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INFO ENVIRONNEMENT
Développement durable
Les thèmes abordés ici sont l'environnement, l'écologie et le développement durable. Les articles sont classés chronologiquement.

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    29/04/18 - Australie: un demi milliard de dollars pour restaurer la Grande barrière de corail

    Photo NASA: Grande barrière de corail

    Le pays a promis de débloquer un demi milliard de dollars australiens pour sauver la Grande barrière de corail, joyau du patrimoine de l'humanité menacé par le changement climatique.

    La Grande barrière de corail s'étend sur environ 348.000 kilomètres carrés le long de la côte australienne et constitue le plus vaste ensemble corallien du monde. Le célèbre récif a subi de graves épisodes de blanchissement du fait des hausses de la température de l'eau.

    L'Australie a décidé de prendre les choses en mains en promettant dimanche 29 avril de débloquer un demi milliard de dollars australiens (312 millions d'euros) pour le restaurer et le protéger la Grande barrière de corail.

    Le blanchissement est un phénomène de dépérissement qui se traduit par une décoloration des coraux. Sous la pression de facteurs comme le réchauffement, les coraux stressés expulsent les algues avec lesquelles ils ont une relation symbiotique, et qui leur donnent couleur et énergie. Les récifs sont également menacés par les activités industrielles et agricoles, ainsi que par l'acanthaster pourpre, une étoile de mer invasive dévoreuse de coraux.

    La Grande barrière attire des millions de touristes et injecte 6,4 milliards de dollars par an dans l'économie nationale. Le Premier ministre australien Malcolm Turnbull a déclaré que la somme serait débloquée pour améliorer la qualité de l'eau, lutter contre les prédateurs et renforcer les mesures de restauration. "Il s'agit de l'investissement d'un seul tenant le plus important, destiné à protéger le récif, assurer sa viabilité et les 64.000 emplois qui en dépendent", a-t-il déclaré.

    Il a expliqué, sans autre précision, qu'une partie des fonds servirait à lutter contre le changement climatique. "Nous voulons assurer l'avenir du récif pour le bénéfice de tous les Australiens, particulièrement ceux qui gagnent leur vie avec" le site, a ajouté Malcolm Turnbull.

    Canberra, qui avait déjà promis en janvier de consacrer deux millions de dollars australiens à la protection du site sur les dix prochaines années, essuie les foudres des écologistes pour avoir donné son feu à un projet de mine géante du groupe indien Adani à proximité. Du fait de sa dépendance à l'énergie fossile et de sa faible population, l'Australie est considérée comme l'un des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre par habitant de la planète.

    Source: www.rtl.fr - Rédaction: Martin Planques avec l'AFP


    29/04/18 - Golfe d’Oman: Les chercheurs découvrent une «zone morte» plus grande que l’Écosse dans l’océan

    Un « désastre » pire que ce que prévoyaient les modèles climatiques. Des chercheurs ont découvert dans le Golfe d’Oman une « zone morte » plus grande que l’Ecosse.

    Le faible niveau d’oxygène y empêcherait le développement de la vie marine. « Jusqu’à maintenant, personne ne savait à quel point la situation était mauvaise parce que la piraterie et les conflits dans la zone empêchaient de recueillir des données », explique Bastien Queste, coauteur d’une étude sur le sujet publiée ce vendredi dans la revue Geophysical Research Letters.

    Un désastre écologique sous-estimé par les prédictions
    « Nos recherches montrent que la situation est pire que ce qu’on craignait, et que la zone morte est grande et continue à s’étendre, poursuit le chercheur dans un communiqué. L’océan suffoque ».

    Pour évaluer la situation dans le golfe d’Oman, l’équipe de chercheurs y a envoyé pendant huit mois des robots sous-marins capables de plonger jusqu’à un kilomètre de profondeur et couvrir des milliers de kilomètres. Par manque d’échantillons, les modèles climatologiques ne reflètent pas cette situation, « surestimant les concentrations d’oxygène et probablement sous-estimant la dénitrification » (perte en azote), note l’étude.

    Asphyxie des fonds marins

    Les zones mortes ou hypoxiques sont des régions océaniques où le taux d’oxygène est très faible, provoquant l’asphyxie de la flore et de la faune marines. Elles se développent naturellement dans certaines régions du monde, mais sont aggravées par le réchauffement des océans – l’eau plus chaude contenant moins d’oxygène – et par les engrais et les eaux usées qui s’y déversent.

    En l’absence d’oxygène, le cycle de l’azote, dont se nourrissent les plantes, est en effet également modifié : « du protoxyde d’azote, un gaz à effet de serre 300 fois plus puissant que le CO2, est produit », explique Bastien Queste.

    Source: www.20minutes.fr/planete


    27/04/18 - Environnement: les métaux rares et la face cachée de la transition énergétique et numérique

    L'enquête de 6 ans de Guillaume Pitron sur les métaux rares démontre l'impasse dans laquelle s'engouffrent aveuglément les politiques de transition énergétique et d'innovations numériques. Voitures électriques, écrans tactiles, éoliennes, panneaux photovoltaiques : ces technologies sont encore moins soutenables que celles du vieux monde du "tout pétrole", alors que presque aucun responsable politique ne semble concerné par le sujet. Eclairage.

    Guillaume Pitron est devenu un spécialiste des métaux - ou terres - dits rares, indispensables aux technologies modernes, dont les technonologies "vertes". Le journaliste a passé six années à enquêter partout dans le monde et particulièrement en Chine. Interrogé sur TV5MONDE, l'auteur de l'ouvrage "La face cachée de la transition énergétique et numérique" déclarait que les métaux rares étaient devenus le socle du nouveau monde en train de se créer, après le charbon et le pétrole :

    Les métaux rares sont présents de partout dans la croûte terrestre mais en quantité infinitésimale et possèdent des propriétés catalytiques, électroniques, optiques, uniques : des sortes de "supers pouvoirs" qui les rendent indispensables dans toutes les technologies modernes. Sans ces métaux rares, le quotidien actuel n'est plus envisageable, tout comme les technologies vertes, vendues comme "renouvelables" et "propres". L'indium, par exemple, permet de rendre les écrans tactiles, que tout le monde utilise aujourd'hui. S'il n'y avait plus de terres rares, le recul technologique serait immense : nous reviendrons en gros aux années 70.

    Une production à plus de 80% chinoise très gourmande en énergie… et dévastatrice

    Le journaliste Guillaume Pitron explique que plus de 80% des métaux rares sont extraits en Chine (jusqu'à 95% pour certains), mais que ce monopole unique en son genre n'est pas dû à un manque de ressources ailleurs dans le monde. La France a d'ailleurs commencé à extraire de son sous-sol des métaux rares dans les années 80 mais a stoppé cette production assez vite : le coût financier et environnemental était trop élevé. La Chine dès le début des années 90 a donc pris en charge cette exploitation minière et n'a pas cessé depuis. Au point qu'aujourd'hui, la dépendance mondiale envers la Chine pour ces matériaux — indispensables à la modernité — est quasi totale.

    Pour parvenir à récupérer des quantités très faibles de ces minéraux il faut extraire des quantités de terre et de roche colossales. L'exemple du lutécium donné par Guillaume Pitron ce vendredi 27 avril 2018 sur France Culture, permet de mieux comprendre la problématique : pour obtenir 1 Kilo de lutécium, il faut extraire 1200 tonnes de roche ! De la même manière, pour les dernières générations d'éoliennes off-shore il faut au moins… 600 kilos de néodym, un minerai aux propriétés magnétiques décuplées : énergie verte ?

    Le plus souvent la technique pour récupérer les métaux rares consiste à décaper le sol et ses végétaux afin d'atteindre les minerais. Une fois l'excavation effectuée, il faut broyer en fine poudre les roches et séparer les éléments. Le plus souvent cette opération est faite avec des acides puissants ou autres substances chimiques qui s'infiltrent dans les sols jusqu’aux cours d'eau et polluent les nappes phréatiques. Vient ensuite l'opération de raffinage qui produit des poussières métalliques chargées de radioactivité. Les taux de cancers des habitants vivant près des mines à ciel ouvert d'excavation de terres rares sont excessivement élevés. La Chine paye au prix fort cette manne économique, ce qui fait dire à Guillaume Pitron que "Pekin est le grand perdant écologique, mais le grand gagnant économique avec les métaux rares". On pourrait ajouter sanitaire, en sacrifiant une partie de sa population. Comme en RDC dans les mines de Cobalt pour produire des téléphones mobiles et des batteries de véhicules électriques.

    Energie pas verte et dépendance unique

    Les accords de la Cop21 incitent à développer les "énergies vertes" et des véhicules "propres" afin de lutter contre le réchauffement climatique anthropique par les émissions de gaz à effets de serre. Cette orientation, si elle peut sembler parfaitement sensée au premier abord — puisque les panneaux photovoltaiques ou les éoliennes et véhicules électriques n'émettent pas de C02 lorsqu'ils sont en fonctionnement — fait totalement l'impasse sur le coût environnemental de leur production. Que ce soit en terme de pollution des sols, de l'eau et des rejets des gaz à effet de serre des engins excavateurs, la production des énergies dites "vertes", avec ses mines de terres rares, est pire que celle du pétrole.

    Une composante centrale d'ordre géopolitique et économique vient en plus alourdir la facture : la Chine vend de moins en moins de métaux rares au reste du monde et peut décider à tout moment de ralentir encore ses exportations ou les couper, jusqu'à asphixier les pays en pleine transition énergétique… et numérique. Ou les rendre dépendants de la production technologique chisnoise ? La dépendance des pays importateurs envers les métaux rares avec la Chine est en réalité cent fois plus importante que celle au pétrole avec l'OPEP, et ces métaux s'épuisent : comment espérer basculer le monde vers le tout numérique et les énergies dites "renouvelables" dans ces conditions ? Le journaliste ne croit pas que cela soit possible, puisque pour lui, la limite commence déjà à être atteinte. La seule solution, puisque le retour en arrière — sans ces métaux et les technologies qui s'appuient dessus — semble difficilement envisageable, est un changement dans le modèle économique, ce que le journaliste résume par la sentence suivante : "Si nous n'allons pas vers une consommation sobre, nous continuerons indéfiniment de déplacer le problème".

    Et le problème risque d'être rapidement insoluble…

    Source: information.tv5monde.com - Rédaction: Pascal Hérard


    26/04/18 - Des milliers d’îles bientôt à court d’eau douce

    La hausse du niveau des océans pourrait rendre des milliers d’atolls inhabitables dans les prochaines décennies. Ce phénomène climatique risque de causer des dommages importants sur les infrastructures et de dégrader les sources d’eau potable. Les atolls du Pacifique, des Seychelles et des Maldives seraient les premiers touchés.

    Mauvaise nouvelle pour les atolls des eaux paradisiaques. Ces îles coralliennes pourraient devenir inhabitables avant le milieu du XXIe siècle, selon une nouvelle étude publiée le 25 avril dans la revue Science Advances.

    Pour arriver à ce constat, une équipe de scientifiques a étudié le cas des îles Marshall, un archipel situé en Océanie. Ils en ont déduit que la hausse du niveau de l’eau pourrait endommager les infrastructures terrestres des atolls du Pacifique et de l’océan Indien, mais aussi provoquer des inondations détériorant ainsi les sources d’eau potable de ces îles. Un phénomène qui menace directement les populations locales.

    « Le point de non-retour où les sources d’eau potable seront inutilisables dans la majorité des atolls de la planète sera atteint avant 2050 », avance Curt Storlazzi, géologue à Institut d’études géologiques des États-Unis (United States Geological Survey) et auteur principal de cette étude.

    De novembre 2013 à mai 2015, des chercheurs de l’USGS et de divers organismes ont travaillé sur l’île du Roi-Namur et sur l’atoll de Kwajalein dans les Marshall. Ils ont utilisé différents scénarios de bouleversement climatique pour étudier les conséquences d’une hausse du niveau de la mer sur les infrastructures et les ressources en eau douce. Ces scientifiques expliquent que les conclusions tirées peuvent être projetées sur les autres atolls de la planète, dont la plupart possèdent une structure et une morphologie similaire.

    Un équilibre précaire

    Pour les populations vivant dans les atolls, la pluie est la principale source d’eau potable. En imprégnant le sol, les précipitations forment une « lentille d’eau douce », un phénomène résultant d’un équilibre entre les eaux de pluie et les eaux salées plus denses d’origine marine. Avec la hausse du niveau des mers, les inondations et les vagues pourraient donc contaminer ces sources d’eau douces.

    « De telles informations doivent servir à concentrer les efforts pour réduire les risques et faire croître la résilience des populations vivant dans les atolls », poursuit Curt Storlazzi.

    Les îles Marshall sont constituées d’environ 1 100 îles à basse altitude réparties dans 30 atolls, où vivent plus de 70 000 habitants (2014). Hilda Heine, actuelle présidente de la République des îles Marshall, a expliqué que cette étude révèle « la gravité de la situation » à laquelle fait face son pays. « C’est un scénario très inquiétant pour nous. »

    Ces recherches étaient par ailleurs soutenues par le Pentagone (département de la Défense américain), les États-Unis possédant une base militaire répartie sur plusieurs îles des Marshall, appelée « site d’essai balistique Ronald Reagan ».

    Les îles Caroline, les îles Cook, les îles Gilbert, les îles de la Ligne, l’archipel de la Société, les îles Spratleys, les îles hawaïennes du Nord-Ouest, les Maldives et les Seychelles sont aussi concernées par les conclusions de cette étude.

    Source illustrée: www.ouest-france.fr/leditiondusoir - Rédaction: Valentin Davodeau


    26/04/18 - La Chine renforcera la lutte contre la pollution de l'air dans les régions clés

    La Chine compte adopter davantage de mesures contre la pollution atmosphérique dans des régions telles que la région Beijing-Tianjin-Hebei, le Delta du fleuve Yangtsé et la plaine Fenhe-Weihe.

    Dans son rapport sur l'environnement soumis à la session bimestrielle du Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale, Li Ganjie, ministre de l'Ecologie et de l'Environnement, a déclaré que la qualité de l'air s'était améliorée dans de nombreuses régions en 2017 et qu'il ne devait avoir aucun relâchement dans ce travail en 2018.

    D'après ce rapport, la Chine a atteint la plupart des objectifs en matière de protection de l'environnement en 2017.

    Le taux des jours avec une bonne qualité de l'air s'est établi à 78% en 2017, et la densité des principaux polluants, dont les PM 2,5 et les PM 10, a considérablement reculé, indique ce rapport.

    Le rapport reconnaît pourtant que la pollution est restée grave dans certains provinces, dont le Hebei, le Shanxi et le Shandong.

    Source: Agence de presse Xinhua


    24/04/18 - Deux chercheurs dijonnais résolvent une partie du mystère de l'ozone

    Deux enseignants-chercheurs du laboratoire Interdisciplinaire Carnot de Bourgogne, rattaché au CNRS, à l'uB et à UBFC, ont vu leurs travaux publiés dans la revue scientifiques The Journal of Physical Chemistry Letters ce mois-ci. Leur résultat ? Une concordance entre théorie et expérimentation qui laisse envisager une compréhension claire de la molécule d'ozone.

    Qui n’a jamais entendu parler du trou dans la couche d’ozone ? Si celui-ci est en train de se résorber, il n’en est pas moins que l’ozone reste encore une espèce trop méconnue des scientifiques.

    L’ozone, c’est ce gaz au-dessus de nos têtes qui absorbe une grande partie des rayons ultraviolets du Soleil, entre 10 et 45 kilomètres d’altitude. Sans lui, pas de vie possible sur Terre. Pourtant, à plus basse altitude, ce même ozone est toxique et peut entraîner des problèmes respiratoires importants. Une molécule qui a un air de Dr Jekyll et Mr Hyde.

    La molécule d’ozone la plus abondante dans l’atmosphère est celle constituée de trois atomes d’oxygène standards. Il existe deux types d’atomes d’oxygène : les standards, qui sont les plus légers et qui représentent la quasi-totalité de l’ensemble (99,8%), et les « lourds », extrêmement rares (0,2 % du total) et dont la masse est plus importante. Par conséquent, l’ozone peut exister sous une forme légère ou sous une forme lourde. Et cette dernière est essentielle pour comprendre le cycle de l’oxygène sur la Terre.

    Dans les années 80, des ballons-sondes de météorologie ont mesuré de manière totalement inattendue une surabondance dans la haute atmosphère de la forme lourde de l’ozone, compte tenu des proportions naturellement très faibles en oxygène lourd.

    On parle alors d’enrichissement anormal de l’ozone, dont l’origine précise reste à ce jour un mystère. Son éclaircissement apporterait des informations très précieuses sur les divers processus de formation et de disparition de cette molécule clé, ainsi que sur l’évolution générale de l’atmosphère.

    Deux enseignants-chercheurs du laboratoire Interdisciplinaire Carnot de Bourgogne, Grégoire Guillon et Pascal Honvault, ont publié une étude, parue en avril, dans la revue américaine The Journal of Physical Chemistry Letters, en collaboration avec des collègues des universités de Reims, de Tomsk (Russie) et de Harvard (Etats-Unis). Cet article scientifique franchit un pas supplémentaire vers la compréhension de cet enrichissement anormal.

    Les chercheurs ont étudié la réaction chimique entre un atome d’oxygène lourd et une molécule de dioxygène standard, ces deux éléments étant à l’origine du processus de formation de l’ozone lourd, en effectuant des simulations numériques sur les puissants ordinateurs du Centre de Calcul de l’université de Bourgogne (CCuB).

    « Pour la première fois, un excellent accord a été obtenu entre les résultats théoriques et les données expérimentales concernant la vitesse de cette réaction » souligne Pascal Honvault.
    « Et ceci grâce au recours à la physique quantique qui seule permet une description très précise de l’interaction entre ces atomes d’oxygène », ajoute Grégoire Guillon.

    La théorie et l’expérience concordent enfin. Cela met fin à une longue polémique dans le milieu scientifique, et contribue à une meilleure compréhension de l’enrichissement anormal de l’ozone, ce qui est vital pour connaître l’histoire de l’atmosphère terrestre et prédire son évolution.

    Le but final est d’expliquer dans les moindres détails le comportement de l’ozone, molécule phare de notre planète... Qui n’a pas fini de nous dévoiler tous ses secrets.

    Source: www.infos-dijon.com


    24/04/18 - France: 200 parlementaires veulent un plan national pour développer l'usage du vélo

    200 signataires appellent le gouvernement à mettre en place un plan vélo afin de développer ce mode de transport.

    Un plan vélo souhaité par les parlementaires

    200 parlementaires d'horizons différents "rassemblés par la conviction que le vélo est un mode de déplacement d'avenir", signent une tribune publiée dans le Journal du dimanche le 22 avril 2018. Ils souhaitent ainsi interpeller sur la place du vélo dans notre pays et appellent "le gouvernement à mener un grand plan vélo dans le cadre de la future loi d'orientation des mobilités". Parmi les signataires de ce texte, initié par le député Matthieu Orphelin (LREM) se trouvent Delphine Batho (PS), Jean-Christophe Lagarde (UDI) ou encore Barbara Pompili (LREM).

    Un retard de 20 ans

    Les parlementaires assurent que la France a 20 ans de retard par rapport à d'autres pays européens. Ainsi, ils affirment que la part modale de vélo n'atteint même pas les 3% dans le pays tandis qu'aux Pays-Bas, par exemple, elle est de 26%. En France, "plus de deux tiers des déplacements domicile-travail de moins de 5 kilomètres sont encore faits en voiture", s'inquiètent les signataires de la tribune. Les parlementaires assurent que "le tout-voiture est aujourd'hui dans une impasse, dans un contexte de saturation des routes, de la hausse du prix des carburants et de la nécessaire réduction des émissions de CO2". Pour eux, le vélo est une véritable solution de transport face à ces défis. Pour les signataires "le vélo ne présente que des bénéfices : simple d'utilisation, peu onéreux, rapide, pratique, en phase avec son époque, s'adressant à tous sans distinction sociale ou géographique et bon pour la santé". Ils précisent qu'aujourd'hui ce sont les collectivités locales qui prennent une large part du développement de l'usage du vélo dans leurs villes. Or, ces dernières ne peuvent pas porter seules cet enjeu qui, pour les 200 signataires, est national.

    Un plan de 350 millions d'euros

    Les parlementaires appellent les pouvoirs publics à investir dans des infrastructures pour développer l'usage du vélo. Ils suggèrent la mise en place "d'autoroutes vélo" entre différents espaces de vie. "Entre deux bourgs distants de quelques kilomètres, une piste cyclable sans coupures à côté d'une ­départementale n'est pas une utopie", clament les 200 signataires. Ces différentes constructions contribueront à la résorption des "zones blanches". "Pour déployer ces infrastructures dans nos territoires, le Conseil d'orientation des infrastructures a préconisé la mise en place d'un plan vélo de 350 millions d'euros sur quatre ans", précisent les parlementaires.

    Les signataires affirment qu'actuellement, sept millions d'actifs se trouvent en situation de "précarité mobilité". Les auteurs de la tribune expliquent que l'absence de solutions de transport peut se traduire par une exclusion du marché du travail. "Un jeune sur quatre a refusé en 2017 un emploi ou une formation faute de moyen de transport : ce n'est pas acceptable", s'alarment les parlementaires. Ils préconisent une évaluation de l'effet de l'aide nationale à l'achat d'un vélo à assistance électrique. Ils se disent convaincus que le déploiement du vélo et notamment du vélo électrique est "l'une des réponses pour ne laisser personne sans solution de mobilité". Ils espèrent que le gouvernement généralisera l'indemnité kilométrique vélo pour tous les employeurs privés et publics qui permet d'indemnisés les salariés pour leurs déplacements à vélo de leur domicile à leur lieu de travail.

    Enfin, les signataires souhaitent voir la mise en place d'un renforcement de la sécurité routière. "L'Assemblée nationale a été endeuillée cette ­semaine par l'accident mortel d'une collaboratrice, renversée en vélo", rappellent-ils dans leur tribune.

    Source : www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement - Auteur: Aurélia Payelle


    24/04/18 - Le Mexique mise sur le solaire pour l'énergie propre

    Le plus grand parc solaire d'Amérique du Sud, au Mexique, sera opérationnel d'ici fin 2018.

    A distance, on dirait un océan au milieu du désert. Il ne s'agit pourtant pas d'un mirage mais du plus grand parc solaire du continent américain, situé dans l'État de Coahuila au nord du Mexique. Les 2,3 millions de panneaux sont disposés par rangées sur le sable et suivent la trajectoire du soleil du lever du jour jusqu'à la nuit, comme des tournesols. Ils couvrent une surface équivalente à 2.200 terrains de football. Au niveau mondial, seuls des projets en Chine et en Inde le dépassent actuellement par leur taille.

    Réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre

    Construit par l'Italien Enel, le projet a coûté 650 millions de dollars et répond à la stratégie du gouvernement mexicain de produire 43% de son électricité grâce aux énergies propres d'ici 2024. Une fois entièrement opérationnel d'ici la fin de l'année, ce parc solaire devrait produire 1.700 gigawatts/heure, et ainsi répondre aux besoins énergétiques d'environ 1,3 million de ménages mexicains. Le Mexique a reçu les éloges des écologistes en 2015, quand il est devenu le premier pays émergent à annoncer un objectif ambitieux de réduction des gaz à effet de serre de 30% d'ici 2020, et de 50% d'ici 2050.

    Les autorités ont attribué aux enchères trois projets de parcs solaires qui ont généré des investissements estimés à 8,6 milliards de dollars. Outre Enel, l'Américain Recurrent Energy et le Néerlandais Alten, qui construit un parc solaire dans l'état d'Aguascalientes (centre), ont décroché ces marchés. L'énergie produite devrait répondre aux besoins de 6,5 millions de foyers du pays, selon les chiffres officiels. Il s'agit d'un pan essentiel de la réforme énergétique mexicaine approuvée fin 2013, qui a ouvert au privé le secteur de l'énergie pour la première fois en un peu plus de 70 ans.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/developpement-durable avec l'AFP


    Dimanche 22/04/18 - 22 avril Journée internationale de la Terre nourricière

    L'expression Terre nourricière est couramment utilisée dans de nombreux pays et régions pour désigner la planète Terre. Elle illustre l’interdépendance qui existe entre l’être humain, les autres espèces vivantes et la planète sur laquelle nous vivons tous.

    La Journée internationale de la Terre nourricière est célébrée chaque année pour nous rappeler que la Terre et ses écosystèmes nous soutiennent et nous nourrissent durant toute notre vie.

    Cette Journée est également l’occasion de sensibiliser le public aux défis auxquels est confrontée notre planète.

    Afin de commémorer la Journée internationale de la Terre nourricière, le 23 avril 2018 s'est tenu, au Siège des Nations Unies à New York, le huitième Dialogue interactif de l'Assemblée générale sur l'harmonie avec la nature. Ce dialogue a servi de plate-forme pour discuter des modes de production et de consommation durables, en harmonie avec la nature.

    Il a également invité les citoyens et les sociétés à reconsidérer leur interaction avec le monde naturel, et à améliorer les bases éthiques de la relation entre l'humanité et la Terre, dans le contexte du développement durable.

    Source: www.un.org


    22/04/18 - À quoi sert la Journée de la Terre célébrée ce 22 avril ?

    Google consacre un doodle à la Journée de la Terre. Après les colibris roux et les macaques japonais, les arbres sont cette année à l'honneur.

    Cette année, la Journée de la Terre sera consacrée aux arbres. Google en fait une nouvelle fois son doodle. L'événement, organisé depuis 1970 par le réseau Earth Day, cherche à rassembler les populations mondiales autour d'un même thème : l'environnement. Un combat pour « bâtir un environnement sain et durable, faire face aux changements climatiques et protéger la Terre pour les générations futures. Avec les yeux tournés vers le 50e anniversaire, le thème de cette année fixe l'objectif de planter 7,8 milliards d'arbres d'ici les cinq prochaines années », explique l'Organisation des Nations unies (ONU) sur son site internet.

    Et l'Organisation de rappeler l'importance des arbres de notre Terre : ils absorbent le CO2 et limitent le changement climatique, ils filtrent l'air que l'on respire, fournissent de la nourriture, de l'énergie, des revenus ! La France se doit de montrer l'exemple, elle qui a accueilli 196 pays en décembre dernier à Paris lors de la COP21, grand-messe de l'écologie mondiale. L'accord qui a été trouvé est cependant encore insuffisant : tous les États se sont engagés à « œuvrer pour limiter la hausse globale des températures sous la barre des 2 °C – voire 1,5 °C dans la mesure du possible », selon l'ONU. Des exigences revues à la baisse après des négociations très intenses.

    En 2014, le Earth Day s'était attaché à mieux faire connaître les espèces protégées. Google avait donc mis à sa une un doodle animé faisant apparaître plusieurs animaux plus ou moins connus : le colibri roux, le caméléon casqué, le bousier, le macaque japonais, la méduse bleue et le poisson-globe.

    Le Jour de la Terre fut fêté pour la première fois sous l'égide d'un sénateur américain nommé Gaylord Nelson. Ce 22 avril 1970, quelques dizaines d'étudiants américains proposaient des projets de sensibilisation à l'environnement. Quelques années plus tard, patronné par les Nations unies, ce jour réunissait plusieurs centaines de millions de sympathisants à travers le monde.

    Source: www.lepoint.fr/environnement


    22/04/18 - Des oasis dans les Alpes pendant la période glaciaire

    Il est, quelques fois, des avancées scientifiques qui sont de véritables découvertes. C’est ce que deux études conduites dans les Alpes françaises, toutes deux dans le département des Hautes-Alpes, ont révélé. Elles démontrent l’existence de véritables oasis de biodiversité durant la période glaciaire au cœur des massifs parmi les plus hauts des Alpes occidentales (France, Italie).

    À la faveur de conditions microsituationnelles extraordinaires, des arbres ont survécu aux millénaires de conditions âpres de l’âge de glace qui ont prévalu jusqu’à 14 500 ans avant nos jours. Ces arbres sont avec certitude des pins aroles (ou pins cembro), des pins à crochet, des mélèzes ou encore des bouleaux. La présence d’autres espèces d’arbres est suspectée comme des aulnes, des sorbiers ou des saules. On imagine bien que les arbres étaient accompagnés de leurs cortèges de partenaires microbiens (champignons, bactéries) sans lesquels certaines fonctions vitales des organismes ou des écosystèmes ne peuvent pas être accomplies, comme l’assimilation de l’azote, la décomposition des matières organiques, ou encore l’utilisation de l’eau.

    Contexte glaciaire en montagne

    Pour que l’on comprenne bien le contexte de la découverte, il faut imaginer que voici 20 000 ans, la planète vivait un climat glaciaire avec des températures moyennes d’environ 10˚C plus basses que les températures actuelles. Dans l’ouest de l’arc alpin, les vallées étaient occupées par des glaciers dont les extrémités ou fronts glaciaires s’étendaient jusqu’aux environs de Genève au nord, Grenoble à l’ouest, Sisteron au sud ou Rivoli à l’est.

    Les glaciers remplissaient les vallées jusqu’à environ 2 100 m d’altitude au cœur des massifs internes des Alpes occidentales, près de Briançon, St-Jean‑de-Maurienne et Bourg-St-Maurice (France), ou Oulx (Italie). Des glaciers perchés pouvaient naître sur certaines pentes bien arrosées et alimentaient les glaciers de vallées.

    Les sols dénudés de glace aux altitudes supérieures à celles des glaciers étaient gelés en profondeur une grande partie de l’année comme de nos jours dans les toundras arctiques ; le dégel estival pouvait advenir sur les pentes les mieux exposées aux rayons chauffants du soleil et abritées des vents.

    Des oasis glaciaires de haute montagne

    Ces oasis de biodiversité étaient donc nichées sur des pentes ensoleillées et non recouvertes de glaciers. L’une de ces oasis glaciaires se situe au Lac Miroir sur la commune de Ceillac située dans le Parc Naturel du massif du Queyras.

    L’autre, un peu plus au nord, est localisé près du Jardin botanique alpin de l’Université de Grenoble au Col du Lautaret sur la commune de Villar d’Arène dans la zone du Parc National des Écrins. Les deux sites sont situés à une altitude supérieure à 2 100 m.

    Ils présentent des conditions microsituationnelles différentes : l’un est un plateau bien ensoleillé accueillant un lac subalpin, l’autre une pente exposée au sud et surtout associée à une source géothermale. La présence de l’eau disponible est déterminante dans les deux cas, car une période glaciaire était une période sèche, où les précipitations de pluie et de neige étaient bien plus faibles que de nos jours.

    Or la vie, qu’elle soit végétale, microbienne ou animale requiert de l’eau. Chaleurs estivales augmentées par une exposition au soleil et de l’eau disponible sont des ingrédients de base dans les chaînes alimentaires en région froide afin de permettre la productivité biologique primaire. Si, comme au Lautaret, dans un contexte d’eaux et de sols réchauffés par le géothermalisme, alors les chances d’accueil de plantes et de leurs partenaires microbiens et animaux sont augmentées.

    Comment des arbres survivent en milieu très froid ?

    Dans ces oasis glaciaires, quelques arbres, peut-être quelques dizaines, ont réussi à réaliser leurs fonctions vitales de photosynthèse grâce à l’eau et la chaleur. Les conditions de la période glaciaire ont prévalu jusqu’à environ 11 700 ans avant nos jours malgré le réchauffement long, progressif et irrégulier débuté voici 18 000 ans.

    Les arbres ne bénéficiaient sûrement pas tous les ans des conditions nécessaires à leur reproduction, processus ultime pour assurer la pérennité d’une population : floraison, pollinisation, et production de graine.

    Chez les conifères, il faut souvent un cycle de près de deux ans entre la floraison et la maturité des graines. Une fois la graine mature, il faut encore qu’elle soit dispersée, qu’elle germe pour donner une plantule, puis un arbre qui pourra à son tour se reproduire quelques dizaines d’années voire un siècle après sa germination pour certaines espèces comme le pin cembro.

    Combien de vicissitudes environnementales, d’aléas climatiques ou d’accidents biotiques (parasitisme notamment), ces arbres ont-ils pu rencontrer empêchant le plus souvent leurs capacités de reproduction ? Par chance, les pins de haute montagne ainsi que le mélèze ont cette faculté de vivre plusieurs siècles, voire plus d’un millénaire. Un exemple spectaculaire est celui du pin bristlecone vivant dans les hautes montagnes sèches et froides des Rocheuses de Californie et du Nevada aux USA ; ces arbres proches des pins arole ou des pins à crochet des Alpes démontrent des capacités extraordinaires de survie pendant plus de 4 000 ans !

    Des oasis de pins et de mélèzes au cœur des Alpes

    Cette idée aurait été considérée saugrenue voici encore 5 ou 10 ans. Cependant, les travaux précurseurs du Professeur Leif Kullman de l’Université d’Umeå en Suède ont permis de démontrer dès le début des années 2000 que des arbres avaient poussé en Suède en haute montagne à la fin de la glaciation vers 12 000 ans avant nos jours.

    Ces arbres, des pins, des épicéas, des bouleaux et des aulnes ont laissé des traces datées de plus de 12 000 ans sous forme de troncs ou de cônes enfouis dans des tourbières de montagnes en Suède. Mieux, une espèce d’arbre, un mélèze proche de ceux de Sibérie, aurait même disparu de Scandinavie avec le réchauffement climatique voici environ 7 500 ans.

    Plus récemment, un consortium international de chercheurs a trouvé des traces d’arbres sous forme de molécules d’ADN de pin et d’épicéa dans des sédiments de l’époque glaciaire le long des côtes norvégiennes au nord du cercle polaire. Cette étude internationale a été publiée dans la revue Science en 2012 par le Prof. Laura Parducci de l’Université d’Uppsala en Suède et ses collaborateurs de nombreux pays, venant ainsi clore un long débat enflammé de près de 20 ans alimenté par les trouvailles de Leif Kullman mais aussi plus récemment par celles du Professeur Aage Paus de l’Université de Bergen en Norvège.

    Toutes ces preuves nourrissent une idée originale révélant que des arbres et d’autres organismes aient pu survire à la glaciation dans des oasis de vie ou des refuges à proximité des glaciers, composant de microécosystèmes aux dimensions réduites mais perdurant durant tous ces millénaires grâce à des propriétés extraordinaires de résistance et de résilience des organismes et de leurs interactions. Ces oasis parfois perchées sur des montagnes émergeant des glaciers sont appelées des nunataks, un terme issu de la langue des Inuits du Groenland.

    Récemment, des géologues français grâce à de nouvelles méthodes géochimiques ont démontré que les glaciers des Alpes occidentales avaient laissé émerger des nunataks durant la glaciation.

    Les sites français où des refuges de mélèze, de pin cembro, de pin à crochet ont été découverts dans le Queyras et au Lautaret sont justement des nunataks décrits par ces géologues. Ainsi, les avancées réalisées en Scandinavie viennent conforter les deux découvertes écologiques réalisées dans les Alpes françaises en leur procurant un réalisme que d’aucuns auraient su railler tant leurs singularités et leurs caractères exceptionnels ont pu laisser penser à un canular scientifique ou une erreur expérimentale.

    Les conséquences ces deux découvertes alpines

    En premier lieu, les biologistes démographes et les physiologistes ont tous lieu d’être interloqués, car manifestement, des arbres ont des ressources vitales sous-estimées par les chercheurs qui les étudient sous les conditions environnementales actuelles.

    Il faut imaginer une niche écologique potentiellement plus large et englobant des conditions climatiques bien plus sévères que ce que l’on observe dans les environnements contemporains, s’accompagnant sans doute de conditions de nutrition plus délicates.

    Par ailleurs, lorsque le climat s’est suffisamment réchauffé voici 11 000 ans faisant fondre les glaciers et dégageant les sols, les plantes, les animaux et les micro-organismes se sont répandus colonisant ainsi les territoires de montagne, en principe à partir des plaines et des collines périalpines.

    Dans les massifs du Queyras ou au Lautaret, ces arbres survivant dans des oasis glaciaires ont dû se voir offrir tout d’un coup de vastes espaces à conquérir en premier. On peut donc penser que ces arbres ont dû se comporter comme des pionniers opportunistes durant cette période de course à la colonisation des territoires, et ainsi contribuer à répandre leurs patrimoines génétiques.

    Ainsi, la diversité génétique des arbres dans les Alpes hérite certainement en partie des lignées d’arbres ayant survécu dans les refuges glaciaires se mélangeant plus tard avec les lignées des arbres qui vivaient pendant la glaciation dans les régions méridionales plus clémentes et donc moins sélectives.

    L’étude des environnements à l’époque glaciaire contribue donc à éclairer la distribution actuelle des espèces, et à mieux comprendre le potentiel écologique des organismes et de leurs écosystèmes dans la profondeur du temps et leurs diversités.

    Source illustrée: theconversation.com - Auteur: Christopher Carcaillet, Directeur d'Etudes (professeur), écologie et sciences de l'environnement, École pratique des hautes études (EPHE)


    Samedi 21/04/18 - Chronique: les peuples autochtones face à la déforestation

    Les forêts hébergent plus de 80% de la biodiversité terrestre et représentent l’un des derniers refuges pour de très nombreuses espèces animales et végétales. C’est pourquoi la déforestation est une catastrophe aussi bien pour l’Homme que pour les autres espèces puisque l'on estime que 27 000 espèces animales et végétales disparaissent chaque année à cause d’elle. Cette perte de biodiversité qui peut être irréversible coupe l’humanité de services et ressources inestimables. En effet, les systèmes alimentaires sont fortement dépendants de la biodiversité et une proportion considérable de médicaments est directement ou indirectement d’origine biologique.

    Les forêts sont des sources de nourriture, de refuge, de combustibles, de vêtements et médicaments pour de nombreuses populations. Ainsi, selon la FAO, soixante millions de peuples indigènes dépendent presque entièrement des forêts ; trois cents millions de personnes vivent dans ou aux alentours des forêts et plus d’un milliard de personnes dépendent à divers degrés des forêts pour vivre.

    Pour les peuples autochtones à l’instar des pygmées, la forêt n’est pas seulement une marchandise mais elle est aussi le support principal de leur identité, mieux leur patrimoine identitaire. La forêt est leur mère nourricière, leur gardienne et leur protectrice, leur pourvoyeuse de médicaments, le lieu par excellence de repos, de recueillement et du rituel. Comme on peut le constater, l’exploitation industrielle et la spoliation effrénée des forêts mettent en péril le patrimoine culturel des pygmées et entraînent une menace grave à leur existence. La déforestation arrête le processus continu de la création culturelle propre à chaque groupe humain.

    Il y a plusieurs siècles, 66 % des terres étaient recouvertes de forêt. Aujourd’hui, seulement un tiers l’est encore. Alors qu’en 1990 les forêts couvraient environ 31,6 % de la superficie mondiale des terres et, en 2015, elles ne couvraient plus que 30,6% des terres, selon le rapport 2015 de la FAO. À en croire ce document, 80% de la couverture forestière mondiale originelle a été abattue ou dégradée, essentiellement au cours des trente dernières années.

    L’expansion agricole est la principale cause de déboisement dans le monde. Les plantations de palmiers à huile, le développement des cultures pour nourrir les animaux d’élevage, l’exploitation minière de métaux et de minéraux précieux constituent des causes majeures de la déforestation. Ainsi, au Brésil, les forêts primaires sont détruites pour cultiver le soja qui alimente le bétail et la canne à sucre pour produire du bioéthanol tandis qu’en Indonésie, elles sont rasées pour la culture de l’huile de palme qui inonde déjà les produits des supermarchés et pourrait bientôt alimenter les voitures.

    En Afrique centrale, la déforestation a pour conséquences la destructuration du système économique des pygmées. Bien qu’étant une économie de subsistance et de retour direct, celle-ci subit un contrecoup qui affecte profondément sa rationalité économique. La démolition de la forêt raréfie les denrées alimentaires de base des pygmées, lesquels fondent les valeurs sociales telles que la solidarité, la justice, l’égalité et justifient les regroupements sociaux en usage. À cause de la déforestation, les ressources telles que les chenilles, le gibier, les champignons, le miel, les fruits ainsi que certaines matières servant de support pour la production de la culture se raréfient.

    Autre élément majeur, l’exploitation illégale du bois qui joue également un rôle important dans la déforestation. Et l’Europe a une forte responsabilité dans cette dégradation puisque près d’un quart de ses importations de bois sont présumées d’origine illégale. Selon le Fonds mondial pour la nature, la France, par exemple, est un acteur majeur dans la déforestation tropicale humide primaire, notamment en Afrique centrale et en Afrique de l’ouest d’où elle importe 39 % de bois d’origine illégale.

    Au-delà des conséquences écologiques qui se manifestent à travers les perturbations climatiques et la menace de la biodiversité, la déforestation implique des conséquences négatives graves qui touchent profondément à la fois l’existence des peuples autochtones et celle de l’humanité entière.

    Source: adiac-congo.com - Rédaction: Boris Kharl Ebaka


    22/04/18 - Japon: les coraux meurent au large de la côte pacifique

    Le ministère japonais de l'Environnement a annoncé mercredi 18 avril 2018 que le refroidissement de l'eau était en train de détruire des coraux les plus septentrionaux de la planète.

    Au Japon, une partie des coraux a été détruite pour cause de températures de l'eau inhabituellement basses. C'est en inspectant des coraux situés au large de la côté pacifique du Japon, pendant plusieurs mois, que le ministère de l'Environnement de ce pays a constaté qu'une grande majorité d'entre eux avait blanchi. 90 à 100% de chacune des six zones observées était affectées.

    Mauvaise trajectoire

    Un garde des espaces naturels maritimes de la région, rattaché au ministère de l'environnement, Yuto Takahashi, a précisé que "dans quatre de ces points, les chercheurs ont fait état de la mort de 85 à 95% des parties blanchies.

    Ces dommages semblent être la conséquence d'une chute inhabituelle de la température de l'eau cette année, due en partie à un changement de trajectoire du courant Kuroshio qui véhicule des eaux chaudes tropicales vers le nord". Il assure que de très puissants fronts froids hivernaux ont contribué à refroidir les eaux. Outre son effet sur la température, ce refroidissement des eaux modifie les zones de pêche et affecte la navigation, selon l'agence japonaise de météorologie. Les raisons de ces mouvements atypiques ne sont pas connues des scientifiques. Ils en ont observé six cas depuis 1965, le plus récent datant de l'été 2017.

    L'écart de trajectoire réalisé par Kuroshio a aussi fait baisser la température de la mer au large de Wakayama et d'autres parties de la côte pacifique. Le courant a également fait remonter des eaux froides des profondeurs.

    Chercher un refuge

    L'archipel nippon abrite dans ses zones tempérées, jusqu'à la baie de Tokyo, les coraux les plus septentrionaux du monde. Ces derniers ont un aspect bien différent de ceux plus éloignés des pôles. De ce fait, le phénomène récemment constaté au Japon "est différent du blanchiment observé sur la Grande Barrière de corail (en Australie) ou à Okinawa, provoqué lui par un réchauffement de l'eau", explique M. Takahashi. Ainsi, par le déplacement génération après génération de leurs larves, les coraux pourraient progressivement se réfugier vers des régions plus proches des pôles, moins chaudes, au climat plus clément.

    Les récifs, qui recouvrent moins de 0,2% de la surface des océans, abritent 30% des espèces animales et végétales marines. Ils protègent ces derniers des prédateurs en leur servant de garde-manger. Les récifs contribuent également à la protection des côtes, à l'alimentation des hommes, au tourisme.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/climat avec l'AFP


    23/04/18 - Au Nigeria, sous les conflits « ethniques », une crise environnementale sans précédent

    Au Nigeria, un conflit majeur oppose bergers nomades et agriculteurs. Ces heurts ont déjà causé la mort de 2 500 personnes, déplacé 62 000 autres et entraîné la perte de 13,7 millions de dollars de recettes. Rien qu’en janvier 2018, le conflit a fait 168 victimes.

    Les bergers sont surtout des Peuls, peuple majoritairement musulman qui vit dispersé en Afrique de l’Ouest. Les agriculteurs sont eux principalement chrétiens. Quand la violence éclate entre ces deux groupes et se concrétise par des destructions symboliques d’églises, rien d’étonnant qu’au Nigeria comme ailleurs, on explique que le conflit est motivé par la religion et l’origine éthnique des populations qui s’affrontent.

    L’accès aux ressources, le cœur du problème
    Mais quelque chose manque cruellement pour bien comprendre la situation ; et ce quelque chose c’est la situation environnementale du pays. Le Nigeria s’étend sur plus de 1 000 km : le Sud y est verdoyant et tropical tandis que le Nord côtoie le désert du Sahara. Il faut également rappeler que le désert se déplace vers le sud à un rythme de 600 mètres par an. Il y a aussi la situation dramatique du lac Tchad, dans le nord-est du pays, qui est pratiquement asséché.

    Les bergers peuls, qui dépendaient autrefois du lac, ont ainsi dû se déplacer vers le sud à la recherche de pâturage et d’eau pour leur bétail. Or plus l’on se dirige vers le sud, plus la population se christianise ; c’est ainsi que des conflits ayant pour cause l’accès aux ressources naturelles prennent des airs de tensions religieuses.

    De tels conflits entre bergers et fermiers n’ont rien d’une nouveauté. À la fin des années 1960, une sécheresse a ainsi entraîné une lutte pour les terres au cœur du Sahel ; les Peuls ont également des antécédents d’annexion stratégique de territoires.

    Une crise environnementale inédite
    La nouveauté, c’est que ce conflit a pris une échelle totalement différente : un problème autrefois limité au nord du Nigeria est aussi devenu en enjeu majeur dans le Sud.

    Cette évolution s’explique par une crise environnementale sans précédent qui a provoqué la migration massive des Peuls à travers l’Afrique de l’Ouest et le sud du Nigeria ; et Abuja n’est pas parvenu à empêcher les nomades de passer ses frontières. Cette arrivée de nouvelles populations a perturbé les relations et les équilibres qui existaient entre les communautés d’agriculteurs locaux et les bergers nomades.

    Ces explications sont toutefois souvent négligées au profit d’un débat autour des aspects religieux ou ethniques du conflit. Une telle approche verse généralement dans l’émotion, empêchant une authentique analyse des forces qui sous-tendent ces tensions. Cette prédominance d’un récit portant sur la « guerre ethnique » rend ainsi compliquée l’émergence d’approches globales et durables ; dans un pays composé d’un mix de cultures et de religions, un tel état de fait constitue une menace pour l’unité nationale et les efforts de paix.

    Des autorités muettes
    Face à cette situation, le gouvernement nigérian reste terriblement silencieux. Dans ce vide, les discours politisés servant des intérêts particuliers ont prospéré. Par exemple, les élites et les leaders politiques des régions affectées soupçonnent le président nigérien, Muhammadu Buhari, d’être complice des attaques (bien qu’ils aient cessé de le mettre en cause directement). Or il n’y a à ce jour aucune preuve d’une telle implication du président ; mais dans une société nigériane très hiérarchisée, l’avis des élites est parole d’Évangile.

    Le président nigérian a également évoqué le projet de redonner au lac Tchad sa superficie initiale, en y amenant l’eau du fleuve Ubangi, situé dans le bassin du Congo ; cette option a été récemment évoquée lors de la dernière conférence de l’Union africaine. Mais pour l’heure, le lac Tchad ne fait toujours pas partie de la stratégie du gouvernement pour régler le conflit entre agriculteurs et bergers.

    Un lac en bonne santé, des populations en paix
    Quelle serait donc une solution équitable et durable au conflit actuel ?

    Il ne fait pas de doute que le lac Tchad nécessite d’être « rempli » à nouveau et qu’une politique ambitieuse de plantations d’arbres et de gestion de l’eau doit être conduite en parallèle. Une telle démarche aura besoin de l’engagement des pays frontaliers du Nigeria qui font face chacun à de sérieux problèmes environnementaux ; il faudra aussi le soutien des bailleurs de fonds internationaux. Une telle mobilisation contribuerait grandement à endiguer les migrations des bergers vers le sud, réduisant d’autant les possibilités de conflits.

    Le gouvernement nigérian doit également reconnaître, et ce de manière publique, qu’il s’agit bien d’un conflit portant sur les ressources ; un conflit exacerbé par une crise environnementale. Il faut le rappeler sans relâche pour éviter les discours biaisés.

    Quant aux médias nigérians, qui font bien souvent leur miel des histoires attisant les passions, ils se doivent de traiter ces heurts entre bergers et agriculteurs de façon moins sensationnelle ; il s’agit de donner davantage de place à l’investigation pour permettre de traiter ce problème complexe de manière nuancée. Car la situation ne se réduit pas aux seuls aspects ethniques et les enjeux environnementaux ne peuvent plus longtemps être ignorés.

    Source illustrée: theconversation.com - Auteur: Olalekan Adekola, York St John University La version originale de cet article a été publiée en anglais.


    Vendredi 20/04/18 - En Chine, une Journée de la Terre sur fond de pollution massive

    C’est en 1970 qu’a été célébrée pour la première fois la Journée de la Terre, sous l’impulsion du sénateur américain Gaylord Nelson et d’un groupe d’étudiants. Depuis, chaque 22 avril rappelle la naissance de ce mouvement porté par la société civile.

    En Chine, cette journée a été fêtée pour la première fois en 2011, attestant d’une prise de conscience grandissante des citoyens chinois à l’égard de l’environnement. Mais si Pékin semble vouloir prendre en charge les défis environnementaux qui s’imposent au pays, les effets des réformes amorcées tardent à venir, exposant la population à des niveaux de pollution extrêmement préoccupants.

    Plus d’un million de morts chaque année

    La crise environnementale en Chine est inédite en raison de la simultanéité et de l’intensité des problèmes. Aucun pays n’a en effet exposé sa population à de tels niveaux de pollution sur des durées aussi longues.

    L’épisode de pollution atmosphérique longtemps considéré comme le plus meurtrier, le « Great Smog » de Londres, a causé la mort d’environ 12 000 personnes en quatre jours durant l’hiver 1952 ; soit 3 000 morts par jour. Le nombre quotidien de personnes décédées prématurément du fait de la pollution de l’air ambiant était à peu près équivalent en Chine en 2015, aboutissant à un total de 1,1 million de morts précoces sur l’année.

    Dans l’empire du Milieu, les problèmes environnementaux se juxtaposent. On connaît bien sûr ceux relatifs à la qualité de l’air ; ils ont focalisé l’attention des médias et ému l’opinion internationale ces dernières années.

    Mais d’autres pollutions, moins visibles car touchant l’eau et les sols, sont tout aussi importantes. Certains experts les considèrent même comme plus problématiques car la dépollution de ces milieux est extrêmement complexe et nécessite un temps souvent très long.

    Des sols pollués par les métaux lourds

    Ce n’est qu’à partir de 2005 que le ministère de la Protection de l’environnement (MEP) et le ministère du Territoire et des Ressources chinois ont mené conjointement une enquête nationale sur la pollution des sols. Avant cette date, la Chine n’avait pas de statistiques officielles sur leur état ; la publication des résultats de cette étude a été repoussée à plusieurs reprises du fait de la sensibilité du sujet.

    Depuis la fin des années 2000, plusieurs scandales sanitaires ont touché le pays, avec notamment la découverte de niveaux dangereux de métaux lourds dans certaines denrées alimentaires, suscitant beaucoup d’émoi dans la population. En 2013, les responsables de la sécurité alimentaire du Guangzhou ont ainsi trouvé du cadmium dans plusieurs échantillons de riz. Le MEP estime que la contamination par les métaux lourds affecte 12 millions de tonnes de céréales en Chine chaque année, ce qui correspond à une production permettant de nourrir 24 millions de personnes.

    Finalement publiés en 2014, les résultats de l’enquête sont particulièrement préoccupants : 16 % des sols étudiés ont été classés comme pollués au-delà des normes acceptables et 19 % des terres arables totales contaminées par des métaux lourds.

    La distribution spatiale des résultats n’a pas été rendue publique, mais il a été précisé que la pollution dans la partie sud de la Chine était plus préoccupante qu’au nord. Les deltas du fleuve Yangtze et de la rivière des Perles ainsi que le nord-est de la Chine sont ainsi particulièrement pollués en raison des activités de l’industrie lourde dans ces zones. Les niveaux de métaux lourds sont d’autre part particulièrement élevés dans le sud-ouest et le centre-sud du pays, principales régions d’extraction et de fusion des métaux.

    Le vice-ministre chinois des Terres et des Ressources, Wang Shiyuan, a annoncé en 2014 qu’environ 3,33 millions d’hectares de terres agricoles chinoises étaient trop pollués pour être cultivés, soit 2 % des terres arables (une superficie un peu plus grande que celle de la Belgique). Or, la part de terres arables par habitant en Chine est déjà inférieure de moitié à celle de la moyenne mondiale.

    Cette décision accentue les difficultés du pays à atteindre l’autosuffisance alimentaire, une priorité pour les autorités chinoises depuis les années 1950, période de famine. Cet objectif a conduit à augmenter de façon continue la superficie des terres agricoles, ce qui a parfois abouti à cultiver des terres à proximité d’usines chimiques, de mines ou d’autres installations industrielles.

    La mise en jachère de terres trop polluées pour être exploitées pourrait également freiner le reboisement conduit dans le pays depuis plusieurs décennies. Des sols qui avaient été dédiés à la couverture forestière pourraient être de nouveau utilisés pour de la production agricole. La politique de reboisement a permis d’augmenter la superficie des forêts de 17 % du territoire en 1990 à 22 % en 2010.

    Une qualité de l’eau dégradée

    La qualité de l’eau est généralement mauvaise en Chine, et souvent pire qu’il y a 20 ans. Quelques progrès récents ont néanmoins été enregistrés : une baisse des eaux de très mauvaise qualité (catégorie V +) et une hausse des eaux de relative bonne qualité (classes I à III) ont été constatées dans les eaux de surface et souterraines du pays.

    Les progrès sont néanmoins à apprécier selon les régions et restent fragiles. Les différences sont en effet marquées entre les rivières du Nord et du Sud, ce qui s’explique principalement par des ressources en eau moindres dans le Nord et donc une moindre capacité à absorber les rejets polluants. La nature plus concentrée du développement dans le Nord joue également un rôle. Entre 2015 et 2016, la part des eaux de surface de mauvaise et très mauvaise qualité y ont augmenté dans certains bassins.

    Le Sud de la Chine est beaucoup plus abondant en eau, tandis qu’une grande partie de la population et des terres arables se trouvent dans le Nord : s’y concentrent seulement 20 % des ressources en eau naturellement disponibles, mais 47 % de la population et 65 % des terres arables.

    Stress hydrique et changement climatique

    Les problèmes de mauvaise qualité de l’eau accentuent le stress hydrique que connaissent régulièrement entre 400 et 600 grandes villes. Le fleuve Jaune, sixième fleuve de la planète, connaît ainsi des périodes d’assèchement de plus en plus longues. Les problèmes de disponibilité d’eau risquent par ailleurs de s’accentuer en raison d’une demande croissante. Entre 2007 et 2014, elle a fortement augmenté, conduisant à une intensification des prélèvements d’eau douce (environ +10 % sur la période).

    Le stress hydrique a également été accentué par une forte baisse des précipitations, entre -2,6 % et -10,4 % au cours des deux dernières décennies, tout particulièrement dans les bassins fluviaux Huai, Hai, Huang et du fleuve Liao, tous situés dans le Nord, là où les problèmes de disponibilité en eau sont les plus critiques.

    Cette forte baisse des précipitations a été en partie attribuée aux changements climatiques. Sous l’effet conjugué des facteurs climatiques et des activités humaines, la désertification progresse par ailleurs : depuis 1949, la Chine a perdu 129 000 km² (soit un cinquième de la superficie de la France).

    Une autre conséquence de la surexploitation des eaux souterraines est l’affaissement des terres dans certaines régions. Le phénomène se produit lorsque des quantités importantes d’eau souterraine ont été retirées d’un aquifère poreux ; ce dernier se compacte alors, ce qui peut entraîner un abaissement de la surface du sol. D’après des enquêtes menées par Institute for Global Environmental Strategies, des affaissements de terrain se produisent dans les 50 plus grandes villes de la Chine. La superficie totale affectée est de 90 000 km². Les régions les plus touchées sont la région du delta du Yangtze (autour de Shanghai), la plaine de Chine du Nord et le bassin de la rivière Fen-Wei (province de Shanxi).

    Le stress hydrique pourrait donc s’accentuer en Chine dans les prochaines décennies et constituer l’un des plus grands défis de développement pour le pays.

    La crise environnementale à laquelle est confronté l’empire du Milieu pose à nouveau la question de la conciliation entre développement et protection de l’environnement. Et les solutions apportées par les autorités seront cruciales pour les pays émergents et en développement qui, sans avoir connu le succès économique de la Chine, sont déjà victimes de situations extrêmement critiques en matière de pollution.

    Pékin semble avoir enfin pris conscience de la gravité de la situation, mais aussi de sa complexité. Reste que le pouvoir chinois a beaucoup tardé à agir, laissant s’installer sur son territoire des infrastructures très énergivores et restant prisonnier d’un système de gouvernance ne permettant pas d'adaptations rapides. L’effet bénéfique attendu des mesures portées par le dernier plan quinquennal (2016-2020) et la nouvelle loi fiscale sur la protection de l’environnement risque en outre d’être écrasé par les méfaits induits par la poursuite de la trajectoire de croissance.

    Source: theconversation.com - Auteures: Stéphanie Monjon, Maître de conférences en sciences économiques, chargée de recherche au CEPII - Recherche et expertise sur l'économie mondiale, Université Paris Dauphine - PSL & Sandra Poncet, Professeure d’économie, chercheuse associée au CEPII, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne


    20/04/18 -

    Une fascinante étude révèle comment de minuscules crevettes contribuent à la création des gigantesques courants marins qui marbrent notre planète.

    Les courants océaniques sont des systèmes complexes, gigantesques et sculptés par des forces monumentales comme le vent ou les mouvements de la croûte terrestre. Ou même de minuscules crevettes ! C'est ce que vient de démontrer une étude captivante, dans laquelle les chercheurs sont parvenus à capter l'influence de menus organismes sur le monde qui les entoure.

    Sous l’océan

    Les courants océaniques sont des systèmes extraordinairement complexes, dépendant d’un nombre phénoménal de facteurs (vents, températures, activité sismique, etc.). Or, une nouvelle étude semble indiquer que leur sensibilité à ces facteurs est encore plus grande que nous ne le pensions. En effet, une partie du mouvement des courants proviendrait des déplacements de minuscules créatures marines : du zooplancton que de nombreuses personnes auront pu élever chez elles et reconnaîtront sous le nom de Pifises. Mieux connus par les scientifiques sous l'appellation d’Artemia salina, ces petits crustacés migrent quotidiennement pour se nourrir en formant de gigantesques colonnes verticales de milliards d’individus.

    Dynamique des fluides

    « Lorsqu’ils commencent à nager vers la surface, chacun d’eux repousse un peu de fluide derrière lui. Rapidement, vous vous retrouvez avec une cavalcade de crevettes qui ensemble créent un courant descendant à la force de leur coups de pattes successifs », explique John Dabiri, auteur principal de l’étude parue dans le journal Nature.

    Afin de mesurer l’effet de cette multitude de ces minuscules coups de pattes, les chercheurs ont placé des groupes d’Artemia salina dans des aquariums où le cycle jour/nuit était simulé par des lampes afin d’induire le mouvement de migration. Grâce à des teintures et de microscopiques billes de verre, les chercheurs ont ensuite pu filmer les fluctuations de l’eau.

    Un impact important sur les océans et le climat

    Le résultat est incroyable : « La quantité de mouvement descendant qu’ils créent est énorme. Il peut être jusqu’à 100 fois supérieur à leur mouvement ascendant individuel », s’exclame Dabiri « Traduit au niveau des océans, les données suggèrent que ces animaux pourraient avoir un impact très important sur la structure de la colonne d’eau. »

    « C’est-à-dire non seulement la quantité de carbone qui est poussée vers les profondeurs mais également les nutriments qui sont remontés vers la surface. Comme nous savons que l’océan est connecté à l’atmosphère, ces organismes biologiques pourraient de fait avoir une influence à grande échelle sur le climat », ajoute-t-il avec enthousiasme.

    Un facteur animal

    Dabiri souligne que cette recherche montre à quel point le rôle des animaux dans ces mouvements dynamiques a pu être sous-estimé. Un oubli crucial lorsque l’on voit les répercussions que les organismes pourraient avoir sur leur environnement. « Il y a possiblement un appariement très fort entre les animaux et l’océan. »

    « Cela suggère aussi que les effets de notre pollution, de la surpêche, de l’acidification des océans pourraient avoir des conséquences plus sévères que nous ne le percevons actuellement », conclut-il. Une étude qui amène à repenser l’interconnexion de l’ensemble des organismes qui peuplent la planète, mais qui nous rappelle également une chose : on n’est jamais trop petit pour avoir un impact.

    Source: www.maxisciences.com - Publié par Emma Hollen


    Jeudi 19/04/18 - La pollution cause 7 millions de morts par an dans le monde

    La pollution de l'air, extérieure et intérieure, tue près de 7 millions de personnes par an. 95% de la population mondiale respire un air toxique.

    Selon un rapport du Heal effects institute, aux États-Unis, la pollution de l'air provoque la mort de 7 millions de personnes par an. La pollution de l'air extérieur est la sixième cause de mort précoce dans le monde devant l'alcool, la mauvaise alimentation et le manque d'activité physique, tous âges et sexes confondus. D'après le rapport, en 2016, elle a causé la mort de 4,3 millions de décès dans le monde. La Chine et l'Inde représentent, à elles d'eux, plus de la moitié des morts dû à cette pollution.

    Une concentration très inégale

    95% de la population mondiale respire un air toxique. La principale cause de cette pollution meurtrière est l'émission de particules fines d'un diamètre inférieur à 2,5 micromètres, plus communément appelées PM2,5. La concentration de particules fines par rapport à la population excède les recommandations de l'OMS, l'Organisation Mondiale de la Santé. Celle-ci préconise de ne pas dépasser les 10 µg/m3 (microgrammes par mètres cube d'air). Selon le rapport, près de 60% de la population mondiale vivent dans des zones où les particules fines dépassent même l'objectif provisoire de qualité de l'air de l'OMS qui est fixé à 35 microgrammes par mètres cube d'air.

    Cette concentration de particules est très inégale. Ainsi, les continents les plus concernés sont l’Afrique et l’Asie. Au Niger, par exemple, la concentration de particules fines dépasse les 240 microgrammes par mètre cube d'air. Au contraire l'Australie, le Canada, l'Estonie, la Finlande, l'Islande, la Nouvelle-Zélande ou encore la Suède ont une concentration de particules fines qui ne dépassent pas les 8 microgrammes par mètre cube d'air. Cela fait d’eux les pays les moins touchés par la pollution extérieure. En France, la concentration de particules fines reste stable. Depuis 2005 elle est fixée à 12 microgrammes.

    Au total, depuis 2010, la concentration de particules fines dans l'air par rapport à la population globale a augmenté de 10%. Et les effets de cette particules fines sur la santé sont aussi multiples qu’alarmant. Ainsi, elles peuvent-être la cause de maladies cardiaques, d’accidents cardio-vasculaires, de cancers des poumons ou d’accidents respiratoires.

    Pollution de l'air intérieure

    Le rapport aborde également la question de la pollution de l’air intérieure. En 2016, cette dernière a causé la mort de 2,6 millions de personnes. C’est la huitième cause de mortalité dans le monde. La pollution de l’air intérieur est due à l’utilisation de combustibles solides comme le fumier ou le bois, pour se chauffer ou cuisiner. Ainsi, les chercheurs précisent que “les personnes vivants dans une maison utilisant des combustibles solides peuvent faire face à une concentration de PM2,5 vingt fois plus élevée que la recommandation de l’OMS de ne pas dépasser les 10 microgrammes par mètre cube d’air”.

    Mais le rapport souligne que le nombre de foyers utilisant ce type de combustibles a nettement baissé, passant de 3,6 milliards en 1990 à 2,4 milliards aujourd'hui. Cela est dû à la prise de conscience de plus en plus importante des populations aux risques engendrés par leur utilisation.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement - Auteur: Aurélia Payelle


    19/04/18 - La Grande Barrière de corail victime d'une hécatombe "catastrophique"

    Selon une étude scientifique, environ 30% des coraux de ce vaste récifs sont morts durant une vague de chaleur en 2016.

    La Grande Barrière australienne, joyau du patrimoine mondial de l'humanité, a subi une hécatombe "catastrophique" de ses coraux pendant une vague marquée de chaleur en 2016. Environ 30% des coraux du vaste ensemble sont morts durant la vague de chaleur survenue entre mars et novembre 2016, le premier épisode de deux années consécutives de blanchissement, selon une étude publiée jeudi 19 avril par la revue scientifique Nature (en anglais).

    Inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco en 1981, le récif s'étend sur environ 348 000 kilomètres carrés le long de la côte australienne et constitue le plus vaste ensemble corallien du monde. Le corail, qui sert d'habitat à d'autres créatures marines, a été durement touché par la hausse des températures de l'eau consécutive au réchauffement climatique.

    Terry Hugues, co-auteur de l'étude et directeur du Centre d'excellence pour les études sur les récifs coralliens de l'Université James Cook, a expliqué à l'AFP que les plus menacés sont les coraux à branches comme les tables de corail qui fournissent leurs cachettes aux poissons juvéniles. Les coraux les plus susceptibles de tenir le choc sont lisses, en forme de melon, a poursuivi le chercheur. Ces coraux n'ont pas trop de mal à construire leur squelette mais "ils ne sont pas très utiles pour l'habitat", ajoute Terry Hugues.

    "Des changements radicaux"

    Pendant le blanchissement de 2016, les coraux de la partie septentrionale de la Grande Barrière ont subi une vague de "décès catastrophiques", poursuit l'étude.

    Le blanchissement est un phénomène de dépérissement qui se traduit par une décoloration des coraux. Sous la pression de facteurs comme le réchauffement, les coraux stressés expulsent les algues avec lesquelles ils ont une relation symbiotique, et qui leur donnent couleur et énergie.

    L'étude appelle à la protection des coraux survivants, estimés à environ un milliard. "C'est ceux-là qui vont réalimenter et ré-habiter des récifs altérés", dit Terry Hugues, ajoutant qu'il fallait améliorer la qualité de l'eau en réduisant la pollution côtière. Les efforts pour limiter le réchauffement climatique comme dans l'accord de Paris sont également cruciaux.

    "Nous avons eu quatre épisodes de blanchissement (1998, 2002, 2016 et 2017) sur la Grande Barrière avec une hausse globale des températures de 1°C", souligne Terry Hugues. "Si nous continuons avec nos émissions comme si de rien n'était, je ne crois pas que la Barrière y survivra."

    Les récifs recouvrent moins de 0,2% de la surface des océans mais abritent 30% des espèces animales et végétales marines, les protégeant des prédateurs et leur servant de garde-manger. Ils contribuent à la protection des côtes, à l'alimentation des hommes, ainsi qu'au tourisme.

    Source: www.francetvinfo.fr avec l'AFP


    19/04/18 - Brésil: un récif de l'Amazone pourrait empêcher des projets pétroliers de Total

    Une récente expédition de Greenpeace au large des côtes brésiliennes a permis de découvrir l'étendue insoupçonnée d'un récif corallien de l'Amazone découvert en 2016. À l'endroit même où le groupe pétrolier français prévoit de forer.

    Une découverte «majeure» risque de contrarier les plans de Total au large du Brésil. Grâce à une expédition lancée il y a quelques semaines, l'ONG Greenpeace a pu affirmer, ce mardi, que le récif corallien du fleuve Amazone, découvert en 2016, s'étend au cœur de concessions où le groupe pétrolier français entend chercher du pétrole.

    Une équipe de Greenpeace, aidée de scientifiques brésiliens, a lancé, il y a quelques semaines, une expédition dans cette zone pour mieux connaître ce récif, dont la structure est composée de patchs dispersés. Sa superficie pourrait, selon les estimations des chercheurs, atteindre 56.000 km², soit près de six fois la taille estimée avant cette expédition.
    Concrètement, l'équipage de L'Esperanza, le navire de l'ONG, a découvert «une formation récifale composée de rhodolites (des algues calcifiées, NDLR) à l'endroit même où Total envisage de forer des puits d'exploration pétrolière», à plus de 180 mètres de profondeur et à 120 kilomètres au large des côtes brésiliennes, indique Greenpeace.

    «Le géant pétrolier affirmait pourtant, dans un document remis aux autorités brésiliennes en février, que la formation récifale la plus proche de ses concessions se trouvait à 8 kilomètres», affirme l'ONG environnementale. Cette découverte intervient au moment où l'Agence environnementale brésilienne devait rendre un avis - favorable ou non - sur la volonté du groupe français de forer à cet endroit. Contacté par Le Figaro, Total s'est refusé à tout commentaire.

    Des blocs pétroliers obtenus aux enchères

    Le récif accueille de nombreux animaux marins.
    Le développement d'un tel récif est surprenant car les embouchures des grands fleuves, caractérisées par des courants importants, de nombreux sédiments et des eaux peu claires, ne sont en général pas propices au développement de coraux. Greenpeace critique les projets de Total dans la région, pointant du doigt les dangers que représenterait une marée noire pour les coraux et demande une sanctuarisation de la zone.

    Total, au même titre que BP, a acquis des blocs pétroliers dans l'embouchure de l'Amazone lors d'enchères en 2013, mais n'a toujours pas obtenu la licence environnementale des autorités locales. En août, l'Institut brésilien pour l'environnement (Ibama) a réclamé des informations complémentaires au sujet de l'étude d'impact environnementale fournie par l'entreprise française, jugée «insuffisante». Total a répondu à la demande de l'Ibama fin janvier. Le groupe attend désormais la réponse de l'institut environnemental dans les prochaines semaines.

    Source: www.lefigaro.fr/sciences - Auteur: Yohan Blavignat


    19/04/18 - Les « forêts urbaines », essentielles aux villes de demain

    Les zones urbanisées occupent environ 10 % des surfaces terrestres, une proportion qui ne cesse de croître. Ces espaces constituent les milieux de vie de plus de 50 % de la population mondiale et contribuent de manière importante au changement climatique.

    Face à ces réalités, des efforts de plus en plus importants sont engagés dans de nombreuses villes pour améliorer la qualité de vie et limiter les contributions de ces espaces aux changements globaux, grâce notamment à des plans d’adaptation au changement climatique et en faveur de la biodiversité.

    Parmi ces actions, l’accroissement de la place accordée aux arbres, avec l’objectif d’évoluer vers de véritables « forêts urbaines », représente une contribution majeure.

    Les services des arbres aux villes

    En ville, les arbres rendent de multiples services écologiques.

    Ils améliorent la qualité de l’air en absorbant des polluants et en fixant des particules fines ; ils participent à l’atténuation du réchauffement climatique global en stockant du gaz carbonique. Ils permettent aussi de lutter contre les phénomènes d’îlot de chaleur urbain grâce à l’ombrage qu’ils fournissent lors des fortes chaleurs et à l’évapotranspiration des eaux pluviales.

    Ils représentent également un support de biodiversité, permettant la présence de multiples espèces de champignons, plantes, insectes, oiseaux, petits mammifères, et forment des trames vertes assurant la connexion avec les espaces forestiers plus naturels. Et ils participent à la diversité et à la qualité des paysages urbains, en apportant des variations de couleurs et de formes, rompant ainsi la monotonie des espaces minéralisés.

    Ils contribuent aussi à marquer l’histoire des villes, par des arbres considérés comme patrimoniaux, témoins d’évènements remarquables, heureux ou tragiques.

    Ils contribuent enfin au bien-être et à la bonne santé des populations citadines, qui plébiscitent la présence d’arbres et d’espaces verts boisés à proximité de leurs habitations.
    Récemment labellisé Arbre Remarquable de France, on peut me découvrir en plein coeur de Paris, parc Monceau.

    Des contraintes à prendre en compte

    Des contraintes spatiales liées à la présence d’arbres sont parfois mises en avant pour en limiter l’extension. Il est évident que les arbres prennent de l’espace au détriment d’autres modes d’occupation, comme les habitations, les places de stationnement, les voies de circulation, les réseaux souterrains, etc.

    La gestion des arbres a également un coût, correspondant à leur plantation, suivi, entretien et parfois abattage (arbres dangereux), ainsi qu’au ramassage des feuilles mortes dans les rues en automne qui doit être pris en charge par les municipalités. Mais les aspects positifs liés à leur présence conduisent généralement à accepter sans difficulté ces contraintes.

    D’autres aspects parfois négatifs doivent également être pris en compte. C’est le cas des émissions de composés volatils solubles (ou BVOC pour biogenic volatile organic compounds), dont les taux sont variables selon les espèces, et qui, combinés avec des oxydes d’azote émis par la combustion des hydrocarbures produits par les véhicules, conduisent à la production d’ozone.

    Un site Internet mis en place par l’Université d’État de Californie permet de choisir parmi plus de 200 espèces d’arbres, classées selon leurs propriétés et selon leurs niveaux d’émissions de gaz, les essences les mieux adaptées à chaque situation.

    Il faut aussi noter que les arbres réduisent la circulation de l’air et peuvent ainsi limiter la dilution des polluants par la ventilation, ce qui nécessite de choisir les lieux de leur implantation en connaissance de cause, et évidemment de réduire les émissions de gaz polluants.

    Une autre nuisance importante de certaines espèces d’arbres correspond aux allergies causées par les grains de pollen auxquels est sensible une proportion de plus en plus importante de la population citadine.

    Les principaux arbres allergisants appartiennent aux espèces des familles des bétulacées (aulnes, bouleaux, noisetiers), moracées (mûrier à papier), oléacées (frênes), cupressacées (cyprès) et secondairement aussi des pinacées (cèdres, mélèzes, pins, etc.), salicacées (saules), etc. Ces caractéristiques doivent inciter les services municipaux à leur préférer des espèces de substitution non ou nettement moins allergisantes (érables, copalme, caryer, etc.).
    En France, le Réseau national de surveillance aérologique met à la disposition sur son sitedes informations actualisées sur les émissions de pollens (en fonction des risques par villes et par espèces).

    Des outils d’évaluation nombreux et performants

    Différents outils et autres indices ont été développés dans le monde pour évaluer l’importance des arbres et les services écologiques qu’ils apportent en ville. Un outil d’évaluation globale du couvert ligneux urbain – le green view index (ou indice de verdissement) – a récemment été mis au point par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (dans le cadre de leur projet Treepedia) à partir de l’outil d’observation des rues de Google.

    Il a été appliqué à 27 villes mondiales, dont Paris (seule ville française prise en compte) qui arrive en dernière position (avec un indice de verdissement de 8,8 %). Loin derrière Oslo (28,8 %), Amsterdam (20,6 %) ou Londres (12,7 %) ; ou encore les villes américaines de Montréal (25,5 %) ou New York (13,5 %) ainsi que d’autres grandes villes comme Singapour (29,3 %) ou Sydney (25,9 %). À noter que ce logiciel prend en compte les seuls arbres des rues, ne donnant ainsi qu’une vision partielle de la canopée urbaine.

    Site Treepedia figurant l’indice de verdissement de Singapour, l’un des plus élevés parmi les 27 villes répertoriées. Treepedia, CC BY
    Un outil plus complet et simple à appréhender est l’indice de canopée, correspondant au % de la projection au sol des couronnes des arbres ou groupes d’arbres de plus de 3 m de hauteur sur la zone considérée. De nombreuses villes nord-américaines ont calculé cet indice qui est de 24 % pour New York, 28 % pour Toronto et 29 % pour Boston. Pour la métropole de Lyon, il a été évalué à 27 %.

    Par ailleurs, les services forestiers américains ont développé un logiciel d’évaluation et d’aide à la décision, doté de nombreuses applications, appelé i-Tree. Parmi elles, i-Tree Eco permet d’évaluer les services écologiques rendus par les arbres. Cet outil a été appliqué pour la première fois en France en 2014 à Strasbourg dans le cadre d’une thèse de doctorat. L’outil complémentaire i-Tree Species permet de guider le choix, parmi 1 600 espèces, des arbres les mieux adaptés à chaque situation et chaque objectif.

    Demain, de véritables « forêts urbaines » ?

    De nombreuses villes ont mis en place ces dernières années ou décennies d’ambitieux programmes de plantations ligneuses, dans l’objectif de constituer de réelles « forêts urbaines ».

    En 2012, Montréal s’est ainsi fixé un « plan d’action canopée » très ambitieux prévoyant la plantation de 300 000 arbres d’ici à 2025 pour atteindre un indice de canopée de 25 % (contre 20 % en 2012). Et New York a lancé en 2007 le projet MillionTreesNYC qui visait la plantation d’un million d’arbres.

    En France, la métropole de Lyon a adopté dès 2000 une « charte de l’arbre » pour faire face au changement climatique.

    Celle-ci comporte un « plan canopée » tout à fait exemplaire, qui a conduit à planter 33 000 arbres depuis 2003 ; l’ambition étant de planter dans la métropole lyonnaise pas moins de 40 000 nouveaux arbres d’ici à 2030, en privilégiant une diversité d’essences afin de faire face aux risques et aléas possibles.

    À Paris, une analyse statistique précise des arbres du domaine public a été réalisée en 2010 par l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR). Cet état des lieux, régulièrement mis à jour depuis, fournit des informations très détaillées et cartographiées précisément sur les arbres présents dans la capitale. Le compte actualisé à la mi-avril 2018 est de 200 389 arbres dans les espaces publics (rues, parcs, jardins et cimetières publics), dont un peu plus de 105 000 arbres d’alignement. Il s’y ajoute les quelque 300 000 arbres des 1840 hectares des bois de Boulogne et de Vincennes.

    Toutes ces données sont disponibles depuis 2014 sur le portail Parisdata, qui présente la localisation précise de tous les arbres recensés dans les espaces publics, correspondant à près de 190 espèces différentes (80 % de feuillus et 20 % de conifères), dont les plus importantes sont des platanes, marronniers, tilleuls, érables, sophoras, etc.

    Dans le cadre de son 1er plan climat de 2007, Paris s’était déjà engagé à planter 20 000 arbres intramuros d’ici à 2020 : le 10 000e a été planté le 21 mars 2018 à l’occasion de la Journée internationale des forêts. Elle a en outre lancé en 2016 l’opération « Un arbre dans mon jardin », consistant à offrir des arbres (de 1 à 5 plants) à des particuliers en les conseillant sur le choix des essences les mieux adaptées à chaque contexte, avec un objectif de plantation de 5000 arbres d’ici à 2020.

    Dans le cadre de son nouveau plan « climat air énergie », adopté en novembre 2017, dont l’ambition est de constituer une ville neutre en carbone et 100 % énergies renouvelables d’ici à 2050, Paris prévoit de planter 20 000 arbres supplémentaires d’ici à 2030 et de constituer un canevas de petites forêts urbaines d’ici à 2050.

    Autant d’exemples à suivre et d’opérations à multiplier dans toutes les villes au cours des prochaines décennies pour les faire évoluer vers de réelles forêts urbaines, comme autant de « cités végétales » du XXIe siècle, pour reprendre l’expression de l’architecte futuriste Luc Schuiten.

    Cet article est publié en collaboration avec les chercheurs de l’ISYEB (Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité, Muséum national d’Histoire naturelle, Sorbonne Universités). Ils proposent chaque mois une chronique scientifique de la biodiversité, « En direct des espèces ». Objectif : comprendre l’intérêt de décrire de nouvelles espèces et de cataloguer le vivant.

    Source: theconversation.com - Auteur: Serge Muller, Professeur au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) – Paris - Sorbonne Universités


    19/04/18 - Des recherches chinoises sur le climat publiées dans un journal scientifique international

    La Chine est devenue un leader mondial dans la recherche climatique liée au carbone et dans la recherche écologique, ont déclaré mardi des scientifiques, ajoutant que les récentes découvertes aideront les autres pays à atténuer efficacement les émissions de carbone et à lutter contre le changement climatique à plus grande échelle.

    Ces découvertes clés comprennent entre autres la preuve directe que les grands projets de restauration écologique peuvent améliorer la capacité d'un écosystème à absorber le gaz carbonique et ralentir le taux de réchauffement climatique à l'échelle nationale, selon les résultats publiés mardi dans les « Comptes rendus de l'Académie nationale des sciences » (PNAS, Proceedings of the National Academy of Sciences), journal scientifique international.

    Des scientifiques chinois ont été les premiers à prouver à l'échelle nationale que l'augmentation de la biodiversité peut améliorer la productivité des écosystèmes et augmenter la quantité de gaz carbonique que leur sol peut stocker, selon le journal.

    Ils ont également été les premiers à constater que la productivité des écosystèmes est positivement corrélée avec les réserves de nutriments de la végétation à l'échelle nationale.

    Cette recherche a été effectuée sur quatre grands écosystèmes terrestres – des forêts, des prairies, des terres buissonneuses et des terres agricoles - et des échantillons ont été prélevés dans toute la Chine au cours d'une période de cinq ans, a fait savoir Fang Jingyun, principal scientifique derrière le projet, qui est aussi directeur académique de l'Institut de botanique à l'Académie chinoise des sciences.

    Plus de 350 scientifiques ont recueilli des données sur environ 600000 échantillons prélevés sur plus de 17000 parcelles de terrain, ce qui en fait le plus grand projet écologique d'étude de terrain au monde, a indiqué M. Fang.

    « C'est la première fois qu'un pays asiatique présente des résultats de recherche de cette ampleur dans le PNAS », a-t-il noté.

    « Cela montre que la Chine est devenue un leader mondial dans les domaines liés au cycle du carbone, au changement climatique mondial et à l'écologie ».

    Le projet a élargi le champ académique des sciences écologiques, a créé des données précieuses pour une évaluation plus précise de l'environnement et a renforcé l'influence de la Chine dans la négociation des sujets liés au climat sur la scène internationale, a-t-il affirmé.

    Le projet a également mis en évidence la détermination et le sens des responsabilités de la Chine dans la lutte contre le changement climatique « en examinant de manière approfondie et systématique sa propre situation en matière de carbone », a déclaré M. Fang.

    « Nos résultats ont ouvert de nouvelles perspectives sur l'amélioration de la réduction écologique du carbone grâce à des efforts humains. Ils aideront la Chine et d'autres pays qui font face à des défis écologiques similaires à être plus verts et plus beaux ».

    Les particularités de la Chine sont « d'une grande importance, tant du point de vue scientifique que social », a affirmé Inder Verma, membre de l’Académie nationale des sciences aux Etats-Unis.

    « C'est un moment particulièrement opportun pour examiner la faisabilité de l'atténuation du changement climatique dans le pays et pour voir comment cela s'inscrit dans un contexte plus large de facteurs de changements globaux contemporains qui influencent fortement les écosystèmes de la Chine », a-t-il déclaré.

    Susan Trumbore, une rédactrice du PNAS, a indiqué que les journaux chinois ont apporté « une nouvelle contribution en démontrant un lien direct entre politiques et résultats concernant le carbone du sol dans les terres agricoles ».

    Source: french.china.org.cn


    Mardi 17/04/18 - Déchets plastiques: le hasard fait parfois bien les choses

    Des chercheurs américains et britanniques ont conçu par hasard une enzyme capable de détruire du plastique, ce qui pourrait contribuer à résoudre le problème mondial lié à ce type de pollution, selon une étude publiée lundi.

    Plus de huit millions de tonnes de plastiques aboutissent dans les océans de la planète chaque année, faisant croître les inquiétudes sur la toxicité de ce dérivé du pétrole et sur son impact sur la santé des générations futures et de l'environnement.

    Malgré des efforts en matière de recyclage, la grande majorité de ces plastiques peut perdurer pendant des centaines d'années. Les scientifiques cherchent un moyen de mieux les éliminer.

    Des scientifiques de l'université britannique de Portsmouth et du laboratoire national des énergies renouvelables du ministère américain à l'Energie ont concentré leurs efforts sur une bactérie découverte au Japon il y a quelques années: l'Ideonella sakaiensis.

    Elle se nourrit uniquement d'un type de plastique, le polytéréphtalate d'éthylène (PET) qui entre dans la composition de très nombreuses bouteilles en plastique.

    Les chercheurs japonais pensent que cette bactérie a évolué assez récemment dans un centre de recyclage, car les plastiques n'ont été inventés que dans les années 1940.

    Objectif: l'industrialisation de la destruction des plastiques

    L'objectif de l'équipe américano-britannique était de comprendre le fonctionnement de l'une de ses enzymes appelée PETase, en découvrant sa structure.

    "Mais ils ont été un peu plus loin en concevant par accident une enzyme qui est encore plus efficace pour désagréger les plastiques PET", selon les conclusions publiées lundi dans les Comptes-rendus de l'Académie américaine des sciences (PNAS).

    Des scientifiques de l'université de South Florida et de l'université brésilienne Campinas ont également participé aux expérimentations qui ont débouché sur la mutation par hasard d'une enzyme beaucoup plus efficace que la PETase naturelle.

    Les scientifiques s'activent désormais à en améliorer les performances dans l'espoir de pouvoir un jour l'utiliser dans un processus industriel de destruction des plastiques.

    Source: www.7sur7.be avec Belga


    17/04/18 - Afrique de l'Ouest: la lutte contre l'érosion côtière au sommet de l'agenda

    L’érosion côtière est un phénomène naturel causé par les vents, les tempêtes, les courants, les glissements de terrains. L’extraction de sable pour la construction, dans les fleuves ou les fonds marins, perturbe la morphologie des côtes… un phénomène aggravé par la montée du niveau de la mer liée au réchauffement climatique.

    L'Afrique de l’Ouest est très affectée par l’érosion côtière, aggravée par la montée du niveau de la mer, conséquence déjà visible du réchauffement climatique. De Dakar à Cotonou, la mer grignote les côtes africaines à raison de 1 à 5 mètres par an. Pour lutter contre ce fléau, devenu une priorité, la Banque mondiale et le Fonds pour l'environnement mondial débloquent des millions de dollars.

    Le Bénin, la Côte d'Ivoire, la Mauritanie, Sao Tomé-et-Principe, le Sénégal et le Togo bénéficieront de prêts et de dons de la Banque mondiale d'un montant de 210 millions de dollars pour lutter contre l'érosion côtière et la dégradation du littoral. Les Etats côtiers d'Afrique de l'Ouest sont particulièrement impactés par ce phénomène.

    Selon la Banque mondiale, ce fonds permettra d’ériger des ouvrages de protection des digues, de fixation des dunes, mais aussi de restaurer les zones humides et les mangroves de la zone, de recharger les plages, etc.

    Une réponse globale

    «Ce projet contribuera à réduire les inondations en restaurant les lagunes et les systèmes de drainage et en améliorant la gestion des bassins versants.» La Banque mondiale estime que ces actions permettront de renforcer la résilience de ces zones, qui représentent 42% de l’économie de l'Afrique de l'Ouest.

    Cela nécessite une réponse scientifique et globale. A Saint-Louis du Sénégal, les autorités ont érigé une digue de protection de plus de trois kilomètres pour protéger la vieille ville historique. Mais le phénomène s’est déplacé un peu plus loin sur la côte, quand ce n'est pas dans les pays voisins...

    Le tiers de la population vit sur les côtes

    Un travail de Sisyphe. Rappelons que c’est sur le littoral que sont concentrées la plupart des capitales (Nouakchott, Dakar, Cotonou, Conakry, Freetown, Monrovia, Lomé…). C’est là aussi que vit l’essentiel de la population.

    A Rufisque, au sud de Dakar, la ligne de côte a reculé à certains endroits d’une centaine de mètres. L'avancée de la mer à Saint-Louis du Sénégal a emporté maisons et écoles, et menace la ville historique classée patrimoine mondial. Le Togo a perdu sa route côtière pour la troisième fois en quarante ans et une bonne partie de sa mangrove. Et de nombreux villages installés sur le littoral togolais doivent être déplacés.

    Source: www.ndarinfo.com


    17/04/18 - Avancée dans les batteries lithium-air

    Pour succéder aux batteries lithium-ion actuelles, plusieurs pistes prometteuses sont explorées. Celle du lithium-air vient de progresser vers la mise en production.

    Une batterie Lithium-air qu’est-ce que c’est ? En schématisant, c’est une anode de lithium métallique, une cathode en carbone « mésoporeux » (ce qui crée une énorme surface d’échange) et de l’oxygène comme réactif. L’atome de lithium devient ion lithium Li+ et cède un électron au circuit électrique. L’ion migre dans l’électrolyte vers la cathode. Là, il réagit avec l’oxygène et deux électrons pour former du Li2O2 ou peroxyde le lithium.

    Enorme intérêt de ces batteries lithium air, elles sont plus denses (jusqu’à 5 fois) que les batteries lithium-ion actuelles. Pour une même capacité, c’est un poids 4 à 5 fois moindre, mais également moins de volume. Elles permettent aussi des vitesses de charge plus élevées et n’utilisent que des éléments « simples » que l’on trouve un peu partout sur la terre.

    Trop de limitations jusqu’à présent

    Sauf que, jusqu’à présent, les prototypes de batteries lithium air se heurtaient à des phénomènes d’oxydation, de réactions parasites, etc. En conséquence, il fallait utiliser de l’oxygène pur (ce qui limite l’intérêt s’il faut amener son O2 avec soi). Surtout, le nombre de cycles étaient très limités. La cathode faite de carbone poreux se bouche rapidement avec le Li2O2. De plus, ce dernier oxyde également très rapidement l’anode, la rendant inopérante.

    De gros inconvénients qui pourraient être résolus en grande partie par une équipe de l’Argonne National Laboratory et de l’Université de Chicago. Dans une publication dans la revue Nature, l’équipe a eu l’idée de recouvrir l’anode d’un produit pour la protéger. Mais, cette couche de protection (ou coating) doit également laisser passer les ions Li+ pour que la décharge et la charge se fassent.

    Ce produit, c’est finalement du Li2CO3 (ou carbonate de lithium). Il laisse migrer les ions tout en empêchant le peroxyde de lithium d’oxyder l’anode. Pour la cathode qui se bouche trop rapidement, c’est du MoS2 (ou bisulfure de molybdène) qui sert de catalyseur et évite le phénomène.

    750 cycles et une densité jusqu’à 5 fois supérieure

    Si on rajoute à cela, un électrolyte « classique » composé de C2H6OS (ou diméthylsulfoxyde), on obtient une batterie qui, selon la publication, fonctionne avec de l’air ambiant et tient plus de 750 cycles. Sur ce point, on est encore loin des performances des batteries actuelles. Mais, cela devrait continuer de s’améliorer.

    « La capacité de stockage était d’environ 3 fois celle d’une batterie lithium-ion et une densité 5 fois plus importante devrait être possible facilement, avec de la plus de recherche. La première démonstration d’une vraie batterie lithium-air est un pas en avant important pour les batteries lithium-ion » selon Amin Salehi-Khojin, co-directeur de recherche de l’Université de Chicago.

    Pour autant, pas de fausse joie ou d’espérances trop importantes. En effet, on en est encore pour l’instant à l’étape du laboratoire et des simulations (voir photo d’illustration). Pour autant, la technologie lithium-air vient de rejoindre la partie pour savoir quelle technologie remplacera les batteries actuelles avec tous leurs inconvénients.

    Source: www.leblogauto.com - Rédaction: Thibaut Emme


    Lundi 16/04/18 - Journée de la Terre: c'est pour ce dimanche, voici des astuces écolos

    Journée de la Terre : c'est pour ce dimanche, voici des astuces écolos - Dédiée à l'environnement et célébrée dans des centaines de pays, la Journée de la Terre a lieu ce dimanche. L'occasion de se rappeler quelles astuces permettent de préserver notre planète...

    La Journée mondiale de la Terre est reconnue à l'heure actuelle comme le jour participatif consacré à l'environnement le plus emblématique sur le globe. Elle est de nos jours célébrée par des centaines de millions de personnes dans la plupart des pays du monde. L'objectif global de l'existence du Jour de la Terre est, selon le site officiel earthday.org, de favoriser le développement d'une masse de citoyens consciente des enjeux climatiques : en somme, possédant une connaissance partagée qui donne lieu à l'action collective pour la protection de l'environnement.

    Qu'est-ce que le Jour de la Terre ?

    La Journée de la Terre est une fête célébrée aux Etats-Unis depuis 1970, toujours le 22 avril, en commémoration de la création du mouvement environnementaliste par un sénateur du Wisconsin, Gaylord Nelson. Il y a 47 ans donc, ce dernier a organisé une grande manifestation pour l'environnement et pour réclamer sa prise en compte dans les politiques fédérales américaines. Ce défilé a conduit à l'adoption de plusieurs lois fondatrices comme celles sur la protection de l'air, de l'eau et des espèces menacées, ainsi qu'à la création de l'Agence de protection de l'environnement (EPA).

    Reprise par les Nations unies comme une date forte du calendrier, la Journée de la Terre est devenue un événement à l'échelle mondiale dès 1990, dans environ 140 pays, en mobilisant 200 millions de personnes. Le Sommet de la Terre, autre événement fondateur organisé à Rio en 1992 et ancêtre des conférences de Kyoto ou de la COP21, devrait beaucoup lui aussi à ce 22 avril. Au fil des éditions, et avec quelques années marquantes comme 2000 ou 2006, le Jour de la Terre, désormais prénommé "Journée internationale de la Terre nourricière", est progressivement devenu le principal événement écologiste de la planète, également date anniversaire du tournant écologiste. En 2016, la Journée de la Terre a eu lieu le même jour que la signature de l'Accord de Paris sur les changements climatiques, issu de la COP 21.

    Journée de la Terre 2018

    Comme chaque année, la Journée mondiale de la Terre 2018 aura lieu le 22 avril. Il s'agit cette fois d'un dimanche. Sur son site, l'ONU, qui appelle cette journée "Journée internationale de la Terre nourricière", rappelle l'ADN de cette journée spéciale : "nous rappeler que la Terre et ses écosystèmes nous soutiennent et nous nourrissent durant toute notre vie", mais aussi "sensibiliser le public aux défis auxquels est confrontée notre planète".

    Astuces de la Journée de la Terre

    Célébrée chaque 22 avril, la Journée mondiale de la Terre donne chaque année une occasion aux citoyens de réfléchir aux dommages infligés à la planète... et aux gestes archi-simples de tous les jours pour la préserver. Parmi eux, le fait de privilégier "les circuits courts" en mangeant des produits locaux, mais aussi de saison pour limiter les émissions de polluants et le gaspillage ; le tri de ses déchets ou même le réflexe de rapporter ses médicaments périmés ou non-utilisés à son pharmacien : collectés, ils sont désormais transformés en énergie.

    D'autres astuces à la portée de tous consistent à éteindre la lumière quand on quitte une pièce ; à utiliser les transports en communs, le vélo, le covoiturage ou ses jambes ; à couper l'eau pendant son brossage de dents ou son rasage... Un autre geste vert consiste à louer plutôt qu'acheter, ce qui permet de produire à terme moins de déchets. Et voici pour finir une solution qui pourra paraître loufoque à certain mais se démocratise : adopter une poule ! Le gallinacé est en effet capable de picorer jusqu'à 150 kilos par an de déchets alimentaires. Et vous offrira en retour des oeufs frais tous les matins pour le petit-déjeuner...

    Source: www.linternaute.com - Rédaction: Axelle Choffat


    Vendredi 13/04/18 - Les courants océaniques faiblissent avec le réchauffement climatique

    La circulation des courants océaniques dans l'Atlantique, qui contribuent à la régulation du climat mondial, est à son plus faible niveau en 1.600 ans, en partie à cause du changement climatique, mettent en garde mercredi 11 avril 2018 des chercheurs.

    Deux études parues dans la revue Nature viennent valider l'hypothèse de longue date d'un affaiblissement de la circulation de ces courants connus sous l'acronyme d'AMOC (circulation méridienne de retournement de l'Atlantique). Cet affaiblissement des courants est le fruit de la fonte de la banquise, des glaciers et de plate-formes glaciaires, qui libèrent de l'eau douce, moins dense que l'eau salée, dans l'Atlantique Nord. "L'eau douce affaiblit l'AMOC car elle empêche les eaux de devenir assez denses pour couler", explique à l'AFP David Thornalley, de l'University College London, co-auteur d'une des études.

    Affaiblissement depuis l'ère industrielle

    Cette circulation permanente des eaux marines consiste en une remontée des eaux chaudes des zones tropicales de l'Atlantique vers le Nord grâce au Gulf Stream, réchauffant au passage l'Europe de l'Ouest. Une fois dans l'Atlantique Nord, ces eaux refroidissent, deviennent plus denses et plus lourdes et coulent sous des eaux plus chaudes pour repartir vers le sud. "Si le système continue de faiblir, cela pourrait perturber les conditions météorologiques depuis les États-Unis et l'Europe jusqu'au Sahel et provoquer une hausse plus rapide du niveau des mers sur la côte est des États-Unis", avertit le Woods Hole Oceanographic Institution, qui a participé aux recherches.

    Ces courants marins transportent aussi d'une zone à l'autre des nutriments, de l'oxygène, des larves de coraux ou encore de poissons. Ils contribuent également à la capacité des océans à absorber et à stocker du dioxyde de carbone (CO2), principal responsable du réchauffement climatique. Dans la première étude, David Thornalley et son équipe ont étudié les grains de sable déposés par les courants sur les fonds marins au fil du temps. Plus les grains de sable retrouvés dans les sédiments étaient gros, plus forts devaient être les courants qui les ont transportés. Les résultats révèlent que l'AMOC a été relativement stable entre l'an 400 et 1.850 et a commencé à s'affaiblir au début de l'ère industrielle.

    La seconde étude s'est penchée sur les températures de la surface de l'océan et en déduit que l'AMOC a décliné d'environ 15% au cours des cinquante dernières années, probablement à cause du changement climatique dû à des activités humaines. S'il est difficile de connaître avec certitude le rôle joué par le réchauffement climatique, " le fait que l'AMOC soit resté faible et se soit affaibli au cours du 20e siècle, avec un déclin notable à partir de 1950 environ, est très certainement lié à des facteurs humains", estime David Thornalley.

    La pêche affectée

    Les études ne disent pas si ce système de courants va continuer à perdre en puissance. Si c'est le cas, les conséquences possibles seraient plus de tempêtes l'hiver en Europe ou un déplacement vers le Sud de la ceinture tropicale de pluies. Selon le fond de recherche européen ATLAS, qui a aussi participé aux études, la pêche commerciale pourrait être affectée par des changements de la position et de la profondeur des courants océaniques et certaines régions manqueraient d'eaux riches en oxygène. "Un affaiblissement de l'AMOC peut aussi conduire à des hausses ou des baisses de températures de plusieurs degrés, affectant certaines espèces de poissons importantes (pour l'homme), ainsi que la quantité de plancton, de poissons, d'oiseaux et de baleines", estime-t-il dans un communiqué.

    De plus, si les courants marins perdent encore en force, cela conduirait à "laisser plus de dioxyde de carbone dans l'atmosphère, où il contribue au réchauffement climatique", ajoute David Thornalley, alimentant ainsi le cercle vicieux. Ces résultats impliquent que des modèles utilisés pour élaborer des scénarios pour le réchauffement climatique ont certainement sous-estimés le rôle d'un AMOC affaibli, selon ces études.

    Source illustrée: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/climat avec l'AFP


    13/04/18 - Climat: accord historique pour le transport maritime

    Malgré l'opposition des Etats-Unis, les 170 pays membres de l'Organisation maritime internationale se sont engagés à réduire de moitié leurs émissions de CO2.

    Le transport maritime ne sera plus la dernière exception aux accords internationaux sur le climat. Les 170 pays membres de l'Organisation maritime internationale (OMI) réunis cette semaine à Londres se sont finalement mis d'accord vendredi et ont pris l'engagement de réduire «d'au moins 50 %» les émissions de gaz à effet de serre du secteur d'ici à 2050. Cet accord «est un progrès majeur, estime Tristan Smith, spécialiste de l'énergie et du transport maritime à l'University College de Londres. Le secteur maritime a pris pour la première fois un engagement pour lutter contre le réchauffement, le rapprochant des objectifs de l'accord de Paris».

    L'objectif de réduire les émissions de 50 % est moins contraignant que la diminution de 70 % que souhaitait l'Union européenne, mais cela inscrit tout de même le transport maritime dans le cadre des objectifs de l'accord de Paris de 2015, qui vise à limiter le réchauffement à moins de deux degrés au-dessus des niveaux préindustriels.

    Aujourd'hui, les navires de transport, avec en tête les porte-conteneurs et les pétroliers géants, représentent environ 3 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Une contribution modeste au réchauffement climatique en cours, mais la croissance continue du trafic maritime mondial, qui compte déjà plus de 50.000 navires, annonçait une hausse très forte des émissions dans les années à venir si rien n'était fait. De plus, les navires brûlent du fioul lourd, riche en soufre et donc particulièrement polluant.

    Les «réserves» des États-Unis et de l'Arabie saoudite
    En 2016, le secteur de l'aviation civile, qui, lui non plus, n'était pas contraint par les accords internationaux sur le climat, avait décidé de réduire les émissions des avions de transport. Même si la réduction des émissions de CO2 était bien l'objectif affiché de la réunion de l'OMI à Londres cette semaine, personne n'aurait parié sur l'obtention d'un accord. De nombreuses ONG critiquaient en effet le mode de fonctionnement de l'organisation internationale dépendant de l'ONU, où une poignée de nations, celles qui représentent les principaux pavillons de complaisance dans le monde (Bahamas, îles Marshall, Liberia, Malte et Panama) avaient un poids disproportionné dans les débats.

    Mais l'espoir est venu avec le changement de position des îles Marshall, un poids lourd dans le transport maritime international, mais un minuscule archipel au milieu du Pacifique dont la survie est menacée par la montée des océans entraînée par le réchauffement. Sous la direction de son ministre des Affaires étrangères, Tony deBrum, le pays avait pris la tête en 2015 des nations voulant appliquer enfin des règles plus contraignantes pour le secteur maritime, avec l'objectif d'une baisse de 70 % pour 2050. Une initiative soutenue par l'Union européenne, avec un argument de poids: l'Europe menaçait d'agir unilatéralement si aucun accord n'était obtenu à Londres. Le Japon était d'accord pour une baisse de seulement 50 %, avec une échéance reportée à 2060.

    Changements technologiques majeurs

    À la fin, c'est un compromis qui a été trouvé à Londres. D'après un observateur, le Brésil, Panama et l'Argentine ont fini par se ranger à la position majoritaire, et les seuls pays qui ont vraiment essayé de bloquer l'accord ont été l'Arabie saoudite et les États-Unis. Mais le royaume saoudien, qui héberge les plus grandes réserves de pétrole au monde, et les représentants de l'Administration Trump, opposée aux accords de Paris sur le climat, n'ont pas osé demander un vote, qu'ils auraient perdu, lors de l'assemblée plénière. Ils ont seulement exprimé des «réserves» à l'ensemble du texte qui a été adopté sans vote.

    Avec l'objectif de diviser les émissions de CO2 par deux en 2050, le transport maritime va devoir faire des changements technologiques majeurs. Cette trajectoire est en effet inatteignable en conservant des navires au fioul, et il faudra donc utiliser rapidement des carburants propres. En phase de transition, les navires devraient utiliser d'abord du gaz naturel liquéfié, qui permet de réduire les émissions. Mais à partir de l'horizon 2030, les nouveaux navires devront utiliser des carburants n'émettant plus du tout de gaz carbonique, comme l'hydrogène, de l'ammoniaque ou des biocarburants. L'électricité, avec des batteries, n'est une alternative que pour de courtes distances, pas des transports d'un continent à l'autre.

    Source: www.lefigaro.fr/sciences


    Jeudi 12/04/18 - Changement climatique: doucement mais sûrement, le plus vaste désert du monde s'étend

    Le Sahara, plus vaste désert du monde, a grandi de 10% en un peu moins d'un siècle. Une expansion qui serait due en partie au réchauffement climatique.

    Le plus grand désert chaud du monde, le Sahara, a grandi de 10% en près d'un siècle. Ce constat a fait l'objet d'une étude de l'université du Maryland publiée dans le Journal of Climate. Le Sahara occupe la majeure partie du nord de l'Afrique. Au sud, le désert est bordé par le Sahel, une région semi-aride qui sépare le désert des savanes fertiles du sud. Or, les scientifiques ont étudié les précipitations de 1920 à 2013 et ils se sont aperçus que le Sahara s'étend à mesure que le Sahel recule, perturbant, par la même occasion, les écosystèmes fragiles des prairies et la vie des habitants de la région.

    La responsabilité du changement climatique

    L'expansion du Sahara serait due en grande partie au réchauffement climatique. Ainsi, d'après les chercheurs, le changement climatique explique pour un tiers cette extension du désert. "Les déserts se forment généralement dans les régions subtropicales à cause de la circulation de la cellule Hadley (circulation atmosphérique fermée NDLR), à travers laquelle l'air monte à l'équateur et descend dans les régions subtropicales, explique dans un communiqué, Sumant Nigam, professeur à l'université du Maryland et principal auteur de l'étude. Le changement climatique est susceptible d'élargir la circulation de la cellule Hadley, provoquant l'élargissement vers le nord des déserts subtropicaux." Pour le professeur, l'expansion du Sahara vers le sud, suggère quant à lui des explications supplémentaires comme des variations de la température de l'océan, qui surviennent selon des cycles de 50 à 70 ans, tels que l'AMO (ou OAM en anglais).

    Les déserts sont définis par le peu de précipitations annuelles qu'ils connaissent. Généralement cela représente moins de de 100 mm de pluie par an. Mais les scientifiques ont noté que les pluies se sont réduites au cours des 93 années durant lesquelles s'est déroulée l'étude. "Le lac du Tchad se dessèche. Ceci est un signe très visible de la réduction des précipitations, non seulement localement, mais dans toute la région", s’alarme ainsi Sumant Nigam. L'expansion la plus notable du Sahara a été observée pendant l'été, en saison humide. Ainsi, les scientifiques ont pu constater que le Sahara s'étend de 16% durant cette période. Au contraire, en hiver, la saison sèche, le désert est moins étendu.

    Un exemple pour le reste du monde

    "Nos résultats sont spécifiques au Sahara mais ils ont probablement des implications pour les autres déserts du monde", explique le professeur Sumant Nigam. Ce qui inquiète les scientifiques, c'est la probabilité que d'autres déserts de la planète puissent également s'étendre, réduisant ainsi les surfaces de terres arables.

    "Avec cette étude, notre priorité était de documenter les tendances à long terme des précipitations et de la température au Sahara. Notre prochaine étape sera de regarder ce qui conduit ces tendances, pour le Sahara et ailleurs, explique Nathalie Thomas, une étudiante diplômée en sciences atmosphériques et océaniques à l'Université du Maryland et auteur principal du rapport. Nous avons déjà commencé à regarder les températures saisonnières en Amérique du Nord, par exemple. Ici, les hivers se réchauffent, mais les étés sont à peu près les mêmes. En Afrique, c'est l'inverse, les hivers sont stables mais les étés se réchauffent. Donc, les contraintes en Afrique sont déjà plus marquées."

    Source : www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/climat - Auteur: Aurélia Payelle


    12/04/18 - Belgique: près de 2.800 panneaux photovoltaïques bientôt installés dans le Hainaut

    Une centrale photovoltaïque composée de 2.777 panneaux va être aménagée sur le site des Nouveaux Ateliers mécaniques à Morlanwelz, a confirmé jeudi la porte-parole de la Spaque, l'organisme d'intérêt public qui porte le projet. L'ensemble du site a été réhabilité et les panneaux photovoltaïques seront installés progressivement sur la passerelle où était autrefois situé l'ancien crassier.

    Les panneaux seront fixés au sol sur une superficie de 1,34 hectare. La centrale aura une puissance de 750 kilowatt-crête. Sa production annuelle, estimée à 750.000 kilowatt-heure, couvrira la production moyenne annuelle de 215 ménages.

    Propriété autrefois d'une usine de fabrication mécanique, le site a été réhabilité entre 2008 et 2013 suivant différentes phases. Sur l'ancien crassier, un réseau de drains a été installé ainsi que diverses infrastructures techniques et une station d'épuration.

    La centrale devrait commencer à fonctionner dès le début de l'été.

    Source: www.7sur7.be avec Belga


    12/04/18 - Gaz et pétrole: la Nouvelle-Zélande n'accordera plus de permis d'exploration offshore

    Wellington (Nouvelle-Zélande) - La Nouvelle-Zélande va renoncer à toute nouvelle exploration pétrolière ou gazière offshore afin de lutter contre le réchauffement climatique, a annoncé le gouvernement, que l'opposition a d'emblée accusé de "vandalisme économique".

    "Nous prenons une mesure importante pour nous attaquer au changement climatique et créer un avenir propre, vert et durable pour la Nouvelle-Zélande", a annoncé la Première ministre Jacinda Ardern (centre gauche).

    L'industrie pétrolière et gazière néo-zélandaise génère chaque année 2,5 milliards de dollars néo-zélandais (1,4 milliard d'euros), dont 1,5 milliard pour les seules exportations. Elle emploie 11.000 personnes.

    A l'instar de la Nouvelle-Zélande, la France a également amorcé une sortie des énergies fossiles, son Parlement ayant adopté en décembre un projet de loi sur la fin de la recherche et l'exploitation des hydrocarbures en France d'ici 2040.

    Mme Ardern a cependant précisé que cette décision ne portait pas sur les permis d'exploration et de forage déjà accordés, ce qui fait qu'aucun emploi actuel ne serait affecté.

    Elle a également annoncé une limitation des nouveaux permis inshore qui seraient octroyés dans la région de Taranaki, sur l'île du Nord, où se concentre le secteur pétrolier et gazier néo-zélandais.

    "Nous visons un juste équilibre pour la Nouvelle-Zélande. Nous protégeons un secteur existant et nous protégeons du réchauffement climatique les générations futures", a-t-elle dit.

    Les questions environnementales avaient été l'an passé au coeur de la campagne de Mme Ardern qui a formé une coalition avec les Verts.

    Décision sans fondement

    Elle a indiqué avoir été témoin des impacts du réchauffement climatique en visitant le mois dernier les Samoa et les Tonga qui ont récemment été frappés par un violent cyclone. Elle a estimé que la Nouvelle-Zélande se devait d'être à la pointe du combat contre le réchauffement climatique.

    "Nous avons été leaders mondiaux sur des sujets importants, en nous tenant à l'écart du nucléaire, en étant les premiers à soutenir le droit de vote pour les femmes", a-t-elle rappelé.

    "Maintenant, nous pourrions être un leader mondial en neutralisant les émissions de carbone. Nous le devons aux générations futures."

    Le gouvernement néo-zélandais a indiqué qu'il y avait actuellement 31 permis d'exploration gazière et pétrolière, dont 22 offshore.

    Des associations environnementales ont salué cette décision, Greenpeace affirmant notamment: "La tendance s'est irrémédiablement retournée contre les Supermajors en Nouvelle-Zélande."

    "C'est un grand pas en avant pour la Nouvelle-Zélande et un tournant dans la transition vers une économie fondée sur les énergies propres", a déclaré de son côté la directrice de WWF en Nouvelle-Zélande, Livia Esterhazy.

    Mais l'opposition conservatrice du Parti national a accusé Mme Ardern de "vandalisme économique" qui pourrait mettre en péril des milliers d'emplois.

    Le député Jonathan Young a indiqué que le gaz contribuait à l'indépendance énergétique du pays et observé que la décision du gouvernement signifiait que la Nouvelle-Zélande devrait d'ici 10 ans importer des ressources beaucoup plus polluantes comme le charbon quand les réserves gazières seraient épuisées.

    "C'est une décision sans fondement qui n'a rien à voir avec le changement climatique", a accusé le responsable des questions énergétiques au sein de l'opposition. "Cela ne fera que déplacer ailleurs le lieu de production, ça ne réduira pas les émissions."

    L'organisation professionnelle Petroleum Exploration and Production NZ (PEPANZ) a dénoncé une absence de consultation.

    "Nous rejoignons maintenant le Belize, le Costa Rica et la France dans le club très fermé des pays interdisant l'exploration", a ironisé son directeur général Cameron Madgwick sur TV3. "Je ne crois pas que ce soit la direction que le monde ait choisie."

    Mais Mme Ardern a indiqué que cette décision laissait beaucoup de temps au secteur pour se retourner.

    "Les transitions doivent débuter à un moment et si nous ne prenons pas aujourd'hui des décisions qui se ressentiront dans 30 ans, le choc sera rude", a-t-elle dit.

    Source: www.romandie.com avec l'AFP


    12/04/18 - La pollution à l’ozone menace aussi nos assiettes

    Présent dans la stratosphère – cette partie de l’atmosphère située entre 15 et 30 kilomètres d’altitude au-dessus de la surface du globe – sous la forme d’une couche, l’ozone, gaz bien connu, protège la vie terrestre du rayonnement ultraviolet. Mais lorsqu’il se trouve dans la troposphère – partie la plus basse de l’atmosphère, s’étendant de 8 à 14 kilomètres d’altitude – l’ozone pose problème pour notre santé et celle des végétaux.

    Troisième gaz à effet de serre, après le dioxyde de carbone et le méthane, l’ozone constitue en effet l’un des polluants atmosphériques les plus phytotoxiques (toxiques pour les plantes), causant des dommages importants sur les cultures agricoles dans le monde entier.

    Un mélange de polluants

    Ceci est dû notamment au fait que l’ozone est un polluant atmosphérique secondaire : il n’est pas émis directement mais se forme lorsque d’autres polluants primaires – essentiellement les oxydes d’azote (NOx), le monoxyde de carbone (CO) et les composés organiques volatils (COV), principalement liés à la combustion d’énergies fossiles par les transports, l’industrie et la production d’électricité – subissent des réactions photochimiques dans des conditions ensoleillées.

    Le temps nécessaire pour que ces réactions photochimiques se produisent (plusieurs heures) signifie que les concentrations d’ozone sont souvent plus élevées en aval des centres urbains et industriels.

    Par conséquent, certaines grandes régions agricoles situées à proximité de ces centres enregistrent fréquemment des concentrations élevées d’ozone, comme le Midwest des États-Unis, une grande partie de l’Europe continentale, les plaines indo-gangétiques – celles de l’Asie du Sud en particulier – et la région côtière orientale de la Chine.

    Dans ces régions, les concentrations d’ozone atteignent régulièrement un niveau assez élevé pour affecter la physiologie, la croissance et le rendement des cultures. Il arrive également que le transport hémisphérique de l’ozone et de ses précurseurs entre en jeu et que les émissions d’un continent influencent les concentrations d’une autre région du monde. Les émissions nord-américaines peuvent ainsi affecter les rendements en Europe).

    L’ozone pénètre dans les feuilles par les stomates (les pores qui facilitent l’échange gazeux) où il génère, par réaction avec des composants cellulaires, un fort stress oxydatif. Les symptômes incluent aussi bien des lésions foliaires visibles, telles que le jaunissement (chlorose), la tacheture et la mort cellulaire localisée (nécrose), que des changements physiologiques subtils comme le déclin de la photosynthèse et la sénescence prématurée.

    Une situation de plus en plus préoccupante

    En raison des émissions liées aux activités humaines (dites « anthropiques »), les niveaux d’ozone ont doublé depuis l’époque préindustrielle (au milieu du XIXe siècle). Grâce aux contrôles rigoureux de la qualité de l’air, les pics ont diminué au cours des dernières décennies en Europe et en Amérique du Nord.

    Cependant, le « fond d’ozone », qui correspond à la concentration de ce gaz en l’absence de sources anthropiques locales, a augmenté ces dernières années à l’échelle mondiale.

    Dans les pays en développement, en particulier en Asie du Sud et de l’Est, les niveaux sont en hausse et cette tendance se poursuivra au moins jusqu’en 2030, à moins que les émissions de précurseurs de l’ozone (NOx et COV) ne soient réduites de manière significative.

    Il est important de noter que les régions où les niveaux actuels et futurs sont élevés occupent également une place prépondérante dans l’agriculture et la production alimentaire mondiale ; elles peuvent donc être sensibles à l’insécurité alimentaire.

    En Chine et en Inde, la pollution par l’ozone menace déjà la production agricole. En Inde, on estime qu’elle est responsable de quelque 14 % de pertes de rendement pour le blé et 6 % pour le riz.

    Des répercussions socio-économiques considérables

    L’ozone est donc un facteur à prendre en compte dans les liens entre pauvreté, malnutrition, augmentation de la demande alimentaire et changements climatiques, qui mettent en péril la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans certaines de ces régions.

    Il faut également tenir compte du fait que l’instabilité de ces systèmes alimentaires aura des répercussions socio-économiques considérables : sur l’évolution des prix des denrées alimentaires, les revenus agricoles, les comportements des consommateurs ou encore l’équilibre nutritionnel des populations.

    Des études montrent que les pertes de récoltes causées par des facteurs environnementaux frappent les agriculteurs en les poussant à s’endetter et en intensifiant leur charge de travail, tout en [entre hommes et femmes] altérant les relations.

    Dans le même temps, il est impératif de combler les écarts de rendement dans les régions agricoles actuelles et futures afin d’assurer la sécurité alimentaire mondiale.

    Les agriculteurs et les décideurs omettent souvent d’identifier la pollution atmosphérique comme un facteur contribuant à la baisse du rendement des cultures, dans la mesure où les préoccupations relatives à la qualité de l’air concernent généralement les villes et les centres urbains, où la pollution élevée a un impact sur la santé humaine.

    Aujourd’hui, il est important que les médias, les scientifiques et les défenseurs de l’environnement informent au mieux les agriculteurs, le public et les décideurs, en documentant ces risques liés à la pollution par l’ozone, pour identifier par exemple les régions où il est urgent d’agir.

    Intégrer la pollution par l’ozone

    Conscients de ces défis, les scientifiques doivent envisager d’intégrer ce type de pollution dans les prévisions de rendement des cultures saisonnières. Les chercheurs de l’Institut de l’environnement de Stockholm ont ainsi mis au point des outils d’évaluation des risques et des dommages causés par l’ozone pour les cultures.

    Un rapport récent souligne l’importance des réseaux de surveillance dans les zones rurales pour évaluer les concentrations de fond d’ozone et la fréquence des épisodes de forte concentration.

    Ce rapport synthétise des informations provenant de quinze réseaux de surveillance de l’ozone (tels que le Programme européen de surveillance et d’évaluation et de données recueillies par des chercheurs indépendants, ou par des réseaux régionaux ou nationaux.

    Ces réseaux permettront d’intégrer les informations sur ce type de pollution et de fournir des alertes sur les pics d’ozone (qui durent souvent des jours ou des semaines), afin d’aider les agriculteurs à réduire au minimum les pertes de récoltes grâce à des pratiques de gestion appropriées.

    La recherche visant à développer des systèmes agricoles résilients intégrera idéalement dans ses modélisations sur l’adaptation au changement climatique cet aspect ; il s’agira d’éviter les pires effets de la pollution par l’ozone grâce à l’amélioration des pratiques agronomiques et à la sélection des cultures.

    Pour dresser un tableau complet du problème et offrir des solutions efficaces, il est indispensable de bien comprendre les liens et les interactions entre la qualité de l’air, le changement climatique, l’agriculture, l’approvisionnement alimentaire et les implications socio-économiques à l’échelle locale, régionale et mondiale.

    Source: |https://theconversation.com/la-pollution-a-lozone-menace-aussi-nos-assiettes-94834 - Auteurs: Divya Pandey, Research Associate, Stockholm Environment Institute, York, AXA Research Fund - Lisa Emberson, SEI York Centre Director, University of York - Sofie Mortensen, Research Associate, Stockholm Environment Institute


    12/04/18 - L'eau salée des océans produit un très léger champ magnétique

    La constellation européenne Swarm a réussi à enregistrer les variations de ce champ extrêmement ténu, ce qui donne des indications inédites sur les courants en profondeur.

    Les océans, parce qu'ils contiennent du sel, conduisent un peu l'électricité. Lorsque cette eau salée se déplace dans le champ magnétique terrestre, elle se retrouve donc parcourue par un petit courant électrique, comme le stipule la loi de Faraday. Ce courant électrique « mobile » (extrêmement peu intense, rassurez-vous) va à son tour générer un champ magnétique. Ce « magnétisme océanique » est très faible, 20.000 fois plus ténu que le champ magnétique global induit par les mouvements de fer liquide au sein du noyau, qui attire les aiguilles des boussoles. Mais il est mesurable.

    La constellation de satellites européens Swarm a permis d'en dresser la carte la plus fine jamais réalisée à ce jour. Elle a été dévoilée mardi lors de la conférence annuelle de l'Union européenne des géosciences, qui se tenait à Vienne, en Autriche. On remarque immédiatement une variation périodique de son intensité, avec un renversement de sa polarité (il change de sens si vous préférez) qui coïncide avec les cycles lunaires, soit toutes les 12,5, heures environ.

    « Nous avons utilisé Swarm pour mesurer le signal magnétique des marées depuis la surface des océans jusqu'au plancher océanique, ce qui nous donne une image complète de la manière dont les océans s'écoulent, et ce à toutes les profondeurs, ce qui est nouveau », explique Nils Olsen, de l'Université technique du Danemark. « Comme les océans absorbent la chaleur contenue dans l'atmosphère, suivre la manière dont cette énergie est redistribuée et stockée dans l'océan, notamment en profondeur, est très important pour mieux comprendre le changement climatique. »

    Le trio de satellites de l'agence spatiale européenne a aussi permis de réaliser la carte la plus précise à ce jour du magnétisme induit par les roches magnétiques de la croûte terrestre et du manteau supérieur (voir ci-dessus). Ce champ est 200 fois plus intense que celui induit par les océans, mais 100 fois moins que le champ global qui protège notre planète des vents solaires. Sans cette protection magnétique, notre atmosphère aurait depuis longtemps été soufflée par le flux continu de particules chargées qui nous bombarde.

    Source: www.lefigaro.fr/sciences - Auteur: Tristan Vey


    Mercredi 11/04/18 - La Suède inaugure une route électrifiée "unique au monde"

    La Suède a inauguré mercredi une route électrifiée dotée d'un rail à conduction, la "première au monde" selon ses promoteurs, qui permet de recharger la batterie du véhicule en mouvement.

    Long de deux kilomètres, ce tronçon test baptisé "eRoadArlanda" se situe sur une voie du réseau secondaire reliant un terminal fret de l'aéroport international de Stockholm Arlanda et un centre de logistique.

    L'énergie est transférée grâce à un bras amovible situé sous le véhicule qui s'abaisse et entre en contact avec le rail situé au milieu de la voie de circulation.

    En cas d'accident ou de dépassement, le contact entre le détecteur et le rail se lève automatiquement.

    Dans un premier temps, seuls des camions tout électrique des services postaux de PostNord seront équipés pour utiliser l'"eRoadArlanda".

    La plupart des essais de ce genre utilisent la technologie de l'électricité par induction, de manière électromagnétique. L'électricité "aspirée" est ensuite utilisée pour propulser le véhicule ou pour être stockée dans des batteries.

    D'ici à 2030, la Suède ambitionne "d'être l'un des premiers pays développés sans énergies fossiles" dans les transports, a indiqué à l'AFP le ministre suédois des Infrastructures.

    "Tout le monde se rend compte que nous sommes dans une situation où le changement climatique impose de nouvelles exigences pour nos politiques et notre développement, [ce projet] est une façon de trouver des solutions", a ajouté Tomas Eneroth.

    Les transports routiers représentent actuellement plus de 30% des émissions de CO2 en Suède, selon les chiffres officiels.

    Le Français Alstom, avec l'Agence suédoise de l'énergie et Volvo Group, teste de son côté à Göteborg (sud-ouest) un autre système d'alimentation électrique par le sol, initialement développé pour les tramways.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement


    Lundi 09/04/18 - Apple et Google: cibles atteintes en énergies renouvelables

    Pour alimenter leurs immenses et très voraces parcs informatiques et nombreuses tours de bureaux à travers le monde, Google et Apple avaient promis de contrebalancer toute leur consommation par de l'énergie renouvelable. À une semaine d'intervalle, les deux géants ont atteint leur objectif respectif.

    Déjà en 2014, tous les centres informatiques d'Apple étaient alimentés à 100% par de l'énergie renouvelable. Le groupe possède 25 projets d'énergie renouvelable en cours dans le monde, l'équivalent de 626 mégawatts de production électrique, dont un peu moins de la moitié est constituée d'énergie solaire. Il y a deux ans, Apple avait annoncé avoir atteint 93 % de sa consommation par une forme autre que l'énergie fossile ou nucléaire.

    Chez son concurrent Google, le groupe informatique a atteint sa cible de 100% il y a une semaine sur la promesse faite en 2007 d'être entièrement carboneutre.

    Pas si simple...

    Dans les faits, Apple et Google s'approvisionnent encore en énergies polluantes (fossiles, charbon, nucléaire) parce qu'il leur est difficile d'établir la provenance ou la source une fois que l'électricité circule dans les réseaux de transport et de distribution.

    Pour contrebalancer cet achat d'énergies peu propres, les deux groupes utilisent plusieurs stratégies.

    Apple achète sur les marchés des certificats d'énergie renouvelables (REC) qui garantissent la propreté de la source d'énergie. La société investit aussi dans des producteurs d'énergie solaire et éolienne partout sur la planète, construit aussi ses propres centrales. Elle signe également des contrats d'achat d'énergie propre à long terme.

    Depuis l'an dernier, Google ajoute sur le réseau électrique un kilowatt heure (kW-h) d'énergie solaire et éolienne pour chaque kilowatt heure consommé par ses activités. Comme Apple, Google réduit graduellement sa dépendance aux énergies fossiles dans le monde en s'approvisionnant à des sources renouvelables.

    À ce jour, Google détient une vingtaine de contrats d'approvisionnement d'une puissance équivalent à 2,6 gigawatts d'électricité de production solaire et éolienne dans le monde.

    Source: fr.canoe.ca avec l'Agence QMI - Rédaction: André Boily


    Dimanche 08/04/18 - Des chercheurs tirent une dernière fois la sonnette d’alarme: la banquise Arctique est en danger !

    Des chercheurs américains ont mené une étude, dont le rôle est certainement de tirer une dernière fois la sonnette d’alarme avant que l’Arctique perde totalement sa banquise. En effet, l’Arctique pourrait bientôt connaître son tout premier été sans glace.

    Il y a deux mois, les températures relevées dans l’Arctique ont battu des records de « chaleur » en dépassant les 0 °C durant plusieurs jours. Rappelons que dans l’accord de Paris de 2015, il est stipulé que l’objectif est de « contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et de poursuivre l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels. »

    Le fait est qu’une nouvelle étude parue le 2 avril 2018 dans la revue Nature Climate Change estime qu’une simple différence de 0,5 °C pourrait signer la fin de la présence de glace dans l’Arctique. Alexandra Jahn, scientifique de l’Université du Colorado (États-Unis) responsable de l’étude, estime que les probabilités de connaître un été sans glace en Arctique en 2100 seront réduites de 100 % à 30 % dans le cas où l’augmentation des températures ne dépasse pas les 1,5 °C.

    Cela revient à dire que si ce chiffre est dépassé, nous aurons environ 70 % de risques de voir l’Arctique dépossédé de sa banquise d’ici la fin de ce siècle. Une seconde étude menée cette fois par Michael Sigmond de l’Université de Toronto (Canada) confirme les conclusions d’Alexandra Jahn. Par ailleurs, cette étude est parue le même jour et également dans la revue Nature Climate Change.

    L’an dernier déjà, il a été prouvé que la calotte glaciaire de l’Arctique fondait à une vitesse jamais égalée depuis 1500 ans. En effet, le pourcentage de glace ancienne composant la banquise, c’est-à-dire celle survivant à chaque été avait chuté à 21 % alors que ce même chiffre était de 45 % en 1985 !

    Source: sciencepost.fr - Rédaction: Yohan Demeure


    Vendredi 06/04/18 - Reconnaître le statut des réfugiés climatiques

    Pendant combien de temps encore les responsables politiques des pays riches vont-ils continuer à faire l’impasse sur l’un des bouleversements majeurs de notre époque dans l’élaboration des budgets et des stratégies de leurs Etats ? Les changements climatiques sont à l’origine de l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes. Sécheresses, inondations, typhons, cyclones sont autant de catastrophes naturelles qui devraient continuer à se multiplier dans les décennies à venir, provoquant la migration de la population.

    Jusqu’à une certaine époque, le terme réfugié était lié aux personnes déplacées pour causes de conflits ou d’opinions ; on parlait ainsi de « réfugié de guerre » ou de « réfugié politique ». Mais depuis quelques années, une nouvelle vague de réfugiés a fait irruption sur la planète : « les réfugiés climatiques ». Est considéré comme réfugié environnemental ou climatique,  toute personne forcée de quitter son habitation traditionnelle d’une façon temporaire ou permanente à cause d’une dégradation nette de son environnement qui bouleverse son cadre de vie et déséquilibre sérieusement sa qualité de vie.

    Si le terme est apparu pour la première fois en 1985, dans un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement, il n’existe à ce jour dans le monde aucun statut juridique pour les déplacés environnementaux. La Suède fait toutefois figure de pionnière en la matière en reconnaissant, depuis 2005, le droit à la protection pour les personnes victimes de catastrophes environnementales. Depuis 2009, une quarantaine de pays africains a également ratifié la convention de Kampala sur la protection et l’assistance des déplacés environnementaux inter-Afrique.

    De nombreux rapports annuels pour les réfugiés montrent, depuis plusieurs années, qu’il y a plus de réfugiés climatiques que de réfugiés liés aux conflits dans le monde. Et ce n’est que le début : l’ONU prévoit deux cent cinquante millions de réfugiés climatiques dans le monde en 2050, et d’autres textes évoquent même le chiffre d’un milliard.

    Rappelons que le premier droit de chaque être humain est de pouvoir vivre en paix chez soi. Or, le dérèglement climatique que nous connaissons remet en cause ce droit, et il est totalement illusoire de penser que cela va s’arrêter demain puisque nous ne subissons aujourd’hui que les tout premiers impacts de ce dérèglement.

    Plutôt que de nier cette réalité, les gouvernants des pays riches, qui sont les plus pollueurs de la planète, devraient tout mettre en œuvre pour la gérer au mieux. Aucun mur, aucune déclaration, n’y viendra à bout. En revanche, en aidant les pays et les communautés les plus vulnérables à s’adapter, ils leur offrent l’opportunité de modérer les conséquences déstabilisatrices du choc climatique.

    L’ancien président français, François Hollande, qui avait compris la gravité du problème, déclarait ceci sur le sujet : « Il y a déjà, aujourd’hui, davantage de réfugiés climatiques que de réfugiés de guerre. Quelque 80% d’entre eux vivent dans les pays du Sud, mais vont-ils y rester ? Si nous ne parvenons pas à un accord à Paris, ils seront encore plus nombreux dans dix, vingt ou trente ans ».

    Les migrations climatiques peuvent être temporaires, comme après une catastrophe naturelle. Elles peuvent aussi devenir tout ce qu’il y a de plus définitif. C’est le destin tragique auquel sont promis les habitants de certains États insulaires. Car l’option de la disparition totale de certains territoires est désormais envisagée par les climatologues.

    Source: ADIAC - Agence d'Information d'Afrique Centrale - Auteur: Boris Kharl Ebaka


    06/04/18 - 100% d'énergie renouvelable: le Portugal y est presque

    En mars 2018, pendant 139 heures (presque 6 jours) la consommation d'électricité portugaise a été entièrement assurée par les énergies renouvelables. Celles-ci ont même atteint l'équivalent de 103,6% de la consommation mensuelle électrique cumulée du Portugal.

    Le Portugal, nouvel eldorado des énergies renouvelables ? Selon les chiffres de l'exploitant du réseau électrique lusitanien (Redes Energeticas Nacionails), avec 103,6%, les sources d'énergies renouvelables du pays produites en mars (4812 GWh) ont dépassé la consommation électrique cumulée du Portugal (4647 GWh). Cette production mensuelle totale d'énergies renouvelables a empêché l'émission de 1,8 million de tonnes de CO2, selon l'association portugaise des énergies renouvelables.

    Ces chiffres étonnants représentent le cumul sur un mois: en l'absence de stockage de l'énergie d'origine renouvelable produite, il y a eu des périodes où des centrales électriques thermiques (à combustible fossile) et/ou des importations ont été nécessaires pour compléter l'approvisionnement en électricité au Portugal.

    Un pic de production égal à 143% de la consommation électrique

    Mais ces déficits ont été contrebalancés par un surcroît de production d'énergies vertes à d'autres périodes. Le 14 mars, un pic a même été atteint, le pays ayant généré 143% de sa consommation électrique grâce aux énergies vertes.

    Il n'en reste pas moins que le pays a pu se reposer pendant presque six jours sur ses seules sources d'énergies renouvelables. À partir du 9 mars d'abord, pendant une période de 70 heures, puis à nouveau le 12, durant 69 autres heures, la consommation portugaise a été entièrement assurée par des sources d'énergie non-fossiles. Soit au total, 139 heures et presque six jours pendant lesquels le pays a fonctionné à 100% grâce aux énergies vertes.

    Le prix moyen de gros de l'électricité a baissé

    Les grandes contributrices à ce "miracle" énergétique portugais ont été l'énergie d'origine hydro-électrique (les barrages) et les éoliennes qui ont représenté respectivement 55% et 42% des besoins de consommation. L'énergie éolienne est une source d'énergie très importante au Portugal: l'éolien couvrait 23,3 % de la consommation d'électricité du pays sur la période de mi-2016 à mi-2017, taux qui le situe au troisième rang européen derrière le Danemark et l'Irlande et devant l'Espagne.

    Claude Turmes, eurodéputé luxembourgeois Vert, s’est félicité de ces progrès "impressionnants". Ils prouvent selon lui que l’UE devrait hausser son objectif en termes de renouvelables, actuellement fixé à 27 % d’ici 2030, rapporte le site euractiv.fr.

    Cette forte pénétration des énergies renouvelables a eu une influence positive sur le prix moyen du marché journalier en mars 2018, qui était de 39,75 euros/MWh. Ce prix est inférieur à la même période de l'année dernière (43,94 euros/MWh) lorsque le poids des énergies renouvelables dans la consommation d'électricité nationale se limitait à 62%.

    Le seul bémol de la situation énergétique portugaise tient à sa situation géographique (avec pour seul voisin, l'Espagne) et, corrélativement, sa faible interconnexion aux autres réseaux d'électricité européens qui lui permettrait d'exporter son surplus d'énergie renouvelable.

    Source: bfmbusiness.bfmtv.com - Rédaction: Frédéric Bergé


    Jeudi 05/04/18 - Indonésie: L’île de Bornéo en état d’urgence après une marée noire

    Menacée par une marée noire de grande ampleur, l’Indonésie a décrété l’état d’urgence sur l’île de Bornéo.

    L’Indonésie a déclaré l’état d’urgence suite à une marée noire qui s’étale dans les eaux de la ville portuaire de Balikpapan, sur la côte orientale de l’île de Bornéo (Asie du sud-est). La nappe de pétrole menace de causer d’énormes dégâts environnementaux.

    Menace écologique...

    La tache noire ne cesse de s’étendre depuis samedi 31 mars. Selon les médias indonésiens, sa superficie actuelle, qui est d’environ 18 kilomètres carrés, inquiète les autorités. Une catastrophe qui a déjà fait quatre morts. En effet, des pêcheurs se sont retrouvés prisonniers des flammes lorsque le carburant s’est enflammé. Un autre marin est toujours porté disparu ce mercredi 4 avril.

    La cause de ce déversement au large de Bornéo reste encore inconnue. Néanmoins, une des pistes serait qu’elle a été provoquée par un transporteur de charbon en vrac qui acheminait sa cargaison depuis l’Indonésie vers la Malaisie. Une autre hypothèse veut que le pétrole provienne de la raffinerie pétrolière Pertamina. Cette dernière possède en effet des oléoducs sous-marins qui traversent la baie. Bien que Pertamina ait nié être responsable de la fuite, des échantillons ont été prélevés.

    ... et sanitaire

    Outre la contamination de la mer, la substance pollue également l’atmosphère. Depuis les débuts de la marée noire, des centaines de personnes souffrent de problèmes de santé. Ils ont été provoqués par l’épaisse fumée noire qui s’échappe du pétrole.

    C’est la ville portuaire de Balikpapan, qui compte 700.000 habitants, qui est la plus touchée. Nombre de ses habitants ont signalé des symptômes de nausées, de vomissements et de problèmes respiratoires après que le déversement ait pris feu. Ainsi, selon les médias locaux, relayés par The Guardian, les autorités de Balikpapan ont décidé de distribuer des masques pour aider les résidents à faire face à l’odeur. Mais surtout, diminuer le risque d’intoxication.

    Si l’impact environnemental de cette marée noire n’a pas encore été évalué, les dégâts environnementaux et sociétaux s’annoncent déjà conséquents.

    En effet, le mode de vie des pêcheurs, qui ont l’habitude de sortir tous les jours en mer, a déjà été affecté. Enfin, pour ajouter à la catastrophe, les autorités ont déclaré ce mardi qu’il y avait un risque accru de nouveaux incendies à mesure que le pétrole s’étalait. Ainsi, selon la BBC, ils ont donc mis en garde la population locale contre toute activité « qui pourrait déclencher des incendies ».

    Source: www.minutenews.fr/environnement (Flora)



    Mercredi 04/04/18 - Peu à peu, EDF se désengage des énergies sales

    Le groupe public vient d'arrêter sa dernière grande centrale électrique au fioul. Ses centrales à charbon fermeront d'ici à 2022.

    EDF poursuit la fermeture de ses centrales au fioul qu'il a programmée sur la période 2016-2018, en concertation avec les partenaires sociaux. L'électricien a arrêté le week-end dernier la tranche numéro 3 de son unité de Cordemais (entre Nantes et Saint-Nazaire), la plus grosse unité au fioul de son parc avec une capacité de production de 700 mégawatts (MW). Le groupe public avait déjà fermé l'an dernier près de la moitié de sa capacité de production au fioul, à savoir la tranche numéro 2 de Cordemais et la centrale de Porcheville, à côté de Mantes-la-Jolie dans les Yvelines.

    Outre qu'elle soit polluante, la génération d'électricité à partir du pétrole coûte plus cher en combustible que le nucléaire. Elle est de toute façon peu utilisée par EDF, qui y a recours de manière ponctuelle pour absorber les pics de consommation. Il ne lui reste plus que quelques «petites» centrales de moins de 200MW, qui ensemble pèsent moins de 1% du parc de production national.

    «À un instant t, les sources d'électricité sont sollicitées en fonction de leur impact environnemental et de leur coût: d'abord les énergies vertes (hydraulique, éolien, solaire), qui ne nécessitent pas de combustible, puis le nucléaire et enfin les centrales thermiques» explique-t-on chez RTE, le gestionnaire des lignes à haute tension.

    Comme annoncé l'été dernier par le ministre de la transition écologique Nicolas Hulot, les dernières centrales à charbon françaises (3000 MW) fermeront d'ici 2022. Parmi les centrales thermiques, seules subsisteront celles fonctionnant au gaz. La dernière en date a été mise en service en 2016 à Bouchain, dans le Nord. La programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) ne prévoit pas de développer à l'avenir de nouvelles centrales à gaz.

    Source: www.lefigaro.fr


    Mardi 03/04/18 - Les plantes absorbent la moitié des émissions humaines de mercure

    La moitié des 2.000 à 3.000 tonnes de mercure émises annuellement par les activités humaines est absorbée par les plantes, révèle une étude du CNRS. Une mauvaise nouvelle pour la qualité des eaux douces superficielles polluées par les… feuilles mortes !

    De plus en plus d'études expérimentales menées tant sur le terrain que par modèles informatiques indiquaient que le mercure pouvait être absorbé par les plantes. L'étude publiée ce 2 avril dans Nature géoscience parvient à quantifier l'importance du phénomène. Il aura fallu pour cela que les chercheurs du CNRS et de l'Université Paul Sabatier de Toulouse mobilisent la cinquantaine de stations de mesure de ce polluant toxique tant en milieux forestiers que marins ou urbains. Le mercure fait en effet l'objet d'une surveillance mondiale de ses rejets dans l'atmosphère destinée notamment à vérifier les efforts internationaux de réduction des émissions encadrés par la convention de Minamata.

    En agrégeant les données de cinq stations forestières situées dans l'hémisphère nord, Martin Jiskra et Jeroen Sonke du laboratoire Géosciences Environnement Toulouse (CNRS/UPS/IRD) ont découvert une parfaite corrélation des variations des teneurs en mercure dans l'atmosphère avec celles du CO2. Au printemps et en été, en période de croissance, les plantes absorbent le CO2 et en font diminuer la présence dans l'atmosphère tandis qu'à l'automne, l'arrêt de la photosynthèse provoque une remontée des proportions de ce gaz à effet de serre. Le mercure suivant la même saisonnalité que le CO2, il faut bien en tirer la conséquence que cet élément chimique est lui aussi capté par les feuilles. "

    Les stomates des plantes servent de lieu d'échange de toutes sortes de gaz dont certains à l'état de trace comme le mercure, et cette assimilation n'a pas d'influence sur la photosynthèse car le mercure gazeux se trouve à des teneurs trois milliards de fois inférieures à celles du CO2", détaille Jeroen Sonke.

    Quand elles meurent, les feuilles relâchent le mercure absorbé

    Pour en avoir le cœur net, les chercheurs ont comparé les résultats forestiers avec ceux enregistrés en milieux marins et urbains. C'est ainsi qu'ils ont vérifié les mesures prises dans l'île d'Amsterdam, dans l'Océan Indien, une île qui a la particularité de se trouver à 3000 kilomètres de toute terre et n'est couverte que d'une végétation rase. La station gérée par l'Institut polaire français IPEV révèle ainsi des variations saisonnières du mercure et du CO2 proche de zéro du fait de l'absence de végétation. Quant aux stations urbaines, elles présentent des variations qui n'ont rien à voir avec les saisons et tout avec les activités humaines. Les chercheurs en concluent que la végétation agit bien comme une pompe biologique pour le mercure atmosphérique et joue un rôle prépondérant dans la variation annuelle de ce composé. Selon les estimations les plus précises, l'atmosphère de notre planète contient 5000 tonnes de mercure. Comme les teneurs sont 20% inférieures en été, les chercheurs ont pu en déduire que la végétation absorbait tous les ans 1000 tonnes de mercure.

    Il ne s'agit cependant pas d'un service que les plantes rendraient à l'homme en effaçant ses émissions polluantes. "Finalement les plantes dépolluent l'air, pour ensuite polluer les sols, et par ruissellement les lacs, rivières et océans, détaille Jeroen Sonke. De plus, une fois tombées à l'automne, les feuilles sont dégradées par les microbes, qui renvoient une partie du CO2, et du mercure dans l'atmosphère ". Le cycle du mercure est donc bien plus compliqué que ce qu'on en pensait auparavant, où l'on estimait que seules les pluies et les chutes de neige faisaient retomber au sol le polluant. " Ce mécanisme de l'assimilation du mercure par les plantes n'est pas correctement représenté dans nos modèles mathématiques de qualité de l'air, poursuit Jeroen Sonke. Aussi, nous travaillons avec des modélisateurs pour mieux reproduire la saisonnalité du mercure ". L'équipe va également désormais tenter de déterminer quels sont les milieux naturels (tropicaux, tempérés, boréaux) qui sont les plus absorbeurs de mercure, améliorant ainsi des modèles de prévisions aptes par ailleurs à mieux prendre en compte le réchauffement climatique dans le cycle de ce métal.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/pollution - Auteur: Loïc Chauveau


    03/04/18 - Guyane: le projet controversé d'une mine d'or géante

    Au milieu de la forêt amazonienne, à une heure de vol de Cayenne, des baraquements, comme surgis de nulle part. C'est le camp de base de ce qui sera peut-être la plus grande mine d'or jamais exploitée sur le sol français : 8 km² entre deux réserves naturelles exceptionnelles. À la tête de la compagnie minière la Montagne d'Or, Pierre Paris. Il promet de créer plusieurs centaines d'emplois. Macron pour, Hulot contre Début de l'exploitation prévue en 2022 avec une fosse minière qui descendra jusqu'à 120 mètres de profondeur. C'est le projet d'un consortium russo-canadien. Il promet 780 millions d'euros d'investissement, trois milliards de retombées pour l'économie locale et une extraction respectueuse de l'environnement.

    Pas de quoi rassurer les Jeunesses autochtones de Guyane. Les Amérindiens, qui vivent à une heure du site minier, s'inquiètent des rejets de cyanure, une substance chimique utilisée pour extraire l'or. Quelque 110 associations se sont constituées en collectif contre le projet. Mais la Guyane compte 23% de chômeurs et le projet promet de créer plus de 3 700 emplois directs et indirects. Une perspective qui a de quoi convaincre la majorité des élus locaux. Préserver la forêt ou créer des emplois, le projet divise même au sein du gouvernement.

    Source: fr.news.yahoo.com avec Franceinfo


    03/04/18 - Impact changement climatique: les effets de l’acidification testés en Bretagne et en Polynésie

    L’acidification des océans est une réalité scientifique établie. Comment les huîtres et les poissons s’adaptent-ils à ce phénomène qui devrait s’accentuer ? Des essais sont actuellement menés sur deux générations d’animaux (une génération exposée et sa descendance) dans les bassins de l’Ifremer pour répondre à cette question.

    L’acidification de l’océan résulte de la dissolution du CO2 émis par les activités humaines. L’impact sur la biodiversité marine a déjà été étudié au moins en laboratoire, mais peu d’expérimentations ont porté à ce jour sur les capacités d’adaptation des espèces. Grâce à deux projets gérés par la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB)*, des essais ont lieu en bassin sur des lots d’huîtres et de poissons.

    Concernant les huîtres, il s’agit de deux espèces, l’une tempérée et l’autre tropicale : l’huître creuse et l’huître perlière. Dans les bassins du site Ifremer d’Argenton (Finistère) et de Tahiti (Polynésie française), les géniteurs et leurs descendants sont exposés à des conditions d’acidification et de température correspondant aux conditions actuelles et aux projections du GIEC pour 2100 (avec un pH diminué de 0,3 unité et une température augmentée de 3°C). L’objectif est d’étudier l’ensemble du cycle de vie de l’huître : c’est-à-dire les parents, les gamètes, les larves et les jeunes naissains. Des effets négatifs liés à l’augmentation de l’acidité ont d’ores et déjà été observés sur la capacité des huîtres à résister aux maladies (projet ANR Gigassat).

    Pour ce qui est des poissons, des essais en bassin sur le centre Ifremer Bretagne ont été initiés dès 2013 avec différents niveaux de pH correspondant là-aussi aux prévisions du GIEC, d’ici 2050 et 2100. Les premiers résultats montrent un impact notamment au niveau de la maturation sexuelle des poissons plus précoce pour les pH plus faibles, plus particulièrement pour les femelles. L’acidification pourrait ainsi influencer le système endocrinien qui contrôle la maturation sexuelle. Les essais se poursuivent en 2018 sur la deuxième génération, avec une ponte qui a eu lieu début mars.

    *Le projet Pacio (Réponses physiologiques et adaptatives des poissons à l’acidification des océans) est mené par l’UBO et l’Ifremer (UMR LEMAR), avec l’institut Alfred Wegener et l’Université de Hambourg. Il a commencé en 2017 et se terminera en 2020.

    Source: wwz.ifremer.fr


    03/04/18 - Pollution de l'air: la France sera-t-elle sanctionnée par Bruxelles ?

    La France est l'un des neuf pays de l'Union européenne à être menacé de renvoi devant la justice européenne en raison de son manque d'action face à la pollution de l'air.

    Le gouvernement a indiqué samedi 31 mars 2018, que les feuilles de route pour lutter contre la pollution de l'air étaient en cours de transmission à la Commission européenne, comme l'avait exigé le Conseil d'État. Ces feuilles de route seront rendues publiques dès la semaine prochaine. La haute juridiction avait sommé en juillet l'exécutif d'agir contre la pollution de l'air, responsable de près de 50.000 décès prématurés par an.

    Menace de renvoi devant la justice européenne

    Le Conseil d'État, saisi par l'association Les Amis de la Terre, enjoignait le Premier ministre et le ministre de la Transition écologique à prendre, "dans le délai le plus court possible, toutes les mesures nécessaires" pour ramener les concentrations de particules PM10 (diamètre inférieur ou égal à 10 microns) et de dioxyde d'azote (NO2) en dessous des valeurs limites autorisées, dans toutes les zones où elles étaient encore dépassées en 2015. Douze agglomérations et régions étaient touchées par ce problème avec le dioxyde d'azote notamment à Paris, Lyon, Marseille, Grenoble, Strasbourg ou Toulouse, et trois régions par les particules à Paris, en Rhône-Alpes et en Martinique.

    La France est, avec huit autres pays de l'Union, menacée d'être renvoyée devant la justice européenne en raison de manquements contre la pollution atmosphérique. Paris est sous le coup de procédures d'infraction de la part de la Commission à la fois pour des dépassements dans les particules fines (PM10) et le dioxyde d'azote (NO2).

    Actions militantes

    Le gouvernement avait jusqu'à fin mars, soit samedi 31 mars 2018, pour transmettre à la Commission européenne ses feuilles de route détaillées, après lui avoir livré mi-février les "principaux éléments". Profitant de cette date butoir, des militants ont menés une action symbolique dans dans plusieurs villes, en France, ce week-end, pour dénoncer selon eux l'inaction des pouvoirs publics contre la pollution de l'air. Ils ont apposé des masques sur la bouche de différentes statues. À Strasbourg par exemple, une dizaine de personnes ont installé des masques sur Les Quatre Hommes, ensemble de statues situées au bout de l'avenue des Vosges, "une artère symbolique de la pollution de l'air", a expliqué à l'AFP Marie Fabre, cofondatrice de Zéro déchet Strasbourg.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement avec l'AFP


    03/04/18 - Les Qataris sont les champions du monde des émissions de CO2

    La Banque mondiale nous offre chaque année de très intéressantes données à l’échelle planétaire. Nous y trouvons par exemple le nombre de tonnes métriques de CO2 émises par État. Or, si nous rapportons ces dernières au nombre d’habitants, ce sont des pays du Golfe qui s’avèrent les plus polluants, avec le Qatar largement en tête…

    Des activités économiques polluantes

    Le Qatar émet 40,5 tonnes métriques de CO2 par habitant, ce qui est énorme. C’est un chiffre plus de deux fois supérieur à celui des Émirats arabes unis, qui arrivent en deuxième position de ce classement, avec un score de 18,7 tonnes. L’Arabie Saoudite suit de près (17,9). D’autres classements font cependant passer Curaçao, Trinité-et-Tobago, le Koweït et le Bahreïn juste derrière le Qatar. Le dioxyde de carbone représente quoi qu’il en soit un enjeu environnemental majeur pour de nombreux politiciens :

    Ce top 7 très arabique a de quoi interpeller. Ces émissions à outrance seraient-elles dues au mode de vie des habitants, lesquels feraient un peu trop de voiture ? Bien sûr que non ! Il faut en fait deviner derrière ce palmarès l’exploitation du gaz et du pétrole, mais aussi une industrie de l’aluminium puissante. Or, cette dernière est particulièrement polluante… D’ailleurs, du point de vue des chiffres absolus, les pays du Golfe (ceux déjà cités, plus l’Oman) représentent quasiment 10 % de tout l’aluminium produit dans le monde.

    La suite du classement est moins surprenante

    Nous croisons assez logiquement les États-Unis d’Amérique, avec 16,4 tonnes métriques de dioxyde de carbone par habitant. L’Australie arrive presque à égalité avec le géant américain, de même que le Luxembourg et l’Oman. En revanche, il y a une petite marge avant les 13,5 tonnes du Canada et les 12,5 de la Russie. Mentionnons encore l’Estonie, le Kazakhstan, le Turkménistan, la Corée et Singapour. Ce sont quasiment les seuls États à se trouver au-dessus de la barre symbolique des 10 tonnes métriques.

    Nous pouvons ensuite citer le Japon (9,8), les Pays-Bas, l’Allemagne (9,2), la Norvège, la Libye, la Tchéquie et la très peuplée Chine (7,6). Nous ne pouvons bien entendu pas citer tous les pays. La France est très exactement à 5 tonnes métriques de CO2 par habitant, soit juste derrière sa voisine l’Italie (5,7). La Turquie est relativement proche de ce duo, avec 4,2. Le niveau 0 est donc encore loin :

    On descend encore d’un cran pour arriver à l’Indonésie : 1,9 tonne métrique. Mentionnons ensuite l’Inde (1,6) ou le Nigeria (0,6). Une très grande partie de la population mondiale se situe dans des pays peu industrialisés, de sorte que les émissions de gaz à effet de serre par habitant y sont relativement faibles. Mais c’est toujours « trop » !

    Source: vivredemain.fr


    03/04/18 - Recyclage de plastique: où en est la France ?

    Londres a annoncé, mercredi 26 mars 2018, sa volonté de mettre en place un système de consigne pour les bouteilles en plastique. L'occasion de faire le point sur la position de la France en matière de recyclage.

    Mercredi 28 mars 2018, le gouvernement britannique a annoncé sa volonté d'instaurer un système de consigne sur les bouteilles en plastique. Cette initiative se place dans le cadre de son plan de lutte contre les déchets. "La consigne concernera tous les emballages de boissons en plastique, en verre et en métal comme les canettes, à usage unique vendus en Angleterre, a précisé le ministre de l'Environnement, Michael Gove, dans un communiqué. Il est absolument vital que nous agissions maintenant pour nous attaquer à cette menace et réduire les millions de bouteilles en plastique, qui échappent chaque jour, au recyclage. Nous voulons agir (...) pour aider à nettoyer nos océans".

    Les Britanniques sont de très grands consommateurs de bouteilles en plastique puisqu'ils en utilisent annuellement quelque 13 milliards. Plus de trois milliards d'entre elles sont incinérées, directement envoyées dans une décharge ou abandonnées dans la nature.

    Où en est la France ?

    La France a pour objectif de recycler 100% de ses plastiques d'ici à 2025. C'est en tout cas la promesse faite devant l'Assemblée nationale, en juillet 2017, par le Premier ministre Édouard Philippe. "Nous diviserons par deux les déchets mis en décharge et recyclerons 100 % des plastiques sur tout le territoire d'ici à 2025", avait-il assuré. Mais cette annonce sera difficile à tenir. Hervé Millet, directeur des affaires techniques et réglementaires Europe de l'Ouest de l'association PlasticsEurope, l'assure : " les meilleurs en Europe sont la Norvège et l'Allemagne. Or leur taux de recyclage des déchets plastiques atteint 40 %..."

    PlasticsEurope réalise une fois tous les deux ans une étude sur le recyclage. Le 11 janvier 2018, l'association publiait donc un rapport qui révélait que la France était à la traîne en la matière. Ainsi, le pays se retrouve en dernière position avant la Finlande avec un pourcentage de recyclage de 22,2 %. Un bien mauvais score lorsque l'on sait que la moyenne européenne se situe autour des 31%. Le trio de tête est constitué de la Norvège (43,4%), de la Suède (40,6%) et de l'Allemagne (37,7%).

    Selon l'étude, sur les 3,4 millions de tonnes de déchets plastiques produits en France en 2016, deux tiers ont été valorisés et un tiers recyclé, soit environ 758 000 tonnes. "La France a du retard. Les effets de la loi de transition énergétique votée en 2015 ne sont pas encore visibles, admet Hervé Millet. Il est peu envisageable qu'elle atteigne ce taux de recyclage. Il faut avant tout viser 100 % de valorisation énergétique et 100 % de collecte".

    1/4 des emballages recyclés

    Selon une enquête de 60 millions de consommateurs, publiée le 8 mars 2018, seulement 26% des emballages en plastique sont aujourd'hui recyclés en France. "Le joli discours souvent servi est d'affirmer que nos bouteilles en plastique sont transformées en vêtements polaires ou en stylos. Certes, mais il s'agit d'une goutte d'eau. Sur la totalité des produits en plastique mis sur le marché en France, la part de matières premières recyclées incorporées s'élève à seulement… 6 % ! Pour comprendre pourquoi, il faut se pencher sur une réalité peu connue du public : l'impossibilité de trier ou de recycler des emballages complexes ou des objets hétéroclites", relevait ainsi Adeline Trégouët, rédactrice-en-chef déléguée, qui a piloté le hors-série du magazine. Elle assure également que "des milliers de produits de consommation n'entrent dans aucune consigne de tri (accessoires de sport, outils, meubles de jardin…). Ces recalés du recyclage sont brûlés (lorsque la collectivité dispose d'un incinérateur) ou enfouis pour des centaines d'années (...) En dehors des bouteilles et flacons, moins de 3 % des emballages en plastique faisant l'objet d'un tri ont été au final recyclés en 2016 !".

    La consigne en France

    Pour améliorer ses résultats, le gouvernement avait lancé l'idée, en février 2018, de recycler la consigne pour les canettes métalliques et les bouteilles en plastique. Cette possibilité est toujours à l'étude au ministère de la Transition écologique. Le gouvernement souhaite en effet "explorer d'autres modèles de collecte" afin d'arriver à recueillir l'ensemble des produits recyclables. Les emballages en verre ne seraient pas concernés par le dispositif, leur taux de collecte étant déjà "élevé" avec un taux de 86%. Interrogé par RTL sur le sujet, Brune Poirson, la secrétaire d'État auprès du ministre de la transition écologique et solidaire assurait que "dans les grandes villes, comme Paris et Marseille, seule une bouteille en plastique sur dix est collectée".

    Concrètement, les clients devront déposés les bouteilles dans des machines situées à divers endroits : dans des commerces, des lieux publics ou encore des entreprises. L'idée serait d'avoir "le plus de points de collecte possible, des acteurs privés et publics pouvant assurer leur gestion", précise le ministère. Pour mettre en place ce système, le gouvernement prend comme exemple le modèle de son voisin allemand. Ainsi, dans ce pays, les consignes sont en place depuis 2003. Une nouvelle preuve que la France est à la traine en matière de recyclage.

    Source: www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement avec l'AFP


    03/04/18 6 Les Fidji lient les cyclones au changement climatique

    Après le passage du cyclone Josie qui a fait cinq morts, le Premier ministre des îles Fidji a rendu le changement climatique responsable des "événements météorologique extrêmes" qui s'abattent sur l'archipel.

    Le Premier ministre des Fidji, Frank Bainimarama, a accusé mardi le changement climatique d'être à l'origine d'un cyclone meurtrier durant le week-end, ajoutant que le minuscule archipel du Pacifique était entré "dans une nouvelle ère effrayante".

    Un cyclone meurtrier

    Le cyclone Josie a provoqué de graves inondations sur Viti Levu, l'île principale des Fidji, le Premier ministre ajoutant que le bilan des victimes avait grimpé à cinq morts. "Une nouvelle fois, les Fidjiens pleurent la perte de certains de nos êtres chers à cause d'un événement météorologique extrême", a-t-il déclaré.

    Des cyclones provoqués par le changement climatique

    Selon lui, le changement climatique a provoqué une hausse de la fréquence du nombre de cyclones sur l'archipel. "Nous sommes désormais sous la menace quasi constante de ces événements météorologiques extrêmes qui deviennent plus fréquents et plus violents à cause du changement climatique", a-t-il dit. "En tant que nation, nous renforçons notre résilience en réponse à cette ère nouvelle effrayante qui est là", a-t-il ajouté.

    Un "combat" pour la "survie"

    Le cyclone Josie témoigne de la nécessité de faire quelque chose contre le changement climatique, a encore ajouté Frank Bainimarama. "Nous devons dire haut et fort au monde entier qu'il est absolument nécessaire de s'attaquer de front à cette crise", car "c'est un combat pour notre survie même", a-t-il poursuivi.

    En 2016, le cyclone Winston avait fait 44 morts aux Fidji. En février, l'archipel avait été relativement épargné par le cyclone Gita mais celui-ci avait ravagé les Tonga et Samoa voisines. Les petites Fidji avaient présidé en novembre à Bonn la 23ème conférence de l'ONU sur le climat.


    Lundi 02/04/18 - Même un réchauffement climatique limité à 2° aura une incidence importante

    Dans une série d'études publiées ce lundi, des chercheurs se penchent sur l'objectif fixé par l'accord de Paris sur le climat.

    Hausse des mers, perte de biodiversité, accès compliqué à la nourriture, moindre niveau de vie... Même si le monde parvient à limiter le réchauffement à 2°C, les conséquences seront significatives, selon des études publiées lundi 2 avril.

    "Nous décelons des changements importants dans les impacts climatiques pour un monde à 2°C, donc nous devons prendre des mesures pour l'éviter", explique à l'AFP Dann Mitchell, de l'université de Bristol, auteur principal du texte qui introduit ce numéro spécial de la revue britannique "Philosophical Transactions of the Royal Society A".

    Plus de deux ans après la signature de l'accord de Paris qui vise à maintenir la hausse du thermomètre sous 2°C, voire 1,5°C, par rapport à l'ère pré-industrielle, la vingtaine d'études comparent notamment l'incidence des deux scénarios. "L'un des défis concerne la vitesse à laquelle nous atteindrons +2°C", ajoute Dann Mitchell. Autrement dit, le temps que le monde aura ou non pour s'adapter aux multiples conséquences du réchauffement.

    Limiter la hausse du niveau de la mer

    Le groupe des experts du climat de l'ONU (Giec) doit publier en octobre prochain un rapport sur une éventuelle planète à +1,5°C. Le projet de texte estimait en janvier qu'au vu des engagements actuels des États et des trajectoires d'émissions de CO2, il était "extrêmement improbable" d'atteindre l'objectif.

    Même si la montée de température se stabilise à +1,5 ou +2°C, le niveau de la mer continuera à s'élever "pendant au moins trois siècles", de 90 ou 120 cm d'ici à 2300, selon une des études. S'ensuivront inondations, érosion et salinisation des nappes phréatiques. Plus le scénario est optimiste, plus les îles du Pacifique, le delta du Gange ou les villes côtières auront du temps pour construire des défenses ou déplacer des populations.

    Si rien n'est fait pour limiter les émissions de CO2, la hausse moyenne du niveau de la mer, provoquée par la fonte de glaces et la dilatation de l'eau, atteindra 72 cm d'ici à 2100. Mais cette perspective est repoussée de 65 ans pour le scénario à +2°C, et de 130 ans pour +1,5°C. "Les impacts pour le XXIe siècle sont plutôt reportés qu'évités", notent les chercheurs. Alors "l'adaptation est essentielle", insiste Robert Nicholls, de l'université de Southampton.

    Un impact considérable sur la croissance économique

    Une hausse des températures va entraîner une plus grande insécurité alimentaire à travers le monde, sous le coup à la fois d'inondations et de sécheresses plus importantes, avertit une des études. Avec un réchauffement de 2°C, Oman, le Bangladesh, la Mauritanie, le Yémen et le Niger seraient les pays les plus vulnérables à la pénurie.

    Au contraire, le Mali, le Burkina Faso et le Soudan verraient leur situation légèrement s'améliorer car ils souffriraient de sécheresses moins dures. Mais il s'agit d'une "exception", précise le professeur Richard Betts, qui a conduit l'étude. En cas de réchauffement de 1,5°C, "76% des pays étudiés enregistreraient une augmentation plus faible de leur vulnérabilité à l'insécurité alimentaire".

    Si +1,5°C ne devrait pas changer grand chose à la croissance économique mondiale, "un réchauffement de 2°C laisse entrevoir des taux de croissance considérablement plus bas pour de nombreux pays, en particulier autour de l'équateur", indique à l'AFP Felix Pretis, économiste à l'université d'Oxford.

    Les pays riches seraient moins concernés

    La différence est encore plus marquée avec le PIB par habitant. D'ici à la fin du siècle, il serait de 5% inférieur si le réchauffement atteint 2°C plutôt que 1,5°C, selon cette étude. En outre, "les pays qui sont pauvres aujourd'hui devraient devenir encore plus pauvres avec le changement climatique, et plus en cas de +2°C que +1,5°C, alors que les pays riches vont probablement être moins touchés", souligne Felix Pretis.

    Si une hausse des températures chamboulera une partie de la faune et de la flore, "contenir le réchauffement à 1,5°C plutôt qu'à 2°C (...) permettrait d'augmenter de 5,5% à 14% les zones du globe qui pourraient servir de refuge climatique aux plantes et aux animaux", selon une autre étude. Leur superficie équivaudrait à celle du "réseau actuel des zones protégées".

    De plus, limiter le réchauffement pourrait réduire de jusqu'à 50% le nombre d'espèces risquant de voir leur habitat naturel réduit de moitié.

    Source: www.huffingtonpost.fr avec l'AFP

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