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    26/09/18 - Une zone de vie gigantesque découverte sur Mars

    Il y a quelques milliards d’années, la Planète rouge possédait des conditions convenables pour permettre la vie de microorganismes recevant de l’énergie à l’aide de l’oxydation de différentes matières inorganiques, estiment des spécialistes américains.

    Alors que la question de la possibilité de la vie sur Mars continue à éveiller la curiosité de la science, des chercheurs américains de l'Université Brown ont découvert qu'il y a quelques milliards d'années, la Planète rouge possédait des conditions convenables pour permettre l'existence de différents microorganismes puisant leur énergie dans l'oxydation de matières inorganiques, relate le portail Science Alert.

    Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont analysé les données obtenues par un appareil spatial Mars Odyssey. Ainsi, ils ont détecté dans les roches des éléments radioactifs tels que le thorium et le potassium. Compte tenu de la période de demi-destruction, les planétologues ont pu établir en quelle quantité le thorium, le potassium, l'uranium étaient présents dans la croûte de la Planète rouge il y a quatre milliards d'années.

    Il s'est donc avéré que ces éléments radioactifs étaient suffisants pour la radiolyse de l'eau et la décomposition des molécules par des rayonnements ionisants.

    Les spécialistes ont également appris que la croûte martienne contenait une vaste zone, potentiellement viable pour des microorganismes. Son épaisseur atteint quelques kilomètres. Lors de la radiolyse, une quantité suffisante d'hydrogène pourrait avoir été dégagée dans cette zone pour permettre l'existence des endolithes qui peuvent survivre au sein des roches pendant des centaines de milliers d'années.

    Source: fr.sputniknews.com


    Mercredi 22/08/18 - La présence de glace sur la surface lunaire confirmée

    Des scientifiques de la Nasa expliquent avoir découvert de la glace aux pôles nord et sud de la Lune.

    On savait déjà qu'il y avait beaucoup d'eau sur la Lune, notamment en sous-sol, mais des scientifiques de la Nasa ont confirmé mardi la présence d'eau glacée en surface, la rendant potentiellement disponible pour de futurs astronautes.

    La glace se trouve aux pôles nord et sud du satellite naturel de la Terre, dans des cratères où les rayons du soleil ne pénètrent pas. La température n'y dépasse jamais environ -150 degrés Celsius. Cette observation, publiée en détails dans la revue scientifique américaine PNAS, s'ajoute à plusieurs études passées sur la présence d'eau sur la Lune.

    Une future "ressource"

    "Avec suffisamment de glace à la surface, sur quelques millimètres, l'eau pourrait peut-être devenir une ressource pour les futures expéditions d'exploration ou de séjour sur la Lune, potentiellement plus facile d'accès que l'eau détectée sous la surface lunaire", avance la Nasa.

    Les chercheurs ont obtenu la preuve grâce à un instrument envoyé en 2008 à bord d'une sonde indienne, et qui a mesuré directement la façon dont les molécules de glace absorbaient la lumière infrarouge. "C'est la première fois que des scientifiques obtiennent une preuve irréfutable de la présence d'eau glacée à la surface", explique l'auteur principal, Shuai Li, de l'Institut de géophysique et de planétologie d'Hawaï.

    L'homme de retour sur la Lune ?

    Selon lui, la seule manière de savoir si cette eau est exploitable pour l'homme est d'envoyer des robots afin de prélever des échantillons. La Nasa a comme projet de renvoyer des humains sur la Lune, pour la première fois depuis décembre 1972.

    En 2008 déjà, des chercheurs avaient trouvé des molécules d'eau à l'intérieur de magma ramené plusieurs décennies auparavant par des astronautes des missions Apollo dans les années 1960. L'an dernier, des chercheurs avaient conclu que les profondeurs de la Lune étaient riches en eau, sur la base de données satellitaires. L'eau est également présente sur Mercure et Mars. Un lac souterrain d'eau liquide a récemment été détecté sur la planète rouge.

    Source: www.lexpress.fr avec l'AFP


    17/08/18 - La NASA lance une mission sous-marine sur Terre pour mieux aller dans l’espace

    La NASA est sur le point de lancer un sous-marin dans les profondeurs de la mer d’Hawaï, au mont océanique volcanique Lo'ihi, pour perfectionner ses équipements et ses connaissances en vue de missions extra-planétaires. La mission SUBSEA sera lancée le 20 août 2018.

    Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les profondeurs de l’espace et de les fonds marins ont beaucoup de similarités. Fort logiquement donc, l’agence spatiale américaine (NASA) développe de nombreux projets sur et sous terre pour être préparée au mieux à de futures missions spatiales.

    La mission SUBSEA (Systematic Underwater Biogeochemical Science and Exploration Analog) en est l'illustration. A l’aide d’un sous-marin, qui sera lancé le 20 août 2018, les scientifiques chercheront à explorer les systèmes hydrothermaux des volcans sous-marins. La cible de la mission est une formation sous-marine au large des côtes d’Hawaï, le mont océanique Lo'ihi.

    Ces formations présentent des caractéristiques très intéressantes pour les chercheurs. Elles ont la particularité d’atteindre des centaines de degrés lorsque le matériau volcanique remonte pour rencontrer l’eau. Ces environnements sont pauvres en oxygène et en lumière mais malgré ces conditions inhospitalières, des organismes, des colonies bactériennes, et autres crustacés peuvent se développer.

    Ces endroits particuliers pourraient, d’après la NASA, ressembler beaucoup à ce que nous pourrions trouver sur les autres mondes océaniques de notre système solaire tels que les lunes Europa de Jupiter ou Encelade, celle de la planète Saturne. Les données récoltées lors de la mission pourraient également être utiles pour explorer une autre lune de Saturne, plus grosse et plus connue, Titan, qui présente des corps liquides d’hydrocarbure à sa surface.

    Ces perspectives ont déterminé les objectifs de la mission SUBSEA. Tout en cherchant des données sur les environnements précédemment décrits, et donc ressemblant à ce que l’on pourrait trouver dans l’espace, les scientifiques évalueront également les meilleures façons de mener une mission scientifique à distance en vue de rationaliser l’exploration spatiale future.

    En 2019, la NSA lancera une mission similaire avec une contrainte technique supplémentaire. L’équipe imposera un délai de communication de 24 minutes entre le sous-marin et la surface pour simuler ce que pourrait constituer les conditions réelles de communication entre la Terre et une mission spatiale sur Mars. Les résultats obtenus pourraient ainsi avoir des répercussions sur les explorations humaines à court terme comme la Lune et Mars.

    Le développement des technologies sous-marines a particulièrement été développé lorsque la mission Cassini de la NASA, proche de Saturne a découvert un panache d’eau jaillissant sous la surface glacée d’Encelade.

    Les caractéristiques de ce panache, soit la température, la pression et la composition, suggèrent la présence d’une activité hydrothermale. Les scientifiques pensent que ces lunes sont de bons endroits où chercher la vie potentielle. En effet l’interaction de l’eau avec la roche sur le fond marin pourrait produire des réactions chimiques qui rendraient possible le métabolisme microbien.

    Malheureusement le projet d’envoyer un sous-marin sur Encelade ou Europe n’est pas prévu dans l’immédiat. La NASA enverra sa première mission dédiée à Europa dans les années 2020. Il s’agira néanmoins de sondes. De plus forer sous la coquille de glace de plusieurs kilomètres d’épaisseur n’est pas une mince affaire. En tout cas jusqu’à ce nous trouvions un site d’atterrissage idéal.

    Source illustrée: www.usinenouvelle.com


    14/08/18 - Une météorite sibérienne révèle un nouveau minerai jamais vu sur Terre

    Lorsque ces chercheurs d’or en Russie collectaient la pierre jaunâtre en 2016, ils pensaient qu’elle pourrait contenir un métal précieux. Mais ce qu’elle a révélé est en fait beaucoup plus rare. La roche vient de l’espace, et contient un nouveau minéral jamais vu auparavant.

    Il n’a pas encore été officiellement documenté, mais les scientifiques l’ont baptisé « uakitite », d’après la région d’Uakit en Sibérie, où la météorite est tombée. Les géologues de l’Université fédérale de l’Oural, de l’Université d’État de Novossibirsk et de l’Institut géologique de l’Académie russe des sciences ont récemment dévoilé leur découverte lors de la réunion annuelle de la Société météorologique à Moscou.

    Les inclusions du nouveau minéral dans la météorite Uakit sont microscopiques. La météorite est en effet principalement constituée de fer – 98 % de kamacite, un alliage fer-nickel contenant au moins 90 % de fer. Le reste se constitue de plus d’une douzaine de minéraux, dont la plupart ne sont connus que pour se former dans l’espace. Et la composition est telle que ces minéraux ont dû se former dans des conditions extrêmement chaudes – plus de 1 000°C.

    Et puis il y a l’uakitite. Ses inclusions ne mesuraient que 5 micromètres. À titre de référence, le cheveu humain moyen a un diamètre de 99 micromètres. Ces petits morceaux de minéraux sont donc minuscules, trop pour une analyse directe. « Malheureusement, nous n’avons pas réussi à obtenir toutes les propriétés physiques et optiques de l’uakitite en raison des très petites tailles des grains », notent les chercheurs.

    Mais ils ne sont pas non plus revenus bredouilles. Les scientifiques expliquent en effet avoir pu déterminer que l’uakitite présentait des similitudes structurelles communes avec deux autres minéraux : la carlsbergite et l’osbornite. Forgés dans l’espace, ils sont tous les deux des nitrures contenant de l’azote. Les géologues ont également pu utiliser une technique appelée diffraction par rétrodiffusion d’électrons pour obtenir des données structurelles sur trois des cristaux d’uakitite. Il en ressort que le minerai présente une dureté de 9-10 sur l’échelle de Mohs. Seul le diamant fait mieux.

    Source: sciencepost.fr - Rédaction: Brice Bouvet avec www.sciencealert.com


    04/08/18 - Il pourrait y avoir bien plus de planètes habitables que ce que nous pensions

    Selon une équipe de chercheurs américains de la Penn State University, il pourrait y avoir plus de planètes habitables dans l’Univers que ce que nous pensions. Leur déduction s’est faite en soulignant que la tectonique des plaques – longtemps supposée être une condition pour la vie – n’est finalement pas nécessaire.

    Lors de la recherche de planètes habitables, les scientifiques recherchent des biosignatures de dioxyde de carbone atmosphérique. Sur Terre, celui-ci augmente la chaleur de la surface grâce à l’effet de serre, mais le carbone retombe également dans le sous-sol – puis retourne dans l’atmosphère par des processus naturels. « Le volcanisme libère des gaz dans l’atmosphère, puis, par l’action des intempéries, le dioxyde de carbone est extrait de l’atmosphère et séquestré dans les roches superficielles et les sédiments », explique Bradford Foley, principal auteur de l’étude à paraître dans le prochain numéro d’Astrobiology. « L’équilibre de ces deux processus maintient le dioxyde de carbone à un certain niveau dans l’atmosphère, le climat reste ainsi tempéré et adapté à la vie ».

    La plupart des volcans de la Terre se trouvent à la frontière des plaques tectoniques. C’est pourquoi les chercheurs pensaient que ces plaques étaient indispensables à la vie. Notons par ailleurs que la subduction – une plaque est poussée plus profondément dans la subsurface par une plaque de collision – peut également contribuer au cycle du carbone en poussant le gaz volatil dans le manteau.

    Sur les planètes sans plaques tectoniques, la croûte se présente comme une plaque géante et sphérique flottant sur le manteau. Ces mondes semblent plus abondants que les planètes à tectonique des plaques. En fait, la Terre est la seule planète confirmée avec des plaques tectoniques.

    Les chercheurs ont ici créé un modèle informatique du cycle de vie d’une planète. Ils ont examiné la quantité de chaleur que son climat pouvait retenir en fonction de son budget thermique initial, ou de la quantité de chaleur et d’éléments thermiques présents lors de la formation d’une planète. Certains éléments produisent de la chaleur lorsqu’ils se désintègrent. Sur Terre, l’uranium en décomposition produit du thorium et de la chaleur, et le thorium en décomposition produit du potassium et de la chaleur.

    Après avoir effectué des centaines de simulations pour faire varier la taille et la composition chimique d’une planète, les chercheurs ont découvert que les planètes sans plaques peuvent effectivement maintenir des conditions d’eau liquide pendant des milliards d’années. Au plus haut niveau, elles pouvaient soutenir la vie jusqu’à 4 milliards d’années – soit la durée de vie de la Terre à ce jour.

    « Vous avez encore du volcanisme sur les planètes stagnantes, mais il est beaucoup plus restreint que sur les planètes à tectonique des plaques, car il n’y a pas autant de cycle », écrivent les chercheurs. « Les volcans se traduisent par une succession de coulées de lave, qui sont enterrées comme des couches d’un gâteau au fil du temps, les roches et les sédiments se réchauffant de plus en plus profondément ».

    Les chercheurs notent qu’à une chaleur et une pression suffisamment élevées, le dioxyde de carbone pourrait effectivement s’échapper des roches et atteindre la surface.

    Source: sciencepost.fr - Rédaction: Brice Louvet avec m.phys.org


    26/07/18 - Découverte d'un lac souterrain sur Mars - Ce que l'on sait

    La découverte de ce réservoir de 19 kilomètres de diamètre pourrait permettre de résoudre un des grands mystères de la Planète rouge.

    L'eau liquide et fraîche est présente en abondance sur les lunes aux abords du système solaire, mais elle s'est avérée étonnamment difficile à trouver sur Mars - jusqu'à aujourd'hui.

    Les balayages radar de la planète rouge suggèrent qu’un réservoir stable d’eau salée et liquide mesurant environ 19 kilomètres de diamètre se trouverait non loin du pôle sud de Mars. Et ce lac souterrain n'est sans doute pas le seul.

    « Il existe d'autres espaces qui semblent être similaires. Il n’y a aucune raison de dire que ce lac est unique », explique Elena Pettinelli de l’université italienne Roma Tre, co-auteur de l'étude qui rapporte la découverte parue hier dans la revue Science.

    Si elle était confirmée, l'existence de cette poche d'eau souterraine pourrait livrer plusieurs indices sur l'emplacement des anciens océans martiens et constituer une véritable ressource naturelle pour les futurs colonies humaines. Encore plus enthousiasmant pour les astrobiologistes, une telle étendue d'eau liquide pourrait être l'habitat naturel idéal pour les formes de vie extraterrestres .

    « Dans les environnements similaires que nous connaissons sur Terre, en Antarctique, il y a des bactéries » indique Pettinelli. « Ils peuvent survivre même dans les couches de glace profondes. »

    Un passé aqueux

    Il y a des milliards d'années, Mars était probablement une planète chaude et couverte de mers comme la Terre sa voisine. Mais la planète rouge que nous pouvons observer aujourd'hui est un désert toxique et desséché. Pendant des décennies, les scientifiques ont tenté de déchiffrer ce que l’eau, autrefois abondante, avait pu devenir.

    Les scientifiques ont déjà trouvé de l'eau sur Mars à plusieurs reprises, mais celle-ci est généralement éphémère ou inaccessible, planant dans l'atmosphère, enfermée dans du pergélisol ou des calottes polaires, ou s'infiltrant parfois dans les cratères. Et les quantités que nous avons trouvées ne correspondent pas tout à fait aux anciennes mers martiennes.

    « Nous savons qu'il y avait beaucoup d'eau à la surface de Mars, mais à date nous ne pouvons pas évaluer les quantités », indique Bobby Braun de l'Université du Colorado. Les scientifiques ont donc émis l’hypothèse qu’une partie de l’eau manquante pourrait être piégée dans des aquifères souterrains contenant de vastes réserves d'eau liquide.

    « Il va maintenant falloir expliquer tout ça »

    Ceci étant, les Hommes n'ont lancé des engins spatiaux capables de détecter les réserves d'eau souterraines qu'au début des années 2000.

    L'un d'entre eux, le vaisseau spatial Mars Express de l'Agence spatiale européenne, est en orbite autour de Mars depuis 2003 ; transportant à son bord un instrument appelé MARSIS, qui utilise des impulsions radar pour sonder la subsurface martienne. Il envoie des ondes radio basse fréquence en direction de la planète, qui s'enfouissent sous le sol jusqu'à ce qu'elles rebondissent sur des structures géologiques. En étudiant comment ces ondes sont renvoyées vers le vaisseau spatial, les scientifiques peuvent en déduire ce qui pourrait se trouver sous la surface de la planète.

    En 2008, l'équipe de MARSIS a perçu des lueurs brillantes près du pôle sud de la planète, dans une zone où les calottes gelées sont empilées les unes sur les autres. Sur Terre, les réflecteurs radar les plus brillants sont des bassins d’eau salée. L’équipe a donc décidé de mener un examen plus approfondi de la région.

    Après quelques années de collecte de données qui ne se sont pas avérées réellement utiles, l'équipe a finalement commencé à collecter suffisamment d'observations en 2012 pour avoir une première vue d'ensemble. À partir de là, il a fallu 3 ans et 29 sondes spatiales avant que les scientifiques aient suffisamment d'informations pour travailler.

    « Nous savions qu'il y avait quelque chose là-bas et nous étions curieux de savoir de quoi il s'agissait », se souvient Pettinelli. « Et nous nous sommes obstinés pour analyser ces données. »

    Le tri des données MARSIS n’a pas été facile. Au cours des deux années suivantes, l'équipe a compilé et traité les observations et a travaillé très dur, considérant toutes les possibilités, comme par exemple l'existence de couches plus profondes de glace carbonique.

    Finalement, en comparant les modèles de réflection observés sur Mars avec ceux observés sur Terre, les scientifiques ont su qu’ils avaient trouvé là un lac sous-glaciaire. D'une profondeur de quelques mètres, le lac contiendrait, selon l'équipe de chercheurs, divers sels qui aideraient à maintenir l'eau sous sa forme liquide, même à des températures extrêmement basses.

    « C'est l’espace. Il ne coopère pas »

    L'équipe de Mars Express compare ces gisements d'eau aux lacs nichés sous les calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique, parfois énormes et plus que capables d'accueillir la vie telle que nous la connaissons.

    Mais tout le monde n'est pas convaincu que le « lac » martien soit bel et bien un lac. Même selon l’équipe de chercheurs, il pourrait plutôt s’agir d’un dépôt de boue humide, plus proche de sédiments boueux que d’une poche remplie d'eau liquide. Pour Elena Pettinelli, déterminer la nature exacte de la structure nécessitera l'usage d'un instrument différent.

    « Nous ne pouvons pas choisir entre l'un ou l'autre. Nous n’avons pas assez d’informations pour dire qu’il s’agit d’un lac ou d’une formation géologique comme un aquifère », dit Pettinelli. « Un lac serait plus intéressant. »

    Du moins si l'on suppose que le lac soit bien là où on l'imagine.

    « Nous ne voyons pas ce réflecteur », déclare Bruce Campbell, du Musée national de l’air et de l’espace de Smithsonian, membre de l’équipe exploitant un instrument similaire appelé SHARAD sur la sonde Mars Reconnaissance Orbiter de la NASA.

    MRO est en orbite autour de Mars depuis 2006, balayant son radar sur de vastes étendues de paysages extraterrestres, y compris de nombreux passages au-dessus des dépôts stratifiés du pôle sud, et il n’a rien trouvé qui ressemble de près ou de loin à un réservoir.

    C'est probablement dû au fait que le radar du MRO utilise différentes longueurs d’ondes qui sont dispersées par la glace polaire avant qu’elles n’atteignent la profondeur du réservoir potentiel, explique Jack Holt de l’Université d’Arizona. Cependant tout ce qui est aussi réfléchissant qu'un lac liquide devrait être identifiable par SHARAD.

    « L'eau salée est probablement le réflecteur radar le plus puissant que vous puissiez trouver, si on exclut le métal », explique-t-il. « Un lac [d'eau salée] aurait un reflet lisse, semblable à un miroir, qui apparaîtrait probablement à SHARAD [mais] s'il est saturé de sédiments, il pourrait s'agir d'une surface plus rugueuse et donc plus facile à distinguer pour SHARAD. »

    Dire que les scientifiques sont impatients de confirmer ces résultats, y compris ceux de l’équipe MARSIS, serait un euphémisme.

    « Je pense qu'il était judicieux d'écarter aussi souvent cette idée, en ce sens que nous avons essayé de nier la possibilité qu'il puisse s'agit d'eau à plusieurs reprises », estime Elena Pettinelli. « Nous sommes donc tout à fait convaincus, et nous espérons être confortés à l’avenir par d’autres données. »

    De l’hydrogène, de l’oxygène, une source de chaleur

    En supposant qu'elle soit bel et bien là, cette petite poche d'eau salée pourrait permettre de résoudre le mystère des océans martiens disparus et sur le cycle hydrologique de la planète.
    « On a l'intuition qu'il y a des sédiments très humides aux pôles de Mars, ou une poche d'eau liquide », explique Nathalie Cabrol de l'institut SETI. « C'est là que vous vous attendez à trouver ce réservoir »,

    Les travaux de Nathalie Cabrol sur Terre, relatifs aux plans d’eau dans les milieux hostiles, comprennent l’étude d'environnements analogues.

    Si c'est avéré, « ce serait un endroit très problématique, car le lac se trouverait sous les régions placées sous protection planétaire », note-elle, faisant référence aux règlements des Nations Unies visant à empêcher la contamination interplanétaire des environnements habitables.

    Le nouveau réservoir est aussi le genre de ressources qui intéresseraient les Hommes voulant s'installer sur Mars dans un futur proche.

    « Je pense qu'il est très improbable que les premiers Hommes sur Mars installent leur colonie à plusieurs kilomètres sous la surface », explique Braun, conseiller sur la série MARS de National Geographic et ancien technologue en chef de la NASA.

    « Mais je pense qu'il est probablement vrai que s'il s'agit bien d'un lac, d'autres étendues d'eau comme celle-ci se trouvent sans doute plus près de la surface. Et si nous avions la certitude qu'il y avait de grandes étendues d'eau à plusieurs mètres sous la surface », cela faciliterait la planification d’un camp de base.

    Source: www.nationalgeographic.fr/espace - Rédaction: Nadia Drake


    10/07/18 - Israël veut lancer un engin sur la lune

    Une association privée israélienne a annoncé ce mardi le lancement d'un engin sur la Lune en décembre 2018. Le coût du projet avoisine les 100 millions de dollars.

    En Israël, les regards sont tournés vers la lune. Une association privée israélienne a annoncé mardi qu'elle projetait de lancer pour la première fois un engin spatial vers la lune. Si tout se déroule comme prévu, un vaisseau inhabité de 585 kilos sera lancé en décembre par une fusée de SpaceX, la société de l'entrepreneur américain Elon Musk, et se posera sur la lune le 13 février 2019, ont indiqué les organisateurs.

    L'association privée israélienne qui annonce le futur lancé, espère illustrer les prouesses de l'État hébreu dans la haute technologie.

    Planté de drapeau et recherches

    La première tâche de l'engin robotisé sera de planter un drapeau israélien sur la lune, ont-ils ajouté. Il doit notamment effectuer des recherches sur le champ magnétique de la lune.

    Le projet a été lancé initialement dans le cadre d'un prix que devait décerner Google en 2010, qui proposait 30 millions de dollars (25 millions d'euros) de récompense pour inciter des scientifiques et des entrepreneurs à mettre au point des missions lunaires à un coût relativement faible.

    Trois jeunes scientifiques israéliens, Yariv Bash, Kfir Damari et Yonatan Winetraub, ont décidé de se porter candidats. Le trio a constitué SpaceIL et s'est associé à Israel Aerospace Indutries (IAI), le plus grand groupe public israélien, pour concevoir un très petit vaisseau capable de se poser sur la lune en 2013.

    95 millions de dollars

    Le prix n'a finalement pas été décerné mais les jeunes Israéliens ont persévéré. C'est alors qu'un personnage important a croisé la route de SpaceIL: le milliardaire israélien d'origine sud-africaine Morris Kahn.

    "J'ai pensé qu'il s'agissait d'une grande idée et je leur ai demandé: 'Vous avez de l'argent?', a raconté Morris Khan. Le milliardaire leur a d'abord accordé une aide de 100.000 dollars puis sa contribution n'a cessé de croître au point de financer la majeure partie des 95 millions de dollars du projet.

    Pour Morris Khan, le fait qu'Israël atteigne la lune, comme les États-Unis, la Russie et la Chine, constituerait "un succès énorme" qui "nous donnera un sentiment de fierté dont nous avons réellement besoin".

    "Nous devons penser à des plans de secours, la Terre rétrécit et l'avenir de l'humanité est dans l'espace", souligne Yossi Weiss, directeur général d'IAI.

    "Effet Apollo"

    Une fois sur la lune, le vaisseau israélien transmettra des données au centre de contrôle d'IAI pendant deux jours avant que son système cesse de fonctionner. "On essaie de reproduire l'effet qu'Apollo a eu aux États-Unis", explique Morris Kahn, en référence au célèbre programme américain d'exploration lunaire des années 60.

    "On dit que les enfants sont excités par l'espace, les robots, les dinosaures. Avec notre vaisseau spatial robotisé, nous avons deux thèmes", sourit Kfir Damari.

    Selon lui, ce projet marque un tournant pour l'industrie spatiale israélienne, jusqu'à présent centrée sur des projets liés à la sécurité, notamment des lancements de satellite.

    Source: www.lexpress.fr avec l'AFP


    21/06/18 - Et si un astéroïde géant frappait de nouveau la Terre...

    À l'occasion de la Journée internationale des astéroïdes organisée le 30 juin sous l'égide de l'ONU, Space explore la menace astéroïde et les moyens d'y faire face en allant rencontrer des chasseurs de ces corps rocheux à l'Agence spatiale européenne (ESA) et prendre une petite leçon d'histoire au Museum d'Histoire naturelle de Vienne.

    Il y a plus de 60 millions d'années, les dinosaures régnaient sur la Terre. Aujourd'hui, ils ne sont plus que des reproductions et des fossiles comme les exemplaires que l'on peut voir au Museum d'Histoire naturelle de Vienne. ​La cause de leur disparition ? Un astéroïde, un bloc de roche et de métal né lors de la formation du système solaire.

    "Il y a 66 millions d'années, un astéroïde percutait la Terre : il ne faisait que 10 km de long, mais le cratère qui en a résulté s'est étendu sur 200 km," explique Christian Köberl, directeur du Museum. "Donc cela nous renseigne sur la quantité énorme d'énergie qu'un tel événement implique et cette énergie s'est traduite par une gigantesque explosion, des séismes et toutes sortes de choses effroyables , le climat a aussi changé immédiatement et de nombreux animaux et de plantes de l'époque - en fait, près de deux tiers de toutes les espèces vivantes sur notre planète - ont disparu," énumère-t-il.

    Le cas de Tcheliabinsk

    Rien de comparable ne s'est produit depuis. Mais le risque bien que faible est toujours présent.

    En février 2013, un astéroïde de 20 mètres de long s'était fragmenté en entrant dans l'atmosphère au-dessus de la ville russe de Tcheliabinsk, faisant 1500 blessés.

    Ce cas peut nous en apprendre beaucoup, en particulier grâce aux météorites retrouvées sur place. Ludovic Ferrière, conservateur des collections du Museum, nous montre une pièce de cette météorite de Tcheliabinsk : "Sa croûte de fusion typique à l'extérieur s'est formée lors de l'entrée dans l'atmosphère et quand on la coupe, on est capable de voir l'histoire de cette météorite," dit-il. "Ici, on voit la partie qui est fraîche, qui nous renseigne sur la formation du système solaire, qui n'a pas été beaucoup affectée depuis sa formation," poursuit-il. "Et là, cette partie noire traduit un certain nombre de chocs qui ont eu lieu depuis sa formation il y a 4,56 milliards d'années et les différents impacts qu'elle a subis avant d'entrer dans l'atmosphère," précise-t-il.

    À Tcheliabinsk, l'astéroïde s'était transformé en pluie de météorites. D'autres plus massifs sont capables d'atteindre la Terre.

    Pour se rendre compte de leur diversité, rien de tel que ce Museum où l'on peut voir exposé, le plus grand nombre de météorites au monde. Le lieu où elles percutent le sol a son importance : si elles font la taille d'une maison, elles peuvent détruire une forêt, causer un tsunami ou modifier notre atmosphère.

    "Si la météorite s'abat sur une mer peu profonde - en fonction du type de sédiments qu'il y a au fond -, le choc peut causer une vaporisation qui libère une grande quantité de gaz à effet de serre," indique Lidia Pittarello, spécialiste des astéroïdes à l'Université de Vienne. "Et alors, on peut vraiment avoir un effet sur le climat à long terme," affirme-t-elle.

    Alerte précoce

    Face à cette menace, que fait-on pour protéger notre planète ? En Allemagne, à l'ESA, cette équipe travaille sur un système d'alerte précoce qui concerne en particulier, les petits astéroïdes qui sont les plus nombreux comme celui qui a ciblé l'Afrique du Sud il y a quelques semaines.

    "Le 2 juin, une boule de feu a illuminé le ciel d'Afrique," raconte Rüdiger Jehn, du segment Objets géocroiseurs de l'ESA, en nous montrant une vidéo : "On peut voir ici l'astéroïde de 2 à 3 m de long entrer dans l'atmosphère, puis exploser et c'est ce qu'on veut observer parce que s'il était un peu plus gros - peut être 5 m de long -, l'onde de choc pourrait causer d'importants dégâts au sol et on veut pouvoir informer les populations en amont," souligne-t-il.

    ​Pour être mieux préparé, l'ESA construit le télescope baptisé Flyeye qui sera installé en Sicile : il aura pour mission de traquer dans le ciel, les petits objets qui se déplacent rapidement. L'Agence a déjà repéré 740 astéroïdes qui présentent un risque faible de toucher la Terre et elle en identifie sans cesse de nouveaux.

    "Actuellement, on a un rythme de détection d'environ 200 astéroïdes par mois et il y en a peut-être, 3, 4 ou 5 qui pourraient toucher la Terre," déclare Rüdiger Jehn. "Il y en a aucun de notre connaissance qui constitue réellement une menace grave," assure-t-il. "Il existe énormément de choses dans l'espace que nous essayons encore de localiser ; mais en l'état actuel de nos connaissances, il n'y a rien aujourd'hui qui puisse vraiment nous inquiéter," tempère-t-il.

    Rendre visite aux astéroïdes

    Reste qu'il est préférable de connaître son ennemi. La NASA et l'Agence spatiale japonaise JAXA ont toutes deux prévu de rendre visite à des astéroïdes cette année.

    L'engin japonais Hayabusa-2 orbitera prochainement autour de son astéroïde cible et larguera à sa surface, un atterrisseur allemand appelé Mascot.

    "On doit trouver le site pour se poser, puis le 3 octobre, on larguera Mascot qui atteindra ensuite la surface," détaille Ralf Jaumann, planétologue au Centre aérospatial allemand (DLR). "Donc on aura des informations depuis la surface de l'astéroïde et grâce aux informations collectées, on passera à la deuxième étape : l'engin japonais se posera lui aussi sur la surface pour recueillir des échantillons, puis les rapporter sur Terre," dit-il.

    La mission permettra aussi d'alimenter la réflexion sur de futures méthodes qui permettront de dévier un astéroïde potentiellement menaçant de sa trajectoire vers la Terre.

    "C'est loin d'être évident : on ne peut pas détruire les astéroïdes avec des armes atomiques ou nucléaires," reconnaît Ralf Jaumann. "Donc on doit vraiment les connaître : leur composition, c'est ce qu'il y a de plus important pour comprendre comment les dévier, comment stopper leur rotation pour avoir plus de rayonnement solaire sur un côté et les éloigner de la Terre," poursuit-il avant de conclure : "Donc connaître leur composition et leurs propriétés physiques, cela nous aidera beaucoup pour déterminer des stratégies qui visent à limiter l'impact d'un tel événement."

    "Nous sommes sans arrêt bombardés d'objets provenant de l'espace"

    Aujourd'hui, il n'y a pas de danger imminent. Mais il faut avoir en tête qu'un astéroïde relativement petit peut avoir des conséquences catastrophiques s'il percute la Terre, comme on peut le voir sur cette simulation où un corps rocheux de 100 mètres de long s'abattrait sur Vienne et rayerait la capitale autrichienne de la carte.

    "Il suffit de regarder la Lune, l'objet le plus proche de nous dans l'espace : elle est couverte de cratères d'impact," fait remarquer Christian Köberl. "On ne voit pas cela aussi bien sur Terre parce que notre planète a une surface géologique active, mais en réalité, nous sommes sans arrêt bombardés d'objets - gros ou petits - provenant de l'espace : les plus gros sont un peu plus rares, les plus petits sont très fréquents," insiste-t-il. "C'est quelque chose qui s'est produit dans le passé et évidemment, ça arrivera de nouveau dans l'avenir," reconnaît-il.

    Les scientifiques s'accordent à dire que 90% des astéroïdes dont la taille menacerait la vie sur Terre ont été repérés.

    Mais seule une petite part de ceux mesurant de 5 à 500 mètres a été identifiée. Localiser le reste, c'est le grand défi qui est en train d'être relevé aujourd'hui.

    Source: fr.euronews.com - Rédaction: Jeremy Wilks & Stéphanie Lafourcatère


    11/06/18 - Matériaux organiques sur Mars: ce qu'a vraiment découvert Curiosity

    La Nasa a annoncé que le rover Curiosity a trouvé des matériaux organiques anciens et du méthane à la surface martienne. Une découverte importante, mais loin de signifier la présence de vie actuelle ou passée sur la Planète rouge.

    Au bout de près de six ans d'exploration du cratère Gale, sur Mars, le rover Curiosity de la Nasa a livré une découverte qui pourrait faire date dans la quête de traces de vie sur la Planète rouge : les molécules organiques seraient abondantes dans les roches martiennes, et du méthane – la molécule organique la plus simple – est libéré de façon saisonnière dans l’atmosphère ténue.

    Ces deux découvertes proviennent de l’analyseur d’échantillons Sam (Sample analysis at Mars) de Curiosity, un laboratoire de chimie miniaturisé qui analyse les gaz de l’atmosphère et ceux dégagés par la combustion d’échantillons de sol. Des échantillons d’argiles anciennes ont ainsi libéré diverses molécules organiques, et une étude distincte portant sur cinq années d’échantillons atmosphériques recueillis par l’instrument Sam a permis de suivre les fluctuations de la concentration de méthane, qui se révèlent culminer au cours de l’été martien. Ces résultats sont publiés dans le journal Science.

    Bien qu'alléchantes, ces deux découvertes restent loin d’être concluantes sur l’existence d’une vie passée ou présente sur Mars. Le méthane est omniprésent dans des endroits tels que l’atmosphère des planètes géantes gazeuses. Il peut aussi provenir d’interactions non organiques entre de l’eau liquide et des roches chaudes. D’autres molécules organiques simples sont pour leur part présentes dans les météorites et les nuages de gaz interstellaires. « À moins de prendre en photo un fossile dans une roche martienne, trouver des preuves indiscutables de la vie est très difficile », précise Chris Webster, chimiste au Jet Propulsion Laboratory et auteur principal de l’étude sur le méthane.

    Le carbone manquant sur Mars

    Il n’est pas surprenant que Mars recèle des molécules organiques. Comme toutes les planètes de notre Système solaire, elle reçoit de l’espace une pluie incessante de micrométéorites et de poussières riches en carbone. Pourtant, lorsque les sondes jumelles Viking de la Nasa ont atterri sur Mars en 1976, leurs analyses ont révélé quelque chose d’étonnant : le sol martien semblait contenir moins de carbone que les roches dénuées de vie de la Lune. « Ce fut une grande surprise », dit Caroline Freissinet, exobiologiste et coauteure de l’étude sur les argiles de Curiosity au laboratoire Atmosphère, milieux, observations spatiales (Latmos), à l’université de Versailles. « Malheureusement ça a ralenti tout le programme consacré à Mars. »

    Depuis, les scientifiques ont activement cherché le carbone manquant sur Mars – ou du moins une explication à son absence. Un indice crucial est apparu en 2008, lorsque l’atterrisseur Phoenix de la Nasa a trouvé des sels de perchlorate – des molécules très réactives contenant du chlore – dans des échantillons de sol près du pôle nord martien. Combinés aux ultraviolets de haute énergie et aux rayons cosmiques, les perchlorates détruiraient toute matière organique à la surface, laissant peu de choses à dénicher pour les atterrisseurs et les rovers à la recherche de carbone. Certains chercheurs ont spéculé que les traces restantes d’éléments organiques – et donc tout signe de vie passée ou présente – étaient enfermées dans les profondeurs de Mars.

    En 2015, Curiosity a réalisé une première avancée dans la détection de molécules organiques sur Mars, en établissant la présence de composés carbonés contaminés au chlore dans des échantillons de sol chauffés à plus de 800 °C dans l’analyseur Sam. Mais au début de la mission du rover, les chercheurs se sont rendu compte que des réactifs chimiques riches en carbone s’échappaient de certains composants de l’instrument, contaminant potentiellement les échantillons. Pour pallier cette contamination, l’équipe de Curiosity s’est concentrée sur la recherche d’autres substances organiques contenant du chlore, et a limité les passages ultérieurs dans le four de l’analyseur à des températures entre 200 et 400 degrés.

    Dans leur nouvelle étude, l’équipe de Caroline Freissinet a vérifié les points qui auraient pu échapper à cette première procédure restrictive. Après avoir soigneusement pris en compte la contamination par l’instrument, les chercheurs ont cuit des échantillons d’argilite vieux de 3 milliards d’années à plus de 500 degrés, une température à laquelle les perchlorates auraient dû être complètement brûlés. Dans les cendres résiduelles, ils ont trouvé des thiophènes – des molécules cycliques relativement petites et simples contenant à la fois du carbone et du soufre. Ce dernier élément, pensent-ils, proviendrait d’un minéral riche en soufre appelé jarosite que les précédentes études de Curiosity avaient mis en évidence dans des gisements vieux de 3,5 milliards d’années dans le cratère Gale, une époque où le celui-ci était chaud, humide et apparemment habitable. Les chercheurs soupçonnent que le carbone des thiophènes provient de molécules organiques plus grosses, encore non identifiées, qui ont été piégées et préservées à l’intérieur de la jarosite pendant des milliards d’années.

    Malgré le caractère un peu parcellaire de cette dernière découverte, George Cody, un géochimiste de la Carnegie Institution for Science, qui n’était pas impliqué dans l’étude, considère qu’il s’agit d’un pas en avant impressionnant. La présence de ces molécules plus grosses, dit-il, fait penser à des réservoirs de carbone bien préservés, cachés à la surface martienne et juste en-dessous – une perspective qui renforce les arguments en faveur de futures missions visant à collecter des échantillons et à les ramener sur Terre. « Si on peut déceler cela sur Mars, imaginez ce qu’on pourrait faire avec les dispositifs d’analyse que nous utilisons sur Terre », dit-il.

    Des pics de méthane saisonniers

    Entre-temps, Curiosity a entrepris ce que Chris Webster qualifie de « mesures les plus importantes de méthane sur Mars effectuées à ce jour ». Ce gaz est important parce que la plus grande partie du méthane sur Terre est produite par des microbes méthanogènes, qui sont communs dans les environnements pauvres en oxygène. Le méthane est également rapidement dégradé par le rayonnement ultraviolet, de sorte que toute trace de méthane découverte sur Mars a probablement été libérée récemment. En utilisant l’instrument Sam, Webster et ses collègues ont mis en évidence une concentration persistante de méthane d’environ 0,4 partie par milliard dans l’atmosphère au-dessus du cratère de Gale au cours des cinq dernières années – une trace à peine détectable, certes, mais suffisante pour éveiller l’intérêt des exobiologistes. Fait révélateur, la concentration de méthane semble grimper périodiquement au fil des saisons martiennes : elle est environ trois fois plus élevée pendant l’été ensoleillé que pendant l’hiver, plus sombre et plus froid.

    Cette périodicité est pour Chris Webster la partie la plus enthousiasmante des résultats de son équipe. Des recherches antérieures avaient mis en évidence des dégazages sporadiques de méthane sur Mars, mais jamais d’événements saisonniers récurrents. « C’est comme quand vous avez un problème avec votre voiture. Si ça ne se répète pas, vous ne pouvez pas savoir ce que c’est. » Ce méthane, selon lui, pourrait provenir d’aquifères qui fondent pendant l’été martien, libérant de l’eau qui s’écoule sur des roches souterraines profondes pour produire du gaz frais. Ou bien il pourrait avoir été éjecté il y a des milliards d’années par des processus géologiques ou biologiques, puis piégé dans des matrices de glace et de roches qui fondent lorsqu’elles sont réchauffées par le Soleil. Et, bien sûr, il y a toujours la possibilité que des organismes méthanogènes dorment encore aujourd’hui dans le sous-sol de Mars, se réveillant périodiquement pendant les saisons plus clémentes pour émettre leur signature gazeuse.

    D’autres scientifiques, qui n’ont pas participé à ces travaux, ont un avis plus mitigé. Michael Mumma, exobiologiste au Goddard Space Flight Center de la Nasa, considère que ces mesures sont importantes et affirme qu’elles viennent confirmer ses propres détections indépendantes (et controversées) de panaches de méthane sur Mars, réalisées à l’aide de télescopes terrestres. Mais Marc Fries, un planétologue conservateur de la collection de poussière cosmique du Johnson Space Center de la Nasa, est plus sceptique. Il souligne que les météorites riches en carbone et la poussière tombant dans l’atmosphère martienne pourraient produire les quantités de méthane observées, et que la périodicité d’une année à l’autre n’est pas entièrement compatible avec le calendrier des saisons martiennes. « Une approche rigoureuse fondée sur les preuves disponibles commence par l’explication par défaut, scientifiquement prudente, qui est que Mars est et a toujours été dénuée de vie », déclare M. Fries. « Pour valider une hypothèse contraire, il faut des preuves très solides. » De tels tests pourraient bientôt voir le jour, grâce aux données de la sonde européenne et russe ExoMars Trace Gas Orbiter. Elle est arrivée en orbite autour de Mars en 2016 et cartographie maintenant les concentrations de méthane et d’autres gaz depuis l'espace.

    Pour sa part, Chris Webster affirme qu’il n’a pas de préférence entre les différentes explications et pense qu’il faudra beaucoup de temps avant de pouvoir tirer des conclusions définitives. De tels progrès, incrémentaux, sont dans la nature même du programme d’exploration de Mars de la Nasa, note Caroline Freissinet. « Cela se fait étape par étape, mission après mission. »

    Source: www.pourlascience.fr/sd/planetologie - Rédaction: Adam Mann


    07/06/18 - Sur Mars, du méthane et des molécules organiques

    Le rover Curiosity a identifié un cycle du méthane et de nombreuses molécules organiques sur la planète Rouge. Des éléments liés à la vie, mais qui ne confirment pas son existence passée ou présente.

    La NASA a annoncé, lors d'une conférence ce jeudi 7 juin 2018, que le rover Curiosity, sur Mars depuis 2012, a identifié dans des échantillons prélevés sur deux sites distincts du cratère Gale la présence de plusieurs molécules organiques et de substances volatiles qui rappellent les roches sédimentaires trouvées sur Terre. Une découverte importante qui fait l'objet d'une étude publiée dans la revue Science, datée du 8 juin. Dans le même numéro, une autre étude, toujours fondée sur les données de Curiosity, confirme la présence de méthane atmosphérique, dont la concentration indique une forte variation saisonnière. Un autre résultat jugé remarquable par les spécialistes. En effet, ces deux découvertes évoquent la vie... mais il est encore impossible d'affirmer qu'elle a existé ou existe sur Mars.

    Des molécules organiques quand Mars était habitable
    C'est grâce à l'instrument SAM (Sample Analysis at Mars), chargé d'analyser in situ les molécules contenues dans les minéraux sédimentaires, les argiles et les sulfates qui se trouvent au fond du cratère Gale, que Curiosity a repéré des molécules organiques. Ces chaînes d'atomes contenant du carbone et de l'hydrogène ont été découvertes dans des roches âgées de plus de trois milliards d'années. Parmi elles du thiophène, des méthylthiophènes, du méthanethiol et du diméthylsulfure. La détection de ces molécules organiques est très importante car elles constituent des briques essentielles à l'apparition de la vie. D'ailleurs la plupart des molécules sur Terre sont des molécules organiques issues d'une activité biologique.

    Selon les auteurs, les molécules identifiées sur Mars ne sont que des fragments de structures plus grosses qui n'ont pas résisté aux effets du temps et des radiations qui frappent cette planète presque dépourvue d'atmosphère et de champ magnétique protecteurs. La présence de ces molécules organiques sur Mars pourraient témoigner de l'existence d'une vie passée mais ces molécules peuvent également être formées par des processus purement physiques. Il est impossible de trancher quant à leur origine pour le moment.

    Leur présence révèle cependant qu'il y a plus de trois milliards d'années, quand la planète Mars présentait un tout autre visage avec de l'eau liquide à sa surface et même un vaste océan, il existait aussi des molécules organiques. En clair, les deux éléments essentiels à la vie était réunis au même moment sur notre voisine, aujourd'hui désertique. Sur Terre, à peu près dans les même conditions que celles de Mars à l'époque, la vie est apparue. Qu'en est-il sur Mars ? Les prochaines missions martiennes devraient permettre de répondre, enfin, à cette question.

    Un cycle du méthane

    Les données du rover Curiosity ont également confirmé la présence de méthane dans l'atmosphère. Son abondance varie en fonction des saisons. Pour s'en rendre compte, les scientifiques ont analysé la concentration de ce gaz durant trois années martiennes, soit cinquante-cinq mois terrestres. Conclusion : il existe de fortes variations dans la quantité de méthane atmosphérique avec un pic (presque du simple au triple) vers la fin de l'été dans l'hémisphère nord. Sur Terre, une telle information serait liée naturellement et de façon évidente à un phénomène biologique mais sur Mars la prudence s'impose.

    Plusieurs processus physiques ont en effet été proposés pour expliquer la production du méthane martien et les auteurs de cette nouvelle étude suggèrent que de grandes quantités de méthane peuvent être stockées dans le sous-sol martien, dans des cristaux à base d'eau appelés clathrates. Ils estiment que les variations saisonnières de température pourraient être à l'origine de la libération fluctuante de méthane observée par le robot. Quant à l'origine de ce méthane, il est une nouvelle fois impossible d'affirmer qu'il a été fabriqué par une source biologique. Encore une fois, il faudra guetter l'arrivée des rovers ExoMars 2020 de l'ESA et Mars 2020 de la NASA pour avoir la clé de cette énigme.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/espace - Rédaction: Joël Ignasse


    22/05/18 - Un satellite chinois va explorer la face cachée de la Lune

    Les scientifiques ont lancé le 21 mai un satellite relais destiné à établir une communication entre la Terre et une sonde lunaire qui va explorer la face cachée de la Lune.

    Baptisé «Queqiao» («Pont de pie»), le satellite va se placer en orbite à environ 455 000 kilomètres de la Terre et sera le premier satellite de communication au monde à opérer à cet endroit.

    Ce satellite relais est un type de satellite de communications offrant des services de transmission des données, d’observation et de contrôle à d’autres vaisseaux. Un lien de transmission de données stable à longue distance est un objectif technologique important pour les experts dans ce domaine à travers le monde.

    Queqiao est développé par la China Spacesat Co., dépendant de l’Académie de technologie spatiale. L’engin est, selon les experts, le premier satellite au monde opérant en orbite autour du point L2 du système Terre-Lune à établir un lien de communications entre les contrôleurs sur Terre et la sonde.

    Les scientifiques ont conçu plusieurs antennes pour le satellite relais, dont une en forme de parapluie de 5 m de diamètre qui s’ouvrira dans l’espace après la séparation du satellite de la fusée porteuse.

    Les experts ont effectué d’innombrables expérimentations durant le développement de l’antenne, a indiqué Chen Lan, ingénieur en chef adjoint du bureau de l’académie à Xi’an. Résistant à des températures atteignant -230 degrés, le satellite «revêt une grande importance en matière scientifique et d’ingénierie pour l’exploration de l’univers», selon Zhang Lihua, directeur du projet du satellite relais.

    Les scientifiques chinois ont déjà placé une série de satellites relais en orbite géosynchrone à une altitude de 36 000 km pour les vaisseaux habités. Ce lancement représente pour la Chine un pas important. L’objectif sera d’envoyer la sonde lunaire Chang’e-4, pour qu’elle se pose en douceur sur la face cachée de la Lune.

    Il s’agit d’une «étape-clé pour que la Chine atteigne son objectif d’être le premier pays à envoyer une sonde atterrir sur la face cachée de la Lune et l’explorer», a déclaré Zhang Lihua, directeur du projet du satellite relais à l’agence de presse, Xinhua.

    Le centre de lancement prévoit d’envoyer à terme un homme sur la Lune. La Chine veut devenir une puissance spatiale. Elle investit des milliards d’euros dans ses programmes spatiaux, afin de rattraper l’Europe et les Etats-Unis d’ici 2030. Elle a prévu de débuter l’année prochaine la construction de sa propre station spatiale habitée.

    Source: www.chine-magazine.com

    La face cachée de la Lune est l'hémisphère de la Lune qui est en permanence tourné dos à la Terre, l'autre côté étant nommé face visible de la Lune. En effet, un seul et même côté de la Lune est visible depuis la Terre, car la Lune possède une période de rotation égale à sa période de révolution (27,3217 jours), phénomène appelé rotation synchrone. Le côté complémentaire est donc invisible depuis la Terre, et n'a été photographié et cartographié que grâce aux sondes spatiales, la première étant la sonde soviétique Luna 3 en 1959. Les premiers hommes à l'apercevoir directement furent l'équipage de la mission Apollo 8 en orbite autour de la Lune en 1968. Le terrain rugueux est remarquable aussi bien par la multitude de cratères que par sa pauvreté en maria lunaires. Cette face cachée possède également le plus large cratère d'impact connu du système solaire : le bassin Pôle Sud-Aitken.

    Texte Wikipedia


    16/05/18 - Vous ne vous en êtes pas rendu compte, mais un astéroïde nous a frôlé hier soir

    L'astéroïde 2010-WC9 est passé à seulement 200.000 kilomètres de la Terre, mardi 15 mai 2018 au soir. Sa visite à proximité de notre planète était attendue depuis 8 ans.

    2010-WC9 a été détecté pour la première fois en 2010 par le télescope Catalina Sky Survey, installé près de Tucson dans l'Arizona. Cet instrument est dédié à la détection des comètes et des astéroïdes et tout particulièrement des géocroiseurs, ces objets célestes qui passent à proximité de la Terre et qui risquent, au gré de leurs orbites fluctuantes, d'entrer en collision avec notre planète. Cet astéroïde mesure entre 50 et 120 mètres de diamètre et il causerait des dommages considérables s'il frappait la Terre (comme l'on peut s'en rendre compte dans notre infographie qui simule l'impact d'un astéroïde de 50 mètres de diamètre). Fort heureusement, les astrophysiciens avaient calculé que ce ne devait pas être pour cette fois ! Et ils ont eu raison, même si le corps céleste a frôlé mardi 15 mai 2018 à 23h04 (heure française) notre planète à tout juste 200.000 kilomètres - une distance bien plus proche que celle qui nous sépare de la Lune.

    Une visite annoncée dès 2010

    Les astronomes avaient calculé dès 2010 que l'intrus viendrait nous visiter en 2018. Néanmoins, ils n'avaient pu calculer précisément sa trajectoire que la semaine dernière, quand le corps céleste avait été à nouveau repéré. Selon les prévisions des scientifiques, il ne devrait pas causer de soucis dans les 200 prochaines années. Vu sa taille maximale estimée, 2010-WC9 n'est pas classé comme un objet potentiellement dangereux (abrégé par PHO - Potentially Hazardous Object en anglais). Un terme réservé aux cailloux qui mesurent plus de 140 mètres de diamètre et dont la trajectoire les amène à moins de 19,5 distances lunaires.

    Une collision avec un objet d'une telle dimension constitue un risque majeur pour la survie de l'humanité, les dinosaures en ont d'ailleurs fait les frais il y a 65 millions d'années. Environ 1.700 objets rentrent dans cette catégorie des PHO et ils sont suivis avec attention. Aucun ne présente de danger pour l'avenir proche mais impossible de prévoir leur comportement dans 1.000 ou 10.000 ans. Immanquablement l'un d'entre eux se retrouvera sur une trajectoire d'impact avec la Terre. Pour ne pas connaître le sort des dinosaures, l'humanité commence à mettre en place une défense planétaire qui outre la surveillance vise à détourner les astéroïdes qui se retrouveraient dans une trajectoire d'impact.

    Il y a trois techniques principales pour dévier les astéroïdes. La première consiste à lancer une ogive nucléaire dans l'espace et à la faire exploser près de l'astéroïde afin que l'énergie dégagée le dévie. Mais elle n'est valable que pour les astéroïdes très gros et aucune mission n'est actuellement envisagée pour la tester. La deuxième méthode est celle du tracteur gravitationnel, valable pour les astéroïdes de petite taille, et pour lesquels on dispose de beaucoup de temps pour agir. Elle consiste à envoyer un assemblage assez massif de satellites artificiels près de l'astéroïde. La force de gravitation qui s'exercera permettra de modifier petit à petit l'orbite de l'astéroïde. Là non plus, il n'y a pas de projets pour évaluer cette méthode qui soit en cours. Enfin, la troisième technique celle de l'impacteur cinétique, qui consiste à percuter de plein fouet le corps céleste avec une grosse fusée ou un satellite. C'est cette option qu'a choisie la NASA pour se première tentative de détourner de son orbite un corps céleste. C'est la mission DART qui doit décoller en 2020 pour frapper la petite lune de l'astéroïde Dydimos en 2022.

    Source: www.sciencesetavenir.fr - Auteur: Joël Ignasse


    04/05/18 - Une nouvelle sonde pour entendre battre le coeur de Mars

    La NASA lance demain la sonde Mars InSight qui devrait se poser sur la planète rouge en novembre afin d’y enregistrer les séismes et de comprendre son activité géologique.

    On s’y perd un peu dans les missions martiennes tant le trafic entre la Terre et sa voisine semble dense. La préparation de Mars 2020 entre dans la dernière ligne droit avant le décollage (pour l’année 2020, comme son nom l’indique), le rover Curiosity continue à escalader le mont Sharp avec ses petites roues de lego et son grand frère Opportunity, sur zone depuis 14 ans, n’a toujours pas rendu l’âme – il a dépassé la barre des 5000 jours martiens. Il va falloir faire de la place car c’est maintenant Mars InSight qui s’annonce sur l’horizon.

    La 54e mission humaine vers Mars (si ce long décompte est bon) doit s’envoler demain samedi depuis la base Vanderbergh de l’US Air Force en Californie, une première comme le souligne le patron de la NASA Jim Bridenstine.

    Si tout se passe bien sur le pas de tir, InSight devrait arriver à destination en novembre prochain. Ce sera la première sonde à se poser sur le sol martien depuis le rover Curiosity, il y a six ans, une autre machine de la NASA. Au contraire de celle-ci, InSight n’est pas le nouveau limier d’une possible vie passée. La mission consistera à détecter et enregistrer l’activité du manteau et du noyau de la planète, dont le volcanisme est maintenant éteint.

    Une centaine de "tremblements de Mars"

    Avec son sismomètre et son capteur de flux de chaleur, la sonde pourra repérer les tremblements de Mars, peut-être une centaine en l’espace d’une année martienne, soit 26 mois terrestres. L’étude de la façon dont les ondes sismiques se propagent pourrait aider les scientifiques à caractériser les différentes couches et leur épaisseur jusqu’au noyau de la planète rouge. Son diamètre et sa nature restent à ce jour inconnus.

    Cette mission américaine intéresse de près la France puisque le CNES (Centre national d’études spatiales) est le concepteur du sismomètre. Les données recueillies permettront de comprendre le processus de refroidissement de Mars, une planète tectonique née il y a 4,5 milliards d’années comme la Terre. Ce refroidissement a été d’autant plus rapide que le volume de la planète est réduit : huit fois inférieur à celui de la Terre. Il a entraîné l’arrêt de la "dynamo" martienne et la disparition de son champ magnétique. Avec des effets en cascade qui ont conduit à la quasi-disparition de l’atmosphère martienne et à celle de l’eau à l’état liquide (et potentiellement de la vie).

    Source: www.sudouest.fr - Rédaction: Jean-Denis Renard


    26/04/18 - Des « germes » d'amas de galaxies découverts dans l'Univers jeune !

    Des observations montrent que des processus de fusion étaient déjà à l'œuvre 1,5 milliard d'années après le big bang, soit deux fois plus tôt que prévu.

    C'est une découverte étonnante et que l'astrophysique ne sait pour l'instant pas expliquer. Grâce aux télescopes ALMA et APEX, deux équipes scientifiques, une américaine et une britannique, ont découvert des concentrations très denses de galaxies sur le point de fusionner pour former les noyaux de gigantesques amas à venir. Si ces phénomènes ne sont pas en soi très surprenants, c'est la période à laquelle ils se sont produits qui laisse les astronomes rêveurs. En effet, la lumière en provenance de ces objets a été émise alors que l'Univers n'avait que le dixième de son âge actuel, soit 1,5 milliard d'années seulement après le big bang. Or les scientifiques pensaient jusqu'ici que ce type d'événement s'était produit bien plus tard, autour 3 milliards d'années après le big bang.

    L'équipe américaine conduite par Tim Miller, de l'université Dalhousie au Canada et de l'université de Yale, a identifié un proto-amas de 14 galaxies massives, toutes à sursaut de formation d'étoiles (un type de galaxie présentant un taux de formation d'étoiles exceptionnellement élevé), qu'elle a baptisé SPT2349-56. Tandis que l'équipe britannique dirigée par Ivan Oteo, de l'université d'Édimbourg, avait déjà débusqué un processus similaire de mégafusion de 10 galaxies poussiéreuses à formation d'étoiles, surnommé « noyau rouge poussiéreux » en raison de sa couleur rouge prononcée. « Ces découvertes obtenues grâce à ALMA ne sont que le sommet de l'iceberg. Des observations complémentaires effectuées au moyen du télescope APEX montrent que le nombre réel de galaxies à formation d'étoiles est vraisemblablement trois fois plus élevé. Une autre campagne d'observations actuellement menée avec l'instrument MUSE, installé sur le VLT de l'ESO, conduit également à l'identification d'autres galaxies », note Carlos De Breuck, astronome à l'ESO, dans le communiqué relatant la découverte.

    Sur cette image composite figurent trois vues d’un lointain ensemble de galaxies interagissant et fusionnant les unes avec les autres au sein de l’Univers jeune. L’image latérale gauche consiste en une vue à champ large acquise par le South Pole Telescope. Elle montre un unique point brillant. L’image centrale, acquise par l’Atacama Pathfinder Experiment (APEX), révèle davantage de détails. Enfin, l’image latérale droite est issue de l’Atacama Large Millimeter/submillimeter Array(ALMA). Elle met en évidence l’existence de 14 galaxies sur le point de fusionner et de former un amas galactique.

    Pourtant, Ivan Oteo explique que ces objets sont censés être rares. « La durée de vie des sursauts stellaires poussiéreux est considérée comme relativement courte parce qu'ils consomment leur gaz à une vitesse extraordinairement élevée. À tout instant, et en tout point de l'Univers, ces galaxies sont généralement minoritaires. Découvrir de nombreux sursauts stellaires poussiéreux brillant au même instant s'avère donc particulièrement déroutant. C'est une réalité qu'il reste à comprendre. » Quant aux modèles théoriques et informatiques actuels, ils prédisent que le temps nécessaire à l'évolution de proto-amas aussi massifs est plus long que ne le suggèrent ces observations. « Le processus responsable de l'agrégation si rapide d'un si grand nombre de galaxies demeure un mystère. Cet amas ne s'est pas construit graduellement au fil des milliards d'années, contrairement à ce que pensaient les astronomes. Cette découverte offre la formidable opportunité d'étudier la façon dont les galaxies massives se sont rassemblées pour former de gigantesques amas galactiques », conclut Tim Miller.

    Source: www.lepoint.fr/astronomie - Rédaction: Chloé Durand-Parenti


    24/04/18 - La morphodynamique dunaire autour de la calotte polaire de Mars

    Des chercheurs de l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP) et de l’Université Paris-Diderot en collaboration avec des climatologues du Laboratoire de Météorologie Dynamique (LMD) viennent de développer une méthode permettant de remonter aux conditions de vents à partir de la morphodynamique des dunes à la surface de Mars. Leur méthode est valide dans n’importe quelles conditions et peut donc s’appliquer aussi bien sur Terre, sur Mars que sur Titan. Dans leur article publié dans la revue Earth and Planetary Science Letters, les scientifiques se sont en particulier intéressés à la région circumpolaire martienne.

    L’idée que les systèmes dunaires fournissent des informations uniques sur les régimes de vent à la surface des corps planétaires, où il n'y a pas de données météorologiques directes comme sur Terre n’est pas nouvelle. Cependant, remonter au régime de vent à partir des dunes n’est pas chose aisée. Pour relever ce défi, une équipe de chercheurs de l’Institut de Physique du Globe de Paris et du Laboratoire de Météorologie Dynamique ont mesuré et analysé à partir de données satellitaires fournies par la sonde Mars Reconnaissance Orbiter de la NASA, des systèmes dunaires situés dans la région d'Olympia Undae près de la calotte polaire nord, sur Mars. En particulier, l’équipe ne s’est pas seulement intéressée à l’orientation des dunes, comme c’est classiquement le cas, mais également à la couverture sédimentaire, c’est-à-dire à la disponibilité en sédiment éolien.

    Pour la première fois, l'analyse de ces données a permis la mise en évidence d’une relation entre la disponibilité sédimentaire, c’est-à-dire l’apport en grain de sable et l'orientation des structures dunaires (des crêtes des dunes). Ainsi, cette étude atteste de deux modes de transitions : une abrupte et une douce qui correspondent respectivement aux dunes qui migrent en direction d’un bassin d’accumulation de sédiments éoliens et aux dunes qui s’en éjectent. En s’appuyant sur ces nouvelles observations et un modèle de morphodynamique dunaire, les chercheurs ont ainsi résolu le problème inverse leur permettant de remonter aux conditions de vents expliquant les mesures.

    De ces résultats, l’étude montre que des variations de l’albedo de la surface aux abords de la calotte polaire martienne sont responsables de forts gradients dans la dynamique éolienne qui ne sont à ce jour pas modélisés dans les modèles de circulation globale du climat (GCM). Ainsi, les chercheurs ont développé une nouvelle méthode permettant d’apporter des contraintes sur les régimes de vents à la surface de Mars et pouvant ainsi aider les climatologues à mieux modéliser le climat sur les planètes pourvues d’une atmosphère.

    Source illustrée: INSU - CNRS


    16/04/18 - TESS: le nouveau chasseur d'exoplanètes de la Nasa a décollé cette nuit

    Le satellite a pris son envol à 0 h 51, heure française, depuis le centre spatial Kennedy en Floride, à bord de la fusée Falcon 9 de SpaceX.

    Alors que le télescope spatial Kepler, auquel on doit la découverte de centaines d'exoplanètes, est sur le point d'arriver au bout de ses réserves de carburant, son successeur est sur la bonne voie. Baptisé TESS, pour Transiting Exoplanet Survey Satellite, le nouveau chasseur de mondes extra-solaires de la Nasa, il a été lancé avec succès mercredi à 18 h 51 (0 h 51 en France) depuis Cap Canaveral, en Floride par une fusée Falcon 9 de la société américaine SpaceX. Moins de 10 minutes après le décollage, le premier étage de la fusée a atterri, comme prévu, sur un navire autonome dans l'océan Atlantique, marquant le 24e atterrissage d'un propulseur de fusée de SpaceX.

    La Nasa a également confirmé qu'à 19 h 53 (1 h 53 à Paris) les deux panneaux solaires de l'engin spatial se sont déployés avec succès. Ensuite, le télescope passera deux mois à se frayer un chemin jusqu'à son orbite finale, très elliptique, notamment afin que la Lune ne vienne jamais limiter son champ de vision. Les premières données scientifiques qu'il livrera sont attendues en juillet.

    Quatre caméras à l'assaut de la voûte céleste

    L'objectif de TESS, dont la mission initiale devrait durer deux ans, est de débusquer, grâce à ses quatre caméras, un maximum de planètes en orbite autour d'astres proches de nous. Comme Kepler, TESS utilisera pour cela la méthode dite des transits, qui consiste à détecter d'infimes fluctuations de la luminosité des étoiles pouvant signer le passage d'une planète devant celle-ci. En revanche, au lieu de se concentrer sur une petite portion du ciel comme son prédécesseur, TESS observera presque toute la voûte céleste (85 %), découpée en 26 bandes, et il scrutera, une par une, chacune de ces bandes pendant vingt-sept jours.

    Ses cibles prioritaires seront alors les 200 000 étoiles les plus brillantes et les plus proches de la Terre, puisque leurs éventuelles planètes sont celles que l'on aura le plus de chances de pouvoir caractériser par la suite, notamment grâce au satellite Cheops (CHaracterising ExOPlanet Satellite) de l'Agence spatiale européenne (ESA) et de la Suisse, dont le lancement est prévu en 2019, et au successeur de Hubble, le télescope spatial James-Webb (JWST), dont le départ, maintes fois repoussé, est désormais fixé pour mai 2020. Depuis l'espace, affranchi des perturbations liées à l'atmosphère de notre planète, TESS devrait ainsi pouvoir découvrir non seulement de grosses planètes, mais aussi des corps d'une taille proche de la Terre.

    Un « pipeline » largement hérité de Kepler

    C'est donc une énorme quantité de données qui sera envoyée par TESS, de l'ordre de 27 gigabits par jour, prévoit la Nasa, soit, à titre de comparaison, environ 6 500 chansons reçues sur Terre tous les quinze jours. Pour traiter ces données, TESS bénéficiera à 75 % du même « pipeline » que Kepler, sorte de chaîne de traitement où des algorithmes interviennent les uns après les autres pour affiner les données et en extraire les informations recherchées. Dans le cas de TESS, ce qui pourrait correspondre à des signaux indiquant la présence de planètes. Ce n'est qu'après ce premier travail entièrement informatisé que les scientifiques interviendront pour sélectionner les signaux les plus prometteurs et lancer des vérifications destinées à établir avec certitude qu'ils correspondent bien à l'existence d'une planète.

    Quant à la démarche scientifique générale de l'exoplanétologie, elle consiste actuellement, à défaut de pouvoir obtenir des informations très précises sur ces nouveaux mondes, à nous constituer le plus vaste catalogue de planètes extra-solaires possible afin de pouvoir les classer, les comparer et mieux saisir la manière dont elles se forment et évoluent. Le Graal étant évidemment de découvrir une jumelle de la Terre, véritablement habitable. Peut-être une de celles vers lesquelles feu Stephen Hawking souhaitait pouvoir, un jour, exfiltrer l'humanité…

    Source: www.lepoint.fr/astronomie - Rédaction: Chloé Durand-Parenti


    03/04/18 - Découverte de l'étoile la plus distante jamais observée

    Située à l'autre bout de l'Univers, l'étoile bleue Icare vient d'être identifiée grâce aux images du télescope spatial Hubble. Il s'agit de l'étoile individuelle la plus distante jamais observée à ce jour : sa lumière a mis neuf milliards d'années pour venir jusqu'à nous ! C'est un phénomène d'amplification naturelle de la lumière qui a rendu possible cette observation aussi extraordinaire qu'inattendue. Un astronome du Centre de recherche astrophysique de Lyon (Université Claude Bernard Lyon 1 / CNRS / ENS de Lyon) collabore à cette découverte, publiée dans la revue Nature Astronomy le 2 avril 2018.

    Une source de lumière inattendue

    En 2016, l’équipe d’astronomes, qui recherchait alors des signatures de supernovae, repère « par
    hasard », sur les images d’un amas de galaxies prises avec Hubble, une nouvelle source ponctuelle
    de lumière inattendue. Cette lumière présente la particularité d’augmenter fortement en intensité
    dans le temps, triplant en luminosité en à peine un mois. Les couleurs et la variation de lumière de
    cette source indiquent rapidement qu’il s’agit d’une seule étoile bleue, supergéante, dont la lumière
    a mis neuf milliards d’années pour venir jusqu’à nous. À cette distance, une étoile individuelle ne
    peut pas être directement observée, même par les télescopes les plus puissants : il est impossible de
    la distinguer des milliards d’autres étoiles qui appartiennent à sa galaxie. Cent fois plus éloignée que
    l’étoile individuelle la plus distante connue jusqu’à ce jour, il est pourtant possible d’observer Icare.
    Comment cette étoile a-t-elle pu être identifiée ?

    Un mirage à l’échelle de l’Univers

    C’est grâce à sa brillance inhabituelle causée par un phénomène d’amplification, appelé « effet de
    lentille gravitationnelle », qu’Icare a pu être révélée. Il s’agit d’un effet d’optique provoqué par
    l’amas de galaxies massif situé sur la ligne de visée entre le télescope et l’étoile Icare. Les
    astrophysiciens, dont un chercheur du Centre de recherche astrophysique de Lyon, ont réussi à
    déterminer l’origine de cette amplification, qui atteint ici un facteur d’au moins 2 000. Ce sont les
    étoiles présentes dans l’amas de galaxies situé en avant-plan qui sont responsables de cet effet. De
    petits grumeaux de masse, dans ce même amas, sont également à l’origine de plusieurs « sursauts »
    dans la luminosité amplifiée de l’étoile au cours du temps. Ce phénomène de sursaut, aussi appelé
    microlentille, pourrait permettre de nous éclairer sur la mystérieuse matière sombre : une matière
    invisible qui constituerait la majorité de la masse de l’Univers. Il a en effet permis de tester l’une des
    théories concernant la nature de la matière sombre contenue dans l’amas de galaxies. Les chercheurs
    ont clairement mis en évidence que l’hypothèse selon laquelle la matière sombre serait sous la forme
    d’un grand nombre de trous noirs, nés à la naissance de l’Univers, n’était pas applicable à l’amas dans
    lequel se trouve Icare.

    La découverte de l’étoile Icare ouvre de nouvelles perspectives pour l’observation et l’étude d’étoiles
    individuelles dans l’Univers lointain. Avec l’avènement du futur télescope James Webb, le successeur
    d’Hubble, les astronomes s’attendent à détecter davantage de phénomènes de ce type, avec encore
    plus de détails : une voie plus que prometteuse pour la compréhension de notre Univers.

    Source: Communiqué de presse du CNRS


    28/03/18 - L'ultra-puissant télescope Webb ne sera pas dans l'espace avant mai 2020

    Le télescope spatial James Webb est le plus puissant jamais construit et ses performances sont attendues depuis des années par la communauté scientifique, mais il faudra encore patienter jusqu'à mai 2020 pour que ce projet aux coûts faramineux se concrétise, a prévenu mardi l'agence spatiale américaine (Nasa).

    Son lancement à quelque 1,5 million de kilomètres de la Terre est repoussé car l'appareil --qui aura la capacité d'observer dans l'infra-rouge-- est actuellement "en phase finale d'intégration et de tests qui vont prendre plus temps pour s'assurer du succès de la mission", a avoué la Nasa dans un communiqué.

    "La fenêtre de lancement déjà repoussée à 2019 est maintenant prévue pour avoir lieu à peu près en mai 2020", selon l'agence spatiale.

    Une fois que la fusée Ariane 5 de l'Agence spatiale européenne (ESA) aura envoyé le méga-télescope en orbite, Webb servira notamment à étudier l'atmosphère des exoplanètes, situées hors du système solaire, et à "sonder les structures mystérieuses et les origines de notre univers", promet la Nasa.

    Rapport présenté au Congrès

    "C'est le plus grand projet international de science spatiale de l'histoire américaine", a insisté l'administrateur de la Nasa, Robert Lightfoot au sujet du successeur de Hubble, lancé en 1990 et qui avait révolutionné l'astronomie.

    James Webb (JWST) aura une sensibilité cent fois plus grande que celle de Hubble et son miroir principal mesure 6,5 mètres de diamètre, soit près de trois fois celui de Hubble.

    De telles prouesses ont un prix et l'agence spatiale américaine a prévenu mardi qu'"une fois la date précise de lancement déterminée, la Nasa fournira une estimation des coûts de développement qui est susceptible de dépasser les 8 milliards de dollars prévus".

    A mesure que les ingénieurs de la Nasa vont poursuivre leurs tests et vérifier que les différents éléments de l'appareil fonctionnent bien ensemble, une fenêtre de lancement plus précise pourra être déterminée. Un rapport doit être rendu sur leurs avancées cet été au Congrès américain, précise le communiqué.

    Ce point est crucial puisque le JWST qui accumule les retards, a déjà subi par le passé un revers au Congrès, lorsqu'une commission de la Chambre des représentants avait voté en 2011 un budget pour la Nasa qui ne prévoyait aucun fonds pour le télescope.

    Conscient du risque de se voir à nouveau refuser des financements, la Nasa a désigné un comité spécial pour superviser l'avancée du projet et le travail du maître d'oeuvre, le groupe américain Northrop Grumman. Cet Independent Review Board (IRB) sera dirigé par Thomas Young, "une personne chevronnée très respectée dans la Nasa et dans cette industrie", a fait valoir le communiqué.

    Temps additionnel nécessaire

    Parmi les tests auxquels est soumis le télescope, Webb doit notamment être exposé aux vibrations, au bruit et aux températures extrêmes qu'il connaîtra durant son lancement et au cours de sa mission. Ensuite "les ingénieurs vont intégrer et tester l'observatoire entièrement assemblé et vérifier que les composants fonctionnent comme il faut ensemble."

    "Le JWST est une entreprise audacieuse et nous devons nous concentrer sur le succès global de la mission, avec la Nasa et l'Agence spatiale canadienne, en réalisant l'intégration finale avec le temps additionnel nécessaire", a pour sa part insisté le directeur de la Science de l'ESA, Günther Hasinger.

    Le JWST, qui sera lancé depuis la Guyane française, explorera tous les champs de l'astronomie et toutes les périodes de l'histoire de l'univers, du Big Bang à la formation de galaxies et de systèmes stellaires dans La Voie Lactée, qui comptent des planètes capables d'abriter la vie.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/sciences


    Mardi 27/03/18 - Des océans sur Mars plus tôt qu’on ne le pensait

    Les océans martiens se sont développés plusieurs centaines de millions d'années plus tôt qu'on ne l'estimait jusqu'à ce jour, laisse à penser une nouvelle théorie mise de l'avant par des géophysiciens américains.

    Selon Michael Manga et ses collègues de l’Université de Californie à Berkeley, ces étendues d’eau seraient apparues lorsque le renflement de Tharsis, le plus vaste soulèvement volcanique du système solaire, se serait formé, causant la libération de gaz à effet de serre menant à un réchauffement planétaire.

    Selon cette hypothèse, les océans auraient été plus petits qu’on ne le pensait jusqu’à aujourd’hui, une réalité qui cadre mieux avec les estimations actuelles des quantités d’eaux qui se retrouveraient sous la surface et aux pôles de la planète voisine de la Terre.

    L’un des arguments des scientifiques, qui affirment que Mars n'a jamais possédé d'océans d'eau liquide est justement que les estimations de la taille des océans ne concordent pas avec celles de la quantité d'eau sous sa surface ou qui se serait échappée dans l'espace et que les calottes glaciaires polaires ne contiennent pas assez d'eau pour remplir un océan.

    Un modèle plus précis

    Le nouveau modèle propose donc que les océans se soient formés avant ou en même temps que le plus grand élément volcanique de Mars, Tharsis, au lieu de s'être formés après, il y a 3,7 milliards d'années.

    Parce que ce renflement était plus petit à l'époque, il n'a pas autant déformé la planète que par la suite, en particulier dans le cas des plaines qui couvrent la majeure partie de l'hémisphère nord, et qui sont possiblement d'anciens fonds marins. Les chercheurs estiment ainsi que l'absence de déformation de la croûte terrestre à cette époque signifie que les océans auraient été moins profonds, retenant environ la moitié de la quantité d'eau estimée lors d’études précédentes.

    Le détail de cette étude est publié dans la revue Nature.

    Source: ici.radio-canada.ca - Rédaction: Alain Labelle


    21/03/18 - Comment les physiciens russes expliquent l'origine des trous noirs primordiaux

    L'hypothèse du naturaliste et géologue anglais John Mitchell sur l'existence, dans l'espace, d'objets inobservables à cause de l'impossibilité de la lumière de s'en échapper (1784) est aujourd'hui confirmée par des dizaines d'observations astronomiques.

    Des chercheurs du monde entier ont déjà découvert dans l'univers un millier d'objet correspondant à la définition de "trous noirs". Ils constituent une zone d'espace-temps dont l'attraction gravitationnelle est si forte que même les objets se déplaçant à la vitesse de la lumière, y compris les photons, ne peuvent la quitter.

    Toutefois, jusqu'à maintenant, toutes les preuves de l'existence des trous noirs sont indirectes — ce qui, du point de vue de nombreux chercheurs, ne réduit pas leur signification. Si seules les preuves directes étaient jugées véridiques, il faudrait reconnaître que c'est le Soleil qui tourne autour de la Terre et non l'inverse. Il est admis depuis longtemps que les trous noirs peuvent apparaître après l'explosion d'étoiles massives. Aujourd'hui, de tels processus sont observés par dizaines par les astronomes dans l'espace. Selon les chercheurs, pratiquement chaque galaxie (dont on compte une centaine de milliards) possède en son centre un trou noir massif ayant une masse équivalente à des millions voire des milliards de masses du Soleil. Par exemple, au centre de notre galaxie, la Voie lactée, se trouve un trou noir dont la masse est plusieurs millions de fois plus importante que celle de notre Soleil.
    Les données des observations indiquent de plus en plus clairement l'existence des trous noirs primordiaux, qui se sont formés si tôt que leur apparition est difficile à expliquer par les moyens standard. Le fait est qu'au moins un milliard d'années est nécessaire pour la formation d'un trou noir massif. L'Univers étant né il y a 13,8 milliards d'années, le trou noir le plus ancien devrait dater d'au moins un milliard d'années "après la naissance de l'Univers". Toutefois on a découvert des trous noirs formés il y a 700 millions d'années après la naissance de l'Univers. Ces derniers sont très massifs — leur masse équivaut à des milliards de Soleils.

    De plus, les ondes gravitationnelles découvertes en 2016 laissent présager l'existence d'une origine non stellaire. Comme elles ont été formées après la fusion de deux trous noirs massifs, on peut en déduire que ces corps ont, un jour, été à proximité. La probabilité que de tels trous noirs massifs coexistent à proximité l'un de l'autre est faible si l'on adopte le scénario de leur origine stellaire.
    Il s'avère que l'existence de trous noirs primordiaux doit être expliquée d'une autre manière. L'approche développée par le MEPhI (Institut d'ingénierie physique de Moscou) de l'Université nationale de recherche nucléaire (groupe de recherche du professeur de la chaire de physique des particulières élémentaires Sergueï Roubine) permet d'expliquer l'apparition des trous noirs primordiaux sans rejeter, en parallèle, la formation stellaire.

    "Imaginons que l'Univers soit rempli par un champ hypothétique, explique le professeur Sergueï Roubine. En introduisant la notion de champ on parle généralement de son énergie potentielle. Autrement dit, si un champ est donné, on sait quelle est son énergie. Si le champ a changé de valeur, alors l'énergie a également changé de valeur. C'est-à-dire que l'énergie potentielle dépend de la valeur de ce champ. Personne ne connaît la forme de ce potentiel. Mais en supposant qu'il possède deux minimums, il pourrait s'avérer que grâce aux fluctuations de l'Univers primordial en élargissement dans une certaine partie de l'espace, le champ saute par-dessus la "crête du maximum" pour retomber au minimum".

    Et de poursuivre: "On sait que toute l'énergie tend vers le minimum en présence de friction. En d'autres termes, l'espace principal tend vers un minimum, mais dans une région réduite il tend vers un autre. Et cette région réduite possède une très grande énergie susceptible de se transformer en trou noir."

    Contrairement à de nombreux autres modèles de formation des trous noirs primordiaux, la version avancée par les physiciens du MEPhI sous la direction de Sergueï Roubine suppose que qu'ils se forment en clusters (amas). Les calculs ont montré que si dans un espace spatial existait la probabilité de passer par-dessus de la "crête du maximum", dans les régions voisines cette probabilité est relativement élevée. Actuellement, les chercheurs travaillent sur des versions d'évolution des clusters des trous noirs primordiaux après leur naissance.

    "Le plus intéressant est ce qui arrive à ces clusters ensuite, poursuit Sergueï Roubine. Il est évident que la région qui a franchi le maximum la première aura la plus grande masse. Nous ne savons pas exactement quelle est cette masse et quelle sera exactement la répartition des trous noirs de par leur masse. Ceci, ainsi que la dynamique qui suivra, dépendent des paramètres du modèle et des conditions initiales. Dès que les trous noirs primordiaux se sont formés, ils ont commencé à interagir, à s'entrechoquer et à fusionner. De plus, les trous noirs qui se trouvaient à la périphérie commencent à être capturés par l'élargissement global de l'espace et s'envolent du cluster pour toujours. Autrement dit, les clusters commencent à vivre leur propre vie, à cuire dans la "soupe" de l'univers primordial. Bref, cette dynamique est complexe et actuellement nous créons un code qui permettra d'analyser toutes ces transformations."

    Malheureusement, il est impossible pour l'instant de vérifier la théorie de Sergueï Roubine grâce à une expérience sur un accélérateur — on ne peut pas obtenir en laboratoire la quantité d'énergie suffisante pour la formation d'un trou noir. Cependant, les nouvelles données des observations des trous noirs primordiaux aideront, à terme, à répondre aux questions concernant leur apparition.

    Source: fr.sputniknews.com/sci_tech


    14/03/18 - Stephen Hawking, superstar de la physique, est mort

    Cloué dans un fauteuil et s'exprimant via un ordinateur, Stephen Hawking, qui est décédé mercredi à 76 ans, a consacré sa vie à percer les secrets de l'univers et à populariser l'astrophysique.

    Sa silhouette désarticulée, recroquevillée dans un lourd fauteuil électrique, était connue dans le monde entier. Incapable de marcher ni de parler depuis des dizaines d'années, le physicien anglais Stephen Hawking est mort ce mercredi à l'âge de 76 ans. «Nous sommes profondément attristés par la mort aujourd'hui de notre père adoré», ont déclaré ses enfants Lucy, Robert et Tim dans ce texte publié par l'agence britannique Press Association. «C'était un grand scientifique et un homme extraordinaire dont l'œuvre et l'héritage vivront encore de nombreuses années», ont-ils écrit.

    L'affection dégénérative paralysante diagnostiquée il y a plus de 50 ans (une sclérose latérale amyotrophique, aussi appelée maladie de Charcot en France et maladie de Lou Gehrig aux États-Unis) aura finalement eu raison de lui. Reconnu par ses pairs pour des travaux de jeunesse remarquables sur les trous noirs, le cosmologiste était devenu une icône. Son corps brisé a nourri auprès du grand public le fantasme d'une science pure, immatérielle, désincarnée. L'histoire de sa vie, le drame de sa maladie, ont forgé une légende.

    Un garçon «paresseux»

    Né le 8 juillet à Oxford en 1942, soit trois siècles jour pour jour après la mort de Galilée, Stephen Hawking n'est pas un génie précoce. Ses résultats à l'école sont corrects, sans plus. Sa mère admet même volontiers que son garçon est «paresseux». C'est «un autodidacte», «un papier buvard qui absorbe tout», se rappelle-t-elle dans une biographie publiée dans les années 90. La famille est cultivée, un peu excentrique. Chacun peut apporter son livre à table et lire en mangeant.

    En 1959, son père, chef du service de parasitologie à l'Institut national de recherche médicale, à Londres, part en Inde avec sa femme et ses trois plus jeunes enfants pour une mission de plusieurs mois. Stephen, l'aîné, 17 ans, reste en Angleterre. Hébergé par la famille d'un ami, il parvient, après quelques mois d'études solitaires, à décrocher une bourse de physique à l'University College, le plus ancien collège de l'université d'Oxford.

    Au sein de la vénérable institution, la future star mondiale de la physique s'ennuie ferme. Selon ses professeurs, Hawking travaille très peu. Lui-même reconnaît à plusieurs reprises n'avoir pas consacré plus d'une heure par jour à étudier. Ses camarades remarquent néanmoins très vite les aptitudes de cet original aux lunettes épaisses et au large sourire qui préfère traquer les erreurs dans les manuels plutôt que d'en résoudre les problèmes.

    En deuxième année, le jeune homme, plutôt chétif, pour ne pas dire malingre, intègre le prestigieux club d'aviron en tant que barreur. D'un naturel aventureux, plein de confiance en lui, il casse autant de bateaux qu'il gagne de courses. Ces innombrables après-midi passées sur les rivières sont à deux doigts de lui coûter la mention «très bien» à son examen final. Il la décroche de justesse et au culot en «menaçant» les examinateurs de rester à Oxford s'ils ne la lui donnent pas. Ce précieux sésame lui est indispensable pour postuler à un doctorat à Cambridge. À rebours de son époque, Hawking choisit la cosmologie, l'étude des origines de l'univers, plutôt que la physique quantique, un domaine pourtant en pleine effervescence.

    Une maladie incurable

    C'est à cette période que la maladie fait son apparition. Le jeune homme est de plus en plus maladroit. Il tombe parfois sans raison. Le diagnostic des médecins est terrible: Hawking est atteint d'une sclérose latérale amyotrophique (SLA ou maladie de Charcot). Rare et incurable. Pour une raison inconnue (encore aujourd'hui), la maladie attaque les motoneurones du cortex cérébral. Le jeune homme comprend qu'il ne pourra bientôt plus marcher, parler, manger, voire respirer, sans assistance. La dégénérescence peut se faire en quelques années. Il pourrait mourir en moins de trois ans. Le temps est compté.

    Accablé par un sentiment d'injustice, l'étudiant de 21 ans retrouve rapidement dans son amour naissant pour une jeune étudiante en langues, Jane Wilde, l'énergie pour se battre. Pour fonder (rapidement) une famille, Hawking a besoin d'argent, donc de travail. La priorité absolue est de boucler au plus vite son doctorat. Pour la première fois de sa vie, il se jette à corps perdu dans le travail. C'est un tournant décisif: il se surprend à adorer ça.

    Le succès de sa «Brève histoire du temps»

    Ses aptitudes remarquables en mathématiques l'amènent à formuler des interprétations physiques originales. Les théories d'Einstein prévoient que l'effondrement de certaines étoiles conduit à la formation d'objets si denses que même les photons, les particules les plus rapides de l'univers, ne peuvent échapper à leur attraction gravitationnelle. Hawking montre que ces «trous noirs» abritent des «singularités», des points de l'espace-temps où la densité devient infinie.

    Il publiera de nombreux articles sur d'autres «singularités» qui émanent naturellement des théories d'Einstein. Le jeune chercheur fait par exemple le lien avec la théorie du Big-Bang, formulée dans les années 40, qui peine encore à faire consensus. Il montre qu'il s'agit mathématiquement d'un «trou noir inversé»: un point de densité infinie qui s'est dilaté. Et que les trous noirs sont au contraire le terminus d'un univers régi par la gravitation: un état stable définitif.

    Le plus beau résultat de Stephen Hawking date de 1974. Le chercheur est le premier à réussir à associer les constantes fondamentales de la relativité générale avec celles de la mécanique quantique, deux théories a priori incompatibles, dans une même équation. Elle décrit la manière dont les trous noirs devraient «s'évaporer» en émettant un léger rayonnement. Cette radiation Hawking, bien trop faible, n'a jamais pu être observée de son vivant, le privant du prix Nobel qu'il aurait mérité. À 35 ans, en 1979, il se voit proposer la prestigieuse chaire lucasienne de professeur de mathématiques de Cambridge, jadis occupée par Sir Isaac Newton. Personne ne s'imagine alors que le jeune homme occupera le poste pendant 30 ans!

    À cette époque, Stephen Hawking n'est pas encore une célébrité. C'est un ouvrage de vulgarisation publié en 1988 qui va le propulser sur le devant de la scène. Le succès de sa Brève histoire du temps, est immense: le livre s'écoule à plus de neuf millions d'exemplaires dans le monde. C'est d'autant plus surprenant que l'ouvrage est assez médiocre. Le coup de génie de l'éditeur: avoir fait du portrait de l'auteur dans son fauteuil électrique la couverture du livre. Le «story telling» est parfait. Le scientifique est prisonnier d'un corps cassé mais réussit par la seule force de son esprit à naviguer avec aisance dans les théories physiques les plus abstraites tout en livrant un combat acharné contre la maladie qui le ronge et aurait dû l'emporter depuis des années.

    En a résulté un grand malentendu. Stephen Hawking est devenu l'incarnation du «scientifique parfait», comme l'a écrit la sociologue Hélène Mialet. L'image de son corps désarticulé a en quelque sorte validé le mythe populaire d'une science qui ne serait qu'un pur produit de l'esprit, détaché des contingences matérielles. Cette vision masque pourtant une réalité bien différente, analyse la sociologue française: Hawking était au contraire au cœur d'un système complexe, éminemment matériel, qui lui permettait d'exister et de produire de la science. Des étudiants brillants l'assistaient (comme tous les chercheurs de son niveau) dans sa production scientifique. Des infirmières s'occupaient de lui en permanence. Il ne pouvait exister qu'au sein de cet étroit réseau, invisible depuis l'extérieur.

    Personnage de la pop culture

    Hawking avait conscience du mythe qui l'entourait et surveillait attentivement sa communication. Il a toujours refusé de changer sa voix synthétique à l'accent américain avec laquelle il avait commencé à «s'exprimer» dans les années 80. Son statut d'icône lui a ouvert toutes les portes. Les papes comme les présidents américains l'ont naturellement reçu. Il est devenu un personnage de la pop culture à part entière, s'invitant dans les shows télévisés américains ou dans des séries comme «Les Simpsons» ou «Star Trek». Un biopic lui a même été consacré.

    Jamais un scientifique n'a connu une telle notoriété. Jamais un scientifique n'a bénéficié d'une telle caisse de résonance médiatique. Ses propos sur l'inexistence de Dieu, les extraterrestres ou l'euthanasie ont systématiquement été écoutés et relayés, quel qu'en soit l'intérêt ou la pertinence. S'il a su profiter à plein de ce grand jeu pour «remplir» sa vie, l'homme n'a jamais semblé dupe. Dans son autobiographie publiée en 2013, il écrivait ainsi: «J'espère qu'on se rappellera d'abord de moi comme père et grand-père.» Une épitaphe qui résonne comme un cri du cœur.

    Source: www.lefigaro.fr/sciences - Auteur: Tristan Vey


    17/03/18 - La Chine explorera les ressources terrestres... depuis l'espace

    Une fusée chinoise Longue Marche-2D a placé en orbite un satellite destiné à l'exploration des ressources terrestres par le biais de la télédétection. Un lanceur chinois Longue marche décolle depuis la base de Xichang

    La Chine a lancé avec succès un satellite d'exploration des terres depuis la Base de lancement de Jiuquan, dans le désert de Gobi (nord-ouest).

    Le satellite, quatrième de ce genre, aura principalement pour vocation l'exploration des ressources terrestres par le biais de la télédétection, relate l'agence Chine nouvelle.

    L'engin a été placé en orbite par une fusée Longue Marche-2D (Changzheng). Selon l'agence, il s'agit de la 268e mission des fusées de cette famille.

    Pour 2018, la République populaire de Chine envisage d'effectuer pas moins de 40 lancements spatiaux, ce qui constituera un record absolu pour ce pays et probablement pour le monde entier.

    À titre de comparaison, en 2017, la Chine a effectué 18 lancements spatiaux, alors que les États-Unis en ont réalisé 29. La Russie a pour sa part effectué 19 lancements, dont un s'est soldé par un échec.

    Source: fr.sputniknews.com


    11/03/18 - Encore plus extrêmes, les trous noirs ultramassifs !

    Parmi des amas galactiques très lointains, au centre, se trouvent des galaxies très massives et très brillantes, et en leurs centres, se trouvent les trous noirs les plus massifs de l’Univers détectés à ce jour. Tout ça, jusqu’à une distance de 3,5 milliards d’années-lumière de nous.

    Ces observations ont été faites grâce au télescope à rayons X Chandra de la NASA et une équipe internationale d’astrophysiciens, dont fait partie la professeure québécoise Julie Hlavacek-Larrondo, du département de physique de l’université de Montréal.

    Et un trou noir, c’est un trou sans fond dans l’espace ? Pas vraiment…

    Pour tenter de faire simple, un trou noir, c’est un objet céleste qui a un champ gravitationnel tellement intense qu’aucune matière ou même rayonnement peuvent s’en échapper. Comme ils n’émettent pas de lumière, on les décrit comme étant invisibles astronomiquement parlant. Cependant, on peut étudier les effets qui leur sont associés avec des techniques d’observations indirectes. Selon la théorie de la relativité ou la physique quantique, les trous noirs agissent de façon vraiment ahurissante, mais un des aspects qui leur est caractéristique, c’est leur masse gigantesque.

    Ils peuvent avoir différentes grosseurs, mais plus de la moitié de ceux observés ici, ont des masses évaluées à plus de 10 milliards de fois la masse de notre soleil. On les appelle les « ultramassifs ». En fait, c’est beaucoup plus gros que ce à quoi s’attendaient les chercheurs, ce qui est surprenant oui, mais un peu moins quand l’on considère à quel point ces objets sont spéciaux et hors du commun.

    Est-ce qu’on doit avoir peur des trous noirs ?

    En tant que résidant du système solaire et de la Voie Lactée, non. Celui au centre de notre galaxie, Sagittarius A, est un trou noir supermassif peu actif, qui n’aspire pas beaucoup de matière. On peut dormir tranquille, mais on ne peut pas en dire autant des galaxies qui hébergent les trous noirs ultramassifs. Ils aspirent beaucoup de matière et ils en rejettent aussi sous forme de jets d’énergie, qui peuvent menacer la galaxie elle-même.

    Les trous noirs deviennent, petit à petit, un peu moins mystérieux, mais ils demeurent toujours aussi fascinants.

    Rédaction: Camille Janson-Marcheterre avec le "labo du journalisme scientifique", un blogue tenu par les étudiants du cours de journalisme scientifique de l'Université Laval.

    Source: _www.sciencepresse.qc.ca


    01/03/18 - Les archées méthanogènes, des microbes qui pourraient survivre sur Encelade, lune de Saturne

    Certains micro-organismes terrestres, les archées méthanogènes, pourraient survivre sur Encelade, petite lune de Saturne !

    Encelade est une petite lune de Saturne de 500 km de diamètre. C'est ,avec Europe (un satellite de Jupiter), l'un des astres du système solaire qui suscite le plus d'intérêt de la part des exobiologistes, qui étudient les milieux favorables à la vie hors de la Terre. Encelade possède en effet un géologisme actif qui fait suspecter la présence d'un vaste océan subglaciaire qui baigne l'ensemble du globe, au fond duquel existent des sources hydrothermales. Comme sur Europe, les spécialistes suspectent qu'autour deces sources pourrait se développer la vie. D'autant plus qu'un certain nombre de composés intéressants ont été identifiés sur Encelade : du méthane, du dioxyde de carbone, de l'ammoniac et de l'hydrogène moléculaire. Or certains microbes terrestres peuvent se développer et produire du méthane à partir de dioxyde de carbone et d'hydrogène gazeux : c'est le cas des archées méthanogènes.

    En attendant de futures missions sur zone

    Des chercheurs de l'université de Vienne ont cultivé trois de ces micro-organismes en laboratoire dans des conditions reproduisant le milieu d'Encelade. L'un des microbes, appelé Methanothermococcus okinawensis, s'est développé, a produit du méthane et il a pu subsister en présence d'éléments qui sont des poisons pour d'autres organismes de sa famille. Les scientifiques publient leurs résultats dans la revue Nature Communications et y ajoutent que de l'hydrogène pourrait se former en quantité suffisante dans le noyau d'Encelade pour que ces micro-organismes puissent y vivre durablement.

    Ces résultats appuient l'idée que des microbes dotées d'un métabolisme similaire aux archées méthanogènes pourraient exister sur Encelade et être à l'origine du méthane détecté sur cet astre. Toutefois ce gaz, et c'est pour le moment l'hypothèse la plus probable, peut aussi se former à partir de processus géophysiques. Pour déterminer avec certitude son origine, il faudra dépêcher une mission spatiale sur place. Un tel projet n'est pas encore sur les rails mais les ingénieurs de la Nasa travaillent déjà sur des prototypes robotiques conçus pour explorer les océans cachés sous la glace.

    Sourve: www.sciencesetavenir.fr/espace - Auteur: Joël Ignasse


    09/02/18 - Un astéroïde gros comme un immeuble passe près de la Terre ce vendredi soir

    La Nasa annonce qu’un astéroïde de 40 mètres « frôlera » la terre ce vendredi soir. ‘2018 CB’ devrait passer à 64 000 kilomètres de notre planète, vers 23h30. Cette distance représente environ un cinquième de la distance Terre-Lune.

    L’heure n’est pas à l’appréhension, puisque l’astéroïde ne devrait pas rentrer dans l’atmosphère. Aucun dégât n’est donc à prévoir.

    Source: www.lesoir.be


    31/01/18 - Une "Super Lune bleue de sang" fait son show mercredi

    Proche, grosse, et "sanguine": une éclipse lunaire totale particulièrement rare par sa taille offrait mercredi un spectacle impressionnant et visible d'une bonne partie du globe, appelé "Super Lune bleue de sang".

    En pleine nuit, des milliers de personnes se sont rassemblées en Californie pour voir la Lune disparaître, privée des rayons du soleil, avant de réapparaître teintée de rouge, d'où son nom de "lune de sang". Elle est aussi qualifiée de "bleue", car il s'agit de la deuxième pleine Lune en un mois, un nom qui fait référence à la rareté du phénomène (il ne survient en moyenne que tous les deux ans et demi) mais pas du tout à sa couleur.

    Certains avaient attendu plus de cinq heures avec l'espoir de trouver une bonne place au coeur de l'observatoire Griffith de Los Angeles, qui a ouvert ses portes à 03H30 pour accueillir quelque 2.000 spectateurs.

    L'éclipse a finalement débuté vers 3H45 (11H45GMT), une ombre noire commençant à grignoter la Lune blanche. Une heure plus tard, elle était plongée dans le noir puis, à mesure qu'elle se dévoilait de nouveau, des teintes cuivrées ont coloré sa surface.

    Le spectacle devait pouvoir être admiré depuis l'Amérique du Nord, la Russie, l'Asie et l'océan Pacifique. La majeure partie de l'Europe, l'Afrique et l'Amérique du sud a en revanche été privée du show par la lumière du soleil.

    En Amérique du Nord, en Alaska ou à Hawaï, l'éclipse a été visible avant le lever du soleil. Au Moyen-Orient, en Asie, en Russie orientale, en Australie et en Nouvelle-Zélande, le spectacle se déroulait au lever de la Lune dans la soirée de ce mercredi. Spectacle qui, contrairement aux éclipses de soleil, ne nécessite pas de lunettes de protection pour pouvoir être admiré.

    "Cadeau rare"

    La teinte rouge de la Lune, qui ne produit pas sa propre lumière, résulte d'un phénomène lumineux: les rayons du soleil qui traversent l'atmosphère terrestre sont "diffusés" (réfléchis, ndlr), à l'exception des rayons rouges.

    "La couleur rouge apparaissant pendant une éclipse lunaire est très particulière, c'est un cadeau rare de pouvoir observer une lune sanguine", souligne Brian Rachford, professeur associé de physique à l'université américaine de Embry-Riddle Aeronautical.

    Cette éclipse était tout particulièrement attendue car la lune présentait "trois spécificités à la fois", confirme l'Observatoire de Paris sur son site: non seulement "bleue" et "sanguine", elle était aussi "Super"!

    "Super", car l'astre est très proche de la Terre ce mercredi.

    L'éclipse est intervenue seulement 27 heures après que la Lune a atteint son point orbital le plus proche de notre planète, appelé le périgée. Elle est donc apparue alors un peu plus grosse que d’habitude, "de 7% environ par rapport à une Lune moyenne, ce qui permettra d’en distinguer plus facilement à l’oeil nu les zones sombres et les contrastes", prévoyait l'Observatoire de Paris.

    Le dernière "Super Lune bleue de sang" s'était produite le 30 décembre 1982 et avait été visible en Europe, en Afrique et dans l'ouest de l'Asie.

    Pour l'Amérique du Nord, il faut remonter à 152 ans, au 31 mars 1866, selon les annales.

    Le prochain phénomène similaire est prévu le 31 janvier 2037.

    Source: www.maritima.info - Rédaction: Frederic Brown avec Jean-Louis Santini à Washington


    19/01/18 - Espace: l'astéroïde 2002 AJ129 va frôler la planète Terre le 4 février prochain

    Un astéroïde d’un kilomètre de diamètre, répondant au doux nom de 2002 AJ129, passera tout près de la Terre dimanche 4 février. Enfin, tout près : à 4 millions de kilomètres environ. L’objet se dirige vers nous à la vitesse de 107 826 km/h.

    Cette distance est énorme pour nous mais minuscule selon les proportions de l’univers, rapporte RTL. Pour être considéré comme potentiellement dangereux par la NASA, un élément céleste devrait s’approcher à moins de 7 403 kilomètres de nous.

    25 000 objets au-dessus de nos têtes

    Le 16 décembre 2017, l'astéroïde Phaéton – un objet céleste de cinq kilomètres de diamètre – avait lui aussi frôlé notre planète en passant à 10,3 millions de kilomètres. En 2017, la NASA a publié un rapport qui estime à 25 000 le nombre de géocroiseurs susceptibles d’approcher l’orbite terrestre.

    L’étude ne recense que les astéroïdes dont le diamètre est supérieur à 140 mètres et dont la chute pourrait provoquer de lourds dégâts sur notre planète. Il y a 66 millions d’années, le bloc venu de l’espace qui a provoqué l’extinction des dinosaures faisait quelque dix kilomètres de diamètre.

    Source: www.20minutes.fr/sciences


    16/01/18 - «Il faudrait de multiples coups de chance pour découvrir une vie extraterrestre»

    Sommes-nous seuls dans l’Univers? Un cycle de conférences tente de répondre. Entretien avec le professeur André Maeder, ancien directeur de l'Observatoire astronomique de Genève.

    «La découverte en 1995 de la première exoplanète (ndlr: planète située hors du Système solaire) a boosté l’intérêt pour la recherche de la vie extraterrestre», estime André Maeder. Professeur honoraire à l’Université de Genève et ancien directeur de l’Observatoire astronomique, il expliquera ce soir les conditions nécessaires au développement de cette vie, dans le cadre d’un cycle de conférences organisé par le Collège de Saussure. À 76 ans, la passion de ce scientifique demeure intacte. Entretien en gardant les pieds sur terre.

    On reparle beaucoup de Mars en ce moment. Une planète qui pourrait abriter de la vie?

    Mars a pu offrir des conditions favorables à la vie durant au moins un milliard d’années, avant qu’elle ne perde son atmosphère. Nous avons donc encore beaucoup à apprendre d’elle. En revanche, on estime qu’il y a environ 200 milliards d’étoiles, avec chacune entre cinq et dix planètes. Il est dès lors plus que probable que la vie existe ailleurs.

    Probable, mais pas certain?

    Au risque de décevoir le public, on n’a encore aucune preuve d’une vie extraterrestre. Mais la probabilité motive les missions spatiales, sur Mars notamment. De son côté, la recherche autour des exoplanètes a élargi le champ des interrogations.

    La présence d’eau – on pense qu’il y en a eu sur Mars – ne suffit-elle pas à imaginer de la vie?

    L’eau, abondante dans l’Univers, est un merveilleux solvant qui permet la mobilité des particules. Mais en effet, sa présence ne veut pas dire qu’il y a de la vie.

    Quelles sont les conditions requises?

    Elles sont multiples. Sur le plan astronomique, il faut notamment que l’étoile vive assez longtemps, que la planète ne soit ni trop loin d’elle ni trop près, et ni trop grosse ni trop petite. On peut également relever l’influence des astéroïdes. Au niveau géologique, outre l’eau, il faut un certain volcanisme et une tectonique des plaques pour trouver des terres émergées. Les cheminées volcaniques peuvent aussi constituer un site d’apparition de vie.

    Mais quel type de vie pourrait-on découvrir?

    On aborde ici les conditions biologiques à l’apparition de la vie. On serait déjà très content de trouver des bactéries ailleurs que sur la Terre! Mais pour que celles-ci deviennent des cellules à noyau, il a fallu environ deux milliards d’années. Il faudrait donc de multiples coups de chance pour trouver de la vie ailleurs, surtout sous la forme d’une civilisation. Or, on ne sait pas grand-chose sur la durée d’une civilisation. Et c’est pourtant la question majeure.

    Pourquoi?

    Prenez par exemple la civilisation égyptienne. Elle a duré environ deux mille ans. La nôtre, dite technique, existe depuis un peu plus de deux cents ans. Sera-t-elle durable? On n’en sait rien. Or, la probabilité de trouver de la vie civilisée ailleurs change complètement si on imagine qu’une civilisation peut durer deux mille ans ou dix millions d’années.

    Alors il ne faut pas trop rêver?

    Au contraire, car la recherche avance de façon remarquable. En vingt-deux ans, on a ainsi découvert environ 3800 exoplanètes, Et certaines sont situées dans des zones habitables.

    Quand vous êtes devenu chercheur, aucune exoplanète n’avait encore été découverte. Aujourd’hui vous regardez le ciel autrement?

    Je le regarde avec plus de profondeur, oui, mais toujours avec le même émerveillement.

    Source: Tribune de Genève - Interview d'André Maeder ancien directeur de l'Observatoire astronomique de Genève par Xavier Lafargue, journaliste à la TdG


    15/01/18 - Une pierre extraterrestre d’origine nébuleuse retrouvée en Égypte

    Une pierre extraordinaire d’origine très ancienne a été découverte en Égypte. Les archéologues supposent désormais qu’elle pourrait provenir d’un autre Système solaire.

    Il y a environ cinq ans, des archéologues ont mis au jour la pierre d'Hypatia au sud-ouest de l'Égypte. Des scientifiques de l'Université de Johannesbourg (Afrique du Sud) avaient à l'époque supposé qu'elle pourrait provenir d'un autre Système solaire. Ils sont désormais certains que la pierre a bel et bien une origine extraterrestre et pourrait même être plus ancienne que le Soleil et toutes les autres planètes, relate le magazine Focus Online.

    La matrice de la pierre consisterait en grande partie de composés du carbone spéciaux, qui constituent l'élément principal de la poussière interstellaire. Cette dernière existait déjà avant l'apparition de notre Système solaire et se retrouve également dans les météorites, les astéroïdes et les comètes. La partie intérieure de la pierre diffère de tous les autres objets d'origine spatiale qu'on ait jamais retrouvés sur Terre.
    Ainsi, les scientifiques se penchent désormais sur la question de savoir d'où vient exactement la pierre extraterrestre et ce qu'elle peut nous apprendre sur la formation de notre Système solaire.

    «Nous savons que l'Hypatia est née dans un environnement glacial, probablement aux alentours de 196°C au-dessous de zéro. Dans notre Système solaire, cela pourrait avoir lieu dans des confins lointains (…). Nous en savons encore très peu sur la composition chimique des objets qui en proviennent», a souligné le principal chercheur du projet, Jan Kramer.

    En dépit de la distance qu'elle aurait parcouru, la pierre est en bon état. Sa partie intérieure se compose principalement de diamants, qui auraient pu se former au moment où le corps céleste est entré dans l'atmosphère de la Terre ou quand il a frappé contre sa surface. Il est probable que l'Hypatia représente l'un des fragments d'une pierre extraterrestre de plusieurs mètres de diamètre, concluent les chercheurs.

    Source: fr.sputniknews.com


    28/12/17 - Sept dates à retenir concernant les événements célestes et l’exploration spatiale en 2018


    Étant presque à l’aube d’une nouvelle année, nous vous proposons aujourd’hui une liste de quelques événements importants en termes d’exploration spatiale et d’événements célestes, qui auront lieu en 2018 ! Bien entendu, il y a de nombreuses choses que nous ne pouvons pas prédire à l’avance, mais à notre connaissance, voici sept événements des plus intéressants concernant l’espace pour 2018.

    Les éclipses

    En 2018, il n’y aura pas d’éclipse solaire totale. Par contre, il y aura trois éclipses solaires partielles et deux éclipses lunaires totales. Elles seront visibles à divers endroits du monde.

    -31 janvier : éclipse lunaire totale, visible depuis l’Australie, l’Amérique du Nord, l’Asie de l’Est et l’Océan Pacifique.

    -15 févier : éclipse solaire partielle, visible depuis l’Antarctique, le Chili et l’Argentine.

    -13 juillet : éclipse solaire partielle, visible depuis l’Antarctique et l’Australie (pour sa partie située le plus au sud).

    -27 juillet : éclipse lunaire totale, visible depuis la plupart des pays situés en Europe, en Afrique, en Asie centrale et de l’Ouest, ainsi qu’en Australie-Occidentale.

    -11 août : éclipse solaire partielle, visible dans le Nord-Est du Canada, au Groenland, en Europe du Nord et en Asie du Nord-Est.

    Les pluies de météorites

    Il y a un certain nombre de pluies de météorites chaque année. Deux des meilleures à observer sont les Perséides, qui atteindront leur pic du 12 au 13 août avec jusqu’à 60 météores par heure, ainsi que les Géminides, qui culmineront du 13 au 14 décembre avec jusqu’à 120 météores par heure !

    Nous pourrons peut-être enfin voir l’horizon des événements d’un trou noir !

    En avril de cette année, un projet multi-télescope appelé Event Horizon Telescope (EHT) a tenté de photographier l’horizon des événements d’un trou noir (donc pas le trou noir lui-même, mais ce point de non-retour où l’attraction de l’objet est si forte que rien, ni même la lumière, ne peut s’en échapper).

    À l’heure actuelle, nous attendons toujours de savoir ce que l’Event Horizon Telescope a photographié durant les cinq nuits d’observation du trou noir Sagittarius A*, situé au centre de notre galaxie.

    Forage et exploration de la Lune

    C’est – presque – officiel : l’être humain retourne sur la Lune ! Le dernier terrien ayant foulé la surface de la Lune est Eugene Cernan, astronaute de la NASA, en 1972… Mais de nombreux projets lunaires débuteront en 2018.

    En effet, l’Inde prévoit d’y envoyer un rover (une première dans l’histoire du pays) en 2018. SpaceX va également effectuer des voyages en orbite lunaire (avec deux citoyens privés à bord). Tandis que les sondes chinoises Chang’e 4 et Chang’e 5 vont respectivement explorer le côté obscur de la Lune et tenter de ramener des échantillons sur Terre afin de les analyser. Et n’oublions pas le Lunar XPrize de Google, une compétition pour des entités privées visant à envoyer un rover sur la Lune.
    La science des astéroïdes !

    En 2018, deux atterrissages sont prévus sur des astéroïdes ! En juin, la sonde Hayabusa 2 de la JAXA, lancée en 2014, va en effet rencontrer l’astéroïde Ryugu. Un astéroïde proche de la Terre avec une combinaison rare de qualification de type C et de type G. Ensuite, en août, la mission OSIRIS-REx de la NASA va rencontrer l’astéroïde également proche de la Terre nommé Bennu.

    En plus d’être sans nul doute fascinantes à suivre, ces deux missions visent à récupérer et ramener des échantillons sur Terre (en 2020 pour Hayabusa et en 2023 pour OSIRIS-Rex).

    De véritables feux d’artifice de pulsar

    Au début de l’année prochaine (il est actuellement difficile de dire quand exactement) un pulsar va survoler de très près l’une des étoiles les plus brillantes de notre galaxie, à travers le disque de gaz et de poussière qui entoure cette étoile bleue extrêmement lumineuse, ayant une masse de 15 fois celle du Soleil et étant 10 000 fois plus brillante.

    Lorsque cela se produira, il y aura une explosion tout simplement phénoménale à l’échelle cosmique, créant un véritable feux d’artifice astrophysique qui aidera les chercheurs à mesurer la masse, la gravité, le champ magnétique, le vent stellaire et les propriétés du disque.

    Une sonde ira étudier la planète Mercure

    En 2017 s’est terminée la mission Cassini vers Saturne. Mais il y a encore Juno, qui étudie Jupiter. Et l’année prochaine, l’ESA et la JAXA vont lancer dans le cadre d’une mission conjointe BepiColombo, qui prévoit de sonder Mercure, la planète la plus proche du Soleil et la moins massive du Système solaire. Il est prévu que la sonde arrive à proximité de Mercure en 2025.

    Source: trustmyscience.com


    20/12/17 - L'eau de Mars en partie capturée par ses roches

    Une sorte d'«effet éponge»: une partie de l'eau sur Mars aurait été absorbée par les roches volcaniques de la planète rouge, assurent des chercheurs dans une étude.

    Cette nouvelle piste permet de compléter les thèses actuelles sur la disparition de l'eau liquide de la surface martienne, soulignent-ils.

    «En substance, Mars a été condamnée par sa géochimie», déclare à l'AFP Jon Wade, du département Sciences de la Terre de l'Université d'Oxford, principal auteur de l'étude parue mercredi dans la revue Nature.

    La Terre et Mars sont deux planètes rocheuses voisines qui ont connu des destins totalement différents. L'eau a presque toujours été présente sur la planète bleue (ce qui a permis l'apparition de la vie) alors qu'elle a disparu de la planète rouge rapidement après la formation de cette dernière.

    Mars, plus petite que la Terre, est devenue sèche et glacée, mais on pense qu'elle a connu il y a très longtemps un climat plus chaud, plus humide, avec de l'eau liquide à sa surface.

    Selon de précédentes études scientifiques, une grande partie de l'eau martienne s'est échappée dans l'espace, car la planète a perdu son bouclier magnétique, susceptible de la protéger des vents solaires comme le fait celui qui entoure la Terre. Une autre partie subsisterait sous forme de glace sous la surface.

    Mais ces théories n'expliquent pas tout, selon les chercheurs de l'étude, convaincus que la minéralogie a aussi son mot à dire.

    Sur Mars, comme sur Terre, l'érosion et les réactions hydrothermales modifient les roches à la surface, qui, «de sèches deviennent hydratées», souligne Jon Wade. «Mais les roches martiennes semblent encore plus enclines à ce genre de réactions».

    Cela s'explique par «la plus forte teneur en fer des roches volcaniques martiennes, comparée à celle des roches volcaniques terriennes», selon Jon Wade.

    En s'appuyant sur des modélisations, l'équipe internationale de scientifiques a calculé que «les roches basaltiques sur Mars retiennent environ 25 % d'eau en plus que ce type de roches sur Terre, ce qui a eu pour conséquence d'attirer l'eau de la surface vers l'intérieur» (le manteau), indique l'Université d'Oxford dans un communiqué.

    Désormais, «l'eau est "emprisonnée" dans la structure minérale. Elle n'est plus liquide, mais liée physiquement à elle», explique Jon Wade.

    Ces roches hydratées martiennes, renfermant des minéraux denses, sont susceptibles de plonger jusqu'à une profondeur de plus de 90 km, «éloignant pour de bon l'eau» de la surface martienne, ajoute-t-il.

    En revanche, sur la jeune Terre, «les roches hydratées ont eu tendance à "flotter" jusqu'à ce qu'elles perdent leur eau en fondant, plongeant alors dans le manteau terrestre. Mais l'eau a pu retrouver son chemin vers la surface», estime Jon Wade.

    Source: www.lapresse.ca/sciences/astronomie-et-espace avec l'AFP


    15/12/17 - L'explosion d'une supernova projette dans l'espace les ingrédients de la vie

    Des scientifiques ont analysé les différents éléments de Cassiopée A, les vestiges de l'explosion d'une supernova, à 11 millions d'années-lumière de la Terre. Les résultats sont étonnants.

    D'où viennent la plupart des éléments essentiels à la vie sur Terre? De l'intérieur des étoiles, ces forges stellaires qui, lors de leur explosion, propulsent dans l'espace des quantités astronomiques de matières, dont celles nécessaires à la fabrication de l'ADN. En d'autres termes, quand une supernova explose, elle relâche dans l'espace tous les constituants nécessaires au développement de la vie, du moins telle qu'on la connait sur Terre.

    C'est ce que confirme les récentes données récoltées par l'observatoire de rayons X Chandra, un télescope spatial de la Nasa, qui a pointé ses capteurs vers l'un des objets les plus connus de notre Galaxie, Cassiopée A, dans la partie nord de la constellation de Cassiopée. Cet immense nuage de matières est le résultat de l'explosion d'une supergéante rouge, à 11 100 années-lumière de la Terre, dont la lumière nous parvient depuis 1680 ans environ.

    Les chercheurs ont utilisé le télescope Chandra pour analyser les émissions de rayon-X de Cassiopée A sous différentes longueurs d'onde. Ce qui leur a permis de détecter les éléments projetés dans l'espace par l'onde de choc, mais aussi leur quantité. Ils ont pu identifier la présence de silicium, de sulfure, de calcium, de fer et d'oxygène.

    Tous les ingrédients nécessaires à l'ADN

    Les scientifiques ont ensuite déterminé que l'explosion de la supernova avait expulsé l'équivalent de 20 000 fois la masse de la Terre en silicium, 10 000 masses terrestres de sulfure, 70 000 de fer, mais aussi près d'1 million de masses terrestre d'oxygène.

    De précédentes recherches avaient aussi mis en évidence la présence d'azote, de carbone, d'hydrogène et de phosphore dans Cassiopée A. Soit tous les éléments qui, combinés à ceux récemment découverts, permettent de fabriquer l'ADN, la molécule qui transporte les informations génétiques. En clair, la supernova a propulsé dans l'espace sinon la recette, du moins les ingrédients nécessaires à la vie.

    D'ailleurs, l'intégralité de l'oxygène présent dans notre système solaire proviendrait d'explosions semblables à celle qui a produit Cassiopée A, précisent les chercheurs. Tout comme la moitié du calcium et environ 40% du fer. Le reste proviendrait d'explosions stellaires plus petites et du résultat de la fusion d'étoiles à neutrons, mais aussi du rayonnement cosmique.

    Le mystère Cassiopée
    Aujourd'hui, on ne sait toujours pas ce qu'est devenue l'étoile qui a provoqué Cassiopée A. Selon la Nasa, trois scénarios sont possible: soit la supernova s'est transformée en étoile neutrons, soit en trou noir, soit a totalement disparu. Si la première piste est privilégiée, aucun preuve formelle n'a encore été identifiée.

    Ce que l'on sait en revanche, c'est qu'au début de sa vie, cette étoile avait une masse 16 fois supérieure à notre Soleil. Elle a progressivement fondu, jusqu'à atteindre 5 masses solaires, puis a explosé. Le rémanent de la supernova, le nuage de matière éjecté, mesure aujourd'hui 10 années-lumière environ et continue de croître à une vitesse de 4000 à 6000 kilomètres par seconde.

    Une expansion si rapide qu'il est possible de suivre les changements de la structure au fil des ans. Une raison de plus pour considérer Cassiopée A comme l'un des objets les plus fascinants de la Voie Lactée.

    Source illustrée: www.lexpress.fr - Auteur: Victor Garcia


    08/12/17 - Découverte du plus ancien trou noir de l'univers, un formidable colosse

    L'existence même de ce mastodonte, 800 millions de fois la masse de notre Soleil, aussi tôt dans l'histoire de l'univers, est une énigme pour les astronomes.

    Il est aussi gros que distant, et c'est une vraie surprise. Un trou noir hypermassif, de 800 millions de fois la masse de notre Soleil, dont la lumière a mis 13 milliards d'années pour parvenir jusqu'à nous, par une équipe internationale de chercheurs (travaux publiés dans Nature et The Astrophyscial Journal Letters). C'est un record de distance absolu pour un objet de ce type (le précédent record datait de 2011), mais aussi un record de poids pour un astre aussi lointain. «Il est au moins dix fois plus gros que le précédent trou noir supermassif détecté à ce type de distance», précise Bram Venemans, l'astronome de l'Institut Max Planck d'Astronomie situé à Heidelberg, en Allemagne, qui coordonne avec son collègue Fabian Walter la recherche de ce type d'objets dans les confins de l'univers visible depuis plusieurs années.

    La découverte proprement dite est quant à elle à mettre au crédit des télescopes Magellan de l'observatoire de Las Campanas, au Chili, après une recherche systématique réalisée sur un très grand nombre d'étoiles avec le télescope spatial WISE de la Nasa. Le trou noir a ensuite fait l'objet de campagnes d'observation approfondies avec les réseaux de radiotélescopes VLA (Nouveau-Mexique) et NOEMA de l'Iram, situé dans les Alpes françaises. Ces derniers ont notamment réussi à détecter la galaxie au sein de laquelle se cachait le mastodonte.

    Ce dernier a été trahi par le repas gargantuesque qu'il est en train de dévorer. Un disque de matière s'effondre en effet en spirale dans la gueule de l'ogre cosmique. Or en tombant, cette matière s'échauffe et émet un rayonnement très intense, 40 mille milliards de fois plus lumineux que notre Soleil. Ce type de trou noir surpris en pleines agapes a un nom: c'est ce qu'on appelle un quasar. Ce sont parmi les objets les plus lumineux de l'univers. Il en existerait plusieurs dizaines à découvrir à de telles distances, d'après certaines estimations. Les satellites spatiaux européen Euclide et américain WFIRST en feront leur pain quotidien. Le futur successeur de Hubble, le James Webb Space Telescope (JWST), aussi.

    La lumière émise par ce trou noir hypermassif a mis tellement de temps à nous parvenir (plus de 13 milliards d'années) que nous l‘observons tel qu'il était à une époque très reculée. En l'occurrence, 690 millions d'années seulement après le Big Bang, soit moins de 5% de l'âge de l'univers. Sa prime enfance en quelque sorte. «Nous avons été surpris de voir que le trou noir était aussi lourd», reconnaît Bram Venemans. «C'était vraiment inattendu et cela va nous donner des contraintes sur l'évolution de ce type d'objets dans un univers aussi jeune.»

    Un embryon vorace de mille masses solaires?

    Patrick Petitjean, astronome à l'Institut d'Astrophysique de Paris et spécialiste des quasars, explique qu'il faudrait un trou noir primordial d'un millier de masses solaires pour former un tel mastodonte dans le délai imparti par son jeune âge. Or on ne sait pas bien comment pourraient se former de tels objets dans l'univers actuel. Les trous noirs stellaires , qui se forment par l'effondrement d'étoiles massives en fin de vie ne pèsent tout au plus que quelques dizaines de masses solaires. «En ces temps très anciens, l'univers était plus dense», rappelle le chercheur. «D'énormes nuages de gaz s'effondraient peut-être d'un coup pour former directement ces gros trous noirs de quelques milliers de masses solaires.»

    Ces «gros embryons» très voraces auraient alors happé les grandes quantités de matière environnante en un délai relativement court sur les échelles astronomiques pour devenir ces astres aussi obèses que gloutons. Mais ce scénario, aussi plausible soit-il, est encore loin d'être certain. C'est toute une histoire passionnante de la jeunesse de l'univers qui reste à écrire.

    Une galaxie hôte riche en éléments lourds

    Un mystère n'arrivant jamais seul, les observations de la galaxie-hôte au cœur de laquelle sévit ce lointain quasar ont surpris les astronomes. Ils y ont découvert des quantités considérables de poussières et de carbone, un élément considéré comme «lourd» en astronomie, c'est-à-dire plus complexe que l'hydrogène ou l'hélium formés au moment du Big Bang. «Les poussières aussi sont nécessairement formées d'éléments lourds», appuie Jan Martin Winters, astronome à l'Iram qui a réalisé ces observations à l'aide du réseau de radiotélescopes NOEMA situé sur le plateau de Bure.

    Or, d'après nos connaissances, seules les explosions d'étoiles permettent de former ce type de composants. «En ces temps très reculés, plusieurs générations d'étoiles ont déjà dû se succéder», explique Jan Martin Winters. «Elles devaient néanmoins être très nombreuses, très massives et exploser au bout de quelques millions d'années seulement pour expliquer les gigantesques quantités de carbone et de poussières que nous détectons.» Une contrainte très importante à prendre en compte dans les futurs modèles d'évolution de notre univers.

    Source: www.lefigaro.fr/sciences - Auteurs: Tristan Vey & Cyrille Vanlerberghe, journalistes au Figaro


    01/12/17 - À l'âge du bronze, le métal des objets en fer venait des météorites

    Si la présence d'objets en fer dès l'âge du bronze peut surprendre, leur origine est encore plus extraordinaire : leur métal provient de météorites. Le phénomène était connu, mais jusqu'à présent la communauté scientifique ne parvenait pas à déterminer si cela concernait la majorité des objets en fer de l'époque, ou seulement quelques exceptions. Albert Jambon, dans le cadre de ses travaux menés à l'Institut de minéralogie, de physique des matériaux et de cosmochimie (CNRS/UPMC/IRD/Muséum national d'Histoire naturelle)1, a montré que le fer utilisé à l'âge du bronze est systématiquement météoritique, puis a expliqué la disparition de cette pratique à l'âge du fer. Ses travaux sont publiés dans l'édition de décembre 2017 de la revue Journal of Archaeological Science.

    L'âge du fer commence en Anatolie et dans le Caucase autour de 1200 ans avant notre ère. Mais près de 2000 ans plus tôt, diverses cultures façonnent cependant déjà des objets en fer. Ces artéfacts restent extrêmement rares et bénéficient toujours d'un grand prestige. Comment expliquer leur valeur, alors que les minerais de fer sont très abondants à la surface de la Terre ? Des premiers travaux ont montré que certains avaient été conçus avec du fer provenant de météorites, ce qui a poussé les chercheurs à se demander quelle part de ces vestiges avait une origine extraterrestre. Albert Jambon a repris les données disponibles et mené ses propres analyses non destructives avec un spectromètre de fluorescence X portable permettant l'analyse chimique des échantillons. Son corpus d'objets comprend des perles en fer retrouvées à Gerzeh (Égypte, -3200), une dague découverte à Alaca Höyük (Turquie, -2500), un pendentif d'Umm el Marra (Syrie, -2300), une hache d'Ugarit (Syrie, -1400) et plusieurs autres de la dynastie Shang (Chine, -1400), ou encore la dague, le bracelet et l'appuie-tête de Toutankhamon (Égypte, -1350).

    Résultat : tous ces artéfacts en fer de l'âge du bronze sont bien d'origine météorique. Rappelons que lors de la formation de gros astres tels que notre planète, le nickel migre presque entièrement vers le noyau de fer liquide. Ce métal est donc rare en surface. Certaines météorites naissent en revanche de la destruction d'astres et, si elles proviennent du cœur de ces derniers, elles sont principalement composées de fer avec une forte teneur en nickel et en cobalt. C'est ce qui permet de distinguer la source du fer. Il se trouve également que dans les météorites le fer est à l'état de métal et peut donc être utilisé tel quel contrairement aux minerais terrestres qui sont transformés en métal par une opération de réduction consistant à ôter l'oxygène qu'ils contiennent. Le fer extraterrestre n'ayant pas besoin d'être réduit dans les fourneaux de l'âge du bronze, cela explique pourquoi les objets en fer étaient alors tous d'origine météoritique. L'invention de la technique permettant d'ôter l'oxygène des minerais de fer a ensuite ouvert le véritable âge du fer et les rarissimes métaux extraterrestres ont été entièrement délaissés au profit de minerais extrêmement plus courants et économiques. Albert Jambon réfute au passage certaines théories qui rendaient possible l'obtention de fer chargé en nickel avec des minerais terrestres.

    Source: Communiqué de presse du CNRS


    21/11/17 - Un astéroïde détecté en octobre est bien un visiteur d'un autre système solaire

    Un mystérieux objet rocheux ayant la forme d'un cigare détecté en octobre provient bien d'un autre système solaire, une observation sans précédent qui a été confirmée lundi par des astronomes.

    Cette détection ouvre une nouvelle fenêtre sur la formation d'autres mondes stellaires dans notre galaxie, la Voie Lactée, selon ces scientifiques dont les résultats de l'analyse des données paraissent dans la revue britannique Nature.

    L'astéroïde baptisé "Oumuamua" par ses découvreurs mesure 400 mètres de long et sa longueur représente environ dix fois sa largeur.

    Cette forme inhabituelle est sans précédent parmi les quelques 750.000 astéroïdes et comètes observés jusqu'à présent dans notre système solaire où ils se sont formés, selon ces chercheurs.

    Les scientifiques ont conclu avec certitude à la nature extra-stellaire de cet astéroïde car l'analyse des données recueillies montre que son orbite ne peut pas avoir son origine à l'intérieur de notre système solaire.

    Les astronomes estiment qu'un astéroïde interstellaire similaire à "Oumuamua" passe à l'intérieur du système solaire environ une fois pas an.

    Mais ils sont difficiles à traquer et n'avaient pas été jusqu'alors détectés. C'est seulement récemment que les télescopes de surveillance de ces objets sont suffisamment puissants pour avoir une chance de les découvrir.

    Selon ces astronomes, cet objet inhabituel a voyagé seul à travers la Voie Lactée depuis des centaines de millions d'années avant de passer dans notre système solaire et de poursuivre sa route.

    "Pendant des décennies nous pensions que de tels objets d'un autre monde pouvaient se trouver à proximité de notre système solaire, et maintenant pour la première fois nous avons la preuve directe qu'ils existent bien", a souligné Thomas Zurbuchen, responsable adjoint des missions scientifiques de la Nasa qui a financé cette dernière recherche.

    "Cette découverte ouvre une nouvelle fenêtre pour étudier la formation de systèmes solaires au-delà du nôtre", a-t-il estimé.

    "C'est un étrange visiteur venu d'un système stellaire très lointain qui a une forme que nous n'avions jamais vue dans notre voisinage cosmique", a ajouté Paul Chodas, directeur du Centre d'étude des objets évoluant près de la Terre au Jet Propulsion Laboratory de la Nasa à Pasadena en Californie.

    "Oumuamua", qui signifie messager en langue hawaïenne, a été découvert le 19 octobre avec le télescope Pan-STARRS1 situé à Hawaï qui traque les objets croisant proche de la Terre.

    Immédiatement après sa découverte, d'autres télescopes autour du globe, dont le Très Grand Télescope de l'Observatoire européen australe dans le nord du Chili, se sont mis à observer l'astéroïde pour en déterminer les caractéristiques.

    Une équipe d'astronomes dirigée par Karen Meech de l'Institute for Astronomy à Hawaï a constaté que la luminosité de l'objet variait jusqu'à dix fois en puissance alors qu'il tourne sur lui-même toutes les 7,3 heures.

    Aucun astéroïde ou comète dans notre système solaire connaît une telle ampleur dans la variation de sa luminosité ou un tel ratio entre la longueur et la largeur, soulignent-ils.

    Ces propriétés laissent penser que "Oumuamua" est dense et est formé de roches et peut-être aussi de métal.

    Mais il n'a ni eau ni glace et sa surface a été rougie par les effets des radiations cosmiques pendant des centaines de millions d'années.

    Quelques télescopes terrestres de grande puissance continuent à traquer l'astéroïde alors qu'il disparaît rapidement en s'éloignant de la Terre.

    Deux télescopes spatiaux de la Nasa, Hubble et Spitzer, le suivent cette semaine.

    Le 20 novembre, l'objet voyageait à une vitesse de 38,3 kilomètres par seconde et se trouvait à environ 200 millions de km de la Terre.

    "Oumuamua" est passé dans l'orbite de Mars vers le 1er novembre et croisera à proximité de Jupiter en mai 2018 avant de poursuivre sa route au-delà de Saturne en janvier 2019 alors qu'il sortira de notre système solaire pour prendre la direction de la constellation de Pégase.

    Les observations avec des grands télescopes terrestres continueront jusqu'à ce que l'astéroïde devienne quasiment indétectable, soit après la mi-décembre.

    Source: www.atlasinfo.fr avec l'AFP


    09/11/17 - Découverte d'une gigantesque planète nichée au cœur de notre Voie lactée

    Des astronomes ont découvert une planète treize fois plus lourde que Jupiter dans le «bulbe galactique».

    Jupiter, la plus grosse planète du Système solaire, pèse 317 fois la masse de la Terre pour un diamètre dix fois plus grand. C'est un beau bébé en somme. Imaginez alors une planète encore 13 fois plus lourde! C'est ce que vient de découvrir une équipe internationale d'astronomes. Leur trouvaille fait l'objet d'une pré-publication sur le site arXiv.

    Cette nouvelle planète au nom poétique, OGLE-2016-BLG-1190Lb, fait 13,4 fois la masse de Jupiter précisément, soit plus de six fois la masse de tous les objets qui orbitent autour de notre étoile. Il n'y aurait jamais eu assez de matière dans notre Système solaire pour former un tel objet... Le mastodonte orbite autour d'une étoile similaire à notre Soleil (elle fait 90% de sa masse) à deux unités astronomiques environ, soit deux fois la distance Terre-Soleil.

    Cette planète est par ailleurs extrêmement lointaine. Elle se situe au cœur de notre Voie lactée, à 20.000 années-lumière environ, dans une zone appelée bulbe galactique. De la forme d'une cacahuète, cette région concentre 10 milliards d'étoiles, soit un dixième du total de notre galaxie. OGLE-2016-BLG-1190Lb n'est pas la première planète à être découverte dans le bulbe galactique, mais elles ne sont pas nombreuses.

    3700 exoplanètes recensées

    Les deux techniques les plus communes de détections d'exoplanètes consistent observer les micro-éclipses provoquées par le passage de planètes devant leur étoile (méthode des transits) ou à débusquer les petits variations de couleurs d'une étoile se déplaçant d'avant en arrière sous l'effet de l'attraction gravitationnelle de ses planètes (méthode des vitesses radiales). Ce mastodonte a lui été détectée par une troisème technique: l'effet de microlentille gravitationnelle.
    Celle méthode consiste à observer le petit regain de luminosité d'une étoile provoquée par le passage d'un objet dans la ligne de visée. Ce n'est pas intuitif mais en détournant les rayons lumineux provenant de l'étoile d'arrière-plan, l'objet agit comme une loupe grossissante, trahissant ainsi sa présence (tout en restant invisible). Sur les 3700 exoplanètes recensées dans le catalogue Exoplanet.eu (tenu par le Français Jean Schneider), une soixantaine ont été découvertes par cette technique, dont une dizaine en 2017.

    La limite entre planète et naine brune n'est pas très claire

    OGLE-2016-BLG-1190Lb n'est pas la plus grosse exoplanète jamais identifiée: le catalogue exoplanet.eu en recense plus d'une centaine, avec un record à 93,6 fois la masse de Jupiter! Seul problème, au-delà de 13 masses de Jupiter, on ne sait plus bien si l'on a affaire à une planète ou à une naine brune, sorte d'étoile avortée. «Il n'y a pas de limite très claire», commente Jean-Philippe Beaulieu, directeur de recherche CNRS à l'Institut d'astrophysique de Paris. «Je ne pense pas que la masse soit le bon critère. On pourrait définir une planète comme un objet qui se forme dans le disque de débris qui entoure une étoile. Il ne fait pas trop de doutes selon moi que c'est bien le cas ici.»

    Cette observation a en revanche comme particularité d'avoir été réalisée par deux télescopes en orbite ainsi que par des observatoires au sol. «Cela permet d'améliorer d'un facteur deux ou trois au minimum la précision des données recueillies sur cet objet», estime Jean-Philippe Beaulieu. L'astrophysicien aimerait pour sa part regarder directement l'étoile autour de laquelle orbite la planète géante, l'été prochain par exemple. Ce qui serait possible avec l'un des télescopes de 10 mètres situés au sol, comme le Keck à Hawaï.

    Source: www.lefigaro.fr/sciences - Auteur: Tristan Vey, journaliste Figaro, grand reporter au service Sciences et médecine


    06/11/17 - Fin du mystère de l’accrétion de la matière autour des étoiles naissantes

    Des chercheurs du Laboratoire pour l’utilisation des lasers intenses - LULI (École Polytechnique / UPMC / CEA / CNRS) sont parvenus à observer et caractériser, grâce à l’utilisation de lasers et à l’observation des émissions de rayons X, la manière par laquelle la matière s’accumule à la surface d’un astre au cours de sa formation, depuis une nébuleuse gazeuse jusqu’à devenir une étoile pleinement formée comme notre Soleil.

    Publiée le 1er novembre dernier dans la revue Science Advances, la découverte jette un regard nouveau sur ce phénomène qui fait l’objet de débats parmi les chercheurs en raison du nombre restreint de modèles théoriques et d’observations.

    Les expériences menées par les chercheurs du LULI et leurs collaborateurs internationaux ont permis d’observer la dynamique d’accrétion de plasma (matière constituée de particules chargées, d'ions et d'électrons) autour d’un solide en présence d’un champ magnétique. Les chercheurs ont noté que la matière, après l’impact, est littéralement éjectée de la surface du solide et projetée dans les flux du champ magnétique qui l’entoure. La matière se transforme alors en une enveloppe de plasma autour du noyau du solide, ce qui en réduit l’émission de rayons X.

    « Les expériences effectuées ont permis non seulement de mettre en accord observations et théorie, via la prise en compte de la réduction des émissions X en provenance de ces étoiles naissantes, mais aussi d’observer directement la manière dont la matière s’accumule à la surface des étoiles naissantes. Elles ouvrent aussi la voie à la manipulation de ces canaux d’accrétion de matière en trois dimensions et à travers des géométries de champ magnétiques complexes, comme attendues dans ces systèmes d’étoiles jeunes, afin de pleinement en comprendre la dynamique de formation», explique Julien Fuchs, directeur de recherche CNRS au LULI et coordonnateur du projet de recherche.

    Source: Communiqué de presse du CNRS


    03/11/17 - Proxima b, l'exoplanète la plus proche de nous, n'est probablement pas seule

    La découverte d'un ou deux anneaux de poussières autour de l'étoile Proxima du Centaure trahirait la présence d'autres planètes, cachées.

    Combien de planètes orbitent autour de Proxima du Centaure, l'étoile la plus proche de notre Soleil? Au moins une, voilà qui est sûr. Détectée en 2016, Proxima b est une petite planète rocheuse orbitant très près de son étoile (elle est 20 fois plus près de la naine rouge que la Terre du Soleil ; elle en fait le tour en 11 jours seulement). De nouvelles observations réalisées à l'aide du plus grand réseau de radiotélescopes au monde, Alma, laissent néanmoins penser qu'elle ne serait pas seule...

    Les astronomes n'ont pas (encore) détecté de nouvelle exoplanète, mais un anneau de poussières froides situé des centaines de fois plus loin. «C'est un indice très fort de la présence d'autres planètes», assure Julien Morin, astronome au laboratoire Univers et Particules de l'université de Montpellier.

    Nous retrouvons en effet dans le Système solaire une couronne de débris similaire entre les orbites de Mars et Jupiter. Ce serait l'influence gravitationnelle des planètes géantes, Jupiter en particulier, qui empêcherait ces poussières de s'accréter pour former un corps unique. Un scénario similaire, qui reste à établir, pourrait expliquer la présence de cet anneau autour de Proxima du Centaure. De futures modélisations pourraient permettre de prédire quel type de système planétaire pourrait produire une telle structure.

    Un système solaire en miniature?

    Les astronomes estiment que la masse de cet anneau est de l'ordre du centième de celle de la Terre. Il serait composé de morceaux de roches et de glace dont la taille pourrait varier entre quelques millimètres et quelques dizaines de kilomètres. La température de ces objets dépasserait difficilement les -230°C, des températures comparables à celles que l'on retrouve dans le Système solaire dans la ceinture de Kuiper, un nuage d'objets glacés dont les orbites se situent au-delà de Neptune, la planète la plus éloignée du Soleil.

    Un deuxième anneau, plus ténu encore, pourrait encercler Proxima du Centaure. Il serait dix fois plus loin. Le signal est encore trop faible pour que les astronomes puissent conclure définitivement quant à l'existence de ce 2e anneau. Son existence ne ferait que renforcer la ressemblance de ce système planétaire voisin avec le nôtre. «Ce serait en quelque sorte un modèle réduit de notre Système solaire», s'amuse Julien Morin. Et son exploration ne fait que commencer.

    Source: www.lefigaro.fr/sciences - Auteur: Tristan Vey, journaliste au Figaro, grand reporter au service Sciences et médecine


    16/10/17 - Étoiles à neutrons: une fusion qui vaut de l’or

    L’origine des éléments chimiques les plus lourds tels que l’or ou le plomb enfin élucidée ! Des observations associant détection d’ondes gravitationnelles et signaux électromagnétiques dans toutes les longueurs d’onde, effectuées par la collaboration internationale LIGO-Virgo, ont permis d’assister pour la première fois à la fusion d’étoiles à neutrons. Retour sur cet évènement scientifique d’une ampleur sans précédent, qui va permettre de lever le voile sur plusieurs énigmes astrophysiques.

    Guillaume Dubus, directeur du Programme national hautes énergies, n’y va pas par quatre chemins : « C’est tout simplement énorme ! » lâche-t-il presque incrédule. Le 16 octobre, la collaboration internationale LIGO-Virgo a en effet annoncé avoir observé pour la première fois la coalescence de deux étoiles à neutrons, en captant les ondes gravitationnelles émises lors de ce cataclysme stellaire. Après plusieurs observations de la fusion de deux trous noirs ces derniers mois, c’est une nouvelle démonstration de l’énorme potentiel de l’astronomie gravitationnelle naissante, pour laquelle Alain Brillet et Thibault Damour ont notamment reçu cette année la médaille d’or du CNRS, et qui a également fait l’objet du dernier prix Nobel de physique. Mais ce n’est pas tout. Car grâce à une localisation précise de la source du phénomène, les interféromètres Virgo et LIGO ont permis aux observatoires astronomiques, sur Terre et dans l’espace, de prendre le relais, observant ainsi cet événement cosmique sans précédent dans toutes les longueurs d’onde. À la clé, la résolution de plusieurs énigmes pluri-décennales et une avalanche de découvertes auxquelles, outre les scientifiques de la collaboration Virgo, plus de 150 chercheurs français ont contribué. La preuve que les spécialistes du ciel sont entrés de plain-pied dans l’ère de l’astronomie multi-signaux.

    L’onde du 17 août

    Tout commence le 17 août 2017, quand les trois interféromètres de LIGO-Virgo détectent le passage d’une onde gravitationnelle. Une fois de plus, leur sensibilité inouïe met en évidence l’infime déformation de l’espace-temps engendrée par un phénomène astrophysique ultra-énergétique. La fusion de deux trous noirs ? Non, pas cette fois. Mais celle de deux étoiles à neutrons, soit deux astres ultra-denses de la masse d’une étoile pour un rayon de 10 à 15 kilomètres, exclusivement composés de neutrons – l’un des constituants des noyaux atomiques – résultant chacun de l’explosion d’une étoile massive.

    L’interférométrie gravitationnelle est réellement en train d’ouvrir une nouvelle fenêtre sur l’univers.

    Comme le précise Benoît Mours3, responsable scientifique du projet Virgo pour la France, « pendant plusieurs dizaines de secondes, nous avons enregistré un signal gravitationnel très clair, correspondant à la coalescence de deux étoiles à neutrons situées à 130 millions d'années-lumière de la Terre et présentant une masse comprise entre 1,1 et 1,6 masse solaire, qui ont fini de fusionner à 12 heures, 41 minutes et 4 secondes en temps universel. »

    « Je suis très heureux d’assister à cet événement, témoigne Alain Brillet, concepteur de l’interféromètre Virgo, dont la mise en service dans sa configuration « Advanced », le 1er août dernier, a permis de multiplier par environ un facteur 10 la résolution spatiale de l’ensemble LIGO-Virgo. Après la fusion de deux trous noirs, celle de deux étoiles à neutrons était clairement la grande étape suivante, preuve que l’interférométrie gravitationnelle est réellement en train d’ouvrir une nouvelle fenêtre sur l’univers. » De son côté, Thibault Damour, grand artisan des développements analytiques qui ont permis de décrire la forme précise des signaux gravitationnels recherchés par LIGO-Virgo, s’enthousiasme pour les perspectives que laisse entrevoir cette nouvelle détection : « À travers les ondes gravitationnelles, nous sommes sensibles à la déformation des astres sous leurs effets de marée mutuels, à partir de quoi nous allons pouvoir sonder les propriétés fines de cette matière si exotique qui compose les étoiles à neutrons. »

    Une preuve « servie sur un plateau »

    Mais ce n’est pas tout. Car ce 17 août, précisément 1,7 seconde après que les détecteurs de LIGO-Virgo enregistraient leur précieux signal, le satellite Fermi captait à son tour ce que les spécialistes appellent un sursaut gamma court. En soi, rien de particulier : ces formidables bouffées de photons ultra-énergétiques, que le télescope spatial détecte en moyenne à raison d’une par semaine, sont connues depuis les années 1960, et l’on sait depuis 25 ans qu’elles ont une origine extragalactique. À ceci près que la coïncidence des deux observations faites dans la même région du ciel ne peut alors signifier qu’une chose : les sursauts gamma courts ont pour origine la fusion de deux étoiles à neutrons. « C’était jusqu’à maintenant une hypothèse, c’est désormais une certitude fondée sur un niveau de preuve rare en astronomie », se félicite Guillaume Dubus.

    C’était jusqu’à maintenant une hypothèse, c’est désormais une certitude fondée sur un niveau de preuve rare en astronomie

    Et ironie du sort, après plusieurs décennies de doute, cette preuve a été servie aux observateurs « sur un plateau » par le cosmos. Car si la fusion d’étoiles à neutrons engendre des ondes gravitationnelles dans toutes les directions, le sursaut gamma qui s’ensuit n’est a priori visible qu’au sein d’un cône de quelques degrés. Traduction : « Nous avons eu énormément de chance que la Terre se trouve sur sa trajectoire, s’étonne presque l’astrophysicien, qui ajoute : C’est incroyable que la nature ait à ce point coopéré ! »

    L’astronomie mondiale sur le pont

    De fait, comme à chaque fois que Fermi détecte une bouffée gamma, une alerte a immédiatement été relayée à travers le monde, afin que d’autres observatoires tentent d’observer la contrepartie optique du phénomène dans une large gamme de longueurs d’onde. Sauf qu’avec une résolution d’environ 1 000 degrés carrés pour cet événement, c’est à la recherche d’une aiguille dans une botte de foin que le satellite conviait ses alter ego. Si bien qu’en l’état, l’information n’aurait mobilisé que peu de moyens. Mais grâce à LIGO-Virgo, la résolution a été ramenée à 30 degrés carrés, précision à laquelle a été ajoutée une estimation précise de la distance à laquelle s’est produit le phénomène. De quoi inciter toute la planète astronomique à braquer ses télescopes.

    Ainsi, 10 heures après la fusion, le temps que la nuit tombe sur l’hémisphère Sud, le groupe 1MH2, avec le télescope Swope, au Chili, a annoncé la découverte d’un nouveau point lumineux situé très précisément dans la galaxie NGC4993, à 130 millions d’années-lumière de la Terre, ce que d’autres groupes ont immédiatement confirmé. S’en est suivie une quinzaine de jours d’observation durant lesquels les astronomes ont vu cette émission passer du bleu au rouge, en même temps qu’elle perdait en intensité, le tout agrémenté d’une émission radio environ une semaine après le commencement. Pas de doute, c’est bien pour la première fois une kilonova qui était ainsi mise en évidence !

    La première kilonova observée

    Kilonova ? D’après les simulations numériques des astrophysiciens, lors de la fusion de deux étoiles à neutrons, une fraction de la matière brûlante et dense des deux astres est éjectée du système, donnant lieu à une émission lumineuse d’un genre très particulier. « En 2013, une observation dans l’infrarouge laissait penser à une kilonova, mais ce n’était que très indirect, commente Guillaume Dubus. Là, on a pu observer toute la séquence dans toutes les longueurs d’onde, grâce à une mobilisation sans précédent en astronomie. »

    Ces résultats offrent cent ans de travail à nos successeurs !

    Et pour cause, la preuve de la réalité de ce phénomène revêt une importance capitale. Comme l’explique le chercheur, « selon les calculs, au sein de cet éjecta très riche en neutrons, de très nombreuses réactions nucléaires forment des éléments lourds selon un mécanisme de nucléosynthèse à nul autre pareil. »

    D’un mot, les kilonovae sont la meilleure façon d’expliquer la synthèse des éléments plus lourds que le fer dans l’Univers. Si ce n’est que jusqu’alors, elles n’avaient d’autre existence que sur le papier. « C’est assez merveilleux d’imaginer que l’or de l’alliance qu’on peut porter a été formé dans l’éjecta de la fusion de deux étoiles à neutrons ! », lâche Guillaume Dubus.

    Ainsi, en quelques jours, grâce à une série d’observations sans commune mesure par l’ampleur des moyens mis en œuvre, les spécialistes du ciel ont accroché à leur tableau de chasse rien moins qu’une première en astronomie gravitationnelle, la confirmation de l’origine d’un phénomène observé depuis plus de cinquante ans, et la résolution de l’énigme des éléments lourds ! Cerise sur le gâteau, l’observation de LIGO-Virgo, permettant de déduire très précisément la distance de la source, couplée à la mesure du décalage vers le rouge des émissions électromagnétiques associées, a offert aux cosmologistes une nouvelle manière de mesurer la vitesse d’expansion de l’univers. De quoi peut-être, à terme, résoudre les tensions sur la valeur de ce paramètre, issues de mesures obtenues par différentes méthodes. Près de trente ans après qu’il a présenté son projet d’interféromètre gravitationnel, Alain Brillet en reste émerveillé : « Ces résultats, qui signent l’acte de naissance de l’astronomie multi-signaux, sont la preuve que nous n’avons pas travaillé pour rien. Et ils offrent cent ans de travail à nos successeurs ! » Énorme.

    Source: Le Journal du CNRS - Rédaction: Mathieu Grousson - En savoir plus avec www.ouest-france.fr


    16/11/17 - Un évènement astronomique planétaire

    La détection concomitante des ondes gravitationnelles issues de la fusion de deux étoiles à neutrons et d’un sursaut gamma révolutionne notre connaissance de ces astres denses et de la physique associée.

    C’est l’événement astronomique de l’année. Celui qui marque l’entrée dans une science d’un nouveau type : l’astrophysique multi-messagers. Une dizaine d’articles scientifiques ont été publiés aujourd’hui et une cinquantaine d’autres sont en préparation sur ces observations. Ce qu’ont vu les astrophysiciens du monde entier est une première historique au point qu’une dizaine de conférences de presse ont lieu simultanément à travers le monde ce lundi 16 octobre à 16h00 (heure française).

    Ce qui a mis la communauté astronomique en émoi est sans doute l’observation conjointe la plus importante jamais réalisée jusqu’à aujourd’hui. Près d’une centaine d’observatoires au sol et dans l’espace rassemblant plusieurs milliers d’astronomes se sont tournés vers la galaxie NGC4993 pour tenter d’observer ce qu’il reste lorsque deux étoiles à neutrons fusionnent. Car c’est de cela qu’il s’agit : la première observation directe de la fin de vie de deux étoiles à neutrons, et cela de manière concomitante avec l’observation d’un flash de rayonnement gamma – un sursaut gamma – provenant du même endroit dans le ciel. Les conséquences de ces observations conjointes sont colossales : non seulement elles mettent fin à plusieurs décennies d’interrogation sur l’origine des sursauts gamma, mais des analyses ont déjà donné de nouvelles informations sur la création des noyaux lourds ainsi que sur la constante de Hubble. Un partie de ces résultats est publié le 16 octobre dans une série d’articles et une cinquantaine de publications sont en préparation.

    Reprenons le déroulé des événements. Tout commence le 17 août dernier. Le télescope spatial américain Fermi détecte automatiquement un flash gamma dans son instrument GBM – Gamma Burst Monitor. Ce genre d’alerte est fréquent et aussitôt, comme le veut la procédure, un télégramme astronomique – un CBET dans le jargon – est envoyé. Il s’agit de messages gérés par l’Union astronomique internationale visant à prévenir la communauté astronomique d’un événement qui vient de se produire dans le ciel. Toutefois, la localisation est trop vaste (1100 degrés carrés) pour espérer repérer une contrepartie à ce sursaut gamma. C’est pourtant une quête importante, car repérer un rayonnement rémanant dans le visible ou dans d’autres longueurs d’onde nous renseignerait sur l’événement qui a engendré ce sursaut. En effet, cela reste l’un des grands mystères de l’astronomie : les sursauts gamma, ces brèves bouffées de photons gamma qui apparaissent au hasard sur toute la voûte céleste ont donné lieu à des dizaines de théories différentes. Seule certitude : ils viennent d’au-delà de notre galaxie. Les théories les plus en vogue imaginaient que les sursauts courts – durant entre 0,1 et 2 secondes – résultaient de la fusion de deux étoiles à neutrons, tandis que les sursaut plus longs se produisaient lors de l’explosion d’étoiles dite de Wolf-Rayet. Le flash gamma est également retrouvé dans les données du télescope spatial européen Intégral, mais cela ne permet pas non plus de localisation.

    Les systèmes binaires constitués de deux étoiles à neutrons sont des astres connus. Le pulsar binaire PSR B1913+16 situé dans notre galaxie et découvert en 1974 est l’archétype d’un tel objet. Il est constitué de deux étoiles à neutrons qui tournent l’une autour de l’autre en 7 heures 45. Ses découvreurs, les astronomes américains Russel Hulse et Joseph Taylor, ont montré que les deux étoiles se rapprochaient en perdant de l’énergie sous forme d’ondes gravitationnelles, ce rayonnement prédit par Einstein en 1916 et qui se traduit par de minuscules vibrations de la trame de l’espace-temps. Ainsi, en tournant l’une autour de l’autre à grande vitesse, et surtout en accélérant lors de cette rotation, les étoiles émettent des ondes gravitationnelles, et cette perte d’énergie est compensée par une rotation plus rapide du système de sorte que les étoiles se rapprochent l’une de l’autre. On estime que les deux étoiles à neutrons de ce pulsar binaire fusionneront dans 300 millions d’années. Pour leur travail qui fut le premier à confirmer l’existence des ondes gravitationnelles, les deux Américains se sont vu attribuer le prix Nobel de physique en 1993.

    Depuis 2015, les astrophysiciens disposent d’instruments capables de voir directement les ondes gravitationnelles lorsqu’elles traversent la Terre : les deux interféromètres de l’observatoire Ligo, aux États-Unis (l’un est à Livingstone, en Lousianne et l’autre à Harford, dans l’État de Washington), et l’européen Virgo, construit près de Pise, en Italie. Ces instruments ont permis de « voir » des trous noirs fusionner. Les trois physiciens instigateurs de Ligo viennent de recevoir le prix Nobel de physique pour cette détection « directe » des ondes gravitationnelles, tandis que les Français Alain Brillet et Thibault Damour, qui ont été la cheville ouvrière pratique et théorique dans l’instrument Virgo, ont reçu cette année la médaille d’or du CNRS. Quatre fusions de trous noirs ont ainsi été détectées jusqu’ici. Pour ce qui est des étoiles à neutrons, la situation est différente : comme ces astres sont moins massifs – plusieurs dizaines de fois la masse du Soleil pour les trous noirs contre environ 1,5 masse solaire pour les étoiles à neutrons – l’intensité des ondes gravitationnelles mises en jeu est plus petite et leur détection plus ardue. En tout cas, pour espérer les déceler, il faut que ces coalescences se produisent bien plus près que celles des étoiles à trous noirs. Jamais, jusqu’ici, un signal émanant de la coalescence d’étoiles à neutrons n’avait été repéré.

    Par chance, lorsque le télégramme astronomique tombe, le 17 août, aussi bien Ligo que Virgo ne sont pas en maintenaNce, mais en phase de prise données, qui a duré tout le mois d’août. En regardant les données enregistrées, les astrophysiciens de la collaboration Ligo repèrent, deux secondes avant le moment où le sursaut gamma a été vu dans le satellite Fermi, un signal très fort, typique du passage d’une onde gravitationnelle émise au moment de la coalescence d’étoiles à neutrons.

    Sur Virgo, le signal a également été retrouvé dans les données, mais bien plus faible (rapport signal sur bruit de seulement deux). Pourquoi cette différence ? « C’est un problème de configuration géométrique, confie Michel Boër de l’Observatoire de la Côte d’Azur et membre de la collaboration Virgo, le signal est tombé dans un « trou » de l’interféromètre ». Un interféromètre est en effet constitué de deux longues branches perpendiculaires. Si l’onde arrive de la bonne direction, le passage d’une onde gravitationnelle fait varier très légèrement les deux longeurs des branches en opposition de phase (une branche de l’interféromètre est légèrement augmentée tandis que le la branche perpendiculaire voit sa longeur légèrement réduite). « Si l’onde gravitationnelle arrive sur le côté, cela change le déphasage et réduit le rapport signal sur bruit. C’est ce qui s’est passé ici. ». « Même si Virgo tout seul n’aurait vraisemblablement rien détecté, ses données ont permis d’éliminer énormément de régions du ciel pour aboutir à une boîte d’erreur relitivement petite. L’apport de Virgo a donc été essentiel » estime Luc Blanchet, directeur de recherche CNRS à l’Institut d’astrophysique de Paris et spécialiste des ondes gravitationnelles.

    En exploitant les temps d’arrivée des signaux sur les trois interféromètres, les astronomes réduisent la zone du ciel à une région qui couvre 30 degrés carrés, dans la constellation de l’Hydre. C’est encore important – 120 fois la taille de la pleine Lune – mais bien inférieur à la valeur déduite du sursaut vu par Fermi. Cette localisation est transmise aussitôt à 90 groupes d’astronomes partenaires pour qu’ils pointent leurs instruments. Douze heures plus tard, le téléscope Swope situé à Las Campanas, au Chili (un petit télescope d'un mètre de diamètre) annonce la découverte d’un nouveau point lumineux dans la galaxie NGC 4993, située à 130 millions d’années-lumière de notre galaxie. Une multitude de confirmations arrivent par la suite, dont celles des télescopes de l’ESO au Chili ou du télescope spatial Hubble. Cette attention généralisée portée à la galaxie NGC 4993 n’était pas passée inaperçue et avait alimenté la rumeur qui a démarré fin août.

    L’analyse des spectres lumineux de la lumière rémanante montre qu’elle résulte d’un nouveau type de phénomène baptisée kilonova : le rayonnement qui est observé provient de la désintégration d’ions lourds produits et éjectés lors de la fusion des deux étoiles à neutrons. Des raies d’éléments lourds, comme celles du césium et du tellure, sont mises en évidence par spectroscopie de la source. Or ces éléments ne peuvent pas être produits par des mécanismes standards de nucléosynthèse dans les étoiles, ni par des supernovae. La nucléosynthèse de ces éléments fait intervenir des neutrons rapides, qui sont bien entendu abondants dans les étoiles à neutrons. « Outre le fait d’avoir montré pour la première fois que les kilonovas existent, cette analyse contribue largement à résoudre le problème de la synthèse des éléments lourds dans l’Univers » s’enthousiasme Michel Boër.

    Le signal de l’onde gravitationnel a été enregistré pendant une centaine de secondes. La danse des étoiles à neutrons a été captée lorsque les deux astres tournaient l’un autour de l’autre 24 fois par seconde jusqu’à 350 fois par seconde, avant la coalescence finale. Quel est l’astre final? Il y a deux possiblités, soit c’est une étoile à neutrons, soit il s’agit d’un trou noir. « Une étoile à neutrons résultant de cette fusion devraient vibrer légèrement avant de se stabiliser et donc produire, après la coalescence, des ondes gravitationnelles. Comme ces dernières n’ont pas été détectées, c’est une indication que l’on a à faire à un trou noir » estime Luc Blanchet.

    En utilisant cette détection et le fait que, lors de la précédente prise de donnée, aucune fusion d’étoiles à neutrons n’avait été vue, les astrophysiciens ont également pu estimer le nombre de tels événéments qui se produisent dans l’Univers. Et ce nombre est consistant avec le nombre de systèmes binaires que l’on connaît. « Mais plus intéressant encore, cette estimation implique que l’on doit s’attendre à pouvoir mesurer un fond stochastique engendré par toutes les coalescences d’étoiles à neutrons qui se sont produites depuis le début de l’Univers » commente Luc Blanchet. Des versions plus évoluées de Ligo et de Virgo devraient pouvoir détecter ce fond d’ondes gravitationnelles.

    Nous n’avons évoqué là que les principales conséquences de cette détection historique. Elle a aussi permis d’obtenir une estimation indépendante de la constante de Hubble, qui mesure l’expansion de l’Univers. Cette estimation est encore entachée d’une large barre d’erreur, mais pour ce résultat comme pour tous ceux qui sont en cours, des analyses plus précises des données permettront sans doute d’affiner les modèles. Par ailleurs, les détections routinières de fusion d’astres denses – 2 par an pour les étoiles à neutrons et un par mois pour les trous noirs dans les versions améliorées des détecteurs – fait que les observatoires d’ondes gravitationnelles vont devenir des usines à science. « C’est beau voir toute la science que l’on peut faire avec une seule observation multiple » conclut Thibault Damour.

    Source: www.larecherche.fr - Auteur: Philippe Pajot


    11/10/17 - Astronomie. Un astéroïde frôle la Terre ce jeudi, une "défense planétaire" activée

    L'astéroïde 2012 TC4 va passer non loin de la Terre ce jeudi. Il n'y a toutefois aucun risque que ce caillou grand comme une maison se dirige vers la surface de notre planète. Ce passage va tout de même donner lieu à un exercice de "défense planétaire" auquel participe la Nasa afin de se préparer à un réel danger futur.

    Zéro risque pour la Terre ce jeudi

    La destruction de la planète n'est pas pour ce jeudi 12 octobre. Si un gros caillou de 15 à 30 mètres de large viendra bien frôler la Terre, il n'y a aucun risque qu'il dérive et vienne percuter la surface terrestre. Les calculettes des scientifiques ont permis de savoir qu'il passera à 44.000 km au-dessus de nos têtes. A mettre en rapport avec le diamètre de la Terre à l'équateur qui atteint les 12.742 km. Aucun risque non plus pour nos satellites artificiels qui gravitent au maximum à 36.000 km de la Terre, en orbite géostationnaire.

    Quel impact s'il fonçait vers la Terre ?

    Quand bien même un tel astéroïde foncerait vers la Terre, le risque reste mesuré pour la population. Il n'aurait pas été nécessaire a priori d'évacuer la population, selon Detlef Koschny, co-directeur du segment Objets géocroiseurs (Near-Earth Objects) de l'Agence spatiale européenne (ESA). "Il aurait suffi de dire aux gens de s'éloigner des fenêtres pour ne pas être blessés par les bris de vitres". Le scientifique se base sur les effets d'un précédent de 2013 lorsqu'un météore de 20 m de diamètre s'était désintégré au-dessus de la ville de Tcheliabinsk dans le centre de la Russie. En apercevant le bolide lumineux dans le ciel, les gens s'étaient précipités aux fenêtres mais l'onde de choc avait fait éclater les vitres. Cela avait fait plus de 1.300 blessés.

    Un "exercice de défense planétaire" mis en place

    Le passage de l'astéroïde sera l'occasion d'un exercice autour de ce type d'objet céleste potentiellement menaçant pour la planète. "Comme cela, le jour où arrivera un objet vraiment dangereux, nous aurons répété plusieurs fois avant", note Detlef Koschny. L'exercice est coordonné par l'Université du Maryland (Etats-Unis), avec la participation de la Nasa, de l'ESA et de divers observatoires. C'est "un exercice de défense planétaire" le qualifie même, Michael Kelley, de la division Etude des planètes à la Nasa.

    Concrètement, différents observatoires dans le monde vont braquer leurs télescopes sur l'astéroïde alors qu'il se rapprochera peu à peu de la Terre. Il apparaîtra comme un petit point brillant. Sa vitesse relative par rapport à la Terre sera alors de 7,3 km par seconde. Au moment du passage de l'astéroïde 2012 TC4, les observatoires enverront leurs informations à des centres gérant les situations d'urgence. "Nous verrons si les données que nous leur adressons sont bien comprises, si elles sont claires ou bien s'il faut améliorer des choses", explique Detlef Koschny.

    Pourra-t-on l'observer ?

    Selon le site Ciel & Espace, "2012 TC4, malgré sa proximité, ne brille guère et n’est pas visible à l’œil nu. Au mieux, son éclat atteint la magnitude 13, ce qui le rend observable visuellement de manière confortable uniquement dans des télescopes de plus de 200 mm". C'est en Australie qu'il sera le plus aisément observable lorsqu'il sera au plus près de la Terre. En Europe, il fera quasiment jour à ce moment précis (7 h 41 heure de Paris). "Mais il sera visible par les observatoires européens dans la nuit de mercredi à jeudi", souligne Rüdiger Jehn, du segment Objets géocroiseurs de l'ESA.

    2012 TC4 représente-t-il un danger à l'avenir ?

    L'astéroïde 2012 TC4, qui tourne autour du Soleil en 609 jours, a été découvert en 2012 puis il n'a pas été observé pendant cinq ans. Il a de nouveau été repéré cet été par le VLT (Very large telescope) de l'Observatoire européen austral (ESO) au Chili. Ce qui a permis aux astronomes de calculer précisément sa trajectoire. Ils ont pu déterminer que lors de son prochain passage près de la Terre, en 2050, l'astéroïde, dont l'orbite aura été modifiée, ne foncera pas sur la planète. Mais il n'est pas impossible qu'en 2079 il touche la Terre, indique Rüdiger Jehn.

    Source: www.letelegramme.fr


    10/10/17 - La Lune aurait abrité une «vraie» atmosphère pendant 70 millions d'années

    Deux chercheurs pensent que le volcanisme lunaire pourrait avoir émis suffisamment de gaz il y a 3,5 milliards d'années pour former une atmosphère équivalente à celle de Mars aujourd'hui.

    Cela ne se voit pas au premier coup d'œil, mais la Lune possède bien une petite atmosphère. Celle-ci est néanmoins si ténue, 100 milliards de fois moins dense que celle de la Terre, qu'il est difficile de lui donner ce nom. Les atomes y sont si rares qu'ils n'adoptent pas de comportement de groupe comme dans un gaz classique. Les scientifiques parlent donc plus volontiers d'exosphère. Mais en des temps plus reculés, notamment il y a 3 à 4 milliards d'années, le volcanisme lunaire pourrait avoir conduit à la formation d'atmosphères temporaires plus ou moins denses, d'après une étude à paraître dans le prochain numéro de Earth and Planetary Science Letters.

    Les deux chercheurs du Lunar and Planetary Institute, tous deux affiliés à la Nasa et grands spécialistes des échantillons lunaires ramenés par les missions Apollo, ont estimé les quantités de magma émises à différentes périodes par les volcans lunaires en déterminant la surface et la profondeur des grandes «mers» lunaires que leurs grandes éruptions ont formées. Ils ont ensuite estimé les quantités de gaz qui auraient pu être dégagées d'après les connaissances que l'on a sur les roches lunaires dont on dispose. «C'est une approche intéressante», reconnaît Frédéric Moynier, professeur de cosmochimie à l'Institut de physique du globe de Paris et fin connaisseur de notre satellite. «Ils ont pris la fourchette haute des estimations, mais rien de choquant.»

    Un dégazage à l'origine de l'eau au pôle Sud ?

    Au pic éruptif, survenu il y a 3,5 milliards d'années, 10.000 milliards de tonnes auraient ainsi été émises, formant une atmosphère équivalente à celle de Mars aujourd'hui, soit cent fois moins dense que celle de la Terre. La Lune n'étant pas assez lourde pour les retenir, ces gaz se seraient peu à peu échappés, à un rythme moyen de 10 kg par seconde. Cette atmosphère, composée essentiellement de monoxyde de carbone et de soufre, aurait ainsi pu se maintenir pendant 70 millions d'années environ autour de notre satellite. Un autre pic, survenu il y a 3,8 milliards d'années, aurait lui aussi pu former une petite atmosphère, quatre fois moins dense.

    La possible existence de ces atmosphères n'est pas anodine car elle pourrait expliquer la présence de quantités relativement importantes d'eau au pôle Sud. Il suffirait que 0,1% de la vapeur d'eau contenue dans ces atmosphères s'y soit déposée, un chiffre en accord avec les modèles, pour obtenir les 100 millions de tonnes d'eau qui y seraient stockées. «Nous pensions plutôt que l'eau contenue dans les roches lunaires venait des astéroïdes ou des comètes qui en sont riches», analyse Frédéric Moynier. «C'est une autre piste qui pourra être étudiée lors de futures missions d'exploration ou de retour d'échantillons.»

    Source: www.lefigaro.fr/sciences - Auteur: Tristan Vey


    06/10/17 - Les États-Unis vont renvoyer des hommes sur la Lune, c'est officiel

    Mike Spence, le vice-président des États-Unis, a annoncé ques des astronautes américains vont être renvoyés sur la Lune, première étape avant de viser Mars.

    Viser la Lune... Avant d'aller sur Mars. Ça ne leur fait pas peur. Les États-Unis sont bien décidé à maintenir leur leadership dans le domaine spatial, alors que les ambitions asiatiques, et surtout chinoises, sont de plus en plus concrètes.

    Jeudi 5 octobre, le vice-président américain Mike Pence a tenu la première réunion depuis 25 ans du National Space Council, la branche exécutive du programme spatial américain. Comme il l'avait annoncé dans une tribune accordée au Wall Street Journal la veille, Mike Pence a délivré un message simple: "L'Amérique va à nouveau être leader de l'exploration spatiale".

    Le plan est simple, il consiste à envoyer des astronautes américains en orbite lunaire et même directement sur la Lune, et "pas seulement pour laisser des empreintes de pas et des drapeaux, mais pour préparer les bases nécessaires afin d'envoyer des Américains vers Mars et au-delà."

    L'idée n'est pas nouvelle, elle vient du programme Deep Space Gateway de la Nasa. Il consiste a considérer la Lune comme un tremplin vers Mars -et le reste du système solaire- en installant en orbite lunaire la prochaine Station Spatiale internationale dans son orbite, mais aussi en construisant une base lunaire, comme en rêve également l'Agence spatiale européenne.

    Des partenariats public-privé

    Transformé en terrain d'essai, notre satellite permettrait ainsi de tester les différents équipements et technologies nécessaires à l'exploration de Mars, ou des "mondes océanique" de notre système solaire, comme le satellite de Jupiter Europa, ou Encelade, l'une des lunes de Saturne.

    Le projet de financement devrait être soumis dans les 45 jours. Il devrait prendre en compte l'utilisation de la capsule Orion, développée par la Nasa, ainsi que le lanceur lourd SLS (Space Launch System). Il devrait aussi intégré les partenariats public privé avec Lockheed Martin, Boeing ou encore SpaceX, conformément à ce que prévoit le programme Deep Space Gateway.

    Le but, pour l'administration des États-Unis est aussi de développer ses propres technologies pour protéger ses outils de surveillance, de communication et de navigation (GPS) d'éventuelles attaques.

    Source: www.lexpress.fr


    03/10/17 - Le Nobel de physique pour la découverte des ondes gravitationnelles

    L'Allemand Rainer Weiss et les Américains Barry Barish et Kip Thorne se partargent la prestigieuse récompense de 940.000 euros pour leur contribution majeure à l'observation d‘ondes prédites il y a plus d'un siècle par Albert Einstein.

    Une fois n'est pas coutume, le prix Nobel de physique 2017 récompense bien les favoris des pronostics. En l'occurrence, trois physiciens qui ont joué un rôle clé dans la découverte des ondes gravitationnelles, ces petits soubresauts de l'espace-temps provoqués par des événements extrêmement énergétiques. Le physicien Rainer Weiss, Américain d'origine allemande, professeur émérite au MIT à Boston, obtient la moitié du prix de 940.000 euros pour avoir imaginé et dimensionné la technique d'interférométrie laser qui permettrait de déceler ces infimes vibrations de l'espace-temps imaginées par le grand Albert Einstein un siècle auparavant.

    La seconde moitié du prix est partagée entre deux physiciens: Barry Barish d'un côté, l'expérimentateur américain qui a mis en œuvre ces principes depuis 1994 pour construire les deux détecteurs américains LIGO qui ont fini par déceler la première onde gravitationnelle en septembre 2015 ; et le célèbre théoricien américain Kip Thorne, spécialiste de la théorie de la relativité, pour avoir apporté une contribution majeure à la détermination précise de la forme des signaux qui étaient susceptibles d'être découverts. Tous deux sont affiliés au Caltech, à Pasadena.

    Les trois physiciens font tous partie de la grande collaboration internationale LIGO/Virgo qui rassemble plus d'un millier de scientifiques dans le monde entier autour de trois détecteurs: les deux LIGO américains, situés dans l'Etat de Washington et en Louisiane, et le Virgo européen, installé près de Pise en Italie. Depuis septembre 2015, quatre ondes gravitationnelles ont été officiellement détectées par le réseau, l'antenne européenne Virgo ayant «senti» sa première onde cet été seulement. Les quatre événements correspondaient à chaque fois à la fusion de trous noirs survenues à des milliards d'années-lumière de nous.

    Pour détecter ces ondes gravitationnelles, il est nécessaire de construire des installations de taille kilométrique. Deux lasers circulent perpendiculaires dans deux longs bras de plusieurs kilomètres de long. Au passage d'une onde gravitationnelle, la longeur des deux bras varient très légèrement, de la taille d'une fraction d'atome. Cette infime différence peut être détectée par «interférométrie», c'est-à-dire en réunissant les deux faisceaux lasers sur une même cible. La superposition des deux lumières produit en effet naturellement un «dessin» caractéristique qui va être déformé de façon visible par le passage de l'onde gravitationnelle. C'est ce principe de détection qui a été imaginé et dimensionné par Rainer Weiss, le premier lauréat de la récompense.

    Le CNRS avait lui aussi choisi de récompenser les ondes gravitationnelles cette année en décernant sa plus prestigieuse récompense, la médaille d'or du CNRS, à l'expérimentateur Alain Grillet, pionnier du détecteur européen Virgo, et au théoricien Thibault Damour, spécialiste de renommée mondiale de la théorie de la relativité générale.

    Source : www.lefigaro.fr/sciences - Auteur: Tristan Vey


    27/08/17 - Jackpot spatial: sur Uranus et Neptune, il "pleut" des diamants

    Une nouvelle étude scientifique explique comment des pierres précieuses de plusieurs millions de carats se forment sur ces deux planètes.

    Faut-il vraiment sortir son parapluie en cas d'orage sur Uranus et Neptune? Ne vaut-il pas mieux tendre les mains jointes devant soi, ou simplement se baisser pour ramasser? Car s'il ne pleut pas des cordes sur les deux planètes géantes glacées, il pleut bien des diamants. C'est ce que démontre une étude parue dans le journal Nature Astronomy selon laquelle des scientifiques ont réussi à comprendre le phénomène grâce à une étonnante expérience réalisée en laboratoire.

    Pour cela, les chercheurs ont cherché à reproduire la structure et les conditions atmosphériques des deux planètes: toutes deux sont constituées d'un coeur rocheux autour duquel se sont formées plusieurs couches de "glace" constituées d'hydrogène et de carbone. Elles se caractérisent également par leur énorme pression atmosphérique, laquelle ferait "éclater" le lien entre les atomes de carbone et d'hydrogène pour les transformer en diamants. Ces diamants, couleraient ensuite vers le noyau de la planète. D'où l'utilisation par les scientifiques auteurs de l'étude du terme de "pluies" de diamants.

    Naissance de nanodiamants sur Terre

    Pour comprendre le phénomène, ils ont eu recours en laboratoire à du polystyrène (composé de carbone et d'hydrogène) et à des lasers. En pulvérisant leur bout de polystyrène avec un laser optique, les scientifiques ont réussi à créer des ondes de chocs qui, en se rencontrant, ont cassé le lien entre les atomes de carbone et d'hydrogène présents dans le polystyrène, pour finalement donner naissance à des nanodiamants.

    Sur Neptune et Uranus, le même phénomène aurait cours, mais les diamants seraient en revanche bien plus grands. Les scientifiques auteurs de l'étude estiment même que certains auraient une taille leur donnant la valeur de plusieurs millions de carats. S'ils ne sont pas encore parvenus à produire des pierres d'une telle valeur dans leur laboratoire, leur découverte pourrait toutefois faire des heureux: de nombreux objets électroniques - comme nos smartphones - contiennent des nanodiamants. Et jusqu'ici, leur fabrication s'avérait extrêmement complexe et coûteuse.

    Source: www.lexpress.fr


    22/08/17 - États-Unis: l'éclipse, le spectacle du siècle

    L'éclipse solaire totale a été vécue intensément par plusieurs millions d'Américains. Pendant deux minutes, le soleil a totalement disparu derrière la lune.

    C'est le moment où tout s'accélère. En quelques instants la nuit prend la place du jour : une éclipse totale. Le phénomène semble toujours magique, presque surnaturel. Sept millions d'Américains se sont déplacés pour y assister. "On a vu des étoiles apparaître, des oiseaux voler dans tous les sens. C'était un beau moment", livre une spectatrice. Pendant 90 minutes, l'éclipse traverse le continent américain.

    Des Américains passionnés

    Un rendez-vous poétique, mais aussi très utile pour les scientifiques. L’éclipse est une occasion rare d'observer la couronne solaire encore mystérieuse. Les Américains se sont passionnés pour cette éclipse à commencer par le premier d'entre eux Donald Trump, qui avait juste oublié ses lunettes.

    Source + vidéo: www.francetvinfo.fr/sciences/astronomie


    21/08/17 - Des tempêtes de neige violentes sur Mars

    De violentes tempêtes de neige secouent les nuits martiennes selon une étude publiée aujourd'hui mais ne rêvons pas: "on ne pourrait pas faire de bonhomme de neige ou skier sur Mars", prévient Aymeric Spiga, chercheur au laboratoire de météorologie dynamique à Paris, auteur principal de l'étude.

    L'atmosphère de Mars est froide et mince et des nuages de particules de glace peuvent se former même si la quantité de vapeur d'eau dans l'atmosphère reste faible par rapport à la Terre. En 2008, l'atterrisseur Phoenix de la Nasa avait révélé que ces nuages pouvaient entraîner des chutes de neige. "A l'époque, on avait supposé que ces particules de glace d'eau tombaient lentement sous l'influence de leur propre poids", précise le chercheur.

    Or en modélisant l'atmosphère martienne et ses nuages de glace, Aymeric Spiga et ses collègues ont mis en évidence que les chutes de neige étaient provoquées par des vents très violents, écartant l'image poétique des flocons de neige tombant délicatement sur la planète rouge. "Les précipitations de neige se font par des courants descendants très violents et une particule de glace peut tomber en 5 à 10 mn", précise le chercheur. Et non pas en virevoltant 4 à 5 heures comme on le supposait.

    Selon l'étude publiée dans Nature Geoscience, ces phénomènes sont localisés et souvent spécifiques à certaines saisons. Les particules de glace martienne, très petites, ne ressemblent en rien aux gros flocons terriens. De plus, la quantité de neige déposée sur le sol reste relativement faible. "Si on était à la surface de la planète, on ne verrait pas une grosse couche de neige mais plutôt un givre très fin, assez irrégulier", explique le spécialiste.

    Source: www.lefigaro.fr avec l'AFP


    20/08/17 - La NASA compte rendre Mars habitable

    La NASA a trouvé un moyen de saturer l’atmosphère de Mars en oxygène et tentera une expérience lors de la prochaine mission Rover 2020.
    La NASA a trouvé un moyen pour rendre l'atmosphère de Mars habitable, et compte pour ce faire envoyer des micro-organismes sur la planète rouge à bord de la mission Rover 2020.

    Selon The Independent, les scientifiques se proposent d'envoyer des micro-organismes (des algues ou des bactéries) à bord de la mission Rover 2020 dans le but de créer un air adapté à l'humain sur Mars.

    Ces micro-organismes doivent trouver de la nourriture dans le sol martien afin de produire de l'oxygène.

    Si l'expérience réussit, l'oxygène ainsi produit pourrait être utilisé pour la respiration des hommes et alimenter les fusées pour le vol de retour sur Terre.
    En outre, la réussite marquera une étape majeure dans la transformation de Mars en planète habitable pour les futures colonies humaines.

    L'atmosphère de Mars contient seulement 0,13% d'oxygène, contre 21% sur Terre.

    Les chercheurs américains projettent également de construire un bouclier magnétique autour de Mars et d'y installer un réacteur nucléaire.

    En outre, ils espèrent lancer une station spatiale lunaire qui pourrait servir de point de départ aux missions vers le reste du système solaire.

    Les projets grandioses de coloniser Mars avaient été annoncés par le fondateur de l'entreprise SpaceX, Elon Musk.

    Source: fr.sputniknews.com


    05/08/17 - Les éclipses sont-elles en voie de disparition ?

    Le phénomène des éclipses solaires totales est un épisode transitoire dans l'histoire de notre planète. Depuis que les astronautes des missions Apollo ont déposé des réflecteurs sur la Lune, on peut mesurer précisément le temps parcouru par un faisceau laser, réfléchi sur ces réflecteurs et en déduire la distance Terre-Lune à 7 cm près. Et c'est ainsi qu'on a découvert que notre satellite s'éloigne aujourd'hui de nous à raison de 3,8 cm par an. Le moteur de cette fuite, ce sont les marées terrestres, qui exercent une telle force gravitationnelle sur la Lune qu'il accélère son mouvement. Parallèlement, l'échange d'énergie entre la Terre et son satellite entraîne le ralentissement de la vitesse de rotation de notre planète. Bref, le couple Terre-Lune était seulement distant de 22 500 kilomètres, il y a 4,5 milliards d'années. A cette époque, notre satellite était si gros dans le ciel qu'il cachait totalement le disque solaire quand il s'interposait entre lui et la Terre.

    Nous sommes donc actuellement exactement dans cette " fenêtre magique " où les deux disques ont quasiment la même taille apparente. Mais cela ne va pas durer. "Dans 620 millions d'années, vont se succéder des périodes plus ou moins longues (quelques millions d'années) avec et sans éclipses totales, souligne Pascal Descamps, astronome à l'IMCCE (Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides). Ceci est dû à la variation de l'excentricité de l'orbite terrestre. Lors des périodes où cette excentricité sera nulle - l'orbite terrestre dessinant un cercle parfait - alors se produiront des éclipses totales malgré le recul de la Lune. En tablant sur une vitesse d'éloignement de la Lune constante et égale à 3,8 cm/an, la disparition complète intervenant dans 1,21 milliard d'années, lorsque la distance entre les deux planètes sera de 402 346 kilomètres." Le 21 août, aux Etats-Unis ou derrière nos écrans, profitons bien de ce moment en tous points exceptionnel.

    Source: www.sciencesetavenir.fr - Auteur: Sylvie Rouat


    04/08/17 - Le cœur du Soleil tourne sur lui-même en une semaine

    Pour la première fois, la vitesse de rotation du cœur du Soleil a pu être évaluée correctement.

    Remarquablement stable depuis 4,6 milliards d’années, le Soleil est maintenu ainsi par l’équilibre quasi parfait entre la gravitation, qui tend à le contracter, et la pression des réactions thermonucléaires en son cœur. Des chercheurs fédérés auprès d’une équipe du laboratoire Lagrange (CNRS/Observatoire de la Côte d’Azur/Université Nice Sophia Antipolis) ont mesuré que le cœur de notre étoile tournait sur lui-même en une semaine. Grâce à l’instrument Golf, en orbite autour de notre étoile à bord de la sonde Soho pour mesurer les oscillations solaires, ils ont développé une nouvelle approche qui a enfin permis de détecter sans ambiguïté des modes de vibration de gravité dans notre étoile. Ces travaux, qui relancent plus largement l’étude de la physique de ce cœur, sont publiés dans la revue Astronomy & Astrophysics.

    Remarquablement stable depuis 4,6 milliards d’années, le Soleil est maintenu ainsi par l’équilibre quasi parfait entre la gravitation, qui tend à le contracter, et la pression des réactions thermonucléaires en son cœur. L’instrument Golf1, en orbite autour de notre étoile à bord de la sonde SOHO2, mesure ainsi les oscillations solaires, porteuses des propriétés physiques de ses différentes couches. En orbite autour de notre étoile depuis plus de 20 ans, il enregistre toutes les 10 secondes un signal intégré des pulsations de la surface solaire. Différentes équipes auscultent ce flot de données pour identifier les nombreux motifs des vibrations qui agitent le Soleil. Des chercheurs du laboratoire Lagrange (CNRS/Observatoire de la Côte d’Azur/Université Nice Sophia Antipolis), de l’Institut d’astrophysique spatiale (CNRS/Université Paris-Sud), du laboratoire Astrophysique, interprétation, modélisation (CNRS/Université Paris Diderot/CEA), du Laboratoire d’astrophysique de Bordeaux (CNRS/Université de Bordeaux), de l’Institut d’astrophysique des Canaries et de l’université américaine Ucla sont ici parvenus à détecter les modes de gravité du Soleil. Ceux-ci sont comme des vagues dont la gravité est la force de rappel, comme nos vagues à la surface de la mer, mais qui dans le soleil ne peuvent exister que dans ses couches très profondes. Ces oscillations étant particulièrement difficiles à observer, les chercheurs ont utilisé les données de Golf d’une nouvelle manière : l’exploitation d’un paramètre différentiel des modes de vibration acoustiques, ceux qui sont visibles en surface. Ce paramètre mesure le temps mis par les ondes acoustiques pour effectuer un aller-retour au travers du Soleil, en passant par son centre. Les chercheurs y ont décelé l’impact des modes de gravité, et ont donc prouvé leur existence.

    Premier résultat issu de cette détection, le taux de rotation moyen du cœur thermonucléaire du Soleil, qui restait très mal connu, a pu être mesuré précisément. Il tourne sur lui-même en une semaine, soit 3,8 fois plus vite que les couches extérieures et intermédiaires. Ces travaux relancent de nombreuses études sur la physique du Soleil. De quoi affiner davantage les modèles sur sa naissance, son évolution, sa structure et sa composition chimique. Ces modes de gravité indiquent notamment la présence d’une zone où la vitesse varie énormément, à la frontière du cœur thermonucléaire, ce qui n’est pas prévu par son modèle standard. Cela relance également les discussions sur la nature d’un possible champ magnétique au centre de l’astre.

    Source: CNRS


    02/08/17 - Un astéroïde va bientôt frôler la Terre

    Dans quelques semaines, un astéroïde passera très près de la Terre. Si son trajet n'est pas encore certain, les scientifiques de la Nasa assurent qu'il ne représente aucun risque d'impact avec la planète. Et profiteront de son passage pour tester leur système de défense.

    Il se rapproche à grands pas et frôlera dans quelques mois la Planète bleue. L'astéroïde 2012 TC4, qui mesure 10 à 30 mètres de diamètre, passera très près de la Terre le 12 octobre prochain.

    À un quart de la distance Terre-lune

    Les scientifiques pensent qu'il devrait passer à un quart de la distance entre la Terre et la Lune. Mais la fourchette est large: entre 6800 à 270.000 km du globe terrestre. Car cet astéroïde est mal connu des spécialistes, il n'a été observé qu'une fois, en 2012, pendant une semaine.

    Pas de panique: le phénomène est assez commun. Chaque année, des milliers de petits astéroïdes qui gravitent autour du Soleil passent près de la Terre sans présenter de risque de collision. C'est seulement à partir d'un kilomètre de diamètre qu'un géocroiseur peut représenter une menace pour l'humanité, rappelle Sciences et avenir. Et 90% d'entre eux ont été identifiés.

    Une pluie de météorites en 2013

    Mais ces petits astéroïdes peuvent tout de même causer des dégâts. En 2013 en Russie, le météore de Tcheliabinsk - qui ne mesurait que 15 mètres de diamètre - s'était désintégré dans l'atmosphère. Sa pluie de météorites avait provoqué d'importants dégâts matériels et fait un millier de blessés.

    Pour repérer les candidats à "la destruction du monde", la Nasa a mis au point un bureau spécialisé dans leur repérage et leur catégorisation, le Bureau de coordination de défense planétaire, créé en 2016. Sa mission est d'identifier les astéroïdes, mais aussi les comètes "potentiellement dangereux". Tout ce qui est susceptible de passer à une distance égale ou inférieure à 0,05 unité astronomique (soit 7,48 millions de kilomètres) et de taille supérieure à approximativement 30 ou 50 mètres est suivi.

    Tester le système de défense contre les astéroïdes

    Le passage de l'astéroïde 2012 TC4 sera l'occasion pour la Nasa - qui développe également un projet permettant de dévier un astéroïde menaçant - de tester son système de défense contre les astéroïdes, a annoncé l'agence fin juillet.

    Selon Paul Chodas, responsable du Centre d'étude des objets géocroiseurs de la Nasa, "c'est la cible parfaite pour un tel exercice, car même si nous connaissons assez bien l'orbite de TC4 pour être absolument certain qu'il n'entrera pas en collision avec la Terre, nous n'avons pas encore déterminé sa trajectoire exacte".

    La prochaine rencontre avec un gros caillou aura lieu en 2027 lorsque l'astéroïde AN10 1999, de 800 mètres de diamètre, passera à quelque 380.000 kilomètres de la Terre.

    Source: www.bfmtv.com/planeteb- Rédaction: Céline Hussonnois-Alaya


    01/08/17 - La Lune, une composition très Terre-à-Terre

    Deux chercheurs de l’Institut de physique du globe de Paris et de l’Université Sorbonne Paris Cité, apportent un nouvel éclairage sur l’origine de la Lune et son lien avec la Terre. En utilisant des roches lunaires magmatiques fortement concentrées en magnésium collectées lors des missions Apollo 15 et Apollo 17, ils montrent dans une étude publiée dans Earth and Planetary Science Letters, le 1er août 2017 que les compositions de la Terre et de la Lune sont encore plus semblables que ce que l’on suspectait jusque là.

    Les échantillons lunaires volcaniques rapportés sur Terre à l'issue des missions Apollo dans les années 1970 se sont distingués par leurs similarités chimiques avec les roches volcaniques terrestres, bien que très appauvris en composés volatils. Cette observation a donné lieu à un certain nombre de théories sur la manière dont la Lune a pu se former, comme l’agglutination d’un large "morceau" de roche éjecté de la Terre, la fission d’une jeune Terre, ou encore un impact géant. C’est cette dernière théorie qui est privilégiée ces dernières années, ayant été admis que les collisions entre les embryons planétaires en phase de croissance sont des facteurs fondamentaux de la formation des planètes, pouvant de ce fait expliquer l’appauvrissement en éléments volatils. Dans ces différents scénarios d’impacts, les modèles numériques prédisent que le matériel qui forme la Lune devrait provenir de l’impacteur (et non de la Terre), produisant ainsi des roches lunaires avec des compositions différentes des roches terrestres.

    Le fer, l'unique élément qui soit plus abondant dans les roches lunaires que dans les magmas terrestres, est une exception. En effet, dans le cas où cet enrichissement en fer proviendrait de l’impacteur, une signature isotopique de ce matériel impactant devrait être présente dans les roches lunaires. Les isotopes étant des types d'atomes d’un même élément chimique avec une masse légèrement différente, ils peuvent être séparés les uns des autres au cours des divers processus de formation planétaire, tels que la formation du noyau ou l'évaporation. Les premières études de la composition isotopique des roches volcaniques lunaires ont montré un léger enrichissement en isotopes lourds du fer par rapport à la Terre, laissant supposer que le fer de la Lune proviendrait bien d’une source autre que la Terre. Ceci en partant du principe que les roches volcaniques lunaires soient représentatives de la composition de la Lune toute entière, hypothèse discutable du fait d’un manque de chaleur interne, condition nécessaire à l’homogénéisation du manteau lunaire suite à sa solidifcation, à la différence de la Terre.

    Les scientifiques évaluent la composition isotopique du fer de la Lune en analysant pour la première fois les rapports isotopiques du fer dans les roches plutoniques (crystallisées en profondeur), dites "Suites Magnésiennes", qui sont les plus anciens échantillons lunaires magmatiques dérivés de la fusion des premiers cristaux formés suite au refroidissement de la Lune. Il s'avère que ces échantillons ont des rapports Fe/Mg identiques aux roches du manteau terrestre (constituant la majeure partie de la planète), à la différence des roches volcaniques lunaires présentant une teneur en Fe/Mg plus élevée et une signature isotopique du fer similaire à celle de la Terre. Les deux chercheurs démontrent ainsi que les "Suites Magnésiennes" fournissent un meilleur analogue pour la composition de la Lune que ne le font les roches volcaniques, excluant toute perte ou gain de Fe au cours de l’impact géant. Il est donc raisonnable de penser que la Lune est composée presque entièrement de matériel du manteau terrestre.

    Source: CNRS


    28/07/17 - Quelle est cette nouvelle molécule d'importance découverte sur Titan, la lune de Saturne?

    Titan, le plus grand satellite de Saturne, héberge-t-il de la vie extraterrestre microscopique? Cette question a attisé la curiosité des scientifiques pendant des années. Mais même si cette lune dispose d'une atmosphère et semble riche en composés organiques (à base de carbone, nécessaires à la vie), elle n'est pas franchement accueillante.

    Ses lacs ne sont pas faits d'eau, mais de méthane et d'éthane plutôt frisquets: -180°C. Rédhibitoire comme lieu de vie, selon la plupart des scientifiques, qui estiment que l'eau liquide est un élément essentiel. Notamment parce que c'est uniquement dans cet élément (et au dessus de 0°C) que les membranes de nos cellules, composées de lipides (la matière grasse), peuvent se former.

    Mais en 2015, des chercheurs spécialistes de Titan ont imaginé des membranes cellulaires très spéciales, qui pourraient se développer dans ce froid polaire. Ils les ont baptisés azotosomes. Selon leur modèle mathématique, un composé chimique particulier, l'acrylonitrile, est le candidat parfait pour créer ces membranes.

    La vie, c'est comme une vinaigrette

    Et justement, des scientifiques de la Nasa viennent de publier une étude dans la revue Science, ce vendredi 27 juillet. Ils affirment avoir détecté de l'acrylonitrile sur Titan. Et en assez grande quantité, affirment-ils. Une première, même si on se doutait que l'atmosphère du satellite devait en contenir.

    De là à imaginer que la vie puisse exister sur Titan sous une forme jamais vue sur Terre? "Cette découverte est importante, car c'est une détection précise et certaine d'une nouvelle molécule sur Titan, mais imaginer une forme de vie à partir d'azotosomes, c'est hautement spéculatif et ça me semble utopique", affirme au HuffPost François Raulin, chercheur au CNRS spécialisé sur Titan et l'exobiologie.

    Pour bien comprendre, il faut se dire que la vie, ce n'est pas comme une boite de chocolats, mais plutôt comme une vinaigrette, explique le professeur d'astrochimie. A l'origine, toutes sortes de molécules étaient mélangées dans les océans terrestres. Et certaines d'entre elles grossissaient petit à petit, arrivaient à créer de plus en plus de liaisons entre différents atomes.

    Puis, à un moment, elles ont réussi à se répliquer. Du fait même de leur structure. Mais pour réussir ce tour de force, elles ont dû trouver plusieurs choses. Une source d'énergie, évidemment. Mais aussi un moyen de se tenir à l'écart. C'est la fameuse membrane cellulaire, qui, dans l'eau (ou le vinaigre), réagit comme l'huile: elle ne se mélange pas. "Une protection, une carapace pour que tous les ingrédients restent concentrés et réagissent entre eux", explique François Raulin.

    Un manque d'étincelle

    C'est donc une membrane similaire, mais différente, que pourrait former l'acrylonitrile découvert sur Titan. Enfin, si l'on en croit le modèle mathématique imaginé en 2015. Un modèle qui n'a pour l'instant pas été prouvé expérimentalement.

    Et même si l'on admet que cela fonctionne, que ces membranes existent sur Titan, "entre la formation de ces structures et le fait qu'elles soient remplies de composés chimiques capables de se répliquer, il y a un gouffre gigantesque", affirme François Raulin.

    D'abord, on n'a aucune preuve de l'existence de macromolécules, suffisamment complexes pour se dupliquer. Surtout, pour que des molécules géantes, très longues, soient capables de réaliser suffisamment de réactions chimiques en un temps raisonnable, elles ont besoin d'un peu d'aide. D'une étincelle.

    On appelle cela un catalyseur, "un composé qui accélère la vitesse de réaction des milliers de fois", rappelle François Raulin. Un des plus célèbres pour la vie terrestre: l'enzyme. Mais sur Titan, "on ne connait pas de catalyseur possible", explique le chercheur, pour qui cette absence disqualifie la théorie d'une vie à la surface de Titan.

    Pour vivre heureux, vivons cachés

    Mais cela ne veut pas dire qu'il ne peut pas exister de micro-organismes sur le satellite. Ou plutôt dedans. "Il y a un océan liquide 60 km sous la surface de glace. Le problème, c'est qu'il n'est pas en contact avec la roche", explique François Raulin. Difficile donc d'avoir une source d'énergie, par exemple hydrothermale. Sauf que cet océan était par le passé en contact avec le sol et même avec l'air libre, il y a quelque 4,5 milliards d'années. "Il est donc possible que la vie soit apparue à l'époque et ait perduré depuis, dans cet océan sous la surface".

    Les auteurs de l'étude, eux, voudraient tout de même creuser un peu plus l'hypothèse des azotosomes. Ils recommandent ainsi de réaliser de nouvelles études, notamment pour vérifier la concentration de l'acrylonitrile dans l'atmosphère de Titan et sa répartition à la surface.

    Surtout, ils souhaiteraient que des "études expérimentales sur la formation d'une membrane dans du méthane cryogénique" soient réalisées afin de vérifier une fois pour toute cette théorie. Problème: "dans l'article de 2015, les chercheurs expliquaient justement qu'une telle démonstration expérimentale était très difficile, c'est pourquoi ils étaient plutôt partis sur un modèle théorique", rappelle, pas très optimiste, François Raulin. "Vu comme cette théorie est spéculative, je ne pense pas que la Nasa soit prête à dépenser des millions pour aller vérifier cela sur place".

    Source: www.huffingtonpost.fr


    Lundi 24/07/17 - Une nouvelle étude analyse les traces d’eau sur la Lune

    Des chercheurs ont mis en évidence que des dépôts volcaniques contenaient des quantités exceptionnellement élevées d’eau venant des profondeurs de l’astre.

    La Lune a longtemps été perçue comme un astre aride et sec. Mais selon des travaux publiés lundi 24 juillet dans la revue Nature, les profondeurs de l’astre seraient étonnamment riches en eau.

    « Nous avons trouvé la signature de l’eau partout dans les profondeurs de la Lune en utilisant des données satellitaires », explique Shuai Li de l’université Brown à Providence aux Etats-unis et coauteur de l’étude.

    La présence d’eau sur l’astre ne fait maintenant plus débat. En 2008 déjà, des chercheurs avaient trouvé des molécules d’eau à l’intérieur de magma ramené par des astronautes des missions Apollo.

    « Restait à savoir si ces échantillons reflétaient les conditions générales des entrailles de la Lune ou représentaient plutôt des régions riches en eau exceptionnelles, anormales dans un manteau “sec” », note Ralph Milliken, coauteur de l’étude.

    De l’eau dans les profondeurs

    En utilisant des données satellitaires, les deux chercheurs ont mis en évidence que des dépôts volcaniques contenaient des quantités exceptionnellement élevées d’eau, venant des profondeurs de la Lune.

    « Ces gisements riches en eau sont répartis sur la surface, ce qui prouve que l’eau trouvée dans les échantillons d’Apollo n’est pas un cas unique », explique Ralph Milliken.

    L’hypothèse la plus largement répandue sur l’origine de la formation de la Lune et celle d’une énorme collision entre la Terre et un corps de la taille de Mars, peu après la formation du système solaire. Cette découverte fait naître une question : comment l’hydrogène nécessaire à la formation d’eau a pu survivre aux températures extrêmes induites par l’impact ?

    Selon l’étude, les gisements contiennent peu d’eau (moins de 0,05 %), mais ils sont énormes, pouvant atteindre jusqu’à 1 000 km². Une découverte qui pourrait avoir une application concrète dans l’avenir : « L’eau pourrait être utilisée comme ressource in situ lors d’une future exploration », selon Shuai Li.

    Source: www.lemonde.fr/sciences


    Dimanche 23/07/17 - Eclipse totale de soleil du 21 août: pourquoi les scientifiques l'attendent avec tant d'impatience

    Dans un mois, les Etats-Unis seront plongées dans le noir en plein jour en raison d'une éclipse totale de soleil. Les scientifiques comptent sur les millions d'observateurs pour améliorer leur connaissance d'un phénomène jamais vu dans le pays depuis 99 ans.

    Notez la date et… si vous le pouvez, prenez un billet d’avion. Le 21 août prochain, une éclipse totale de soleil sera visible sur une partie du globe. Pas en Europe malheureusement mais aux Etats-Unis où le phénomène n’a plus été observé depuis 99 ans.

    Pour les scientifiques, cet événement astronomique permettra de mieux comprendre le soleil, son champ magnétique et ses effets sur l'atmosphère terrestre. Les scientifiques espèrent bien aussi tirer profit des observations par le public, dont des étudiants et des astronomes amateurs qui seront armés de téléphones cellulaires, de lunettes astronomiques, d'appareils photos et de caméras, pour saisir tous les moments de ce phénomène.

    "Cette éclipse solaire totale à travers les Etats-Unis est une occasion unique dans les temps modernes qui permet à un pays tout entier de participer aux observations avec la technologie d'aujourd'hui et les médias sociaux", s'est réjouie vendredi devant la presse Carrie Black, une responsable de la National Science Foundation, qui supervise la recherche sur le soleil.

    "Les images et données venant potentiellement de millions de personnes seront récoltées et analysées par des scientifiques pendant des années", a-t-elle ajouté.

    L'éclipse qui générera le plus de données de l'histoire

    Pour Madhulika Guhathakurta, chargée à la Nasa de coordonner les observations scientifiques pendant l'éclipse, "ce sera l'éclipse qui générera le plus de données et d'images de l'histoire". Quand la Lune passera entre le Soleil et la Terre, elle produira une ombre d'environ 110 km de largeur qui se déplacera de l'Oregon, dans l'extrême nord-ouest en milieu de matinée, jusque sur la Caroline du sud de l'autre côté du pays, dans l'après-midi, traversant au total 14 Etats en 93 minutes.

    A la découverte de la haute atmosphère du soleil

    Les observateurs se retrouveront dans une obscurité totale en milieu de journée pendant plus de deux minutes et pourront voir étoiles et planètes dans le ciel. Environ 12 millions d'Américains vivent à l'intérieur de cette étroite bande et seront probablement rejoints par des millions d'autres. Pour les astronomes, cette éclipse offre une rare occasion de tester de nouveaux instruments et d'observer la couronne solaire, la haute atmosphère du soleil autrement invisible.

    Les scientifiques sont intrigués par le fait qu'elle soit beaucoup plus chaude que la surface du soleil. Ils cherchent aussi à comprendre les éjections de masse coronale qui projettent des particules ionisées à grande vitesse vers la Terre et peuvent perturber les communications satellitaires et les réseaux électriques.

    Un avion utilisé pour faire des mesures en infrarouge

    Pouvoir faire des observations depuis la Terre est particulièrement important car cela permet de transmettre beaucoup plus de données qu'avec des instruments se trouvant dans l'espace, a expliqué Carrie Black. Un équipe du National Center for Atmospheric Research va aussi utiliser un avion de recherche pour faire des mesures en infrarouge pendant quatre minutes qui devraient permettre de mieux comprendre le magnétisme de la couronne solaire et sa structure thermale. Les scientifiques vont également étudier la ionosphère, la haute atmosphère terrestre.

    Votre smartphone pour surveiller la météo spatiale

    Pour cette observation, des chercheurs utiliseront une technologie de téléphones cellulaires standard pour construire une antenne GPS afin d'étudier les effets de l'éclipse. Cette expérience pourrait aider à mettre au point un système utilisant les smartphones pour surveiller les perturbations de la météo spatiale.

    Un autre projet, "Citizen Continental-America Telescopic Eclipse Experiment", organisé par l'Observatoire solaire national et l'université d'Arizona, s'appuiera sur la participation de volontaires notamment dans les universités et lycées pour transmettre des images prises tout au long du passage de l'éclipse.

    Les participants utiliseront des télescopes et appareils photo numériques identiques pour prendre des images en haute définition qui ensemble permettront de capturer les 93 minutes de l'éclipse d'ouest en est des Etats-Unis.

    Grâce aux images de la Nasa, notre site LCI retransmettra en direct les images de l'éclipse. Les Etats-Unis seront le seul pays à connaître une éclipse complète du soleil le 21 août. Des scientifiques parlent de ce fait de la "Grande éclipse américaine".

    Source: www.lci.fr/sciences


    28/06/17 - Astéroïdes: une journée internationale pour tirer la sonnette d'alarme

    Les astéroïdes ont désormais droit à une Journée Internationale de l'ONU: vendredi, les Terriens sont appelés à prendre conscience des dangers que représentent ces petits corps du système solaire et à soutenir les initiatives pour tenter de se protéger de la menace.

    "Un jour, nous pourrions être heurtés par un astéroïde et il faut absolument que nous soyons mieux préparés que ce n'est le cas actuellement", explique à l'AFP le cinéaste allemand Grigorij Richters, l'un des fondateurs de l'Asteroid Day.

    Plus de 700 événements se dérouleront à cette occasion dans 190 pays, assurent les organisateurs qui diffuseront pendant 24 heures d'affilée un programme en live sur internet, orchestré depuis le Luxembourg. Astrophysiciens, astronomes, agences spatiales feront le point sur la diversité des astéroïdes et les risques qu'ils font courir aux habitants de la planète.

    Depuis sa naissance, il y a 4,5 milliards d'années, la planète a subi de nombreuses collisions avec des astéroïdes. "Ces objets ont contribué à l'apparition de la vie sur Terre, en apportant de l'eau, des matériaux organiques", relève Antonella Barucci, astronome de l'Observatoire de Paris.

    Mais ils ont aussi occasionné des destructions. C'est un astéroïde tombé sur le Mexique qui serait responsable de la disparition des dinosaures il y a 65 millions d'années.

    L'Asteroid Day, fondé en décembre 2014 par Brian May, guitariste du groupe Queen, l'astronaute américain Rusty Schweickart et la fondation californienne B612, a gagné en visibilité lorsque l'ONU a décidé d'en faire une de ses journées internationales fin 2016.

    La date du 30 juin n'a pas été choisie au hasard. Elle commémore l'explosion, le 30 juin 1908, d'un astéroïde au dessus de Toungouska, en Sibérie. D'une taille estimée à plus de 40 mètres, il a détruit la forêt sur 2.000 km2, avec une puissance estimée à près de 30 fois la bombe d'Hiroshima. La fréquence de ce type d'événement est de l'ordre de 300 ans.

    'Une véritable catastrophe'

    "Imaginez que ce type d'astéroïde tombe sur une zone très peuplée comme le Benelux, Paris ou l'Allemagne et ce serait une véritable catastrophe", déclare à l'AFP Nicolas Bobrinsky, chargé du programme SSA de surveillance des menaces venant de l'espace au sein de l'Agence spatiale européenne (ESA).

    Beaucoup plus récemment, en février 2013, un petit astéroïde non répertorié de 20 mètres de diamètre s'est fragmenté près de la ville de Tcheliabinsk dans le centre de la Russie. "En apercevant ce bolide lumineux dans le ciel, les gens ont eu le mauvais réflexe. Ils se sont précipités aux fenêtres mais l'onde de choc a fait éclater les vitres. Bilan: plus de 1.300 blessés et de gros dégâts matériels", explique Daniel Hestroffer, de l'Observatoire de Paris.

    Ces dernières années, la communauté scientifique a accru ses efforts pour recenser la population d'astéroïdes "géocroiseurs" qui naviguent à proximité de notre planète et croisent son orbite.

    95% des objets de plus d'un kilomètre de diamètre sont connus. "Aucun ne se trouve sur une trajectoire de collision avec la Terre, au moins pour le prochain siècle", note Patrick Michel, astrophysicien à l'Observatoire de la Côte d'Azur.

    La chute de ce type d'astéroïdes pourrait entraîner des milliers de morts et avoir un effet global sur la planète.

    Les scientifiques ont identifié plus de 1.700 astéroïdes "potentiellement dangereux" d'une taille supérieure à 140 mètres, qui présentent une distance minimale d'intersection avec l'orbite terrestre de 7,5 millions de kilomètres. S'ils entraient en collision avec la Terre, ils pourraient détruire une région du globe.

    "Tôt ou tard, nous aurons (...) un impact mineur ou majeur", estime Rolf Densing, responsable du Centre européen des opérations spatiales (ESOC) à Darmstadt.

    Selon lui, le risque d'être touché par un astéroïde est faible à l'échelle d'une vie humaine. Mais "le risque que la Terre soit touchée un jour par un événement dévastateur est très élevé".

    "Nous n'avons pas de mesures actives de défense planétaire mais nous devons y parvenir", souligne-t-il.

    Source: www.geo.fr avec l'AFP


    08/06/17 - Des astronomes découvrent un ingrédient clé pour la vie autour de jeunes étoiles

    Des scientifiques ont détecté un élément chimique essentiel à la vie, tourbillonnant autour d'un trio d'étoiles juvéniles semblables au soleil dans sa jeunesse.

    Et si la vie était en train de naître ailleurs dans l'Univers ? Selon deux études parues dans Monthly Notice de la Royal Astronomical Society, des astronomes ont en effet découvert qu'une molécule essentielle à l'émergence de la vie gravitait autour d'un trio de jeunes étoiles. Celles-ci, situées à environ 400 années-lumière de la Terre dans la constellation du Serpentaire, ressemblent à notre soleil dans sa jeunesse, avant la formation de la Terre et des autres planètes il y a environ 4,5 milliards d'années.

    Concrètement, la molécule découverte, l'Isocyanate de méthyle, "joue un rôle essentiel dans la formation des protéines, qui sont des ingrédients de base pour la vie", a expliqué Victor Rivilla de l'Observatoire d'Arcetri à Florence et co-auteur d'une des études.

    Mieux comprendre l'apparition de la vie

    Selon les chercheurs, cette découverte pourrait permettre de mieux comprendre l'apparition de la vie sur Terre il y a des milliards d'années. La présence de l'Isocyanate de méthyle autour d'étoiles juvéniles montre que les éléments clés pour l'émergence de la vie "étaient très probablement déjà disponibles au stade le plus précoce de la formation du système solaire", selon Niels Ligterink, chercheur à l'Observatoire de Leiden aux Pays-Bas, auteur principal de la deuxième étude.

    Cette découverte a été permise grâce au puissant réseau de radio-télescopes ALMA, construit dans le nord du Chili. Grâce à lui, les astronomes ont débusqué la molécule organique, qui flottait dans un nuage dense de poussière interstellaire et de gaz entourant les trois étoiles. A l'avenir, une partie de ce mélange de poussières et de gaz tombera sur les étoiles, le reste formera des planètes.

    Depuis son installation, ALMA avait déjà permis de repérer des molécules de glycolaldéhyde, une forme de sucre, dans le gaz entourant une autre étoile juvénile. Cette molécule est également l'un des éléments constitutifs de la vie.

    Source: www.lexpress.fr avec l'AFP


    08/06/17 - Mars est demeurée accueillante pour la vie bien plus longtemps qu'on ne le croyait !

    De nouvelles analyses des données fournies par le rover martien Curiosity montrent que Mars était un lieu tempéré voici encore 3,1 milliards d'années, une époque où sur Terre la vie grouillait déjà.

    On ne sait toujours pas s'il y a eu de la vie sur Mars. Mais de récentes analyses sur des données fournies par le robot-rover Curiosity pendant 3 ans et demi mènent à la conclusion, publiée dans la revue Science, que l'eau liquide et un climat plutôt tempéré auraient perduré sur la planète Rouge jusqu'à il y a environ 3,1 milliards d'années, bien plus longtemps qu'on ne le supposait jusqu'ici (3,6 milliards d'années).

    Or ce laps de temps étendu recouvre une période où la Terre grouillait déjà de vie unicellulaire. Sachant que le climat et les conditions physiques de Mars (champ magnétique, atmosphère, mers, pluies) ressemblaient à l'époque à ceux de la Terre, la découverte favorise l'hypothèse que la vie a pu s'y développer.

    L'ancien lac du cratère Gale

    Curiosity s'est posé sur Mars le 6 août 2012, et pendant 3 ans et demi il a exploré de fond en comble le cratère Gale et la partie inférieure du Mont Sharp situé en son centre - avant de se lancer dans son ascension. Ce sont les données de cette exploration qui ont conduit les chercheurs à émettre aujourd'hui la nouvelle hypothèse iconoclaste.

    Si en effet Mars est maintenant une terre aride, sèche, avec une atmosphère très ténue, sans champ magnétique et donc constamment bombardé de radiations létales (pour la vie) et particules très énergétiques du vent solaire, des traces de son ancien climat ont survécu gravées dans la roche et les sols.

    Analyse des boues du lac

    Concrètement, Curiosity a analysé la composition et l'état d'altération des roches et sédiments du fond du cratère Gale (dont on suppose que, jadis, il formait un lac) via ses instruments, dont un système laser capable de vaporiser la roche et une caméra (ChemCam) d'analyse chimique à distance.

    Ainsi, l'étude fine des minéraux présents dans les anciennes boues du lac (aluminium, fer, magnétite, manganèse, etc.) a permis de retracer le profil chimique du lac au cours de son évolution.

    Beaucoup de niches favorables à la vie

    Ce profil montre que le lac a disposé de plusieurs types de "niches" favorables à une activité biologique : un milieu aqueux acide et oxydant en surface, un milieu basique et réducteur en profondeur, avec des concentrations en oxygène variant selon la niche. Ainsi, selon le geochimiste Joel Hurowitz, premier signataire de l'article, "ce lac a présenté un menu d'options pour la vie microbienne, si elle était présente."

    Mais présente ou pas, tout s'est aggravé avec le refroidissement progressif des entrailles de la planète, bien plus petite que la Terre, la solidification de son manteau faisant caler le "moteur" du champ magnétique (effet dynamo). Privé de celui-ci, Mars n'a plus pu se protéger du vent solaire. Son atmosphère et son eau (vapeur) ont peu à peu été éjectées et son sol a été grillé.

    Source: www.science-et-vie.com - Auteur: Roman Ikonicoff


    01/06/17 - Espace: une sonde de la Nasa va partir à la découverte du Soleil

    Aux Etats-Unis, la Nasa a fait l'événement, ce mercredi 31 mai, en annonçant le lancement prochain d'une sonde qui plongera dans l'atmosphère du Soleil. Il s'agira d'une grande première : jamais un engin construit par l'homme ne s'est ainsi rapproché de notre étoile, et n'a en conséquence été soumis à de telles températures et de telles radiations. On sait déjà que le soleil, 109 fois plus grand que notre planète, est formé d'hydrogène et d'hélium, et que la vie sur Terre dépend essentiellement de lui. Mais de nombreuses questions demeurent et cette mission s'annonce donc historique.

    Il faudra encore être un tout petit peu patient avant d'en savoir bien davantage sur la composition et la dynamique du Soleil. Car, même si la sonde devrait être lancée dès l'été 2018, il lui faudra ensuite sept années pour atteindre la zone prévue, en réduisant progressivement son orbite autour de l'étoile irrigant notre système solaire.

    Mais en s'approchant à seulement 6 millions de kilomètres du Soleil, elle explorera alors une zone totalement inédite, sept fois plus proche que la mission précédente.

    Un fascinant mystère

    Surtout, c'était il y a plus de 40 ans, et la technologie a évidemment progressé. De la taille d'une petite voiture, l'engin sera muni de quatre instruments pour récolter des données essentielles sur le mécanisme thermique du Soleil. Car l'astre reste un grand et fascinant mystère : L'un des objectifs sera par exemple d'essayer de comprendre comment la couronne solaire et ses 2 millions de degrés peut être plus chaude que la surface de l'étoile, ce qui défie les lois de la nature selon les experts.

    La sonde sera ainsi équipée d'une protection thermique faite de carbone composite et épaisse de plus de 11 cm, même si, là où elle ira, elle devrait être confrontée à une température de « seulement » 1 400 degrés.

    Source: www.rfi.fr/science - Rédaction: Grégoire Pourtier, correspondant à New York


    24/05/17 - Une étude affirme que des comètes ont participé à la formation de notre atmosphère

    Une équipe de chercheurs de l’Université de Manchester, du Centre de Recherches Pétrographiques et Géochimiques (CRPG) et de l’Université de Lorraine ont révélé que des comètes auraient amené une partie de notre atmosphère sur la Terre, il y a des milliards d’années.

    La question de la formation de l’atmosphère de la Terre était un véritable casse-tête pour la communauté scientifique. Maintenant, certains chercheurs pensent qu’à l’origine, les comètes auraient introduit des molécules organiques, atmosphériques et d’eau qui font de la Terre ce qu’elle est aujourd’hui.

    Les scientifiques ont analysé des échantillons d’air piégés dans des bulles d’eau trouvées dans du quartz vieux de trois milliards d’années. L’air contenu dans le minéral est en grande partie constitué d’un isotope (atome possédant le même nombre de protons, mais pas le même nombre de neutrons) extrêmement rare de xénon, un élément chimique. Nommé U-Xe, la particularité de cet élément rarissime est toute simple : on n’en trouve pas sur Terre ! L’équipe de recherche en déduit que l’U-Xe doit avoir été apporté sur Terre après qu’une atmosphère primordiale s’y soit développée. Les comètes forment donc l’hypothèse la plus crédible pour l’arrivée d’U-Xe sur Terre.

    L’un des responsables de l’étude, le professeur Ray Burgess de la Manchester’s School of Earth and Environmental Sciences, explique que « la Terre s’est formée trop près du Soleil pour que des substances volatiles comme l’U-Xe se condensent facilement, car elles auraient rapidement bouilli et n’auraient jamais pu tenir à la surface de la Terre. La raison pour laquelle l’atmosphère et les océans existent, c’est parce que les substances volatiles se sont ajoutées après la formation de notre planète. Le puzzle consiste à identifier d’où proviennent ces substances et quelles entités les auraient amenées sur Terre. Cependant, une multitude des substances volatiles qui ont été ajoutées à l’origine ont été mélangées par des processus géologiques tout au long de la formation géologique de la Terre. »

    C’est pour résoudre cette question que les scientifiques ont analysé les bulles d’air coincées dans du quartz, provenant quant à lui d’un forage de la région de Barberton, en Afrique du Sud. Les roches de cette région sont très vieilles (3 à 4 milliards d’années) et bien préservées. Après analyses, les chercheurs constatent que la composition de U-Xe est très différente de celle du xénon que l’on retrouve dans notre atmosphère.

    Le chef des travaux au CRPG, docteur Guillaume Avice, déclare : « Nous avons mesuré la quantité et l’abondance isotopique du xénon dans l’air il y a 3,3 milliards d’années. Le xénon est un gaz noble chimiquement inerte et ayant 9 isotopes qui est un élément propice pour révéler la composition isotopique au xénon dans l’atmosphère primaire de la Terre. Cela en fait une façon idéale de savoir d’où provient l’atmosphère. »

    L’initiateur du projet, Bernard Marty, du CRPG, témoigne que l’étude « révèle qu’il y a 3 milliards d’années, il y avait déjà un composant au xénon différent des gaz solaires et des astéroïdes dans l’atmosphère terrestre. Le xénon pourrait alors provenir de comètes. »

    La découverte permet aussi de nouveaux plans de recherche sur les gaz piégés dans les profondeurs de la Terre. Le docteur Guillaume Avice a aussi ajouté que « l’étude des gaz emprisonnés dans les roches anciennes ouvre de nouvelles perspectives dans notre compréhension de l’origine et de l’évolution des substances volatiles de la Terre, qui sont des facteurs clés pour l’habitabilité de notre planète. » Des possibilités fascinantes qui nous permettront peut-être d’apporter des réponses supplémentaires sur la formation de la vie terrestre.

    Source: sciencepost.fr


    19/05/17 - Loki Patera, le plus gros volcan du système solaire

    Io, un satellite de Jupiter, abrite le plus grand volcan extraterrestre de tout le système solaire. Baptisé Loki Patera, il s’agirait également du volcan le plus actif de notre système et son cratère serait ainsi en permanence baigné de lave en fusion. D’après les instruments scientifiques IRIS, sa température serait proportionnelle à celle du volcanisme de soufre liquide.

    Dernièrement, la mission Galileo a permis la capture des toutes premières images du volcan. Ce premier prototype du futur GPS européen a été envoyé sur Europa, un autre satellite de Jupiter. Ainsi, lancé en 2009, ce programme qui équivaut à un budget de dix milliards d’euros porte déjà ses fruits.

    Il faut savoir que le volcanisme n’est pas uniquement réservé à la Terre. Bien au contraire, il s’agit d’une activité commune à toutes les planètes du système solaire.

    Un lac de lave en fusion

    Particulièrement sur Io, l’activité volcanique est très intense. Les éruptions volcaniques y sont fréquentes et se produisent de manière épisodique sous des formes variées. Loki Patera serait ainsi le volcan le plus puissant du système solaire. Son appellation fait référence au dieu Loki des peuples vikings. Il est précisément situé par 12,6° N et 308,8° W.

    C’est un lac de lave de magma en fusion couverte d’une fine croûte solidifiée. Sa température peut varier. Il peut parfois émettre jusqu’à dix fois plus de chaleur que lorsque la croûte est stable. Il connait effectivement, d’une façon périodique, des épisodes de renversement.

    Ces derniers se produisent quand la roche solidifiée devient plus dense et s’enfonce dans le magma.

    Des images infrarouges pour photographier Loki Patera

    Capturer des images de Loki Patera n’a pas été une mission facile à accomplir. Cela n’aurait jamais été possible si les responsables de Galileo n’avaient pas eu l’idée passer par un orbiteur placé par la NASA.

    En mars 2015, le satellite Europe est passé devant Io, par rapport à l’angle de vue de la Terre. De cette façon, il a fait plonger le satellite dans l’obscurité, ce qui a permis la capture d’images infrarouges du volcan.

    Assurément, les géologues qui veulent élucider les mystères des volcans extraterrestres porteront un grand intérêt à ces images. L’analyse de ces dernières a déjà permis de connaitre l’existence de deux vagues qui se déplacent à l’intérieur du volcan. Le mouvement de l’une d’elles s’effectue suivant le sens de l’aiguille d’une montre. L’autre suit le sens inverse.

    Source: www.fredzone.org (Andy)


    18/05/17 - Le mystère de l’énergie noire enfin résolu ?

    En contradiction violente avec les observations, la valeur de la fameuse énergie du vide quantique était théoriquement énorme. Un groupe de chercheurs canadiens pense enfin savoir pourquoi ce n'est pas le cas, ce qui nous donnerai probablement la clé de l'énigme de l'énergie noire.

    Les calculs concernant l'énergie minimale contenue dans le vide quantique livrent ordinairement un nombre gigantesque, 10120 fois plus élevé que celui mesuré. C'est la pire prédiction de la physique théorique.

    Cette énergie n'est cependant qu'une valeur moyenne. Des chercheurs pensent que les fluctuations microscopiques sont en fait très grandes et qu'elles réduisent cette valeur moyenne en faisant fortement fluctuer la vitesse d'expansion de l'espace à l'échelle microscopique.

    Derrière la physique des équations d’Einstein de la relativité générale, il y a aussi les mathématiques de la géométrie différentielle et de la théorie des invariants. Elles peuvent servir à contraindre la forme de toutes les équations du champ de gravitation basées sur un espace-temps courbe. Les équations d'Einstein apparaissent alors comme les plus simples de ce point de vue mais au prix de l'ajout d'une constante qui n'était pas nécessaire dans la forme initiale de la théorie d'Einstein : la constante cosmologique.

    Elle peut être simplement considérée comme une des constantes fondamentales de la physique, par exemple celles de la gravitation et de la structure fine de l'électrodynamique quantique. Elle peut aussi s'interpréter plus profondément d'un point de vue physique si on peut la déduire d'une théorie plus vaste que celle d'Einstein.

    Or cette constante cosmologique, ou au moins une partie de sa valeur, semble émerger naturellement des fluctuations quantique des champs de forces et de matière (comme ceux de l'électron ou des neutrinos), quand ils sont décrits en appliquant la mécanique quantique. Ces fluctuations sont gouvernées par les inégalités de Heisenberg, qui conduisent à l'existence des états de plus basses énergies pour ces champs, et donc finalement à celui du vide quantique (voir les explications plus complètes dans la vidéo de Claude Aslangul).

    L'énergie noire et l'énergie du vide quantique

    Malheureusement, les calculs de l'énergie du vide quantique (ou plus précisément sa densité) lui donnent généralement une valeur monstrueuse. En pratique, cela modifierait de façon spectaculaire la courbure de l'espace-temps, ou sa vitesse d'expansion qui aurait tendance à augmenter de façon explosive. Une telle accélération a bien été mesurée mais elle est très faible et implique une énergie du vide 10120 fois plus petite que celle prédite par la théorie. On voit là la pire prédiction de la physique théorique et la solution de cette énigme est activement recherchée.

    Un point important est à garder à l'esprit cependant. L'accélération de l'expansion de l'univers observable est avérée mais nous ne savons pas si elle est bien le fait d'une densité d'énergie, qu'elle soit issue de l'état fondamental du vide quantique ou par exemple d'un ou plusieurs champs quantiques encore inconnus mais qui ne seraient pas dans leur état fondamental. Ces deux derniers cas de figure conduisent à supposer l'existence d'une mystérieuse énergie noire.

    Supposons que l'accélération soit bien un effet de l'énergie du vide quantique. Cela implique quand même que quelque chose cloche dans la façon dont nous calculons l'énergie de ce vide quantique dans le cadre du Modèle standard. Le problème pourrait se situer plus spécifiquement au niveau d'une théorie quantique de la gravitation mais, malgré des tentatives ingénieuses, comme la théorie des supercordes ou la gravitation quantique à boucles, force est de constater que nous ne disposons pas encore d'une telle théorie.

    Mais, visiblement, cela n'a pas découragé William Unruh comme le prouve un article sur arXiv qu'il a cosigné avec deux étudiants en thèse, Qingdi Wang et Zhen Zhu. Professeur à l'University of British Columbia, à Vancouver au Canada, Unruh n'est pas un inconnu. Peu de temps après la découverte du rayonnement des trous noirs par Stephen Hawking, il a lui-même découvert, sur le plan théorique, un phénomène similaire observable dans un référentiel accéléré, qui, selon le principe d'équivalence à la base de la relativité générale, est localement indiscernable d'un référentiel au repos plongé dans un champ de gravitation.

    Unruh et ses deux collègues se sont lancés dans des calculs que l'on pourrait qualifier de semi-classiques car ils intègrent des champs quantiques en interaction avec un champ de gravitation décrit par la physique classique. Que ce ne soit pas de purs calculs de gravitation quantique n'est pas forcément rédhibitoire. Bohr, en son temps, est parvenu à de bons résultats en proposant sa théorie de l'atome alors que n'existaient ni l'équation de Schrödinger ni celles de l'électrodynamique quantique.

    Des fluctuations spatiales du vide quantique microscopiques en tailles mais énormes en énergie
    Les trois chercheurs sont partis d'une constatation simple. En première approximation, la densité d'énergie du vide quantique que l'on calcule ne représente qu'un état moyen, une valeur qui est constante dans l'espace et dans le temps. Mais les fluctuations autour de cette moyenne sont très grandes, comme viennent de l'établir les trois physiciens. Il semble que l'on puisse alors montrer que ces fluctuations se produisant sur des distances beaucoup plus petites qu'un proton font fluctuer de façon très inhomogène la géométrie de l'espace-temps. De sorte que d'une toute petite région à une autre, celui-ci entre en expansion ou au contraire se contracte, tout cela variant aussi dans le temps.

    Magiquement, dans une moyenne de ce phénomène à plus grandes échelles, les fluctuations spatiales de la géométrie et de l'énergie du vide quantique au niveau microscopique se compensent avec celles qui donnent l'énergie de base du vide quantique. La valeur à l'échelle macroscopique devient compatible avec celle que l'on observe.

    Selon Unruh et ses collègues, ce mécanisme de régularisation est similaire à celui déjà esquissé par John Wheeler dans les années 1950/60 avec la structure en écume de l'espace-temps. Des trous de vers et des trous noirs apparaissant et disparaissant sans cesse à l'échelle de Planck rendent l'espace-temps turbulent et topologiquement compliqué. Ils introduisaient ainsi une nouvelle contribution à l'énergie du vide en se comportant un peu comme celles de nouvelles particules s'attirant mutuellement. Wheeler pensait que l'énergie potentielle d'interaction résultante pouvait peut-être contrebalancer celle du vide quantique calculé de façon naïve.

    Reste à voir ce que va dire la communauté scientifique. On peut penser que, de toute façon, les sceptiques ne seront vraiment convaincus que lorsqu'un calcul similaire aura été mené dans une vraie théorie de la gravitation quantique.

    Source + vidéo: www.futura-sciences.com/sciences


    Jeudi 27/04/17 - Cassini a survécu à son survol rapproché de Saturne

    La sonde Cassini a renvoyé ce jeudi matin les photos de son passage au plus près de la planète géante aux anneaux.

    La sonde américaine Cassini, en orbite autour de Saturne depuis 2004, a repris contact tôt jeudi avec la Nasa après son passage entre la surface de la planète géante gazeuse et ses anneaux, traversant une zone jusque-là inexplorée. «Nous avons réussi! Cassini est de nouveau en contact avec la Terre et transmet des données, après avoir plongé avec succès dans l'espace séparant Saturne de ses anneaux», a tweeté le Jet Propulsion Laboratory (JPL), chargé de cette mission, avant d'ajouter: «Le grand saut final est amorcé!».
    La sonde a effectué la première de vingt-deux orbites au plus près de Saturne, dont la dernière la fera plonger le 15 septembre dans l'atmosphère de la planète où elle se désintégrera. Cette descente inédite a commencé mercredi à 11h (heure française). Peu après, Cassini a cessé toute transmission pendant près de 24 heures car sa grande antenne radio avait été pointée vers l'avant lors de la manœuvre réalisée à la vitesse colossale de 124.000 km/h, pour servir de bouclier en cas de collision avec des poussières.

    Pendant cette période, le vaisseau s'est approché au plus près de la couche nuageuse de Saturne, jusqu'à 3000 km d'altitude, et a effectué avec ses douze instruments des observations, des relevés et pris des images. Son analyseur de poussière cosmique devait faire des prélèvements directs de particules en traversant le plan des anneaux.

    «La dernière partie de la vie de Cassini sera vraiment comme un feu d'artifice car, en s'aventurant entre la surface de Saturne et ses anneaux, le vaisseau fera des mesures scientifiques qui auraient autrement été impossibles», a relevé cette semaine Luciano Less, membre de l'équipe de recherche de Cassini à l'université italienne La Sapienza. «Cassini a produit un trésor de découvertes qui nous ferons réécrire les ouvrages de science planétaire sur de nombreux sujets», a estimé mardi Nicolas Altobelli, un responsable scientifique de la mission à l'Agence spatiale européenne (ESA).

    «Ce que nous apprendrons des dernières orbites de Cassini nous permettra de parfaire notre compréhension de la formation et de l'évolution des planètes géantes et des systèmes planétaires en général», avait récemment relevé Thomas Zurbuchen, responsable adjoint des missions scientifiques de la Nasa. Cassini avait exécuté avec succès le 22 avril son 127e et dernier survol rapproché de Titan, plus grosse lune saturnienne, passant à seulement 979 kilomètres de la surface et subissant une forte accélération qui a amorcé la manœuvre finale.

    Le prochain survol rapproché de Saturne aura lieu le 2 mai.

    Source: www.lefigaro.fr/sciences


    20/04/17 - Une exoplanète nouvellement découverte pourrait être la meilleure candidate pour la recherche de traces de vie

    Une exoplanète en orbite autour d’une étoile de type naine rouge située à 40 années lumière de la Terre pourrait bien remporter à son tour le titre de “meilleure candidate pour la recherche de traces de vie au-delà du Système Solaire”. Une équipe internationale d’astronomes composée de scientifiques de l'Institut de Planétologie et d'Astrophysique de Grenoble (CNRS/Université Grenoble-Alpes) a découvert, au moyen de l’instrument HARPS de l’ESO à l’Observatoire de La Silla et d’autres télescopes disséminés sur Terre, une “super-Terre” décrivant une orbite au sein de la zone habitable de l’étoile LHS 1140, de faible luminosité. Cette planète arbore des dimensions ainsi qu’une masse supérieures à celles de la Terre, et a probablement retenu une large part de son atmosphère. Ces éléments, ajoutés au fait qu’elle transite régulièrement devant son étoile, en font l’une des cibles les plus prometteuses pour les études atmosphériques à venir. Les résultats de ces observations sont parues au sein de l’édition du 20 avril 2017 de la revue Nature.

    Cette super-Terre nouvellement découverte et baptisée LHS 1140b décrit une orbite au sein de la zone habitable d’une étoile de type naine rouge faiblement lumineuse référencée LHS 1140 et située dans la constellation de la Baleine (Le Monstre Marin). Les naines rouges sont beaucoup plus petites et bien plus froides que le Soleil. Bien que la distance séparant LHS 1140b de son étoile soit dix fois inférieure à la distance Terre – Soleil, LHS 1140b ne reçoit que la moitié de l’ensoleillement terrestre et occupe le centre de la zone habitable. Cette orbite nous apparaît de profil depuis la Terre. Chaque 25 jours, l’exoplanète passe devant son étoile, bloquant une fraction de la lumière qui nous en parvient.

    La vie telle que nous la connaissons exige la présence d’eau liquide en surface ainsi que l’existence d’une atmosphère planétaire. Dans le cas présent, la planète arbore des dimensions suffisamment vastes pour qu’un océan de magma ait pu couvrir sa surface, des millions d’années durant. Cet océan de lave en fusion a pu enrichir l’atmosphère en vapeur qui, après que l’étoile soit entrée dans son actuelle phase évolutive – calme, se serait condensée en eau liquide à la surface de la planète.

    La découverte s’est initialement opérée au moyen de l’instrument Mearth, qui a détecté le tout premier signal – cette chute de luminosité caractéristique du passage de l’exoplanète devant son étoile hôte. Puis, l’instrument HARPS de l’ESO, ce chercheur de planètes d’une grande précision au moyen de la méthode des vitesses radiales, a effectué les observations de suivi nécessaires pour confirmer l’existence de la super-Terre. HARPS a également contribué à déterminer la période orbitale ainsi que la masse et la densité de l’exoplanète.

    Les astronomes ont estimé l’âge de la planète à quelque cinq milliards d’années. En outre, ils ont évalué son diamètre à 1,4 diamètre terrestre – soit près de 18 000 kilomètres. Sa masse étant quelque sept fois supérieure à celle de la Terre et sa densité beaucoup plus élevée, il s’ensuit que l’exoplanète est certainement constituée de roches et dotée d’un noyau de fer particulièrement dense.

    Cette super-Terre pourrait être la meilleure cible de futures observations destinées à étudier et caractériser son atmosphère, si elle existe. Deux des membres européens de l’équipe, chercheurs du CNRS à l’IPAG de Grenoble, concluent ainsi : “Le système LHS 1140 pourrait s’avérer être une cible plus importante encore que Proxima b ou TRAPPIST-1 pour la caractérisation à venir de planètes situées au sein de la zone habitable. Ce fut une année exceptionnelle en ce qui concerne les découvertes exoplanétaires !".

    En particulier, les prochaines observations effectuées au moyen du Télescope Spatial Hubble du consortium NASA/ESA permettront de déterminer avec précision la quantité de rayonnement qui frappe la surface de LHS 1140b, et donc de contraindre les conditions de vie sur cette exoplanète.

    A l’avenir – lorsque de nouveaux télescopes tel que le Télescope Géant de l’ESO entreront en service, nous pourrons certainement observer plus en détail les atmosphères exoplanétaires. A ce titre, LHS 1140b constitue une cible de choix.

    Source: CNRS


    12/04/17 - 2014 JO25: l'astéroïde qui va frôler la terre dans la nuit du 19 avril

    Un astéroïde géant, va passer à 1,9 million de kilomètres de notre planète dans la nuit du 19 avril (23h23 heure française). S'il ne représente pas un danger immédiat pour la Terre, il s'avère être une aubaine pour les astronomes.

    Un déluge de feu digne d'Armageddon ? Même si l'astéroïde baptisé 2014 JO25 a été qualifié de "potentiellement dangereux" par la National Aeronautics and Space Administration (NASA), ce n'est pas encore pour tout de suite. Le caillou de 650 mètres ne fera que "frôler" la Terre et passera à 1,9 million de kilomètres de notre planète, soit 4,6 fois la distance Terre-Lune. L'Agence spatiale américaine assure qu'il "volera en toute sécurité". Donc pas de quoi affoler les foules.

    Le Dr. Paul W. Chodas Directeur du Centre d'étude des objets géocroiseurs au Jet Propulsion Laboratory de la NASA explique que si 2014 JO25 a été classé comme tel, c'est parce que "son orbite s'approche de celui de la Terre à moins de 0,05 unités astronomiques (une UA vaut 149.597.870.700 m) et a une taille supérieure à 140 mètres." Et que s'il ne présente pas un risque direct, "pendant des milliers d'années, la distance minimale entre ces orbites va changer en raison de perturbations gravitationnelles et elle peut facilement diminuer à zéro. En utilisant notre système Sentry, nous avons analysé le mouvement futur de 2014 JO25 et nous concluons qu'il ne constitue pas une menace d'impact sur notre planète, au moins au cours des cent prochaines années."

    Une distance qui facilite l'observation

    Découvert en mai 2014, par des astronomes de la Catalina Sky Survey près de Tucson en Arizona, 2014 JO25 suscite l'intérêt des astronomes car son passage près de la Terre en fait un objet d'étude de premier choix. Pour l’heure, les propriétés physiques de l’objet restent méconnues. Exception faite de sa surface environ deux fois plus réfléchissante que celle de la Lune. "Actuellement nous connaissons très peu de choses sur cet astéroïde, sauf sa taille approximative et son albedo (sa blancheur, NDLR) assez brillant. En effet, il est assez réfléchissant, un résultat basé sur les mesures de l'engin spatial NEOWISE. Cependant nous ne connaissons pas le type spectral de cet astéroïde ou même sa composition. Mais nous en saurons beaucoup plus la semaine prochaine quand il sera assez proche pour des observations astronomiques détaillées", détaille Paul W. Choda.

    En effet, la rencontre du 19 avril offre aux scientifiques une belle opportunité d'étudier de bien plus prêt cet astéroïde. Des observations radar sont prévues au Goldstone Solar System Radar de la NASA en Californie et à l'Observatoire Arecibo de la National Science Foundation à Porto Rico. La précisions des images pourraient révéler des détails en surface jusqu’à quelques mètres. "2014 JO25 s'approchera à portée des radars planétaires la semaine prochaine, et nous espérons avoir de très bonnes images de cet astéroïde, avec une résolution jusqu'à 4 mètres", précise Paul W. Chodas.

    La NASA rappelle que les petits astéroïdes sont monnaies courantes non loin (toute proportion gardée) de notre planète. Dernier gros bébé en date, Toutatis, d’une dimension de 5 kilomètres, qui était passé à 4 distances lunaires en septembre 2004. La prochaine rencontre connue avec un caillou de taille comparable se produira vraisemblablement en 2027 lorsque l'astéroïde AN10 1999 (800 mètres) volera à environ une distance lunaire soit à peu près 380.000 kilomètres. Bref, une petite trotte toujours appréciable pour se préserver d'un gros bobo.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/espace


    07/04/17 - Une atmosphère découverte autour d'une «petite» planète rocheuse

    L'exoplanète GJ 1132b est le plus petit monde autour duquel une atmosphère aurait été détectée.

    Une atmosphère semble envelopper une planète un tout petit peu plus grosse que la Terre. Ce sont des chercheurs européens, emmenés par John Southworth, de l'université de Keele, qui ont publié ces travaux la semaine dernière dans The Astronomical Journal. La planète en question, GJ 1132b est située à 39 années-lumière de la Terre. A l'échelle de notre galaxie, cela en fait une voisine proche (Proxima du Centaure, notre plus proche voisine, se situe seulement dix fois plus près).

    Les astronomes ne connaissaient jusqu'à présent que la masse de cette exoplanète, 1,6 fois celle de la Terre. Toutes les 38h, GJ 1132b fait un tour autour de son étoile, une naine rouge bien moins lumineuse que notre Soleil. A chaque fois, que la planète passe devant, elle masque un peu la lumière de son étoile. Les chercheurs ont observé neuf de ces transits à l'aide d'un télescope relativement petit (2,2 mètres de diamètre) de l'Observatoire européen austral (ESO) situé au Chili. Ils ont ainsi déduit son diamètre: à peine plus grosse que la Terre (1,4 fois son rayon).

    Mais ce n'est pas tout. Ils ont aussi remarqué que la planète masquait un peu plus le rayonnement infrarouge de l'étoile que les autres types de lumière. Cette observation serait compatible avec l'existence d'une atmosphère à la fois très épaisse et très étendue faite d'eau et de méthane, qui filtrerait ce rayonnement. Jamais une atmosphère n'a été observée autour d'un monde aussi petit. La plupart des atmosphères découvertes à ce jour l'ont été autour de géantes gazeuses ou de très grosses planètes rocheuses.

    Cela ne fait néanmoins pas de GJ 1132 b une bonne candidate à la découverte de la vie... Il y fait beaucoup trop chaud: plus de 300°C. Il est néanmoins intéressant de voir que les naines rouges, les étoiles les plus communes dans l'univers, ne sont pas incompatibles avec la présence d'atmosphères. Ce n'était pas forcément évident puisque ces étoiles, bien que moins lumineuses, sont bien plus «actives» que notre Soleil. Les astronomes craignaient que les bouffées de rayons X qu'elles émettent ne puissent souffler les hypothétiques atmosphères des mondes qui les entourent.

    Source: www.lefigaro.fr/sciences - Auteur: Tristan Vey


    31/03/17 - Pour la première fois, SpaceX lance avec succès une fusée déjà utilisée

    Cette réutilisation de composants pourrait ouvrir la voie à une nette réduction des coûts, et ainsi révolutionner les vols spatiaux.

    « Un jour incroyable pour l’espace et l’industrie spatiale. » Le patron de SpaceX, Elon Musk, affichait son enthousiasme, jeudi 30 mars, après le succès du lancement de sa fusée Falcon-9, dont le premier étage avait déjà été utilisé lors d’un tir précédent. La mission à partir de Cap Canaveral, en Floride, s’est déroulée sans problème, le satellite du luxembourgeois SES a été mis sur orbite alors qu’une partie du lanceur s’est reposée en douceur sur une barge dans l’océan Atlantique, huit minutes trente à peine après le lancement. « On peut faire voler et revoler le premier étage d’un lanceur, qui est la partie la plus chère, et cela finira par aboutir à une énorme révolution du vol spatial », prédit le milliardaire, qui, depuis trois ans, bouscule les fondamentaux du monde spatial.

    Depuis son entrée fracassante dans le club très fermé des lanceurs en décembre 2013, avec une fusée low cost, le trublion du spatial n’a de cesse de vouloir bouleverser les règles. En décembre 2015, il a fait revenir en douceur sur Terre la base de la fusée, un tronçon de 41 mètres de haut. Avec plus ou moins de succès, car, sur quatorze tentatives de récupération, neuf ont été réussies, dont trois au sol et six sur une barge en mer, comme ce fut le cas pour ce lancement.

    Pour cette première, la fusée Falcon-9 a réutilisé l’étage qui avait déjà servi à lancer, en avril 2016, la capsule Dragon vers la station spatiale internationale (ISS) pour une mission d’approvisionnement dans le cadre d’un contrat avec la NASA. Quatre mois ont été nécessaires à sa reconfiguration. Le patron de SpaceX entend encore pousser son avantage, puisque, à peine le tir réussi, il affirmait dans un Tweet vouloir réduire à vingt-quatre heures le temps de réadaptation de l’étage revenu au sol pour être relancé rapidement.

    Volonté de réduire les coûts

    La volonté est de réduire les coûts de lancement aujourd’hui facturés plus de 60 millions de dollars (56,1 millions d’euros), mais sans que cela soit vraiment précis. Au début, SpaceX annonçait une économie de 70 % grâce au recyclage. Voici un an, la directrice générale, Gwynne Shotwell, temporisait en évoquant 30 % et, depuis, ce ne serait finalement plus que 10 %. Le nombre de réutilisations possibles du premier étage après son reconditionnement est, à ce stade, incertain. Fin 2015, Elon Musk avait assuré qu’il pourrait théoriquement être recyclé jusqu’à cent fois, tout en estimant pouvoir le faire revoler de dix à vingt fois.

    Les clients auront donc le choix pour leur lancement, d’avoir un étage neuf ou reconfiguré, avec, dans ce cas, la possibilité d’être mieux placé dans le calendrier des tirs. Prudente cependant, l’armée américaine, qui vient de signer un contrat de 96 millions de dollars pour le lancement d’un satellite GPS en 2019, a opté pour une fusée neuve.

    Elon Musk n’est pas le seul à s’intéresser aux fusées réutilisables, Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, est très actif dans ce domaine, tous deux voulant rapidement emmener des passagers dans l’espace, le premier vers Mars et le second autour de la Terre. Si le patron de SpaceX est offensif, n’hésitant pas à multiplier les risques, quitte à rencontrer des échecs, comme ce fut le cas par deux fois pour des lancements, son rival, avec Blue Origin, avance plus méthodiquement.

    Emergence de concurrents

    Depuis novembre 2015, il a réussi à faire atterrir sa fusée New Shepard après un lancement, mais les vols restent en dessous de l’orbite terrestre. De ce fait, il est moins difficile pour le lanceur de faire une descente contrôlée car sa vitesse n’est pas aussi élevée. Jeff Bezos s’intéresse aussi aux lancements commerciaux. Début mars, le français Eutelsat a été le premier opérateur de satellites à signer un contrat avec Blue Origin pour la mise en orbite d’un satellite géostationnaire à l’horizon 2022 avec sa future fusée New Glenn, dont le premier étage sera réutilisable.

    Cette émergence de concurrents aux moyens financiers considérables, dans un monde jusqu’alors contrôlé par les Européens avec Ariane et les Russes avec Proton, pousse chacun à réagir en cassant ses prix. Cela s’est traduit par la conception d’Ariane-6, un lanceur 40 % moins cher qu’Ariane-5 et compétitif dans ses deux versions avec le Falcon-9 de SpaceX. Son premier vol est prévu dans trois ans en 2020. D’ici là, pas question de revoir la stratégie, même devant la révolution qui se profile avec le réutilisable. Tous les efforts sont tournés vers la réussite du projet et le respect des délais et des performances annoncées. Une fois le contrat rempli et les premiers tirs réussis, des évolutions seront envisagées, mais au mieux pas avant le milieu des années 2020.

    Ce qui n’empêche pas de réfléchir à la conception d’un moteur réutilisable, avec le projet Prometheus. A Lucerne, lors de la réunion ministérielle de l’Agence spatiale européenne (ESA) en décembre 2016, un budget de 80 millions d’euros a été alloué pour développer ce moteur qui fonctionnera à l’oxygène liquide et au méthane. Cet hydrocarbure sera moins cher que l’hydrogène associé à l’oxygène liquide alimentant le moteur Vulcain d’Ariane-5 et le premier étage d’Ariane-6. L’objectif est de diviser par dix le coût par rapport aux 10 millions d’euros du Vulcain. Reste à savoir qui gagnera finalement la compétition spatiale, entre l’homme pressé qu’est Elon Musk, suivi plus prudemment par Jeff Bezos, et la raisonnable Europe.

    Source: www.lemonde.fr - Auteur: Dominique Gallois, journaliste au Monde


    13/03/17 - Pluton redeviendra-t-elle une planète?

    Depuis quelques semaines, un groupe de « Plutoniens » fait campagne pour rendre à Pluton son statut de planète. Mais ses efforts sont voués à l’échec, écrit l’astronome Michael Brown dans le New Scientist.

    La décision définitive relève de l’Union astronomique internationale, le seul organisme « autorisé » à nommer des corps célestes. En 2006, après des années de débats, elle créait la catégorie « planète naine » pour Pluton et quelques autres astéroïdes.

    Rien n’a changé depuis 2006, si ce n’est la mission New Horizons, cette sonde spatiale de la NASA qui est passée à proximité de Pluton l’an dernier.

    Or la campagne « pro-Pluton » est dirigée par le scientifique en chef de cette mission, Allen Stern. La raison principale pour avoir démis Pluton en 2006 était qu’on découvrait — et qu’on continue de découvrir — de plus en plus de petits mondes aux confins de notre système solaire, dont plusieurs seraient assez gros pour passer eux aussi dans la catégorie « planète » si on changeait les critères pour y réadmettre Pluton.

    Au nom de tous les jeunes et moins jeunes qui devraient retenir non plus neuf noms de planètes, mais des dizaines, voire des centaines, les astronomes ont choisi jusqu’ici de s’en tenir à la décision de 2006.

    Source: www.ledevoir.com avec l'Agence Science-Presse


    22/02/17 - Sept planètes «terrestres» autour d'une minuscule étoile

    Des chercheurs ont mis au jour l'un des systèmes planétaires les plus curieux et prometteurs pour la recherche de vie en dehors du système solaire.

    C'est un étrange système miniature que viennent de présenter dans la revue Nature une équipe internationale de chercheurs, emmenés par la Belgique, la Suisse et la France. L'étoile Trappist-1 est entourée de pas moins de sept planètes rocheuses! C'est quatre de plus que ce que pensaient les astronomes l'année dernière. Entre-temps, les données du télescope spatial Spitzer de la Nasa ont permis de débusquer une trentaine de transits, les sortes de mini-éclipses provoquées par le passage de planètes devant leur étoile. Les chercheurs ont ainsi pu confirmer la présence de sept planètes, toutes de taille comparable à la Terre (à plus ou moins 15% près).

    Ce système est très particulier car son étoile est toute petite: à peine plus grosse que Jupiter. Les planètes orbitent donc très près de leur étoile. Elles ne mettent qu'entre 1,5 et 12 jours pour en effectuer le tour (pour les six premières, la période de révolution de la dernière, un peu plus lointaine) n'est pas encore connue. Comme l'influence gravitationnelle de l'étoile est très forte, ces exoplanètes présentent toujours la même face à leur étoile.

    Si ce système a attiré une considérable attention médiatique, c'est pour plusieurs raisons. Pour commencer, il s'agit du nombre record d'exoplanètes rocheuses observées autour d'une même étoile. Ensuite parce qu'une partie d'entre elles sont situées dans une zone compatible avec l'existence d'eau liquide à leur surface. Et comme elles orbitent autour d'une naine ultrafroide, une étoile peu lumineuse, les chercheurs peuvent espérer détecter les changements de luminosité de l'étoile liés à la présence éventuelle d'atmosphère à l'aide du prochain gros télescope spatial américains JWST (James Webb Space Telescope) qui doit entrer en service en 2018.

    Source: www.lefigaro.fr/sciences - Auteur: Tristan Vey - En savoir plus avec rfi.fr


    16/02/17 - Comment le premier essai de la bombe atomique éclaire la formation de la Lune

    Une analyse des sables vitrifiés lors de la première explosion nucléaire de l'histoire étaye le scénario selon lequel la Lune s'est formée à la suite d'une gigantesque collision d'une planète de la taille de Mars avec la Terre.

    Le 16 juillet 1945, les Etats-Unis effectuent le premier essai de l'arme nucléaire de l'histoire, dans le désert du Nouveau-Mexique. La chaleur extrême dégagée par l’explosion vitrifie une partie du sable sur un rayon de 350 mètres. Le nom de code de l’opération, Trinity, a donné leur nom aux verres ainsi formés, les trinitites. Frédéric Moynier, de l’institut de physique du globe de Paris (IPGP) et ses collègues ont eu l’idée d’analyser la composition de ces matériaux afin de tester certains scénarios de formation de la Lune. En effet, selon la théorie la plus probable, la Lune serait née d’une collision entre la Terre et un corps de la taille de Mars, nommé Théia, il y a 4,5 milliards d’années. Les conditions extrêmes de température et de pression lors de l’impact sont difficiles à reproduire en laboratoire, mais celles d'une explosion nucléaire s’en rapprochent.

    D’une planète à une autre, en passant par les satellites naturels, la composition varie beaucoup, probablement du fait de conditions de formation différentes. Un exemple notable est la pauvreté de la Lune en éléments volatils – des éléments qui s'évaporent facilement – par rapport à la Terre. Les planétologues supposent que dans le cadre du scénario Théia, la force de l’impact a chassé les composés volatils des débris qui formeront la Lune. Difficile cependant de vérifier cette hypothèse expérimentalement. C’est pour cette raison que Frédéric Moynier et ses collègues se sont intéressés aux trinitites. Ils ont comparé la composition du sable arkosique (celui à l'origine des trinitites) et celles du sable vitrifié prélevé à une distance comprise entre 10 et 250 mètres du centre de l’explosion (où la température était d’environ 8 000 °C et la pression supérieure à 8 gigapascals).

    Les chercheurs se sont intéressé au zinc et à ses différents isotopes (les cinq isotopes stables sont le zinc 64, le zinc 66, le zinc 67, le zinc 68 et le zinc 70, le premier, le plus léger, étant le plus abondant sur Terre et représentant presque 50 % de cet élément). Dans les conditions normales, le zinc n’est pas volatil, mais il le devient dans les processus de formation planétaire.

    Les divers prélèvements mettent en évidence une raréfaction en zinc corrélée à la température locale lors de l’explosion nucléaire. Plus la température est élevée et plus l’appauvrissement est marqué. En outre, la déplétion s’exerce surtout sur les isotopes les plus légers, car ils s’évaporent plus facilement.

    Ce résultat confirme le scénario d’évaporation à haute température des éléments légers lors d'une explosion nucléaire et donc très probablement lors de l’impact d'une planète. Il apporte aussi un élément supplémentaire dans le débat sur la présence d’eau sur la Lune. En effet, un des échantillons de roche lunaire rapporté par les missions Apollo contient de l’eau, si bien que certains ont suggéré que le manteau lunaire présenterait la même concentration en eau que le manteau terrestre. Les travaux de Frédéric Moynier et de ses collègues démontrent qu’il ne peut y avoir autant d’eau dans le manteau lunaire que dans le manteau terrestre, puisque l’eau est bien plus volatile que le zinc.
    Les chercheurs pensent que la teneur en eau de l’échantillon d’Apollo n’est pas représentative de celle de la Lune, mais le résultat d’une recondensation d’éléments volatils lors de la formation du satellite, un processus qui conduit à un enrichissement faible et hétérogène en eau de la roche lunaire. En effet, les chercheurs ont observé un phénomène similaire sur le zinc de l'essai Trinity. Les verres proches de l’explosion sont appauvris en isotopes légers de zinc, mais leur surface présente une concentration un peu plus élevée, enrichie par recondensation du zinc volatil.

    Source: www.pourlascience.fr


    06/02/17 - Mars: un gigantesque volcan est entré en éruption pendant 2 milliards d'années

    Tout comme la Terre, Mars compte de nombreux volcans. L'un d'eux serait entré en éruption continue pendant deux milliards d'années, selon des scientifiques qui ont étudié l'âge d'une météorité martienne.

    Cette petite météorite qui tient dans la paume d'une main pourrait expliquer l'histoire volcanique de la planète Mars. C'est du moins ce qu'avancent des astronomes dans une étude publiée dans la revue Sciences Advances. Selon eux, ce caillou de 200 grammes, retrouvé en Algérie en 2012, se serait formé dans un volcan géant qui est entré en éruption pendant plus de deux milliards d'années.

    "Il n'y a rien de semblable sur Terre"

    Cette météorite fait partie d'un échantillon de 11 autres cailloux, appelés Northwest Africa (NWA) 7635, qui ont tous été expulsés d'un même volcan hors de l'orbite de Mars, il y a des millions d'années. Mais alors que les 10 autres météorites sont âgées, selon les scientifiques, de 500 millions d'années, la dernière aurait 2,4 milliards années.

    "Cela signifie qu'il y a eu pendant deux milliards d'années un magma stable quelque part à la surface de Mars, indique Mark Caffee, l'un des auteurs de l'étude, professeur de physique et d'astronomie de l'université de Purdue, aux Etats-Unis. Et il n'y a rien de semblable sur Terre, rien d'aussi stable à un endroit précis et pendant deux milliards d'années."

    Des pierres d'Olympus Mons?

    Les scientifiques indiquent qu'ils n'ont pas encore déterminé la source des météorites, mais qu'il s'agit probablement d'un volcan géant. À ce titre, le "meilleur" candidat serait Olympus Mons [le mont Olympe] qui, avec ses 21 000 mètres d'altitude et une surface presque équivalente à celle de l'Allemagne, est non seulement le plus grand volcan de Mars, mais aussi la plus haute montagne du système solaire.

    Sur Mars, les volcans peuvent devenir aussi gigantesques grâce à l'absence relativement récente de tectonique des plaques. Selon la Nasa , ces mouvements de la croûte terrestre, qui participent à la création des volcans, étaient présents au début de l'histoire de la planète Rouge.

    Mais les températures se sont progressivement refroidies à la surface de la Terre. Une partie du magma présent sous les plaques terrestres s'est alors solidifiée et la tectonique des plaques s'est interrompue. Sans mouvement géologique pour les perturber, les éruptions ont pu perdurer pendant des millions, voire des milliards d'années, note Business Insider.

    L'étude du sol martien grâce à une faible gravité et un peu de chance

    Comment les scientifiques peuvent-ils en savoir autant sur la surface martienne alors qu'aucun astronaute n'a jamais foulé son sol? Grâce aux sondes et divers robots envoyés sur place, bien sûr, mais aussi grâce à ces météorites, arrivées un peu par chance sur Terre.

    Il a fallu d'abord compter sur la faible pesanteur de Mars -2,6 fois inférieure à celle de la Terre- et sa très fine atmosphère, qui ont favorisé l'expulsion des météorites dans l'espace. Bien sûr, la plupart de ces cailloux ne se sont pas dirigés directement sur Terre. Une majeure partie est entrée en orbite autour de divers objets stellaire. Mais certains ont été perturbés diverses raisons dans leur voyage et se sont finalement dirigés vers la Terre. Et les mains des scientifiques.

    Source: www.lexpress.fr - Auteur: Victor Garcia


    03/02/17 - L’expansion cosmique, plus rapide qu’on ne le pensait ?

    Une nouvelle mesure de la vitesse d’expansion de l’Univers se révèle incompatible avec celle déduite du fond diffus cosmologique. Un problème lié au modèle standard de la cosmologie ou une simple incertitude dans les mesures ?

    L'univers ne révèle pas facilement ses secrets. En effet, même s’il ne fait aucun doute que l’expansion de l’Univers est réelle, l’histoire de cette expansion, ses variations au cours du temps et son rythme restent encore mal connus. Les mesures précises du fond diffus cosmologique – le premier rayonnement émis dans l’Univers quand il était âgé de 380 000 ans – par le satellite Planck ont permis de construire une vue d’ensemble cohérente de l'histoire de l'Univers. Cependant, ce tableau pourrait être remis en question par d’autres méthodes d’observation.

    Une équipe menée par Sherry Suyu, de l’institut Max-Planck d’astrophysique, à Munich, et à laquelle participent Vivien Bonvin et Frédéric Courbin de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, a utilisé les images de quasars – des galaxies très actives lointaines – déformées par effet de lentille gravitationnelle pour estimer le taux d’expansion actuel de l’Univers. Leurs résultats ne s’accordent pas avec ceux de la mission Planck. Ils suggèrent que l’expansion cosmique est plus rapide qu’on ne le pensait. Pour l’expliquer, certains physiciens pensent qu’il faudra revoir certains aspects du modèle standard de la cosmologie.

    La question de l’expansion de l’Univers a près d’un siècle. Dans les années 1920, alors que le belge Georges Lemaître proposait que l’Univers est en expansion, Edwin Hubble, de l’autre côté de l’océan Atlantique, observait que plus les galaxies sont distantes, plus elles s’éloignent rapidement : exactement ce qui était attendu si l'univers est en expansion. Hubble a évalué ce taux d’expansion – par la suite nommé « constante de Hubble » – à près de 500 kilomètres par seconde et par mégaparsec (1 parsec = 3,26 années-lumière) en se fondant sur l’observation de 46 galaxies. Depuis, les techniques de mesure et le nombre de galaxies observées ont considérablement progressé, et la valeur de la constante de Hubble a été revue à la baisse. En 2015, les membres de la collaboration Planck ont ainsi évalué le taux d’expansion actuel à 67,8 kilomètres par seconde et par mégaparsec. Cependant cette estimation est indirecte, car elle ne peut être calculée indépendamment des autres paramètres du modèle cosmologique, et il faut donc faire certaines hypothèses. L’année dernière, l’astronome américain Adam Riess et son équipe ont trouvé une valeur plus élevée, d’environ 73 kilomètres par seconde et par mégaparsec, en utilisant la même méthode qu’Edwin Hubble, fondée sur la mesure de la distance et de la vitesse d’étoiles particulières, les céphéides, et d’explosions d’étoiles en supernovae. Même en prenant en compte les incertitudes sur ces deux mesures, les résultats de Planck et ceux d’Adam Riess ne sont pas compatibles.

    Pour tenter de clarifier la situation, ou du moins donner des pistes pour résoudre ces incohérences, il est faut donc faire appel à d’autres approches indépendantes. En 1964, l’astrophysicien norvégien Sjur Refsdal a esquissé une méthode en utilisant les lentilles gravitationnelles. D’après la relativité générale, une forte concentration de masse déforme l’espace-temps et dévie donc la trajectoire de la lumière passant à proximité. Ainsi, une galaxie peut altérer le parcours de la lumière venant d’une source d'arrière plan. L’image de l’objet lointain est déformée et apparaît parfois démultipliée. Les trajets empruntés par la lumière composant ces images multiples étant de longueur différente, deux photons émis en même temps par la source d'arrière plan mais empruntant des parcours différents n’arrivent pas en même temps à l’observateur. Sjur Refsdal a montré que la mesure de ces délais temporels permet de calculer la constante de Hubble avec une bonne précision.

    Vivien Bonvin, Frédéric Courbin et leurs collègues, dans le cadre de la collaboration H0LiCOW, ont utilisé les données du programme COSMOGRAIL, mené par l’EPFL, qui surveille depuis 2004 une vingtaine de quasars déformés par des lentilles gravitationnelles. La luminosité de ces galaxies à noyau actif varie de façon aléatoire, ce qui permet de reconnaître des motifs dans leur émission lumineuse et d’estimer les délais temporels induits par la lentille gravitationnelle. Les chercheurs ont également utilisé les données du télescope spatial Hubble et de télescopes au sol pour avoir une bonne connaissance de la distribution de masse des galaxies jouant le rôle des lentilles gravitationnelles. En améliorant une technique déjà utilisée en 2010 et 2014 pour deux quasars, ils ont étudié le quasar HE 0435-1223, observé pendant 13 ans et dont la lentille donne quatre images distinctes. Ils ont ainsi mesuré le délai entre les images, qui peut atteindre une dizaine de jours (et jusqu’à 91 jours pour le quasar RXJ1131 analysé en 2014 !) et en ont déduit la constante de Hubble. Leur estimation est de 71,9 kilomètres par seconde et par mégaparsec, avec une précision de 3,8 %. Une valeur est en bon accord avec les mesures effectuées sur les céphéides et les supernovae par l’équipe d’Adam Riess.

    Comment expliquer le désaccord avec les données de Planck sur le fond diffus cosmologique ? Le fait que la méthode des lentilles gravitationnelle et celle des céphéides donnent des valeurs proches pourrait être le signe d'un problème dans l’interprétation du fond diffus cosmologique. Ainsi, certaines hypothèses faites pour calculer la constante de Hubble avec les données de Planck pourraient être à revoir, comme supposer que la géométrie de l’Univers est euclidienne ou que la nature de l’énergie sombre est celle d'une constante cosmologique.

    Cependant, il n’est pas exclu que des facteurs d’incertitude non pris en compte entachent l’une ou l’autre des expériences. Récemment, Mickael Rigault, de l’institut de physique nucléaire de Lyon, a analysé les résultats d’Adam Riess et ses collègues en prenant en compte certains effets astrophysiques dans la sélection des supernovae. Après réexamen, la constante de Hubble s’approche de 70 kilomètres par seconde et par mégaparsec et la tension avec les résultats de Planck disparaît. Il est encore trop tôt pour savoir ce qu'il en est exactement. L’équipe de H0LiCOW compte analyser encore deux autres quasars associés à des lentilles gravitationnelles. Dans tous les cas, ces études indépendantes sont très utiles pour la cosmologie, car elles obligent à repenser les analyses afin de comprendre pourquoi les mesures semblent incompatibles.

    Source: www.pourlascience.fr - Auteur: Sean Bailly


    26/01/17 - Un astéroïde a (encore) été repéré juste avant de frôler la Terre

    Un astéroïde de la taille d’une maison, baptisé 2017 BX, est passé à 261.000 kilomètres de la surface de la Terre ce mercredi matin. Le corps céleste a été surnommé Rerun par les scientifiques, rapporte Futura Sciences.

    L’astéroïde est passé entre la Terre et la Lune sans causer ni dégâts ni phénomène dangereux. Sa présence à proximité de la Terre n’avait été détectée que quatre jours auparavant. C’est la deuxième fois en quelques jours que cette situation se produit.

    Une vitesse de 16 km/s

    Le 9 janvier dernier, la trajectoire d’un autre géocroiseur avait frôlé notre planète 48 heures seulement après son repérage par les astronomes. De son petit nom 2017 AG13, il s’était approché à 209.000 kilomètres à 16 km/s, soit plus du double de la vitesse de 2017 BX (7,4 km/s).

    Ces deux astéroïdes présentent également des tailles nettement différentes. Le plus récent mesurait entre 4 et 14 mètres, mais le météore apparu début janvier présentait un diamètre compris entre 11 et 34 mètres.

    La difficulté rencontrée par les spécialistes pour localiser les astéroïdes longtemps avant leur approche de la Terre tient à la relative petite taille des corps concernés et à leur couleur sombre. Ces caractéristiques empêchent les télescopes qui scrutent l’espace à la recherche d’éléments en mouvement de les détecter à une grande distance.

    Source: www.20minutes.fr/sciences


    Lundi 23/01/17 - La Chine va lancer une sonde en direction de la Lune en novembre

    La Chine lancera fin novembre une sonde vers la Lune. Un module atterisseur de la mission Chang'e-5 doit se poser sur le satellite naturel de la Terre, y prélever des échantillons et revenir sur Terre, précise lundi l'agence officielle Xinhua.

    Cette mission constituera plusieurs "premières" pour l'aérospatiale chinoise. Ce sera la première fois qu'un robot prendra des échantillons du sol lunaire, la première fois aussi qu'un engin spatial chinois redécollera de la Lune, selon Xinhua qui cite l'agence spatiale chinoise CASC. La sonde qui devrait peser 8,2 tonnes, selon le consultant Ye Peijan, sera constituée de quatre parties: un atterrisseur, un module destiné à la phase en orbite, un autre qui redécollera et un dernier qui reviendra sur Terre. C'est ce dernier qui contiendra les échantillons prélevés. Le lancement se fera depuis la base de Wenchang, dans la province de Hainan (sud). En 2013, Pékin avait envoyé une jeep robot sur la Lune avec l'objectif d'étudier sa structure géologique. Cet engin a rendu l'âme en août dernier après de nombreuses pannes. L'envoi d'une sonde sur la face cachée de la Lune est prévu pour 2018.

    Source: www.rtl.be avec Belga


    08/12/16 - De nouvelles preuves d'un passé humide sur Mars il y a 3,8 milliards d'années

    La planète rouge a connu quelques millions d'années d'humidité. Une équipe internationale, comprenant des chercheurs du Laboratoire de planétologie et de géodynamique de Nantes (CNRS/Université de Nantes/Université d'Angers) et de l'Institut d'astrophysique spatiale (CNRS/Université Paris-Sud), a identifié sur Mars des strates sédimentaires d'origine lacustre. Leurs caractéristiques impliquent qu'un climat favorable à l'eau liquide se soit longuement maintenu sur la planète rouge il y a 3,8 milliards d'années. Ces travaux ont été publiés dans Journal of Geophysical Research-Planets.

    Les chercheurs s'accordent sur une ancienne présence d'eau liquide sur Mars, mais ni sur sa durée ni sa stabilité. Les sondes Mars Express de l'ESA et Mars Reconnaissance Orbiter de la NASA ont cependant fourni de nouvelles preuves d'une activité aqueuse prolongée. Depuis leur orbite, elles ont analysé le sol de plaines situées au nord du bassin de Hellas, un des plus grands cratères d'impact de tout le système solaire. Par analogie aux « mers lunaires », ces plaines étaient considérées comme ayant une origine volcanique. Or, les instruments indiquent la présence de larges volumes de roches sédimentaires. La caméra HRSC1 a fourni une couverture régionale de la zone, tandis que HiRISE2 a permis une observation plus fine de la teinte et de la texture des sédiments, profitant de zones d'érosion. Les spectro-imageurs OMEGA3 et CRISM4 ont de leur côté analysé la composition des terrains et confirmé la présence de strates riches en minéraux argileux. Ces derniers ne se retrouvent pas dans les coulées de lave et proviendraient au contraire de dépôts lacustres ou de plaines alluviales.

    Pour former ces plaines sédimentaires, épaisses de plus de 300 m et étendues sur des dizaines de kilomètres, un climat moins froid et sec qu'actuellement a été nécessaire. Il a également dû se maintenir pendant plusieurs millions d'années. 400 millions d'années plus tard, ces sédiments ont été localement recouverts par des terrains volcaniques. Ceux-ci ont scellé les zones d'érosion, permettant aux chercheurs de quantifier ce processus. Ainsi, lors de cette époque ancienne, un taux d'érosion cent fois supérieur aux estimations du taux d'érosion actuel, et des trois derniers milliards d'années, est nécessaire pour expliquer ces zones. Pour cela, il faut que l'atmosphère ait été relativement dense avant la formation des laves. Ces abondants terrains sédimentaires forment une région opportune pour de futures missions d'analyse au niveau du sol.

    Source: Communiqué de presse du CNRS


    14/11/16 - Tous les regards du monde se tournent vers le ciel pour admirer la "super Lune"

    Washington - Un peu partout dans le monde, les amateurs de spectacles célestes ont pu admirer lundi la "super Lune", un phénomène astronomique inédit depuis 68 ans et qui ne se reproduira pas avant 2034.

    Cette "super Lune" résulte de la concomitance de la pleine Lune presque au moment où notre satellite naturel se trouve au plus près de la Terre, et apparaît donc plus brillant et plus grand que la normale et ce jusqu'à 14%, selon la Nasa.

    La Lune, qui a atteint son point le plus proche de la Terre à 11H22 GMT et a été pleine à 13H52 GMT, a été visible quasiment partout dans le monde une fois la nuit tombée. Mais le spectacle dépend avant tout de la météo.

    Autour de l'Acropole, des centaines de Grecs et touristes rassemblés pour l'occasion n'ont pas été déçus: les quelques nuages dans le ciel se sont dissipés à temps pour que le globe lunaire apparaisse dans toute sa rondeur entre les colonnes du monument antique, avant de baigner le site de sa lueur, a constaté un photographe de l'AFP.

    A près de 2.000 km plus au nord, Roman Kwiatkowski, psychothérapeute de Cracovie (Pologne), regardait le ciel de sa terrasse. "Je trouve la lune plus dorée que d'habitude, ce n'est pas la couleur argent froide ordinaire", a-t-il confié à l'AFP.

    Quasiment sur le même méridien, mais en Afrique, des dizaines de personnes étaient réunies sur la plage Coco Beach à Dar es-Salaam, capitale économique de la Tanzanie, pour admirer le spectacle, selon un photographe de l'AFP.

    Nuages dans la visée

    Varsovie, Amsterdam, Rome ou Londres étaient bien moins chanceux. Dans la capitale britannique, les nuages ne permettaient même pas d'apercevoir le sommet du Shard, le gratte-ciel le plus haut d'Europe avec ses 309 mètres. En Allemagne, de gros nuages empêchaient de voir la "super Lune" sur une grande partie du territoire.

    En revanche, de nombreux Lisboètes se sont massés sur les bords du Tage, le fleuve qui traverse la capitale portugaise, pour assister à la lente apparition de la "super Lune" au-dessus du pont Vasco da Gama, par un temps clair et dégagé. "Je ne pouvais pas rater ça. C’est la première fois que je prends en photo une super Lune, c’est fantastique", a déclaré, enthousiaste, un photographe amateur, interrogé par la télévision portugaise.

    Plus tôt, c'est l'Asie qui avait salué ce rare événement. A Sydney, des milliers de personnes ont afflué sur une petite plage de la banlieue est, et de bruyantes acclamations ont retenti lorsque l'astre a fait de brèves apparitions entre d'épais nuages gris, avant de disparaître.

    "C'est vraiment bien", a déclaré à l'AFP Aidan Millar-Powell, dans une ambiance festive. "Les gens veulent voir ça parce que ça arrive une fois tous les 100 ans. Ils ne veulent pas mourir sans pouvoir dire +j'ai vu la super Lune+".

    Davantage de luminosité

    A Hong Kong, des touristes et des salariés travaillant face au front de mer ont observé le lever de Lune au-dessus des gratte-ciel de la ville.

    "Je n'ai jamais vu une Lune aussi grande", a déclaré à l'AFP Lee Pak-kan. "La Lune est assez orange aussi, c'est assez spécial", a-t-il dit.

    A Bali, île la plus touristique d'Indonésie, des surfeurs profitaient de vagues plus grandes au moment de la pleine "super Lune", grâce à l'influence de l'astre sur les marées.

    La "super Lune" était largement visible aussi d'Inde même si à New Delhi, la capitale la plus polluée au monde, les habitants luttaient pour la distinguer dans le brouillard toxique surplombant la ville depuis plusieurs semaines.

    La Lune se trouve lundi à "seulement" 356.509 km de la Terre, contre une distance moyenne de 384.400 km. Il faut remonter au 26 janvier 1948 pour avoir une telle "super Lune", et il faudra attendre le 25 novembre 2034 pour que la Lune se rapproche davantage de la Terre, selon Pascal Descamps, de l'Observatoire de Paris.

    De plus, "comme le système Terre/Lune se rapproche du moment de l'année où il est le plus proche du Soleil (le 4 janvier 2017), la Lune reçoit plus de lumière du soleil que d'habitude, ce qui augmente sa luminosité apparente", explique l'Association astronomique irlandaise (IAA).

    Le phénomène est visible de partout à l'oeil nu quand le ciel est dégagé, mais avec des jumelles ou un télescope, la surface lunaire peut être observée comme jamais. A Taïwan, le Musée astronomique de Taipei a d'ailleurs installé plusieurs télescopes dans le centre-ville.

    A Washington, les curieux avaient déjà pu admirer dès dimanche la Lune en passe de devenir "super Lune", dans un ciel clair avec un soleil rougeoyant. Selon le Washington Post, des milliers de personnes ont contemplé ce spectacle dimanche soir.

    Sur la côte Est des Etats-Unis, la "super pleine Lune" s'est produite lundi matin à 8h52 (13H52 GMT), en plein jour.

    Source: nouvelobs.com avec l'AFP


    03/11/16 - La Super Lune du 14 novembre prochain, un phénomène exceptionnel

    Moins rare que les éclipses totales, la Super Lune n’en reste pas moins un phénomène visuellement impressionnant. Le 14 novembre prochain, la Lune sera au plus proche de la Terre, un phénomène qui ne s’était pas produit depuis janvier 1948. Un événement à ne pas manquer !

    Les amateurs d’astronomie et autres chasseurs de Lune apprécieront. Et si vous avez un événement à ne pas manquer cette année, c’est bien celui-là. Pourquoi ? Le 14 novembre prochain, la Lune apparaîtra 14 % plus grosse dans le ciel nocturne avec une luminosité 30 fois supérieure à la normale. La distance entre la Terre et la Lune varie chaque mois entre 356 410 km et 406 740 km du fait de l’excentricité orbitale de la Lune. Ce jour-ci, la Lune se situera à une distance de 356511 km de la terre. Un phénomène que vous ne reverrez pas avant le 25 Novembre 2034.

    Notre chère Lune qui est en révolution autour de la terre ne suit pas un cercle parfait. Il s’agit d’une ellipse. Un peu comme l’ensemble des trajectoires des astres de notre univers. Ainsi, il y a des périodes où la lune se rapproche (le périgée) et des périodes où elle s’éloigne de la terre (l’apogée). S’il s’agit également d’une pleine lune quand la lune est à son périgée, alors nous parlons de Super Lune. Sachant que la lune fait une révolution complète de la terre en 29 jours, nous pouvons compter un peu plus de douze apogées et périgées par an. Mais lorsque l’on combine une période de périgée simultanée avec cette pleine lune, le phénomène est alors beaucoup plus rare, donc exceptionnel.

    « La pleine lune du 14 Novembre est non seulement la pleine lune la plus proche de cette année 2016, mais c’est aussi la pleine lune la plus proche du 21e siècle« , explique la NASA.

    En dépit de l’événement cependant, il n’est pas toujours facile de distinguer une pleine lune d’une Super Lune. Tout dépendra de l’endroit où vous vous situerez et des conditions météorologiques. La luminosité de la Lune pourrait en effet être altérée par les lumières de la ville ou les nuages. Mais ça, vous le savez déjà, alors on vous souhaite alors bonne chance !

    Source : sciencepost.fr


    15/10/16 - L'Univers compte dix fois plus de galaxies que ce que l'on pensait jusqu'ici

    Jusqu'à aujourd'hui, les astronomes pensaient que l'Univers contenait entre 100 milliards et 200 milliards de galaxies, il y en aurait en réalité 2.000 milliards.

    L'Univers compte environ 2.000 milliards de galaxies, c'est-à-dire "dix fois plus" que ne le pensaient les scientifiques jusqu'alors, estime une équipe internationale d'astronomes dans une étude publiée jeudi 13 octobre. Ces dernières années, les astronomes pensaient que l'Univers contenait entre 100 milliards et 200 milliards de galaxies. L'équipe du professeur Christopher Conselice, de l'Université de Nottingham (Grande-Bretagne), a travaillé longuement à partir des données du télescope spatial Hubble développé par la Nasa avec l'Agence spatiale européenne, mais aussi d'autres télescopes.

    Elle a ensuite construit laborieusement des images en 3D et extrapolé le nombre de galaxies présentes à différentes époques de l'histoire de l'Univers. Plus les galaxies sont distantes, plus leur lumière peine à nous parvenir. Les télescopes actuels ne permettent d'étudier que 10% des galaxies. "C'est sidérant que penser que 90% des galaxies du cosmos doivent encore être étudiées", déclare Christopher Conselice. "Qui sait ce que nous allons découvrir quand nous serons en mesure d'étudier ces galaxies grâce à la nouvelle génération de télescopes?", s'interroge-t-il dans un communiqué publié suite à la parution de son étude dans Astrophysical Journal.

    L'équipe d'astronomes a utilisé des méthodes de type statistique et s'est servi de ce que l'on connaît de l'Univers proche pour deviner ce qui se passe plus loin. "L'étude est très intéressante même si on peut avoir quelques réserves sur le nombre précis de galaxies", a déclaré François Hammer, astronome de l'Observatoire de Paris et spécialiste de la formation des galaxies, interrogé par l'AFP.

    Des télescopes géants attendus

    "Le professeur Conselice a fait ce qu'on peut faire de mieux à notre époque. Mais son résultat ne peut pas être considéré comme le dernier mot", a dit l'astrophysicien. "C'est un travail qui ne pourra être confirmé que lorsque nous aurons des télescopes géants qui nous permettrons de voir beaucoup mieux dans ces régions lointaines", relève M. Hammer. Le Télescope géant européen E-ELT (European Extremely Large Telescope) est en train d'être construit au Chili par l'Observatoire européen austral (ESO).

    Son miroir primaire aura un diamètre de 39 mètres. Il doit entrer en service "en 2024/2025", précise M. Hammer, responsable scientifique du spectrographe multi-objets (MOS) de ce télescope. Cet instrument permettra notamment d'observer des galaxies extrêmement lointaines. Les États-Unis, eux, projettent de construire le Thirty Meter Telescope (TMT), qui aura un miroir segmenté de 30 mètres, à Hawaï. Autre intérêt de l'étude: elle renforce le scénario "en vogue" selon lequel les galaxies se construisent en fusionnant les unes avec les autres, relève M. Hammer. "Au départ, il y a beaucoup de petites galaxies puis elles fusionnent, devenant de plus en plus grosses", dit-il."Dans 3 à 4 milliards d'années, notre galaxie, la Voie Lactée, va rencontrer Andromède et former une autre galaxie", note-t-il.

    Source : www.rtl.fr - Auteur: Eléanor Douet


    12/10/16 - La lune s'offre un lifting tous les 81'000 ans

    A cause des fragments qui viennent s'écraser sur le sol lunaire, la surface de notre satellite se modifie intégralement.

    La surface de la lune s'offre un nouveau lifting tous les 81 000 ans. Les comètes, les astéroïdes et leurs nombreux fragments qui viennent s'écraser sur le satellite de la Terre en sont responsables.

    La lune est marquée de cratères, car son atmosphère, extrêmement ténue, n'empêche pas les petites météorites d'atteindre le sol, peut-on lire dans une étude publiée mercredi dans la revue Nature. La Terre, elle, est protégée par son atmosphère consistante qui parvient à arrêter de nombreux débris.

    Des milliers de subtiles altérations

    L'étude révèle que le nombre de nouveaux cratères dus à ces impacts est plus important qu'on ne le pensait jusqu'alors. En observant des images de la Nasa, les scientifiques ont aussi détecté des milliers de subtiles altérations à la surface de notre satellite.

    Cicatrices d'impact

    «Ils les ont interprétés comme autant de cicatrices d'impacts secondaires qui ont retourné les poussières de surface sur plusieurs centimètres, sans former vraiment un cratère», souligne Andrew Mitchinson, dans un commentaire publié dans Nature.

    Selon les chercheurs, les deux premiers centimètres de la couche de poussières (régolithe) à la surface de la lune sont ainsi complètement retournés en environ 81'000 ans. Soit 100 fois plus vite qu'on ne le pensait.

    Plus de 220 nouveaux cratères

    L'équipe de scientifiques a utilisé les données de la sonde américaine Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) pour étudier la formation de nouveaux cratères lunaires. C'est l'ingénieur Emerson Speyerer de l’Université d'Etat d' Arizona, qui a dirigé les chercheurs.

    Ceux-ci ont comparé des images de la surface prises à des moments différents par la sonde lancée en 2009. Avec ces images «avant» et «après» de nombreuses zones de la lune, ils ont recensé 222 nouveaux cratères.

    Ils en ont déduit qu'environ 180 cratères d'au moins 10 mètres de diamètre se formaient chaque année sur la lune. Soit un tiers de plus que ne le prévoyaient les modèles jusqu'à présent.

    Source: www.20min.ch avec l'ATS


    28/09/16 - C’est confirmé, nous vivons dans un univers isotrope

    Une récente analyse détaillée du fond diffus cosmologiste (CMB) amène les chercheurs à confirmer que l’Univers est officiellement isotrope. En d’autres termes, l’Univers est homogène et ne privilégie aucune direction.

    C’est confirmé, l’Univers est bien homogène et uniforme. Les chances qu’il ne le soit pas dans la totalité de ses 93 milliards d’années-lumière observables sont infimes : environ une sur 121.000. Telles sont les conclusions d’une équipe de chercheurs de l’University College et de l’Imperial College de Londres, qui ont analysé les mesures du fond diffus cosmologique via les données du satellite Planck de 2009 à 2013, interprétant le comportement de la lumière à l’aube de notre ère cosmique.

    Vues de Terre, lorsque vous levez les yeux au ciel, les étoiles et les galaxies ne semblent pas distribuées de manière homogène. Bien évidemment, compliqué pour une espèce habitant un petit point bleu pâle dans une petite galaxie insignifiante – de discerner ce à quoi ressemble l’espace-temps à grande échelle. Mais en prenant du recul, beaucoup de recul, chacun pourrait rendre compte que la description de l’Univers est identique dans toutes les directions de l’espace.

    Si l’univers était en expansion à des vitesses différentes selon des directions différentes, il aurait en effet laissé des signes avant-coureurs sur le CMB, étirant le rayonnement dans une direction préférentielle aux longueurs d’onde plus longues que d’autres. De même, si l’univers était en rotation autour d’un axe particulier – comme la Terre – des motifs en spirales auraient été détectés. Or, les chercheurs n’ont repéré aucune trace. L’analyse, détaillée dans une étude publiée mercredi dans Physical Review Letters, confirme donc la théorie : nous serions tous perdus dans un Univers isotrope. Impossible de s’orienter dans l’espace à grande échelle.

    « Ce travail est important à plus d’un titre, puisqu’il teste l’une des hypothèses fondamentales sur lesquelles presque tous les calculs cosmologiques sont fondés: Que l’univers est le même dans toutes les directions. Si cette hypothèse était mise à mal, que notre univers privilégiait une direction plutôt qu’une autre, il faudrait repenser les bases même de la cosmologie » explique le Dr Stephen Feeney, le principal investigateur.

    Ainsi, cette étude vient clore ce vieux débat lancé par Copernic il y a plusieurs siècles. Il soulève néanmoins d’autres questions. Si l’univers n’a en effet pas de centre, cela sous-entend-il que chacun d’entre nous est le centre de l’univers ? Au-delà de l’horizon cosmologique, rien ne nous permet d’affirmer à quoi ressemble exactement l’univers. Ce pourrait-il alors que ce dernier ne soit, quant à lui, qu’un multivers inhomogène et anisotrope ?

    Source : sciencepost.fr - Auteur : Brice Louvet


    08/09/16 - Grâce à un satellite européen, les vieilles étoiles prennent un coup de jeune

    Les premières étoiles ne sont pas si anciennes que ce que l'on imaginait. C'est ce que démontrent des scientifiques de l'Agence spatiale européenne (ESA) qui ont pu étudier, grâce au satellite Planck, les fluctuations du "fond diffus cosmologique". Ce rayonnement électromagnétique, qui s'est propagé après le big bang et qui est toujours observable aujourd'hui, contient de nombreuses informations sur l'histoire et la composition de notre univers.

    Cette "lumière fossile" aide notamment les chercheurs à déterminer quand a débuté "l'ère de réionisation", la période qui a suivi la formation des premières étoiles de l'univers. Sauf que la datation de cette ère a jusqu'ici toujours fait débat.

    La première estimation avait été effectuée par la Nasa en 2003. A l'époque, l'agence spatiale américaine affirmait que le processus avait commencé très tôt dans l'histoire de l'univers, une ou deux centaines de millions d'années seulement après le big bang. Pourtant, aucune preuve n'indiquait que les étoiles se soient formées si tôt. La seule explication aurait été qu'une matière "exotique et invisible" ait été à l'oeuvre.

    Sans surprise, d'autres études ont remis en cause ces résultats. La Nasa elle-même a finalement établi que l'ère de réionisation s'était plus probablement déroulée autour de 450 millions d'années après le big bang.

    Mais l'agence spatiale américaine se serait tout de même trompée. Selon l'étude de l'ESA, tout le processus aurait eu lieu bien plus tard. L'ère de réionisation aurait véritablement commencé autour de 700 millions d'années après la naissance de l'univers.

    Les premières étoiles de notre univers encore visibles?

    Si la date précise n'a pas encore été réellement déterminée, "ces résultats nous aident à construire un modèle autour du début du processus de réionisation, se réjouit Jean-Loup Puget, de l'Institut d'astrophysique spatiale d'Orsay, le principal auteur de l'étude. "Grâce à nos mesures du fond diffus cosmologique, nous avons découvert que la réionisation a été un processus très rapide, qui a commencé assez tard dans l'histoire cosmique", ajoute le chercheur.

    Conséquence: les toutes premières galaxies de notre univers -voire les premières étoiles- sont très probablement encore observables aujourd'hui, soulignent les chercheurs. Peut-être même qu'Hubble, le télescope spatial de la Nasa.

    Source: www.lexpress.fr


    20/08/16 - Vénus aurait été habitable pendant des milliards d’années

    Aujourd’hui, Vénus est un monde brûlant et toxique. Mais selon une équipe d’astronomes, la planète était autrefois un endroit habitable, qui aurait pu voir naître la vie.

    Venus est sans aucun doute la sœur empoisonnée de la Terre. Bien que les deux planètes soient similaires en taille et en densité, la température de notre voisine est si élevée qu’elle peut faire fondre le plomb, ses vents soufflent 60 fois plus vite que la planète ne tourne sur elle même, et la pression atmosphérique y est plus de 90 fois plus élevée que sur Terre. Toutefois, de nombreux indices laissent entendre que Vénus aurait bien pu être la jumelle de la Terre il y a plusieurs milliards d’années. En plus de leurs tailles similaires, les deux planètes se sont formées à proximité l’une de l’autre, ce qui suggère une naissance à partir d’un volume de matière commun. Leur différence principale réside dans leur distance au Soleil. Située à 108 millions de kilomètres du Soleil contre 149 pour la Terre, Vénus reçoit deux fois plus de rayonnement solaire. Mais il y a quelques milliards d’années, lorsque le Soleil était plus faible, Vénus était sans doute moins chaude et de l’eau liquide a peut-être coulé à sa surface et formé des océans, aptes à accueillir la vie.

    Une étude récente, publiée dans la revue Geophysical Research Letters, suggère qu’en plus d’avoir été habitable dans un passé lointain, Vénus le serait restée pendant plusieurs milliards d’années. Michael Way, de l’institut Goddard d’études spatiales de la Nasa, et ses collègues ont utilisé le premier modèle climatique à trois dimensions – celui-là même utilisé pour prédire les changements climatiques terrestres dus à l’activité humaine – à la jeune Vénus. Comme les précédentes recherches n’utilisaient que des modèles à une dimension (qui prennent en compte les rayonnements incidents et réémis mais ne permettent pas de visualiser les aspects complexes d’une atmosphère, tels que les nuages) pour étudier Vénus, ces nouveaux résultats constituent une grande avancée. « Il y a une véritable différence entre des calculs approximatifs et l’emploi d’un modèle bien plus élaboré », explique Jason Barnes, un astronome de l’université de l’Idaho qui n’était pas impliqué dans l’étude.

    L’équipe a d’abord simulé le climat potentiel de la planète il y a 2,9 milliards d’années. Pour une période aussi ancienne, les chercheurs ont dû faire quelques estimations sur la jeune Vénus, par exemple en supposant qu’elle avait un océan peu profond d’un volume équivalent à 10 % de celui de la Terre aujourd'hui. Mais les résultats sont clairs : il y a 2,9 milliards d’années, la deuxième planète la plus proche du Soleil aurait eu des températures douces, similaires à celles de la Terre, autour de 11°C. L’équipe a ensuite lancé la simulation pour la Vénus d’il y a 715 millions d’années et a découvert que malgré un Soleil plus intense, la planète ne se serait réchauffée que de 4°C. Une augmentation si légère aurait permis à l’océan liquide de Vénus de subsister pendant des milliards d’années.

    Mais qu’est-ce qui explique que la planète se soit si peu réchauffée ? Selon les simulations, les nuages y sont pour quelque chose. Ils se seraient amoncelés sur le côté de la planète exposé au Soleil où ils auraient joué le rôle de bouclier en réfléchissant la lumière solaire. À l'inverse, ils ne se seraient jamais formés du côté sombre de la planète, permettant au rayonnement thermique de s’échapper dans l’espace. « Ce qu’il faut retenir de cette étude est que Vénus a potentiellement été habitable pendant une assez longue période, et il faut justement beaucoup de temps pour que la vie puisse apparaître sur une planète », commente Lori Glaze, une astronome de la Nasa non impliquée dans l’étude.

    Un nouvel élément entre donc en compte dans la question de l’habitabilité : le temps. « L’habitabilité n’est pas quelque chose de statique » explique David Grinspoon, astronome au Planetary Science Institute et auteur de l’étude. « Il ne s’agit pas que d’une position dans l’espace, mais d’une position dans l’espace et dans le temps. Combien de temps une planète peut-elle potentiellement conserver des océans sous forme liquide et cette durée est-elle suffisante pour considérer que la planète a pu voir naître et évoluer la vie à sa surface ? »

    Cependant, ces conditions clémentes dépendent de plusieurs éléments : que Vénus ait été similaire dans sa jeunesse et aujourd’hui (les chercheurs, bien qu’ils aient ajouté un océan dans leur simulation, ont conservé la topographie actuelle de la planète) et qu’elle ait tourné sur elle-même à la même vitesse qu’actuellement, soit une rotation complète en 242 jours terrestres. Puisque les réponses à ces questions sont incertaines, les chercheurs ont aussi simulé le climat de Vénus d’il y a 2,9 milliards d’années dans le cas où sa topographie aurait été plus proche de celle de la Terre ou si elle avait tourné plus vite. Les différences observées sont importantes. Avec des reliefs montagneux et des bassins océaniques similaires à ceux de la Terre, la température s’éleve à 12°C de plus que dans le cas d’une topographie du type de la Vénus actuelle. Avec une période de rotation de 16 jours terrestres, les températures s’envolent 45°C au dessus de celles prédites avec la période de rotation actuelle. La distribution nuageuse qui pourrait avoir permis des températures plus fraîches n’est possible que si la planète tournait lentement autour d’elle-même.

    Ce résultat a de nombreuses conséquences pour l'étude des exoplanètes. Pour Michael Way, « les scientifiques ne devraient peut-être pas ignorer les planètes qui sont très proches de leur étoile, comme Vénus ». Si certaines caractéristiques clés comme la topographie ou la vitesse de rotation d’une planète sont bien calibrées, la frontière interne de la zone habitable – la région d’un système stellaire dans laquelle les conditions pour la vie sont possibles – pourrait être plus proche de l’étoile qu’on ne l’estimait.

    Cette découverte est d’autant plus importante que ces mondes proches de leurs étoiles sont plus faciles à observer que les autres types de planètes. Le très attendu télescope spatial James Webb – souvent considéré comme le successeur de Hubble – étudiera probablement uniquement les planètes les plus proches de leurs étoiles et ne pourra pas observer de planètes plus éloignées, comme le sont la Terre ou Mars. Selon Ravi Kopparapu, astronome à l’université d’État de Pensylvannie : « Ce que l’on peut obtenir de plus proche de la Terre avec le télescope spatial James Webb est une planète du type de Vénus et en orbite autour d’une étoile froide ».

    Lori Glaze n’a pas pu retenir son enthousiasme pour cette étude en raison du voile qu’elle lève sur une planète de notre propre système. « Vénus est notre voisine, la sœur de notre planète. C’est tellement surprenant de se rendre compte qu’on sait si peu de choses sur elle », s’exprime-t-elle. « Nous connaissons Mars bien mieux que nous ne connaissons Vénus. Ces deux planètes sont les corps célestes telluriques les plus proches de nous. Si nous ne comprenons pas ces planètes et ce qui fait leurs différences et leurs similitudes, nous aurons bien du mal à comprendre les nouvelles planètes que nous découvrons au-delà du Système solaire ».

    Heureusement, deux missions à destination de Vénus sont actuellement en compétition pour un lancement potentiel. La première est une mission géophysique, qui aurait pour objectif de cartographier la planète avec une meilleure résolution. La seconde est une mission menée par Lori Glaze et qui aurait pour objectif de mesurer la composition de l’atmosphère de Vénus. Ces deux missions pourraient nous en apprendre plus sur le passé de la planète. « Nous devons encore collecter de nombreuses données pour améliorer la précision de nos simulations et nous avons à ce jour les capacités nécessaires pour le faire. Il ne reste plus qu’à lancer les missions », explique Lori Glaze.

    Source: www.pourlascience.fr - Auteur: Shannon Hall


    16/08/16 - Des trous noirs pas si noirs

    Le marketing avait inventé les lessives qui lavent plus blanc. Les physiciens viennent, eux, de créer des trous noirs pas vraiment noirs. Mais c’est plus sérieux.

    Il a d’abord fallu fabriquer un trou noir en laboratoire. Premier exploit car, dans les galaxies, ce genre d’objet est plutôt glouton : sa masse, jusqu’à des milliards de fois plus grande que celle du Soleil, attire tout ce qui passe à sa portée et surtout empêche la matière et même la lumière d’en sortir.

    Fort heureusement, le trou noir du Technion – Institut israélien de technologie, à Haïfa, n’est qu’un analogue de ces géants cosmiques. Au lieu de capturer la lumière ou la matière, il piège le son. Mais ce n’est évidemment pas une simple pièce insonorisée.

    Jeff Steinhauer décrit son « ersatz » dans Nature Physics du 15 août. Dans un cylindre de 100 micromètres de long, il a refroidi par des lasers environ un million d’atomes de rubidium quasiment au zéro absolu (environ – 273 °C) pour fabriquer une mélasse appelée condensat de Bose-Einstein. Les atomes s’y comportent uniformément, telle une armée marchant au pas.

    Puis il a comme scindé la matière en deux régions. Dans l’une, des ondes acoustiques peuvent se propager normalement, dans les deux sens. Dans l’autre, « elles sont comme un nageur essayant de remonter un courant plus fort que lui », explique Jeff Steinhauer. Du coup, le son ne peut s’échapper, comme dans un trou noir.

    Pour augmenter fortement la vitesse du courant d’un côté, le chercheur envoie un coup de laser bleu au milieu du canal, comme si soudain il créait une chute d’eau, accélérant le fluide : la marche devient trop haute pour les « saumons » acoustiques qui voudraient la franchir. Le trou noir et sa terrible frontière, appelée horizon, sont bien là.

    L’idée de Stephen Hawking confirmée

    Le chercheur l’avait, en fait, déjà démontré en 2010 et 2014, tout comme d’autres équipes dans des systèmes différents : vagues de surface, lumière dans des fibres optiques, gaz de photons… Cette fois-ci, il est allé plus loin, en observant pour la première fois qu’un trou noir n’est pas vraiment noir, que le glouton ne fait pas qu’avaler et qu’il éructe aussi un peu, confirmant ainsi une idée de Stephen Hawking.

    Le cosmologiste britannique avait en effet prédit, en 1974, qu’un rayonnement doit s’échapper de l’horizon, une « fuite » qu’il expliquait ainsi : le vide cosmique n’est pas vraiment vide et, en permanence, à cause de la mécanique quantique, des paires de particules et d’antiparticules apparaissent, s’annihilent, apparaissent, s’annihilent, etc.

    Tout va très vite et ces sarabandes nous échappent. Sauf si l’un des membres de la paire tombe dans le trou noir, laissant l’autre libre : les particules libérées forment le fameux rayonnement dit de Hawking. Problème, cette radiation est très faible, un milliard de fois moins intense que celle baignant tout l’Univers. Elle serait encore plus difficile à voir qu’une luciole dans le phare d’une voiture.

    Et c’est ce qu’a vu Jeff Steinhauer, en observant pendant six jours d’affilée son mini-trou noir : quelques ondes sonores sont émises simultanément par paires, de part et d’autre de l’horizon. « J’étais content lorsque j’ai vu ces deux sillages, car j’ai travaillé dur, seul, pendant des mois », avoue le physicien.

    « C’est la première expérience convaincante qui observe la radiation de Hawking. C’est une vraie percée », estime Iacopo Carusotto, chercheur du Centre national italien de la recherche, à Trente. « C’est l’aboutissement d’un projet de plus de vingt ans et la confirmation des prédictions de Hawking », estime Renaud Parentani, professeur à l’université d’Orsay (Essonne), évoquant les propositions de William Unruh, en 1981 et surtout en 1995, qui ont lancé la course aux trous noirs artificiels.

    Explorer les lois de la gravité quantique
    L’article de Nature Physics va plus loin. Il montre que ces corrélations entre les deux côtés du « trou noir » sont de nature quantique, exactement comme dans le modèle de Hawking. « C’est encore plus exceptionnel », salue Iacopo Carusotto, qui a une expérience en cours avec des Français sur le même sujet.

    « L’histoire de ces analogues montre que souvent les choses apparaissent plus compliquées que ce qu’elles semblent être au départ. Beaucoup de ces expériences ont suscité des débats et celle-ci sans doute aussi », note cependant Ulf Leonhardt, de l’Institut Weizmann (Israël), l’un des pionniers du domaine.

    Il souligne notamment une contradiction dans les résultats de Jeff Steinhauer pour ce qui concerne les ondes de basse fréquence. Renaud Parentani préfère parler, lui, de « mystère à éclaircir » à propos de cette observation, qui n’est pas conforme à la théorie.
    L’histoire n’est donc pas terminée, et pas seulement sur le front des controverses. Elle ouvre bien des perspectives et en particulier l’espoir de mieux cerner ces objets étranges que sont les trous noirs. Entre autres bizarreries, ils posent un paradoxe : où va l’information portée par une particule lorsqu’elle disparaît derrière l’horizon ?

    Ces systèmes artificiels permettront peut-être aussi d’explorer les lois de la gravité quantique, ce mélange entre la relativité générale et la mécanique quantique, un cocktail nécessaire pour décrire la physique des trous noirs mais que personne n’a encore réalisé.

    Source: www.lemonde.fr/sciences - Auteur: David Larousserie


    27/07/16 - La Lune, une histoire pleine de surprises

    Comment s'est formée la Lune ? Les dernières découvertes montrent que l'histoire de notre satellite naturel est bien plus étonnante qu'on ne le pensait : intense champ magnétique primordial, volcanisme encore récent, basculement de l'axe... Le passé de notre compagnon céleste est à revoir.

    ns toutes les cultures, passées ou actuelles, la Lune tient une place particulière. Sa proximité de la Terre, son cycle mensuel alternant croissants, nouvelle lune et pleine lune, ont alimenté de nombreux mythes et croyances. Elle a aussi inspiré de nombreux artistes. En 1650, dans Histoire comique des États et Empires de la Lune, Savinien de Cyrano de Bergerac se mettait en scène tel un voyageur partant à la rencontre des habitants de la Lune, les Sélénites. Ce nom puise son origine dans la mythologie grecque, de Séléné, la déesse et personnification de la Lune.

    Les espoirs de Cyrano de Bergerac d'aller sur la Lune se sont réalisés dans les années 1960-1970 avec les missions Apollo, un programme aux enjeux à la fois politiques et scientifiques. Les astronautes ont rapporté de ces expéditions des centaines de kilogrammes d'échantillons lunaires. Témoins de l'histoire géologique du satellite, ces roches ont permis aux planétologues de reconstituer les grandes étapes de la formation de la Lune. Mais ces dernières années, de nouvelles données ont montré que le passé de la Lune réservait des surprises.

    Avant même de découvrir ces derniers développements, les chercheurs savaient que la Lune était un objet unique en son genre. Le rapport de sa taille et de celle de la Terre est le plus élevé parmi tous les couples planète-satellite du Système solaire et, par ailleurs, sa densité est relativement faible pour un objet de cette taille. Le Système solaire se serait formé il y a 4,6 milliards d'années lors de l'effondrement d'un nuage moléculaire géant, qui a donné naissance au Soleil et aux planètes. Mais certaines analyses indiquent que la Lune se serait constituée 100 millions d'années plus tard. Comment expliquer ce décalage ?

    Le scénario privilégié est celui d'une collision entre la Terre et une planète hypothétique nommée Théia, la mère de Séléné dans la mythologie grecque.
    Néanmoins, les spécialistes continuent de débattre sur les différents aspects de ce modèle, et ces discussions se sont multipliées à la lumière des observations les plus récentes. Comment expliquer que la composition de la Lune et celle de la Terre soient si proches ? Quels sont les processus qui ont conféré à la Lune un champ magnétique intense pendant plus de 1 milliard d'années après sa naissance ? Et comment expliquer que la Lune présente un volcanisme relativement récent ? Grâce à des données nouvelles ou plus précises, les chercheurs commencent à esquisser des réponses aux énigmes de l'histoire lunaire.

    Le premier épisode de cette histoire est celui de l'événement qui a donné naissance à la Lune. La collision catastrophique Terre-Théia n'est pas le seul scénario ayant été envisagé. Par exemple, en 1879, George Darwin (l'un des fils de Charles Darwin) avait suggéré que le satellite s'était formé par fission de la Terre à une époque où elle tournait très vite sur elle-même, la force centrifuge ayant provoqué une éjection d'une partie du manteau dans l'espace.

    La Lune exerce des forces de marée sur la Terre, qui ont tendance à ralentir le mouvement de rotation de la planète. Cela implique que par le passé, lors de la formation de la Lune, la Terre tournait beaucoup plus rapidement sur elle-même. Pour déterminer cette vitesse, il faut prendre en compte la conservation du moment cinétique, ou moment angulaire, du système Terre-Lune. Cette grandeur physique décrit l'état général de rotation d'un système et est conservée – en l'absence de perturbation extérieure, elle garde la même valeur au cours du temps. Le ralentissement de la rotation de la Terre dû aux forces de marée tendrait à diminuer le moment cinétique du système Terre-Lune, mais il est compensé par l'éloignement de la Lune.

    De ce fait, la Lune aurait été plus de dix fois plus proche de la Terre à l'époque de sa formation, très probablement à une distance de l'ordre de quelques rayons terrestres, contre 60 actuellement. On en déduit que la durée d'une journée sur la Terre était d'environ cinq heures, valeur trop élevée pour que le modèle de George Darwin soit plausible.

    Parmi les autres idées proposées pour expliquer la formation de la Lune, figure celle de la capture par le champ gravitationnel terrestre d'un corps formé ailleurs dans le Système solaire. Ce scénario a été en vogue jusque dans les années 1980. Cependant, les premières analyses des échantillons ramenés par les missions Apollo et les missions soviétiques Luna ont montré que la Terre et la Lune présentent une composition très proche, ce qui est difficile à expliquer si la Lune s'était formée dans une autre région du Système solaire (la composition des planètes semble très hétérogène, ne serait-ce que si l'on compare celles de la Terre et de Mars, par exemple).

    Une autre possibilité serait un scénario de coaccrétion : la Terre et la Lune se seraient formées au même endroit et en même temps. Mais plusieurs arguments contredisent cette hypothèse. Même si les compositions des manteaux terrestre et lunaire sont très proches, elles présentent quelques différences, portant en particulier sur la concentration du fer. Lors de l'accrétion des débris qui ont formé un corps tel que la Terre ou la Lune, la structure interne s'est différenciée en un noyau de fer liquide et un manteau. La quantité totale de fer du corps contrôle la taille de son noyau. Pour lire la suite cliquez sur le lien ci-dessous

    Source: www.pourlascience - Auteur: Matthieu Laneuville


    05/07/16 - Un impact géant à l'origine des lunes de Mars

    Comment se sont formées Phobos et Deimos, les deux petites lunes de la planète Mars? Trois hypothèses ont été débattues par les astronomes au cours des dernières décennies, mais l'une d'elles est maintenant favorisée. Explications.

    La première explication tend à montrer, en raison de leur forme irrégulière, que les satellites naturels de la planète voisine de la Terre sont en fait des astéroïdes semblables à ceux que l'on retrouve dans la ceinture principale située entre Mars et Jupiter. Les planétologues ne comprenaient toutefois pas comment ces objets auraient été capturés par Mars.

    L'autre possibilité envisagée veut que ces lunes se soient formées à partir des débris issus d'une collision entre Mars et une protoplanète, un peu comme la théorie généralement acceptée pour expliquer la présence de la Lune dans l'orbite terrestre.

    Les chercheurs ne pouvaient cependant pas expliquer le processus qui a mené à leur formation. Une question demeurait sans réponse : pourquoi les débris d'un tel impact auraient-ils formé deux petits satellites plutôt qu'une énorme lune, comme celle de la Terre?

    Une des difficultés majeures était d'expliquer pourquoi un impact géant sur Mars avait généré deux lunes si différentes de la nôtre, qui est constituée d'une masse unique, alors qu'elle serait elle aussi née d'un impact.

    Une troisième hypothèse veut que Phobos et Deimos se soient formées en même temps que Mars, ce qui expliquerait le fait qu'elles ont la même composition que leur planète. Leur faible densité contredit cependant cette hypothèse.

    Deux études publiées indépendamment apportent une réponse au mystère. Dans l'une, publiée dans The Astrophysical Journal, des chercheurs français excluent la capture d'astéroïdes. Ils montrent en fait que le seul scénario compatible avec les propriétés de surface de Phobos et Deimos est celui d'un impact géant.

    Dans l'autre étude, publiée dans la revue Nature Geoscience, une équipe belgo-franco-japonaise a montré comment ces satellites ont pu se former à partir des débris d'une collision titanesque entre Mars et un embryon de planète trois fois plus petit.

    L'anneau de Mars

    Des simulations numériques de pointe montrent que Mars a subi, il y a 4 à 4,5 milliards d'années (de 100 à 800 millions d'années après le début de la formation de la planète), un choc frontal avec un corps trois fois plus petit qu'elle. Les débris éjectés se sont d'abord retrouvés en orbite autour de la planète, formant des anneaux similaires à ceux de Saturne. Puis, par agglomération des débris, une lune de 1000 fois la masse de Phobos s'est progressivement formée dans les anneaux internes.

    Ensuite, les perturbations gravitationnelles créées dans le disque externe par cet astre massif auraient catalysé l'assemblage de débris pour former d'autres petites lunes plus lointaines.

    Au bout de quelques milliers d'années, Mars se serait alors retrouvée entourée d'un cortège d'une dizaine de petites lunes et d'une énorme lune. Plusieurs millions d'années plus tard, une fois le disque de débris dissipé, les effets de marée avec Mars auraient fait retomber sur la planète la plupart de ces satellites, dont la très grosse lune. Seules ont subsisté les deux petites lunes les plus lointaines, Phobos et Deimos.

    En raison de la diversité des phénomènes physiques mis en jeu, aucune simulation numérique n'est capable de modéliser l'ensemble du processus. Les auteurs estiment que leur méthode pourrait aussi être appliquée à Uranus et à Neptune.

    La chronologie des événements:

    - Mars est percutée par une protoplanète trois fois plus petite (1);
    - Un disque de débris se forme en quelques heures. Les briques élémentaires de Phobos et Deimos (grains de taille inférieure au micromètre) se condensent directement à partir du gaz dans la partie externe du disque (2);
    - Le disque de débris produit rapidement une lune proche de Mars, qui s'éloigne et propage ses deux zones d'influence comme des vagues (3), ce qui provoque en quelques millénaires l'accrétion des débris plus éloignés en deux petites lunes, Phobos et Deimos (4);
    - Sous l'effet des marées soulevées par Mars, la grosse lune retombe sur la planète en quelques millions d'années (5), tandis que Phobos et Deimos, moins massives, rejoignent leur position actuelle dans les milliards d'années qui suivent (6).

    Le saviez-vous?

    De nouvelles observations permettront bientôt d'en savoir plus sur l'âge et la composition des lunes de Mars. En effet, l'agence spatiale japonaise a décidé de lancer en 2022 une mission, baptisée Mars Moons Exploration, qui rapportera sur Terre en 2027 des échantillons de Phobos. Leur analyse pourra confirmer ou infirmer ce scénario. L'Agence spatiale européenne, en association avec l'agence spatiale russe, prévoit une mission similaire en 2024.

    Source: Radio-Canada - Auteur: Alain Labelle


    23/05/16 - Des tsunamis géants au secours de l’océan martien

    Des indices de gigantesques raz de marée ont été observés sur Mars. Survenus il y a plus de 3 milliards d’années, ils accréditent l’hypothèse d’un vaste océan.
    Y a-t-il eu, jadis, un vaste océan boréal sur Mars ? La question anime les spécialistes de la planète rouge depuis des décennies sans qu’une réponse claire ait encore pu être apportée. Une étude publiée dans la revue Nature renforce en tout cas cette hypothèse.

    Selon ses auteurs principaux, Alberto Fairen (du Centre d’astrobiologie de Madrid) et Alexis Palmero Rodriguez (de l’Institut des sciences planétaires de Tucson), Mars a gardé la trace de gigantesques tsunamis déclenchés, voici 3,4 milliards d’années, par des chutes de météorites qui auraient creusé des cratères de l’ordre de 30 km de diamètre.

    En percutant l’antique océan qui occupait quasiment tout l’hémisphère Nord martien, ces bolides auraient soulevé les flots au point de former des vagues de plus de 100 m de haut ! En balayant les côtes puis en se retirant, ces masses d’eau auraient laissé des stigmates que l’on retrouve aujourd’hui sur les images des sondes spatiales.

    À l’embouchure de Valles Marineris

    Pour arriver à leur conclusion, les scientifiques ont soigneusement épluché des données topographiques recueillies par des sondes comme Mars Odyssey ou Mars Reconnaissance Orbiter, et devenues publiques depuis quelques années. Leur étude s’est principalement concentrée sur la région de Chryse et sur le nord-est d’Arabia Terra. C’est là que débouchent les vastes chenaux de Valles Marineris (un canyon long de 4500 km et large de 200 km).

    À la limite entre les hautes terres cratérisées de l’hémisphère Sud et les basses plaines de l’hémisphère Nord, l’équipe de chercheurs identifie de grandes structures lobées, qui s’étendent sur des dizaines, voire des centaines de kilomètres. L’analyse de ces traces permet aux scientifiques de les interpréter comme le résultat de l’arrivée et du reflux d’au moins deux raz de marée géants survenus à des dizaines de millions d’années d’intervalle.

    Avec ces événements catastrophiques, les lignes de rivage de l’ancien océan auraient été en grande partie effacées. C’est la raison pour laquelle, malgré le fait que de nombreux fleuves anciens se jetaient dans les plaines boréales, les spécialistes doutaient toujours de l’existence de l’océan.

    Les tsunamis auraient ainsi « repoussé » les rivages apparents à différentes altitudes qui ne semblaient pas cohérentes avec la présence de cet océan.

    « Pas d’autre hypothèse »

    Par coïncidence, une équipe française, menée par François Costard, spécialiste de la planète rouge à l’université de Paris-Sud, travaillait sur le même sujet (mais dans une région différente de Mars) et devrait publier ses propres résultats dans quelques semaines. François Costard précise :

    Nous arrivons au même résultat. Je suis à 100% d’accord avec l’hypothèse des tsunamis géants. Sur les images des sondes, on observe des dépôts lobés. Et certains remontent sur des plateaux, de sorte que je ne vois pas d’autre hypothèse possible.

    D’autant que l’équipe française a couplé ses observations à une modélisation numérique qui tient compte de l’altimétrie sur Mars. Ainsi, en simulant des chutes d’astéroïdes en certains lieux des basses plaines boréales (où se trouvent effectivement certains cratères de 30 km), ils ont recréé des tsunamis qui provoquent exactement les mêmes dépôts lobés que ceux qui sont observés.

    Un problème de chronologie

    La découverte se heurte pourtant à un souci : les tsunamis semblent avoir déferlé il y a 3,4 milliards d’années. Or, les spécialistes pensent qu’à cette époque, l’eau martienne devait avoir majoritairement disparu. Tout au plus a-t-il existé des étendues liquides relativement éphémères.

    François Forget, spécialiste du climat martien au Laboratoire de météorologie dynamique, à Paris, commente : « On ne comprend pas comment le climat de l'époque a pu permettre le maintien d'un océan d'eau liquide, mais c'est justement l'intérêt de ce genre d'étude : de produire des indices observationnels pour mener l'enquête. Les observations ont toujours raison, même si leur interprétation est parfois difficile. »

    Mars Pathfinder et Viking 1 submergés !

    Par un curieux concours de circonstances, les sondes Viking 1 et Mars Pathfinder s’étaient posées dans des zones concernées par les tsunamis. Mais les vues au niveau du sol ne révèlent rien de ces épisodes catastrophiques, uniquement décelables sur des vues orbitales générales qui montrent le contexte.

    Pour trancher la question, François Costard milite pour une mission qui n’a jamais été envoyée autour de Mars : « Une sonde dotée d’un radar nous permettrait de mesurer la superficie et l’agencement des dépôts, mais aussi leur épaisseur ».

    De tels instruments ont ausculté Vénus (sur la sonde Magellan) et Titan (sur la sonde Cassini), deux mondes perpétuellement voilés par d’épais nuages. Il y aurait donc aussi un intérêt à observer la surface martienne avec un tel procédé.

    Source: www.cieletespace.fr - Auteur: Philippe Henarejos


    10/05/16 - La NASA révèle l’existence d’un grand nombre de nouvelles exoplanètes

    Trois ans après l’arrêt de sa chasse frénétique aux exoplanètes, en raison de défaillances techniques, les données accumulées par le télescope spatial américain Kepler constituent toujours une mine d’or pour les astronomes en quête de planètes tournant autour d’étoiles autres que notre Soleil. Mardi 10 mai, la NASA a annoncé que le catalogue d’exoplanètes détectées par Kepler s’était enrichi de 1 284 nouvelles planètes validées, la plus grosse moisson de ce type jamais effectuée, à partir de 4 302 planètes « candidates ». Pour autant, l’agence spatiale américaine n’a pas annoncé la découverte formelle de nouvelles planètes ressemblant à la Terre, comme elle l’avait fait en juillet 2015 avec celle baptisée Kepler 452b.

    L’enrichissement spectaculaire du catalogue de Kepler résulte d’une nouvelle méthode d’identification des exoplanètes. Le télescope américain détecte des changements de luminosité des étoiles, qui résultent du passage dans sa ligne de visée d’une planète – mais d’autres phénomènes peuvent expliquer ces variations de luminosité, qu’il importe d’écarter avant de déclarer une exoplanète « confirmée ». Comme l’a expliqué Tim Morton (université Princeton), « il faut démasquer des imposteurs, un processus qui demande du temps et des ressources ». Il faut en effet pointer des télescopes terrestres vers chaque planète candidate pour obtenir une confirmation indépendante de celle obtenue par l’observation des transits chère à Kepler.

    Il a donc eu l’idée d’accélérer les choses en calculant la probabilité que le signal capté émane bien d’une exoplanète et non d’un « imposteur ». Quand cette probabilité était supérieure à 99 %, la planète était classée comme confirmée. « Ce mode de classement statistique a été présenté lors d’un colloque à Hawaï en décembre 2015, indique Anne-Marie Lagrange (Observatoire de Grenoble), spécialiste des exoplanètes. Il a donné lieu à des sessions assez tendues, car les tests proposés étaient variables d’une équipe à l’autre. » Ce classement statistique reste en outre pauvre en informations : un certain nombre de planètes semblent se situer dans la zone habitable – à une distance de leur étoile où l’eau peut être liquide et éventuellement aider à l’apparition de la vie. Mais pour déterminer si elles sont rocheuses, comme la Terre, il faudra d’autres observations.

    On ignore ainsi la nature exacte des planètes nouvelles considérées comme se trouvant dans la zone habitable, qui figurent ci-dessous en orange (les bleues sont celles qui avaient déjà été vérifiées).

    Pour en savoir plus, l’autre grande méthode de détection des exoplanètes, dite des vitesses radiales, doit être mise à contribution, afin d’apporter les indications complémentaires qui permettent de déduire la densité de l’astre, et d’étayer les hypothèses sur sa composition. Elle consiste à mesurer les variations de couleur de l’étoile induites par le mouvement de la planète autour d’elle. Cette danse modifie l’emplacement de l’étoile autour de leur centre de gravité commun. Comme le son de la sirène d’un camion de pompier, plus aigu lorsqu’il s’approche, plus grave lorsqu’il s’éloigne, ces mouvements périodiques par rapport à un observateur extérieur modifient la perception de la longueur d’onde de la lumière émise par l’étoile. « Mais ces vérifications demandent beaucoup de temps, et Kepler a observé des étoiles assez peu brillantes, difficiles à suivre en vitesse radiale », note Anne-Marie Lagrange, soulignant que le télescope européen Plato, prévu pour 2024, observera lui des étoiles plus brillantes.

    Reste à savoir comment les nouvelles venues de Kepler seront classées dans les encyclopédies en ligne d’exoplanètes. Dans sa présentation, la NASA entretient un certain flou terminologique : les 1 284 nouvelles planètes sont « validées », mais pas « vérifiées ». Jean Schneider (Observatoire de Paris Meudon), qui tient à jour la plus ancienne (février 1995) et l’une des plus exhaustives (2 125 unités au 9 mai) de ces encyclopédies, va y ajouter « les 1284 planètes « validées », puisqu’elles le sont à 99% ». Cet ajout va prendre du temps, en raison du format des données.

    Un décompte à l’unité près n’a selon Jean Schneider pas de sens: « Il faut dire que (presque) toutes les planètes ont une probabilité non nulle (allant de ~0,1% à ~10-50%) d’être des fausses alarmes. Il y a donc un certain arbitraire à dire qu’une planète est validée. » D’autant plus, ajoute-t-il, qu’il n’y a pas de consensus sur la définition d’une planète : « Jusqu’à quelle masse dire que c’est une planète et pas une naine brune ? J’ai pour ma part plaidé pour une limite maximum de 60 fois la masse de Jupiter (provisoirement !). »

    Mais le « contrôle qualité » sur ces planètes extra-solaires lui semble en définitive satisfaisant. « L’expérience montre que sur les 2 100 planètes “validées” à ce jour, seule une dizaine a été invalidée », note-t-il. L’une d’entre l’a même été, pour être ensuite « réhabilitée ».

    Source: www.lemonde.fr/sciences - Auteur: Hervé Morin - En savoir plus avec l’astronome Jean Schneider


    09/05/16 - La balade de Mercure devant le Soleil

    Une petite bille noire se promenant devant le Soleil: Mercure, la plus petite planète du système solaire, est passée lundi entre la Terre et notre étoile, un phénomène rare qui a pu être observé notamment en Europe de l'Ouest et en Amérique du Nord et du Sud.

    Un tel événement ne s’était pas produit depuis dix ans. En France, il n'avait pas été vu depuis 2003.

    Dans les endroits où le ciel était dégagé, les amateurs ont pu suivre le trajet de Mercure, qui est apparu comme un tout petit disque noir se déplaçant devant l'astre jaune orangé.

    Pour découvrir le spectacle, il fallait disposer d'instruments astronomiques grossissants. Ou bien le suivre sur internet grâce à diverses institutions scientifiques.

    "Nous avons noté un engouement du public avec un grand nombre de connexions", a indiqué à l'AFP Pascal Descamps, astronome à l'Observatoire de Paris, qui retransmettait en direct l'événement sur Dailymotion.

    Le phénomène a commencé à 11H12 GMT (13H12 heure de Paris) et s'est achevé à 18H42 GMT (20H42 heure de Paris). Il était visible dans la partie du monde où il faisait jour à ce moment-là, et lorsque la météo était favorable.

    L'Europe de l'Ouest et du Nord, l'ouest de l'Afrique du Nord, l'Afrique de l'Ouest, le Canada, l'est de l'Amérique du Nord et une grande partie de l'Amérique latine étaient aux premières loges pour observer ce long transit.

    "A Paris, nous avons profité d'une percée du Soleil pour faire nos observations", indique Pascal Descamps.

    Visuellement, Mercure a donné l'impression de grignoter l'un des bords du Soleil puis il l'a traversé très lentement avant de ressortir de l'autre côté.

    Ce phénomène, qui a duré sept heures et demie, est "rare car il exige un alignement presque parfait du Soleil, de Mercure et de la Terre", souligne M. Descamps.

    Encore peu explorée, la mystérieuse Mercure est la planète la plus proche du Soleil.

    Son orbite est très excentrique: son point le plus proche du Soleil se trouve à 46 millions de kilomètres de lui (périhélie), et le plus éloigné à 70 millions de km.

    - Prochains rendez-vous en 2019 et 2032 -

    Toute petite (son diamètre est de 4.780 km seulement), la planète est rapide: elle fait le tour du Soleil en 88 jours.

    Elle passe tous les 116 jours entre la Terre et notre étoile. Mais du fait de l'inclinaison de son orbite autour de l'astre par rapport à l'orbite de la Terre, elle nous paraît la plupart du temps se trouver au-dessus ou en dessous du Soleil.

    De ce fait, les transits de Mercure devant le Soleil sont peu fréquents: il y en a 13 ou 14 par siècle.

    Les prochains seront en novembre 2019, en novembre 2032 et en mai 2049.

    "C'est toujours excitant de voir des phénomènes astronomiques rares de ce type", a jugé Martin Barstow, président de la Royal Astronomical Society, dans un communiqué.

    Avant l'événement, les astronomes avaient insisté sur la nécessité de respecter des consignes de sécurité car regarder le Soleil directement sans protection provoque des lésions oculaires irrémédiables.

    Il fallait que les lunettes et télescopes soient protégés par des filtres solaires appropriés.

    C'est un savant français, Pierre Gassendi, qui a observé pour la première fois en 1631 un passage du "rusé" Mercure, selon sa propre expression, devant le Soleil.

    Ce transit avait été prédit quelques années plus tôt par Johannes Kepler, décédé en 1630 avant d'avoir pu le voir.

    Mercure tourne très lentement autour de lui-même. La température à sa surface varie de -173 degrés Celsius à +427 C.

    La planète a été observée par deux sondes spatiales américaines, d'abord par Mariner 10 en 1974 et 1975, puis par Messenger qui a fini sa mission en 2015.

    L'Europe et le Japon se préparent à lancer en 2018 un duo de sondes pour la mission BepiColombo qui rejoindra Mercure en 2024.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/sciences avec l'AFP


    08/05/16 - Le Soleil a rendez-vous avec Mercure

    Les transits planétaires, comme le passage de Mercure devant le Soleil qui aura lieu ce lundi, permettent aux chercheurs d'identifier des mondes habitables.

    Ce lundi 9 mai 2016 aura lieu, en plein jour, de 13 h 12 à 20 h 42, heure française, un événement astronomique singulier : le « transit de Mercure ». Un événement moins médiatique qu'une éclipse de Soleil, mais pourtant plus rare, et recelant des trésors subtils et inattendus !

    Un transit planétaire correspond à une situation où une planète s'interpose entre la Terre et le Soleil, qui s'en trouve alors partiellement masqué. C'est magnifique à observer, puisqu'on y voit un cercle noir, correspondant à la face nocturne de la planète, traverser littéralement le disque solaire, entrant par la gauche (si l'on se trouve dans l'hémisphère Nord), glissant le long d'une trajectoire répétée depuis des millions de millénaires, comme le ferait la trace d'un pointeur laser, mais qui serait en négatif, avant de ressortir sur le bord opposé, et de poursuivre sa révolution annuelle.

    Dans le cas de Mercure, le diamètre apparent de la planète est environ 180 fois plus petit que celui du Soleil, de sorte que son transit ne diminue l'éclat du jour que de manière infime, imperceptible à nos yeux.

    Coïncidence heureuse

    Mais pourquoi un tel événement est-il si rare ? Mercure fait environ quatre révolutions autour du Soleil chaque année, passant donc environ quatre fois, vu de la Terre, d'un côté du Soleil à l'autre. Pourquoi n'observe-t-on pas chaque fois un transit ? Parce que le plan de l'orbite de Mercure autour du Soleil est légèrement incliné par rapport à celui de la Terre, qu'on appelle l'écliptique, de sorte que Mercure ne passe généralement pas devant le Soleil, mais en dessous ou au-dessus.

    Pour qu'un phénomène de transit puisse être observé, il faut pour commencer que Mercure soit dans le plan de l'écliptique, qu'elle ne traverse que deux fois par révolution, une fois en montant, une fois en descendant, en deux points bien précis de son orbite. Mais il faut en outre qu'à ce moment précis, la Terre soit dans le bon alignement, à l'opposé du Soleil par rapport à Mercure. Il faut donc qu'elle se trouve elle aussi au bon endroit de son orbite, c'est-à-dire à la bonne période de l'année ! C'est pourquoi cette coïncidence heureuse ne saurait se produire à un autre moment qu'en mai, ou bien à l'opposé par rapport au Soleil, dans la région « novembre », comme ce sera le cas pour le prochain transit, en 2019.

    Le rôle capital des transits

    Les transits planétaires ont joué un rôle capital dans l'histoire de l'astronomie. Et avec l'accroissement des capacités d'observation, ils connaissent aujourd'hui un regain d'intérêt.

    Historiquement, le premier transit planétaire observé a été celui de Mercure, le 7 novembre 1631 par Pierre Gassendi – le grand philosophe, mathématicien, théologien et astronome français. Celui qui a donné son nom à la rue du 14e arrondissement de Paris où habitèrent un temps, à quelques mètres l'un de l'autre, en une conjonction planétaire non moins singulière, le douanier Rousseau et… Léon Trotsky !

    C'est Kepler lui-même qui avait prédit ce transit de Mercure quelques années plus tôt, sur la base de sa compréhension nouvelle du mouvement des planètes. Mais il manqua tout juste un an à sa vie pour qu'il puisse en voir lui-même la confirmation ! Huit ans plus tard, en 1639, Horrocks et Crabtree observèrent le premier transit de la planète Vénus. Un tel transit est encore bien plus rare, car la planète Vénus est beaucoup plus éloignée du Soleil que ne l'est Mercure, de sorte que ce n'est vraiment que lorsque l'alignement entre les trois corps, Terre-planète-Soleil, est quasi parfait que le transit est visible.

    Mais l'observation d'un transit de Vénus est une véritable bénédiction, qui a permis à l'humanité, pour la première fois, de connaître les dimensions du système solaire, c'est-à-dire de déterminer la distance du Soleil, sa taille, ainsi que la distance aux différentes planètes ! On ne connaissait jusqu'alors que des distances relatives. On savait par exemple que l'orbite de Vénus avait un rayon représentant 72 % de celui de l'orbite de la Terre. Mais combien cela faisait-il en kilomètres ? Mystère !

    Découverte de la taille du système solaire

    C'est l'observation du transit de Vénus suivant, en 1761, qui donna la réponse. On comprendra aisément comment, à partir d'une expérience très simple ne nécessitant aucun autre matériel que nos deux yeux et notre index, pointant par exemple vers le sol devant nous. Par un banal effet de perspective, l'index masque des points du sol différents, suivant que l'on ferme un œil, ou l'autre. C'est simplement que la ligne joignant l'œil gauche au doigt n'est pas la même que celle qui joint l'œil droit à ce même doigt. Ces lignes interceptent donc le sol en deux points différents. Or, la distance entre les points masqués au sol dépend de la distance entre nos yeux, et du rapport de distance entre nos yeux et notre doigt, d'une part, et entre notre doigt et le sol, d'autre part.

    L'idée est alors la suivante : lors du transit de Vénus, le Soleil constitue l'arrière-plan devant lequel s'interpose la planète. Elle en masque une zone précise, dans l'axe de la ligne joignant l'observateur à la planète. Pour deux observateurs situés en deux points différents du globe terrestre, la zone masquée sur le disque solaire ne sera pas la même. Il suffit alors de comparer la position du disque noir vu depuis différents lieux sur la Terre. Connaissant la distance réelle entre ces lieux, en kilomètres, on peut alors, connaissant par ailleurs le rapport des rayons de l'orbite de Vénus et de celle de la Terre, déduire la distance réelle entre les points masqués sur le Soleil. Et donc, par extension, son diamètre. Et donc, compte tenu de la taille angulaire observée, sa distance. Verdict : 150 millions de kilomètres !

    La conquête spatiale a depuis permis à l'humanité de développer d'autres méthodes, plus directes et plus précises, pour mesurer les distances dans le système solaire. Mais les transits planétaires demeurent au cœur de l'attention des astronomes.

    Détection d'exoplanètes

    En effet, de très nombreuses étoiles, peut-être même toutes, sont dotées comme notre Soleil d'un système planétaire. Ces planètes orbitant autour d'autres étoiles sont appelées exoplanètes. Chaque fois qu'une telle planète s'interpose entre nous et son étoile, un transit exoplanétaire a lieu. Il faut pour cela que le plan de l'orbite soit bien orienté par rapport à la ligne de visée. Mais compte tenu du nombre gigantesque de systèmes planétaires dans notre galaxie, même en se limitant à notre voisinage cosmique, cette circonstance se produit forcément quelques fois, par hasard. Et de fait, la méthode dite des transits est particulièrement intéressante pour la détection d'exoplanètes. Des mesures de plus en plus précises permettent de détecter la légère diminution de l'éclat de l'étoile, causée par l'occultation partielle du disque lumineux par la planète en transit.

    C'est ainsi qu'ont été récemment détectées les trois planètes de taille similaire à celle de la Terre, autour de l'étoile naine « Trappist-1 ». Ces planètes semblent situées à une distance de leur étoile qui permettrait à de l'eau liquide d'être présente à leur surface. Nous ignorons si c'est le cas, mais les nouveaux moyens d'observation sur le point d'être mis en service devraient pouvoir nous en dire davantage, notamment lors des prochains transits de ces planètes. Car à cette occasion, la lumière de l'étoile est certes éclipsée par la planète, mais elle traverse également sur son pourtour une éventuelle atmosphère, qui ne l'absorbe alors que partiellement, à certaines longueurs bien précises, caractéristiques de sa composition. Or, la précision instrumentale sera bientôt telle qu'il sera possible de dire non seulement si ces planètes ont une atmosphère, mais encore si celle-ci contient de la vapeur d'eau ou de l'oxygène, signature espérée d'une activité biologique éventuelle !

    Que de chemin parcouru depuis que Mikhail Lomonosov, figure fascinante au génie universel, avait déduit déjà de son observation du fameux transit de Vénus de 1761, l'existence d'une atmosphère autour de cette planète. De quoi méditer sur l'immensité du cosmos et la merveilleuse ingéniosité de l'esprit humain, lorsque nous verrons passer, ce lundi 9 mai 2016, le disque sombre de Mercure devant la face lumineuse du Soleil…

    Source: www.lepoint.fr/astronomie - Auteur: Étienne Parizot, professeur à l'université Paris-Diderot, membre du laboratoire AstroParticule et Cosmologie - Astrophysique de haute énergie / JEM-EUSO


    06/05/16 - Airbus veut nettoyer l'orbite terrestre de ses débris spatiaux

    L’orbite terrestre est de plus en plus encombrée. Les satellites en fin de vie constituent une source potentielle de débris spatiaux et une menace pour les autres appareils environnants qui fournissent en permanence des services devenus indispensables à la vie sur Terre. D’où l’idée de faire sérieusement le ménage dans l’espace.

    Airbus Defence and Space va ainsi être le chef de file d’un programme européen développant le prototype d’un module de désorbitation des satellites en fin de vie ou devenu incontrôlables pour garantir la pérennité de l’utilisation de l’espace, autrement dit une « poubelles de l’espace ».

    Une aide de plus de 2,8 millions d’euros jusqu’en 2018
    A la tête d’un consortium de 10 entreprises, la filiale défense et aérospatiale de l’avionneur va diriger l’équipe chargée du projet TeSeR, pour Technology for Self-Removal of Spacecraft. Quant au prototype, il s’agira « d’un module ultra-fiable et à bas coûts ».
    Grâce à ce module, le satellite moribond irait rejoindre une « orbite parking », bien au-delà des 36.000 km d’altitude sur laquelle gravitent les satellites encore opérationnels. Là, il serait mis en état passif et ne présenterait aucun risque de collision.

    Une autre solution consisterait à faire chuter le satellite en fin de vie. Il suffirait de lui faire perdre de l’altitude en le freinant pour, qu’à terme, il entre dans l’atmosphère et se détruise.

    Airbus DS, en tant que chef de file, assurera la gestion du projet, la coordination technique, en plus du développement de ces systèmes innovants de contrôle d’attitude des satellites. Le numéro deux mondial de l’industrie spatiale a également signé une convention de subvention qui permettra au programme TeSeR de bénéficier d’une aide de plus de 2,8 millions d’euros jusqu’en 2018.

    Source: www.20minutes.fr/sciences avec agences


    03/05/16 - Sur Mars, de l'eau bouillante a pu sculpter le relief

    En reproduisant en laboratoire les conditions atmosphériques de la planète rouge, des chercheurs français, britanniques et américains proposent des mécanismes originaux pour la formation récente du relief martien.

    De l'eau qui coulait sur Mars dans le passé est un fait connu depuis quarante-cinq ans. En 2011, la présence actuelle du liquide bleue sur Mars a été avancée. Puis en septembre 2015, la Nasa a confirmé que de l'eau coule encore sur la planète rouge, dans des ravines sombres observées pendant l'été martien, quand la température dépasse 0 °C quelques heures par jour pendant les six mois d'été sur la planète.

    Mais des chercheurs sont allés un peu plus loin et ont proposé un mécanisme exotique d'écoulement de l'eau (salée ou non) à la surface de Mars, à partir d'expériences conduites en Angleterre, à l'Open University de Milton Keynes, et en France, dans le laboratoire de Géosciences Paris-Sud d'Orsay (Essonne), selon une étude publiée le 2 mai dans Nature Géosciences. Comme la pression atmosphérique est très faible sur Mars (environ 130 fois moins importante que sur Terre), l'eau qui arrive du sous-sol à la surface ne s'évapore pas tout de suite pendant les heures chaudes de l'année martienne (qui dure le double d'une année terrestre). Elle bout et, en même temps que les bulles se forment, elle propulse à distance des grains de sable qui peuvent même créer des avalanches sèches sur des pentes. Autrement dit, l'écoulement de l'eau à la surface de Mars n'a rien à voir avec ce qu'il se passe à la surface de la Terre.

    «Nous ne nous attendions pas du tout à ce résultat. Nous pensions que l'eau allait immédiatement s'évaporer», explique Marion Massé, post-doctorante au laboratoire de planétologie et de géodynamique de l'Université de Nantes et coordinatrice de l'étude. Dans une chambre de grande dimension (de 2 mètres de long) reproduisant la pression atmosphérique martienne (mais pas tout à fait sa composition qui est formée à plus de 95% de dioxyde de carbone), de petites quantités d'eau ont créé des rides sur le sable en s'évaporant. Et de petites avalanches sèches de sable ont également été provoquées sur des plans inclinés. Tandis que pour le modèle terrestre, l'eau s'enfonce dans le sable... en créant parfois de petites ravines.

    Pour l'atmosphère martienne, l'impact est plus fort pour l'eau douce qui propulse plus loin les grains de sable, que pour la saumure, comme celle qui pourrait être trouvée à la surface de Mars, composée d'eau et de sulfate de magnésium. La saumure étant plus stable à la surface de la planète rouge, son ébullition est moins importante et elle forme de plus petites rides.

    Il n'est cependant pas possible de dire que tout le relief récent à la surface de Mars est formé par ce mécanisme. Pour les observations par satellite, le point élémentaire (pixel) a 30 cm de côté, soit à peu près le même ordre de grandeur que les échantillons reproduits en laboratoire, et un Rover comme Curiosity n'a pas le droit de s'approcher de possibles écoulements liquides à la surface de Mars, au risque de les polluer par des bactéries. Il n'est donc pas possible de confirmer que les résultats obtenus en laboratoire reproduisent fidèlement la réalité martienne.

    Pour savoir si le relief actuel est bien formé par ce mécanisme, «une voie de prolongation de nos travaux est d'effectuer des simulations numériques où nos paramètres et ceux des observations seront utilisés pour modéliser le comportement de l'eau sur de grandes dimensions», indique la chercheuse française. Par ailleurs, du point de vue expérimental, d'autres paramètres seront modifiés. Notamment en explorant le rôle de la neige carbonique, en jouant sur la nature des sédiments et en remplaçant le sulfate d'ammonium par du perchlorate de sodium pour saler l'eau. De proche en proche, la formation récente du relief à la surface de Mars pourra donc être mieux comprise.

    Source: www.lefigaro.fr/sciences - Auteur: Marc Cherki - En savoir plus avec le CNRS


    03/05/16 - Trois nouvelles planètes «potentiellement habitables» découvertes

    Des planètes similaires à la Terre et situées hors du système solaire ont été dévoilées lundi par des astronomes. Une découverte toutefois à relativiser, de nombreuses recherches étant encore nécessaires pour savoir si celles-ci sont bien propices à la vie.

    Cette découverte ravira les amateurs d'astronomie. Une équipe de scientifiques a révélé l'existence de trois nouvelles exoplanètes «potentiellement habitables». Elles ont été découvertes en orbite d'une petite étoile. Selon une étude publiée lundi dans la revue britannique Nature, ces planètes offrent la possibilité «de trouver des traces chimiques de vie en dehors de notre système solaire». Ces planètes sont «de taille similaire à la Terre, potentiellement habitables et propices aux études atmosphériques détaillées avec la technologie actuelle», a déclaré Michaël Gillon, professeur à l'Université de Liège en Belgique, et coauteur de l'étude. Son équipe a su trouver ce trio de planètes à environ 39 années-lumière de la Terre, en bénéficiant du soutien technique de l'Observatoire européen austral (ESO).

    Les trois nouvelles planètes ont également la particularité de graviter autour d'une étoile dite «naine», baptisée Trappist-1. Jusqu'à présent, on ignorait que des planètes telluriques, similaires à la Terre, pouvaient orbiter autour d'une étoile de cette taille. Une découverte à relativiser cependant, de nombreuses recherches étant encore nécessaire pour savoir si ces planètes sont bien propices à la vie.

    Pour leur recherche, Michaël Gillon et ses collègues ont utilisé un petit télescope de 60 cm, installé au Chili. Ce télescope à infrarouge permet de traquer les étoiles trop petites et trop sombres pour les télescopes optiques. «Notre découverte ouvre un nouveau terrain de chasse» autour de ces petites étoiles, a déclaré le chercheur belge Michaël Gillon. «À l'échelle de la Galaxie, cela représente des milliards d'endroits en plus où la vie aurait pu se développer!», s'est-il exclamé. Selon les chercheurs, deux des trois planètes orbitent près de l'étoile, tandis que la troisième se situe probablement dans la zone habitable de TRAPPIST-1.

    La température, la taille et la composition de ces nouvelles planètes les rapprochent fortement de la Terre. Mais il faudra attendre de définir avec exactitude leur masse, leurs caractéristiques atmosphériques (si elles ont une atmosphère) pour savoir si elles sont réellement propices à la vie. Des informations que les chercheurs pourraient obtenir «relativement rapidement» grâce à la technologie actuelle, «d'ici 5 à 10 ans, notamment avec le télescope spatial James Webb qui sera lancé en 2018», selon Michaël Gillon.

    D'autres exoplanètes découvertes en 2013 et 2015

    Une exoplanète, ou planète extrasolaire, est une planète située en dehors du Système solaire. La majorité d'entre elles tournent autour d'étoiles situées à environ 400 années-lumière de notre système. À cause de leur distance et de leur manque de luminosité, elles n'ont pu être détectées qu'à partir des années 1990. Quelque 1.935 exoplanètes ont pour le moment été confirmées dans 1.109 systèmes planétaires. Plusieurs milliers de planètes extrasolaires supplémentaires découvertes au moyen de télescopes ou de satellites, sont en attente de confirmation.

    Ce n'est pas la première fois que des exoplanètes potentiellement habitables ont été découvertes. En avril 2013, deux planètes légèrement plus grosses que la Terre, situées à 1.200 années-lumière de notre système solaire, avaient été découvertes par l'agence spatiale américaine de la Nasa. Aux yeux des astronomes, ce qui rend une planète habitable est sa formation en tant que planète rocheuse, située à bonne distance de son étoile pour abriter de l'eau liquide à sa surface, ouvrant la possibilité à une forme de vie.

    En juin 2013, l'Observatoire européen austral découvre une «zone habitable bien remplie», représentant trois exoplanètes, autour de l'étoile Gliese 667c, située à seulement 22 années-lumière de notre système solaire.
    Enfin, en janvier 2015, six nouvelles planètes à cœur rocheux et potentiellement habitables avaient été découvertes par le télescope spatial Kepler.

    Source illustrée + video: www.lefigaro.fr/sciences avec l'AFP, l'AP & Reuters


    28/04/16 - Stephen Hawking: "Un trou noir est une porte vers un autre Univers"

    Le génial physicien britannique voit dans ses astres fétiches des chemins qui mènent à d'autres mondes, tandis que sa théorie dite des "radiations de Hawking" serait sur le point d'être vérifiée expérimentalement.

    "Un trou noir est une porte vers un autre Univers !" Il ne se passe pas une semaine sans que le célèbre physicien britannique Stephen Hawking ne déclare sa passion des trous noirs. Après sa récente proposition de voyage interstellaire voici une nouvelle invitation pour atteindre d'autres mondes ! Lors d’une conférence à Harvard, lundi 18 avril, comme le rapporte Boston Globe, le chercheur a présenté les trous noirs - ces astres extrêmement denses qui attirent toute lumière et matière navigant à proximité de leur horizon - comme une sorte de passage secret. Le physicien se rallie ainsi à l’hypothèse actuellement très en vogue des "multivers", pour désigner les multiples autres univers possibles. En effet, certains théoriciens envisagent leur existence, parallèlement à notre Cosmos : ils auraient des caractéristiques autres, comme des particules élémentaires dotées de masses différentes par rapport à celles qui constituent notre monde. Pour passer d’un univers à l’autre, il faudrait donc passer par... un trou noir.

    L'évaporation quantique

    Ces trous noirs sont, selon le physicien britannique qui a consacré sa vie à leur étude, des astres "plus étranges que tout ce qui a été imaginé par les auteurs de sciences fiction." Ils ont longtemps été considérés comme des prisons éternelles ne laissant rien échapper, des puits sans fond desquels rien ne sort. Du point de vue de la relativité générale d’Einstein, ils constituent à ce titre une singularité de l’espace-temps, c’est-à-dire une région de l'Univers où la densité devient infinie. Résultat : la physique d’Einstein est totalement démunie pour étudier ces astres. Mais dès 1975, Stephen Hawking émet l’hypothèse que certains phénomènes quantiques – cette physique du monde subatomique – laisseraient présager que les trous noirs puissent émettre des radiations. Ainsi, si nous venions à y être engloutis, il y aurait toujours une possibilité d'en sortir, ironise souvent le physicien. Ce phénomène est aujourd’hui connu sous le nom "d’évaporation quantique"ou encore de "radiation de Hawking". Par la suite, Stephen Hawking a revu et complété sa théorie en apportant des hypothèses sur la perte d’information concernant les objets qui pourraient être engloutis par le trou noir. Et il a plusieurs fois parié avec ses collègues que celle-ci sera démontrée un jour.

    Des trous noirs de laboratoire

    Cependant, malgré ces péripéties, cette radiation – et la perte de masse qui lui est associée – est si faible, qu’elle n’a jamais encore pu vraiment être démontrée expérimentalement. A moins que... Le site Sciencealert rapporte en effet que les récents travaux de Jeff Steinhauer, du département de physique de l’Institut de technologie Technion de Haïfa en Israël, pourraient changer la donne. Depuis quelques années déjà, ce physicien travaille en effet sur des "trous noirs de laboratoire". Pour cela, il n’a décroché du ciel aucun astre étrange ! Mais il a réussi à reconstituer en laboratoire leur équivalent acoustique, fait d’hélium refroidi à des températures juste au-dessus du zéro absolu (-273,15°C), le tout en rotation, un dispositif qui peut être considéré comme un analogue de trou noir.

    Or, dans un article proposé il y a quelques mois déjà sur un site en ligne –avant acceptation dans des revues spécialisée – Jeff Steinhauer affirme avoir observé des émissions d’énergie qui serait l’équivalent des radiations de Hawking, obéissant précisément aux hypothèses formulées par le Britannique. Si ces résultats venaient à être confirmés, Stephen Hawking, le génial physicien médiatique, pourrait devenir un candidat extrêmement sérieux pour le prochain Nobel de Physique.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/espace/astrophysique - Auteur: Azar Khalatbari


    28/04/16 - Hubble découvre un satellite à la planète naine Makemake

    C’est un petit monde du bout du monde que le télescope spatial Hubble vient de découvrir : un satellite tournant autour de la planète naine Makemake, laquelle se trouve aux confins du système solaire, où tournent d’autres astres de glace, comme Pluton, Haumea, Quaoar, Ixion, Sedna, Eris, Varuna…

    Makemake tourne à 7,8 milliards de kilomètres du Soleil, une distance comparable à celle de Pluton, qui se trouve actuellement à cinq milliards de kilomètres. Mesurant environ 1500 kilomètres de diamètre, Makemake est l’un des innombrables corps de la Ceinture de Kuiper, que les astronomes commencent à explorer progressivement : cent mille astres de plusieurs dizaines de kilomètres les attendent probablement là bas…

    Le satellite de Makemake découvert par le télescope Hubble mesure environ 150 kilomètres de diamètre et n’a pas encore été baptisé. Makemake – Makémaké en Français – est le dieu fondateur du peuple Rapa Nui de l’île de Pâques, et son satellite est provisoirement appelé MK 2.

    La découverte de MK 2 confirme aux planétologues que la Ceinture de Kuiper, loin du Soleil et plongée dans un froid sidéral, est un univers d’une stupéfiante diversité, en témoignent les images de Pluton prises par la sonde New Horizons en 2015, qui révèlent, par une température de -230 °C, une complexité géologique insoupçonnée. Outre Makemake et Pluton, qui compte cinq satellites (Charon, Styx, Nix, Kerberos et Hydra), d’autres planètes naines ont révélé qu’elles possédaient un ou sans doute plusieurs satellites, comme Haumea (Namaka et Hi’iaka), Eris (Dysnomia), Quaoar (Weywot), Orcus (Vanth), Salacia (Actaea)…

    L’exploration directe par l’humanité des confins du système solaire a commencé avec le passage de la sonde New Horizons dans le monde de Pluton en 2015.
    Prochaine étape, le 1 janvier 2019 : l’objet 2014 MU 69, distant de 6,5 milliards de kilomètres, et dont on ignore encore si il possède, lui aussi, un cortège de satellites.

    Source: www.science-et-vie.com - Auteur: Serge Brunier


    24/03/16 - Il y a des milliards d'années, la Lune s'est penchée

    Il y a des milliards d'années, la Lune ne tournait pas autour de son axe actuel et ses pôles étaient ailleurs selon une étude publiée mercredi dans Nature qui suggère que notre satellite a pivoté.

    Des scientifiques ont mis en évidence que des restes d'anciennes calottes glaciaires (sous forme de dépôts d'hydrogène) se trouvent à des endroits incongrus par rapport à l'environnement thermique de la Lune, légèrement décalés par rapport aux pôles Nord et Sud.

    Il n'y a pas d'eau liquide sur la Lune, mais il a pu y avoir de la glace dans les régions polaires où le soleil est toujours très bas sur l'horizon. De la glace, qui maintenue dans l'ombre, a pu résister plusieurs milliards d'années avant de passer à l'état gazeux et laisser ces traces d'hydrogène. Les pôles de la Lune sont parmi les régions les plus froides du système solaire.

    Mais ce qui intriguent les chercheurs c'est que ces dépôts d'hydrogène ne sont pas exactement sur les pôles actuels de la Lune donc pas forcément à l'ombre du soleil.

    Matthew Siegler de l'Institut des sciences planétaires de Tucson (Arizona) et ses collègues ont mis en évidence que ces dépôts sont antipodaux, c'est à dire qu'ils sont placés en face l'un de l'autre sur une ligne passant par le centre de la Lune.

    De plus, les dépôts sont situés à égale distance de leur pôle respectif mais dans des directions opposées.

    Pour les chercheurs, c'est la preuve que l'axe de rotation de la Lune a basculé d'environ six degrés, déplaçant les pôles.

    Matthew Siegler et ses collègues proposent un mécanisme plausible pouvant expliquer un tel changement. Les planètes peuvent changer d'orientation si la masse des éléments qui les composent change. Elles peuvent comme basculer sous le point d'un élément.

    Or la région Procellarum de la Lune, la plus grande des mers lunaires, située à l'ouest de la face visible de la lune, étaient autrefois géologiquement plus active, très volcanique. Cette région était donc, à l'époque, chaude et moins dense.

    Les mers lunaires sont, en effet, de vastes bassins creusés par de gigantesques météorites et progressivement comblés par des épanchements de lave créant, maintenant, de vastes étendues de magma solidifié. En se solidifiant, la région Procellarum a changé de masse et a pu influencer l'axe de rotation de la Lune.

    Et donc, la face de la Lune que l'on voit aujourd'hui est différente de celle qu'elle présentait à la Terre il y a des milliards d'années.

    Source: TV5 Monde avec l'AFP


    22/03/16 - Une comète a frôlé la Terre ce mardi

    Découverte en janvier dernier, P/2016 BA14 est passée à seulement 3,4 millions de kilomètres de nous. Ce qui n'était plus arrivé depuis 246 ans !

    Ce mardi aux alentours de 15 h 30, une comète baptisée P/2016 BA14 a frôlé la Terre à environ 3,4 millions de kilomètres de distance, soit à peu près 10 fois la distance qui sépare notre planète de son satellite, la Lune. Une distance qui ne laissait augurer aucun danger, mais qui relève toutefois du record. En effet, une seule comète, connue sous le nom de Lexell, nous aurait approchés de plus près le 1er juillet 1770, à environ 2,3 millions de kilomètres de distance.
    Selon les spécialistes, P/2016 BA14, découverte le 21 janvier dernier et prise dans un premier temps pour un astéroïde, serait en réalité un gros fragment d'une autre comète appelée 252P/Linear, elle-même passée dans le voisinage de la Terre la nuit dernière, à une distance de 5,2 millions de kilomètres.
    Pour les astronomes qui s'intéressent à ces astres, le passage de P/2016 BA14 est une réelle aubaine, puisqu'aucune comète ne s'était autant approchée de la Terre depuis 246 ans ! Quant aux amateurs, si P/2016 BA14 ne s'annonce pas extrêmement brillante, son corps parent 252P/Linear, lui, est plein de promesses et pourrait être visible, y compris à l'œil nu. Pour espérer la (ou les) observer depuis l'hémisphère nord, il faudra cependant attendre le 25 mars, en espérant que la pleine lune du 23 ne vienne pas trop, par son éclat, gâcher la fête.

    Source: www.lepoint.fr/astronomie - Auteur: Chloé Durand-Parenti


    18/03/16 - Espace: il y a 4 milliards d'années, une énorme collision planétaire aurait transformé Vénus en enfer

    Une collision avec un astéroïde aurait provoqué des changements profonds dans l’évolution de la planète.

    Malgré ses conditions infernales aujourd’hui, la suffocante Vénus aurait pu être un jour une planète habitable. Elle est un peu plus petite que notre Terre, et si l’eau y était parvenue de la même façon, des océans pourraient la couvrir. Pourtant aujourd’hui, ses températures atteignent parfois les 480 degrés et peuvent faire fondre le plomb.

    Les scientifiques ont essayé de comprendre comment Vénus était parvenue à une telle situation, si éloignée de celle de la Terre. Leurs recherches les ont amenés à une théorie, bien que peu certaine, fascinante, publiée dans la revue Iracus d'avril : une collision survenue il y a environ quatre milliards d’années entre un objet céleste de la taille de la France et Vénus serait à l’origine de son atmosphère chaotique.

    Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques de l’équipe du Royal Observatory de Bruxelles, ont tenté de comprendre ce qu’il se produirait si des objets de tailles diverses entraient en collision avec Vénus. Ils se sont rendu compte qu’un impact significatif aurait pu engendrer des changements dans les couches du manteau supérieur de la planète, qui auraient alors changé sa géologie et son atmosphère sur des centaines de millions d’années.

    Une collision qui affecte la surface... et l'atmosphère

    Selon la nouvelle modélisation des scientifiques, un objet de 800 à 1.600 kilomètres de diamètre entrant en collision avec Vénus aurait réchauffé la couche de manteau supérieur de la planète et réussi à la faire fondre. Cette proportion fondue serait remontée jusqu’à la surface, se propageant en couche superficielle juste sous la croûte. De ce fait, l’eau et le dioxyde de carbone ont pu être relâchés à la surface en tant que gaz, engendrant un important effet de serre. Une théorie de la collision existait auparavant, mais avec un objet de la même taille que la planète

    Cette quantité d’eau relâchée aurait été ensuite enlevée par le vent solaire d’un jeune Soleil plus actif. L’activité de notre soleil s’est ensuite calmée, mais la majorité de l’eau contenue s’étant échappée du manteau, très peu serait ensuite restée contenue dans l’atmosphère. C’est ainsi que Vénus est devenue une planète sèche. L’atmosphère très dense, riche en dioxyde de carbone, aurait largement réchauffé la planète, mais les volcans, dont certains seraient toujours en activité, la réchaufferaient eux aussi largement.

    Cette modélisation permettrait également de comprendre la rotation étrangement lente de la planète, où un jour dure plus longtemps qu’une année (Vénus met plus de temps à tourner sur elle même qu'à tourner autour du Soleil), et pourquoi elle tourne dans le sens inverse autour du soleil par rapport à la plupart des autres planètes.

    Pourquoi ce n’est pas arrivé à la Terre ?

    Nous l’avons compris, une collision de cette taille ne créé pas simplement des cratères plus ou moins importants sur la planète, mais modifie également son atmosphère. Soyez rassurés, des collisions de cette taille sont rares. Selon Cédric Gillman de l’équipe du Royal Observatory de Bruxelles, un impact de ce type ne serait pas survenu dans les moins de 3 milliards d’années. Il existe cependant de nombreuses preuves que la Terre ait subit un impact équivalent lorsqu’elle était encore jeune. Un objet de la taille de Mars serait entré en collision avec notre planète, et aurait ainsi taillé la Lune, notre satellite naturel.

    Pourtant, la Terre ne s’est pas transformée en planète chaotique comme Vénus, et ce pour plusieurs raisons. L’objet qui serait entré en collision serait bien plus gros : environ 6.500 kilomètres de diamètre. Un impact aussi important aurait alors complètement supprimé et remodelé la surface de notre planète, comme si elle avait été "réinitialisée". Sur Vénus en revanche, la croûte serait restée intacte, et une petite proportion seulement du manteau se serait échappé dans l'atmosphère.

    Cette nouvelle modélisation fondamentale permet de se rendre compte de l'état actuel de certaines planètes : un apport d'énergie moins grand que précédemment supposé suffit à emballer la machine climatique et géologique d'une planète.

    Source: www.rtl.fr - Auteur: Caroline Brenière


    15/03/16 - La mission russo-européenne ExoMars 2016 entame son voyage vers la planète rouge

    Baïkonour (Kazakhstan) - La mission russo-européenne ExoMars 2016, qui s'est séparée avec succès lundi soir du lanceur Proton, est désormais en route pour la planète rouge, à la surface de laquelle elle doit trouver des preuves potentielles d'activités biologiques.

    Cette mission, montée malgré les tensions persistantes entre l'Union européenne et la Russie et les sanctions réciproques qu'elles s'imposent, permet aux Européens de repartir à l'assaut de Mars après un premier succès en 2003 et aux Russes de concrétiser leur rêve de l'explorer un jour.

    Après avoir procédé quatre fois à la mise à feu de l'étage propulseur Breeze M afin d'atteindre la vitesse nécessaire pour s'élancer vers la planète rouge, la mission ExoMars s'en est séparée comme prévu, a annoncé l'Agence spatiale européenne (ESA).

    La séparation a eu lieu à 20H13 GMT, a précisé l'ESA dans un communiqué.

    A 21H29 GMT, la sonde, accompagnée de l'atterrisseur test nommé Schiaparelli, a pour la première fois émis "des signaux confirmant que le lancement s'est bien déroulé et que le véhicule spatial est en bon état", selon ce communiqué.

    La sonde "TGO est vivante et elle parle", s'est félicitée l'ESA sur Twitter.

    La mission ExoMars a décollé avec la fusée Proton à 09H31 GMT du cosmodrome de Baïkonour, dans les steppes du Kazakhstan.

    Un voyage de sept mois pour parcourir un trajet de 496 millions de kilomètres attend désormais la mission. A son terme, l'atterrisseur se séparera de la sonde le 16 octobre pour se poser sur la planète rouge trois jours plus tard.

    Après avoir largué l'atterrisseur, la sonde TGO entrera dans une orbite elliptique et ralentira très progressivement pour se placer sur une orbite circulaire à 400 km d'altitude.

    Ce "grand nez dans l'espace" devra alors rechercher des gaz à l'état de traces dans l'atmosphère de la planète, notamment ceux à base de carbone comme le méthane, qui intéresse les scientifiques car sur Terre, il est à 90% d'origine biologique. En outre, sa durée de vie est limitée.

    Sa détection par TGO pourrait donc constituer un éventuel indice de la présence actuelle d'une vie micro-organique sur Mars.

    La sonde analysera "s'il est d'origine biologique ou bien s'il est le résultat d'un processus géologique", avait expliqué Jorge Vago, responsable scientifique d'ExoMars pour l'ESA.

    Le module Schiaparelli, du nom d'un astronome italien du XIXe siècle, aura, quant à lui, pour fonction d'apprendre aux scientifiques comment se poser sur Mars. Pesant près de 600 kilos, il a la taille d'une petite voiture. Dépourvu de panneaux solaires, il ne "vivra" que deux à quatre jours.

    ExoMars 2018 en ligne de mire

    "Nous nous trouvons désormais à l'aube d'une nouvelle ère de l'exploration martienne", a déclaré dans un communiqué le directeur général de l'ESA, Jan Woerner, parlant d'un chemin "long et sinueux" avant de parvenir au lancement réussi d'ExoMars 2016.

    Dans un premier temps envisagée aux côtés des Américains, cette mission a finalement été mise au point en collaboration avec la Russie après la défection de la NASA pour raisons budgétaires en 2011.

    "La coopération (avec la Russie) continue : demain, nous explorerons ensemble la planète Mars", a promis M. Woerner.

    De fait, cette expédition doit être suivie d'une autre mission russo-européenne, ExoMars 2018, qui enverra un véhicule rechercher des traces de vie passée sur Mars en explorant notamment une zone où se trouvent des argiles très anciennes. Prévue pour 2018, elle pourrait toutefois être retardée.

    C'est la deuxième fois que l'Europe part à l'assaut de la planète rouge. En 2003, elle avait lancé Mars Express, qui a rempli sa mission scientifique.

    Mais le petit atterrisseur britannique Beagle 2 largué par Mars Express n'a jamais donné signe de vie. Il a été repéré, onze ans après à la surface de la planète rouge.

    Le président de l'Agence spatiale française, le Cnes, Jean-Yves Le Gall, a déclaré à l'AFP que le succès de lundi augurait "bien de la suite pour Exomars 2018".

    Héritière de l'Union soviétique qui avait envoyé le premier homme dans l'espace et le premier robot sur la Lune, la Russie cherche pour sa part à renouer avec de tels exploits malgré la crise économique et des revers cuisants ces dernières années.

    Les ambitions russes avaient tourné court dans un premier temps lorsqu'en 2011 la sonde Phobos-Grunt, première tentative russe d'exploration interplanétaire depuis l'échec en novembre 1996 de la sonde Mars 96, avait fini sa course dans l'océan Pacifique. Mais ExoMars a permis aux scientifiques russes de reprendre espoir.

    L'"Objectif Mars" avait également été le sujet d'expériences menées par l'astronaute américain Scott Kelly et le cosmonaute russe Mikhaïl Kornienko, de retour sur Terre le 2 mars après quasiment un an en orbite.

    Source: www.lepoint.fr avec l'AFP


    08/03/16 - Hubble a repéré la galaxie la plus lointaine jamais observée

    Le télescope de la NASA a enregistré des images de GN-z11. Cette galaxie se trouve à 13,4 milliards d'années lumières de la Terre.

    C'est une découverte record et presque inattendue que vient de faire le vieux télescope Hubble. En orbite basse autour de la terre depuis 1990, il vient d'être poussé dans ses limites par des chercheurs pour détecter et enregistrer les images de cette galaxie située à environ 13,4 milliards d'années lumières de notre Terre. L'appareil continue de surprendre après plus de 25 ans de services.

    Nommé GN-z11, cet amas d'étoiles apparaît donc tel qu'il était il y a 13,4 milliards d'années soit 400 millions d'années seulement après le Big Bang. "Nous avons fait un grand pas en arrière dans le temps, bien au-delà de ce que nous nous attendions à être en mesure de faire avec Hubble", a déclaré Pascal Oesch, chercheur de l’université de Yale qui a dirigé les opérations.

    L'équipe qui a fait cette découverte a eu des difficultés à estimer l'éloignement de cette galaxie mais a immédiatement été alertée par les résultats observés sur le télescope. Comme le rappelle Futura Sciences, l'Univers étant en expansion, les étoiles que nous observons semblent nous fuir et cela se caractérise par un décalage vers le rouge dans le spectre électro-magnétique capté sur les images de Hubble. Plus un élément est éloigné de la terre, plus il apparaît rouge sur les images. Lorsqu'on regarde les photos de GN-z11, c'est justement cette couleur qui saute aux yeux. Le décalage enregistré est largement supérieur au précédent record. Avec 11,1, cette nouvelle galaxie est beaucoup plus éloignée que EGSY8p7, vue en mai 2015 qui présentait un décalage de 8,68.

    Une petite galaxie très active

    GN-z11 est une galaxie beaucoup plus petite que notre voie lactée. En faisant appel au télescope Spitzer en complément d'Hubble, la Nasa estime que sa taille est 25 fois inférieure. En revanche, cette trouvaille est pleine de promesses puisque les chercheurs ont analysé qu'elle produisait vingt fois plus d'étoiles que notre galaxie avec 24 nouvelles venues par année.

    Les chercheurs sont d'ailleurs étonnés par le pouvoir de GN-z11 et cela ouvre le champ à de nouvelles explorations dans les années à venir. La mise en service du James Webb Space Telescope en 2018 permettra notamment d'aller plus loin dans l'analyse de ces constellations lointaines.

    Source + video: www.rtl.fr - Auteur: Nicolas Ledain


    Jeudi 03/03/16 - Mars aurait été complètement remodelée il y a 3 milliards d'années

    Un volcan très massif serait responsable d'une rotation du manteau de la planète autour de son noyau. Attention, découverte renversante !

    C'est une découverte qui devrait donner du grain à moudre aux missions martiennes pendant de longues années. Une équipe de chercheurs, majoritairement français, vient d'établir que Mars avait très probablement subi, il y a 3 à 3,5 milliards d'années, un grand basculement de nature à bouleverser à la fois sa géographie et son relief. De sorte que la planète, parcourue aujourd'hui par les robots Curiosity et Opportunity, n'aurait plus grand-chose à voir avec ce qu'elle était à l'époque où la vie pourrait y être apparue. En cause, un énorme édifice volcanique appelé dôme de Tharsis, correspondant aujourd'hui à un vaste plateau de 5 000 kilomètres de diamètre, 12 kilomètres d'épaisseur et… 1 milliard de milliards de tonnes !

    Lors de sa formation, ce volcan aurait fini par atteindre une masse tellement importante qu'elle aurait entraîné une rotation des enveloppes superficielles de Mars – croûte et manteau – autour de son noyau, jusqu'à trouver une nouvelle position d'équilibre. Autrement dit, si l'on s'attache, par exemple, à la localisation des pôles de la planète, ils ne correspondent aujourd'hui plus du tout à la même zone géographique qu'avant ce fameux basculement. Un peu comme si vous aviez fait pivoter la chair d'un abricot autour de son noyau.

    Des rivières étrangement situées

    Mais comment les chercheurs sont-ils parvenus à une telle conclusion ? C'est en observant la répartition, en apparence anarchique, des rivières martiennes que l'idée a fait son chemin dans l'esprit du planétologue Sylvain Bouley du laboratoire Géosciences Paris Sud, coauteur de l'étude sur le point de paraître dans la revue Nature. « Quand vous les placez sur un planisphère, elles ont l'air d'être dispersées un peu partout, mais, si vous remettez la carte en forme, elles se situent nettement dans une bande circulaire », explique ce spécialiste de la géomorphologie planétaire.

    Or, une bande circulaire pourrait faire sens si elle correspondait à certaines latitudes, et donc à un certain climat permettant la présence d'eau liquide à une période donnée. Sauf qu'aujourd'hui ce n'est absolument pas le cas, puisque, si bande circulaire il y a, elle n'est en rien parallèle à l'équateur.

    « En revanche, en redressant la planète de 20 à 25 degrés, on obtient des rivières correspondant grosso modo à la zone tropicale sud de Mars », note le chercheur. Cela n'aurait pu être qu'une vague intuition.
    Sauf qu'en calculant, de manière théorique, la position qui aurait été celle des pôles de Mars si le dôme de Tharsis n'avait pas existé (ou pas encore), dans une étude publiée en 2010, un chercheur de l'université de l'Arizona, Isamu Matsuyama, a obtenu exactement le même basculement. Et ce n'est pas tout, puisque ce décalage offre également une piste d'explication plausible à la présence, au nord de Tharsis, d'un réservoir de glaces de forme circulaire, perçue jusqu'ici comme une anomalie, mais dont la position correspond parfaitement à la zone où les chercheurs situent désormais l'ancien pôle nord de Mars.

    Une toute nouvelle carte de la Mars

    De là, Isamu Matsuyama a été associé aux travaux de l'équipe pour recalculer la forme de la planète telle qu'elle était avant ce basculement. Car la rotation d'une planète sur elle-même, autour d'un axe donné, à des effets considérables sur sa morphologie, sur ses reliefs. « Par exemple, on observe toujours un bourrelet, ayant une altitude plus élevée que celle des pôles, dans la zone équatoriale d'une planète », explique Sylvain Bouley. Résultat : d'un tel basculement découle immanquablement un nouveau visage de la planète rouge, celui de Mars l'ancienne, celle où l'eau a coulé, celle qui abritait des lacs, celle où la vie a eu le plus de chances d'exister.

    Voici ce à quoi devait ressembler la planète Mars il y a 4 milliards d'années, selon la nouvelle étude : une position différente des pôles, des précipitations sur une bande tropicale sud à l'origine des réseaux de rivières et des volcans actifs permettant au dôme de Tharsis de se développer et de faire basculer la surface de Mars après la fin de l'activité fluviale (survenue il y a environ 3,5 milliards d'années).

    Une carte de Mars à partir de laquelle il va désormais falloir apprendre à penser, d'autant que cette nouvelle topographie a bien évidemment d'importantes implications sur le climat primitif de la planète. « Actuellement, nous avons du mal à comprendre comment les températures à la surface de Mars ont pu être suffisamment élevées pour permettre l'existence de rivières et de lacs dont nous observons pourtant les traces », confie le planétologue François Forget. Or, à partir de la nouvelle carte martienne et des modèles climatiques du Laboratoire de météorologie dynamique auquel il appartient, le chercheur, également coauteur de cette étude à plusieurs facettes, a déjà pu constater que les précipitations se produisaient « assez précisément dans les régions où les rivières, aujourd'hui asséchées, prenaient autrefois leur source ». « De là à dire que le mystère est résolu », il y a un pas que François Forget ne franchira pas.

    Reste que la découverte d'un événement aussi déterminant dans l'histoire de Mars est susceptible de lever bien des obstacles à la compréhension d'une planète actuellement au cœur de toutes les attentions.

    Source: www.lepoint.fr/astronomie - Auteur: Chloé Durand-Parenti, journaliste sciences


    02/03/16 - La Voie lactée pourrait abriter un gigantesque accélérateur de particules

    Notre Voie lactée pourrait bien héberger un gigantesque accélérateur de particules, probablement sous la forme d'une énorme étoile, affirme l'astronome et astrophysicien belge Stijn Buitink de la Vrije Universiteit Brussel (VUB), parallèlement à un article qui paraît jeudi dans le magazine scientifique Nature.

    L'espace est un endroit dangereux où des éléments de tous ordres -depuis les particules élémentaires jusqu'aux comètes- circulent à grande vitesse, précise Stijn dans un communiqué de la VUB. Certaines de ces particules recèlent une énergie un million de fois plus importante que ce qui peut être créé dans les accélérateurs de particules les plus puissants sur Terre. Selon les théories actuelles, elles sont issues de sources lointaines et exotiques comme des trous noirs d'autres galaxies.

    Des chercheurs de la VUB et de l'université néerlandaise Radboud de Nimègue ont découvert que des particules possédant une énergie bien plus grande qu'imaginée sont également produites plus près de nous, au sein de notre Voie lactée.

    "Nous pensons qu'un accélérateur de particules très puissant existe dans notre galaxie, probablement sous la forme d'une énorme étoile", indique le professeur Buitink. Les particules produites par cet "instrument cosmique" se déplacent à travers l'univers à une vitesse proche de celle de la lumière jusqu'à ce qu'elles percutent telles une balle l'atmosphère terrestre. Elles explosent alors en une multitude de particules de plus petite taille. "L'interaction qui se produit avec le champ magnétique de la Terre provoque un flash d'ondes radio de très courte durée (quelques milliardièmes de seconde) mais très violent", ajoute Olaf Scholten, physicien à l'université de Groningen.

    Les quelque 20.000 antennes radio du radiotélescope européen LOFAR sont capables de mesurer très précisément ces flashs. Et on vient de parvenir pour la première fois, par le bais du signal radio, à remonter jusqu'au "producteur" de l'impulsion. "Nous pouvons désormais identifier le projectile", dit Heino Falcke de l'université Radboud de Nimègue. "Dans la plupart des cas, il s'agit de quelques protons ou d'un noyau d'atome très léger d'hydrogène ou d'hélium".

    Grâce au radiotélescope, il a été possible de déterminer très précisément pour la première fois la masse de ces particules, selon le Prof. Buitink. "Il semble qu'elles soient plus légères que ce qu'on pensait. Cela signifie qu'il existe probablement au sein de notre Voie lactée des sources bien plus puissantes que ce qu'on estimait qui donnent naissance à ces particules très chargées en énergie".

    Ces sources doivent, selon les scientifiques, être considérées comme de gigantesques accélérateurs cosmiques de particules, des millions de fois plus puissants que le Grand Collisionneur de hadrons (LHC) de Genève ou tout autre cyclotron terrestre qui pourrait être conçu. Ils se révèlent par ailleurs des objets idéaux pour la recherche en physique. "Ils nous arrivent spontanément de l'espace, il nous suffit de les saisir", dit encore Heino Falcke. "C'est amusant de se dire qu'il y a moyen de faire de la physique de particules avec une simple antenne radio FM !".

    Source: www.lalibre.be


    Vendredi 19/02/16 - Nasa: L’activité du Soleil pendant un an résumée dans une vidéo de 6 minutes

    La Nasa a publié une vidéo dans laquelle on peut observer l’activité du Soleil entre janvier 2015 et janvier 2016. Ce timelapse a été réalisé grâce à l’Observatoire Dynamique du Soleil (SDP) qui permet de mieux connaître notre astre.

    Le Soleil est essentiel pour la survie des humains et son activité est donc étudiée avec précision. La Nasa a dirigé une caméra pendant 12 mois et le résultat de cette enquête a été partagé dans une vidéo de six minutes.

    Dans une nouvelle vidéo, les scientifiques ont compilé toutes les observations réalisées pendant un an, donnant un aperçu saisissant de l’activité du Soleil. Les clichés utilisés pour la vidéo ont été capturés entre le 1er janvier 2015 et le 28 janvier 2016. Il faut dire aussi que l’ODS est capable de réaliser une photo toutes les 10 secondes avec une technologie capable d’enregistrer huit longueurs d’ondes différentes.

    Pendant un an, une photo du Soleil a été prise toutes les 12 secondes

    Pour des raisons que tout le monde comprend, la vidéo a été quelque peu accélérée, car sinon les images seraient très longues à regarder. La Nasa a compilé cette observation de 12 mois qui s’est déroulée du 1er janvier 2015 jusqu’au 28 janvier de cette année. Le procédé a été très simple puisque le Soleil a posé toutes les 12 secondes pour une nouvelle photo et cela durant toute l’année écoulée. Le résultat dépasse toutes les attentes et nous dévoile la splendeur de cette étoile indispensable, mais sa colère est aussi redoutée.

    Observer la surface de cette étoile pour prévenir les tempêtes

    Les plus chanceux sont ceux qui disposent d’une compatibilité avec la 4K, car les détails sont beaucoup plus nombreux. Par conséquent, il sera agréable de contempler la timelapse avec cette technologie, mais tout le monde ne bénéficie pas de cet équipement. Ceux qui se contenteront de la version HD en 720 seront toutefois quelque peu lésés dans cette affaire. La beauté du Soleil est toujours présente et l’objectif pour la Nasa reste le même : observer cette étoile et plus précisément sa surface. Le but de cette agence spatiale américaine se focalise sur l’activité du Soleil qui peut impacter la Terre et notamment les réseaux de satellites, car les tempêtes sont parfois dirigées vers la planète bleue.

    Une caméra compétente située à 35 000 km de la Terre
    Ainsi, en étudiant pendant un an cette étoile, les scientifiques espèrent en apprendre davantage sur son comportement et peut-être prévoir les tempêtes. Le spectacle est digne de ce nom puisque vous pouvez découvrir les mythiques explosions. Cette brillance incomparable a été capturée par le SDO qui se trouve à 35 000 kilomètres de la Terre. Son objectif s’articule autour de l’observation du Soleil et la caméra de ce satellite possède un réel avantage : elle a les capacités nécessaires pour enregistrer dix longueurs d’onde différentes pour chacune des photos. Les chercheurs peuvent par la suite lorsqu’ils retravaillent les images obtenir les gammes de températures.

    Source + vidéo: www.lesnewseco.fr/science-high-tech - Auteur: Michèle Lejeune


    18/02/16 - Météorites dans le Sud-Est de la France: "ça s'est désagrégé à cinq ou six mètres du sol"

    Dans le Gard, la Drôme, le Vaucluse, ou encore dans les Alpes, de nombreux habitants ont observé mercredi soir le passage d'une boule de feu dans le ciel.

    Mercredi, vers 18h20, de nombreux Isérois et Savoyards ont contacté les sapeurs-pompiers et les gendarmes, après avoir observé un phénomène lumineux très impressionnant. Une boule de feu, qui a traversé le ciel dans le sens nord-sud. La préfecture de l'Isère évoque une probable pluie de météorites.

    Raphaël rentrait de l'université au volant de sa voiture quand il a vu cette lumière. Il était sur l'autoroute du côté de Saint-Etienne. "J'étais en train de conduire, et d'un coup, ça a attiré mon attention, j'ai vu quelque chose s'illuminer dans le ciel", raconte-t-il au micro d'Europe 1. "C'était une lumière intense, de couleur vert fluo. Sur le coup, j'ai pensé que c'était un feu d'artifice, donc j'étais étonné et en fait, au lieu de monter dans le ciel, c'est plutôt descendu à l'horizon. Ça a duré une ou deux secondes. Puis j'ai réalisé après que ça devait être une météorite."

    Kevin, lui aussi, a vu le phénomène de très près, depuis le campus universitaire de Grenoble. "Ça ressemblait vraiment à une boule de feu qui tombait mais ça laissait une trace derrière, comme une étoile filante de couleur verte, et ça s'est désagrégé à cinq ou six mètres du sol. C'était à une dizaine de mètres de moi. Et elle est vraiment tombée de façon très directe, très droite. Ça faisait comme un feu d'artifice. Moi j'étais en cours, donc je l'ai aperçue par la fenêtre, et il n'y a que moi dans la classe qui ai vu cette boule de feu. Je me suis demandé si je l'avais inventé ou pas, parce que ce n'est pas tous les jours qu'on voit un truc comme ça, ou si c'était un simple feu d'artifice. C'était impressionnant à voir", témoigne-t-il.

    Le Dauphiné rapporte que trois impacts auraient touché le département de l'Isère. Un dans le Vercors, un autre dans le Grésivaudan et le dernier sur Gières. Aucune victime ni dégât ne semble à déplorer.

    Ces dix dernières années, quatre chutes de météorites ont officiellement été observées en France, dont deux l'an passé, à Châteauroux et en Mayenne.

    Source: www.europe1.fr/sciences


    Jeudi 11/02/16 - La détection des ondes gravitationnelles, un moment historique pour la science

    Einstein avait prédit leur existence il y a 100 ans...

    Il y a plus d’un milliard d’années, dans une galaxie très lointaine, deux gigantesques trous noirs ont fusionné. Cette collision cosmique a secoué le tissu de l’espace-temps, dissipant l’énergie de trois soleils sous forme d’ondes gravitationnelles envoyées aux confins de l’univers à la vitesse de la lumière. Le 14 septembre dernier, elles sont arrivées jusqu’à la Terre. « Ladies et gentlemen, nous avons détecté pour la premières fois des ondes gravitationnelles », a annoncé, mercredi, David Reitze, directeur exécutif du laboratoire Ligo (Laser Interferometer Gravitational Wave Observatory). Il peut avoir le sourire : cette observation confirme l’hypothèse avancée par Einstein dans sa théorie de la relativité générale, il y a 100 ans.

    Des vibrations de la taille d’un cheveu entre deux étoiles

    Tout autour de nous, sous l’action de ces ondes gravitationnelles, l’espace-temps se compresse et s’étend à chaque instant comme un drap élastique, un peu comme un trampoline sur laquelle on lâcherait une bille. Ces vibrations se propagent comme les ondulations provoquées par un caillou jeté à la surface d’un lac, avec une amplitude qui diminue avec la distance. En arrivant sur Terre, elles sont infiniment petites, de l’ordre de 10 (-21) mètres. C’est moins que la taille du noyau d’un atome. A l’échelle de la distance entre le Soleil et notre étoile voisine, Proxima du Centaure, cela représenterait un cheveu.

    Le même résultat à 3.000 km de distance

    Comment peut-on mesurer des vibrations aussi infimes ? Le Ligo repose sur deux installations identiques en Louisiane et dans l’Etat de Washington. Un laser est séparé dans deux tunnels perpendiculaires de quatre kilomètres de long. Les rayons rebondissent sur des miroirs et repartent en sens inverse. Parce que la distance est identique, ils se rejoignent au même point et se neutralisent : les instruments ne mesurent rien.

    En revanche, quand une onde gravitationnelle se propage, elle compresse l’espace-temps dans un sens, et l’étend dans l’autre : la distance entre les miroirs change et un rayon revient avant l’autre. C’est ce décalage qui a été mesuré, au même moment, avec la même intensité, à plus de 3.000 km de distance. Parce que les instruments bénéficient d’une isolation sismique totale et que les lasers circulent dans un vide presque absolu, les chercheurs sont certains qu’il s’agit de l’effet d’une onde gravitationnelle et pas d’un camion qui passait dans le coin.

    Cette onde a été convertie en son. On peut donc « écouter » l’écho de la collision entre deux trous noirs.

    De nouvelles lunettes pour observer l’univers

    Jusqu’à présent, l’astronomie reposait « sur l’observation des ondes électromagnétiques (lumière, ondes radio, rayons X) », rappelle le CNRS. La détection des ondes gravitationnelles « marque la naissance d’un domaine de l’astrophysique entièrement nouveau, comparable au moment où Galilée a pointé pour la première fois son télescope vers le ciel » au XVIIe siècle, s’est enthousiasmée France Cordova, directrice de la Fondation nationale américaine des sciences.

    Certains phénomènes et de nombreux objets étaient jusqu’à présent invisibles. Mais grâce aux ondes gravitationnelles, on a pu observer directement la fusion de deux trous noirs pour la première fois. Ce n’est que le début. Des instruments similaires au Ligo vont être mis en service en Italie et au Japon. A terme, d’autres seront déployés dans l’espace. Selon David Reitze, cela permettra de « remonter dans le temps en observant les confins de l’univers ».

    Source illustrée + video: www.20minutes.fr/sciences - Auteur: Philippe Berry


    09/02/16 - Un astéroïde attendu pour le 5 mars

    Ce petit rocher de 30 mètres de diamètre ne risque pas d’entrer en collision avec la Terre mais une incertitude demeure pour son futur passage en septembre 2017.

    2013 TX68. C’est le nom de cet astéroïde découvert en 2013, lorsqu’il était passé à une distance confortable de la Terre (2 millions de km) le 6 octobre de cette même année. Pour sa nouvelle visite, les spécialistes de la Nasa estiment qu’il n’y a aucun risque de collision même si sa future trajectoire est très difficile à déterminer en raison du manque d’observations.


    Une large gamme de trajectoires

    Effectivement, les astronomes ont du mal à cerner l’itinéraire de 2013 TX68 qui pourrait frôler la Terre à seulement 17 000 kilomètres, soit bien au-dessous de l’orbite géosynchrone où sont positionnés les satellites de télécommunication à 36 000 kilomètres d’altitude. Mais l’astéroïde pourrait tout aussi passer bien plus loin jusqu’à 14 millions de kilomètres de notre planète. Une très grande incertitude donc, due au fait que les astronomes ont eu un créneau de temps trop court pour l’observer lors de sa découverte. C’est pourquoi, ils envisagent tout de même un risque de collision avec la Terre, pas pour ce prochain passage en mars 2016 mais pour celui d’après, prévu le 28 septembre 2017. Un risque minime toutefois puisque la probabilité d’un impact est pour le moment de 1 sur 250 millions et ce chiffre sera réévalué après le 5 mars et de meilleures observations. « Les probabilités de collision sont beaucoup trop faibles pour être une préoccupation réelle. Et je compte bien sur les prochaines observations pour les réduire encore », affirme ainsi Paul Chodas, du Centre de la Nasa pour les NEO (Near-Earth Object) chargé de surveiller les dangers venant du ciel.

    TCHELIABINSK. Même si 2013 TX68 venait un jour à emprunter une orbite d’interception avec la Terre, les risques liés à cet astéroïde sont minimes. Vu sa taille, une trentaine de mètres de diamètre, il sera probablement désintégré lors de sa rentrée atmosphérique. Ce qui donnerait alors lieu à une pluie de météorites (formés par le reliquat de sa désintégration) comme celle qu’a pu connaître la ville russe de Tcheliabinsk en 2013, lorsqu’un astéroïde de 20 mètres de diamètre s’est vaporisé au-dessus de l’Oural. L’événement avait quand même provoqué quelques dégâts et fait près de 2.000 blessés. Avec 10 mètres de diamètre supplémentaire, le souffle provoqué par 2013 TX68 serait deux fois plus important, mais la Terre étant recouverte à 70 % d’océan, il y a de fortes chance qu’un tel événement se produise au-dessus des eaux.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/espace - Auteur: Joël Ignasse


    03/02/16 - La Lune, un endroit "intéressant" pour l'exploitation minière, selon l'Agence spatiale européenne

    Paris (AFP) - La Lune pourrait être un endroit "intéressant" pour une exploitation minière privée des ressources de l'espace, a déclaré mercredi à l'AFP Jan Wörner, le directeur général de l'Agence spatiale européenne (ESA).

    Il réagissait au lancement par le Luxembourg d'une initiative destinée à inciter les entreprises à se lancer dans l'aventure de l'exploitation des ressources naturelles de l'espace, notamment des astéroïdes.

    "Cela fait un moment que l'idée d'aller dans le système solaire pour réaliser des forages miniers est sur la table", a déclaré M. Wörner. "Jusqu'à présent, les coûts étaient trop élevés pour développer une activité commerciale".

    "Mais si à présent des compagnies privées sont intéressées à le faire, très bien", a-t-il dit.

    "C'est logique. Mais nous ne dépenserons pas d'argent public pour cela", a-t-il indiqué.

    "Si le Luxembourg, qui est membre de l'ESA, veut soutenir ces entreprises, c'est bien. Et nous verrons comment nous pouvons unir nos forces".

    "Je suis sûr que la Lune pourrait être un endroit intéressant" pour ce type d'activités privées, a-t-il dit, même si le projet luxembourgeois évoque surtout les astéroïdes.

    Depuis sa prise de fonction en juillet, Jan Wörner promeut l'idée d'un "village lunaire" multinational. Il pourrait comprendre des activités d'exploration minière menées par des compagnies privées.

    "Ces dernières années, des entreprises m'ont demandé mon avis sur les possibilités d'avoir des activités minières" dans l'espace. "Je leur ai répondu que c'était une bonne idée mais que ramener des minerais sur Terre allait prendre du temps car c'est trop cher actuellement".

    En revanche, utiliser des matériaux du système solaire pour ravitailler les missions spatiales lointaines ou être capable de bâtir des structures sur la Lune n'est "pas si lointain", estime-t-il.

    Pour Jan Wörner, "la science-fiction finit souvent par devenir vraie. C'est juste la prochaine étape".

    Source: www.sciencesetavenir.fr/sciences avec l'AFP


    03/02/16 - Ressources minières des astéroïdes: la chasse est ouverte

    Paris - La chasse aux ressources minières de l'espace, notamment des astéroïdes, ne relève plus de la science fiction: après les Etats-Unis, le Luxembourg a lancé mercredi une initiative pour inciter les entreprises à se lancer dans l'aventure.

    Premier pays européen à s'engager sur cette voie, le Luxembourg veut attirer sur son territoire des investisseurs et des compagnies en créant un "cadre réglementaire et juridique" favorable.

    Ce projet, présenté à la presse par le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie Etienne Schneider, intervient deux mois après la signature par le président américain Barack Obama d'une loi autorisant l'usage commercial des importantes richesses minières se trouvant sur les astéroïdes et la Lune.

    Le "Space Act" prévoit que tout matériau trouvé par un Américain ou une entreprise américaine sur le satellite naturel de la Terre ou sur ces corps célestes lui appartiendra.

    "Le Luxembourg veut lui aussi offrir un cadre réglementaire et juridique pour préparer l'exploitation de l'espace" et notamment des astéroïdes, a expliqué à l'AFP Jean-Jacques Dordain, ancien directeur général de l'Agence spatiale européenne (ESA), devenu conseiller du gouvernement luxembourgeois sur ce dossier.

    Les entreprises privées qui s'installeront au Luxembourg pour se lancer dans ce domaine seront assurées "de leurs droits" sur les ressources qu'elles extrairont des astéroïdes, par exemple des minerais rares, assure le ministère.

    Le Luxembourg, qui a fait ses preuves dans l'espace avec la réussite de son opérateur satellitaire SES, investira lui-même dans certains projets de recherche et développement. Il envisage aussi de prendre des participations directes dans le capital de certaines compagnies qui s'engageront dans des activités préparant cette exploitation.

    Le budget alloué à cette initiative, baptisée spaceresources.lu, n'a pas encore été fixé.

    Il y a plus d'un siècle, dans "La chasse au météore", l'écrivain français Jules Verne avait déjà raconté la rivalité d'astronomes pour s'approprier un météore riche en or, en train de tomber sur la Terre.

    "Du très long terme"

    La Nasa, l'agence spatiale américaine, a identifié 1.500 astéroïdes facilement accessibles.

    "Les bases" de la conquête des ressources des astéroïdes sont déjà là, même si des projets technologiques restent à accomplir, souligne M. Dordain.

    "On trouve sur les astéroïdes tous les minerais qu'on trouve sur Terre", ajoute-t-il.

    Il s'agira de récupérer des métaux rares (platine etc.). Mais aussi d'exploiter l'eau contenue sous forme de glace afin de réapprovisionner les engins spatiaux en eau et en carburant via l'hydrogène, pour permettre les missions lointaines.

    La tâche est immense. Cela demandera d'atterrir sur ces corps célestes - une technologie que l'Homme maîtrise déjà.

    Il faudrait aussi pouvoir rediriger les astéroïdes vers d'autres orbites pour favoriser l'extraction des ressources, indique M. Dordain. La Nasa travaille déjà sur cette technologie afin de parer aux dangers que représentent ces corps célestes pour la Terre ou les engins spatiaux.

    Pour les forages miniers, l'idée serait de s'appuyer sur le savoir-faire des entreprises dont c'est le métier sur Terre.

    Il faudra ensuite transformer les matériaux sur les astéroïdes. Et en renvoyer une partie sur Terre.

    "Je suis sûr que la Lune pourrait être un endroit intéressant" pour ce type d'activités minières privées, a déclaré à l'AFP Jan Wörner, le directeur général de l'ESA.Depuis sa prise de fonction en juillet, il promeut activement l'idée d'un "village lunaire" multinational.

    "La Lune n'est pas exclue de cette quête", a précisé M. Dordain.

    L'initiative du Luxembourg "démontre que les Européens savent innover et sont capables de prendre des risques quand les enjeux sont importants", estime-t-il.

    "Le Luxembourg montre un peu la voie. Mais il faudra du temps pour que cela se concrétise. C'est du très long terme", tempère un important acteur européen du spatial.

    La société américaine Planetary Resources, qui développe des techniques pour exploiter les ressources minières des astéroïdes, dit avoir "hâte de travailler" avec le Luxembourg, selon le ministère.

    Sa concurrente, la société américaine Deep Space Industries, serait aussi intéressée, selon lui.

    Ceux qui s'engageront prendront des "risques", a reconnu M. Dordain. "Mais ce sont ceux qui investiront le plus tôt qui auront les plus grandes chances d'avoir un retour" favorable.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/sciences avec l’AFP


    29/01/16 - Un nouvel indice éclaire la formation de la Lune

    De nouvelles analyses révèlent que la collision qui a donné naissance à la Lune a entraîné un large mélange des matériaux constituant la Terre et son satellite.

    La Lune s’est formée suite à une formidable collision entre la Terre et un corps de la taille de Mars, baptisée Théia, 95 millions d’années après la formation du système solaire. Soit il y a environ 4,5 milliards d’années. Ce scénario longtemps contesté a finalement remporté l’adhésion des astronomes ces dernières années avec la découverte que l'eau de la Terre et de son satellite avait la même origine et que la composition en certains éléments comme le zinc était compatible avec cette théorie dite de l'impact géant.

    Dans le choc, Théia a été complètement vaporisée de même qu’une grande partie de la croute terrestre. Toute cette matière a été éjectée dans l’espace, une partie est retombée sur Terre et l’autre s’est agrégée pour former la Lune. Les astronomes s’interrogent toujours sur la façon dont le matériel terrestre et celui de Théia ont été mélangés et en quelles proportions. De nouvelles analyses effectuées sur les échantillons lunaires ramenés au cours des missions Apollo apportent un début de réponse.

    Un échange important

    Une équipe d‘astronomes, dont des membres du CNRS, dirigés par des chercheurs de l’université de Californie-Los Angeles, ont réétudié des roches lunaires récoltées lors des missions Apollo 12, 15 et 17 et une météorite lunaire. Ils ont mesuré le taux d’un isotope de l’oxygène et l’ont comparé au taux trouvé sur Terre. Dans le système solaire, chaque planète présente une signature isotopique différente, contrainte en partie par sa taille. Or les résultats, publiés dans la revue Science, indiquent une composition presque identique en oxygène 17 dans les roches lunaires et terrestres.

    Une exception dans le système solaire qui confirme d’abord et une nouvelle fois que la théorie de l’impact géant est conforme et surtout que dans la collision, les matériaux terrestres et Théia se sont fortement mélangés. Ils permettent aussi d’affiner le portrait robot de Théia : un planétésimal de la taille de Mars donc qui contenait beaucoup d’oxygène 17 composant des molécules d'eau. Celle-ci était présente sous forme de glace ou piégée dans des minéraux fortement aqueux. Impossible pour le moment de trancher ni de déterminer quel pourcentage de Théia compose aujourd’hui la Lune même si on a, il y a peu de temps, repéré un soupçon de Théia dans les échantillons lunaires.

    Sans l'influence stabilisatrice de la Lune qui orbite autour de notre planète, la Terre serait en effet bien différente et moins propice à l'épanouissement de l'humanité. Elle tournerait plus rapidement, les jours seraient plus courts, le climat plus marqué et changeant, estiment les scientifiques.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/espace - Auteur: Joël Ignasse


    22/01/16 - Cinq choses à savoir sur la nouvelle « neuvième planète »

    La recherche d’un monde lointain, situé au-delà de Pluton, et appelé « planète X », ne date pas d’hier. Depuis plusieurs décennies, cette planète fantôme a fait l’objet de nombreuses études et recherches plus ou moins sérieuses.

    Celle présentée par Mike Brown et Konstantin Batygin, chercheurs au California Institute of Technology (Caltech), est la plus solide démonstration faite en ce sens.

    1. Ce n’est pas encore une « découverte »

    Contrairement à ce que l’on peut lire dans plusieurs publications s’enthousiasmant sur le sujet, l’étude des astronomes américains ne peut pas vraiment être qualifiée de découverte car personne n’a observé cette neuvième planète, ni apporté la preuve de son existence.

    Les travaux de Brown et Batygin reposent essentiellement sur une démonstration mathématique. Depuis les années 1990 et l’avènement des très grands télescopes, les astronomes ont découvert plusieurs petites planètes bien au-delà de l’orbite de Pluton, telles Sedna ou Eris, découvertes en 2003. Chose curieuse : à mesure que l’on observait ces planètes naines, on remarqua qu’elles décrivaient des orbites similaires, très allongées, en forme d’ovale (qu’on qualifie d’elliptiques).

    Ces orbites partagent également à peu près le même plan, c’est-à-dire qu’elles sont toutes comprises dans un plan incliné, ce qui a étonné les astronomes. La probabilité pour que ces corps partagent naturellement des orbites à ce point similaires est extrêmement faible (environ 0,007 %).

    La présence d’une planète à proximité permet d’expliquer la similarité de ces orbites : un corps suffisamment massif peut en effet avoir une forte influence gravitationnelle sur ces planètes naines. Pour le vérifier, M. Brown et M. Batygin ont calculé quelles devaient être la masse et l’orbite de cette planète pour correspondre aux observations faites depuis plusieurs années.

    Ce genre de calculs n’a rien de nouveau : c’est en effet de cette façon que Neptune a été découverte en 1846. Remarquant des anomalies dans l’orbite d’Uranus, le mathématicien et astronome français Urbain Le Verrier déduisit que ses mouvements pouvaient être causés par une huitième planète plus lointaine. Il calcula précisément la masse et la position de la planète en question, permettant à Johann Galle, un confrère allemand, d’observer pour la première fois le bleu éclatant de Neptune quelques jours après la publication de ses résultats.

    Si cette neuvième planète existe, la repérer sera probablement long et difficile pour plusieurs raisons. La distance la séparant du soleil est si grande (entre 30 et 180 milliards de kilomètres, soit entre 6 et 40 fois la distance Neptune-Soleil) qu’elle ne réfléchirait que très peu de lumière.

    2. Ce n’est pas une planète rocheuse

    La planète X a souvent été représentée et imaginée comme une planète rocheuse, à l’instar de la Terre. Pourtant, s’il s’avère que la neuvième planète décrite par M. Brown et M. Batygin existe bel et bien, elle sera gazeuse. Aucune chance d’y atterrir, donc.

    La « neuvième planète » comparée à la Terre, si elle faisait trois fois le diamètre de notre planète.
    La « neuvième planète » comparée à la Terre, si elle faisait trois fois le diamètre de notre planète.

    Pourquoi ? Parce que cette planète a une masse 10 fois plus importante que celle de la Terre. Elle devrait avoir un diamètre de deux à quatre fois supérieur à celui de notre planète bleue. Avec une telle taille, il est

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