précédente pour passer de 1,3 million à 624.000, a-t-il dit lors de cette même conférence de presse.

    Pendant cette interdiction, les éléphants ont commencé à reconstituer leur population, a rappelé l'environnementaliste.

    Mais quand elle a été en partie levée en 1997 sous, selon lui, la pression du Japon, le braconnage des éléphants a recommencé.

    Il s'est nettement accéléré après que la Convention sur le commerce international des espèces de la faune et de la flore a autorisé en 2008 la vente d'ivoire au Japon et en Chine par trois pays africains du sud du continent.

    Le professeur Wasser estime qu'il faut "se concentrer sur les plus grands responsables de ce trafic et que la communauté internationale doit pour cela peser de tout son poids".

    Mais William Clark, un ancien membre d'Interpol dans le service de lutte contre le trafic illégal d'ivoire, a accusé dimanche l'Asie de "manquer de volonté politique".

    Selon lui, "l'Asie n'assume pas ses responsabilités pour se saisir de ce problème, en laissant le fardeau sur les épaules des Africains".

    La Chine représente plus de 70% de la demande mondiale d'ivoire.

    Source: _www.france24.com avec l'AFP - Auteur: Jean-Louis Santini


    14/02/16 - 150 000 manchots ont péri à cause d'un iceberg

    Environ 150 000 membres d'une colonie de manchots Adélie ont péri en Antarctique au cours des dernières années à cause de la dérive d'un iceberg qui les a privés d'accès à la mer, selon une étude publiée par la revue scientifique Antartic Science et relayée par le quotidien britannique The Guardian.

    La colonie de sphéniscidés vivant dans la zone du Cap Denison a été privée de son accès habituel à la mer quand un iceberg à la dérive, "grand comme la ville de Rome", s'est rattaché au continent en 2010. Encerclés par la terre, les manchots ont alors dû s'acquitter de 60 km jusqu'à l'océan pour se nourrir. Ce voyage a eu un effet dévastateur sur la taille de la colonie qui ne devrait plus exister d'ici 20 ans, selon les scientifiques.

    Source: www.7sur7.be avec The Guardian


    12/02/16 - Le retour du "quagga", animal éteint puis ressuscité en Afrique du Sud

    Dans une vallée spectaculaire à deux heures du Cap, les visiteurs peuvent croiser ces animaux tout droit sortis des livres de contes : des zèbres, rayés noir et blanc du museau au ventre, mais brun clair uni sur le postérieur. En apparence, ce sont des quaggas, une sous-espèce du zèbre, qui broutent au pied des montagnes escarpées du Cap occidental.

    Pourtant les quaggas ont disparu au XIXe siècle, massacrés par les chasseurs de l'ère coloniale - le dernier est mort dans un zoo à Amsterdam en 1883. Ce petit troupeau semi-rayé est le fruit du travail d'une poignée de scientifiques qui, depuis 30 ans, font se reproduire des zèbres des plaines moins rayés que les autres, pour concentrer les gènes "sans rayures".

    La cinquième génération est en tout point semblable au quagga. Mais pourquoi tenter de le ressusciter ? "Il s'agit d'essayer de réparer, à petite échelle, un dégât écologique", explique Eric Harley, un professeur de biochimie clinique à la retraite. "Et aussi de pouvoir de nouveau voir ce bel animal qui vivait autrefois en Afrique du Sud".

    Le projet a été lancé par feu Reinhold Rau, un spécialiste d'histoire naturelle sud-africain né en Allemagne, qui avait fait analyser des échantillons de peau de quagga au South African Museum du Cap. Il avait alors découvert que l'ADN de cet animal était le même que celui du zèbre des plaines, à quelques rayures près - comme une différence de couleur des yeux chez les êtres humains. Sa décision était prise : il allait faire revenir le quagga.

    Pas de zébroïdes

    Les critiques n'ont pas tardé. Certains experts de la biologie y voient une opération de marketing et une interférence inutile avec la nature. "Nous ne faisons pas de génie génétique", se défend le professeur Harley. "Nous ne faisons pas du clonage, pas de transferts sophistiqués d'embryons... Il s'agit d'un simple projet de reproduction sélective. S'il s'était agi d'une espèce différente, l'idée n'aurait eu aucun sens et n'aurait pas pu se justifier", dit-il.

    Pour apaiser le débat, ces nouveaux animaux ont été formellement nommés des "quaggas de Rau", afin de les distinguer de leurs ancêtres disparus. Mais quand le soleil se lève dans la réserve privée de l'Elandsberg, et quand les troupeaux traversent la vallée de Riebeek, le guide les montre du doigt pour le visiteur en énumérant simplement : "Voici les gnous... là-bas, des springboks et des élands (grandes antilopes, ndlr)... et là, des quaggas".

    En kaki des pieds à la tête, le guide Mike Gregor, directeur du programme et manager de la ferme, dénombre 100 zèbres en tout dans le projet, dont 6 individus de la quatrième et cinquième génération considérés comme de vraies représentations de l'animal éteint. "Il y a toujours des polémiques avec ce genre de projet. Vous n'aurez jamais tous les scientifiques qui se mettent d'accord sur la bonne marche à suivre", relativise-t-il.

    La différence entre le quagga et le zèbre des plaines ? Le premier n'a pas de rayures sur l'arrière-train et sa robe est plus brune, affirme Eric Harley. Une différence d'apparence, pas de code-barre génétique. "En tout état de cause, les quaggas sont de retour. Le projet est un succès complet", se réjouit-il. Et qu'on ne lui parle pas des éleveurs qui font de la reproduction pour obtenir des impalas à flancs blancs ou des gnous dorés - animaux qui se vendent plus cher sur le marché du gibier rare.

    "Nous ne sélectionnons pas des zèbres qui auraient des couleurs amusantes ou originales. D'autres le font ailleurs, où on observe des mutations attrayantes, mais la plupart des défenseurs de l'environnement n'ont que du mépris pour ces pratiques", dit-il. Les quaggas qui broutent de nouveau dans la vallée de Riebeek n'ont pas été soumis aux traitements qui permettent de donner naissance à des zébroïdes (croisement d'un zèbre avec un autre équidé, jument ou âne par exemple), qui sont des créatures hybrides en général infertiles. Les quaggas du XXIe siècle, eux, vont se reproduire.

    Source + photo: www.leparisien.fr/sciences avec l'AFP


    10/02/16 - Le loup a fait son apparition dans l'Hérault, confirme la préfecture

    La préfecture de l'Hérault a confirmé mercredi la présence du loup dans le département et prévoit de renforcer le dispositif de suivi du mammifère.

    "La présence du loup dans l'Hérault a été officialisée sur le massif du Caroux-Espinouse avec plusieurs indices confirmés entre les mois de juillet et novembre 2015" au cours d'une réunion, mardi en sous-préfecture de Lodève, du comité de veille loup, indique la préfecture dans un communiqué.

    Les éleveurs concernés par les quatre attaques de troupeaux relevées fin 2015 sur les Hauts Cantons, dans la forêt de Somail, le plateau du Larzac et des monts de l'Espinouse, seront indemnisés "dans la mesure où la responsabilité du loup n'a pas pu être écartée", précise la préfecture. Le comité de veille, installé début 2015 pour surveiller une éventuelle présence de l'animal, évolue en comité de suivi, "qui se réunira autant que nécessaire, pour assurer la transparence de l'information".

    Les autorités prévoient, en 2016, de "renforcer la communication et l'information notamment à destination du monde agricole" et de mettre en place "des mesures de protection en mobilisant les crédits disponibles du Plan national d'action loup". "A ce stade, il n'est pas envisagé de définir des zones d'action afin d'intervenir sur la population lupine", prévient la préfecture.

    "38 personnes référentes capables de relever les indices de présence du loup" ont été formées l'an passé dans le cadre d'actions "menées pour anticiper l'arrivée du loup et les possibles dommages qu'il pourrait occasionner sur des troupeaux domestiques", ajoute le communiqué.

    Le "canis lupus", naturellement revenu dans les années 1990 par l'Italie et concentré dans le sud-est, a vu sa population tripler en dix ans en France, de 100 à 300 environ, avec un léger recul entre 2014 et 2015, selon les estimations de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage.

    En 2015, près de 9.000 bêtes, essentiellement des ovins, tuées par le loup ont fait l'objet d'une indemnisation dans l'Hexagone. Ce chiffre marque une légère augmentation par rapport à 2014 (8.768). Pour réduire les dommages sur les troupeaux, le gouvernement avait autorisé entre juin 2015 et juin 2016 l'abattage de 36 loups, avec des règles assouplies par rapport aux années précédentes. Mi-janvier, un arrêté autorisant l'abattage de 6 loups supplémentaires d'ici juin a été pris par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal.

    Source: www.lindependant.fr avec l'AFP


    09/02/16 - Le bruit des bateaux double la mortalité de poissons par prédation

    Le bruit des moteurs de bateaux stresse les animaux marins. Au point que certains poissons sont moins réactifs et plus lents en cas d'attaque de leur prédateur. Une menace pour la biodiversité.

    Le bruit des bateaux à moteur stresse tellement certains poissons qu'ils réagissent moins souvent et moins rapidement aux attaques de leur prédateur, ce qui double leur taux de mortalité par prédation, indique une étude publiée vendredi 5 février 2016. Une équipe de chercheurs du Royaume-Uni, du Canada et d'Australie a étudié en laboratoire et en mer l'impact du bruit sur le comportement de poissons demoiselles face aux attaques d'un autre poisson vivant dans les récifs coralliens, le pseudochromis fuscus, dont ils sont une des proies préférées. Les poissons demoiselles "étaient plus facilement capturés par leur prédateur naturel quand ils étaient exposés au bruit d'un bateau à moteur" que quand ils se trouvaient dans leur environnement sonore habituel, relèvent les scientifiques dans la revue Nature communications. Le simple bruit d'un bateau à moteur tout comme le fait d'être dérangés par des bateaux "augmentent leur stress et réduisent leurs réactions face aux prédateurs": ils sont alors "plus de deux fois plus nombreux" à en être victimes.

    Des poissons moins réactifs et plus lents

    En laboratoire, les poissons demoiselles jaunes (pomacentrus amboinensis) ont utilisé "20 % d'oxygène de plus en 30 minutes" quand ils ont été exposés à une bande son comprenant le bruit d'un bateau à moteur. Un stress similaire a été observé lorsque l'expérience a été menée en mer, avec des bateaux à moteur passant à proximité : ils ont eu besoin de 33 % d'oxygène supplémentaire. "Il est possible que le stress provoqué par le bruit réduise la probabilité que la proie détecte l'arrivée de prédateurs", notent les chercheurs. Elle risque alors de ne pas réagir correctement. Quand des bateaux à moteurs passent à proximité, les poissons demoiselles ont six fois moins de chances de réagir à une attaque de leur prédateur. Et parmi ceux qui réagissent, le délai de réaction est augmenté de 22 %. De son côté, pseudochromis fuscus est plus efficace lorsque la bande son comprend le bruit d'un bateau : il a besoin de 74 % d'attaques en moins pour capturer sa première proie. Résultat : en laboratoire, avec une bande-son diffusant le bruit d'un bateau à moteur, le nombre de poissons demoiselles capturé par ce prédateur est multiplié par 2,9. En mer, lors du passage d'un bateau, il est multiplié par 2,4.

    L'étude "démontre l'existence d'un impact direct" du bruit fait par l'homme sur les relations entre une proie et son prédateur, et "quantifie pour la première fois ses conséquences négatives pour la survie de la proie", soulignent les chercheurs. Dans les zones de récifs coralliens où le bruit d'un bateau à moteur est fréquent, comme par exemple la Grande Barrière de corail, il "pourrait affecter la démographie des populations impactées", ajoutent-ils. Reste à déterminer si, exposés de manière répétée au bruit d'un bateau, les poissons demoiselles le supporteraient davantage avec le temps.

    Source: www.sciencesetavenir.fr avec l'AFP


    01/02/16 - Loi sur la biodiversité : « Ne tirez plus sur l’ambulance ! »

    A l’approche de la dernière phase de discussion parlementaire autour de la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, on assiste à un tir nourri de médias contre l’outil de politique environnemental que représentent les mesures compensatoires. « Le Sénat va-t-il confier la protection de la biodiversité à des banques ? » (Mediapart), « La nature, un bien marchand ? » (Le Monde), « Compensation piège à con » (Le Canard Enchaîné), « Nature, le nouvel eldorado de la finance » (Arte), sont autant de titres accrocheurs suivis de textes percutants, quoique fondés sur des sources d’information sélectionnées pour aller dans le sens du scénario auquel ces auteurs souhaitent arriver : « On est en train de préparer le terrain à la finance internationale pour qu’elle puisse spéculer sur la nature. »

    Pourtant, avant de jeter cet outil à la poubelle, il est important de rappeler deux ou trois choses aux tenants du compensation bashing.

    Si nous partageons l’idée que le projet de loi pour la biodiversité, tel qu’il est rédigé aujourd’hui, ne permet pas de fournir les instruments légaux offrant des protections de long terme sur les sites compensés, des critères d’évaluation limpides sur les objectifs d’équivalences, ni les modalités de contrôle et de sanction nécessaires à la mise en place de mesures compensatoires dignes de ce nom, on peut cependant fortement nuancer ce qui est écrit dans les papiers en questions. Voici en vrac quelques réponses aux accusations portées contre ce projet.

    La loi sur la compensation écologique n’a pas pour objectif d’autoriser les dégradations environnementales mais bien de réduire ces dégradations, et de s’appuyer sur les projets d’aménagement décidés – par l’Etat ou les collectivités territoriales – pour restaurer d’autres habitats dégradés. Ce sont les déclarations d’utilité publique de projets d’aménagement – dont certaines sont clairement discutables au regard de critères économiques, sociaux et écologiques – qui créent le droit à détruire. Les mesures compensatoires sont un instrument de nature réglementaire, mis à la disposition de la force publique pour minimiser au maximum les impacts à travers la séquence « éviter-réduire-compenser » et créer des contraintes environnementales sur le secteur économique (on l’aurait presque oublié).

    La nouvelle approche de la compensation environnementale consacre le passage d’une logique purement « anthropocentrique », de compensation financière des personnes ayant subi des préjudices à la suite de la destruction de la nature, à une logique écocentrée de restauration de la nature elle-même. Du point de vue environnemental, on ne peut pas nier que c’est une amélioration.

    Ecrire que la compensation écologique n’est pas possible car on ne sait pas restaurer les écosystèmes ne veut pas dire grand-chose. Bien sûr, on ne peut restaurer en quelques années une forêt primaire, avec des arbres centenaires et des écosystèmes millénaires.

    Mais quelle est la part de ce type d’impacts en France ? En outre, les projets d’aménagement sur les espaces exceptionnels sont a priori tout bonnement interdits. La littérature scientifique nous dit que le niveau moyen de restauration, au regard d’un écosystème naturel, est d’environ 75 %. Dès lors, il existe un critère scientifique pour dire que la compensation d’impact sur des espaces qui sont à 75 % de leur état naturel est techniquement possible. L’écologie de la restauration a démontré qu’il était possible de restaurer certaines composantes de la biodiversité ou certaines fonctions écologiques. Elle nous dit aussi comment améliorer l’efficacité des actions de restauration écologique – l’efficacité de la restauration de zones humides augmente avec leur surface, par exemple.

    Le renforcement du cadre réglementaire des compensations environnementales ne facilite pas le bétonnage des habitats, bien au contraire : en impliquant des coûts d’études d’impact et de restauration, il incite les entreprises à éviter et réduire les destructions devenues trop coûteuses.

    L’affirmation que la compensation correspond à une marchandisation et une privatisation de la biodiversité est un faux procès fait à ce projet de loi. Le fondement de la compensation est réglementaire et non pas marchand. Certes, cette réglementation peut être mise en œuvre à partir de mécanismes contractuels, comme c’est le cas pour les réserves d’actifs naturels. Mais ce type de contrat privé existe déjà pour la mise en œuvre de nombreuses autres politiques environnementales (contrats Natura 2000 par exemple) sans que l’on s’en offusque. Par ailleurs l’expression « banque de compensation » renvoie à la notion de réserve (comme celle de « banque de gènes ») et non pas à une régulation financière. Ainsi le principe premier des banques de compensation est la mutualisation des actions de restauration pour améliorer leur efficacité écologique – car les surfaces restaurées sont plus grandes et permettent une planification environnementale – et pour faciliter le contrôle de ces actions par l’administration (moins de petits sites à contrôler), ce contrôle étant un facteur essentiel d’application de la loi. Rappelons aussi que la compensation supprime les droits privés d’usages marchands sur les zones restaurées, allant même jusqu’à la suppression à perpétuité de ces droits dans le cadre américain.

    A l’appui de ce projet de loi, enfin, le renforcement des mesures compensatoires expérimenté depuis vingt-cinq ans aux Etats-Unis n’a pas conduit à l’augmentation des projets générant des destructions environnementales. Bien au contraire, une réduction massive des dégradations d’espaces semi-naturels, tels que les zones humides, a été observée tout au long des années 1990 et 2000. En outre, ce renforcement réglementaire a contribué à faire émerger un nouveau secteur de la restauration écologique aujourd’hui pourvoyeur de 125 000 emplois « verts » aux Etats-Unis.

    Source: www.lemonde.fr - Auteurs: Harold Levrel, professeur d’économie écologique à AgroParisTech & Anne Teyssèdre, écologue et médiatrice scientifique.


    25/01/16 - Indonésie: des milliers d'oiseaux exotiques menacés dans des forêts pillées

    Agé de quelques jours et perché dans son nid à l'intérieur d'une volière, un petit oiseau chanteur très apprécié en Indonésie pour son gazouillement porte à la patte une bague métallique, très importante pour lutter contre l'immense trafic d'oiseaux exotiques dans ce pays.

    L'oisillon est né dans le jardin tropical de Megananda Daryono, à Bogor, une ville de la grande île de Java, dans la proche banlieue de la capitale Jakarta. Ce défenseur des espèces sauvages vend des oiseaux nés en captivité: il leur enfile une bague à la patte pour montrer aux acheteurs potentiels que ces animaux n'ont pas été capturés dans la nature.

    "J'ai réalisé que les oiseaux attrapés dans la forêt disparaîtraient un jour pour de bon", explique-t-il au milieu de ses volières contenant des centaines d'espèces, parmi lesquels de magnifiques perroquets et des oiseaux chanteurs vulnérables.

    Des milliers d'oiseaux exotiques sont en effet attrapés illégalement chaque année dans les forêts tropicales en Indonésie et revendus sur des marchés où ils arrivent cachés dans des caisses, parfois même à l'intérieur de bouteilles en plastique.

    L'Indonésie est un terrain propice à un tel trafic: la jungle de l'archipel d'Asie du Sud-Est regorge d'espèces d'oiseaux chanteurs, tels le garrulaxe bicolore de Sumatra, le Lori noira rouge à la queue brun-vert ou encore l'étourneau à ailes noires.

    Depuis des siècles, les Indonésiens possèdent des oiseaux en cage comme animaux domestiques. Et dans ce pays émergent à la population croissante, l'obsession d'avoir chez soi des oiseaux et la participation à des concours de gazouillement nourrissent une demande sans précédent, en partie alimentée par les trafics.

    Conséquence: pas moins de 131 espèces d'oiseaux dans la jungle indonésienne sont menacées, soit plus que dans tout autre pays à l'exception du Brésil, s'alarme TRAFFIC, une ONG de surveillance du commerce de la faune et de la flore.

    Les élevages d'oiseaux en captivité comme celui de Megananda sont présentés comme une alternative durable au trafic effréné et lucratif, quand 40% des Indonésiens vivent avec moins de deux dollars par jour.

    Le trafic, lui, menace de nombreuses espèces indigènes, ont souligné des experts lors d'une réunion d'urgence l'an passé à Singapour, en appelant à intervenir d'urgence pour mettre fin au pillage.

    "Cela concerne des millions et des millions d'oiseaux chaque année, on atteint un seuil critique", affirme à l'AFP Chris Shepherd, de l'ONG TRAFFIC. "C'est maintenant ou jamais pour nombre de ces espèces".

    "Gazouillis mania"

    Du côté du public, l'urgence n'est pas forcément la même: des associations regroupant des milliers d'amateurs de gazouillements parcourent l'archipel pour participer à des concours nationaux de chants d'oiseaux dans l'objectif de remporter des prix. Ou pour la gloire.

    Ce sont des affaires sérieuses, raconte Johan, un champion en la matière, pendant un récent concours dans le centre de Java, où des hommes crient et sifflent en direction de leurs oiseaux pour les encourager à continuer de chanter. Un jury impassible attribue des points pour la mélodie, la durée et le volume.

    "Ce n'est pas un concours de beauté, c'est un concours de chant. C'est de la gazouillis mania", s'enthousiasme Johan. "Le chant est la seule chose qui compte", explique-t-il à côté de son canari jaune perché dans une cage en bois orné. C'est l'un des 50 oiseaux qu'il possède.

    Des appels lancés pour interdire ces concours populaires ont rencontré une vive résistance. Les défenseurs de la "gazouillis mania" estiment qu'ils constituent une spécificité indonésienne et accusent le commerce d'oiseaux - pas les compétitions - d'être responsable de la forte diminution du nombre d'oiseaux exotiques dans les forêts.

    Capturer toute espèce d'oiseau dans la nature, qu'elle soit protégée ou non, est pourtant illégal en Indonésie, mais les lois sont peu appliquées et des sanctions sont rarement prononcées contre des trafiquants ou vendeurs sur des grands marchés, constate Chris Shepherd.

    "Faire évoluer les esprits"

    A Jakarta, le marché aux oiseaux de Pramuka, l'un des plus grands d'Asie, est connu comme un endroit où sont vendues des espèces vulnérables et gravement menacées, en l'absence de contrôles. Quelque 20.000 oiseaux y étaient exposés lors d'une récente journée.

    Des efforts ont été entrepris pour éviter d'associer les concours de chants d'oiseaux aux trafics sur les marchés. Ainsi, la Société indonésienne des oiseaux sauvages (PBI), qui autorise et note un important championnat de chants d'oiseaux, a promis d'éliminer tous les oiseaux sauvages et de les remplacer par des oiseaux chanteurs nés en captivité.

    Mais l'ancien président de la PBI, Made Sri Prana, estime que la transition prendra du temps et observe qu'"il n'y a pas de véritables obligations" pour des concours organisés par des associations ne dépendant pas du PBI.

    Signes positifs, des programmes d'élevage d'oiseaux comme celui de Megananda se développent par centaines à travers le pays et les autorités ont effectué récemment plusieurs importantes saisies d'oiseaux attrapés illégalement.

    Il faudra toutefois du temps pour changer les vieilles habitudes, prévient Ria Saryanthi, de l'ONG pour la protection des oiseaux Burung Indonesia. "Pas facile de faire évoluer les esprits".

    Source: www.ladepeche.fr/ avec l'AFP


    25/01/16 - Les cigognes préfèrent les décharges à un long voyage

    Une nouvelle étude révèle l'impact humain sur le mode de vie des animaux. Ainsi, un grand nombre de cigognes blanches passent l'hiver à proximité de décharges en Afrique du Nord, au lieu de poursuivre leur voyage vers l'Afrique du Sud.

    Comme le rappellent la BBC et la VRT, chaque année, les cigognes asiatiques et européennes migrent vers le sud, parfois jusqu'en Afrique du Sud, pour y passer l'hiver avant de revenir au printemps.

    Désireuse de vérifier ces routes migratoires, une équipe de scientifiques de l'Institut allemand Max-Planck d'ornithologie a équipé 70 jeunes cigognes de huit pays (l'Arménie, la Grèce, la Pologne, la Russie, l'Espagne, l'Allemagne, la Tunisie et l'Ouzbékistan) d'un enregistreur de coordonnées GPS afin de suivre les mouvements de leur première migration.

    Les chercheurs se sont rendu compte que beaucoup d'oiseaux issus d'Espagne, de Tunisie et d'Allemagne passaient l'hiver en Afrique du Nord, à proximité de grandes décharges. En revanche, leurs congénères venus de Russie, de Pologne et de Grèce restaient fidèles à leur route traditionnelle. Curieusement, les cigognes d'Arménie ne parcouraient qu'un petit trajet alors que celles d'Ouzbékistan restaient même dans leur pays natal où elles se nourrissaient dans les fermes piscicoles.

    Plus de chances de survie

    Si comme l'explique la chercheuse Andrea Flack à la BBC, les cigognes restées à proximité de décharges trouvent facilement de la nourriture et qu'elles ont plus de chances de survivre à l'hiver que leurs congénères partis en Afrique du Sud, on ignore les risques à long terme pour leur santé. En plus, elles pourraient s'étrangler en mangeant du plastique ou du caoutchouc.

    Comme les cigognes blanches se nourrissent de sauterelles et d'autres insectes nuisibles pour l'agriculture de l'Afrique tropicale, leur diminution pourrait perturber l'écosystème.

    Source: www.levif.be - Auteure: Céline Bouckaert, traductrice, journaliste newsroom Roularta


    21/01/16 - Afrique du Sud: 1175 rhinocéros braconnés en 2015

    Le nombre de rhinocéros tués en Afrique du Sud a baissé pour la première fois en huit ans, avec 1175 animaux braconnés en 2015, un nombre toujours "inacceptable" pour les ONG au moment où le débat fait rage sur la légalisation de la vente de corne dans le pays.

    L'Afrique du Sud abrite 80% de la population mondiale de rhinocéros, dont la corne, composée principalement de kératine comme les ongles humains, est très prisée des Asiatiques qui lui prêtent des valeurs médicinales non prouvées scientifiquement.

    Cette forte demande alimente un juteux marché, puisque le kilo de corne de ce mammifère se monnaie au marché noir environ 60.000 dollars, "plus cher que l'or et la cocaïne", selon Pelham Jones, président de l'association sud-africaine des propriétaires privés de rhinocéros (PROA).

    Devant cette demande en très forte expansion, l'Afrique du Sud a enregistré depuis une dizaine d'années une explosion du braconnage, passant de 13 bêtes tuées en 2007 à 1215 en 2014.

    Mais l'année 2015 a été marquée par une très légère diminution, a annoncé jeudi la ministre de l'Environnement, Edna Molewa: 1175 spécimens ont été massacrés, principalement dans le parc national Kruger (nord-est), soit une baisse de 3,3% en un an.

    Source: www.lefigaro.fr avec l'AFP


    20/01/16 - Chili : Après des centaines de baleines échouées, c’est au tour des calmars de mourir en masse !

    Au Chili, les autorités ont réalisé en ce mois de janvier le survol d’une zone éloignée du sud de la Patagonie afin de trouver les causes du décès d’environ 330 baleines, un échouage massif découvert il y a quelques mois dans un fjord.

    Les recherches prennent une nouvelle dimension avec « un vol de l’Armée chilienne », c’est au mois d’avril que 20 baleines de l’espèce Sei (pouvant mesurer jusqu’à 16 mètres de long et peser 30 tonnes) échouées ont été découvertes par un groupe de scientifiques dans le Golf de Penas, à environ 1950 km au sud de Santiago, puis une nouvelle expédition scientifique effectuée en juin a permis d’identifier près de 330 baleines sans vie.


    Les chercheurs souhaitent déterminer si les cétacés sont décédés de causes naturelles ou s’il y a une cause humaine de type pollution et également si les deux échouages s’expliquent de la même façon.

    Mauricio Ulloa, chargé de préserver les espèces protégées sur le territoire national a rappelé que le nombre de cadavres retrouvés était vraiment impressionnant « il s’agit d’un record mondial. Jamais il n’y a eu un échouage qui inclut autant de spécimens de cette taille et de ce poids dans un même lieu, lors d’un même évènement ». À ce jour, les causes restent une énigme pour la communauté scientifique, les autorités chiliennes avaient annoncé au mois de décembre un travail conjoint avec des experts étrangers pour identifier les origines de ces morts.

    La présence du Niño en cet été austral pourrait avoir un impact, en effet le réchauffement des eaux océaniques réduit les sources d’alimentation des baleines. L’acidification des océans en raison de l’augmentation du dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère affecte également les baleines, car il réduit le plancton dont elles se nourrissent.

    En effet, El Niño, résultant de l’interaction entre l’océan et l’atmosphère dans les régions de l’Est et du centre du Pacifique équatorial, peut avoir des effets dévastateurs, et a déjà provoqué la disparition de 90 % des iguanes marins, 50 % des phoques, 75 % des pingouins et de presque tous les bébés phoques de moins de trois ans aux Galapagos (à 1000 km des côtes équatoriennes).

    Malheureusement, il est prévu que les effets globaux du changement climatique dépassent largement celles causées par El Niño « avec les événements de 1982-83 et en 1997-98, deux des trois phénomènes les plus forts depuis 1950 », a déclaré dans un récent rapport un représentant du Parc national des Galapagos .

    Autre fait inquiétant, ces derniers jours les cadavres de milliers de calmars géants (Dosidicus gigas) ont été retrouvés sur le littoral de l’île Santa María, situé face aux côtes de la province d’Arauco (au Chili), et encore une fois l’influence du phénomène météorologique El Niño n’est pas totalement écartée par les scientifiques.

    10 000 céphalopodes géants ont envahi les plages de cette petite île, une alerte sanitaire a été déclarée, et les habitants comme les experts se montrent inquiets devant cet échouage massif inexpliqué et ces cadavres en décomposition saturant l’air d’une odeur de putréfaction.

    Il n’est pas rare à cette époque de l’année (été dans l’hémisphère sud) que les morts de mollusques et de poissons soient en augmentation en raison des températures, mais jusqu’à présent il n’y a eu aucun événement de cette ampleur concernant les calmars géants. Si l’augmentation de la température de l’eau est fortement soupçonnée en raison de la puissance du Niño 2015-2016, les experts n’écartent pas les effets d’une éventuelle pollution ou encore la présence d’un virus.

    El Niño se produit à un intervalle de 2 à 7 ans, et se manifeste par le réchauffement des eaux du Pacifique au large des côtes équatoriennes, en Amérique du Sud cela provoque, suivant les régions, de forts épisodes de sécheresse ou au contraire des pluies diluviennes.

    Les scientifiques n’excluent pas également un effet de « bloom », ou efflorescence algale, comme cause de ces décès multiples, une marée rouge est évoquée (augmentation rapide de la concentration de phytoplancton toxique).

    Les techniciens du Service national chilien de la pêche et de l’aquaculture (Sernapesca) ont recueilli des échantillons de calmars morts et d’eau pour procéder à des analyses dans des centres spécialisés.

    Triste constat, mais le changement climatique frappe les baleines qui, paradoxalement, favorisent la croissance de la plupart des plantes qui absorbent le CO2 grâce à leurs excréments.

    Source: www.actulatino.com - Auteure: Aline Timbert


    19/01/16 - Des espèces invasives charriées par le tsunami

    près le tsunami qui avait frappé le Japon en mars 2011, des tonnes de débris s’étaient échoués sur les côtes américaines et canadiennes. Plastiques, arbres, morceaux de métal ont aussi servi de radeaux de fortune à quelques passagers clandestins. Plus de 300 espèces marines invasives se sont installées de l’autre côté du Pacifique et menacent l’écosystème de leur terre d’accueil. La problématique sera au cœur des débats, lors de la conférence internationale sur les bio-invasions marines cette semaine, à Sydney en Australie.

    Passés le choc des milliers de morts du séisme et du tsunami au Japon, la terreur de l’explosion de la centrale nucléaire de Fukushima, on avait classé la catastrophe dans le catalogue des cauchemars du nucléaire. 1,5 million de tonnes de déchets emportés par la vague meurtrière, cela semblait un moindre mal en comparaison d’une contamination radioactive. Et pourtant, près de cinq ans plus tard, le scénario d’une grave pollution écologique est en place sur les côtes Pacifique. Et c’est une bombe à retardement.

    Après un voyage de 5 000 km, les débris du tsunami ont charrié des centaines d’espèces marines. Arrachés à leur environnement habituel, ces passagers clandestins ont trouvé refuge sur les morceaux de plastique ou de métal, sur des troncs d’arbre ou des carcasses de voitures, colonisant ces bouées de fortune en attendant de s’échouer.

    Leur terre promise ? Les États-Unis et le Canada où ces « bio-envahisseurs » se sont souvent (trop) bien adaptés comme le rappelle Emma Johnston, professeur de biologie marine et directrice de recherches à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud de Sydney, dans un article publié sur le site The Conversation.

    Car en Australie, le phénomène est bien connu et se répète à chaque cyclone, mousson ou tsunami. Mais rarement le phénomène avait pris autant d’ampleur qu’après la catastrophe de 2011. Emportés par la vague géante, des milliers d’êtres vivants, du micro-organisme au banc de poissons, se sont retrouvés pris au piège au beau milieu du Pacifique, dans le fameux « GPGP » (pour Great Pacific Garbage Patch, littéralement la grande décharge du Pacifique) avant de se retrouver sur les côtes américaines.

    « Il y a eu une arrivée ponctuelle massive, quelques mois après le tsunami, rappelle Philippe Goulletquer, directeur scientifique adjoint en charge de la biodiversité marine au centre Atlantique de l’Ifremer à Nantes et spécialiste des espèces invasives. Et puis, les autres déchets se sont retrouvés pris au piège du continent de plastique au milieu du Pacifique. »

    Des insectes en pleine mer

    Solidement arrimés sur leur support, les algues, coquillages, invertébrés et insectes attendent leur heure sur ce septième continent dont ils sont les premiers colons. « On a vu des insectes proliférer en haute mer, souligne Philippe Goulletquer. Ils ont créé un habitat artificiel au large qui leur convient parfaitement. »

    Ces espèces ont donc tout leur temps : un morceau de plastique peut rester jusqu’à quarante ans prisonnier de cette décharge du Pacifique. Mais pas d’espèces dangereuses d’après Philippe Goulletquer. « Nous ne sommes pas en présence d’espèces qui détruisent les autres pour s’installer. Mais elles créent un déséquilibre et donc une pollution écologique. »

    Accélérateur ponctuel

    Mais le rôle du tsunami dans l’affaire n’a été que celui d’un accélérateur ponctuel. Comme le souligne Emma Johnston, « les débris issus de la production humaine comme le plastique permettent à un plus grand nombre d’espèces marines de traverser les océans ». L’homme est depuis longtemps la principale cause de ce déséquilibre de la biodiversité.

    « Le rôle des plastiques est connu depuis des années, rappelle Philippe Goulletquer. Il y a aussi le problème des eaux de ballast dont les navires de commerce se chargent pour ne pas avoir à naviguer à vide. Ils emportent ainsi dans leurs cales des centaines d’espèces marines qu’ils déversent une fois arrivés à destination. En France, 20 millions de mètres cubes d’eau sont déballastés chaque année dans les ports ! L’introduction d’espèces invasives est un phénomène étudié. En Bretagne, la crépidule a, depuis des années, prospéré. En Angleterre, des collègues nous ont confirmé que des noix de coco venues des Caraïbes s’étaient échouées récemment sur les côtes. Les bouleversements des courants marins liés au réchauffement climatique vont accentuer ces phénomènes. »

    Alors quelle réponse apporter à l’arrivée de ces espèces sur les côtes ? « Aux États-Unis et en Australie, des moyens sont depuis longtemps consacrés à la surveillance active des côtes et au ramassage, reconnaît Philippe Goulletquer. L’Europe a pris son temps mais commence à appliquer de nombreuses réglementations. » Et notamment la convention de l’Organisation maritime internationale (Omi) pour le contrôle des eaux de ballast qui date de… 2004. Le nettoyage des océans est encore trop coûteux. Pour l’heure, sur leur continent de plastique que rien ne semble empêcher de prospérer, les bio-envahisseurs ont trouvé un havre de paix.

    Source: www.ouest-france.fr - Auteure: Marie Carof-Gadel


    06/01/16 - La carpe asiatique: bientôt le poisson le plus commun des Grands Lacs

    C’est une invasion qui nous vient du Sud, qui remonte le Mississippi et qui arrive aux portes des Grands Lacs.

    La carpe asiatique, ce prédateur qui n’a pas d’ennemis naturels en Amérique, met en péril toute l’industrie des pêches des très grands bassins d’eau douce que sont les lacs Érié, Ontario, Huron, Michigan et Supérieur et aussi la baie Georgienne.

    D’ailleurs, si l’on se fie à une étude récente menée conjointement par des chercheurs canadiens et américains, il appert que la carpe asiatique deviendra sous peu l’espèce la plus commune des Grands Lacs.

    Six années de recherche, 300 millions de dollars investis

    Quand la « montaison » des carpes asiatiques a été identifiée dans le Mississippi et ses rivières tributaires vers Chicago il y a de cela six ans, le gouvernement américain a tiré la sonnette d’alarme.

    Depuis lors, 300 millions de dollars ont été investis avec de freiner et, idéalement, d’arrêter la carpe asiatique. Des barrières électriques ont été installées; on a même tenté de fermer un canal de navigation commerciale vers le lac Michigan, sans succès.

    On a maintenant capturé des carpes asiatiques tout près de la Pointe Pelée dans le lac Érié.

    Des modèles informatiques inquiétants

    Si les modèles de projection se réalisent, la carpe asiatique, en dévastant notamment les populations d’aloses et de ménés émeraudes, pourrait représenter d’ici quelques années plus du tiers de tous les poissons des Grands Lacs.

    Pourquoi sont-elles en Amérique?

    Plusieurs espèces de carpes asiatiques ont été importées au cours des années ’70 dans le but de nettoyer les bassins des fermes piscicoles et les étangs de décantation des eaux d’égout des villes du Sud des États-Unis.

    Ces poissons voraces mangent des tonnes d’algues. C’est au cours des inondations – notamment après le passage de l’ouragan Katrina – que certains individus se sont échappés dans le Mississippi et ses cours d’eau tributaires, notamment dans la rivière Illinois, cette dernière menant à un réseau de rivières et de canaux de la grande région de Chicago et qui mènent au lac Michigan.

    La carpe asiatique se nourrit de plantes et de petits poissons, affamant ainsi les autres espèces.

    Source: RCI (Radio-Canada Internationale) - Auteur: Raymond Desmarteau
    Voir la Fiche d'information émise par le Gouvernement canadien


    05/01/16 - On sait pourquoi le vrai King Kong est mort il y a un million d'années

    Le gigantopithèque, sans doute le plus grand singe de l'histoire de la planète, a disparu par manque de nourriture, révèle une étude.

    Les scientifiques ne l'appellent pas King Kong. Mais c'est pourtant bien lui. Le gigantopithèque, un primate qui mesurait deux à trois mètres de haut pour 200 à 500 kilos, a disparu de la surface de la Terre il y a un million d'années. Et on sait désormais pourquoi, grâce à une équipe de chercheurs qui dévoile ses résultats dans la revue Quaternary International.

    "Certains le présentent comme un orang-outan surdimensionné (…). Mais d'autres le dépeignent comme un gorille de couleur noire", explique Hervé Bocherens, chercheur de l'Institut Senckenberg de Francfort (Allemagne) et coauteur de l'étude.

    Un dessin de la taille présumée du gigantopithèque, comparée à celle d'un homme, publiée le 4 janvier 2016 par l'Institut Senckenberg.

    Un géant végétarien

    Les chercheurs ont étudié les restes de ce géant, qui se limitent à quatre mâchoires inférieures et "des centaines, voire des milliers de dents isolées", ajoute le scientifique. Les premières dents ont été trouvées dans les années 1930 parmi des "dents de dragon", vendues comme remède chez des apothicaires chinois.

    L'équipe internationale a étudié l'émail des dents de ces géants. Les "résultats indiquent que ces grands primates vivaient uniquement dans les forêts, y tirant leur nourriture". Et qu'ils étaient végétariens.

    Victime des changements environnementaux

    Pour les chercheurs, la taille du gigantopithèque et le fait qu'il se cantonnait à un seul type d'habitat ont entraîné son extinction. "En raison de sa taille, le gigantopithèque avait sûrement besoin d'une grande quantité de nourriture", estime Hervé Bocherens. Or, au Pléistocène – de 2,58 millions d'années à 9 600 ans avant notre ère –, beaucoup de zones boisées se sont transformées en savanes herbeuses, "fournissant une alimentation insuffisante pour le singe géant", souligne-t-il.

    Pourtant, des proches de ce grand singe, comme l'orang-outan, sont toujours là, alors qu'ils ne vivent, eux aussi, que dans les forêts. Mais ils possèdent un métabolisme lent et sont capables de survivre avec peu de nourriture.

    Source: www.francetvinfo.fr


    18/12/15 - Tanzanie: quatre Chinois condamnés à 20 ans de prison pour trafic de cornes de rhinocéros

    Dar es Salaam - Un tribunal du sud-ouest de la Tanzanie a condamné à 20 ans de prison quatre Chinois arrêtés début novembre en possession de onze cornes de rhinocéros alors qu'ils venaient d'entrer en Tanzanie en provenance du Malawi, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.

    "Les coupables ont été également condamnés à 800 dollars d'amende chacun, en plus de la peine d'emprisonnement" de 20 ans par le tribunal provincial de Mbeya, a déclaré à l'AFP le procureur Wankyo Simon.

    Song Lei, Xiao Shaodan, Chen Jianlian et Hu Liang, âgés de 29 à 33 ans, avaient été arrêtés début novembre dans la région de Mbeya, en tentant de franchir la frontière entre le Malawi et la Tanzanie.

    Ils avaient plaidé non coupables, affirmant qu'ils faisaient du tourisme et ne savaient pas qu’il y avait des cornes de rhinocéros à bord de leur véhicule. Ils peuvent faire appel de leur condamnation.

    Des centaines de rhinocéros sont tués chaque année pour leurs cornes, qui alimentent le marché clandestin de la médecine traditionnelle asiatique, notamment au Vietnam et en Chine, où l'on prête des vertus thérapeutiques - non prouvées scientifiquement - à la poudre de corne.

    L'Afrique du Sud abrite environ 20.000 rhinocéros, soit 80% de la population mondiale. Le braconnage y a explosé ces dernières années. En 2014, le pays a enregistré le pire massacre de son histoire avec 1.215 rhinos tués, la plupart dans le célèbre parc Kruger (nord-est).

    De nombreux spécialistes estiment que les chiffres de rhinocéros tués sont encore en-deçà de la réalité, car certaines carcasses ne sont pas retrouvées.

    Source: www.sciencesetavenir.fr avec l'AFP


    14/12/15 - En Nouvelle-Calédonie, les feux liés à El Nino détruisent la biodiversité

    La sécheresse due au phénomène climatique El Nino et le manque de civisme des habitants forment un duo explosif en Nouvelle-Calédonie, où les incendies ruinent l'environnement de ce point chaud de la biodiversité planétaire.

    Depuis le mois de septembre, plus de 9.000 hectares ont été dévastés par les flammes, tandis qu'une femme pilote et un mécanicien d'un hélicoptère bombardier d'eau (HBE) sont morts dans le crash de leur appareil début octobre.

    "Nous sommes confrontés à un des phénomènes El Nino les plus puissants depuis les années 1950", affirme à l'AFP Alexandre Peltier, météorologue de Météo France à Nouméa.

    Caractérisé par une augmentation anormale de la température des eaux du Pacifique-Est, le long des côtes de l'Amérique du Sud, El Nino se traduit sur le Caillou par une baisse de la pluviométrie et des alizés vigoureux.

    "Cela assèche les sols et stresse le couvert végétal", explique M. Peltier. En période El Nino, les pluies de la saison cyclonique, attendues en janvier-février, se font attendre ou sont moins abondantes.

    La multiplication des feux de forêt, dont la grande majorité est d'origine humaine, atteste de la disponibilité de la nature calédonienne à se transformer en brasier.

    "Le contexte est exceptionnel. On recense depuis septembre plus de 650 feux. Si ça devait durer encore deux ou trois mois, la situation serait extrêmement préoccupante", avertit Eric Backès, directeur de la Sécurité civile.

    Les pompiers sont épuisés et l'enveloppe, prévue par le gouvernement local pour financer les rotations des quatre HBE, est déjà à sec.

    Collectivité en cours de décolonisation, la Nouvelle-Calédonie a pris en 2014 le relais de l'Etat pour exercer la compétence de la sécurité civile. Préparée, la transition s'est faite en douceur mais les moyens sont insuffisants.

    Responsable du WWF (Fonds Mondial pour la Nature) dans l'archipel, Hubert Géraux estime que "l'urgence à court terme est l'envoi par la métropole d'un Canadair gros porteur (10.000 litres) et d'unités d'intervention de la sécurité civile".

    Le micro-endémisme en dange

    "Nos moyens techniques, humains et financiers sont insuffisants face à cette crise. La sécurité civile est obligée de faire des choix, en donnant la priorité à la protection des personnes et des biens", souligne ce défenseur de la nature.

    "Or, quand on laisse des incendies en évolution libre sur un +hot spot+ de la planète, on détruit sa biodiversité et sa ressource en eau", poursuit-il.

    Archipel de 18.600 kilomètres carrés, baigné par les eaux du Pacifique sud, la Nouvelle-Calédonie possède un des taux d'endémisme les plus élevés au monde.

    Avec les espèces envahissantes (cerfs, cochons sauvages, fourmis...) et l'exploitation minière, les incendies sont les fossoyeurs de la biodiversité.

    Aujourd'hui, il ne subsiste qu'1% de la superficie originelle de la forêt sèche et environ 30% de celle de la forêt humide.

    "L'impact des feux est surtout dramatique pour le micro-endémisme. En quelques heures, une espèce peut être rayée de la surface de la Nouvelle-Calédonie et de la terre!", s'alarme Hubert Géraux.

    C'est d'ailleurs ce qui est arrivé en 2005 à un arbuste observé sur un feu par un écologiste. Ayant photographié sa trouvaille, il avait sollicité des experts néo-zélandais.

    "Ils lui ont confirmé qu'il s'agissait d'une espèce nouvelle, mais elle n'a plus été revue, le feu a tout brûlé", raconte M. Géraux.

    L'impact est également dramatique pour la faune et particulièrement les oiseaux, dont la majorité des espèces niche en ce printemps austral.

    Une fois éteints, les feux poursuivent leur action mortifère. Sous l'effet du ruissèlement, les rivières des bassins versants brûlés charrient des apports terrigènes, qui asphyxient poissons et crustacés tandis que la ressource en eau se tarit, faute de sols capables de jouer leur rôle d'éponge.

    "Il faut une action globale mais j'ai peur que la Nouvelle-Calédonie se réveille trop tard", s'inquiète le responsable du WWF, une allusion aux Assises du feu en 2006 dont les conclusions sont restées lettre morte.

    Source: www.tvanouvelles.ca avec l'AFP - Auteure: Claudine Wery


    01/12/15 - Des baleiniers japonais en route vers l'Antarctique après un an de suspension

    Des baleiniers japonais ont pris la mer ce mardi à destination de l'Antarctique, a annoncé le gouvernement, après un an de suspension de ces expéditions qualifiées de "crime contre la nature" par les défenseurs de l'environnement.

    "Deux baleiniers ont quitté Shimonoseki (sud-ouest) avec un patrouilleur de l'agence ce matin, tandis que le bateau-mère a quitté un autre port. Un quatrième baleinier est parti d'un port du nord-est pour rejoindre la flotte", a déclaré mardi à l'AFP un responsable de l'agence gouvernementale japonaise chargée de la pêche.

    Des images télévisées montraient des responsables gouvernementaux et les familles des équipages faisant des signes de la main alors que les bateaux quittaient Shimonoseki, depuis longtemps un des principaux points de départ de la pêche à la baleine.

    "Une fois de plus, une flotte de baleiniers prend la mer pour commettre un crime contre la nature", a dénoncé dans un communiqué Claire Bass, directrice de l'organisation Humane Society International/UK.

    La consommation de baleine a une longue histoire au Japon, pays de pêcheurs où le cétacé a été chassé pendant des siècles mais où l'industrie baleinière n'a connu son essor qu'après la Seconde guerre mondiale, pour nourrir un pays affamé.

    Cependant, la dégustation de cette chair blanche ou rouge aux allures de filet de boeuf a fortement diminué au fur et à mesure que le Japon devenait une des économies les plus riches du monde.

    L'archipel avait été contraint de renoncer à la saison 2014-2015 de prises de cétacés après une décision en mars 2014 de la Cour internationale de justice (CIJ) qui, saisie par l'Australie, a jugé que le Japon détournait à des fins commerciales une activité présentée comme étant destinée à la recherche animale. Les baleiniers avaient certes pris la mer, mais sans harpons.

    Depuis, le Japon a soumis un nouveau programme à la Commission baleinière internationale (CBI), lequel prévoit de capturer 3.996 petits rorquals (ou baleines de Minke) en Antarctique dans les 12 prochaines années, soit 333 par saison contre environ 900 dans le cadre du précédent programme condamné.

    Le Japon chasse les baleines en divers lieux en exploitant une faille dans le moratoire mondial de 1986 qui tolère la recherche létale sur les mammifères. Mais Tokyo n'a jamais fait un secret du fait que la viande de l'animal marin finissait souvent dans les assiettes.

    De leur côté, les organisations de défense des animaux n'ont de cesse de dénoncer une activité qu'ils jugent cruelle. L'association écologiste Sea Shepherd a d'ores et déjà annoncé que son bateau, le Steve Irwin, qui est amarré à Melbourne (Australie), prendrait la mer dans la semaine pour empêcher "toute activité illégale".

    Source: TV5 Monde avec l'AFP


    Jeudi 26/11/15 - Afrique du Sud: le commerce intérieur de la corne de rhinocéros autorisé

    Un juge sud-africain a décidé jeudi de lever le moratoire sur la vente de corne de rhinocéros mis en place en 2009 pour lutter contre le braconnage qui décime l'espèce.

    «Le moratoire sur la vente de corne de rhinocéros sur le marché sud-africain est suspendu par le présent jugement», a annoncé le juge Francis Legodi au tribunal de Pretoria.

    La décision, qui tranche - provisoirement sans doute - un débat engagé depuis quelques années entre opposants et partisans de la légalisation, ne remet pas en cause le moratoire sur le fond mais estime que sa mise en place n'a pas suivi la bonne procédure.

    Des éleveurs sud-africains de rhinocéros avaient saisi la justice en septembre pour obtenir le droit de vendre légalement les cornes de ces animaux, estimant que cette mesure permettrait de porter un coup massif au braconnage.

    Cette décision du tribunal pourrait en effet pousser le gouvernement sud-africain à plaider pour une levée de l'interdiction mondiale du commerce de la corne, une mesure qui permettrait de mieux l'encadrer, lors du congrès de la Cites (Convention sur le commerce d'espèces sauvages menacées) qui doit se tenir l'an prochain à Johannesburg.

    «C'est un succès total, il n'y a plus d'interdiction de vendre de la corne de rhinocéros» en Afrique du Sud s'est félicité GF Heyns, l'avocat d'un des plaignants, à l'AFP.

    Depuis la mise en place du moratoire en 2009, le braconnage a explosé dans le pays qui abrite 80% des rhinos survivant dans le monde.

    En 2014, 1.215 rhinos ont été massacrés, pour la plupart dans le célèbre parc Kruger. Le trafic alimente un marché clandestin de la médecine traditionnelle asiatique, notamment au Vietnam et en Chine, où l'on prête des vertus thérapeutiques à la poudre de corne.

    «Le jugement signifie qu'il est légalement possible de vendre de la corne de rhinocéros en Afrique du Sud mais il faudra obtenir un permis», délivré par les services nationaux de protection de l'environnement, a expliqué à l'AFP Izak du Toit, l'avocat d'un des plaignants.

    «C'est désormais possible pour les acheteurs et les vendeurs de corne de demander un permis. Ce n'était pas possible avant aujourd'hui», a-t-il ajouté.

    «Nous devons étudier le contenu du jugement avant d'indiquer si nous allons faire appel ou nous», a réagi Roopa Singh, la porte-parole du ministère sud-africain de l'Environnement.

    Le gouvernement, dans les documents remis au tribunal pour justifier l'interdiction, avait cependant estimé que le moratoire constituait «un pas positif pour la protection des rhinos».

    Source: www.20minutes.fr avec l'AFP


    23/11/15 - Etats-Unis: Nola, l'un des quatre derniers Rhinocéros blancs du Nord, meurt au Zoo de San Diego

    Nola, femelle rhinocéros blanc de 41 ans, est mort ce dimanche au zoo de San Diego, en Californie (sud-ouest des Etats-Unis). Nola, qui était l’un des quatre derniers Rhinocéros blancs du Nord encore vivants, a dû être « euthanasiée et cela a été une décision difficile », a précisé le zoo dans un communiqué.

    L’animal, vivait au zoo depuis 1989, avait dû être opéré des suites d’une infection le 13 novembre et avait cessé de se nourrir depuis.

    Plus que trois Rhinocéros blancs au Kenya

    Avec la disparition de Nola, seuls survivent trois animaux de cette sous-espèce en danger critique d’extinction, victime du braconnage. Deux femelles et un mâle, subsistent dans un centre au Kenya, mais ils sont très âgés. Tandis que le dernier mâle susceptible de se reproduire est mort en 2014.

    Le Rhinocéros blanc du Nord (Ceratotherium simum cottoni) est une des deux sous-espèces du Rhinocéros blanc avec celle du Sud (Ceratotherium simum simum), et est originaire d’Afrique de l’Est et centrale. Deux sous-espèces dont la forme déjà éteinte à l’état sauvage.

    Source: www.20minutes.fr/planete avec agences


    22/11/15 - En Afrique du Sud, l'espoir des plantes qui résistent à la sécheresse

    Jill Farrant en est certaine, ses recherches peuvent changer l'avenir de l'Afrique. Cette scientifique sud-africaine assure que l'exploitation de plantes résistant à la sécheresse pourrait aider de nombreux agriculteurs à s'adapter au changement climatique et aux sécheresses à répétition.

    Depuis quelques années, elle concentre ses recherches sur le teff, une céréale d'Ethiopie utilisée comme aliment dans la région depuis des siècles.

    Elle espère la rendre plus résistante en y ajoutant des gènes issus de plantes poikilohydriques, qui peuvent endurer de longues sécheresses.

    "Si on a les financements, je pense que d'ici 10 à 15 ans on pourra obtenir un produit", espère cette professeur de biologie cellulaire et moléculaire de l'université du Cap.

    Plus de 130 variétés de ces plantes capables de survivre sans eau pendant plusieurs années sont connues dans le monde.

    Pendant une sécheresse, elles deviennent si sèches qu'elles semblent mortes.

    Mais quand la pluie arrive enfin, la fleur ratatinée revient subitement à la vie, redevenant verte et robuste en seulement quelques heures.

    Myrothamnus flabellifolius figure parmi les plus connues grâce à sa production d'antioxydants qui lui permet de se protéger des chaleurs extrêmes. Elle est même utilisée par le créateur Giorgio Armani pour la composition de ses produits cosmétiques.

    Jill Farrant, 55 ans, étudie le génome de ces plantes, espérant au final pouvoir aider des fermiers à mieux supporter les saisons de fortes chaleurs, sans pluie. "Les fermiers sont de plus en plus découragés, ces sécheresses sont en train de les tuer. Je veux subvenir à leurs besoins", explique t-elle à l'AFP.

    Cette fille de fermier se souvient de sa surprise lorsqu'elle a découvert pour la première fois à l'âge de 9 ans ces plantes qui semblent avoir le don d'immortalité. "J'ai écrit dans mon journal intime au sujet de cette plante qui était morte puis revenue à la vie après la pluie", raconte t-elle.

    En 1994, elle en fait son sujet d'étude et devient par la suite l'une des expertes mondiales dans ce domaine.

    S'adapter pour survivre

    De nombreux chercheurs craignent que l'Afrique soit de plus en plus frappée par le changement climatique, avec de hautes températures, des réserves d'eau en baisse et une démographie en hausse, autant de facteurs qui risqueraient d'accentuer les famines.

    Ces changements pourraient réduire de 30% les récoltes de maïs d'ici 2030, selon le Programme des Nations Unies pour l'Environnement.

    A l'occasion de la conférence mondiale COP21 sur le climat à Paris fin novembre, la pression s'accroît sur les pays du monde entier pour qu'ils limitent leurs émissions de gaz à effet de serre, afin d'empêcher une augmentation globale des températures sur Terre au-delà de 2° Celsius.

    Mais l'adaptation à cette nouvelle donne climatique est tout aussi importante pour la survie des populations.

    "Les sols, les récoltes, les systèmes d'élevage doivent avoir la capacité d'affronter les changements drastiques du climat", affirme Rattan Lal, professeur en sciences des sols à l'université de l'Ohio (Etats-Unis).

    "On devrait intégrer l'agriculture comme une partie de la solution à nos problèmes. Le problème est si important qu'on ne doit rien laisser de côté", ajoute t-il.

    Si ses recherches aboutissent, Jill Farrant rejoindrait les scientifiques les plus renommés qui ont permis de sauver des récoltes en exploitant les capacités spécifiques de certaines plantes.

    Ainsi, dans les années 70, le maïs américain avait été sauvé d'un champignon destructeur grâce à l'importation de gènes résistants trouvés dans d'autres variétés de maïs.

    Les experts rappellent cependant que de telles inventions ne mettront pas fin aux changements climatiques ni ne résoudront la faim dans le monde.

    "La sécurité alimentaire ne dépend pas que du climat, cela dépend des marchés, des prix et de l'accès à la nourriture pour les foyers", estime Jim Verdin, scientifique spécialiste de la sécheresse au centre d'études géologiques américain basé à Boulder dans le Colorado.

    Jill Farrant, qui a remporté un prix de l'Unesco pour les femmes scientifiques en 2012, pense néanmoins que son travail est un pas dans la bonne direction. "S'il ne pleut pas, tant pis, au moins leurs plantes ne mourront plus", assure t-elle. "Et au moment où il pleuvra enfin, alors elles seront prêtes à renaître".

    Source: TV5 Monde avec l'AFP


    16/11/15 - Le Kenya promet de détruire dans l'année tout son stock d'ivoire

    L'Agence de protection de la faune au Kenya (KWS) a promis lundi de détruire l'ensemble du stock d'ivoire du pays, provenant de plusieurs milliers d'éléphants et évalué à 137,4 tonnes.

    «Je suis absolument sûr» que ce stock sera détruit dans l'année à venir, a déclaré le président du KWS, le célèbre paléontologue et défenseur de la nature Richard Leakey, promettant un «événement très spectaculaire».

    Le président kényan Uhuru Kenyatta avait brûlé en mars à Nairobi 15 tonnes d'ivoire, le plus important volume jamais incinéré en Afrique.

    Il avait à cette occasion assuré que l'ensemble du stock du pays serait détruit d'ici la fin 2015. Mais M. Leakey a expliqué que la mise en oeuvre de ce projet avait pris plus que longtemps que prévu.

    3 820 éléphants morts

    Il a précisé que le poids moyen d'une paire de défenses était d'environ 36 kilos, ce qui signifie que le stock en possession du Kenya représenterait quelque 3.820 éléphants morts.

    Mais cette estimation est contestée par d'autres spécialistes, pour qui le poids des défenses est très inférieur. Cela voudrait dire que le nombre d'éléphants tués pourrait être bien plus important, voire deux fois supérieur.

    Le kilo d'ivoire en Chine et en Asie du sud-est se négocie à plus de 2.000 dollars (1.770 euros), ce qui signifie que le stock dont dispose le Kenya a une valeur marchande d'environ 280 millions de dollars (260 millions d'euros).

    Le braconnage des rhinocéros et des éléphants a explosé au Kenya, comme dans le reste de l'Afrique, depuis la fin des années 2000, dopé par la demande asiatique en corne de rhinocéros, à laquelle sont attribuées à tort des vertus médicinales, et en ivoire, recherché pour la fabrication d'objets décoratifs.

    Le KWS estime qu'il reste 38.000 éléphants et un millier de rhinocéros au Kenya, des données très optimistes selon certains défenseurs de la nature. Environ 30.000 éléphants sont tués en Afrique chaque année, selon l'ONU.

    Source: www.lemonde.fr avec l'AFP


    10/11/15 - Criminalité environnementale: profits faciles et faibles sanctions attirent les mafias

    Trafic d'espèces protégées et de déchets, pêche et déforestation illégales, les crimes contre l'environnement rapportent beaucoup pour des risques limités, au point de devenir la quatrième source de revenu du crime organisé.

    Montant total du butin: de 70 à 213 milliards de dollars par an, selon Cees Van Duijn, responsable de la sous-direction criminalité environnementale d'Interpol à l'origine d'une Conférence internationale intitulée «Sécurité et crimes contre l'environnement» organisée lundi et mardi à Nîmes.

    C'est pourquoi, dit-il, «la sécurité environnementale fait partie intégrante de la sécurité nationale».

    «Nous avons besoin d'attirer l'attention des policiers à travers le monde sur cette question et de les former», a assuré M. Van Duijn, en insistant sur les «convergences entre la criminalité environnementale et d'autres délits - meurtres, évasion fiscale, blanchiment d'argent».
    «A qui profite le crime?», à des groupes mafieux mais aussi à des gouvernements corrompus et à des entreprises, a répondu la sénatrice Leïla Aichi, lors de cette conférence.

    Mais pour l'élue écologiste (EELV), vice-présidente de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, «le trafic lié à la biodiversité alimente aussi les caisses de groupes terroristes» et de rebelles à travers le monde. Elle pointe également l'implication du «système de la finance internationale qui englobe aussi tout l'argent qui provient des délits qui sont commis contre l'environnement».

    Pour l'ex-ministre de l'Environnement Corine Lepage, il faut distinguer les «exécutants, pour qui c'est un problème de développement», les «mafias, qui sont des intermédiaires que nous avons laissés venir» et les «clients, qui sont souvent des entreprises», se débarrassant par exemple de déchets dangereux illégalement. Le tout, déplore-t-elle, sur fond de «laxisme généralisé».

    Corne de rhinocéros plus chère que cocaïne

    Certains groupes mafieux utilisent les délits commis contre l'environnement pour masquer d'autres activités illégales, comme ce groupe tchétchène dont l'activité principale était le trafic d'armes et de cocaïne et la «couverture» un trafic de déchets, explique le lieutenant-colonel Christophe Le Gallo, chef en second de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP).

    Pour le spécialiste du droit de l'environnement et de la santé Laurent Neyret, ces crimes «progressent à une vitesse inquiétante» et attirent de nombreux groupes mafieux car ils constituent des «machines à cash» alors que «le risque de poursuites et de sanctions est relativement faible». Le commerce illégal d'un kilo de poudre de corne de rhinocéros rapporte deux fois le prix d'un kilo de cocaïne. Mais aux États-Unis, par exemple, le premier délit est passible d'un maximum d'un an de prison contre 10 ans pour le second.

    Selon M. Neyret, «la criminalité environnementale met en péril non seulement la sécurité écologique mais elle menace également la sécurité économique, la sécurité sanitaire et sociale, la sécurité climatique et la sécurité géopolitique de régions entières».

    En matière de crimes contre l'environnement, «la question du développement est majeure», renchérit Mme Aïchi, citant l'exemple du delta du Niger, où l'exploitation du pétrole a induit une pollution à grande échelle qui a privé les agriculteurs de leur moyen traditionnel de subsistance, ou encore la Somalie, où la majorité des pirates sont des pêcheurs ou fils de pêcheurs qui ont vu disparaître les ressources halieutiques.

    «La notion de crime contre l'environnement est apparue quand la vie humaine a été réellement en jeu», a expliqué Mme Lepage, considérant la catastrophe industrielle meurtrière de Bhopal (Inde), en 1984 comme un «tournant en la matière». Mais le marché des crimes environnementaux étant lucratif et le droit lacunaire et peu appliqué en la matière, il est «incontournable», affirme l'ex-ministre, de créer un «tribunal pénal international de l'environnement et de la santé».les crimes contre l'environnement rapportent beaucoup pour des risques limités, au point de devenir la quatrième source de revenu du crime organisé.

    Source: _www.france24.com avec l'AFP


    08/11/15 - Quatre Chinois arrêtés avec 11 cornes de rhinocéros en Tanzanie

    La police tanzanienne a annoncé dimanche détenir quatre ressortissants chinois, arrêtés en possession de onze cornes de rhinocéros alors qu'ils venaient d'entrer en Tanzanie en provenance du Malawi.
    "Les quatre ressortissants chinois ont été arrêtés" vendredi matin à Mbeya (sud de la Tanzanie) alors qu'ils venaient de traverser la frontière, indique un communiqué de la police tanzanienne en swahili, qui souligne que les 11 cornes de rhinocéros étaient dissimulées sous le châssis de leur véhicule.

    "L'enquête se poursuit et les suspects comparaîtront bientôt devant un juge", indique le communiqué du commandement de la police de Mbeya.

    Toujours selon le communiqué, le suspects sont âgés de 29 à 33 ans.

    Des centaines de rhinocéros sont tués tous les ans pour leurs cornes, très prisées sur le marché asiatique, surtout en Chine et au Vietnam, en raison de leurs vertus médicinales supposées mais non prouvées.

    C'est en Afrique du Sud, où il reste environ 20.000 spécimens, soit 80% de la population mondiale, que sont massacrés le plus de rhinocéros. Selon les statistiques officielles, 1.215 rhinocéros y ont été tués par des braconniers en 2014.

    De nombreux spécialistes estiment que les chiffres de rhinocéros tués sont encore en-deçà de la réalité car certaines carcasses ne sont pas retrouvées.

    Source: www.7sur7.be avec Belga


    05/11/15 - Brésil: découverte de deux espèces d'amphibiens éteintes il y a des millions d'années

    Des scientifiques ont trouvé au Brésil deux espèces jusqu'ici inconnues d'amphibiens qui vécurent il y a 278 millions d'années, une découverte qui pourrait permettre de mieux comprendre comment les animaux réagissent au changement climatique, a annoncé jeudi le Musée d'histoire naturelle de Londres. Les fossiles de ces créatures présentant des ressemblances avec les salamandres ont été découverts, en même temps que le plus ancien squelette de reptile jamais retrouvé en Amérique du Sud, par une équipe internationale de scientifiques britanniques, argentins et allemands, notamment.

    Cette découverte, publiée dans le journal Nature, « comble un fossé géographique important dans notre connaissance de l'évolution et de l'adaptation des amphibiens, un groupe de plus en plus menacé de nos jours par le changement climatique », explique dans un communiqué le Musée d'histoire naturelle. Les deux espèces découvertes sont des amphibiens aquatiques, baptisés « timonya annae » et « procuhy nazariensis ». Le premier était une créature à crocs de 40 cm de long et ressemblait à un croisement entre une salamandre mexicaine actuelle et une anguille. Procuhy nazariensis aurait eu une taille similaire.

    Cette découverte est d'autant plus « remarquable », a souligné la paléontologiste Martha Richter, que les connaissances sur les quadrupèdes vertébrés de cette période étaient jusqu'à présent surtout limitées à l'Amérique du Nord et à l'Europe de l'Ouest.

    La scientifique, coauteur de l'étude et responsable des fossiles vertébrés au Musée d'histoire naturelle, a estimé que timonya annae et procuhy nazariensis permettraient d'améliorer les connaissances sur la manière dont les animaux s'adaptent aux changements environnementaux rapides. « Plus de 90 % des espèces sur Terre se sont éteintes à la fin du Permien il y a 253 millions d'années alors que les conditions étaient devenues inhospitalières à travers le monde », a-t-elle expliqué. « Comprendre comment étaient constituées les espèces éteintes et comment elles ont évolué à travers le temps peut nous aider mieux prévoir » les conséquences du changement climatique, a souligné Martha Richter.

    Source: www.lepoint.fr/science avec l'AFP


    03/11/15 - Plus de la moitié des antilopes saïgas ont disparu en moins d’un mois

    Le nombre d’antilopes saïgas disparues au Kazakhstan pourrait être bien plus important que prévu. En mai, le Programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP) annonçait que plus de 120 000 individus de cette espèce menacée d’extinction avaient été trouvés morts en deux semaines.

    Mais Steffen Zuther, cité par le New York Times, a procédé à un comptage avec ses collègues de la société zoologique de Francfort. Et les scientifiques estiment désormais qu’au moins 211 000 saïgas, soit la moitié de l’espèce, ont disparu en mai.

    Lors d’une conférence scientifique en Ouzbékistan, à la fin d’octobre, le Dr Richard A. Kock, de l’université vétérinaire royale de Londres, a affirmé que l’espèce pourrait s’éteindre complètement en une année si les déclencheurs météorologiques sont déjà trop étendus.

    Orages et stress climatique

    Cette mortalité de masse est en effet due à une « combinaison de facteurs biologiques et écologiques », expliquaient en mai les experts du secrétariat de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS) qui a dépêché une mission au Kazakhstan.

    Les animaux ont été tués par une maladie infectieuse causée par des bactéries du type Pasteurella ou Clostridium, selon les experts de la CMS. Des bactéries bénignes portées par l’animal au museau ressemblant à une courte trompette mais qui se transforment en bactéries mortelles dans son système immunitaire déjà affaibli par des facteurs écologiques.

    Toxines chimiques, radiations, plantes empoisonnées… Les scientifiques ont écumé la région pour comprendre ce qui avait pu affaiblir les antilopes, précise le New York Times. Sans succès. Nombre d’entre eux suspectent désormais la météo, particulièrement orageuse pour un mois de mai dans cette région, d’avoir accentué la mortalité au sein de l’espèce.

    D’autres études estiment que le stress causé par un brusque changement de climat a également pu affaiblir les saïgas, et laisser la Pasteurella et d’autres bactéries faire des ravages.

    En 1993, la population des saïgas, qui vivaient dans les steppes du Kazakhstan, dans l’ouest de la Mongolie et en Russie près de la mer Caspienne, était estimée à un million d’individus, avant de chuter de manière catastrophique. Les autorités du Kazakhstan se félicitaient jusqu’ici d’avoir réussi à porter la population de cette antilope de quelque 20 000 têtes en 2003 à plus de 250 000 en 2013.

    Source: www.lemonde.fr/biodiversite


    03/11/15 - Mer de Chine méridionale: des espèces de poissons menacées

    Plusieurs espèces de poissons sont en voie d'extinction en mer de Chine méridionale, en raison de la surpêche due à un appétit croissant pour les poissons et fruits de mer, ont averti mardi des experts.

    L'absence de coopération entre les pays qui revendiquent des droits sur cette mer, ses récifs et ses affleurements rocheux, contribue également à ce phénomène, ont indiqué ces experts lors d'une conférence de presse à Hong Kong.

    Selon leur étude, certaines espèces ne sont plus qu'à 5 % de leur niveau des années 50.

    Plusieurs d'entre elles, comme le mérou corail ou le labre géant, ont décliné de 80 % au cours des huit dernières années, a ajouté cette étude.

    «La mer de Chine du Sud-Est (...) menacée de différentes parts. Nous devons faire quelque chose», a déclaré Rashid Sumaila, directeur de l'unité de recherche économique sur la pêche de l'Université de British Columbia.

    «Le plus effrayant est le niveau du déclin que nous avons constaté au cours des dernières années», a ajouté l'universitaire, qui a dirigé l'étude, lors de la conférence de presse. Il a averti que certaines espèces étaient en voie d'extinction.

    M. Sumaila a ajouté que les querelles politiques affectaient également les stocks de poissons.

    Pékin revendique la souveraineté de la plus grande partie de la mer de Chine méridionale, carrefour de routes maritimes stratégiques, et dont certaines zones sont également disputées par le Vietnam, la Malaisie, les Philippines et le Sultanat de Brunei.

    «Quand il n'y a pas de coopération, tout le monde fait la course pour le poisson parce que vous pensez que si vous ne l'attrapez pas, un autre (pays) le fera», a-t-il dit.

    L'ONG environnementale WWF avait averti en septembre que les populations d'animaux marins (mammifères, oiseaux, reptiles et poissons) avaient chuté de moitié depuis les années 1970 du fait de la surpêche, de la pollution et du changement climatique.

    Source: www.lapresse.ca/environnement avec l'AFP


    28/10/15 - Aux Seychelles, comme à La Réunion en 2014, la surmortalité de poissons inquiète

    Tous les jours des poissons morts s’échouent sur les plages de Mahé, Praslin et Cousin. Le

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